by Dave Rouleau | Juil 4, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Shape The Above
« Continent«
Independent
2014
Shape the Above ont fait paraître, le 24 mai, leur EP, « Continent » enregistré au Silver Wings Studio de Montréal. Une offrande qui permet de découvrir leur monde où le prog, djent et core se côtoient alliés à un sens de la mélodie particulièrement intéressant. J’ai donc eu envie de vous en glisser quelques mots.
Ocean –
On commence avec subtilité, clavier éthéré et bruits de vagues, mais ça ne prend pas de temps avant que la machine de guerre embarque. Il y a un petit côté »core » que j’aime moins, toutefois les guitaristes ont suffisamment de versatilité pour me faire sortir de mon manque d’attirance pour ce genre. Le chanteur nous démontre les diverses couleurs de sa voix et nous donne l’opportunité de savourer autant les voix clean que celles un peu plus gutturales. On termine avec un petit breakdown à la Death Lullaby et qui tient son efficacité.
Exodus –
Le début acoustique de cette toune me rappelle l’époque où Ozzy Osbourne travaillait avec Randy Rhoads. Puis, on y va avec un côté plus méchant, tout en demeurant dans le mélodique. J’adore! Les guitares me rappellent Scorpions, Yingwee Malmsteen ou Skid Row, qui possèdent tous une grande émotivité au niveau des solos. Les découpages sont intéressants puisque la composition demeure en mouvement constant et la guitare vient rapidement remplir les bouts où la voix fait place à la musique. Encore une fois, la basse vient me chercher avec ses impulsions rythmiques qui donnent envie de faire du headbang. Selon moi, c’est excellent.
Daunting Task –
Le début de cette pièce, je dirais qu’il s’agit de la pièce dédiée aux prédateurs de tous genres. Elle possède un côté alarmant qui laisse présager une fin imminente. Sommes-nous en proie à nous-mêmes, à ce qui nous empêche d’avancer? Peu importe, j’adore leur son. J’ai l’impression d’entendre une suite logique de All Shall Perish. « Daunting Task » est la pièce la plus rapide de l’album, celle qui fait la différence dans ce EP.
Dogma’s Death –
Dès les premières notes, ça s’écoute très bien. La versatilité vocale rend hommage à l’ensemble. Cette pièce contient les qualités de l’eau, en étant à la fois limpide tout en conservant une essence rythmique accrocheuse. Je retrouve ce qui m’attire chez ce groupe: la versatilité des mélodies qui vont dans tout les sens. Autant ils peuvent nous bombarder de double-croches, qu’ils reviennent avec des »punch » beaucoup plus saccadés et dérangeants. Quand au solo de la guitare, la lancée est merveilleusement composée pour additionner aux atmosphères que proposent les instruments à cordes, aidés des pulsions rythmiques allant du Rock au Metal. Les guitares sont complètement déchainées et je tiens également à vous inciter à tendre l’oreille aux passages de basse qui demeurent très groovy. Il y a beaucoup de subtilités dans leur mélodie, ce qui ajoute de l’intrigue. »Dogma’s Death » c’est un voyage au fond d’un univers parallèle qui nous transporte dans un lieu inexploré, voire mystérieux. C’est en écoutant cette pièce que je me dis, que l’on n’est pas obligé de s’appeler John Petrucci pour composer des chefs d’oeuvres musicaux.
Une chose certaine avec le genre de composition que l’on retrouve sur « Continent« , c’est que les musiciens qui l’ont créé ont voulu avant tout nous proposer un univers bien à eux. D’excellents musiciens qui donnent le meilleur d’eux-mêmes autant en studio qu’en spectacle. On fréquente sur « Continent » diverses gammes d’émotions qui ajoutent autant de piquant que de finesse dans l’ensemble des compositions. Maintenant pour ceux qui n’aiment pas les voix cleans, ce chanteur sait très bien se démarquer. Sa voix clean penche un tantinet dans le genre d’Alexisonfire tout en conservant sa touche personnelle. Je dois dire, que leur EP les lance en force. Les mélodies proposées par ces derniers sauront faire le tour des fans de Metal pour en charmer plusieurs. En gros, « Continent » est un excellent EP à se procurer via leur Bandcamp, en téléchargement gratuit.
Daimon Hellstorm
by Lex Ivian | Juil 3, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Cokegoat
« Vessel »
Indépendant
2013
Liste des pièces
Fear the followers
Buried in the city
Dogs
End of your life, Pt.1
End of your life, Pt.2
Fly by night Pt.2
Fly by daylight
Glorious dead
Je sais que plus d’un truc a été écrit concernant l’offrande du sextet de Chicago, Cokegoat, sorti en 2013. Si je me permet de me joindre aujourd’hui à cette chorale d’acclamations plus d’un an après la dite sortie, c’est que cet album mérite amplement d’être découvert bien qu’il a passé proche de prendre le chemin de ma corbeille. Je m’explique tout de suite.
Plusieurs albums aboutissent dans ma pile et souvent j’ai peu de temps à consacrer à chacun. La 1ère impression si salutaire dans toutes occasions joue donc un grand rôle ici. L’entrée en matière est donc primordiale. Quand l’album a débuté, je me suis dit « oh boy, est-ce que j’arrête ça là ou je lui donne jusqu’à la fin de la première toune au moins? » Bon, j’aime ça donner la chance au coureur (Dave avait insisté) et je me suis dit que ce n’était pas le premier groupe de old school hardcore à la Agnostic Front que j’écoutais et que Cokegoat avait peut-être, comme la majorité de ces groupes hardcore, une drive qui m’embarquerait pendant que le chanteur s’époumonnait.
We’re all we have, we’re all we need, et plus loin United we fall
Je vous dis tout bonnement que je n’avais aucune idée du style musical du groupe avant de lancer la 1ère pièce et je dois vous dire que je n’en suis pas encore tout à fait sûr. Ce que je sais par contre est que j’ai bien fait de me rendre au moins jusqu’au milieu de « Fear the followers » parce que tout ce que je m’étais dit dans la première minute et demi a pris le bord. La pièce a pris un changement à 180 degré et on est passé à l’antithèse du hardcore. C’est tout à coup devenu très doom atmosphérique avec l’arrivée de claviers pour supporter une musique très mélodique et nostalgique pendant que la voix nous répète les phrases ci-haut et que des hurlements et vociférations fusent en arrière-plan.
La 2ème pièce, « Buried in the city« , allait plus me montrer le style que Cokegoat explore soit un doom pesant dépressif avec cette fois une utilisation bien démarquée des 3 voix que l’on retrouvera tout au long de l’album.
« Dogs » est un peu plus doom/death mais la façon dont les riffs sont montés avec l’ajout des claviers psychédéliques et de la voix féminine claire augmente encore plus l’atmosphère hypnotique qui avait été développée dans la pièce précédente. On sera toutefois ramené sur terre par des hurlements de rage désespérée très bien servis par cette voix déchirée.
La 4ème, « End of your life, Pt.1« , débute avec des sons bizarres, qui m’ont fait penser à la fin de « Man that you fear » de Marilyn Manson pour enchaîner sur des riffs en tremolos sur un slow drum pummelling puis à partir du milieu de la pièce, ils ont amené une ambiance un peu Black Sabbath-esque, question qu’on n’oublie pas que toute cette musique que Cokegoat nous propose, plonge ses racines dans l’oeuvre dont ils réinterprètent quelques riffs sans jamais les copier bien que leur provenance soit évidente. La pièce se termine avec des bruits de jeux vidéos style Space Invaders qu’on avait pu entendre à l’arrière-plan à certains moments de la pièce.
Le rock psychédélique sera mis de l’avant pour « End of your life, Pt.2 » et ils ramènent la voix féminine en superposition au vocal écorché pour encore une fois créer cette atmosphère hypnotique qui culminera dans un beat qui agrémenterait très bien une marche funèbre pendant que des cris désespérés insistent pour nous rappeler que « This is the end of your life« .
Je dois dire que « Fly by night Pt.2 » nous montre d’entrée une belle versatilité du jeu à la batterie et a même une passe black qui s’enchaîne avec une petite passe alternative rock à la limite stoner qui, malgré le clash possible, m’a finalement juste fait penser « ah bon, ils ont même été capable de nous faire ça sans que ça ait l’air forcé ». L’ensemble de cette pièce offrira d’ailleurs encore une fois ces variations qui caractérise l’ensemble de l’album, démontrant une fois de plus qu’il est possible de créer une musique identitaire sans tomber dans le piège de suivre des patterns.
La 7ème, « Fly by daylight« , sera peut-être la plus linéaire de l’album, et même si les paroles restent limitées et redondantes, elle réussira à s’incruster dans le subconscient au point de se demander qu’elle est cette pulsion malsaine qui nous pousse à regarder vers le soleil.
La dernière pièce, « Glorious dead« , m’a vraiment convaincu de mon impression Marilyn Manson dans la façon que la voix masculine est utilisée pour le début de la pièce avec les claviers à l’arrière et le fond d’atmosphère martiale qui caractérise l’album Antichrist Superstar. Mais ici, ceux qui tiquent quant à l’allusion, rappelez-vous que justement c’est la beauté de l’album de pouvoir naviguer sur diverses mers tout en sachant utiliser à plein escient l’apport des 6 musiciens dont 3 sont vocaliste.
Maintenant que je vous ai vaguement décrit chaque pièce, il est clair que Cokegoat est fortement influencé par le doom et le depressive black metal, mais on retrouve dans leur musique une variété de petits tableaux dont même le post-krautrock soutire une bonne part avec l’apport de toutes ses petites expérimentations électroniques en arrière-plan. D’ailleurs la qualité de production de l’album doit être soulignée car elle permet justement d’apprécier ses subtilités. On obtient au final, une musique qu’on peut qualifier de dépressive mais dont la variété des compositions nous tient justement loin de cet état d’âme. Je crois que la vidéo pour « Buried in the city » devrait vous convaincre de ce dernier point.
Ils viennent d’annoncer à la fin juin qu’ils se retirent des scènes pour un moment
(June 27th) will be one of our last shows for a while. We will be having/raising real babies and making song babies.
Un prochain album devrait donc venir tous nous réjouir.
Lex
by Olivier Bourgeois | Juil 3, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Fallujah
« The Flesh Prevails«
Unique Leader Records
2014
Pour les gens qui ne connaissent pas très bien ces petits Einstein du métal moderne, voici en quelques lignes qui ils sont et d’où ils viennent. Formé en 2007, à San Francisco, Fallujah était alors composé d’Alex Hoffman, Scott Carstairs, Tommy Logan, Dan Wissinger et Suliman Arghandiwal. Plutôt deathcore à la base, ils changèrent rapidement de cap en 2010 avec leur deuxième démo sur lequel on trouve les pièces « Prison of mind » et « Hallucination« . Pièces qui seront réenregistrées ultérieurement sur leur premier album nommé « The Harvest Wombs« . Ne cessant d’innover, ils sortent en 2013 « Nomadic« , un EP plus progressif que l’album précédant et doté d’une sonorité se rapprochant beaucoup plus du son actuel du groupe.
Ce qui nous conduit directement à la bombe atomique nommé « The Flesh Prevails » qui sortira le 22 juillet prochain. Pour être sincère, j’ai été atomisé dès la première écoute par le mix. Il est limpide, ouvert et confortable même à haut volume. Sur l’album rien, n’est laissé derrière, même pas la basse qui au contraire prend d’avantage d’ampleur que dans le passé, au travers de lead et solo très bien fais. La batterie, monstrueusement grosse et organique, me fait frissonner à tous les coups. Andrew Baird (batteur actuel) a su être très créatif avec sa pédale double et ses blast beat à la pelletée! Sans toutefois être excessif, il a su faire la balance entre un jeu death, groove, lourd et ambiant.
Poursuivons cette critique avec le duo du tonnerre que font Scott Carstairs et Rob Maramonte! «Jouissif» est le mot tout désigné pour décrire le travail qu’ils ont fait sur cet album! Des riffs imposants, pesants, rapides, volatiles! Des riffs à la fois techniques et planants sans toutefois être évasés! Bref, un travail de maître.
Finalement, rien de mieux qu’un vocal cru, large et guttural accompagné de paroles chuchotées et de chants d’Ève pour boucler la boucle de l’atomisation signé Fallujah!
Pour conclure, le groupe a su lever la barre de l’excellence à un tout autre niveau avec cet opus de haut calibre. Opus que je conseille aveuglement à tous les cheveux longs du Québec. Je donne une note bien méritée de 9.5 sur 10 à ses génies de San Francisco.
Olivier
by Louis Olivier Brassard Gelinas | Juil 2, 2014 | Critiques d'Albums

Agalloch
«The Serpent & The Sphere»
(2014)
Profound Lore Records
«Birth and Death of the Pillars of Creation»
«(Serpens Caput)»
«The Astral Dialogue»
«Dark Matter Gods»
«Celestial Effigy»
«Cor Serpentis (The Sphere)»
«Vales Beyond Dimension»
«Plateau of the Ages»
«(Serpens Cauda)»
Peu d’artistes métalliques peuvent se targuer d’avoir créé une musique aussi distinctive que John Haugm et son célèbre projet musical nommé Agalloch. En effet, mélangeant musique folklorique acoustique, postrock, Doom Metal, Death mélodique et Black Metal, ces derniers sont parvenus à se construire une niche unique et enviable dans les corridors souterrains du Métal. Quatre ans après le très bon, mais plus unidimensionnel que leurs autres opus, «Marrow of the Spirit (2010)», Agalloch nous revient avec un nouvel album pleine longueur piquant ma curiosité de fidèle admirateur dudit groupe. Est-ce que le groupe reviendra à son mélange musical unique qui a connu son apogée avec «The Mantle (2002) » et «Ashes Against The Grain (2006)» ou est-ce qu’il continuera l’exploration de son côté plus Black Metal atmosphérique comme sur son dernier album? Voici donc ma réponse après une trentaine d’écoutes : Agalloch nous sert son album le plus achevé depuis leur gloire du milieu des années 2000.
Tout d’abord, la troupe nous accueille avec «Birth and Death of the Pillars of Creation», une superbe pièce de plus de dix minutes aux saveurs doom, postrock et folk suscitant une atmosphère résolument et merveilleusement sombre. Aussitôt l’auditeur remarquera une production beaucoup plus léchée et beaucoup moins crue que sur «Marrow of the Spirit» et le retour à une musique symbiotique et multidimensionnelle. Le tout se poursuit avec un très bel interlude de guitare acoustique à la mélodie typiquement folk intitulé «(Serpens Caput) », œuvre de Nathanaël Larochette de Musk Ox, invité maniant la guitare acoustique de superbe façon sur tout l’opus. Le groupe se lance ensuite dans un trio de pièces cohérent composé de «The Astral Dialogue»,«Dark Matter Gods» et «Celestial Effigy» alliant vibrations résolument postrock sur de solides bases Death/Black mélodiques, comme en témoignent, par exemple, les voix râpeuses typiques de John Haugm, ainsi que des motifs de guitare en trémolo entrecoupés de motifs plus rock. Ce trio constitue sans doute le moment charnière de l’album en raison de son côté plus accessible, concis et accrocheur que le reste de l’album composé de pièces plus longues et atmosphériques. Un autre interlude acoustique de monsieur Larochette et le groupe présente ensuite peut-être la pièce la plus faible de l’album avec «Vales Beyond Dimension», une chanson bien construite et somme toute agréable qui présente cependant un certain caractère de déjà entendu tant elle récupère toutes les marques de commerce d’Agalloch et ne parvient pas aux mêmes sommets atmosphériques que le reste de l’album. La consécration arrive toutefois avec la magnifique épique instrumentale de plus de douze minutes «Plateau of the Ages» qui transporte réellement l’auditeur avec ses motifs de guitare composés avec un soin évident et ses mélodies sombres et glacées nous conviant dans d’obscures vallées forestières enneigées où se déroulent d’étranges rituels païens. D’ailleurs, la finale mélodique à saveur très rock indépendant de cette pièce provoque encore des frissons d’extase musicale dans ma colonne vertébrale au moment d’écrire ces lignes, alors que le groupe nous laisse sur une finale acoustique sombre et poignante avec «(Serpens Clauda)».
En conclusion, avec «The Serpent & The Sphere» Agalloch effectue un véritable retour en force avec un album qui renoue avec l’héritage mixte de l’acclamé «Ashes Against the Grain» tout en présentant une élaboration acoustique rappelant «The Mantle». Présentant ainsi à nouveau toutes les facettes de sa musique si particulière, Agalloch nous sert un album brillant qui transporte l’auditeur à travers une palette d’émotions impressionnante. Cet album constituera un véritable bijou pour les fervents admirateurs du groupe autant qu’un excellent point de départ pour les néophytes qui souhaiteraient découvrir toute la profondeur de la musique d’Agalloch. À consommer comme nourriture de l’âme avec une voracité égoïste, accompagnée de chandelles et de bon vin rouge!
Pièces favorites : «Birth and Death of the Pillars of Creation», «The Astral Dialogue»,«Dark Matter Gods», «Celestial Effigy» et «Plateau of the Ages».
9/10
Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas
by Stéphan Levesque | Juin 29, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums, Les "Elles" du Métal

On m’a déjà mentionné que je devrais porter davantage d’attention aux groupes d’ici. L’observation est très juste car oui, il y a de bons groupes ici au Québec. Karkaos me vient à l’esprit, leur excellent dernier album, « Empire« , faisant déjà l’objet d’une critique de l’ami Dave ici sur Ondes Chocs. Toutefois, si l’on porte attention au contenu du site, je crois que la scène locale est loin d’être délaissée et c’est pourquoi mon apport, différent, s’oriente davantage vers les groupes internationaux qui viennent piquer ma curiosité. Mais bien sûr si on m’offre la chance de parler d’un groupe de chez-nous, je ne refuserai pas! Je vous entretiendrai donc du troisième album de Liva, un groupe d’ici qui mérite qu’on s’y attarde. Dans mon esprit de mélomane voyageur, je vous présente d’abord Rainover, un groupe espagnol. En souhaitant que cette lecture vous soit plaisante! – Steph
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Rainover
« Transcending the Blue and Drifting into Rebirth«
Wormholedeath/Aural Music
2014
La musique metal, c’est intense. Tellement que, souvent, les groupes tentent d’en faire un petit plus pour nous en mettre plein les oreilles. Parfois c’est réussi, parfois moins. Il arrive donc que se crée dans l’oreille de l’auditeur une impression de trop-plein, ce qui nous amène à trouver parfois refuge auprès d’oeuvres moins ambitieuses constituant un baume pour les parois auditives. Bref, si vous cherchez à vous calmer un brin, Rainover taille sa musique sur mesure pour vous.
Trouvant ses origines en 2003 sous le nom de Remembrances, le groupe s’est peu à peu transformé et a évolué lentement mais sûrement, pour trouver son nom actuel et faire paraître un premier album, « Crystal Tears« , en 2008. C’est en 2011, doté d’une nouvelle chanteuse, Andrea Casanova, que le groupe espagnol a débuté l’enregistrement de son deuxième album, « Transcending the Blue and Drifting into Rebirth« , qui a enfin vu le jour au début de la présente année.
Tel que mentionné ci-haut, Rainover ne joue pas dans la ligue des groupes épiques. Le groupe nous offre principalement un métal teinté d’accents gothiques. C’est ce que nous suggère « Rebirth » d’entrée de jeu, avec de bons riffs, un piano et des claviers discrets qui laissent planer une ambiance mélancolique. Ce serait toutefois erroné de classer Rainover dans une case spécifique, eux qui jonglent habilement avec les ambiances et les genres sur les onze titres qui composent l’album.
« Despair » et « Cycles » nous confirment toutefois le penchant gothique du groupe alors qu’encore une fois cette ambiance triste plane au-dessus des compositions, joliment ensoleillée par la jolie voix mélodieuse d’Andrea Casanova. Cette dernière se voit offrir la réplique, pour balancer le tout, par Antonio Perea et par Luca Starita du groupe Neuromantik (invité sur « Cycles« ). L’instrumentation mise sur l’effet d’ensemble, donc pas de grandes envolées héroïques ici, le tout étant exécuté avec une belle cohésion.
Si « Rain Over my Tears » enfile dans le même registre, on découvre par la suite l’autre facette du groupe alors que « H2SO4« , « An Ocean Between Us » et « Dust and Dawn » nous amènent sur un terrain plus typiquement rock, avec des rythmes plus entraînants et des mélodies simples qui nous font taper du pied. Ajoutons au passage que sur ces pièces, les claviers arborent des sonorités «eighties» qui créent un effet de décalage intéressant entre métal moderne et rock plus formaté. Ces pièces, toutes en simplicité, se font faciles à l’oreille sans pour autant être dépourvues de charme, surtout que la voix de la chanteuse fait merveille ici, tout en étant complétée par une production claire, qui rehausse tout particulièrement la batterie, nous aidant à adopter les rythmes entraînants.
« Oh, my Cross!! » se fait quant à elle plus lourde, s’amorçant sur un couplet bien tranquille pour finalement grimper en tension grâce à la belle passe d’armes entre les vocalistes sur le refrain, les claviers ramenant le tout vers le côté plus léger. « Hopeless« , de son côté, est une jolie pièce mid-tempo où Rainover retrouve ses accents gothiques, la mélancolie étant de retour via le piano et le beau mélange des voix. Le côté accrocheur de Rainover refait surface sur « In Free Fall » et « Remembrances » (clin d’oeil aux origines du groupe?) dotées de refrains accrocheurs afin de nous laisser sur une note positive.
Au final, on se retrouve face à un album mi-gothique, mi-rock, où les deux tendances alternent et viennent souvent se chatouiller à l’intérieur même des chansons. Je martèlerai une dernière fois mon credo comme quoi nous n’avons pas affaire à une œuvre d’une grande complexité, mais force est d’avouer que l’ensemble est des plus sympathiques. Voici donc un CD qui peut rallier grand nombre d’amateurs de musique, y compris les mélomanes réticents au métal qui retrouveront ici une accessibilité qui leur conviendra sûrement.
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Liva
« Human Abstract«
Stoke Records
2013
Liva, de Sherbrooke, ne sont pas de nouveaux venus sur la scène métal. En effet, la fondation du groupe remonte déjà à plus de 15 ans, les premiers pas du quatuor datant de 1997. « Human Abstract » étant seulement le troisième album du groupe, on peut relever que la vitesse n’est pas leur qualité principale! Mais au fond, pourquoi se hâter de sortir des œuvres bâclées, comme on en voit si souvent sur le marché, alors que l’on peut prendre le temps de bien travailler sur son matériel? Liva appartient sans l’ombre d’un doute à cette deuxième catégorie.
De par mon parcours de mélomane (je n’ai pas de formation musicale et je ne suis pas un spécialiste, je tiens à le spécifier), l’introduction d’éléments rappelant la musique classique m’a toujours intéressé, rendant bien sûr Liva attrayant à mes yeux. Chose certaine, la formation musicale poussée des musiciens transpire dans les dix compositions qui forment « Human Abstract« . Aucune note n’est placée là au hasard et c’est avec beaucoup d’habileté que le groupe réussit à offrir un son qui peut être musclé par moment, sans tomber dans la surenchère, tout en y intégrant des structures et sonorités qui réfèrent à la «grande musique», encore là sans abus, l’équilibre des éléments étant la clé chez Liva.
Le premier instrument classique à que l’on croise sur notre chemin est l’alto (un peu plus gros que le violon et produisant un son plus grave) qui s’intègre très bien ici et là aux chansons. Très appropriée également l’utilisation de xylophone sur « Desert Places« , qui n’est qu’un des aspects de la richesse rythmique et sonore déployée par le batteur Martin Plante, capable de jouer autant en finesse qu’en puissance, s’adaptant aux demandes des compositions. Même la guitare classique s’intègre au discours, on pense ici à « The Last Word » ou à la superbe « Interlude pour Italo« .
Autre élément classique, mais non le moindre, que l’on remarquera: la voix. Catherine Elvira Chartier brille de tous ses feux, offrant un chant très souple et surtout très varié (mention spéciale à « The Indian Serenade« ). Encore ici, pas de surenchère; même si la dame peut pousser la note très haut, elle ne le fait pas inutilement et adapte parfaitement son interprétation au service des ambiances riches dégagées par la musique. En fait, on ne peut que remarquer la formation classique de la chanteuse.
Même si la voix s’avère un élément fort, l’instrumentale « Evocation » vient nous rappeler avec un brio hors du commun que le vocal n’est qu’une facette de l’art du groupe. Cette pièce nous livre d’abord un duel effréné entre la guitare et l’alto, renforcé par une section rythmique ici à la fête. Preuve de la variété du propos, l’ambiance change en milieu de chemin pour devenir soudainement mystérieuse avec son mélange de sons atmosphériques, ce qui n’aurait pas déparé n’importe quelle trame sonore de suspense, alors qu’en conclusion on pourra observer la montée en crescendo de la tension amenée par l’alto et le retour progressif des percussions qui nous transporte vers une finale explosive.
Vous avez donc sûrement déjà compris, tout est en finesse sur cet album et c’est ce qui en fait une grande réussite. Les compositions sont bien fignolées et il est surtout intéressant de constater que tous les instrumentistes ont l’occasion de tirer leur épingle du jeu. La pièce-titre en est l’exemple parfait, alors que se côtoient à merveille chant guttural, chant classique, alto, lourde rythmique (autant la basse que la batterie), guitare déchirante. Ce morceau représente bien le duel qui existe constamment chez Liva entre douceur et lourdeur.
Souvent, dans l’appréciation globale d’une œuvre musicale, c’est l’équilibre qui fait la différence et nous la retrouvons d’un bout à l’autre ici. Bien sûr, la qualité des musiciens y est pour quelque chose; ces gens-là savent jouer et donnent au métal symphonique leurs lettres de noblesse en misant sur une écriture solide et surtout en évitant de tomber dans le piège de ne vouloir que miser sur leur virtuosité.
Ce qui me peine en bout de ligne, c’est de constater que Liva demeure relativement inconnu. Je n’ai aucun mal à présumer que si le groupe s’exécutait en Europe, où le marché est plus favorable à ce style musical, il réussirait à se former une plus grande base de fans. Qu’importe, Liva nous apporte la preuve que le Québec n’est pas un figurant sur la scène métal. Dommage car un pareil talent mérite d’être davantage remarqué….
by Caro Roy | Juin 26, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Super Massive Black Holes
« Calculations Of The Ancients«
Minotauro Records
2014
Liste des pièces
1- (Sub-molecular) Transmogrification of the Oriphy
2- Dyatlov Pass Incident
3- ∞÷µ (interlude)
4- Distance to the Great Attractor
5- Holographic Principle
6- Mathematics of Emotion
7- Refracted Kaleidoscopic Photons
8- Ghosts of Bhopa
9- Lift the Veils
Fidèle à mon habitude, j’ai encore une fois choisi de critiquer un album assez extravagant. J’ai d’abord été attirée par le nom du groupe et les titres des pièces qui laissaient presque présager des lésions au cerveau durant l’écoute. Super Massive Black Holes est un groupe canadien, originaire de Calgary, qui nous sert une curieuse fusion entre blues, jazz-fusion, rock, death-métal et progressif qui aboutit en une musique un peu déroutante et imprévue. La formation qui porte le même nom qu’une pièce du groupe Muse, possède des influences excessivement variées passant autant du métal progressif de Between the Buried and Me, qu’au blues de Stevie Ray Vaughan ou encore au rock progressif de Gentle Giant. Contrairement à plusieurs groupes, Super Massive Black Holes est très ouvert d’esprit dans son processus d’écriture et ne vise pas à rester dans un cadre précis. Le groupe aime la musique complexe, technique et variée et les membres utilisent l’ensemble de leurs influences pour s’exprimer de sorte que leur musique est un « n’importe quoi » original et affranchi de barrière. Bien sûr, la formation vise clairement une clientèle aux goûts musicaux très variés et est susceptible de déplaire aux gens qui n’aiment que le métal.
Bref, jusque là ça va! L’image du groupe donne vraiment l’impression d’avoir un album innovateur entre les mains… mais l’expérience fut moins intense que je m’y attendais. Les paroles des pièces abordent le sujet des théories scientifiques, des conspirations, de la science-fiction et de l’expérience humaine. L’album « Calculations Of The Ancients« , paru le 29 Avril 2014 sous Minotauro Records, comprend un large amalgame d’éléments différents. Par exemple, on y retrouve plusieurs riffs techniques comme dans la toute première pièce « (Sub-molecular) Transmogrification of the Oriphy« .
Ailleurs, on entend des progressions d’accords typiquement jazz, des parties instrumentales se rapprochant un peu du groupe Plini, notamment dans la première partie de la pièce « Dyatlov Pass Incident » et des moments cleans instrumentales dont la pièce « Mathematics of Emotion« . Alors qu’on pense avoir tout vu, l’album se termine avec quelques licks blues/ambiant de guitare slide!
À mon avis, la faiblesse de l’album réside principalement dans la voix principale qui démontre un registre limité et peu attrayant. J’aurais franchement mieux apprécié l’album s’il en avait été un instrumental puisque les musiciens ont un très bon contrôle de leur instrument, certaines pièces s’apparentant parfois à un jam et démontrant bien leurs capacités techniques. Heureusement, l’instrumental prend plus d’espace que le vocal et ce tout au long de l’album.
L’album ne m’a finalement pas semblé très mémorable et innovateur. Amateurs de musique progressive et expérimentale, allez quand même y jeter un coup d’oeil pour vous faire votre propre idée de ce qui, dans mon cas, est apparu comme un amalgame intéressant des genres musicaux, techniquement intéressant, mais sans plus!
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