« Tetrasomia » (EP)
2013
Comme je le mentionnais, il y a plusieurs mois déjà, en introduction de ma critique du dernier album de Panzerfaust, le Black Metal a ceci d’intéressant et de particulier qu’il s’agit plus d’une philosophie, voire même d’une religion que d’un simple style musical. Cela fait en sorte qu’il est possible d’emprunter de nombreuses avenues musicales différentes, pour illustrer et canaliser les côtés les plus obscurs de la nature humaine composant la quintessence du métal noir. Par exemple, plusieurs formations finlandaises telles que Beherit, Horna, Sargeist et Behexen, pour ne nommer que celles-là, ont développé depuis de nombreuses années un courant qui leur est propre à l’intérieur du Black Metal. En effet, ceux-ci ont choisi une approche philosophique chargée d’occultisme hermétique se traduisant par une musique très crue, dépouillée et simple caractérisée par des mélodies en trémolo hypnotiques et une atmosphère hautement malsaine. Originaire de cette scène, Pantheon of Blood s’inscrit très certainement dans cette tradition avec son second EP intitulé Tetrasomia.
Dès les premières notes de Thunder Alchemy, l’auditeur est accueilli par un son dépouillé, cru, mais qui retient une certaine chaleur malsaine. Bien que produites de façon indéniablement professionnelle, les quatre pièces qui composent le EP conservent leur spontanéité et leur côté organique à travers une économie évidente d’édition et un son en conséquence très naturel. Musicalement, on a droit à un Black Metal très traditionaliste, fondé sur de très belles mélodies de guitares saturées en trémolo. Celles-ci sont construites sur une section rythmique qui alterne des passages plus Rock n’ Roll caractérisés par un groove puissant, par exemple au début de Stigma ja Kolmikärki (signifiant grossièrement : « La stigmatisation et le Trident » en finnois) et des passages plus agressifs typiques du Black Metal. Le tout fonctionne merveilleusement bien avec une basse audible qui sait parfois se détacher des guitares pour amener une troisième ligne mélodique intéressante.
En ce qui concerne le chant, la puissance et l’agression sont au rendez-vous avec une dominante de cris perçants et bien malsains dans un registre élevé qui donnent au tout un côté mystique, voire torturé. Z, le vocaliste du groupe, amène aussi une certaine variété en en employant aussi des passages caractérisés par des grognements bas démentiels soutenus sur lesquels se superposent lesdits cris hauts perchés, comme dans la magnifique Monta Maailmaa Nähnyt (signifiant grossièrement : « Qui a beaucoup, beaucoup voyagé » en finnois). De plus, il fait aussi appel à des narrations mystérieuses en Finnois placées en arrière-plan comme sur l’hypnotique I.N.R.I. (Igne Natura Renovatur Integra).
En somme, Pantheon of Blood nous offre un second EP nous proposant une sélection de pièces au fort penchant mélodique qui tout en restant bien ancrées dans la tradition du Black Metal occulte finnois, restent diablement efficaces et bien construites. La principale réserve qui pourra être soulevée ici est qu’il s’agisse justement d’un mini-album de quatre pièces seulement, qui laissera les fanatiques du genre un peu sur leur faim. Après quatre ans d’activité pour ces démons finlandais, cet EP nous laisse désirer un premier album entier pour pleinement s’immerger dans l’occultisme de Pantheon of Blood, car quatre pièces de durée relativement courtes ne sont tout simplement pas suffisantes à cet effet. À consommer comme hors-d’œuvre à votre gnose cérémoniale!
7 /10
Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas





