Made In Iron: Au coeur de la tournée 1985!
Parmi les pionniers du courant musical métal, plusieurs proviennent d’Angleterre, dont Judas Priest (1969), Motörhead (1975), Iron Maiden (1975), Saxon (1976), Diamond Head (1976), Def Leppard (1977), etc. Leur audace, leur énergie, leurs mélodies, et dans certains cas leurs décors surréalistes et leurs univers mythiques, ont tellement marqué les esprits qu’on surnomme cette période des années 1970 comme la « nouvelle invasion de heavymetal britannique » (NWOBHM). Le groupe Iron Maiden, qui tire son nom d’un instrument de torture médiéval, domine justement le paysage musical de cette époque à aujourd’hui.
Présenté comme « le plus grand spectacle hommage à Iron Maiden au Canada », le groupe Made in Iron était chez nous pour présenter un concert à l’Amphithéâtre Cogeco. Formé d’amis de longue date, les membres proviennent de Québec, Laval, Lévis, St-Hyacinthe et L’Assomption. Ancré dans le légendaire concert « Live After Death » lors de la tournée « World Slavery Tour », à l’automne 1985, ce spectacle-hommage est l’intégrale musicale et visuelle et prend place dans un décorpharaonique : une immense toile en arrière-plan nous replonge dans l’Égypte antique (pyramides, sarcophages, statues de dieux, œil d’Horus). Ce soir-là, nous étions tous réunis dans un immense temple dédié à la musique d’Iron Maiden.

Iron Maiden a développé sa propre identité musicale, avec des riffs plus qu’entraînants, tels cette fois-ci des hymnes à la guerre et des chants épiques (la victoire militaire étant le thème exploité sur cet album). Ce groupe est une réponse métallique à l’émergence du punk, ce qui explique leur musique progressive enrichie de mélodies en harmonie et d’un vocal perçant; pour que chaque spectateur se sente interpellé.
Made in Iron, ce quintet que j’ai trouvé très en forme et ultra-fidèle à ceux qu’ils vénèrent et honorent, ont présenté un concert sans grande surprise, car le setlist était établi selon l’ordre de la tournée 1985[1].Toutefois, la panoplie d’accessoires (divers masques, des costumes, le drapeau britannique dit Union Jack), des acrobaties impressionnantes comme le guitariste qui a embarqué sur les épaules du chanteur et les décors immenses rappelaient la grandeur des dieux d’Iron Maiden. Les costumes paraissent d’époque (donc légèrement quétaines), mais fidèles à ce qui doit être dans le monde de la reconstitution historique.

Le chanteur a bien exploité l’immense scène et les dédales du décor, se promenant d’une plateforme à l’autre ou en passant par le gigantesque escalier central mettant la batterie en valeur. Au niveau du vocal, évidemment il est difficile d’égaler le maître, mais la performance était fort réussie et très convaincante. Tous les musiciens se démènent d’un bord et de l’autre pour que tous les spectateurs se sentent impliqués.
Près de 1 700 adeptes de métal de la région étaient au rendez-vous pour ce spectacle grandiose. Une grande majorité d’hommes parmi les spectateurs, beaucoup de jeunes, mais tous affichent une grande camaraderie. Je remarque plusieurs gilets à l’effigie du groupe original. Le public crie son enthousiasme assez tôt, surtout quand ils entament The Trooper, dans les premières quinze minutes. La foule coopérait, s’est levé debout rapidement. Puis, la fête s’est amplifiée avec « The Number of the Beast », presque tout le monde s’est levé debout et les gens hurlaient de joie. Partout, je voyais des gens heureux, qui tapaient des mains en cadence avec le tempo de la musique. Puis, ils ont enchaîné avec « Hallowed by the Name », une autre grande réussite. La foule était enthousiaste et participait beaucoup en complétant les paroles de cette chanson. À certains moments, les spectateurs se transforment en chorale « maidenienne ». On avait également retiré les premières rangées de bancs pour offrir une expérience plus libre à l’avant-scène.
On peut aussi dire que le public avait soif de musique, car ils ont hué l’annonce de l’entracte de 20 minutes, qui est venu, il est vrai, briser le rythme du spectacle après 53 minutes enjouées et assez entraînantes (à noter que l’entracte était une demande de la salle et non un choix du groupe). Cependant, on peut mentionner que la présence d’Eddie (mascotte d’Iron Maiden) sur scène ainsi que la gigantesque momie d’Eddie sortie derrière la batterie, au moment de la chanson « Iron Maiden », ont permis une impressionnante finale pour ce concert mémorable. À ce moment, le chanteur a aussi fait une compétition vocale en divisant la salle en deux parties, en affirmant « on s’hydrate les cordes vocales »! Il a bien préparé les gens présents pour la dernière pièce, et très attendue, intitulée « Run to the Hills ».

Les musiciens sont revenus sur scène sur l’air traditionnel du chant sportif « Olé Olé Olé » qui a totalement ému la formation, comme l’a affirmé l’un d’eux : c’était « le rappel le plus puissant qu’on a jamais eu. Merci beaucoup c’est de toute beauté! ». D’ailleurs, à ce moment précis, on a appris que la caméra sur scène était pour le tournage d’un vidéo promotionnel qui sera envoyé aux États-Unis. Trois-Rivières a donc aidé cette formation à représenter le Québec à l’étranger. Traditionnellement, Iron Maiden ne fait pas de deuxième rappel, Made in Iron a dû briser cette seule règle afin de remercier chaleureusement son public.

En conclusion, l’amphithéâtre Cogeco fait de plus en plus de place à ces groupes hommage au rock (Styx, Supertramp, Pink Floyd, Led Zeppelin, ACDC, U2, Genesis, Johny Cash) et c’est une excellente nouvelle, selon moi. Peut-être verrons nous un jour des groupe de qualité en hommage à Slayer, Sepultura ou System of a Down! Pour l’instant, il y a Made in Iron pour continuer à faire vivre la musique d’Iron Maiden et à faire rayonner leur univers musical et visuel. En passant, je n’ai jamais eu la chance de voir en vrai une performance du groupe d’origine, mais grâce à Made in Iron, là je suis certain d’avoir pu en vivre l’essence.
Album complet ici:
Texte: Jean-François Veilleux
Photos: Vicky Fillion
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[1]https://en.wikipedia.org/wiki/Live_After_Death




