Sepulchral Prods – Entrevue avec Martin Marcotte

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Quinze années et quinze questions : Entrevue avec Martin Marcotte de Sepulchral Prods

Vendredi et samedi prochain aura lieu le festival «Quinze années sépulcrales» au Théâtre Plaza à Montréal, célébrant le quinzième anniversaire de l’étiquette québécoise dédiée au Black Metal, Sepulchral Productions. Dans ce contexte, je vous présente aujourd’hui une entrevue écrite que j’ai menée avec Martin Marcotte, l’homme derrière cette étiquette. Cette entrevue traite bien sûr de l’histoire de Sepulchral Productions, mais aussi des débuts du courant Black Metal au Québec et du passé de notre protagoniste au sein de groupes pionniers tels que Frozen Shadows et Tenebrae.

Bonne lecture!

-Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas

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Louis-Olivier «Winterthrone» –  Avant de plonger dans l’exploration de ton implication en arrière-scène avec l’étiquette Sepulchral Prods que tu as lancée en 1999, j’aimerais reculer plus loin dans le temps pour retracer les origines de ton intérêt pour le courant Black Metal. Tout d’abord, tu as fait ton apparition sur la scène Black Metal au sein de Tenebrae vers 1993 en tant que vocaliste et ensuite avec Frozen Shadows en 1995 en tant que vocaliste à une époque où ce courant était encore extrêmement marginal et très peu connu en Amérique du Nord et donc au Québec. J’aimerais donc que tu retraces pour nous l’historique de ton intérêt envers le Metal en général et plus particulièrement comment tu en es venu à découvrir le courant Black Metal et à en devenir un disciple pratiquant?

Martin MarcotteMon intérêt pour le métal remonte à mes dix ans, lorsque j’ai entendu «Number of the Beast» d’Iron Maiden. Une véritable révélation. Avant, je n’étais pas particulièrement intéressé par la musique parce que ce que j’avais entendu ne me rejoignait pas, mais tout a changé à partir de ce jour!

Pour ce qui est du Black, j’ai en fait découvert le courant avant l’explosion norvégienne en fait. Je me souviens avoir échangé un vinyl de «Reign in Blood» de Slayer contre le premier de Bathory lorsque j’avais 14 ou 15 ans, et c’est là que tout a commencé. Je n’avais jamais trop accroché sur Venom, que je trouve très surévalué même à ce jour, je sentais le manque de sérieux dans leur démarche, la caricature. Bathory, c’était complètement autre chose, ça suintait le mal.

Bien entendu, à cette époque, le Black Metal, c’était quelque-chose de rare vu le peu de groupes qui jouaient ce genre de musique, c’était surtout le Thrash, et ensuite les débuts du Death Metal, qui occupaient le haut du pavé. Tout s’est ensuite accéléré en Scandinavie, comme tout le monde le sait désormais. Pour ma part, j’ai fondé mon premier groupe avec des amis en 1991, Necromancy, mais nous n’avons jamais fait autre chose que pratiquer et essayer de monter quelques morceaux sans grand succès. Tenebrae et Frozen Shadows ont suivi par la suite.

 

LOW –  Toujours dans la même optique, pourrais-tu nous expliquer quel était l’état de la scène Metal marginale à l’époque? Plus précisément, comment le Black Metal a commencé à faire sa place au Québec dans cet univers qui fonctionnait avec l’échange de cassettes bien avant l’arrivée d’internet et quels étaient les lieux où les premiers rituels Black Metal eurent lieu dans la Belle Province? Quel était l’accueil réservé aux toutes premières formations du genre?

MM : Marginal, c’est le mot pour décrire la «scène» black de l’époque. Il n’y avait qu’une poigné de personnes ici qui connaissaient ce genre, ceux qui faisaient du «tape-trade» ou qui achetaient des fanzines!

J’ai souvent raconté à mes proches une histoire qui décrit bien à quel point personne ici ne connaissait le Black: au spectacle de Deicide pour « Legion« , à Montréal, la personne en charge de la musique a fait passer, entre des morceaux de groupes Death, « Kathaarian Life Code » de Darkthrone. Personne dans la salle ne comprenait ce qui se passait! Voyant que je savais manifestement ce qui était en train de jouer de par ma réaction, des gens sont venus me demander ce que c’était, et quand j’ai répondu Darkthrone, des gens ayant entendu leur premier m’ont dit «ben voyons, c’est pas Darkthrone! Du Black Metal? C’est quoi ça?»

Les premiers spectacles de Tenebrae, c’était la même chose. À part les rares personnes qui connaissaient le Black, les gens ne savaient pas comment réagir. Le dernier spectacle que j’ai fait avec le groupe, nous ouvrions pour Cryptopsy et nous avions fait une entrée en toge noire flanqués de deux disciples qui portaient des torches, avec bien entendu des clous, des ceintures de balles et du corpsepaint. Les gens n’avaient jamais vu ça et ne semblaient pas trop comprendre ce qui se passait sur scène!

 

LOWPourrais-tu nous relater le contexte de ton passage de Tenebrae à Frozen Shadows ainsi que le début de cette formation qui allait vite devenir légendaire au sein du Black Metal québécois? Quelles étaient les impulsions et influences à l’origine de la musique de Frozen Shadows?

MM : En y repensant, fonder Tenebrae avec les autres membres qui en faisaient partie a probablement été une erreur. Pas nécessairement d’un point de vue musical, je suis fier de ce que nous avons accompli sur le démo «Serenades of the Damned» en 1994, mais plutôt d’un point de vue idéologique. Dans mon empressement à fonder mon groupe de Black, je me suis entouré du peu de musiciens qui étaient ouverts à jouer de ce genre de musique, même si ceux-ci ne saisissaient pas du tout l’état d’esprit lié à cette musique.

J’étais le seul qui vivait pleinement ce style de vie, pour utiliser une image devenue complètement clichée aujourd’hui, et ça créé beaucoup de frictions au sein du groupe. Je voulais lancer des lames de rasoir dans la foule en spectacle, les autres trouvaient ça trop extrême. Je soutenais les actions des groupes norvégiens, eux ne trouvaient pas ça cool. Je voulais que le groupe devienne plus radical, eux étaient bandés sur le premier album de Cradle of Filth. Album qu’ils ont d’ailleurs fort maladroitement essayé d’imiter après que j’ai quitté le groupe! Bref, ça ne fonctionnait plus entre moi et les autres membres du groupe, donc quand j’ai rencontré les membres avec qui j’ai fondé Frozen Shadows et que j’ai vu qu’eux aussi étaient sérieux dans leur approche du Black, j’ai quitté le navire.

Frozen Shadows, c’était la haine, la violence et la noirceur à l’état pur, et ça me convenait beaucoup mieux. Il n’y avait qu’un but avec le groupe: repousser les limites. Nous voulions faire la fusion entre ce qui se faisait de plus sombre dans le Black, les groupes comme Emperor qui lorgnaient sur le côté symphonique, et ce qui s’y faisait de plus brutal.

 

LOWFrozen Shadows est rapidement passé en studio pour enregistrer sa première démo intitulée «Empires de Glace» en 1996, une époque pas si lointaine où les moyens d’enregistrements étaient plus difficilement accessibles qu’aujourd’hui. Peux-tu nous relater comment se déroula l’enregistrement de ce premier opus, ainsi que l’évolution qu’il y a probablement eu entre l’enregistrement de celui-ci, votre premier album «Dans les Bras des Immortels » (1999) et «Hantises» (2004)?

MMEffectivement, les moyens d’enregistrements à l’époque n’avaient rien à voir avec ceux d’aujourd’hui! Pour «Empires de Glace», c’est beaucoup plus dans une cave humide d’un immeuble à moitié désaffecté que dans un studio que ça s’est passé. Un vieux 8 pistes, une journée et demie et c’était réglé. Tout était fait «DIY», jusqu’aux livrets de cassettes que nous collions et plions nous-même avant de les envoyer!

Nous étions (et sommes toujours) très satisfaits de «Empires de Glace», par contre nous trouvions que le résultat final n’était pas aussi extrême que ce que nous voulions faire, et c’est dans cette optique que nous avons composé «Dans les Bras des Immortels», ou tout était encore plus rapide et malsain. Pour l’enregistrement, nous avons cette fois été dans un studio qui en méritait pas mal plus l’appellation, et nous avons beaucoup plus peaufiné l’enregistrement et le mixage de l’album. C’est d’ailleurs au même endroit que nous avons enregistré «Hantises», mais les grandes avancées dans les techniques d’enregistrement ainsi que le fait que le propriétaire avait acheté de l’équipement plus poussé entre les deux sessions durant ces cinq années ont fait en sorte que le résultat était beaucoup plus «pro» sur « Hantises« .

 

LOWLa fondation de Sepulchral Prods coïncide avec l’année de la sortie du premier album complet de Frozen Shadows. Est-ce que l’impulsion principale de la création de l’étiquette était justement la distribution et la promotion de la musique de Frozen Shadows ou est-ce qu’il y avait déjà l’idée de quelque chose de plus large, d’une étiquette qui pourrait faire avancer le courant Black Metal au Québec? Peux-tu nous relater l’historique des débuts du label et comment a t’il pris son envol au tout début?

MMAu tout départ, Sepulchral Productions se voulait surtout un véhicule pour Frozen Shadows, et aussi une «distro» en bonne et due forme. J’avais déjà en fait une distro auprès de gens que je connaissais grâce aux échanges que je faisais pour le démo du groupe, mais lorsque j’ai décidé de m’occuper de la production de «Dans les Bras des Immortels», j’ai voulu rendre la bête plus concrète, la baptiser en quelque-sorte. C’est donc en juillet 1999 que Sepulchral Productions est née.

À la base, je n’avais pas nécessairement la vision de soutenir le Black québécois, en fait je trouvais le peu de scène qu’il y avait ici merdique à l’époque et je ne me gênais pas pour le dire ouvertement! L’étiquette était surtout tournée vers l’étranger à l’époque, c’était strictement un moyen de distribution de Frozen Shadows vers l’extérieur. J’avais déjà établi les bases d’un réseau de distribution avec la diffusion de « Empires de Glace« , donc je n’ai fait que poursuivre le travail quand Sepulchral Productions a vu le jour. Comme le premier album de Frozen Shadows a en général été très bien accueilli, j’ai pu rapidement me faire d’autres contacts chez des étiquettes plus grosses, donc tout s’est assez bien déroulé en fait.

 

LOWÀ ma connaissance, après la parution du premier album complet de Frozen Shadows et la parution d’une compilation intitulée «Waging The War» en 2001, si je me rappelle bien, l’étiquette a été mise en dormance pendant une période relativement longue lorsque Frozen Shadows préparait son second album intitulé «Hantises» qui avait finalement été sorti sur l’étiquette française Holy Records, si je ne m’abuse. Est-il possible de savoir pour quelles raisons cet album n’avait pas été pris en main par Sepulchral à l’époque?

MMExact, normalement, «Waging the War» se voulait le prélude à d’autres sorties en 2001 et 2002 mais, pour diverses raisons, ces sorties ne se sont pas concrétisées. Ensuite, c’est surtout pour une raison de temps que j’ai suspendu les activités de l’étiquette. Pas vraiment suspendu en fait, je continuais à assurer la distribution de «Dans les Bras des Immortels» et de «Waging the War», mais j’avais décidé de ne rien ajouter d’autre à mon carnet de charges. Travail, préparation de l’album «Hantises», études universitaires, je n’avais tout simplement pas le temps de faire plus pour Sepulchral Productions. C’est un peu pour cette raison aussi que nous avions décidé de signer sur Holy Records: je savais que je ne pourrais pas, à ce moment précis, prendre en charge la diffusion et la promotion d’un nouvel album.

 

LOWAprès l’hiatus précédemment évoqué, les choses se sont précipitées pour Sepulchral Prods à partir de 2006 avec la sortie de «Métal Noir Québécois», premier album de Forteresse, bientôt suivi par une myriade de projets Black Metal québécois. Sur le site internet de Sepulchral Prods il est mentionné que la scène québécoise commençait enfin à produire des groupes Black Metal intéressants. Comment expliquer un tel bourgeonnement soudain pour Sepulchral Prods et la scène Black Metal québécoise plus de 10 ans après la vague déferlante du Black Metal scandinave? Si on revient à mes questions du début, quels changements sont intervenus dans la scène entre tes premiers faits d’armes comme jeune musicien Black Metal dans les années 1990 et le milieu des années 2000 pour permettre une telle éclosion?

MMC’est une très bonne question! Si tu m’avais dit, quand nous avons envoyé promener la scène Black du Québec sur notre premier démo, qu’une dizaine d’années plus tard, elle exploserait et qu’elle deviendrait reconnue à travers la planète, j’aurais probablement éclaté de rire!

En fait, je crois que la scène québécoise a commencé à évoluer dans le bon sens lorsqu’elle a commencé à prendre conscience de son caractère québécois justement. Quand j’ai quitté Tenebrae, il était clair dans ma tête que Frozen Shadows, même si le groupe n’a jamais chanté uniquement en français, allait célébrer le fait français en Amérique à sa façon. Titres de démo et d’albums en français, chansons en français, message sans équivoque sur notre premier album quant à notre allégeance au Québec, notre message détonait avec celui des autres groupes d’Amérique du Nord, et c’est à ce moment que les gens de l’extérieur ont graduellement pris conscience que la scène d’ici était différente de celle du Canada. Ensuite, au tournant des années 2000, des groupes comme Akitsa et un peu plus tard Nordmen et Brume d’Automne ont commencé à chanter exclusivement en français, et je crois qu’ils ont influencé à leur manière une autre vague de groupes comme Monarque, Sombres Forêts et Forteresse qui en étaient à leurs débuts…

 

LOWAssez rapidement, la collaboration avec des artistes considérés du « Métal Noir Québécois » comme Forteresse, Monarque, Gris et Sombres Forêts s’est révélée fructueuse comme en témoigne le nombre et la qualité des sorties effectuées à partir de 2006. Bientôt, Sepulchral s’est retrouvé à signer des groupes de l’étranger tels que Borgne, de la Suisse qui sont récemment passés en tournée au Québec et The Stone, de Serbie. Comment cette expansion internationale est-elle arrivée et quelles possibilités cela a-t-il ouvertes pour l’avenir? Est-ce un filon que Sepulchral Prods désire continuer à explorer à l’avenir où tout simplement le fruit de coïncidences heureuses?

MMBien entendu, il est naturel pour moi et Sepulchral Productions de collaborer avec des groupes québécois en priorité, par contre je n’ai jamais fermé la porte aux groupes de l’extérieur. Pour ce qui est de Borgne, ils viennent combler en moi un besoin auquel la scène québécoise actuelle, malgré toute l’affection que je lui porte, ne peut pas répondre: celui de la violence et de la claustrophobie extrême. C’est bien connu, la scène d’ici se démarque surtout par sa mélancolie ou son caractère épique, les groupes qui «t’arrachent la face», pour utiliser une expression bien de chez nous, sont loin d’être légion ici. Je voulais un groupe plus primal, plus visqueux, et j’ai trouvé en Suisse. Même si le groupe a légèrement poli son approche sur ses deux derniers albums, il reste suffocant au possible et en spectacle, il génère un mur de son d’une intensité que j’ai rarement entendue. The Stone, c’est le groupe qui m’a contacté en fait pour des ressorties, et ayant suivi le groupe depuis ses débuts, il m’a fait plaisir de collaborer avec eux. Pour ce qui est de l’avenir, ça dépendra des occasions qui se présentent!

 

LOWAvec de nombreuses sorties extrêmement intéressantes et des groupes de qualité enviable, la scène Black Metal québécoise commence tranquillement à faire sa niche à l’international. Forteresse et Sombres Forêts ont d’ailleurs pu l’an passé réaliser un rêve de bien des artistes musicaux de chez nous, soit faire une tournée en Europe. Quel a été le travail à réaliser pour qu’un tel évènement soit possible? Quelle a été la réaction des fanatiques européens aux rituels de ces fleurons de notre scène? Y’a-t-il des projets du même acabit dont tu peux nous parler pour d’autres groupes québécois de ton étiquette?

MMEn fait, la première excursion du genre revient à Monarque, en 2011. Organiser une tournée, c’est évidemment beaucoup de travail, mais au final les trois expériences ont été hautement satisfaisantes. Les deux premières tournées (celle de Monarque et Forteresse) se sont articulées autour du festival « Under the Black Sun » en Allemagne, qui tenait absolument à avoir les groupes sur leur affiche, il fallait donc trouver d’autres dates autour du festival (6 dates au final pour Monarque et 9 pour Forteresse). Pour ce qui est de Sombres Forêts l’an dernier, le tout a pris la forme d’une tournée estivale de 14 dates dans 7 pays (France, Suisse, République Tchèque, Allemagne, Autriche, Belgique, Pays-Bas).

Les gens d’ici qui ne sont jamais allés en Europe seraient étonnés de voir à quel point les gens de là-bas sont fervents des groupes Black québécois. Des gens se déplaçaient même d’autres pays pour voir des spectacles, comme un groupe de Russes qui sont venus de Moscou pour voir Sombres Forêts en Allemagne l’an dernier! Les groupes ont fait un tabac lors des spectacles, les gens ont acheté beaucoup de marchandise, on me posait des questions sur des groupes signés sur Sepulchral Productions mais aussi sur des groupes comme Akitsa, Chasse-Galerie et Csejthe qui ne sont pas sur l’étiquette. Bref, les fans savaient ce qui se passait ici et étaient vraiment mordus des groupes. Je me souviens d’un Allemand qui m’a dit l’an dernier, dans un anglais très approximatif: «Three years. Three years you come with bands from Québec. Three years it’s the best fucking show of the year!»

 

LOW Depuis 2011, « La Messe Des Morts« , organisée annuellement au mois de novembre par Sepulchral Prods, s’est illustrée comme le seul festival d’envergure internationale consacré entièrement au Black Metal en Amérique du Nord. Plusieurs artistes légendaires qu’on ne pensait jamais voir sur scène au Québec se sont déplacés à Montréal, bien souvent pour un seul spectacle, ce qui implique des coûts et une logistique qui est sûrement extrêmement lourde. Par exemple, l’an passé, l’édition III regroupait des artistes internationaux tels que Taake, Tsjuder, Horna, Sargeist, Baptism, Throne of Katarsis, Belenos, Ptahil et Demonic Christ aux côtés de groupes locaux sur trois jours aux Katacombes et au Théâtre Plaza. Comment la réalisation et la répétition d’un tel rêve de fanatique a t’elle pu être possible? Que peut-on espérer pour l’édition IV? Est-ce que tu peux nous révéler des primeurs?

MMÇa faisait quelques temps déjà que je caressais le projet d’organiser un festival dédié au Black Metal, et c’est en assistant au « Under the Black Sun » avec Monarque que j’ai finalement décidé de me lancer. Aussitôt revenu au pays, j’ai commencé à travailler sur la première édition, qui mettait en vedette Absu, Inquisition, Angantyr, Glorior Belli et la crème des groupes québécois, et comme la réponse a été excellente, j’ai décidé d’en faire une tradition annuelle. Bien entendu, organiser un festival du genre ici implique beaucoup de travail et d’organisation, et est aussi très coûteux, surtout à cause du coût des billets d’avion qu’il faut défrayer pour les groupes étrangers, mais en même temps, pour nous, le festival vaut bien tous ces sacrifices! C’est encore un peu tôt pour moi de parler de « Messe des Morts IV » pour la simple et bonne raison que nous commençons à peine à travailler dessus, ayant auparavant consacré nos énergies au festival « Quinze années sépulcrales« , qui célèbre les quinze ans de Sepulchral Productions

 

LOWLe vendredi 11 et samedi 12 juillet prochain, aura lieu le festival « Quinze années sépulcrales » avec Antaeus (spectacle exclusif en Amérique du Nord), Fen (spectacle exclusif en Amérique du Nord), Sombres Forêts, Forteresse (spectacle spécial au cours duquel ils interprèteront «Métal Noir Québécois» en entier), Chasse-Galerie, Délétère, Existe, Beast Within et Crépuscule. Ce festival a toutes les apparences d’une petite « Messe Des Morts« , est-ce que le travail réalisé pour sa réalisation s’apparente en complexité et en logistique à celui réalisé pour ladite Messe?

MM« Quinze années sépulcrales » se veut plus axé sur les groupes que nous avons produits au fil des années, et pour cette raison, le festival est moins complexe que la « Messe des Morts » d’un point de vue logistique. Étant donné qu’il n’y a que deux groupes de l’extérieur, il y a moins de transport à assurer, en plus, avec un peu moins de groupes au total à l’affiche, la tâche sera un peu plus facile pour tout le monde. Je pourrai certainement passer plus de temps avec les groupes et à regarder le spectacle, ce qui est un peu le but vu que c’est pour moi l’occasion de célébrer cet anniversaire! N’empêche que je crois avoir réussi à rassembler une affiche très attrayante pour l’occasion, et d’ailleurs pas mal de gens ont prévu faire le voyage des États-Unis pour assister au festival…

 

LOWAvec une telle célébration en vue et un aussi beau parcours pour Sepulchral Prods, quels sont les projets d’avenir pour l’étiquette? De plus, quels sont les réalisations passées dont tu es le plus fier, les évènements les plus marquants pour l’étiquette que tu as créée?

MMPour le moment, je me concentre sur les prochaines sorties à venir de Délétère (ressortie des démos sur CD et premier album), ainsi que les versions LP des derniers Gris et Sombres Forêts. D’autres projets de LP également que j’espère annoncer sous peu, avec le split 7 pouces Forteresse/Chasse-Galerie/Monarque/Csejthe et le premier 7 pouces de Beast Within, 2014 sera sans contredit l’année la plus axée sur le vinyle de Sepulchral Productions à ce jour!

Pour ce qui est des réalisations passées, j’ai bien entendu un faible pour «Dans les Bras des Immortels», bien entendu en tant que membre de Frozen Shadows, mais aussi parce qu’il représente la naissance de l’étiquette, ainsi que les premiers de Forteresse, Gris et Sombres Forêts, qui ont remis Sepulchral Productions à l’avant-scène. En fait, je suis très fier de tout ce que nous avons sorti à ce jour, ça toujours été primordial pour moi de ne sortir que des trucs qui me rejoignent vraiment musicalement.

 

LOWNous tombons maintenant dans des questions d’ordre plus général que j’aimerais te poser sur quelques aspects plus sensibles du Black Metal. Tout d’abord, pour des raisons bien connues et qu’on le veuille ou non, depuis les premiers balbutiements le spectre des idéologies d’extrême droite plane sur le courant Black Metal. Certains artistes de ton étiquette comme Forteresse ont d’ailleurs fait les frais d’accusations totalement injustes et parfois carrément ridicules à cet effet par des gens qui confondent patriotisme, traditionalisme et fascisme ou encore pour qui une police de caractère gothique indique automatiquement une affiliation politique. J’aimerais donc que tu nous exprimes ta vision sur les liens «dangereux» entre extrêmes droites et Black Metal : est-ce que musique et politique devraient être liées? Faut-il dire aux artistes quoi penser et quelle idéologie véhiculer? Doit-on se défendre bec et ongles contre des accusations injustes ou simplement s’en foutre?

MMBien que je sois en général plus de la vieille école en ce qui concerne ce que le Black Metal devrait véhiculer (le satanisme, l’occulte, etc.), et que je préfère en second lieu les thèmes associés à un nationalisme romantique/classique à une approche plus politisée, je suis aussi de ceux qui croient que le «politically-correct» n’a pas sa place au sein du Black Metal. Pas plus que les artistes (peu importe leur style musical en fait) ne devraient se faire dire quoi faire, dire ou penser.

Je trouve aussi cette chasse aux sorcières hautement hypocrite. Donc, c’est cool de brûler des églises, d’assassiner des musiciens d’autres groupes, de détester l’humanité et de prôner le satanisme et la destruction du christianisme, mais c’est méchant de faire les cons dans le bois avec un certain drapeau (on s’entend que bien des groupes font uniquement ça pour choquer, comme ces Sex Pistols adorés de tous ces punks par exemple, ils aimaient bien ça eux les croix gammées…) et de prôner la destruction de l’islamisme ou du judaïsme?

Bien entendu, certains bien-pensants aiment bien les raccourcis faciles, et des groupes comme Forteresse en ont entre autres malheureusement fait les frais. Nationalisme = national-socialisme, bien entendu! Pour eux, aimer son pays veut nécessairement dire que tu es un facho. Surtout que le mouvement indépendantiste au Québec est tellement à droite… Maintenant, à savoir s’il faut se défendre ou pas, je ne crois pas que ça change grand-chose au final, des organisations comme les antifas voient des nazis partout, et n’hésitent pas à faire des liens extrêmement douteux pour prouver leur point. Sur le premier album de Frozen Shadows, nous avions déclaré que nous étions un groupe purement québécois et bien entendu, il s’en est trouvé pour dire que le «purement» faisait référence à la race! Ou encore cette discussion musclée sur Forteresse avec quelqu’un de l’ARA qui m’avait lancé, à court d’argument: «Tsé, quand on a des chansons qui s’appellent « Déluge Blanc », c’est assez évident de quel bord on penche». Inutile d’essayer de raisonner avec des demeurés comme ça…

 

LOWLe Black Metal est souvent et avec raison, considéré comme une mouvance qui dépasse le simple courant musical pour représenter ce qu’on pourrait qualifier de philosophie ou même de façon plus poussée, de religion qui comporte ses propres codes vestimentaires, comportementaux, musicaux et philosophiques. L’appartenance ainsi créée est très forte et louable, mais peut sans doute parfois donner des airs de fermeture d’esprit, d’élitisme et de stagnation à la scène pour les non-initiés. De plus, cela semble parfois avoir un effet d’isolation voulue, ou non, de la scène Black Metal par rapport à l’infrastructure médiatique consacrée au métal de façon plus généraliste. Selon toi, est-ce que la scène a avantage à rester jalousement fidèle à ses codes établis? Est-ce qu’il y a moyen d’évoluer au sein du Black Metal tout en restant respectueux de l’esthétique développée aux débuts du courant? Est-ce que le Black Metal devrait rester exclusivement réservé aux médias et étiquettes spécialistes du courant ou a-t-il sa place dans les médias et étiquettes consacrés au Metal en général?

MM : Ayant connu la période pré-internet où les groupes étaient beaucoup plus obscurs et moins accessibles, c’est certain que je regarde cette époque avec une certaine nostalgie, mais il faut aussi vivre avec son temps comme le veut l’expression. Impossible de revenir en arrière, donc aussi bien se servir des outils disponibles. Ceci dit, je crois que, de par son essence même, le Black Metal sera toujours un peu à l’écart de la scène Metal dans le sens large du mot. Pour ce qui est de l’évolution, je suis partisan de la vieille école en général : il y a de la place pour l’expérimentation dans le Black selon moi, mais jusqu’à un certain point, passé lequel on sort des sphères du genre…

 

LOWEn terminant, je te remercie chaleureusement d’avoir accepté cette entrevue avec Ondes Chocs! Félicitations pour ces quinze années sépulcrales auréolées de succès et je te souhaite encore plus de belles réalisations dans l’avenir! Y aurait-il quelque chose que tu aimerais rajouter pour les lecteurs d’Ondes Chocs.com?

MMMerci pour le soutien!

 

Riverside – Entrevue

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Entrevue avec Mariusz Duda, chanteur et bassiste du groupe de rock progressif polonais Riverside, réalisée sur le bateau de la croisière musicale Progressive Nation at Sea du 18 au 22 février 2014.

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Merci beaucoup Mariusz de faire cette entrevue, c’est très apprécié! Comment trouves-tu la croisière jusqu’à maintenant?

C’est la première fois qu’on joue sur un bateau, c’est quelque chose dont on va se souvenir pendant longtemps, j’espère qu’il y aura d’autres éditions d’un évènement du genre.

 

C’est le fun d’être ici à la chaleur, on vient de Québec et il fait très froid là-bas, j’imagine que c’est la même chose en Pologne?

En Pologne, on a juste un mois d’été (rires), alors c’est un bon timing que la croisière soit au mois de février.

 

Quels sont les groupes sur la croisière que tu n’as jamais vu live et que tu veux aller voir?

Plusieurs! En fait, je me promène de spectacle en spectacle. La beauté de cette croisière est que tu peux voir tous les bands. Je me suis rendu compte que je ne pouvais pas supporter plus de 4 chansons d’Animals as Leaders (rires). J’ai beaucoup aimé le spectacle de Bigelf.

 

En 2013, vous avez sorti l’album « Shrine of the New Generation Slaves ». Comment ça va pour vous depuis?

2013 a été pour nous une de nos meilleures années. On a fait beaucoup de spectacles pour supporter l’album, et ça va continuer de plus belle cette année. Après ça, nous allons enregistrer notre prochain album. Cet album (Shrine) s’est révélé être un nouveau départ pour nous en quelque sorte. On est moins « mellow », on préfère maintenant mettre le focus sur les mélodies, on s’est aperçu en tournée qu’il y avait plus de gens à nos spectacles que pour les tournée antérieures, alors ça nous motive à continuer dans cette voie.

 

Parlant de « Shrine of the New Generation Slaves« , j’aimerais que tu me parles un peu des thèmes au niveau des paroles. Je te demande ça parce qu’il semble y avoir différentes approches, selon les chansons. Par exemple, une chanson comme « We got used to us » est beaucoup plus proche de l’expérience personnelle, en contraste avec d’autres chansons sur l’album qui semblent plus détachées et à la troisième personne.

Pour cet album, je voulais surtout traiter du thème de l’esclavage moderne. J’ai été inspiré par plusieurs sources différentes. Par exemple, un jour j’étais dans un taxi, et tout ce que le chauffeur faisait, c’était de se plaindre de son travail, qu’il n’avait pas d’argent, qu’il avait toutes sortes de problèmes et qu’il n’était pas heureux. Les gens travaillent toute la semaine avec en tête la fin de semaine qui s’en vient et qui viendra les libérer du fardeau qu’est leur travail. Je me considère très chanceux que ma passion soit également mon travail. Tout ça pour dire que j’ai décidé d’écrire sur ces différents éléments qui rendent les gens esclaves d’une chose ou d’une autre. Il y a donc une chanson qui est à propos de se plaindre. Une autre qui est à propos des gens qui se mentent à eux-mêmes et qui cherchent à fuir leurs problèmes. « We got used to us » décrit comment quelqu’un peut devenir dépendant affectif dans une relation de couple. « Deprived » traite de la dépendance que nous avons de nos jours face à nos téléphones intelligents et à la technologie en général, ce qui était différent quand nous étions jeunes où nous avions plus souvent recours à notre imagination.

 

« Escalator shrine » est de loin la chanson la plus progressive de l’album. Est-ce que c’était volontaire de faire une chanson beaucoup plus longue, ou est-ce qu’elle s’est développée d’elle-même?

Quand nous avons enregistré nos démos en mars 2012, nous n’avions pas cette chanson. Nous étions satisfaits des autres chansons, mais nous trouvions qu’il manquait quelque chose. Nous voulions ajouter quelque chose de pas nécessairement plus progressif, mais disons plus complexe, pour conclure l’album. Nous sommes donc retournés en studio et nous avons créé cette chanson. Je l’aime bien, car elle regroupe tous les aspects de notre musique. Nous terminons toujours nos spectacles avec cette chanson.

 

Tu as parlé plus tôt du prochain album qui est déjà en chantier. Je trouve que votre son a grandement évolué depuis le premier album, est-ce qu’on doit s’attendre à une telle évolution pour le prochain album?

Je ne sais pas, peut-être que c’est le début d’une nouvelle trilogie (en faisant référence aux trois premiers albums de Riverside). Une chose est sûre, c’est que je veux qu’il soit différent des autres albums. Nos deux derniers albums sont musicalement très différents, mais au niveau des paroles, ils traitent de la vie moderne, et je crois que je veux continuer dans cette direction. Je crois que la musique du prochain album sera un peu plus complexe.

 

Vous avez joué une seule fois au Québec, et c’était à Montréal. Avez-vous des plans dans le futur de revenir au Québec, au Canada et aux USA, bref des plans de tournée nord-américaine?

Nous n’avons pas joué beaucoup en Amérique du nord en dehors de festivals et de quelques dates. Lorsque notre prochain album sera sorti, nous avons des plans pour les États-Unis et le Canada.

 

Il le faut, car vous avez beaucoup de fans au Québec!

Lorsque j’ai rencontré Steven Wilson au Mexique, je lui ai demandé quels étaient les meilleurs endroits en Amérique pour un groupe de prog et il m’a répondu Montréal et Santiago au Chili!

 

Quels sont tes 5 meilleurs albums de 2013?

Nick Cave and the Bad Seeds – Push the Sky Away
SigurRos – Kveikur
Steven Wilson – The Raven That Refused to Sing
Foals – Holy Fire
Daft Punk – Random Access Memories

Je suis également un gros amateur de jeux vidéo, alors j’ai bien aimé la trame sonore du jeu The Last of Us.

 

Tu es un fan de jeux vidéo, à quoi joues-tu en tournée?

Je viens juste de terminer Assassin’s Creed 4.

 

As-tu eu l’occasion de suivre un peu les Jeux Olympiques un peu? Comment ça va pour la Pologne?

Je crois qu’un skieur polonais a remporté une médaille, mais je ne suis pas vraiment ça…

 

En terminant, as-tu un message pour tes fans au Québec?

Merci beaucoup pour tout le support, j’espère qu’on va se voir quand nous allons revenir!

 

 

 

Septic Flesh – Entrevue

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Le groupe de death metal de Athènes en Grèce, Septic Flesh vient tout juste de lancer son 9ème album, « Titan« , via Prosthetic Record pour l’Amérique; un album qui met encore plus l’emphase sur les orchestrations et qui d’ailleurs bénéficie avantageusement de la présence du Prague Philarmonic Orchestra. Septic Flesh est présentement en tournée nord-américaine (22 juin au 14 juillet) pour promouvoir cet album et j’ai profité de leur passage au Café Campus de Montréal le 26 juin, pour m’entretenir avec Christos Antoniou. Je vous mets également des liens pour découvrir l’album en écoute intégrale. – Lex

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Aenator – Entrevue

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Je suis tombé, plus tôt cette année, sur ce projet de métal expérimental/instrumental de Montréal, Aenator, et je ne savais pas à quoi m’attendre, ni même à qui j’avais affaire. Rien de plus facile pour en savoir plus, on pose des questions! Voici une entrevue écrite avec l’homme derrière le projet.

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– Comment a été choisi le nom Aenator?

Aenator était le titre décerné aux musiciens militaires dans l’armée romaine, ce qui cadre bien avec ma musique, surtout le 1er EP (Siege & Aftermath).

 

– Ce projet est ton plus récent en tant que “one-man band”, et tu sembles être connu sous le pseudonyme “Mr. Swiz”, tu peux élaborer sur cet anonymat et choix de nom?

Ça date de l’époque où je faisais de la bande dessinée. Ce n’était pas dans le but de rester anonyme, mais simplement parce que c’est plus «accrocheur», et facile à retenir, que mon vrai nom.

 

– Comment est né Aenator?

C’est parti d’un désir de me renouveler musicalement puisqu’aucun de mes autres projets ne comblait mon envie de composer du «metal technique», tout en y incorporant certaines de mes autres influences.

 

– Tu m’as mentionné dans le passé que le drum et les guitares de Aenator ne sont pas des vrais, pourquoi avoir choisi cette option? De quels instruments joues-tu?

Je joue de la guitare et de la basse depuis un bon moment, et aussi un peu de drum, mais que pour le plaisir. Quant à ce qui est d’utiliser des instruments virtuels, c’est d’abord pour la rapidité et la facilité que ça procure en composant. Ça permet de dépasser les limites physiques du jeu de l’instrument: en tant que compositeur, ça me permet de laisser aller mon imagination sans me soucier du coté «physique» de la création. Et puis finalement, pour le son, puisque la technologie d’aujourd’hui permet d’avoir un bon équivalent sans devoir en jouer, ou s’enregistrer.

 

– Tu inclus des éléments électroniques en plus dans les compositions et je trouve que tu en mets une bonne dose, qui ne déstabilise pas trop. Est-ce difficile de trouver cette balance entre métal et électro sans chavirer dans les excès?

Mon dosage est un choix personnel et je le base simplement sur le fait que j’aime que ma musique soit dynamique. Donc après un certain moment de métal, la «recette» me dicte une transition vers l’électro, qui se fait parfois dans un but de surprendre, ou afin de continuer un thème musical en changeant le son, le tempo, ou la tonalité.

 

– Tu as offert les deux albums d’Aenator en très peu de temps, pourquoi un si court délai entre les deux sorties?

Le premier EP de 7 chansons a été composé en quelques jours seulement, lors d’une période de trouble assez stressante au niveau personnel. L’atmosphère musicale, et le thème de siège militaire, représente bien mon état d’esprit à ce moment. Ensuite, les troubles sont passés, et les réactions positives de mon entourage face à ce premier EP m’ont encouragé à continuer. Le 2ème à été composé aussi rapidement, dans l’espace de 2 semaines, et afin de continuer la thématique «militaire», j’ai composé pour que ce EP soit en quelque sorte la continuité thématique du siège, du point de vue des conquérants.

 

– Pourrions-nous un jour voir un groupe sur scène afin d’interpréter ces pièces?

À ce stade-ci, ça semble très peu probable. Ça ne serait pas impossible, mais ça demanderait beaucoup de travail, et ce n’est vraiment pas une priorité; je préfère composer du nouveau matériel plutôt qu’en interpréter, même pour mes propres compositions.

 

– C’est le dernier de plusieurs projets (voir: Mythoklash, Dis(10)Putes, Electrocutionerdz, Anomalies) et ils sont tous différents. Lequel t’apporte le plus du côté créatif/inspiration?

Il n’y en a pas un en particulier qui m’apporte plus qu’un autre. Le fait que chacun des projets soit différents me permet d’y aller avec le feeling du moment. Ils remplissent tous une fonction spécifique, car chacun a sa démarche, une approche différente, et ses propres «règles». Dis(10)Putes, c’est du punk d-beat. Mythoklash, c’est soit du mashup A+B (comme Iron Maiden VS Beastie Boys), soit du collage (comme la série 1978-1982, 1979-1983, et 1980-1984). Quant à Electrocutionerdz et Anomalies, ce sont 2 projets qui sont terminés depuis un bon moment.

 

– En lisant les ‘press clippings’, je me suis aperçu que tu étais aussi dans le milieu de l’imagerie/BD, est-ce un milieu qui est plus inspirant pour toi, et comment agit-il sur ta musique (s’Il y a lieu)?

Comme tu l’as dit, «j’étais» dans le milieu de la BD, de 1996 à 2001 environ. J’ai beaucoup produit, pour finir par me désintéresser du médium. J’ai aussi fait un peu d’animation, avec Flash et Animate Pro, mais les délais de production sont beaucoup trop longs, surtout quand on est seul pour tout faire.

 

– Je serais curieux de savoir quels sont les artistes/bands qui ont le plus influencé ta musique ou même ce que tu écoutes chez toi en général?

Mes influences sont vraiment variées, puisque j’écoute beaucoup de musique et de styles différents, du genre Frank Zappa, Luca Turilli, Ghost, Voivod, The Sword, Slayer, Babymetal, Mr. Bungle, Ratatat, Justice, Savant, Kavinsky, The Bloody Beetroots, The Toilet, Next Life, The Algorithm, Mstrkrft, Iron Maiden, DRI, Wolfpack /Wolfbrigade, John Zorn, Esperanza Spalding, Mindless Self Indulgence, King Crimson, Estradasphere, Metallica, Nile, Death, Sepultura, Ensiferum, Maximum The Hormone, Stravinsky, Frank Sinatra, Girl Talk, Aphex Twin, Squarepusher, Naked City, The Locust, Megadeth, Rush, Testament, Nasum, Meshuggah, Buena Vista Social Club, pour n’en nommer que quelques-uns.

 

– Comment vois-tu l’industrie de la musique de nos jours et comment navigues-tu à travers celle-ci en prenant compte de tes intentions générales, de ce que tu veux en retirer en tant qu’artiste?

L’industrie de la musique est un milieu très contingenté, tous styles confondus. Il y a beaucoup de bons musiciens, labels et producteurs indépendants. Je n’ai aucune intention spécifique quant à ma production, car je fais tout pour mon propre plaisir, mais je suis toujours content de savoir que ça plaise à autrui. Tous mes projets sont indépendants et la plupart sont en download gratuit sur le site Neophile Records, un label web que j’ai mis sur pieds avec un ami de Suède.

 

– Merci beaucoup d’avoir pris le temps. Maintenant, comment les lecteurs peuvent-ils se garder au courant de tes différents projets? Qu’est-ce que le futur réserve pour tes projets?

Mon portfolio en ligne, Swizland, est mis à jour assez régulièrement, et pour chacun de mes projets, j’ai une page Facebook. Je travaille présentement sur le 4ème volume des smashups de Mythoklash. J’ai aussi un nouveau projet avec des amis d’outre-mer qui est en quelque sorte une continuité d’Aenator, mais avec des vocals, et qui va dans des directions assez inhabituelles. Sinon, je pense faire un premier album d’Aenator à l’automne ou cet hiver, dépendamment de l’inspiration. Et merci à toi pour cette entrevue. Longue vie à Ondes Chocs!

 

Khuda – Entrevue

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Après les avoir présenté brièvement sur le site il y a de ça une couple de semaine avec l’arrivée de leur troisième et dernier album, « Molasses Constricts The Clinostat« , j’ai décidé d’envoyer des questions au duo Steve Myles (drum)/Tom Brooke (guitare), Khuda.  Question de les découvrir, si ce n’est pas déjà fait, je vous propose le lecteur Bandcamp de cet album en écoute intégrale durant votre lecture de la discussion ci-dessous. Je vous présente l’entrevue originale anglaise en premier suivi de la traduction faite par Lex

 

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– What is the meaning behind the name of the band, Khuda?

TomWell, we chose the name after the first jam… myself and Robin (the first drummer) were driving through a town called bradford (if I remember rightly, we were on the way to a gig at a venue called the 1in12 club!) aand we were trying to think of a name. I saw the word Khuda written on a wall, and it just stuck! We found out a lot later that the word means a load of things in other languages, but to be honest, we just really liked the sound of it!

 

– You are a Guitar/Drum duo, was it on purpose or more a result of a band missing pieces and then experimenting?

TomI guess a little bit of both, it wasn’t something that was really massively planned. It has just always felt right for us… I honestly don’t think it’s ever even being considered to add another member. We’ve always had fun trying to make as much noise as possible!

SteveIn terms of practicality the sheer convenience of being just two people has also had a massive effect on how active we were able to be. We were both always up for an adventure and being so easy to accommodate resulted in us being able to play anywhere at any time. By the end of our time touring together we were completely self contained, we didn’t even use the pa system, just our own gear as close to the centre of the room as we could get. Musically it never really felt too much like there was much missing, I mean sure on record we’d add a little extra bottom end to flesh things out a little but live we were always perfectly happy just being two :).

 

– Please present both your musical backgrounds in order to better comprehend your influences.

TomWell, for me, Khuda is pretty much my entire musical background! The band started in my teenage years, and is pretty much my first band. I’ve always loved music though, and from an early age started to go to and then later playing at as many of Leeds’ awesome underground gigs as I possibly could! That was how me and Steve met… he was working as a venue organiser at a sweet DIY venue in the heart of Leeds’ student area, and one of the cool (slightly) older guys who gave us, as a young, enthusiastic musicians a chance to play live!

Steve – I guess both of us have the fact that we were never trained musically in common. I had about three or four drum lessons when I was a kid and never really had the patience for it but always just felt like i kind of understood how things worked. Maybe in retrospect it would have been better to do things properly but I enjoy myself so I guess that’s that.

Tom and Robin were always just incredibly enthusiastic, I remember the first time seeing them play (it was at an autumn all dayer we’d put on with a bunch of local bands in 2007) they rocked up with all this crazy equipment, they had a violin, a bon tempi organ, tom was jumping between bass and guitar and robin had this incredibly disjointed but groovy style which he threw himself at whole heartedly. We were all gob smacked, I remember thinking at the time that these boys were the punkest people ever, I mean sure they were still figuring stuff out but the sheer audacity of it blew us all away hah hah.

I started my first band when I was 12 years old and haven’t really looked back since heh heh, that band was my life for a long time, we never really got our shit together but we always knew we just wanted to try and do something different. I guess that’s another reason why I had instant respect for the Khuda lads, they were just trying to do something that didn’t really sound like everything else.

 

– This is your third and final release, why are you stopping now with such a winning combination?

TomWell, in early 2012, I moved permanently from the UK to Finland, and the distance between us basically meant that there was a natural need to wind down our activity as a band. We always worked in a way that we would practice every day, and spent about half our time travelling and touring, which really didn’t work out at all with the new distance between us. We’d already written most of ‘Molasses…’ so we recorded that in early 2013, as a kinda farewell to the band…

SteveYeah life was also just kind of going on with or without us and at the time it seemed like we had to either %100 commit to touring for 7 months out of the year or not do it at all. Also the costs of getting from point a to point b started to conflict with our ethics which were one of the main corner stones of the band. It was a really frustrating time because we’d go a few months without playing live and then spend the first week or two of tour getting used to it again. Weirdly we didn’t seem to have too much trouble with our last two gigs though so maybe it was just a psych out hah hah.

 

– Explain the meaning behind “Molasses Constrict the Clinostat”?

SteveWe can’t really say or it would spoil the fun, there is a much more deliberate theme in this record than there was in the last couple, I suppose a hidden benefit of it taking so long to release was that we could really spin a yarn with it.

TomUltimately, the meaning of Molasses Constricts The Clinostat is something that is personal to every listener. We wanted to try and make our song names and album theme a bit more coherent than our previous albums, and Molasses Constricts The Clinostat is the result.

 

– Going live never seems to have been a problem for you even though you live far apart, is this your favourite part of all this or is the studio work more rewarding?

TomWell, during the time in which we were touring and travelling heavily, we both lived in the same country, my move to Finland is only a recent thing, and actually did cause a few problems, which is why stopped touring! We managed to be lucky enough to travel to some beautiful countries and meet some amazing people, and the way we managed to make that work was by doing long tours, booked by ourselves, with as short drives and low costs as possible. That way, we managed to make touring possible without having to ask an unfair amount of money from organisers, doing things in a DIY way… just taking door deals etc… I think touring and playing live for us was absolutely the thing we enjoyed most, and definitely was the most rewarding!

StevePlaying live is what it is all about. It’s amazing how a collection of stimulus that should by all rights be unpleasant fit together to make a whole which is so ultimately thrilling. The physical exertion, the heat of the stage lights, the lack of air, the feeling of exposure and the potential to be judged negatively somehow combine to give you a massive rush. I guess it must just be conditioning but being in that situation even if only for 40 minutes or so makes all the sitting around in vans counting down the minutes seem worth while. There is also no better way to travel, we have met some life long friends while on the road/been met with almost inhuman kindness and that experience has been incredibly formative.

 

– How do people react to the live experience?  One would think Tom has got to be a bit ‘active’ on the stage in order to make it less static.

TomSteve goes mental behind the drums, so that makes my job easier, in terms of the visual side of things. To be totally honest, I spend most of my time trying not to fall over (balance has never been my forté, especially when concentrating on other things). We get a lot of nice feedback though about our live show, its something we enjoy and put a lot of passion into, and when things go right, people seem to really feed off that!

SteveTom is definitely down playing his stage presence here! He has always just been this mass of hair and sweet moves 😀 Believe it or not having just two people facing each other in a small space allows for a more intense vibe, people don’t really have to split their attention between a few different members scattered across a stage so maybe less is more in this situation.

 

– How does the writing process go for Khuda? Do the drums usually set the tone or are you able to mix it up?

TomWe’re definitely from the jamming school of song writing! Sometimes I’ll have a guitar part or melody in mind, and we’ll jam stuff out and see what happens, and other times an entire song can just pop out of just messing around together. Once we have a basic structure written, we’ll just keep playing it, ironing out any weird bits, and getting the general flow right.

SteveAbout %70 of the material came spontaneously and was then mimicked and honed afterwards. By the end of our time playing together regularly we had built a real connection, I know pretty much exactly what Tom is going to do next and I guess its the same vice versa. Even now there are huge sections of the songs which we improvise when playing live, it keeps it fresh for us despite having a couple of trap falls.

 

– Can you see Khuda making a studio return later on without having to share the stage?

TomI think hitting the stage is far more likely than making a studio return at this point, but who knows! We love playing together, and are still great friends… one thing that we’ve learned over the past couple of years is, never say never!!!

SteveYeah its too hard to tell at the moment, you never know what’s going to happen next but I agree its more likely that we’ll do the occasional live show if circumstance allows it 😀

 

– What are your respective plans going forward for Tom and Steve?

TomWe’ve both been pretty busy since stopping touring hehe… I’ve been building, and recently opened a recording studio here in the beautiful Finnish countryside, so hopefully that will be taking up the majority of my time for the foreseeable future! It’s in a converted barn, and is all set up with band accommodation, sauna etc, I have my first sessions booked in here in the next couple of weeks, which is really exciting… you can check it out here (shameless plug…):www.tonehaven.net

SteveI have a few bits and pieces going on, spent the last year building a tattoo expo (Shameless plug 2www.leedstattooexpo.com) which we’ll be starting work on the second edition in the coming months. Another couple of bands on the go with « Cattle » (experimental noise rock with 1 drums, another 1 drums, bass and vocals), « Clensch » (three piece math and roll) and possibly a new one if I get myself together enough. Having a push with my artwork (can be seen on the cover of the new Khuda record) and am looking to start an apparel company with my incredibly talented girlfriend of near to 8 years. Plenty to keep me out of trouble hah!

Thanks for speaking with us and all the very best for the future with Ondes Chocs !!

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– Quelle est la signification de votre nom, Khuda?

TomEt bien, on a choisi notre nom après notre premier jam… moi-même et Robin (le premier drummer) passions en voiture à travers une ville appelée Bradford (si je me rappelle bien, nous nous en allions à un show dans une place qui s’appelait the 1in12 club!) et on essayait de trouver un nom de groupe. J’ai vu le mot Khuda écrit sur un mur et ça fittait! On s’est rendu compte plus tard que le mot veut dire toutes sortes de choses dans différentes langues mais pour être honnête, on aimait juste comment ça sonne!

 

– Vous êtes un duo Guitare/Drum, était-ce voulu ou plus parce que vous étiez à la recherche d’autres musiciens pour compléter le tout et avez expérimenté entre temps?

TomJe dirais un peu des deux. Ce n’était pas quelque chose de planifier. Ça semblait juste correct pour nous… je ne pense pas honnêtement que nous ayons jamais pensé à rajouter un autre membre. Nous avons toujours eu du plaisir à essayer de faire le plus de bruit possible!

SteveD’un point de vue pratico-pratique, en plus d’être super commode d’être juste deux personnes, ça l’a eu aussi un énorme impact sur notre capacité à être actif. On était toujours tous les deux prêts pour l’aventure et la facilité à s’accommoder a fait en sorte que nous avons pu jouer n’importe où n’importe quand. Vers la fin de tout ce temps à tourner ensemble, on se suffisait à soi-même si on peut dire, on n’utilisait même plus le pa system, juste notre propre gear le plus près possible du centre de la pièce. Musicalement nous n’avions pas l’impression qu’il manquait quelque chose. C’est sûr que sur les enregistrements, nous avons ajouté des trucs mais live, on était bien heureux à deux :).

 

– Présentez-nous vos backgrounds musicaux afin de mieux saisir vos influences.

TomEt bien pour moi, Khuda est pas mal tout mon background musical! Le groupe a débuté pendant mon adolescence et c’est pas mal mon premier groupe. J’ai toujours adoré la musique et dès mon jeune âge, j’ai commencé à aller dans le plus de shows possibles sur la superbe scène underground de Leeds puis plus tard y jouer. C’est à travers ça que j’ai rencontré Steve… Il travaillait comme organisateur de spectacles dans une place DIY trippante au coeur du quartier étudiant de Leeds, et il a été un des gars cool et un peu plus vieux à nous donner une chance de jouer live en tant que jeune musicien enthousiaste!

SteveJe crois que nous avons en commun le fait que nous n’avons jamais vraiment suivi de cours de musique. J’ai eu trois à quatre leçons de musique quand j’était un enfant mais je n’ai jamais vraiment eu la patience pour ça. J’ai toujours eu la sensation que je comprenais quand même comment ça marchait. Peut-être que maintenant en regardant en arrière, on pourrait dire que ça aurait été mieux de faire les choses de la bonne manière mais j’ai eu du fun de même et c’est ça qui compte.

Tom et Robin ont toujours été très enthousiastes. Je me rappelle la première fois que je les ai vu jouer (c’était en 2007 lors d’un show all day à l’automne avec plusieurs groupes locaux)ils ont rocké la place avec tout cet équipement de malade. Ils avaient un violon, un orgue Bontempi. Tom switchait de la basse à la guitare pendant que Robin bûchait sa vie dans un style groovy complètement disjoncté. On était tous bouche bée. Je me rappelle avoir pensé que ces gars-là étaient les plus punks. C’est sûr qu’ils en étaient encore à se créer en tant que groupe mais c’est leur audace qui nous a assommés hah hah.

J’ai créé mon premier groupe quand j’avais 12 ans et je vais vers l’avant depuis, heh heh! Ce groupe a été ma vie pendant un long boutte. On n’a jamais réussi à faire de quoi à notre goût mais on a toujours su qu’on voulait faire de quoi de différent. Je crois que c’est une autre raison qui a fait que j’ai eu un respect instantané pour les gars de Khuda. Ils essayaient de faire quelque chose qui ne sonnait pas comme tout le reste.

 

– C’est votre troisième et dernier album. Pourquoi arrêtez-vous maintenant que vous semblez avoir une combinaison gagnante?

TomEt bien, au début de 2012, j’ai déménagé de façon permanente du UK à la Finlande et la distance qui nous sépare a naturellement entraîné le besoin de slacker en tant que groupe. On a toujours travaillé de façon à pouvoir pratiquer ensemble tous les jours et passer la moitié de notre temps à voyager en tournée ce qui ne fonctionne plus du tout à cause de la distance entre nous. On avait déjà écrit la majorité de « Molasses… » alors nous l’avons enregistré au début 2013 comme un adieu au groupe…

SteveOuan, la vie continuait son chemin avec ou sans nous et il nous paraissait à ce moment que nous devions choisir entre nous investir dans le groupe à 100% et être en tournée 7 mois par année ou ne pas le faire du tout. De plus, les coûts pour se déplacer du point a au point b ont commencé à être en conflit avec notre éthique, une des pierres angulaires de notre groupe. C’était vraiment frustrant parce que nous étions quelques mois sans jouer live puis passions une ou deux semaines au début de la tournée à reprendre le beat de jouer ensemble. Bizarrement, nous n’avons pas eu ce problème avec nos derniers shows alors c’était peut-être juste psychologique, hah hah.

 

– Expliquez la signification derrière “Molasses Constrict the Clinostat”?

SteveOn ne peut vraiment le dire car ça va gâcher le fun. Il y a un thème beaucoup mieux défini sur cet album que sur les deux précédents. J’imagine que le bénéfice caché d’avoir pris tout ce temps pour faire paraître l’album nous a permis de vraiment monter une histoire.

TomEn fin de compte, la signification de « Molasses Constricts The Clinostat » est personnelle pour chaque auditeur. Nous voulions faire en sorte que les titres de nos pièces et le thème de l’album soient plus cohérents que sur nos albums précédents et « Molasses Constricts The Clinostat » en est le résultat.

 

– Jouer live n’a jamais semblé un problème pour vous même si vous vivez éloignés. Est-ce « jouer live » que vous préférez ou trouvez-vous le travail en studio plus gratifiant?

TomEt bien, notre période de voyage et tournée intensifs a eu lieu pendant que nous vivions dans le même pays. Mon déménagement en Finlande est récent et a créé quelques problèmes qui ont mis fin à nos tournées. Nous avons eu la chance d’aller dans de magnifiques pays et de rencontrer des gens qui en valaient vraiment la peine. Notre façon de gérer tout ça pour que ça fonctionne était de faire de longues tournées que nous bookions nous-même avec le moins de distance à parcourir entre les shows et le moins de coûts possible. De cette façon, c’était possible de faire des tournées sans demander d’argent à des producteurs de spectacles, en faisant tout DIY… en prenant des door deals etc… Je dirais que les tournées et jouer live étaient définitivement la chose que nous aimions le plus et hors de tout doute la plus gratifiante!

SteveJouer live en tout ce qui importe. C’est surprenant comment un ensemble de sensations qui sont à la base déplaisantes peuvent ensemble créer un tout complètement trippant. L’effort physique, la chaleur des lumières de scène, le manque d’aération, la sensation d’être sous la loupe avec le potentiel d’être jugé négativement, tout ça trouve le moyen de se combiner pour donner un super gros rush. J’imagine que c’est comme un conditionnement mais la possibilité d’être dans cette situation même si ce n’est que pour 40 minutes plus ou moins fait que toutes les minutes passées dans le « tour van » valent la peine. Il n’y a pas vraiment de meilleures façons de voyager. Nous avons rencontré des amis pour la vie lors de ces voyages et avons bénéficié d’une gentillesse surhumaine et cette expérience a été incroyablement formatrice.

 

– Comment les gens réagissent-ils à vos prestations live? J’imagine que Tom se doit d’être très actif sur scène pour que ça ne paraisse pas trop statique.

TomSteve vire fou au drum, alors ça rend ma tâche pas mal plus facile côté visuel de la chose. Pour être totalement honnête, j’essaie la majorité du temps de ne pas tomber, l’équilibre n’a jamais été mon point fort et encore moins quand je suis concentré à d’autres choses. Nous avons toutefois des feed backs plaisants concernant nos prestations live. Nous adorons le live et y mettons beaucoup de passion. Quand les choses fonctionnent bien, les gens semblent apprécier et s’en nourrir!

SteveTom est en train de minimiser son impact sur scène ici! Il a toujours été cette masse de cheveux avec des « sweet moves » 😀 Crois le ou non, être juste deux face à face dans un petit espace permet d’avoir une vibe plus intense. Les gens n’ont pas vraiment à partager leur attention entre différents musiciens répartis sur scène alors « less is more » dans cette situation.

 

– Comment vous arrangez-vous pour composer les pièces? Est-ce le drum qui part le tout ou c’est plus ensemble?

TomOn est définitivement de l’école « écrire en jammant ». Des fois, j’ai une partie de guitare ou mélodie en tête et nous jammons du stock pour voir ce qui arrivera avec ça, et d’autres fois une pièce complète fait juste apparaître à force de jammer des trucs. Une fois que la base d’une pièce est écrite, on va continuer à la jouer en changeant les trucs bizarres jusqu’à ce que ça coule bien.

SteveÀ peu près 70% du matériel vient spontanément puis on peaufine le tout. Vers la fin de l’époque où nous jouions régulièrement ensemble, nous avions une vraie connection. Je savais pas mal où Tom s’en allait et je crois que c’était réciproque. Même maintenant, il y a de grandes parties des pièces que nous improvisons sur scène. Ça permet de garder les pièces vivantes pour nous.

 

– Croyez-vous qu’il pourrait y avoir un retour studio pour Khuda sans que vous retourniez sur scène?

TomJe crois que retourner sur scène est plus probable que de faire un retour en studio en ce moment mais qui sait! Nous adorons jouer ensemble et sommes toujours de grands amis… une chose que nous avons apprise au cours des dernières années est de ne jamais dire « jamais »!!!

SteveYeah, c’est trop dur à dire pour le moment, on ne sait jamais ce qui peut arriver mais je suis d’accord que c’est plus probable que nous ferons probablement plus des shows occasionnels si les circonstances le permettent 😀

 

– Quelles sont vos plans futurs respectifs?

TomNous avons été très occupés tous les deux depuis que nous avons cessé les tournées, hehe… J’ai monté et récemment ouvert un studio d’enregistrement ici dans la magnifique campagne finlandaise alors j’espère que ça occupera la majorité de mon temps dans le futur immédiat! J’ai converti une grange et j’y ai fait ajouté aussi des commodités pour les groupes comme un sauna, etc. J’ai ma première session de booker dans les semaines qui viennent ce qui est vraiment excitant… vous pouvez voir tout ça ici (une petite plug personnelle…!)

SteveJ’ai quelques trucs en marche ici et là et j’ai travaillé l’an passé à monter une expo de tattoo (plug perso) et on travaillera sur la deuxième édition dans le mois qui vient. J’ai aussi quelques groupes « on the side » avec Cattle (experimental noise rock with 1 drums, another 1 drums, bass and vocals), Clensch (three piece math and roll) et probablement un nouveau projet si je réussis à m’y mettre. Je vais essayer de promouvoir mon travail d’artiste visuel pour les artwork (que vous pouvez voir sur la pochette du dernier Khuda) et j’envisage de partir une ligne de vêtements avec mon extrêmement talentueuse blonde avec qui je suis depuis près de 8 ans. Ça fait pas mal de choses pour me tenir en dehors du trouble, hah!

Merci beaucoup d’avoir parlé avec nous et nous souhaitons le meilleur dans le futur pour Ondes Chocs!!

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Under Aspect – Entrevue

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Répondants: David Lessard et Carl Dubreuil

 

Après une absence marquée sur album, la formation de St-Jean-sur-Richelieu, Under Aspect, revient en 2014 avec « The Things You Should Not See » (dont voici le lien pour ma revue de l’album), un amalgame de pièces Metalcore mélodique qui transpirent l’émotion suite à plusieurs situations plus ou moins faciles pour la formation. Voici les réponses à nos questions!

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Préface:

Salut Dave, tout d’abord merci pour l’entrevue et ton support tonique envers la scène Métal. Bien des artistes te sont reconnaissants. Voélà, in passing. -d

Entrevue:

– Un bon moment s’est passé entre la sortie de ce nouvel album, “The Things You Should Not See” et votre EP précédent, peux-tu nous guider à travers les évènements qui ont retardé un band habituellement très productif? 

Yesss!!! Du potin, du potin!  Non, pour vrai, j’ai pas tant le désir d’aller au fond des choses, des relents émotifs des sous-sols d’Under Aspect. Commençons plutôt par décortiquer ce que «retard» signifie ici; tout d’abord la volonté de pousser un projet artistique à un niveau professionnel demande du temps et de l’énergie, c’est ce que nous avons pris ici. Et la preuve est à l’appui à l’écoute des pièces. On reçoit très souvent le commentaire: Hein! Ça sonne pro!… De la patience, du temps et de l’énergie disais-je.

Bien évidemment depuis le précèdent EP, « Invisible Knowledge » (2010), la formation a connu quelques amputations et gains au niveau des membres. Certains d’entre eux n’avaient pas le même sceau de tolérance à la vie d’artiste que le reste du band souhaitait poursuivre. Nous avons même dû avoir recours à la justice pour régler des histoires de F#$#%?& droits d’auteurs vides, inexistants et loin d’être utile à se battre et à s’en faire pendant des mois… pendant les mois d’enregistrements, précisons-le. Ce qui a même amené le groupe à quelques jours de la sortie officielle à vouloir «scrapper» l’album, le nom et les tounes et passer à autre chose… Nous avons passé au vote. Blanchissage à l’abandon et victoire à la ténacité fut le résultat. Personne ne regrette.

De grâce, si vous voulez vous starter un band sérieux, signez vos paroles, gestes et dépenses. Rendez tout équitable et clair le plus tôt possible. Ça évite des ennuis et améliore la communication. Y’en a pour qui l’argent c’est très important… fuckers.

Écoutez: Child’s Play (diggin’ gold) cette chanson émane le sujet.

 

– “The Things You Should Not See” signifie quelque chose de très personnel comme titre d’album, es-tu capable de nous en parler un peu plus, sens-toi bien à l’aise…

Au fait, le titre a pris du sens au cours des années, puisque depuis 2010 j’avais eu ce flash. Au départ, c’était à propos des imbécilités qui se retrouvent sur le net. Quand je parle d’imbécilité, je ne parle pas de l’humour tous genres, je souligne les actes de violences envers les humains et les animaux. Les gens qui décident de me montrer un vidéo sur leur cellulaire et qu’après 3 secondes, je remarque que c’est quelqu’un que l’on égorge live, ou un chien lancé en bas d’un building, etc, je ne vous apprends rien, il y a de la merde sur le net, this is one of the things that you should not see. Ça ne devrait simplement pas avoir lieu à la base m’enfin… au minimum, de publiciser ces actes, font de vous des idiots.

Comme mentionné ci-dessus, le fait que nous nous sommes rendus à un point où nous voulions abandonner l’album pour les bienfaits de notre sécurité, ça a changé la vision de la chose et a pris un côté plus personnel pour chacun des membres du groupe.

Écoutez: What does it mean?

 

– Est-ce que les paroles vont dans le même sens tout au long des huit nouvelles compositions? Ont-elles été écrites en groupe ou David se charge de cette facette de votre art?   

Je signe les textes. Carl est celui qui optimise certains passages où mon anglais manque d’inspiration. Au niveau du sens général des paroles de l’album, je crois que mon approche «dark» est toujours présente dans presque tout ce que je conçois, ce n’est pas parce que je suis quelqu’un de ténébreux, rempli de haine, bien au contraire, les gens qui me connaissent savent que je suis un ricaneux et que je blague toujours. J’aime les émotions profondes, elles vous font sentir seul, j’aime la solitude. Sur notre premier album « Became Mechanical »(2007), je voulais changer le monde avec moralité, sur le second, j’ai été tanné de me prendre pour un mage, alors j’ai simplement décidé d’exposer les problèmes tels qu’ils le sont et de ne rien y faire. C’était simplement beau de savoir que la vie pouvait prendre ces différentes formes. « The things you should not see » est un complément de ces deux expériences expliqué à travers des situations dans lesquelles Under Aspect se sont retrouvés à faire face depuis leur début. C’est pas toujours facile d’entretenir un band, faut être tenace.

 

– Au niveau de la musique, il y a une haine au travers de ces nouvelles tracks, mais aussi des mélodies vraiment accrocheuses et c’est votre force. Après avoir imaginé une direction plus « relax » pour votre musique, vous m’avez impressionné avec ce mix. Était-ce intentionnel ou les évènements des dernières années ont produit cette musique?  

Tu parles de haine et d’évènements des dernières années, au fait si nous faisions une rétrospective Under Aspect, laisse-moi te dire que les bons coups débordent dans la balance. Oui, nous avons un son plus «relax», mais n’empêche que tout le monde ici aime ça quand ça bûche. Alors c’est pourquoi on se fait comparer parfois à des groupes tel que Deftones ou System of a Down; le «catchy» rencontre le brutal et l’étrangeté dans le même blender…

Merci pour le commentaire, nous aussi on est très fier du son obtenu. Hugues a fait un travail superbe, encore une fois.

 

– Après deux pochettes d’albums précédents plus travaillées, vous avez opté pour une approche plus directe et simpliste sur cette nouvelle aventure, quel est le message qui devait passer en voyant celle-ci?

La décision finale sur la pochette eut lieu à quelques jours de l’impression, alors que depuis plus de trois ans, la pochette était faite et approuvé par tous…  Je travaillais des images pour le journal local et c’est Carl qui, derrière mon épaule, vit l’image de moi avec le logo et dit: «Ça serait malade que ce soit ça, la pochette!» Et après je ne sais pas ce qui s’est passé, mais on écoutait notre album pendant que je travaillais sur la nouvelle pochette et tout le monde était fou raide dans la pièce… Je pense que le feeling d’accomplissement général était palpable, ça allait de soi, alors j’ai conclu les designs avec ça, sans trop m’en faire à propos du fait que je me retrouve seul en «front» de la pochette…

 

– Hughes Bouchard, votre drummer, a tout fait lui-même au niveau de la production à son studio Le Cockpit, donc une production DIY et c’est vraiment bien réussi. Est-ce une manière de travailler qui vous a plu et allez-vous la répéter? 

On est jamais aussi bien servi que par Hugues Bouchard en qualité de son professionnel. On croit en lui et avec l’expérience qu’il prend à chaque projet qu’il entreprend, vous comprendrez que c’est le meilleur choix à faire. Je ne dis pas nécessairement que c’est toujours comme ça que nous allons fonctionner, mais à date ça nous mène à bon port. Et pour moins cher. Même si nous faisions affaire avec un studio, ou bien un autre réalisateur, chose certaine Hugues épaulera toujours le projet de près.

 

– Vous avez la chance d’avoir un chanteur, David Lessard, qui est extrêmement varié dans ses intonations et son reach autant dans les hautes que basses notes est bien monté. Montez-vous des fois les paroles et mélodies vocales avant la musique? 

Merci mec 😉  De l’album, je crois que « What does it mean? » est la seule qui est née de cette façon. Je sais que ça peut avoir un large impact sur les chansons, je tenterai davantage l’expérience pour le prochain album, bonne idée, thanx again.

 

– Je sais que sa voix a été pendant un bout un peu plus faible et avait de la misère à se remettre des shows de façon adéquate, est-ce que la situation est corrigée? 

Être chanteur c’est pas l’instrument le plus facile à entretenir. T’as les températures, le sommeil, l’alimentation, le souffle, les party… ce sont tous des points que, sur une guitare, tu n’as pas à te soucier par exemple. Mais oui, depuis quelques mois j’ai entrepris des exercices vocaux plus réguliers qui me permettent de livrer la marchandise et de pouvoir recommencer quelques jours après sans problème. C’est l’expérience qui entre.

 

Avec Marc qui a contribué à la musique de ce nouvel opus (mais qui n’est plus dans la formation) et Dany maintenant dans le band, comment se passe le processus de composition?

Pour l’instant, nous ne pouvons parler de processus de composition puisque nous nous concentrons sur la tournée, alors on roule le setlist dans les jams, sans oublier l’ajout récent d’Olivier Veilleux à la guitare qui a dû tout apprendre en 3 semaines avant le début de la tournée. Good job buddy. Il fait désormais partie de l’équipe. Mais pour répondre plus justement à la question, nous avons travaillé sur du nouveau stock, et on ne peut qu’avoir hâte de sortir du matériel de cette nouvelle formation…. ishh oui 😉

 

– Carl, tu m’avais parlé d’une direction plus « Deathcore » avec les nouvelles tracks en construction, est-ce toujours la voie empruntée quelques mois après notre discussion?  

La musique est définitivement plus lourde! On s’enligne pour quelque chose de beaucoup plus heavy! On veut expérimenter notre côté un peu moins « pop » qui ressort sur le dernier album!

Carl. (Bass)

– “Common Illusion” recevra un traitement vidéo promotionnel et vous avez sorti la semaine dernière le teaser d’arrière-scène. On y voit entre autre Hughes qui travaille avec les caméras, est-ce aussi une phase de votre carrière que vous produisez par vous-mêmes? 

Nous avons, comme vous l’avez remarqué, la manie de vouloir toucher à tout. Le domaine de la promotion musicale nous passionne et on en mange. La prochaine sortie vidéoclip est une co-réalisation entre moi, David Lessard et la photographe Lexa One de One Photography. Nous avons scénarisé la patente pendant près de deux mois, le tournage a duré 17h. Nous étions plus d’une quinzaine sur le plateau à travailler là-dessus. Je suis rendu à la finale du montage et nous sommes très enthousiastes de vous partager ce bijou sur lequel nous travaillons depuis plus d’un ans déjà. Et oui, Hugues est derrière la caméra, c’est lui que l’on veut pour ça encore une fois, il est talentueux ce Hugues. D’ailleurs le dernier clip sorti « Yesterday’s Prayers » est entièrement sa réalisation.

Voyez: Yesterday’s Prayers sur Youtube

 

– Avec des shows partout en province, un nouvel album, un nouveau vidéo, peux-tu nous dire ce que nous réserve le band dans les prochains mois et aussi nous diriger vers les points de ventes physiques/digitales pour que les fans et curieux puissent vous encourager? 

Je fonctionne avec beaucoup de rêves, de souhaits et d’ambitions, mais une chose est certaine, pour l’instant le futur ça n’existe pas et j’essaie de m’en tenir à tripper le moment présent. La tournée va bien, les gens sont tellement généreux, semblent nous connaître de plus en plus, connaître nos paroles de plus en plus… Quoi demander de plus?! Je crois que le désir de composer un album avec cette nouvelle formation que nous sommes, nous tente fort bien, de travailler sur un autre clip aussi et de faire toujours plus de show dans toujours plus de nouvelles villes devant toujours plus de fans… Quoi demander de plus?!

Pour la vente digitale: Itunes, Bandcamp, cd Baby

Physique: En boutique à Montréal : Paul’s Boutique et L’Oblique

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