by Chris Wheeler | Jan 24, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Devouring
« Primordial Being of Chaos » EP
Unsigned/Independent
2013
Bursting out of Spain, quintet, DEVOURING intend on leaving their mark on the Death Metal playing field but if they’re to truly stand apart, they may have to think outside the box a little more. Releasing their debut ep, Primordial Being of Chaos the group knows how to craft gritty, traditional Death Metal with enough melody to satisfy the diehards on both sides of the spectrum. However, in a genre that’s quite overloaded with similarities, the Spaniards should use this EP as a great catalyst to something more.
Beginning with a very unnecessary ambient intro, the album does get going in the right direction with Dismemberment, a song rife with deep, throaty growls courtesy of Joan Rigo and encapsulates what made the early ‘90’s so important. Brutal, yet melodic at times, DEVOURING continue the blue print on Wall of Putrid Flesh, Extinction of Life and Devouring the Roots, the latter most notably catchy and loaded with rhythmic hooks! With all the abrasiveness, there are moments where the band venture out of their comfort zone and explore simplistic, but emotive ideas, especially on Extinction of Life which features an enthralling guitar solo.
Where DEVOURING fail slightly to impress is with the blast beat drumming, which at times feels out of sync with the guitars, especially on Dismemberment. However, drummer, Jose finds his stride on mid-paced numbers like Devouring the Roots and Morbid Insanity where the performance clearly hears him in more comfortable areas. For a young band recording, producing and mixing Primordial Being of Chaos themselves, DEVOURING has the ambition and drive to deliver something of brutal quality. While the seven song mini album is a nod in the right direction, perhaps a tightening of the faster sections and a forward thinking musical approach may be what could see DEVOURING stand ahead of the pack.
Standout Tracks: Extinction of Life, Devouring the Roots, Morbid Insanity
7/10
Chris
by Coeur Noir | Jan 24, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Alcest
« Shelter »
Prophecy Productions
2014
D’entrée de jeu, je dois dire que je n’arrivais pas à me décider à savoir si j’allais écrire un truc ou non sur le petit dernier de Alcest. De prime abord, j’avoue, qu’aux premières lueurs, j’ai été agréablement surpris et je dois dire que je m’attendais à bien pire. Sachant que la totalité des éléments qui nous laissaient encore la possibilité d’associer ce groupe à un quelconque genre ou sous-genre de metal avait volontairement été retirée de la structure musicale de Alcest, je m’attendais à quelque chose d’absolument désastreux et, d’un ennui mortel. Or, ce ne fut pas tout à fait le cas, mais je reviendrai plus loin sur ce sujet.
Mais si le metal a été soustrait à l’univers Alcestien, à quoi doit-on s’attendre, alors? À un album de post-rock? De shoegaze? À un nouveau Alcest complètement revivifié? Eh bien, après plusieurs écoutes et après réflexion, j’en suis venu à la banale conclusion que c’est un peu tout ça et en même temps, non. Aussi plate que cela puisse l’être comme commentaire, Shelter est un album de Alcest comme tous les autres. Les éléments d’une musique metal en moins. Il ne reste que le côté fleuri et rêveur avec, en plus, un énorme côté pop. Très pop. Une sorte de dreamgaze très rose bonbon et excessivement accessible à la masse.
Mais attention, je ne dis pas que c’est mauvais pour autant, non. Simplement qu’il faille peut-être se dire que ce duo avait envie d’aller voir ailleurs et que les années où Alcest dominaient la scène post-black sont bel et bien terminé. Ou, encore, que Alcest en est exactement là où Stéphane (Neige) Paut le voulait au départ. Quoiqu’il en soit, on ne peut regarder Shelter avec une optique métallique et, pour se la jouer franc-jeu, on ne peut se permettre son écoute et sa critique avec des attentes de la sorte. Ce serait de la triche et de la mauvaise foi. Pour apprécier Shelter, il faut faire abstraction du passé et juger avec un regard neuf.
Alors voilà, ceci étant dit, faute est d’avouer qu’après si peu de temps (je n’ai même pas reçu ma version physique encore), je m’en suis déjà lassé. Et croyez-moi, ce n’est pas parce que je ne suis pas un amateur de ce type de musique. D’ordinaire, j’apprécie la musique comme celle qui nous est offerte sur Shelter. J’aime le shoegaze rêveur, le post-rock, la musique ambiante et je n’ai aucun problème à dire que je suis un grand admirateur de Cold Play, Radiohead, Placebo et que, récemment, je tends à redécouvrir les Smashing Pumkins. Or, en ce qui me concerne et contrairement à plusieurs albums des groupes ci-haut mentionnés, Shelter est vite tombé à plat. Comme je mentionnais en introduction, aux premières écoutes, j’ai d’abord été surpris et enthousiaste face à ce disque de huit titres, mais aussitôt l’engouement évaporé, ce sentiment a vite été remplacé par de l’ennui et du désintérêt.
Les mélodies de Shelter s’engouffrent dans une dynamique qui semble tourner en rond et la pâte ne lève tout simplement pas. Rien n’explose, il n’y a rien d’extravagant, il n’y a pas de moments où les frissons vous parcourent l’échine et c’est tout bonnement sans substance.
C’est dommage puisque, dans ce type de musique, je crois bien que ce sont ces petits instants de lumières aveuglantes que les amateurs recherchent. Ces petits instants où la grandeur des pièces apporte un caractère épique à l’album et vous donne le goût de réécouter la platine encore et encore. Sur Shelter, c’est blafard et très aplati et à la limite, ça manque d’inspiration. Donc, en plus du caractère métallique complètement absent, je n’arrive plus à trouver la nature romanesque de Alcest que j’appréciais tant.
Tout ça se confond dans une mouture pré-mâchée et, j’irais même jusqu’à avancer, formatée pour les radios commerciales. Bon, je vous l’accorde, je disais à l’instant de ne pas critiquer ce disque avec une opinion prenant encrage dans une sous-culture quelconque, mais tout de même, ici, à mon humble avis, on s’en éloigne beaucoup trop.
Or, si je dois trouver quelques points positifs à ce disque, je dois dire qu’il s’écoute par contre assez bien. L’alignement des pièces est juste et elles forment entre elles un tout assez cohérent. Shelter est donc un bon album pour une trame de fond de dimanche matin tranquille à bouffer des tartinades de tofu et boire du café en lisant le journal. Il est là. Il est étanche et sobre. Il constitue un ensemble uniforme et homogène qui n’altérera en rien l’ambiance de métronome qu’il provoque lui-même. Tout est égal, droit, sans fioritures et longitudinal.
Je n’en dirai pas plus sur ce disque puisque le but n’est pas de tronquer votre opinion ou de descendre Alcest, mais plutôt de souligner le fait que si Alcest doit changer à ce point, il doit faire figure d’innovateur (comme ils ont su le faire dans les années précédentes) plutôt que de simples moutons qui s’encrassent dans un moule bien graissé.
Sur cette note, je vous encourage quand même à vous procurer Shelter ou, du moins, d’y jeter un œil. Comme je mentionnais, ce n’est pas un mauvais disque, mais c’est un disque sans histoire qui, d’ailleurs, n’y passera probablement pas. J’attendrai ma copie vynile pour voir si la magie de l’analogique pourrait donner un deuxième souffle à ce disque, mais, pour être franc avec vous, je ne me fais pas trop d’idée.
Coeur Noir
by Chris Wheeler | Jan 23, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Bookakee
« Whorrific »
Unsigned/Independent
2013
First album out of their artistic gate, Montreal’s BOOKAKEE have returned with Whorrific since 2011’s ep, Invasion of the Depraved. Boasting diverse musical backgrounds as MAGISTER DIXIT, OXIDIZED FAITH and VALFREYA, the five-piece certainly have brought a variety of diverse influences into the fold to mark a very satisfying listen!
What is immediately apparent, right from the open bars of A Night to Dismember is the array of musical ideas on offer. Ranging from brutal death to grind to heavy alternative and even flamenco, what impresses are the chances BOOKAKEE takes while throwing the “rule book” out the window! Songs seem to dance between many ideas that render the album unpredictably engaging. Title track, Whorrific, displays dynamic guitar noodling with an almost “jazzy” foundation while Perverted Monolith features guest vocalist, Crook from fellow Montrealers, VALFREYA. The tune also exhibits an almost playfulness rarely heard in such musical circles!
Blasting grind and brutal rhythms abound in most songs which are promptly swept aside by quieter moments which allow the guitars to showcase their wares and introduce some “left field” ideas. Horror themed lyrics and overall aesthetic are pushed to the fore by vocalist, Philippe Langelier (OXIDIZED FAITH) in a dual rasp and guttural growl performance, but there are moments of musical dominance in the three mesmerizing instrumentals, Meurte Paluda, DK and A.A. Acoustic, the latter being a sweeping guitar album closer punctuated by strummed chords and classical guitar picking. As it is, the album clocks in at approximately 62 minutes which may be on the “long-ish” side, but with the variation in extremity and mood, fans will no doubt overlook Whorrific’s length. With combining so many elements, it may be career suicide to throw so many colours on one canvas, but BOOKAKEE does a fine job of keeping the interest and momentum going; masterfully controlling the chaos of this, their first of many brilliant and innovative albums!
Standout Tracks: A Night to Dismember, Whorrific, Perverted Monolith, Carcass Coffin, DK
8.5/10
Chris
by Chris Wheeler | Jan 23, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

White Empress
« White Empress » (EP)
2013
Rumoured to be the brainchild of Cradle of Filth guitarist, Paul Allender, WHITE EMPRESS is shrouded in mystery and intrigue. Bearing the hallmarks of symphonic, melodic Death Metal, the four song ep. indulges in bombastic rhythms punctuated by full on dramatic flair! Not to be stereotyped as another « female fronted » commercial viability, this mini-album has teeth!
What sets WHITE EMPRESS apart is the vocal styling that combines both a deathly rasp and cleanly sung, soaring delivery, most notable on first song, Erased and Rewritten. Here, the energetic pace and manic symphonic overtones make for tension between the verses and chorus; quite effective. Similarly, Exile (The Empress Returns) continues the epic barrage of sonic fury, accentuated by a background choir and subtle dramatic keys which are anything but, in Fall of the Guard, as they become the driving force behind the number’s cinematic melodrama.
As most female fronted bands indulge in clichéd gothic and serene textures, WHITE EMPRESS doesn’t mince words but gloriously dabbles in complex and layered musical ideas. More vicious than others, the troupe steers the ship into troubled waters and attacks the storm head-on! Nicely mixed and produced, the sound is pristine and clear, allowing for the subtle details to be heard without being overbearing in the final mix. The only problem is…..the album isn’t a full length, which is something fans will no doubt be yearning for this year!
Standout Tracks: Exile (The Empress Returns), Fall of the Guard
8.5/10
Chris
by Lex Ivian | Jan 23, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

LachrymAnopsia
« Released »
2013
Liste des pièces
The further I search, the less I comprehend
A hypoplastic masterpiece
Cryptic identity
3km left
Nailed down, hammered on
Nature’s leprosy
Le naufragé
Il y a de ces albums qui tombent sur ma table de travail et qui, pour des raisons souvent plus obscures les unes que les autres s’y attardent, non par manque d’intérêt puisque j’ai écouté Released de LachrymAnopsia à de nombreuses reprises et l’apprécie de plus en plus. C’est plus parce que, à prime abord, rien de bien inspiré ne me vient à l’esprit pour rendre justice à cet album qui n’en est pas un facile d’approche.
Et d’ailleurs, j’en suis encore là. Le syndrome de la page blanche m’afflige et surtout le titre de la 1ère pièce de l’album me résonne en tête.
The further I search, the less I comprehend
C’est donc avec la ferme intention de transcender cet état que je me suis installé les écouteurs et envoyé l’album pour une Xème fois – j’aurais pu écrire une XXXème fois tellement mon nombre d’écoute devient indécent pour le nombre de lignes écrites. Enfin, que voulez-vous? Si je regarde vers le haut de la page, il me semble que les lignes commencent à s’accumuler. C’est peut-être bon signe… surtout si je finis par finir cette intro et vous parler de l’album!!
Pendant ce temps, les premières notes d’intro de la dite pièce, une mélodie au son clair à la guitare, joue sur du grichage de fond (ben oui c’est la trame de fond d’intro, un feed de statique d’une dizaine de secondes). Tout de suite, j’ai reconnu le son clair caractéristique des guitares utilisées dans le metalcore et le progmetal. Leur page facebook dit melodic death metal, je m’attendais donc à entrer, après cette intro, dans une passe de chug-a-chug si chère au death metal pour aboutir dans des breakdowns. Et bien non, ils m’ont envoyé leur 1ère surprise de l’album. Oui, ça l’a une tendance death mais juste pour dire parce que finalement c’est pas mal plus progressif ce qu’ils nous jouent.
Dès la fin de cette intro, dont le riff reviendra par intervalle pour faire le lien entre les divers segments de la pièce, on est introduit au vocal de William, un growl râpeux et rauque avec juste assez de crasse. Le riff de guitare clair est ramené après une 40aine de secondes comme pour fermer la boucle de ce premier mouvement alors qu’on a droit au refrain agrémenté par le tintement clair d’un clavier. Cette structure sera répétée puis peu après la 2ème minute de la composition, on change l’approche et le mouvement suivant, le plus intense mais en même temps le plus court, sera propulsé par des blastbeats alors que, par opposition aux 2 mouvements précédents, il sera instrumental outre un hurlement à mi-parcours. Retour de la mélodie pour annoncer le dernier mouvement qui contient quelques riffs techniques à la guitare que je connaissais, je ne sais d’où mais je suis sûr que j’ai reconnu des trucs de musique classique. Le dernier pont qui nous ramènera le clavier et le refrain, mènera à l’outro dont le riff de guitare m’a suggéré une impression de fuite.
Comme vous pouvez le lire et c’est la raison de tout ce bla-bla technique, je voulais souligner que les pièces de LachrymAnopsia sont composées selon une trame progressive qui fait en sorte qu’elles évoluent, se libérant des carcans imposés par les structures répétitives trop souvent utilisées lorsqu’un groupe s’en tient aux formules génériques du death metal. Cette approche à la composition crée des pièces au cheminement imprévisible mais jamais incohérent sur la rythmique desquelles survolent les mélodies des guitares de Alex et Isaac subtilement accompagnées de la basse de Marc-Antoine; toutes ces diverses transitions pourraient en rebuter plus d’un mais non car elles sont très bien amenées par le jeu varié de Emeric à la batterie qui est parfaitement à sa place, allant jusqu’à nous placer de judicieux silence à certains moments cruciaux. Finalement, notons l’utilisation du français saupoudré dans certaines pièces pour quelques strophes, ce que pour ma part je les encouragerais à continuer car la façon dont William nous chante ses paroles est intéressante et bien audible à l’oreille ce qui permet d’apprécier une belle sensibilité d’écriture.
Maintenant, sans rentrer dans le détail, je vous fais un survol de mes impressions des autres pièces.
La 2ème pièce, A hypoplastic masterpiece, débute par un dialogue de guitares rapidement rejoint par le drum pour être entraîné dans ce qui est pour moi, la pièce la plus sombre et torturée de l’album au niveau du vocal; l’utilisation des 2 voix superposées apporte pour l’occasion un peu plus de screech au vocal rajoutant cette touche désespérée. C’est quand même drôle que ça reste celle qui contient tout de même les moments les plus ludiques avec cette passe comme jazzy au début et à la fin de la pièce alors que le milieu de la pièce est so dark. Soulignons que c’est pendant cette passe dark, accompagnée d’effets eerique au clavier qu’il y a une 1ère apparition du français dans les paroles d’un couplet.
La 3ème, Cryptic identity, débute encore une fois avec un intéressant dialogue de cordes pour se poursuivre avec des riffs plus death traditionnel sans toutefois laisser de côté ces transitions qui gardent mon attention. Elle restera pour moi, avec Nailed down, hammered on, les plus death de l’album. J’aime bien l’utilisation des choeurs à la fin de la pièce, qui amène cette présence solidaire typiquement hardcore nous rappelant que leur musique puise également dans le core.
La 4ème, 3km left, pièce instrumentale placée au centre de l’album, fait le pont vers la 2ème moitié de l’album mais se veut plus qu’un simple intermède.
La transition entre la beauté tranquille du piano qui termine 3km left, vers Nailed down, hammered on peut paraître assez brutale surtout que celle-ci commence dans un esprit beaucoup plus death. Encore une fois, l’utilisation du clavier pour installer une trame de fond eerique créer des petits moments intéressants dans leurs pièces qui rajoutent aux jeux des guitares.
L’avant-dernière pièce amène l’utilisation du vocal clean et aussi retour du choeur de chant hardcore pour encore une fois montrer cette solidarité « Because this is what we fucking are » mais ne vous méprenez pas, ce n’est rien de joyeux parce que « we are Nature’s leprosy« .
C’est sûr une rythmique militaire à la batterie que débute la dernière pièce de l’album, Le naufragé, avec une déclamation en français, une autre facette du vocal introduite de façon judicieuse le temps d’un couplet que je vous reproduis ci-bas pour que vous puissiez vous aussi en apprécier la teneur.
J’ai la liberté de choisir et l’aptitude d’agir,
La vision pour voir, les paroles pour faire valoir.
Mais, malgré tout pour me motiver…
Face à sa majesté, le temps,
Je suis impuissant et condamné.
La dernière pièce se termine sur un fade out ce qui me dérange habituellement mais comme il mène au grichage du début, ça clos la boucle et représente bien la fin des émissions compte tenu du fait que le protagoniste de la pochette de l’album s’est suicidé d’une décharge de télécommande à la têtv.
Au final, je dois dire LachrymAnopsia ont composé un album intéressant à plusieurs niveaux et qui devrait plaire aux amateurs de brutalité qui apprécient les envolées mélodiques. Pour vous donner le goût de vous le procurer, ils l’ont mis en écoute totale sur leur canal youtube et vous pouvez maintenant l’écouter ici-bas.
Lex

by Louis Olivier Brassard Gelinas | Jan 22, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Au-delà des Ruines
« Psychose des barbelés »
Hymnes d’Antan
2013
Fondé sur les cendres de Culte d’Ébola, le duo de Blackened Death Metal, Au-delà des Ruines, composé de Blanc Feu (voix, guitares, basse) (Chasse-Galerie, Mêlée des Aurores) et de Cadavre (Percussions) (Chasse-Galerie, Mêlée des Aurores et Chaos Catharsis) nous présentait cet automne son premier album intitulé Psychose des barbelés sur le label local Hymnes d’Antan. Découvrant leur musique suite à la sortie d’extraits sur leur page Facebook (que vous pouvez atteindre en cliquant le lien au haut de la page) et à leur formidable première prestation à vie au Psaume II de La Messe des Morts le 30 novembre dernier, ma curiosité fut piquée et je me procurai ledit album lors de cet évènement magique. Lors de mes premières écoutes de leur opus, je fus ravi par un mélange de Black Metal et de Death Metal au côté technique et brutal assez exacerbé que l’on a peu entendu dans nos contrées, plutôt orientée sur le Black Metal plus puriste et dans la langue de Molière qui plus est. Or, qu’en est-il après de nombreuses écoutes de cet album? Vaut-il toujours le détour ou son intérêt s’est-il effacé peu à peu? Laissez-moi vous répondre d’emblée qu’il s’agit du premier cas de figure.
Tout d’abord, dès les premières notes furieuses de Combustion spontanée, l’auditeur attentif est accueilli par une superbe production, œuvre de Blanc Feu (enregistrement et mixage) et de François C. Fortin (mixage final et mastering). Celle-ci combine donc à merveille le côté crasseux, malsain et violent du Black Metal à une excellente définition qui nous permet d’apprécier toutes les subtilités de la musique de Au-delà des Ruines.
Et des subtilités, il y’en a. En effet, si l’on se concentre sur les compositions, on découvre des pièces riches en notes et en motifs de guitare dissonants entrecoupés de passages plus mélodiques en trémolo. Le tout est placé sur des rythmiques effrénées et à la complexité technique époustouflante de Cadavre, qui nous livre une performance inspirée, une pièce d’anthologie de son talent de batteur. Côté vocal, Blanc Feu utilise une voix hurlée râpeuse typique du genre, aux tons légèrement plus graves que ce qu’il fait dans Chasse-Galerie.
Stylistiquement parlant, on se retrouve donc en territoire mitoyen, comme je le mentionnais en introduction, avec une combinaison de motifs typiquement Black Metal, de motifs saccadés plus près d’un Death Metal technique sur une batterie qui penche définitivement plus du côté Death par ses variations rythmiques et ses fioritures organiques. Aucun remplissage n’est au rendez-vous et l’album forme un tout très compact rempli de motifs divers présentés dans des pièces courtes et directes. Une seule pièce se retrouve en haut de la barre des cinq minutes.
La diversité n’est donc pas la préoccupation principale des membres de Au-delà des Ruines qui ont plutôt opté pour une formule d’agressivité homogène. Effectivement, la grande majorité des pièces sont très touffues, courtes, rapides et agressives. Quelques moments sur un tempo plus lent sont présentés, entre autres dans les pièces Mise à mort, Massacre d’orphelins et Exil, mais il s’agit d’exceptions. Avec 36 minutes remplies à pleine capacité d’agressivité débordant de motifs techniques, l’album sera donc peut-être un peu dur à apprivoiser pour certains et sa pleine appréciation réclamera donc de nombreuses écoutes qui permettront à l’auditeur d’en découvrir les subtilités et les moments distinctifs entre les pièces. Cependant, le jeu en vaudra fortement la chandelle pour les auditeurs qui recherchent l’élaboration et la complexité dans l’agression et ceux-ci, lorsqu’ils auront apprivoisé cet opus, en resteront marqués. L’album aura donc une forte valeur de réécoute.
En dernier lieu, je me dois de mentionner la superbe approche lyrique que Au-delà des Ruines nous présente sur son premier effort. En effet, on a droit à de superbes poèmes entièrement francophones sur une thématique guerrière qui est aussi merveilleusement illustrée par la présentation graphique de l’album conçue par Industrie Chimère Noire. Les paroles sont d’une richesse exemplaire et délivrent un imaginaire de guerre postapocalyptique qui se combine admirablement bien à la musique agressive et violente présentée par le groupe.
« Procession de masques sur les murs écaillés. La nuit on guette, chaque lueur un signe. Les frontières de l’ennemi déformées par le brouillard. Asile incertain des fantômes condamnés à la honte. Barricadés dans cet hôpital abandonné, les réfugiés crèvent de faim ». – Psychose des Barbelés
En somme, avec Psychose des barbelés, Au-delà des Ruines frappent très fort avec un premier album superbement produit, interprété de main de maître et qui présente une approche musicale différente de ce à quoi est normalement associé le Black Metal québécois d’expression francophone. Touffu, complexe et agressif, l’album pourra être dur à apprivoiser pour certains, mais les auditeurs persévérants et ouverts à la technicité y trouveront largement leur compte. À écouter à répétition pour en savourer toutes les subtilités!
8/10
Pièces favorites: Combustion spontanée, Psychose des barbelés, Exil
Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas