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Je suis tombé, plus tôt cette année, sur ce projet de métal expérimental/instrumental de Montréal, Aenator, et je ne savais pas à quoi m’attendre, ni même à qui j’avais affaire. Rien de plus facile pour en savoir plus, on pose des questions! Voici une entrevue écrite avec l’homme derrière le projet.

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– Comment a été choisi le nom Aenator?

Aenator était le titre décerné aux musiciens militaires dans l’armée romaine, ce qui cadre bien avec ma musique, surtout le 1er EP (Siege & Aftermath).

 

– Ce projet est ton plus récent en tant que “one-man band”, et tu sembles être connu sous le pseudonyme “Mr. Swiz”, tu peux élaborer sur cet anonymat et choix de nom?

Ça date de l’époque où je faisais de la bande dessinée. Ce n’était pas dans le but de rester anonyme, mais simplement parce que c’est plus «accrocheur», et facile à retenir, que mon vrai nom.

 

– Comment est né Aenator?

C’est parti d’un désir de me renouveler musicalement puisqu’aucun de mes autres projets ne comblait mon envie de composer du «metal technique», tout en y incorporant certaines de mes autres influences.

 

– Tu m’as mentionné dans le passé que le drum et les guitares de Aenator ne sont pas des vrais, pourquoi avoir choisi cette option? De quels instruments joues-tu?

Je joue de la guitare et de la basse depuis un bon moment, et aussi un peu de drum, mais que pour le plaisir. Quant à ce qui est d’utiliser des instruments virtuels, c’est d’abord pour la rapidité et la facilité que ça procure en composant. Ça permet de dépasser les limites physiques du jeu de l’instrument: en tant que compositeur, ça me permet de laisser aller mon imagination sans me soucier du coté «physique» de la création. Et puis finalement, pour le son, puisque la technologie d’aujourd’hui permet d’avoir un bon équivalent sans devoir en jouer, ou s’enregistrer.

 

– Tu inclus des éléments électroniques en plus dans les compositions et je trouve que tu en mets une bonne dose, qui ne déstabilise pas trop. Est-ce difficile de trouver cette balance entre métal et électro sans chavirer dans les excès?

Mon dosage est un choix personnel et je le base simplement sur le fait que j’aime que ma musique soit dynamique. Donc après un certain moment de métal, la «recette» me dicte une transition vers l’électro, qui se fait parfois dans un but de surprendre, ou afin de continuer un thème musical en changeant le son, le tempo, ou la tonalité.

 

– Tu as offert les deux albums d’Aenator en très peu de temps, pourquoi un si court délai entre les deux sorties?

Le premier EP de 7 chansons a été composé en quelques jours seulement, lors d’une période de trouble assez stressante au niveau personnel. L’atmosphère musicale, et le thème de siège militaire, représente bien mon état d’esprit à ce moment. Ensuite, les troubles sont passés, et les réactions positives de mon entourage face à ce premier EP m’ont encouragé à continuer. Le 2ème à été composé aussi rapidement, dans l’espace de 2 semaines, et afin de continuer la thématique «militaire», j’ai composé pour que ce EP soit en quelque sorte la continuité thématique du siège, du point de vue des conquérants.

 

– Pourrions-nous un jour voir un groupe sur scène afin d’interpréter ces pièces?

À ce stade-ci, ça semble très peu probable. Ça ne serait pas impossible, mais ça demanderait beaucoup de travail, et ce n’est vraiment pas une priorité; je préfère composer du nouveau matériel plutôt qu’en interpréter, même pour mes propres compositions.

 

– C’est le dernier de plusieurs projets (voir: Mythoklash, Dis(10)Putes, Electrocutionerdz, Anomalies) et ils sont tous différents. Lequel t’apporte le plus du côté créatif/inspiration?

Il n’y en a pas un en particulier qui m’apporte plus qu’un autre. Le fait que chacun des projets soit différents me permet d’y aller avec le feeling du moment. Ils remplissent tous une fonction spécifique, car chacun a sa démarche, une approche différente, et ses propres «règles». Dis(10)Putes, c’est du punk d-beat. Mythoklash, c’est soit du mashup A+B (comme Iron Maiden VS Beastie Boys), soit du collage (comme la série 1978-1982, 1979-1983, et 1980-1984). Quant à Electrocutionerdz et Anomalies, ce sont 2 projets qui sont terminés depuis un bon moment.

 

– En lisant les ‘press clippings’, je me suis aperçu que tu étais aussi dans le milieu de l’imagerie/BD, est-ce un milieu qui est plus inspirant pour toi, et comment agit-il sur ta musique (s’Il y a lieu)?

Comme tu l’as dit, «j’étais» dans le milieu de la BD, de 1996 à 2001 environ. J’ai beaucoup produit, pour finir par me désintéresser du médium. J’ai aussi fait un peu d’animation, avec Flash et Animate Pro, mais les délais de production sont beaucoup trop longs, surtout quand on est seul pour tout faire.

 

– Je serais curieux de savoir quels sont les artistes/bands qui ont le plus influencé ta musique ou même ce que tu écoutes chez toi en général?

Mes influences sont vraiment variées, puisque j’écoute beaucoup de musique et de styles différents, du genre Frank Zappa, Luca Turilli, Ghost, Voivod, The Sword, Slayer, Babymetal, Mr. Bungle, Ratatat, Justice, Savant, Kavinsky, The Bloody Beetroots, The Toilet, Next Life, The Algorithm, Mstrkrft, Iron Maiden, DRI, Wolfpack /Wolfbrigade, John Zorn, Esperanza Spalding, Mindless Self Indulgence, King Crimson, Estradasphere, Metallica, Nile, Death, Sepultura, Ensiferum, Maximum The Hormone, Stravinsky, Frank Sinatra, Girl Talk, Aphex Twin, Squarepusher, Naked City, The Locust, Megadeth, Rush, Testament, Nasum, Meshuggah, Buena Vista Social Club, pour n’en nommer que quelques-uns.

 

– Comment vois-tu l’industrie de la musique de nos jours et comment navigues-tu à travers celle-ci en prenant compte de tes intentions générales, de ce que tu veux en retirer en tant qu’artiste?

L’industrie de la musique est un milieu très contingenté, tous styles confondus. Il y a beaucoup de bons musiciens, labels et producteurs indépendants. Je n’ai aucune intention spécifique quant à ma production, car je fais tout pour mon propre plaisir, mais je suis toujours content de savoir que ça plaise à autrui. Tous mes projets sont indépendants et la plupart sont en download gratuit sur le site Neophile Records, un label web que j’ai mis sur pieds avec un ami de Suède.

 

– Merci beaucoup d’avoir pris le temps. Maintenant, comment les lecteurs peuvent-ils se garder au courant de tes différents projets? Qu’est-ce que le futur réserve pour tes projets?

Mon portfolio en ligne, Swizland, est mis à jour assez régulièrement, et pour chacun de mes projets, j’ai une page Facebook. Je travaille présentement sur le 4ème volume des smashups de Mythoklash. J’ai aussi un nouveau projet avec des amis d’outre-mer qui est en quelque sorte une continuité d’Aenator, mais avec des vocals, et qui va dans des directions assez inhabituelles. Sinon, je pense faire un premier album d’Aenator à l’automne ou cet hiver, dépendamment de l’inspiration. Et merci à toi pour cette entrevue. Longue vie à Ondes Chocs!