by Stéphan Levesque | Jan 29, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums, Les "Elles" du Métal


Tears of Martyr
« Tales«
Massacre Records
2013
Si je vous mentionne les Îles Canaries, vous pensez à vos prochaines vacances, n’est-ce pas? Toutefois, ici je ne vous parlerai pas de voyage mais bien de musique alors que je vous présente Tears of Martyr, une formation originaire de ces îles situées dans l’océan Atlantique à environ 1500 km des côtes du Maroc. Après avoir lancé son premier album, Entrance, en 2009, Tears of Martyr s’est fait connaître en tournant entre autres avec Epica et Draconian. Plus récemment, la formation maintenant installée à Madrid (les Canaries sont une possession espagnole) s’est produite avec Sorronia et Xandria pour présenter au public son nouvel album, Tales.
Pour les amateurs de comparaisons, Tears of Martyr évoque fortement deux formations néerlandaises: Epica et After Forever. On retrouve effectivement beaucoup d’éléments typiques de ces groupes bien connus, entre autre au niveau du style musical similaire suggéré, c’est-à-dire un metal symphonique très rythmé où l’on peut flairer des influences death. Cette comparaison est renforcée en raison de l’utilisation de la formule vocale beauty and the beast, soit l’imbrication d’une voix féminine claire avec une voix masculine gutturale. Vous comprendrez donc que Tears of Martyr ne réinvente pas le pain tranché (je vous le demande, qui innove encore de nos jours?) en utilisant une formule bien connue, mais le tout est livré avec efficacité et c’est ce qui compte.
Si la première pièce, The Scent No. 13th, est une entrée symphonique somme toute agréable mais conventionnelle, on se laisse pleinement entraîner dans l’album à l’écoute de l’extrait suivant, le « single » Golem; cette pièce réussit à synthétiser en quatre minutes ce que le groupe a de mieux à nous offrir, c’est-à-dire une musique chargée (la comparaison avec Epica prend ici tout son sens) bien agrémentée d’une partie plus calme afin d’installer une ambiance nuancée. Le mélange des voix y est agréable, le growl intense – mais jamais agressant – est bien exécuté par Miguel Angel Marques (il est aussi le guitariste) et se marie parfaitement à la puissante voix de Berenice Musa, qui en raison de sa richesse pourra nous rappeler Floor Jansen ou Tarja Turunen. On découvre ensuite sur la très belle Mermaid and Loneliness que Tears of Martyr sait jouer sur un autre tableau, celui des balades.
Jusqu’à présent, trois chansons, trois ambiances, et c’est là la principale force de cet album: la routine ne s’installe jamais en raison de la grande variété de la musique offerte tout au long de la quarantaine de minutes que dure le parcours. Afin de garder l’auditeur captif, les Espagnols alternent habilement entre des tempos rapides et lents d’une pièce à l’autre, l’insertion de la très belle interlude folk acoustique Ancient Pine Awaits entre deux morceaux plus musclés démontrant la réussite de cette dynamique. Cette dernière pièce vient également démontrer que Marques sait aussi faire preuve d’une belle retenue lorsque vient le temps de chanter de façon « normale ». Tears of Martyr se retrouve donc avec deux chanteurs à la voix souple, permettant de compléter leur variété musicale par une belle variété vocale, comme on peut ultimement le constater sur l’enlevante Of A Raven Born, pièce hautement symphonique ponctuée à la fois de chant de style opéra, de growl et de chant masculin conventionnel.
Tel que mentionné plus haut, Tales n’est pas un album révolutionnaire mais il s’affirme en raison de sa grande variété au niveau des compositions et de la qualité des musiciens et des chanteurs. La production, très claire, permet de distinguer toutes les composantes de la musique. Bref, tous les éléments sont réunis pour une écoute plus que satisfaisante.
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Azylya
« Sweet Cerebral Destruction«
Wormhole Death
2012
Vous est-il déjà arrivé, dans la vie, de penser que vous allez détester une personne pour ensuite l’apprécier fortement? En musique, la même chose peut se produire alors que certains signes nous indiquent que l’on écoutera un album une ou deux fois, pour la forme, et que finalement on se rend contre que ce dernier se retrouve régulièrement dans le lecteur CD car on s’y est attaché contre toute attente. C’est exactement ce qui s’est produit dans mon cas avec le premier album du groupe gothic belge Azylya, Sweet Cerebral Destruction.
Premier élément qui jouait contre l’album nommé ci-haut : le sujet. Sweet Cerebral Destruction, c’est l’histoire de la petite Ginger, presque sept ans, qui à la suite du décès de sa mère est abusée par son père. Ce dernier, pour éviter le scandale, fini par l’abandonner dans un hôpital psychiatrique, nommé Azylya, où règne une atmosphère de terreur et de violence. L’album raconte les tribulations de la jeune fille entre les murs de cet institution où il ne fait pas très bon vivre. Étant porté vers le côté positif des choses et voyant davantage la musique comme un vecteur de rêve, je n’étais pas a priori enclin à vouloir me concentrer sur un tel récit. Pourtant, l’adjonction d’un propos musical en parfaite symbiose avec la trame narrative rend l’écoute de l’album passionnante et on se surprend à se laisser embarquer dans l’histoire.
L’autre élément qui était susceptible de me repousser est la forte présence de growl. Force est toutefois d’admettre que cette composante est ici fort à propos, étant donnée la gravité du sujet abordé. L’histoire est si sombre que la voix de Yohann Gaucher, glauque et sinistre à souhait, – bien qu’enregistrée de manière trop « sale », ce qui peut être parfois agressant à l’oreille – s’avère une nécesssité et complète à merveille la voix fragile et émotive de Jamie-Lee Smit, l’auteure de l’histoire, qui sait exprimer de manière convaincante les peurs et angoisses de la petite Ginger. Vous comprendrez donc que Sweet Cerebral Destruction n’est pas un album conventionnel, c’est un tout que l’on écoute en s’imprégnant de l’ambiance de terreur bien portée par les interprètes, autant au niveau vocal que musical.
Si la complémentarité entre les vocalistes est remarquable, les musiciens ne sont pas relégués au second plan. L’aspect performance n’est pas mis en relief ici, – c’est très rarement l’objectif recherché par les groupes de gothic metal – les instrumentistes mettant leurs talents au service de l’histoire et de l’ambiance dégagée par celle-ci. Les claviers, entre autres, jouent un rôle particulièrement efficace dans la création de cette atmosphère inquiétante. La palette sonore de ces derniers est bien élaborée et l’utilisation judicieuse du piano ici et là contribue à donner une touche lumineuse à certains passages. Les meilleures pièces s’avèrent être Incest, qui avec son tempo lent en début d’album, installe l’ambiance, ensuite Electroconvulsive, pièce rythmée ponctuée d’une belle passe d’armes entre la guitare et le piano, et finalement Rise of the Wicked, à la conclusion plus douce qui nous laisse une touche positive en fin de parcours.
Au final, Sweet Cerebral Destruction s’avère être une belle fresque unitaire qui s’écoute sans ennui d’une seule traite; cet album est surtout une belle réussite pour un jeune groupe à son premier essai. Après avoir eu beaucoup de temps pour préparer son entrée, – les premières ébauches de l’histoire datent de 2007 – il sera intéressant d’entendre comment Azylya réussira à se surpasser maintenant qu’il a réussi à nous surprendre de belle façon et que certaines attentes se sont maintenant installées. La réponse nous viendra plus tôt que tard alors que le groupe est en plein processus de création pour son deuxième album qui, souhaitons-le, tombera dans les bacs d’ici la fin de la présente année.
by Chris Wheeler | Jan 28, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Anarchos
« Descent into the Maelstrom »
Vic Records
2014
Emerging from the Netherlands, ANARCHOS churn and pummel their way through their first official EP, Descent into the Maelstrom. Following their demo released in 2012, Tortured Beyond Death, the five piece certainly bookmark fellow countrymen, HAIL OF BULLETS and like minded musicians in their musical approach. Playing a traditional style of Death Metal, ANARCHOS do check all the right boxes and lead the listener down a familiar road, albeit with an added touch of panache!
Anointing the Sick kicks off the five song album with charged determination and force! Sounding similar to latter-day GRAVE, the guitar tone and riffing style firmly plant the band beside similar acts. Often the pounding blast beat will placate much of the drive, particularly in Morbid Ways to Decay, The Great Black Death and Tales of the Mutilated Remains but there are subtle moments where ANARCHOS venture into slow, infectious, chuggy hooks that vary in tempo, which is what sets the album apart from other mundane bands, sounding too alike. Sarggeburt, for example, begins epically with its simple doom riff and « syrupy » snare drum hits before falling into a barrage of Swedish sounding arias and shifting momentum. With scores of acts playing the same well-worn path, Descent into the Maelstrom hasn’t re-invented the wheel but for fans of GRAVE, HAIL OF BULLETS, and early THANATOS, the EP will be well appreciated, due in large part to its writing and irregular pace. Hook-laden and aurally contagious, ANARCHOS have something interesting here that hopefully they can capitalize on for their debut full length and build upon!
Standout Tracks: The Great Black Death, Sarggeburt
7/10
Chris
by Daniel Tremblay | Jan 27, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Sight of Emptiness
« Instincts »
(2014)
Débutons par une petite devinette. Nommez-moi un point en commun entre la Suède et le Costa Rica. Bien sûr, vous pouvez tout de suite laisser tomber le climat, la flore et la faune ou encore la langue officielle. On se doute bien qu’un pays d’Amérique Centrale, important exportateur de bananes et d’ananas se retrouve complètement à l’opposé d’un pays scandinave en tout point. Exact, sauf peut-être pour une chose: le Costa Rica a désormais sa place sur la carte du death metal mélodique, principalement dominée par la Suède. Néanmoins, les groupes de melodeath originaires de Göteborg et des environs, tels que Dark Tranquillity, In Flames ou encore At The Gates, ont su inspirer de belle façon les membres de la formation Sight Of Emptiness. En activité depuis 2005, le vocaliste Eduardo et sa bande nous présente en 2014, leur troisième accomplissement intitulé Instincts, disponible depuis le 21 janvier dernier.
La pochette présentée dans les tons de violet, affichant un homme en position fœtale qui semble être carrément déraciné, est d’une simplicité remplie de subtilité. J’adore! Composé de onze titres ainsi que d’une piste bonus, l’album jouit d’une qualité de production exemplaire pour un groupe qui n’est toujours pas, à l’heure où j’écris ces lignes, signé sous aucun label. Cette qualité n’est pas étrangère au fait que ce soit le producteur suédois Thomas « Plec » Johansson qui s’est chargé de la production, celui qui a travaillé entre autre avec Watain, Onslaught et Scar Symmetry. Je mettrais ma main au feu que cet album ne saurait tarder à leur permettre d’entrer dans la cours des grands, malgré le fait qu’ils sont vraisemblablement en train d’y entrer par la porte d’en arrière.
Dès les premières notes, tout amateur du genre proposé se sent immédiatement réconforté. Les rythmes de guitare sont graves et lourds. Les mélodies appuyées par synthétiseur sont présentes sans jamais prendre trop de place. On se permet même quelques passages de bongo qui, normalement associés à la musique latine, nous rappellent les origines de ces talentueux musiciens. Pour les puristes, n’ayez crainte, tout est fait avec bon goût. Par contre, le vocal n’a rien de bien original, allant de growls jusqu’aux cris plus aigus en passant par certains passages clairs, Eduardo livre tout de même la marchandise. De toute façon, Sight Of Emptiness ne réinvente pas la roue du death mélodique, mais offre aux fans de ce genre, un produit bien au-delà de la moyenne, surpassant même quelques albums de groupes plus connus sortis ces dernières années.
Ces gars auraient pu se satisfaire de leur propre expertise afin de nous offrir un opus digne de ce nom, mais ils ne se sont pas arrêtés là. Ils ont poussé la note encore plus loin et se sont entourés de noms bien connus dans le milieu. En passant par Ralph Santolla (Obituary, Deicide, Iced Earth), Glen Drover (Megadeth, King Diamond), Christian Älvestam (Scar Symmetry, Solution .45, Misaration) et même un certain Manuel Obregón (pianiste, compositeur, producteur et nul autre que ministre de la culture du Costa Rica), ces artistes invités ajoutent leur saveur aux pièces et il n’y a vraiment pas de quoi s’en plaindre. Mention spéciale aux titres Fearless, Deception et Hostility qui, avec la voix de Christian Älvestam, nous ramènent tout droit à l’époque des trois premiers albums de Scar Symmetry. De quoi réjouir entre autre, l’auteur de ce texte. Quelques chansons m’ont semblé passer un peu plus inaperçu que d’autres, mais dans l’ensemble tout est cohérent et on ne pense jamais à passer à la suivante. À l’exception peut-être de la onzième intitulée Departure qui se trouve à être la dernière juste avant la pièce « bonus ». Celle-ci se compose uniquement de matériel électronique et est découpée inutilement, à mon humble avis, en deux sections séparées par un silence d’une durée de quatre minutes portant le total à neuf minutes trente cinq. Je dois par contre avouer que l’air m’est resté en tête pendant un certain temps. Si tel était le but, on peut dire « mission accomplie ».
Pour finir, je dirais que Sight Of Emptiness est une belle surprise en soit, en tenant compte que cette formation m’était totalement inconnue jusqu’à il y a environ une semaine. N’ayant pas encore eu l’occasion de me prêter à l’écoute de leurs deux précédentes réalisations, je ne peux témoigner de l’évolution du groupe ni même comparer. Par ailleurs, j’affirme que cet album peut être considéré comme un incontournable pour tout fan de death metal mélodique à saveur suédoise. C’est consistant, réconfortant et surprenant à la fois. C’est un album qui ne manquera pas d’être déposé sur la même tablette que des classiques tels que Pitch Black Progress de Scar Symmetry, Stabbing The Drama de Soilwork ou encore Clayman de In Flames. Leur progression est à suivre de près dans les mois qui viennent.
8.5/10
Daniel Tremblay
by Maxime Lecavalier | Jan 25, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Suffering in Solitude
« A Place Apart«
2013
Liste des pièces
Inside Out
Entrance
Exit (Time Lost)
Suffering in Solitude
Distance
Sunken, Placed Apart
Suffering in Solitude est un groupe de atmospheric post black metal qui mélange des influences doom, depressive et shoogaze avec brio. Fondé en 2009 en Californie, voici un survol de leur premier album studio, A Place Apart.
La première pièce est une envolée instrumentale post black metal shoogaze, qui plaira assurément aux fans de Alcest et sûrement aussi à ceux de Godspeed You! Black Emperor. C’est une belle ouverture remplie de mélancolie. L’album continue en devenant plus agressif et sauvage, mais avec des petits temps de répit qui allègent un peu en donnant un effet vagal. Commando de l’effroi volontaire, le groupe engendre avec une stupeur toute personnelle et visiblement passionnée leur art transcendant.
Tout est axé sur l’ambiance morne, mais le tout s’enchaîne et s’emboîte dans un voyage onirique. C’est une musique d’automne ou d’hiver, d’une journée grise où l’on se sent seul en savourant le moment de descente puisque demain est un autre jour plus ensoleillé. Ce n’est toutefois pas une déferlante implacable de désespoir: il y a bel et bien de la lumière qui perce, doucereuse comme la main qui berce l’enfant. Bref, j’en aurais pris plus, l’album durant une trentaine de minutes.
De plus en plus de groupes et de projets solos, ou encore de duos extrêmes, s’écoulent dans le style post black metal et j’ose aujourd’hui les qualifier de 3rd wave of black metal, qui prend racine dans le atmospheric black metal. Mais il y a tout de même quelque chose de plus, de délicieusement éthéré, qui donne la griffe originale, l’empreinte d’innovation. Suffering in Solitude est un candidat sérieux à la reconnaissance au sein de cette branche.
Je suis un amateur de doom et de dsbm , et ce groupe arrive à mélanger voluptueusement les influences tout en donnant un souffle minimaliste avec une finesse ombragée.
Je vous souhaite bon voyage dans cette promenade sinueuse, parcourant les étendues blafardes de l’ivresse oppressée.
7,5/10
Max
by Dave Rouleau | Jan 25, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums, Les "Elles" du Métal

La période des Fêtes est maintenant bien derrière nous et j’en connais qui s’accrochent encore à leur(s) résolution(s) du Jour de l’An, souvent prise(s) après un p’tit verre de trop, sur un coup de tête et surtout souvent à la suggestion (pression) d’un chum/blonde/ami. Donc, le mois de janvier voit une pléthore d’abonnement se signer au centre de conditionnement physique et février voit souvent le dur retour à la réalité que le gym, ce n’est pas pour eux. Alors, acquiesçant avec ces derniers mais tentant tout de même d’encourager les autres à persévérer, je crois qu’il n’y a rien de mieux que quelques séances intenses d’entraînement avec, à la clé, de la bonne musique pour donner du rythme! Voici donc ma deuxième chronique de l’année 2014 pour les martyrs du tapis roulant. – Steph

Leaves’ Eyes
« Symphonies of the Night »
Napalm Records
2013
Il y a deux catégories de mélomanes: ceux qui cherchent continuellement de nouvelles sonorités et ceux qui se réfugient dans le confort de ce qu’ils connaissent bien. Si vous appartenez à la deuxième catégorie et que vous êtes moindrement familiers avec la musique du groupe germano-norvégien Leaves’ Eyes, Symphonies of the Night est pour vous!
Dès l’écoute du premier titre, Hell to the Heavens, nous savons que nous aurons droit à du Leaves’ Eyes pur jus, c’est-à-dire un métal symphonique teinté d’une belle touche folklorique où se mélangent la voix cristalline de Liv Kristine et sa contrepartie agressive masculine, son mari Alex Krull. Le groupe ne s’aventure donc pas hors de ses terres habituelles, nous offrant des chansons dont la trame littéraire mélange légendes et personnages historiques. À travers les onze chansons qui composent l’album (treize sur la version de luxe), l’auditeur apprendra à connaître la princesse wisigothe Galswynthe, Ophélie du Hamlet de Shakespeare, Sainte-Cécile-de-Rome, Éléonore de Provence et la célèbre pucelle d’Orléans, Jeanne d’Arc.
Musicalement, tout est bien maîtrisé car Leaves’ Eyes se contente de répéter efficacement une recette testée maintes fois. Métal symphonique oblige, les claviers dominent l’ensemble, au détriment d’une guitare qui se fait un peu trop timide et d’une section rythmique un peu étouffée par la production. Les arrangements orchestraux sont bien soignés et se marient à merveille aux vocaux omniprésents tout au long de l’album: en effet, les passages instrumentaux se font rares, permettant au couple leader de démontrer tout son savoir-faire, particulièrement Liv Kristine dont la voix gagne en amplitude d’un album à l’autre.
Parmi les titres qui se démarquent, notons Hymn to the Lone Sands, une pièce bien amenée par une belle introduction acoustique, qui fait ensuite place à un rythme effréné et aux plus belles envolées musicales de l’album; Angel and the Ghost, une mélancolique chanson mid-tempo qui offre un bel échange entre les vocalistes; et Maid of Lorraine, qui intègre avec habileté tous les éléments du groupe: folk, voix rageuse et orchestration somptueuse. Mise à part la monotone Saint Cecilia, les moments faibles se font rares et chaque chanson revêt un bel intérêt, gardant l’auditeur dans le coup de A à Z.
J’évoquais ci-haut que la version de luxe de l’album incluait deux pièces additionnelles: il s’agit d’une dispensable reprise de One Caress de Depeche Mode et d’un duo de Liv Kristine avec sa sœur, Carmen Elise Espenaes (la chanteuse de Midnattsol), la plutôt molle Eileen’s Ardency. Bref, contentez-vous de la version régulière de l’album.
Au final, même si l’auditeur aura l’impression de se retrouver devant un plat réchauffé, il faut admettre que Leaves’ Eyes a atteint un niveau de constance qui lui permettra de fidéliser davantage sa large base de fans. C’est pourquoi on peut facilement passer par-dessus cette impression de déjà-vu pour apprécier pleinement cet album qui offre une très belle unité de ton et qui confirme qu’à défaut de ratisser large, Leaves’ Eyes réussit à donner de plus en plus de profondeur à sa musique avec cet album qui, en bout de ligne, s’avère une belle réussite malgré les réserves émises plus tôt. Notez que le groupe sera de passage à Montréal le 18 février aux Foufounes Électriques en compagnie de Moonspell et du groupe de Alex Krull, Atrocity.
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Elferya
« The Straight and Narrow »
Auto-production
2012
Si le premier album de ce groupe suisse était arrivé sur les tablettes un mois tard (il est paru le 1er décembre 2012), il se serait mérité une place sur ma prestigieuse liste d’albums des Fêtes 2013. Question de rétablir les choses, je choisis donc de vous présenter cet album aujourd’hui.
Dans ce genre très fréquenté qu’est le métal symphonique, il est très difficile de sortir du lot, mais force est d’admettre que ces musiciens, originaires de Lausanne, ont réussi à faire leur marque dès ce premier essai. La plus belle qualité de The Straight and Narrow se retrouve au niveau de l’équilibre que le groupe a réussi à donner à sa sonorité: l’amateur de guitare sera tout aussi satisfait que le fan de claviers et la section rythmique, bien pesante, n’est pas laissée en plan. L’utilisation ici et là du violon vient agréablement augmenter le tout, particulièrement sur Mystic Land, une instrumentale enjouée à saveur celtique.
Elferya se montre aussi très habile à donner à ses chansons une ambiance de rêve qui vient compléter à merveille les paroles, qui évoquent un univers fantastique et féérique (dans ce rayon, l’introduction de Butterfly est une réussite totale). Les chansons sont donc souvent introduites par des claviers délicats qui nous font entrer dans l’histoire, avant que les autres musiciens viennent s’en donner à cœur joie. Il serait aussi difficile de passer à côté de la performance vocale de Claire-Lyse von Dach; ayant étudié le chant classique, elle démontre une belle maîtrise de sa haute et puissante voix. Fait non négligeable, la dame possède une voix bien particulière qui nous empêche de la comparer à une quelconque autre reine du métal symphonique.
Comme presque tous les jeunes groupes évoluant dans ce genre musical, on peut déceler ici et là des influences de Nightwish; on pourrait parfois se douter que c’est le Tuomas Holopainen de l’époque Oceanborn qui se tient derrière les claviers, particulièrement sur les titres The Silence of the Night (l’intro est frappante), Luna et Master of Death. Toutefois, le jupon dépasse si peu qu’on ne peut pas classer Elferya dans le rang des clones des célèbres finlandais.
Il est très facile de classer The Straight and Narrow au rang des belles réussites, les musiciens ayant réussi à faire preuve d’une belle maturité musicale dès leur premier essai. Il est d’ailleurs très surprenant qu’aucune maison de disques n’ait encore mis la patte sur ce groupe que l’on devra garder à l’œil…
Stéphan Lévesque
by Stéphan Levesque | Jan 25, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums, Les "Elles" du Métal

La période des Fêtes est maintenant bien derrière nous et j’en connais qui s’accrochent encore à leur(s) résolution(s) du Jour de l’An, souvent prise(s) après un p’tit verre de trop, sur un coup de tête et surtout souvent à la suggestion (pression) d’un chum/blonde/ami. Donc, le mois de janvier voit une pléthore d’abonnement se signer au centre de conditionnement physique et février voit souvent le dur retour à la réalité que le gym, ce n’est pas pour eux. Alors, acquiesçant avec ces derniers mais tentant tout de même d’encourager les autres à persévérer, je crois qu’il n’y a rien de mieux que quelques séances intenses d’entraînement avec, à la clé, de la bonne musique pour donner du rythme! Voici donc ma deuxième chronique de l’année 2014 pour les martyrs du tapis roulant. – Steph

Leaves’ Eyes
« Symphonies of the Night »
Napalm Records
2013
Il y a deux catégories de mélomanes: ceux qui cherchent continuellement de nouvelles sonorités et ceux qui se réfugient dans le confort de ce qu’ils connaissent bien. Si vous appartenez à la deuxième catégorie et que vous êtes moindrement familiers avec la musique du groupe germano-norvégien Leaves’ Eyes, Symphonies of the Night est pour vous!
Dès l’écoute du premier titre, Hell to the Heavens, nous savons que nous aurons droit à du Leaves’ Eyes pur jus, c’est-à-dire un métal symphonique teinté d’une belle touche folklorique où se mélangent la voix cristalline de Liv Kristine et sa contrepartie agressive masculine, son mari Alex Krull. Le groupe ne s’aventure donc pas hors de ses terres habituelles, nous offrant des chansons dont la trame littéraire mélange légendes et personnages historiques. À travers les onze chansons qui composent l’album (treize sur la version de luxe), l’auditeur apprendra à connaître la princesse wisigothe Galswynthe, Ophélie du Hamlet de Shakespeare, Sainte-Cécile-de-Rome, Éléonore de Provence et la célèbre pucelle d’Orléans, Jeanne d’Arc.
Musicalement, tout est bien maîtrisé car Leaves’ Eyes se contente de répéter efficacement une recette testée maintes fois. Métal symphonique oblige, les claviers dominent l’ensemble, au détriment d’une guitare qui se fait un peu trop timide et d’une section rythmique un peu étouffée par la production. Les arrangements orchestraux sont bien soignés et se marient à merveille aux vocaux omniprésents tout au long de l’album: en effet, les passages instrumentaux se font rares, permettant au couple leader de démontrer tout son savoir-faire, particulièrement Liv Kristine dont la voix gagne en amplitude d’un album à l’autre.
Parmi les titres qui se démarquent, notons Hymn to the Lone Sands, une pièce bien amenée par une belle introduction acoustique, qui fait ensuite place à un rythme effréné et aux plus belles envolées musicales de l’album; Angel and the Ghost, une mélancolique chanson mid-tempo qui offre un bel échange entre les vocalistes; et Maid of Lorraine, qui intègre avec habileté tous les éléments du groupe: folk, voix rageuse et orchestration somptueuse. Mise à part la monotone Saint Cecilia, les moments faibles se font rares et chaque chanson revêt un bel intérêt, gardant l’auditeur dans le coup de A à Z.
J’évoquais ci-haut que la version de luxe de l’album incluait deux pièces additionnelles: il s’agit d’une dispensable reprise de One Caress de Depeche Mode et d’un duo de Liv Kristine avec sa sœur, Carmen Elise Espenaes (la chanteuse de Midnattsol), la plutôt molle Eileen’s Ardency. Bref, contentez-vous de la version régulière de l’album.
Au final, même si l’auditeur aura l’impression de se retrouver devant un plat réchauffé, il faut admettre que Leaves’ Eyes a atteint un niveau de constance qui lui permettra de fidéliser davantage sa large base de fans. C’est pourquoi on peut facilement passer par-dessus cette impression de déjà-vu pour apprécier pleinement cet album qui offre une très belle unité de ton et qui confirme qu’à défaut de ratisser large, Leaves’ Eyes réussit à donner de plus en plus de profondeur à sa musique avec cet album qui, en bout de ligne, s’avère une belle réussite malgré les réserves émises plus tôt. Notez que le groupe sera de passage à Montréal le 18 février aux Foufounes Électriques en compagnie de Moonspell et du groupe de Alex Krull, Atrocity.
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Elferya
« The Straight and Narrow »
Auto-production
2012
Si le premier album de ce groupe suisse était arrivé sur les tablettes un mois tard (il est paru le 1er décembre 2012), il se serait mérité une place sur ma prestigieuse liste d’albums des Fêtes 2013. Question de rétablir les choses, je choisis donc de vous présenter cet album aujourd’hui.
Dans ce genre très fréquenté qu’est le métal symphonique, il est très difficile de sortir du lot, mais force est d’admettre que ces musiciens, originaires de Lausanne, ont réussi à faire leur marque dès ce premier essai. La plus belle qualité de The Straight and Narrow se retrouve au niveau de l’équilibre que le groupe a réussi à donner à sa sonorité: l’amateur de guitare sera tout aussi satisfait que le fan de claviers et la section rythmique, bien pesante, n’est pas laissée en plan. L’utilisation ici et là du violon vient agréablement augmenter le tout, particulièrement sur Mystic Land, une instrumentale enjouée à saveur celtique.
Elferya se montre aussi très habile à donner à ses chansons une ambiance de rêve qui vient compléter à merveille les paroles, qui évoquent un univers fantastique et féérique (dans ce rayon, l’introduction de Butterfly est une réussite totale). Les chansons sont donc souvent introduites par des claviers délicats qui nous font entrer dans l’histoire, avant que les autres musiciens viennent s’en donner à cœur joie. Il serait aussi difficile de passer à côté de la performance vocale de Claire-Lyse von Dach; ayant étudié le chant classique, elle démontre une belle maîtrise de sa haute et puissante voix. Fait non négligeable, la dame possède une voix bien particulière qui nous empêche de la comparer à une quelconque autre reine du métal symphonique.
Comme presque tous les jeunes groupes évoluant dans ce genre musical, on peut déceler ici et là des influences de Nightwish; on pourrait parfois se douter que c’est le Tuomas Holopainen de l’époque Oceanborn qui se tient derrière les claviers, particulièrement sur les titres The Silence of the Night (l’intro est frappante), Luna et Master of Death. Toutefois, le jupon dépasse si peu qu’on ne peut pas classer Elferya dans le rang des clones des célèbres finlandais.
Il est très facile de classer The Straight and Narrow au rang des belles réussites, les musiciens ayant réussi à faire preuve d’une belle maturité musicale dès leur premier essai. Il est d’ailleurs très surprenant qu’aucune maison de disques n’ait encore mis la patte sur ce groupe que l’on devra garder à l’œil…
Stéphan Lévesque