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Carcass

“Surgical steel”

2013

 

En septembre est programmé un des retours studio les plus attendu depuis fort longtemps, soit celui de la légendaire formation britannique Carcass. Celle-ci avait annoncé son chant du cygne en 1996 avec un album qui en avait déçu plus d’un. Alors que Michael Amott avait déjà quitté le navire, ils ont sorti “Swansong”, un album qui, selon moi, était strictement conçu pour remplir leur partie du contrat avec Earache, leur label à l’époque.

C’est donc après un hiatus qu’on aurait cru éternel, alors que chacun des membres du groupe poursuivait sa carrière musicale à des années-lumière de ce qu’ils nous avaient habitués avec Carcass, peut-être hormis Arch Enemy de Michael Amott qui continua accompagné de son frère de nous procurer certains de ces frissons mélodieux auxquels ils nous avaient accoutumés précédemment. Le groupe Carcass incluant M. Amott, était de retour sur scène en 2007. Le seul véritable absent de cette réunion fut alors Ken Owen à la batterie, qui a malencontreusement souffert d’une hémorragie cérébrale en 1999, le rendant inapte à performer au niveau d’antan. Daniel Erlandsson, également d’Arch Enemy, pris ainsi la relève pour ce qui devait être une simple tournée de réunion.

Suite au succès de ce retour, et à la demande grandissante de produire du nouveau matériel, Jeff Walker et Bill Steer décidèrent d’aller de l’avant dans la production d’un sixième album de Carcass, le premier en plus de 17 ans! Donc, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis la sortie de leur dernier chef-d’œuvre, et avec le désistement de Michael Amott à s’investir dans ce nouvel album, mes craintes d’un fiasco semblaient plus que fondées. Après tout, la magie au point de vue musicale de Carcass, résulte dans l’apport mélodique très caractéristique du guitariste M. Amott, qui avait permis de transformer un groupe de Grindcore aux limites du supportable en pionnier du Death Mélodique. À l’époque, son départ avait d’ailleurs signé le début de la fin pour Carcass.

Pour ces raisons, quoique je me considère comme un grand fan du groupe depuis plus de 20 ans déjà, et que j’adore toujours autant “Necroticism. Descanting The Insalubrious” et “Heartwork”, puisque ce dernier figure toujours dans mon top 5 à vie, mes attentes étaient peu élevées, alors que je demeurais tout de même assez sceptique face au lancement de ce nouvel album sans la contribution de M. Amott. Enfin, jusqu’au jour où “Captive Bolt Pistol”, le premier extrait de leur nouvel album “Surgical Steel”, fit surface sur le net! Dès lors, mon intérêt pour la sortie de celui-ci connu une ascension fulgurante!

 

 

Certes, la route vers ce nouvel accomplissement ne fut pas de tout repos, même pour un groupe bénéficiant d’un statut mythique tel que Carcass. De nombreuses difficultés se dressaient devant eux. Il y avait d’abord la nécessité de remplacer de manière permanente Amott et Erlandsson. Ensuite ils devaient convaincre un label de la pertinence de leur retour alors que l’industrie du disque est désormais dans un état financier assez lamentable, et finalement, ils ont dû passer à travers une interminable session studio alors que l’album initialement produit par Colin Richardson l’an dernier fut abandonné à l’étape du mixage avant d’être repris en charge par Andy Sneap.

Heureusement, pour Carcass, Nuclear Blast Records démontra le plus grand intérêt à non seulement vouloir mener le projet à terme, mais également à faire fructifier celui-ci de manière considérable avec une panoplie d’items destinés aux collectionneurs et à dissuader un tant soit peu le piratage. Ainsi, bundles avec t-shirt et box sets en édition très limitée seront disponibles au lancement, et Surgical Steel sera aussi offert dans différents formats: CD (Digi ou jewel case), Vinyle (noir, vert ou transparent) et même en cassette!

Déjà avec la présentation de la pochette s’apparentant vraisemblablement à un Tools of the Trade version 2.0 et arborant fièrement l’ancien logo qui avait déjà vu son utilisation restreinte dès l’époque de “Necrotiscm…”. Carcass tenait ainsi à utiliser quelques repères sur la direction que le groupe désirait emprunter, rassurant par la même occasion les fans dès le départ. Une excellente décision à mon avis!

Oui, c’est bien beau tout ça, mais l’album est-il bon? Est-ce que “Captive Bolt Pistol”, qui semble avoir convaincu les plus sceptiques d’entre nous d’un potentiel retour triomphal de Carcass, est représentatif de l’album en entier? À mon plus grand bonheur, je n’aurai pas eu à attendre jusqu’à la sortie officielle de l’album pour connaitre la réponse, puisque celui-ci fut victime d’une fuite et diffusé sur le net plus d’un mois auparavant. Une situation plutôt rare pour un album de Nuclear Blast Records qui réussit généralement à limiter les fuites à seulement quelques jours précédents la première date de sortie officielle.

Alors voici donc à quoi vous attendre en écoutant “Surgical Steel” qui totalise plus de 47 minutes dans sa version courte. Je dis version courte, car histoire de rentabiliser au maximum l’expérience plusieurs versions contiennent des pièces bonus.

C’est suite à une brève introduction instrumentale intitulée 1985, symbolisant la genèse de Carcass qui évoluait sous le pseudonyme de Disattack avant l’arrivée de Jeff Walker, que le carnage débute réellement avec ‘Thrasher’s Abattoir’, une pièce relativement courte et brutale sans trop de points saillants, sans doute une réminiscence des années grindcore. Étrangement j’ai l’impression que celle-ci ne semble simplement pas être à sa place tout à fait. Enfin, ne nous désespérons pas trop vite, nous n’en sommes qu’à la 3e minute, et c’est avec la 3e pièce nommée ‘Cadaver Pouch Conveyor System’ que l’écoute de “Surgical Steel” commence à être intéressante car cette pièce donne littéralement le ton au reste de l’album.

Je n’ai pas l’intention de passer en revue chacune des 11 pièces dont les compositions sont généralement assez solides lorsque prises individuellement bien que certaines semblent suivre à la lettre une recette stricte et manquent d’une réelle personnalité qui les aiderait à se démarquer des autres. Tout ça pour dire qu’à l’exception de quelques titres, j’ai encore du mal à m’y retrouver, et ce après plusieurs écoutes.

Hormis le premier extrait et single ‘Captive Bolt Pistol’, qui avait attisé mon espoir d’un retour en  force de Carcass, mon coup de cœur va définitivement à une pièce à la fois très agressive et ultra mélodique qui réussit à recréer à la perfection cet univers de contrastes, propre à l’ère de Necroticism, intitulée ‘Noncomplience to ASTM F 899-12 Standard’, celle-ci a surement le titre le plus difficile à retenir d’entre tous, même pour Carcass, qui nous avait déjà habitués à ce genre de fantaisie technique dans le passé.

Mon verdict final, est-ce que “Surgical Steel” passe le test? La réponse est positive, dans la mesure où sans même atteindre le niveau de grandeur établit par un “Necroticism : Descanting the Insalubrious” ou un “Heartwork” qui ont révolutionné le genre à l’époque, celui-ci réussit à toucher la cible en procurant une dose authentique de Carcass à tous les fans comme vous et moi qui n’espérions probablement plus de nouveau matériel de leur part.

 

8.5/10