by Luc St-Laurent | Oct 10, 2013 | Chroniques, Échos d'Outre Monde

Vol. 4 – No.2 : Tel un couteau Suisse!
À l’image de son populaire couteau, la scène Suisse est certes petite mais présente une polyvalence exceptionnelle. Et bien qu’elle ne jouisse pas de la prestance des scènes majeures, on aurait tort de la sous-estimer… elle qui a vu naître Krokus, Celtic Frost, Coroner, Samael et Eluveitie.
C’est aussi dans un environnement neutre et exempt de la prédominance de certains genres que les groupes de la Suisse évoluent en toute liberté. Voici donc un bon échantillon de cette diversité musicale offerte ici… avec les quatre groupes qui constitueront notre sélection hebdomadaire!
Requiem
S’il existait une école du Death Metal enseignée par les maîtres du genre, Requiem de Schübelbach en Suisse (à ne pas confondre avec un autre de la trentaine de groupes portant ou ayant porté le même nom) serait sans doute parmi les premiers de classe! En effet, le groupe sait exactement quoi faire ou ne pas faire pour être le plus fidèle possible au style qu’il pratique, et ce dans les moindres détails! Car non seulement leur musique est directement inspirée de Malevolent Creation, Monstrosity, Suffocation ou autres géants américains du genre mais Requiem fit également appel à au moins 2 reprises au talent et à l’imagination morbide de nul autre que le réputé Dan Seagrave pour la réalisation de leurs pochettes de disque. Somme toute, Requiem nous offre une leçon de Death Metal pour les plus accros du genre, dans la forme d’une recette parfaitement appliquée à laquelle il manque peut-être une petite touche personnelle afin de se démarquer de la masse.
Algebra
Si vous suivez ces chroniques depuis quelque temps, vous connaissez mon amour pour le Thrash Metal, et vous savez qu’il est difficile de s’en sortir sans au moins un groupe de ce genre par semaine. Cette semaine ne fera pas exception avec Algebra de Lausanne. Alors, si vous pensiez avoir affaire à du Math Metal, détrompez-vous ! Algebra est du bon vieux Thrash inspiré entre autres du Slayer et Sepultura de la fin des années 80 et début 90. La pièce ci-dessous intitulée S.O.B. est tirée de leur premier album complet qui est sorti en 2012. Celle-ci démontre bien ce qui vous attend avec Polymorph!
Battalion
Est-ce qu’un deuxième groupe Thrash serait trop pour une seule chronique? Bien sûr que non! Et comme Slayer fut assurément une des plus grandes influences du genre, Battalion, tout comme Algebra ci-haut, s’en inspire donc allègrement. Mais c’est possiblement ici que s’arrêtent les comparaisons, car le groupe de Zurich puise également son inspiration dans le heavy plus traditionnel et spécialement le Metallica des années 80. Battalion qui performe sous ce pseudonyme depuis 2005, a produit 3 albums à ce jour, le dernier en liste se nomme Set the Phantom Afire. Le vidéo-clip ci-dessous datant de 2012 est d’ailleurs la pièce d’ouverture de ce dernier effort.
Pertness
J’hésite souvent longuement avant de placer un groupe qualifié de Power Metal dans mes sélections des Échos d’Outre-Monde, peut-être parce que c’est un genre qui semble plus ou moins intéresser les lecteurs et auditeurs de Ondes Chocs, ou bien parce que j’ai le sentiment qu’un de mes collègues et amis, Judas Iscariot de La Caverne, qui déteste viscéralement le genre et son côté souvent cheesy, va me le renoter jusqu’à la fin de mes jours. Toutefois, Pertness a beau être originaire de la Suisse, il n’a rien en commun avec son fromage! Vous le constaterez d’ailleurs par vous-même avec le vidéo-clip de la pièce Frozen Time, celle-ci étant tirée de leur dernier album du même nom. Donc, du Power Metal aux accents quelque peu thrash et groovy, qui plaira aux amateurs de Blind Guardian et Iced Earth! Bien que le groupe soit né en 1993 et ait produit 2 démos dans les années 90, ce n’est qu’après un hiatus de 10 longues années, soit en 2008, que Pertness réalisa finalement son premier album complet intitulé Seven Times Eternity. Mais depuis, les affaires roulent un peu plus rondement pour la formation bernoise, qui en est maintenant rendue à son troisième album.
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Luc
by Luc St-Laurent | Oct 3, 2013 | Chroniques, Échos d'Outre Monde

Vol. 4 – No.1 : Une réputation qui n’est plus à faire!
Bienvenue dans le volume numéro 4 des Échos d’Outre-Monde qui a profité de l’occasion pour renipper son en-tête afin de donner le coup d’envoi à cette nouvelle série de visites virtuelles à l’étranger. Comme lors du volume 2 le printemps dernier, un pays sera sélectionné à chaque semaine afin d’y découvrir quelques-uns des excellents groupes métal qui s’y trouvent. Et cette semaine nous commencerons en force avec la Suède!
Déjà très bien représenté dans la plupart des sous-genres, notamment pour le death et le black, la Suède peut facilement se vanter, avec ses voisins Finlandais, d’être la nation la plus «métallisée ». Car quiconque le moindrement à l’affût de la scène peut facilement nommer 10 groupes métal suédois sans trop y réfléchir! Allez-y, essayez!
Comme la Suède est un pays qui abonde en formations métal de grande qualité, je n’ai nullement besoin de préciser à quel point il fut difficile de ne sélectionner que 4 d’entre eux.
Guillotine
Chaque fois que je parle de la formation suédoise Guillotine et de leur album Blood Money sorti en 2008 comme étant l’un des meilleurs albums de thrash des dernières années, je m’étonne que celui-ci ne soit pas plus connu. Pour vous situer un peu dans le contexte, fondé en 1995, Guillotine est un projet de Frederik Mannberg et Nils Eriksson tous deux de la formation power metal Nocturnal Rites. Alors que le thrash était à son plus bas niveau au milieu des années 90, Guillotine avait pour but de rendre hommage aux belles années du genre et tout spécialement Kreator à leurs débuts. Leur premier album, Under the Guillotine, dont le titre est d’ailleurs tiré d’une pièce de l’album Pleasure to Kill de Kreator, mais plutôt inspiré musicalement par Endless Pain est désormais un objet de collection pour tous les amateurs du genre. Malheureusement à l’époque, le timing était très mauvais pour assurer la viabilité du groupe donnant dans un genre révolu. Toutefois, 10 ans plus tard, alors que la popularité du thrash vit une résurgence que Guillotine reprit du service pour nous offrir une récidive en recrutant cette fois-ci Efraim Juntunen et Daniel Sundbom, 2 membres d’une autre formation power metal que j’adore, Persuader. Disponible via le label Pulverised Records basé à Singapour, leur deuxième album intitulé Blood Money possède un son plus moderne et personnel quoique toujours en partie inspirée par Kreator, particulièrement au niveau de ses lyrics à teneur politique. Ce dernier, arbore une superbe pochette illustrée par nul autre que Ed Repka, représentant la corruption politique et portrayant plusieurs anciens dirigeants tels que Bush, Cheney, Berlusconi, Sarkozy, et quelques autres… Désormais, pratiquement absent du web et des réseaux sociaux, l’avenir de Guillotine semble encore une fois très nébuleux. En espérant ne pas avoir à attendre 10 ans avant un nouvel album. Quoique déjà 5 ans se sont écoulés depuis la sortie de Blood Money.
Witchgrave
Que diriez-vous d’un groupe inspiré tout droit du début des années 80 de la New Wave of British Heavy Metal, qui mélange les mélodies des premiers albums de Iron Maiden (ceux avec Paul D’ianno) à la hargne black ‘n roll de Venom, tout en incorporant l’ambiance mystique de Mercyful Fate? Eh bien, c’est exactement ce que Witchgrave vous propose avec son album éponyme. Alors que ce groupe formé en 2008, semble directement sortir de 1982. Enfin, tous ceux qui ont adoré le dernier opus de Darkthrone devraient également avoir le béguin pour celui-ci. Avec son côté sombre et très rétro, Witchgrave est une formation dont l’invitation serait fortement à considérer pour un futur événement du Wings of Metal.
Nuclear Torment
Nous demeurerons dans le rétro, si vous le voulez bien, avec une jeune formation née en 2010. Nuclear Torment qui ne possède que très peu de matériel jusqu’à présent, hormis quelques démos, a tout de même réussi à attirer mon attention grâce à la pochette illustrée par Andrei Bouzikov (Municipal Waste, Toxic Holocaust, Violator) de leur EP de 3 pièces intitulé 8-bit Death. Tout de même étonnant cette fascination pour les années 80 alors qu’aucun des membres n’a vécu dans cette décennie. Bien qu’il semble encore très immature, le groupe a fait certains efforts pour se faire remarquer et n’a pas eu peur d’investir quelques dollars dans la production de marchandises à leur image. Cependant, Nuclear Torment fait présentement face à un avenir plutôt incertain alors que le groupe annonça ce qui pourrait être son dernier spectacle cet été. Même si rien n’indique de façon claire la dissolution définitive du groupe d’ici peu, les espoirs de se voir produire un jour un album complet de Nuclear Torment semblent assez compromis, dommage!
Death Tyrant
Dès la première écoute, ce type de mélodie me semblait familier, on dirait du Lord Belial, non? Et bien évidemment, je n’avais pas tort! Mais contrairement à certains autres groupes fortement inspirés d’autrui, le cas de Death Tyrant est tout à fait légitime puisqu’il s’agit bel et bien d’un membre et d’un ex-membre de Lord Belial, soit Thomas «Dark» Backlin (guitare/vocal) et Anders «Bloodlord» Backlin (basse), qui sont à l’origine de celui-ci. Alors que Lord Belial semble plongé dans l’incertitude depuis quelque temps, nul doute que Opus de Tyranis comblera notre besoin de black métal mélodique comme seul les Suédois sont en mesure de le faire. Car selon moi, celui-ci constitue à ce jour une des excellentes sorties pour l’année 2013, provenant d’un genre qui tarde à se relever.
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by Luc St-Laurent | Sep 26, 2013 | Chroniques, Échos d'Outre Monde

Histoire de vous faire patienter jusqu’en octobre, voici le second de 2 hors séries qui sont en fait, ni plus ni moins qu’un « very best of » de mes coups de cœur pour chacun des 2 premiers volumes des Échos d’Outre-monde. Bon, vous connaissez le principe!
Bien que les textes accompagnateurs sont généralement retranscrits dans leur intégralité, il se peut que j’y ajoute au besoin quelques informations supplémentaires. Toutefois, j’ai quand même pris soin de choisir pour vous de nouvelles pièces musicales.
Évidemment, pour ceux qui aiment fouiller et ont un peu de temps à tuer, toutes mes chroniques demeurent accessibles en tout temps dans la section des archives.
L’index, que je tenterai de tenir à jour, de tous les groupes présentés jusqu’à maintenant dans les Échos d’Outre-monde, est disponible publiquement sur ma page personnelle Facebook à cette adresse.
Pour ma part, je ne resterai pas les bras croisés en septembre, puisque je suis bien déterminé à prendre quelques longueurs d’avance, alors je retourne de ce pas à la recherche et à la rédaction du contenu exclusif qui constituera le quatrième volume des Échos d’Outre-monde.
À Bientôt!
Survivors Zero
On associe souvent le death métal mélodique Finlandais à Children of Bodom et à ses nombreux clones, mais Survivors Zero, originaire d’Helsinki, n’est certainement pas l’un d’entre eux. Avec un son beaucoup plus proche de ce que l’on peut retrouver du côté de leurs voisins suédois, il offre un bon équilibre entre un dynamisme moderne parsemé de solos possédant une efficacité désarmante comparable à un Arch Enemy et une lourdeur plus traditionnelle attribuable aux pionniers du genre tel qu’Hypocrisy. Bien que le groupe n’ait produit qu’un seul album jusqu’à maintenant nommé CMXCIX (999 en chiffres romains), la qualité de ses compositions témoigne sans aucun doute de l’expérience de quelques-uns de ses membres dont; Tapio Wilska (ex-Finntroll) ou Tommi Virranta (ex-Deathchain)… Le groupe semble présentement agent libre puisque leur label a cessé ses activités. Malgré tout « Virality« , leur deuxième album devrait voir le jour cette année, enfin on l’espère!
Devilish Impressions
Comme nous l’avons déjà constaté à plusieurs reprises au cours de chroniques antérieures, le black métal symphonique a connu une hausse de popularité et a fait naître une multitude de nouveaux groupes partout sur la planète. Certes à ce chapitre, la Pologne n’est pas en reste, alors que Vesania et Luna Ad Noctum ont ouvert la voie, d’autres ont marché dans leurs traces, c’est le cas de Devilish Impressions qui, avec seulement 2 albums depuis leur formation en 2000, avait réussi à faire sa place et obtenir entre autres les services d’Orion (Behemoth, Vesania) comme invité spécial sur leur troisième album sorti en 2012 et intitulé « Simulacra« . Voici donc un second extrait tiré de ce même album.
Skyfall
Si vous effectuez une recherche sur Youtube à propos de Skyfall uniquement, vous risquez plus de tomber sur la bande-annonce du dernier James Bond ou pire encore, sa chanson thème interprétée par la soporifique Adèle. Mais si vous ajoutez le titre de leur dernier album, Convenient God, vos chances d’écouter ce groupe au métal destructeur seront décuplées! C’est sans introduction et avec un death métal brutal qui n’est pas sans rappeler celui des Polonais d’Hate ou de Decapitated, que s’ouvre leur deuxième album qui partage également quelques influences nord-américaines de Cannibal Corpse et Nile. Skyfall un groupe qui risque de faire du beaucoup de bruit au cours des prochaines années et ce en dehors de leur Russie natale!
Bliss of Flesh
Si la liberté et l’égalité peuvent parfois sembler être des concepts utopiques, pour ce qui est de la brutalité dans le cas de Bliss of Flesh, celle-ci est bien réelle! Inspiré à priori par le death et le black Polonais tel que celui de Behemoth, Bliss of Flesh est un de ces groupes qui n’est pas du tout recommandé aux âmes sensibles! Formé au tournant du nouveau millénaire, ce n’est qu’en 2009 et après la sortie de quelques démos, split et un EP, que Bliss of Flesh a finalement paru son premier album complet du nom de « Emanciated Deity« . Le groupe sortira très bientôt un second album intitulé « Beati Pauperes Spiritu« , et la pièce que je vous présente cette semaine en est le premier extrait disponible!
Sanity’s Rage
Si vous êtes amateur de thrash tout comme moi, vous avez surement suivi le Thrash Metal Madness, ce concours de vote en ligne sur le site Global Thrash Assault auquel Reanimator de L’assomption près de Montréal participait. Quoique le groupe ait bien fait, celui-ci n’a malheureusement pas remporté les honneurs de cette compétition assez relevée. La première place fût décernée à Sanity’s Rage, et croyez-moi se fût largement mérité, car ce groupe Belge de thrash est de la bombe! « You are what you swallow« , leur premier album sorti l’an dernier est définitivement un album à écouter! Pour les fans de Hatchet, Havok et Dust Bolt!
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by Luc St-Laurent | Sep 8, 2013 | Critiques, Critiques d'Albums

Carcass
« Surgical steel »
2013
En septembre est programmé un des retours studio les plus attendu depuis fort longtemps, soit celui de la légendaire formation britannique Carcass. Celle-ci avait annoncé son chant du cygne en 1996 avec un album qui en avait déçu plus d’un. Alors que Michael Amott avait déjà quitté le navire, ils ont sorti « Swansong », un album qui, selon moi, était strictement conçu pour remplir leur partie du contrat avec Earache, leur label à l’époque.
C’est donc après un hiatus qu’on aurait cru éternel, alors que chacun des membres du groupe poursuivait sa carrière musicale à des années-lumière de ce qu’ils nous avaient habitués avec Carcass, peut-être hormis Arch Enemy de Michael Amott qui continua accompagné de son frère de nous procurer certains de ces frissons mélodieux auxquels ils nous avaient accoutumés précédemment. Le groupe Carcass incluant M. Amott, était de retour sur scène en 2007. Le seul véritable absent de cette réunion fut alors Ken Owen à la batterie, qui a malencontreusement souffert d’une hémorragie cérébrale en 1999, le rendant inapte à performer au niveau d’antan. Daniel Erlandsson, également d’Arch Enemy, pris ainsi la relève pour ce qui devait être une simple tournée de réunion.
Suite au succès de ce retour, et à la demande grandissante de produire du nouveau matériel, Jeff Walker et Bill Steer décidèrent d’aller de l’avant dans la production d’un sixième album de Carcass, le premier en plus de 17 ans! Donc, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis la sortie de leur dernier chef-d’œuvre, et avec le désistement de Michael Amott à s’investir dans ce nouvel album, mes craintes d’un fiasco semblaient plus que fondées. Après tout, la magie au point de vue musicale de Carcass, résulte dans l’apport mélodique très caractéristique du guitariste M. Amott, qui avait permis de transformer un groupe de Grindcore aux limites du supportable en pionnier du Death Mélodique. À l’époque, son départ avait d’ailleurs signé le début de la fin pour Carcass.
Pour ces raisons, quoique je me considère comme un grand fan du groupe depuis plus de 20 ans déjà, et que j’adore toujours autant « Necroticism. Descanting The Insalubrious » et « Heartwork », puisque ce dernier figure toujours dans mon top 5 à vie, mes attentes étaient peu élevées, alors que je demeurais tout de même assez sceptique face au lancement de ce nouvel album sans la contribution de M. Amott. Enfin, jusqu’au jour où « Captive Bolt Pistol », le premier extrait de leur nouvel album « Surgical Steel », fit surface sur le net! Dès lors, mon intérêt pour la sortie de celui-ci connu une ascension fulgurante!
Certes, la route vers ce nouvel accomplissement ne fut pas de tout repos, même pour un groupe bénéficiant d’un statut mythique tel que Carcass. De nombreuses difficultés se dressaient devant eux. Il y avait d’abord la nécessité de remplacer de manière permanente Amott et Erlandsson. Ensuite ils devaient convaincre un label de la pertinence de leur retour alors que l’industrie du disque est désormais dans un état financier assez lamentable, et finalement, ils ont dû passer à travers une interminable session studio alors que l’album initialement produit par Colin Richardson l’an dernier fut abandonné à l’étape du mixage avant d’être repris en charge par Andy Sneap.
Heureusement, pour Carcass, Nuclear Blast Records démontra le plus grand intérêt à non seulement vouloir mener le projet à terme, mais également à faire fructifier celui-ci de manière considérable avec une panoplie d’items destinés aux collectionneurs et à dissuader un tant soit peu le piratage. Ainsi, bundles avec t-shirt et box sets en édition très limitée seront disponibles au lancement, et Surgical Steel sera aussi offert dans différents formats: CD (Digi ou jewel case), Vinyle (noir, vert ou transparent) et même en cassette!
Déjà avec la présentation de la pochette s’apparentant vraisemblablement à un Tools of the Trade version 2.0 et arborant fièrement l’ancien logo qui avait déjà vu son utilisation restreinte dès l’époque de « Necrotiscm… ». Carcass tenait ainsi à utiliser quelques repères sur la direction que le groupe désirait emprunter, rassurant par la même occasion les fans dès le départ. Une excellente décision à mon avis!
Oui, c’est bien beau tout ça, mais l’album est-il bon? Est-ce que « Captive Bolt Pistol », qui semble avoir convaincu les plus sceptiques d’entre nous d’un potentiel retour triomphal de Carcass, est représentatif de l’album en entier? À mon plus grand bonheur, je n’aurai pas eu à attendre jusqu’à la sortie officielle de l’album pour connaitre la réponse, puisque celui-ci fut victime d’une fuite et diffusé sur le net plus d’un mois auparavant. Une situation plutôt rare pour un album de Nuclear Blast Records qui réussit généralement à limiter les fuites à seulement quelques jours précédents la première date de sortie officielle.
Alors voici donc à quoi vous attendre en écoutant « Surgical Steel » qui totalise plus de 47 minutes dans sa version courte. Je dis version courte, car histoire de rentabiliser au maximum l’expérience plusieurs versions contiennent des pièces bonus.
C’est suite à une brève introduction instrumentale intitulée 1985, symbolisant la genèse de Carcass qui évoluait sous le pseudonyme de Disattack avant l’arrivée de Jeff Walker, que le carnage débute réellement avec ‘Thrasher’s Abattoir’, une pièce relativement courte et brutale sans trop de points saillants, sans doute une réminiscence des années grindcore. Étrangement j’ai l’impression que celle-ci ne semble simplement pas être à sa place tout à fait. Enfin, ne nous désespérons pas trop vite, nous n’en sommes qu’à la 3e minute, et c’est avec la 3e pièce nommée ‘Cadaver Pouch Conveyor System’ que l’écoute de « Surgical Steel » commence à être intéressante car cette pièce donne littéralement le ton au reste de l’album.
Je n’ai pas l’intention de passer en revue chacune des 11 pièces dont les compositions sont généralement assez solides lorsque prises individuellement bien que certaines semblent suivre à la lettre une recette stricte et manquent d’une réelle personnalité qui les aiderait à se démarquer des autres. Tout ça pour dire qu’à l’exception de quelques titres, j’ai encore du mal à m’y retrouver, et ce après plusieurs écoutes.
Hormis le premier extrait et single ‘Captive Bolt Pistol’, qui avait attisé mon espoir d’un retour en force de Carcass, mon coup de cœur va définitivement à une pièce à la fois très agressive et ultra mélodique qui réussit à recréer à la perfection cet univers de contrastes, propre à l’ère de Necroticism, intitulée ‘Noncomplience to ASTM F 899-12 Standard’, celle-ci a surement le titre le plus difficile à retenir d’entre tous, même pour Carcass, qui nous avait déjà habitués à ce genre de fantaisie technique dans le passé.
Mon verdict final, est-ce que « Surgical Steel » passe le test? La réponse est positive, dans la mesure où sans même atteindre le niveau de grandeur établit par un « Necroticism : Descanting the Insalubrious » ou un « Heartwork » qui ont révolutionné le genre à l’époque, celui-ci réussit à toucher la cible en procurant une dose authentique de Carcass à tous les fans comme vous et moi qui n’espérions probablement plus de nouveau matériel de leur part.
8.5/10
by Luc St-Laurent | Sep 5, 2013 | Chroniques, Échos d'Outre Monde

Échos d’Outre-Monde – Édition Estivale
Vol.3 – No. Final : Quitte ou Double!
L’été tire malheureusement à sa fin en ce début de septembre, et je tiens à m’excuser pour ces deux semaines d’absence sans préavis, avec une édition exceptionnelle qui marquera la fin de la saison estivale des Échos d’Outre-Monde. Donc, cette semaine je vous offre un programme double, incluant pas moins de 9 groupes!
Il va sans dire que j’ai gardé le meilleur pour la fin, car parmi cette sélection variée se trouvent quelques-unes de mes belles trouvailles de l’été. Tout d’abord, c’est en France que se fera notre premier arrêt, avec un groupe de Death qui se nomme Necrowretch. Ensuite, c’est en direction du Portugal que nous nous dirigerons avec le Thrash de Prayers of Sanity. Puis, nous remonterons vers le nord-est de l’Europe, en Ukraine, pour non pas un, mais deux groupes aux philosophies diamétralement opposées, le premier sera Holy Blood, une formation Chrétienne qui mélange le folk au death mélodique dans le style d’Eluveitie. Tandis que le second sera Elderblood, une nouvelle formation black symphonique dirigée par nul autre qu’Astargh, anciennement de Nokturnal Mortum. Toujours en Europe de l’est, c’est en Slovénie, que se poursuivra notre voyage avec Panikk et son thrash old-school largement inspiré de Vio-lence et de la sonorité typique de la Bay Area. Enfin, avant de quitter le continent européen, nous ferons un dernier arrêt tout au nord de celui-ci, soit en Norvège, pour y entendre le Black/Thrash de Vesen, vivement recommandé aux fans d’Aura Noir.
Du nord de l’Europe, nous nous envolerons à l’autre extrémité du globe, jusqu’à Johannesburg en Afrique du Sud, où évolue une jeune formation prometteuse de Black métal nommée Diabolus Incarnate. Comme quoi la glace et le froid ne sont pas un prérequis pour composer du bon black métal! Alors que pour l’avant-dernier groupe de cette sélection monstre, nous demeurerons dans l’hémisphère sud, puisque nous effectuerons un autre long vol en direction de l’Australie, afin de découvrir qu’il n’y a pas que la faune qui y est brutale! Daemon Foetal Harvest pulvérisera tout sur son passage avec un death dans la plus pure tradition! Et finalement, nous terminerons ce long voyage à Denver au Colorado, avec une formation qui fera faire des cauchemars à quiconque voudra les définir, car Satan’s Host est un hybride alliant black, death, power et même le doom métal, ce qui le situe définitivement dans une classe à part!
Ma chronique reviendra dans son format original d’ici quelques semaines, possiblement au début d’octobre. Nous continuerons dès lors notre périple amorcé le printemps dernier. D’ici là, bonne écoute à la prochaine!
Necrowretch
Lieu d’origine: Valence, France
Année de formation: 2008
Genre: Death
Artistes Similaires: Carcass, Exhumed, Dismember
Prayers of Sanity
Lieu d’origine: Lagos, Portugal
Année de formation: 2007
Genre: Thrash
Artistes Similaires: Accuser, Xentrix, Suicidal Angels
Holy Blood
Lieu d’origine: Kyiv, Ukraine
Année de formation: 1999
Genre: Folk / Death Mélodique
Artistes Similaires: Eluveitie, Kivimetsan Druidi, Arkona
Elderblood
Lieu d’origine: Kharkiv, Ukraine
Année de formation: 2011
Genre: Black Symphonique
Artistes Similaires: Dimmu Borgir, Emperor, Nokturnal Mortum
Panikk
Lieu d’origine: Ljubljana, Slovénie
Année de formation: 2008
Genre: Thrash
Artistes Similaires: Vio-lence, Dark Angel, Forced Entry
Vesen
Lieu d’origine: Oslo, Norvège
Année de formation: 1999
Genre: Black/Thrash
Artistes Similaires: Aura Noir, Toxic Holocaust, Nifelheim
Diabolus Incarnate
Lieu d’origine: Johannesburg Afrique du Sud
Année de formation: 2010
Genre: Black
Artistes Similaires: Dark Funeral, Carach Angren, Negator
Daemon Foetal Harvest
Lieu d’origine: Wollongong, Australie
Année de formation: 2006
Genre: Death
Artistes Similaires: Cannibal Corpse, Broken Hope, Aeon
Satan’s Host
Lieu d’origine: Denver, Colorado. USA
Année de formation: 1977
Genre: Power/ Death / Black / Doom
Artistes Similaires: ???
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