Critique d’Album: Pantheon of Blood – « Tetrasomia »

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Pantheon of Blood

« Tetrasomia » (EP)

2013

 

Comme je le mentionnais, il y a plusieurs mois déjà, en introduction de ma critique du dernier album de Panzerfaust, le Black Metal a ceci d’intéressant et de particulier qu’il s’agit plus d’une philosophie, voire même d’une religion que d’un simple style musical. Cela fait en sorte qu’il est possible d’emprunter de nombreuses avenues musicales différentes, pour illustrer et canaliser les côtés les plus obscurs de la nature humaine composant la quintessence du métal noir. Par exemple, plusieurs formations finlandaises telles que Beherit, Horna, Sargeist et Behexen, pour ne nommer que celles-là, ont développé depuis de nombreuses années un courant qui leur est propre à l’intérieur du Black Metal. En effet, ceux-ci ont choisi une approche philosophique chargée d’occultisme hermétique se traduisant par une musique très crue, dépouillée et simple caractérisée par des mélodies en trémolo hypnotiques et une atmosphère hautement malsaine. Originaire de cette scène, Pantheon of Blood s’inscrit très certainement dans cette tradition avec son second EP intitulé Tetrasomia.

Dès les premières notes de Thunder Alchemy, l’auditeur est accueilli par un son dépouillé, cru, mais qui retient une certaine chaleur malsaine. Bien que produites de façon indéniablement professionnelle, les quatre pièces qui composent le EP conservent leur spontanéité et leur côté organique à travers une économie évidente d’édition et un son en conséquence très naturel. Musicalement, on a droit à un Black Metal très traditionaliste, fondé sur de très belles mélodies de guitares saturées en trémolo. Celles-ci sont construites sur une section rythmique qui alterne des passages plus Rock n’ Roll caractérisés par un groove puissant, par exemple au début de Stigma ja Kolmikärki (signifiant grossièrement : « La stigmatisation et le Trident » en finnois) et des passages plus agressifs typiques du Black Metal. Le tout fonctionne merveilleusement bien avec une basse audible qui sait parfois se détacher des guitares pour amener une troisième ligne mélodique intéressante.

En ce qui concerne le chant, la puissance et l’agression sont au rendez-vous avec une dominante de cris perçants et bien malsains dans un registre élevé qui donnent au tout un côté mystique, voire torturé. Z, le vocaliste du groupe, amène aussi une certaine variété en en employant aussi des passages caractérisés par des grognements bas démentiels soutenus sur lesquels se superposent lesdits cris hauts perchés, comme dans la magnifique Monta Maailmaa Nähnyt (signifiant grossièrement : « Qui a beaucoup, beaucoup voyagé » en finnois). De plus, il fait aussi appel à des narrations mystérieuses en Finnois placées en arrière-plan comme sur l’hypnotique I.N.R.I. (Igne Natura Renovatur Integra).

En somme, Pantheon of Blood nous offre un second EP nous proposant une sélection de pièces au fort penchant mélodique qui tout en restant bien ancrées dans la tradition du Black Metal occulte finnois, restent diablement efficaces et bien construites. La principale réserve qui pourra être soulevée ici est qu’il s’agisse justement d’un mini-album de quatre pièces seulement, qui laissera les fanatiques du genre un peu sur leur faim. Après quatre ans d’activité pour ces démons finlandais, cet EP nous laisse désirer un premier album entier pour pleinement s’immerger dans l’occultisme de Pantheon of Blood, car quatre pièces de durée relativement courtes ne sont tout simplement pas suffisantes à cet effet. À consommer comme hors-d’œuvre à votre gnose cérémoniale!

7 /10

 

Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas

 

Critique d’Album: Aeternam – « Moongod »

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Aeternam

« Moongod »

Galy Records

2013

 

With Quebec’s cornucopia of vast talent emerging to define “Quebec Noir”, or bands that showcase an adept pedigree for technical brilliance, one band stands apart in combining originality, foreign influence and extraordinary musicianship. Aeternam, from Quebec City, sees a young band following their own path on this their second album, “Moongod”, out now on Galy Records. Emerging in 2010, the band has quickly garnered an audience by thinking outside the “proverbial” box and with said album stand poised to leave listeners happily aghast! What is striking from an initial listen is the juxtaposition between stylized American Metal riffing and cinematic Middle Eastern tinges. MoongodRise of Arabia and Descent of Gods all demonstrate the band’s propensity for grand symphonic soundscapes while guitars weave modern Metal complexity. In addition, the record sounds like the band have followed the Behemoth way of attacking their instruments as heard on monstrous tracks, Invading Jerusalem and Xibalba and to tumultuous effect! Though not entirely “brootal” production wise, the blasts recall the ferocity and malicious intent of the Polish warlords.

However, the album does offer other facets that are less sonically abrasive. CosmologyIram of the Pillars and Idol of the Sun seem to have borrowed from the soulfulness of Orphaned Land, replete with rousing clean vocals, vast choirs and ever so delicate Arabic flourishes, including periodic sitar! Complimenting the more aggressive shades of the album, these dramatic shifts are brilliant in pacing the album and offering the listener more than merely “playing one song” for an hour or so. Closer and perhaps the album’s masterpiece, Hubal, Profaner of Light manages to blend the best of both sides of the coin in one stirring track and can undoubtedly stand up to the likes of Melechesh or Nile!

A gem amongst Canadian Metal acts, Aeternam have checked all the right boxes with “Moongod” by adhering to their own convictions. Choosing to firmly ingratiate themselves with a truly unique sound and influence, Aeternam never sound redundant or cliché but instead offer fans an album that will charm as well as destroy!

Standout Tracks: “Iram of the Pillars”, CosmologyInvading JerusalemHubal, Profaner of Light

 

9.5/10

Chris

 

Critique d’album: Kröwnn – « Hyborian age »

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Kröwnn

Hyborian Age

PRC Music

2013

 

Liste des pièces

For the throne of fire
The Woodwose
At the Cromlech
Gods of Magnitogorsk
Stormborn
The Melnibonean

 

Conan, what’s the best thing in life?

Crush ennemies, see them driven before you then hear the lamentations of their women.

Cette citation, en ouverture d’album, tirée de Conan the Barbarian, colle bien avec le titre du 1er album du trio italien, Kröwnn, qui s’intitule Hyborian age. Pour faire un petit cours d’histoire fantastique rapide, l’âge hyborien est un passé mythique – créé par Ron E. Howard en 1932 dans une série de short stories qu’il soumet au magazine Weird Tales.  Cette « âge disparu » se situe entre la chute de l’Atlantide et l’essor des anciennes civilisations que l’on connaît et fut le théâtre des aventures de Conan, le Cimmérien. À la lecture des titres des pièces, qui ont titillé ma passion pour l’archéologie et la littérature fantastique – j’aurais aimé avoir les lyrics mais j’ai reçu les pièces en format MP3 du directeur de Ondes Chocs!! – on se sent tout de suite immergé dans un univers préhistorique de l’époque de la découverte de la métallurgie. On parle, dès la 1ère pièce, de conquête de royaume et du tourment du trône; Woodwose fait référence à des personnages mythiques couverts de poils qui habitent une zone floue aux confins de la civilisation et qui forment un lien entre l’humanité civilisée et les esprits elfiques de la nature sauvage, et qui apparaissent dans la littérature et les œuvres d’art de l’Europe médiévale; les Cromlech dans la 3ème pièce, sont des monuments mégalithiques préhistoriques constitués par un alignement de menhirs formant une enceinte généralement circulaire avec parfois un menhir placé au centre, paraissant dater pour la plupart, en Europe notamment, de l’âge du bronze (2500 av. J.-C. à 1000 av. J.-C.). La 4ème composition fait référence à la ville de Magnitogorsk, une ville minière et industrielle de Russie reconnue pour ses riches gisements de minerai de fer tirés de la montagne Magnintaïa ce qui s’intègre très bien dans une histoire situé à l’époque de la recherche of the riddle of steel. Finalement, les Melnibonéens sont une race humanoïde fictive, vaguement associée à des elfes, qui occupe une place centrale dans Le Cycle d’Elric de Michael Moorcock créé en 1961. Le Cycle d’Elric est marqué par l’opposition des principes cosmiques de la Loi et du Chaos, inspirée du zoroastrisme. Il est paradoxal que Moorcock a créé Elric, qui est albinos, faible et maladif, comme l’antithèse du héros musclé sans faiblesses et morale à la Conan, mais que Kröwnn les rapproche ici – mais en même temps l’album semble être justement un cheminement entre l’état de barbare de Conan jusqu’à devenir plus comme Elric qui présente un caractère fortement romantique et désespéré, ne recherche ni gloire ni richesse abandonnant de son plein gré le trône de Melniboné pour courir le monde. Je rapprocherais également la 5ème pièce aux Melnibonéens puisque la pièce s’intitule Stormborn et l’épée de Elric se nomme Stormbringer.

Bon maintenant que vous avez eu un aperçu du concept de cet album, faisons place à la musique. Bon, premièrement, à la lecture de toute mon interprétation de la trame fantastique de l’album, plusieurs s’attendent à avoir un album de power, – tout comme moi d’ailleurs en lisant les titres sans savoir à quoi m’attendre ou m’informer sur qui Kröwnn étaient ou même jeter un coup d’oeil à la pochette qui est pourtant un bon indice de leur allégeance musicale quoique j’aurais pu tomber sur cette image que je vous ai mise plus bas et ça ne m’aurait pas aidé – mais détrompez-vous car Kröwnn disent qu’ils font du doom mais encore là, même avec l’accent mis sur le fantasy metal, ça n’a rien à voir avec du Summoning. Pour ma part, je dirais qu’ils font du southern rock doomisé légèrement teinté de black, mettons. Si j’avais à pointé du doigt ce à quoi j’ai pensé tout au long de l’album, ce serait l’oeuvre de Sal Abruscato (Type O Negative, Life of Agony, A Pale Horse Named Death) avec un côté un peu plus Black Sabbath et des influences rock américain fin des années ’70 qu’on aurait adaptées dans une sonorité southern rock.

 

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Dès le début de l’album, on sent immédiatement le goût et la capacité de faire un stoner rock pesant et crasseux avec des bouncing riffs puis Michele el Lello Carnielli vient ajouter sa voix alors que la musique se doomise. Et c’est là que j’ai tout de suite trouvé que la façon de chanter me faisait penser à Keith Caputo (Life of Agony) dans les montées et généralement à Peter Steele (époque Type O Negative pas époque Carnivore) dans la façon de déclamer les phrases mais tout ça avec un fond de rockeur qui a le goût de lancer des Yeah! à gauche et droite . Remarquez que Peter Steele faisait ça aussi. D’ailleurs, cette impression vient beaucoup du son southern rock des cordes.

Quand a débuté la 2ème, The Woodwose, j’ai eu l’impression de réentendre un bout de American Woman de The Guess Who comme si elle était jouée par Down ou Corrosion of Conformity, impression renforcée par le son downtuné de la basse de Silvia Selvaggia Rossato qui graffigne et gruge comme une meule dans du béton, . Même la voix fait southern rock avec des petites intonations Zack Wild-esque. Puis encore une fois, on quitte le « presque stoner » pour alterner avec du doom puis à la 4ème minute, on nous amène un riff de guitare black qu’on sentait sourdre dans l’approche musicale.

La 3ème, At the Cromlech, débute avec des riffs de guitare rock psychédélique et on aura une pièce assez linéaire qui ne sera agrémentée que par le jeu de la batterie dont l’utilisation de la « cloche à vache » installe une nouvelle sonorité intéressante. D’ailleurs, même si je ne parle du jeu de batterie de Elena Fiorenzano qu’à la 3ème pièce, soyez assuré qu’elle constitue un atout de 1er plan depuis le début de l’album. Sa façon de puncher et d’amener les transitions dans son jeu garde l’intérêt à chacune des pièces.

Avec Gods of Magnitogorsk, ça part dans des envolées de guitare à la Katatonia/Paradise Lost peut-être aussi old school black avec des rythmiques qui rappellent Old Man’s Child/Bornagar des premiers albums, avant de retourner vers le son de Kröwnn alors que le vocal se fera pourtant beaucoup plus aigu. Bien qu’encore une fois, l’atmosphère est définitivement southern rock, ça restera la plus black atmosphérique de l’album.

Stormborn débute en bon stoner et on s’attend à entendre un autre yeah mais oubliez ça parce que celle là est instrumentale et on pourra encore une fois apprécier le jeu de batterie de Elena qui vient épicer et rehausser des riffs qui se répètent de façon lancinante mais en même temps c’est cette répétition qui installe toute l’atmosphère de la pièce. Et je me dois de souligner l’apparition d’un bruit de bombarde (Bon y’en a qui disent guimbarde mais on partira pas un débat linguistique) au milieu de la toune. Je le dis souvent, et je me répète cette fois encore, les tonalités de basse me font tripper et pour moi la bombarde rentre dans cette sonorité grave et vrombissante. Ya aussi un solo de guitare psychédélique judicieusement placé aux 2/3 de la pièces venant briser la monotonie.

Vous me direz ce que vous voulez mais j’ai pris la dernière pièce, The Melniboneans, comme un hommage à Type O Negative ou plutôt à Peter Steele, décédé au printemps 2010. La façon de dire Yeah! pour lancer la pièce puis l’utilisation de la version la plus grave et aussi la plus mélancolique de sa voix, très semblable à celle de Steele, pour lancer la 1ère phrase

A resting place where all candles burning

m’a amené tout de suite dans l’univers gothdoom que ce dernier savait créer et surtout pour les fans finis comme moi de Type O Negative, à la 1ère phrase de Love you to death de l’album October rust.

In her place, one hundred candles burning

Tout dans cette toune, le ton mélancolique et sérieux de Michele, le vrombissement lourd de la basse de Silvia, les atmophères languissantes et creepy – hurlements « animal » vaguement humains à l’appui – font une très belle sortie pour cet album alors que Michele nous répète sans arrêt I sleep alone! I sleep alone! Allez écouter Die alone de A Pale Horse Named Death et vous comprendrez ce que je veux dire par « influencé par l’oeuvre de Sal Abruscato » dans la façon que Abruscato nous chante Die alone! Die alone!

Comme il est coutume de le dire maintenant, le 1er album de Kröwnn ne réinvente pas la musique, et comme je l’ai mentionné déjà, ressemble beaucoup à la musique des divers groupes de Sal Abruscato mais par contre, je dois avouer que, quand c’est bien fait et c’est le cas ici, je n’ai rien contre un album qui montre clairement ses influences mais sans faire un « à la manière de », réussit à transcender son modèle pour créer une toute autre musique. Le 1er album de Kröwnn est solide musicalement avec une guitare qui, malgré la construction répétitive voulue par le style, reste inventive dans ses arrangements, une basse qui sait bien alterner les bouncings riffs stoner rock avec les grondements plus appropriés au doom alors que la batterie, avec sa présence rythmique indispensable dans le 4/4 rock, s’installe en tant que soliste également dans les passes doom. Et pour terminer, point non négligeable, l’album repose sur un imaginaire qui plaira sûrement aux plus fervents amateurs de sword and sorcery adventures. Je vous recommande fortement de l’écouter car dans tout ce psychedelic rock revival européen surtout british, vous pourriez passer à côté d’un groupe intéressant, dans un pays où on ne s’attend pas à les trouver, dont la musique ne prend que peu de temps avant de se lover bien blottie dans notre subconscient musical. Pour ceux qui trouveront que un peu moins de 38 min c’est trop court, dites-vous que le groupe n’existe que depuis le milieu de 2012 et qu’il a sorti Hyborian Age comme un démo quand même rapidement après sa formation. À titre anecdotique, l’enregistrement n’aurait pris que 6 heures ce qui témoigne à l’écoute de cet opus d’un talent indéniable. C’est donc avec un intérêt certain que j’apprends que le groupe travaille présentement sur son nouveau matériel.

Je vous termine ça avec le vidéo officiel qu’ils ont produit pour la pièce Gods of Magnitogorsk.

Bonne écoute

Lex

 

Critique d’Album: Hail of Bullets – « III: The Rommel Chronicles »

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Hail of Bullets

III: The Rommel Chronicles

Metal Blade Records

2013

Marching across the Netherland sonic landscape, Hail of Bullets sounds the trumpet blast of war in this, their third album since 2008’s ….of Frost and War. This new one, which came out on October 29th, III: The Rommel Chronicles, picks up right where previous albums have left off. Not a band to typically compromise their sound or lyrical slant, Hail of Bullets displays a staunch penchant for slow, martial riffs that visually paint a bleak picture to the War themes they so loyally admonish. This album is no different.

Swoops of the Falcon bursts through the gate with their trademark guitar tone assault, mid-paced crunch and is a juggernaut of a track setting the bar high for the rest of the album. Continuing the barrage, Dg-7 begins with a caustically slow crawl only to pick up the tempo for added momentum. Here guitarists, Baayens and Gebédi showcase some incredible dual guitar harmonies that really set the song apart along with Tobruk, which features a similarly strong opening and chaotic “Slayeresque” solo.

If there’s anything that really characterizes that strength of III: Rommel Chronicles, it’s the razor sharp guitar patterns that heavily weigh in on most songs. The Desert Fox is a definite highlight with its memorable triplet main riff set against Ed Warby’s pounding drums and Martin Van Drunen’s dry, husky throat, while The Death of a Field Marshal is a slow, ballad-like dirge, wounded in its delivery and dying slowly to close the album. Another superb anthem, this song will snap heads to and fro as horns are held high in reverence!

If you’re a fan of Hail of Bullets or are familiar with bands prior to their inception (ie, Thanatos, Asphyx, Gorefest, Comecon, Pestilence) then you know what to expect. Drawing heavily once again on groove and monster riffs, III: Rommel Chronicles will not turn heads by way of reinventing the « Death Metal wheel » but will satisfy fans who have grown to love that signature crunch, that signature vocal and that signature hellfire! Metal Blade Records released 2 weeks ago a lyric video for Swoop of the Falcon after releasing the single Pour le mérite in September as a teaser for the album… but they’re not my standout tracks.

Standout Tracks: Dg-7, The Desert Fox, The Final Front, The Death of a Field Marshal

 

8/10

Chris

 

 

Critique d’Album: Mortal Decay – « The Blueprint For Blood Spatter »

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Mortal Decay

« The Blueprint For Blood Spatter »

2013

Comatose Music

Liste des pièces

1- Anatomy Turned Chaotic Puzzle
2- Ocular Haze
3- Blueprint
4- Mourning Euphoria
5- Chloroform Induced Trance
6- Nocuous Compulsions
7- Deviant
8- Jugular Gurgle
9- Altruistic Masochism

 

La formation Mortal Decay revient sur les rails après plus de huit ans d’absence. En 2005, avec Cadaver Art, le groupe tentait déjà de sortir des sentiers battus du old school death metal en nous présentant un album davantage technique (puisqu’il était évident qu’ils tentaient, sur leurs plus anciens albums, une approche rejoignant certains éléments retrouvés chez Morbid Angel ou Obituary, en plus d’une touche de Chris Barnes au vocal). The Blueprint for Blood Spatter, dont la sortie par Comatose Music est attendue le 26 novembre prochain, s’insère dans la lancée de leur avant-dernier œuvre. Ici, on ne semble plus désirer mettre l’accent sur ce son old school tant prisé lors de la création du groupe. L’album incarne néanmoins un parfait mélange entre un death metal gras à souhait et une musicalité particulièrement complexe et organisée.

C’est dans un élan de jubilation perverse que j’ai sélectionné les neuf tracks pour ensuite les ajouter à la liste de lecture (action qui me fout chaque fois la pétoche lorsqu’on parle d’une aussi longue absence). D’abord, sachez que l’entièreté de ce chef-d’œuvre rend hommage à l’artwork de celui-ci. L’album débute donc avec une pièce intitulée Anatomy Turned Chaotic Puzzle. D’ailleurs, le thème fait honneur aux mots consciencieusement choisis pour ce titre puisque l’auditeur est propulsé dans l’esprit d’un meurtrier et nage en plein délire chaotique; impossible d’y échapper. Après une minute bien tapant, le blastbeat nous séduit de ses tous premiers battements de cœur et nous sommes ni plus ni moins que broyés, captivés et oppressés par une brutalité pourtant habituelle au  band, mais qui ne cesse de surprendre.

Les morceaux défilent les uns après les autres à une rapidité foudroyante, ne laissant pas l’occasion à celui qui y prête l’oreille de songer à un saut de piste. Avec The Blueprint of Blood Spatter, nous faisons face à un album très court; approximativement une demi-heure d’écoute. Cet élément est la lacune principale de l’album et déstabilisera sans doute certains fans de Mortal Decay. Nous pouvons prendre en considération le fait que The Blueprint for Blood Spatter ne soit que leur 4e album complet depuis le début de leur carrière (en plus de leurs trois démos et de leur album-compilation paru en 1999), mais Sickening Erotic Fanaticism (1997) était d’une longueur surprenante de 55 minutes, Forensic (2002) durait 46 minutes, alors que l’avant-dernier, Cadaver Art, était de 36 minutes. Si le groupe persiste sur cet air d’aller…

Ce n’est certainement pas un album pour les «chochottes» mais pour ceux qui apprécient l’art que forment la «grassure» et le «chaos bien ordonné» à l’unisson. Les gars de Mortal Decay savent ce qu’ils font et le font sur un christ de temps. Pour ceux qui apprécient la brutalité dans son élément le plus pur, vous serez choyés. De plus, les membres de Mortal Decay nous présentent une nouvelle facette de leur talent: Ocular Haze et Mourning Euphoria débutent avec des harmonies sidérantes et leurs pièces Chloroform Induced Trance et Nocuous Compulsions présentent des techniques de drum et de basse que je qualifierais de «jazzy».

Une basse qui martèle, des riffs de guitare qui déchirent les mânes et un vocal qui vous broie les tympans; Mortal Decay nous est vraisemblablement revenu frais et dispo de son coma des huit dernières années. Ceux qui comme moi sont davantage «puristes» constateront l’absence de cette substance si prenante que l’on retrouve dans le son du old school death metal et qu’il était possible de retrouver sur leur album Sickening Erotic Fanaticism de 1997. Vous aurez un pincement au cœur en constatant que cet élément a quelque peu été mis de côté pour être remplacé par davantage de technique (ce qui en soi n’est pas une régression, mais un changement qui ne peut passer inaperçu pour les fanatiques de Mortal Decay). Le old school death metal n’est pas une époque révolue, mais un genre qui mérite de persister encore aujourd’hui en 2013. On ne peut malgré cela se pencher sur cet élément pour déprécier ce nouvel album puisque celui qui le précédait s’engouffrait déjà dans cette tendance à supprimer ce son si particulier au vieux death; la métamorphose a eu lieu graduellement. Cet album s’inscrit définitivement parmi leurs meilleurs et il y a peu à redire sur le travail de maître qui y a été fait. Mortal Decay nous offre clairement un nouveau-né au charme plutôt ravageur! On vous met le vidéo promo de leur label pour terminer.

 

9/10
Avorton

 

 

 

 

 

 

Critique d’Album: Havok – « Unnatural Selection »

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Havok

« Unnatural Selection »

(2013)

Candlelight Records

 

 

Depuis une dizaine d’années, nous avons été témoins du Thrash Metal Revival qui nous a apporté plusieurs jeunes groupes qui forment maintenant la New Wave Of Thrash Metal. Plusieurs groupes on enregistré de très bons albums mais seulement quelques-uns ont réussi à se faire une place importante dans l’industrie. Avec des Municipal Waste, Warbringer, Toxic Holocaust et EVILE, nous avons eu la chance de headbanger au son de HAVOK. Un jeune groupe de Thrash Metal de Denver, Colorado qui, après nous avoir massacrés avec leur masterpiece Time Is Up en 2011, nous ont pondu un nouvel album en 2013 portant le nom de Unnatural Selection. Je dois vous avouer que j’avais des craintes face à cet album. J’ai tellement trippé sur Time Is Up que je me disais que c’était quasi impossible de faire mieux. Mais bon, ça suffit les préjugées, passons en revue les 10 pièces de cet album.

À la première écoute ça sonne bien, très bonne production. Les gars ont un peu épuré leur son, le drum sonne moins drum machine que sur Time Is Up et les guitares sont moins rasoirs. Bref, côté mix, Terry Date (qui a d’ailleurs produit la plupart des albums de Pantera et Overkill) a apporté une touche beaucoup plus naturelle au son du groupe.

I Am The State: Après un riff d’intro punché, on nous garroche un riff Crossover à la Municipal Waste en pleine face pour ensuite se rendre jusqu’au refrain qui est typiquement HAVOK. Juste avant le solo, on y retrouve sûrement le riff le plus kick-ass de l’album (un riff à la ExodusToxic Waltz). Le solo de David Sanchez (chanteur/guitariste) est super bon comparé à celui de Reece Scruggs (lead guitariste) qui se résume à un enchaînement de passes de Sweep picking…  Et puis, le solo de drum, c’était nécessaire? Next!

Give Me Liberty… Or Give Me Death: Très bon morceau, du classique Thrash Metal. Les parties vocales de Sanchez sont solides et les back vocals puissants. La basse claque à fond, et j’hais pas ça. Je lui aurais donné juste un peu plus de place dans le mix, surtout dans cette chanson. Comme d’habitude Pete Webber est surpuissant derrière son drum et ça rehausse beaucoup les riffs.

 

 

It Is True: « WTF, c’est quoi s’te riff la? » ont été mes premières impressions. Cette chanson commence avec un riff super catchy, un riff qui me rappelle un peu les Knight Jumps Queen et Don’t Bother Me de Annihilator. Personnellement, c’est mon coup de cœur de l’album. C’est différent de ce que les gars nous ont fait dans le passé et ça fait du bien. Les patterns vocaux sont super bien placés et les backs vocals sont toujours aussi efficaces. Pour le refrain, Sanchez nous interprète une belle imitation de Snake (Denis Bélanger) de Voivod, haha, c’est vraiment bon.

Under The Gun: Sûrement la meilleure de l’album si on y enlève l’intro de drum inutile. Les riffs ramassent, le drum est juste assez efficace et les vocals et lyrics sont juste parfaits. Eventually…Gotta do what you gotta do, do do do do do do do do (ça pogne dans tête)

Waste Of Life: La toune plate de l’album. Les riffs sont corrects, mais sans plus. Sanchez chante les couplets avec une voix à la Dave Mustaine et ça n’amène rien de bon selon moi. Stick to the plan man, ta voix est puissante, va pas chanter comme un vieux Mustaine fini.

Living Nightmare: Un Filler de l’album, c’est pas mauvais, c’est pas super bon, c’est juste correct. Ha oui, la basse est tellement pas présente dans le mix qu’on entend seulement les 2 pull off qu’il fait dans le riff du refrain. Bref, ça manque de basse…

Chasing The Edge: Solide, une toune basée sur un riff très carré et très assis. Ça fait du bien. La partie des solos est très bien ficelée, le solo de Sanchez est bien exécuté et celui de Scruggs est encore une fois rempli de Sweep Pickin mais bien utilisés cette fois-ci.

Worse Than War: Second single de l’album avec lequel ils ont fait un vidéoclip. Le tempo est encore plus lent que la précédente (plus on avance dans l’album, plus j’ai l’impression que le tempo ralentit…). La voix est la force de cette chanson car les riffs sont très répétitifs.

Children Of The Grave (Black Sabbath Cover) : Un cover de Black Sabbath, interprété de la même façon que Sabbath. Sanchez et Scruggs ont bien décortiqué le solo que Tony Iommi avait enregistré sur Master Of Reality, un solo de 2 parties superposées avec des panning différents. Encore une fois Sanchez assure au vocal même pour faire du Ozzy.

Unnatural Selection: Bon! La vitesse est revenue pour la dernière pièce de l’album! La toune éponyme de l’album aborde des airs de Slayer, autant au niveau du vocal que de l’instrumentation. La partie du solo est assurée par Scruggs qui nous interprète sûrement son meilleur solo de l’album.

Bref, j’ai bien apprécié Unnatural Selection, un peu moins bon que Time Is Up mais qui comporte quand même de très bons morceaux. Is It True et Under The Gun risquent de me rester en tête pour une couple de jours encore. Pour les fans de Havok, ajoutez cet album à votre collection, vous ne serez pas déçu. Pour les fans de Thrash Metal en général, allez écouter Time Is Up en premier lieu et lorsque vous tomberez en amour avec Havok, vous irez vous procurer Unnatural Selection. J’ai déjà hâte au prochain album… sur ce… Gotta do what you gotta do, do do do do do do do do!

 

Note: 8/10

Patrick