Sur-analyse du passage de Metallica à Québec en septembre 2015.

Bon, je vous dis tout de suite d’entrée de jeu qu’il faut prendre ce texte à la légère, avec un grain de sel(les), comme le titre l’indique. Je suis d’abord et avant tout un fan de METALLICA, comme vous tous qui lisez ce texte. Mais j’ai aussi une tendance à tout (sur)analyser dans la vie. Des fois c’est très utile, d’autres fois ça peut tomber sur les nerfs du monde. Alors avant d’y aller d’une réponse à ce texte sur les réseaux sociaux du genre «ta yeule, moi jai aimer, yont joués «Sad But True» et «Enter Sandman» au deux show» (sic), garde ça en tête.

Je tiens à préciser que j’ai été au spectacle de lundi (lire ma critique ICI). Je n’ai pas assisté au spectacle de mercredi (malgré que j’aurais quand même aimé ça!). Je ne commenterai donc pas la performance de mercredi (mais le setlist, oui!), et pour mes autres sections d’analyse, je me suis renseigné auprès de plusieurs personnes qui y ont assisté.

Le concept
J’en ai parlé un peu dans ma critique.
Metallica s’est fait offrir une chance unique: Celle d’être le dernier groupe à jouer dans le vieux Colisée, et pouvoir être le premier groupe à jouer dans le nouveau Centre Vidéotron. C’est vraiment cool de la part de Québécor d’avoir organisé tout ça et d’avoir réussi à avoir Metallica. C’est également très cool de la part de Metallica d’avoir accepté cette proposition et d’être venu rocker la place encore une fois. C’est vraiment un petit groupe sélect de band qui ont une opportunité de cette sorte dans leur carrière, et Metallica a su saisir la balle au bond.

Sauf que, personnellement, je trouve qu’ils n’ont pas su profiter pleinement de l’occasion, et je m’explique. On nous a vendu le double spectacle comme étant une dualité. Un show dans le «vieux» Colisée, avec un stage «old school» au bout de la patinoire, avec un rideau dans le fond et une partie des bancs fermés (ceux qui sont derrière). Bref, un show d’arena de Metallica comme dans le bon vieux temps, comme on peut le voir dans le show de Seattle (1989) sur «Live Shit: Binge and Purge» (btw, c’est tu pas le meilleur nom ever de coffret de shows live d’un band ça?). Un show auquel on s’attendait (oui, on est plusieurs, et le «on» INCLUT la personne qui parle) à un setlist plus «old school» qu’à l’habitude. Bien sûr, on n’est pas cave, on s’attendait à ce qu’ils jouent des tounes moins «old school» au travers, mais pas à ce point là.

Juste pour qu’on soit sur la même longueur d’onde, par chanson «old school», j’entends des chansons qui figurent sur les quatre premiers albums (ou qui ont été enregistré dans ces années là quand il s’agit de covers ou b-side), c’est-à-dire «Kill ‘Em All» (1983), «Ride the Lightning» (1984), «Master of Puppets» (1986) et «…And Justice For All» (1988). Oui, tu as bien compris, l’album «Metallica» (1991), mieux connu sous le nom de Black Album, ça ne fait pas partie de la période «old school», selon mes critères, même si y’a du bon stock dessus.

Pour le spectacle du 14 septembre, seulement 7 chansons sur 18 était du stock «old school». Fait étonnant, pour le spectacle du 16 septembre, 11 chansons sur 18 étaient «old school». C’est fou raide! Y’a absolument rien à comprendre là-dedans. J’aimerais que quelqu’un m’explique la logique derrière ça… J’veux dire, quand tu prends le temps d’analyser ça un plus froidement, la seule conclusion que tu peux en tirer, c’est que la paire de shows est simplement un «repeat» de la paire de shows de 2004 et de 2009. C’était des crisses de bons shows, toute la gang, incluant ceux de cette année, mais c’est juste ça, rien de plus, à part de dire que c’était le dernier show dans le vieux Colisée et le premier dans le Centre Vidéotron, y’a absolument rien d’autre qui fait que ces deux performances se démarquent des autres shows que Metallica a donné à Québec dans les 10 dernières années. À titre de comparaison, le show au Festival d’Été de Québec était beaucoup plus spectaculaire et unique que les deux shows de cette année.

Comparaison des setlists (avec année des chansons entre parenthèses):

Lundi 14 septembre

Mercredi 16 septembre

Fuel (1997) Creeping Death (1984)
For Whom the Bell Tolls (1984) Master of Puppets (1986)
Blackened (1988) Battery (1986)
King Nothing (1996) Harvester of Sorrow (1988)
Disposable Heroes (1986) Ride the Lightning (1984)
The Day that Never Comes (2008) The Unforgiven II (1997)
The Memory Remains (1997) St. Anger (2003)
Lords of Summer (2015) Wherever I May Roam (1991)
Sad But True (1991) Sad But True (1991)
The Unforgiven (1991) Welcome Home (Sanitarium) (1986)
All Nightmare Long (2008) The Frayed Ends of Sanity (1988)
One (1988) One (1988)
Master of Puppets (1986) For Whom the Bell Tolls (1984)
Fade to Black (1984) Fade to Black (1984)
Seek & Destroy (1983) Seek & Destroy (1983)
Whiskey in the Jar (1998) Turn the Page (1998)
Nothing Else Matters (1991) Nothing Else Matters (1991)
Enter Sandman (1991) Enter Sandman (1991)

Moyenne des années pour le show du 14: 1993.44
Moyenne des années pour le show du 16: 1989.05

On arrive donc à une différence de 4.39 année. Les chansons jouées dans le vieux Colisée étaient donc en moyenne 4.39 ans plus récentes que celles jouées dans le Centre Vidéotron

D’autres remarques en vrac:
Metallica a même poussé l’audace de jouer une nouvelle chanson (presque) flambant neuve «Lords of Summer» et deux chansons du dernier album «Death Magnetic» au spectacle du vieux Colisée, et rien de ça pour le show au Centre Vidéotron!

– Quand on dit «money talks»… Ce n’est pas long que l’aspect mercantile du show du 14 septembre a pris le dessus, et que les concepts ont pris le bord quand ils ont décidé d’ouvrir la section du Colisée qui était fermée, et de sacrer à terre le fond de la scène, pour vendre plus de billets. C’est un autre élément «old school» qui a été abandonné pour finalement transformer la scène en scène centrale décalée plus d’un bord.

– Techniquement, avec l’ajout des nouveaux billets, le show du 14 n’était pas sold-out. Il restait encore quelques billets en vente avant le show (sans parler de 3-4 sections complètes des galeries qui étaient fermées simplement parce que les autres billets n’avaient pas tous été vendus).

– On me dit que le son au Centre Vidéotron était au moins 3 fois meilleur qu’au Colisée. Il devait être sublime, car le son au Colisée était très bon. Bravo à toute l’équipe technique pour ces deux shows!

– Bravo à l’équipe du Centre Vidéotron pour le déroulement de la soirée en général. On me parle de temps d’attente à la bière d’environ 15 minutes, tandis que c’était 45 minutes pour le vieux Colisée (vécu personnellement). C’est quand même drôle que l’équipe du Centre Vidéotron, qui n’était pas rodée parce que c’est son premier évènement majeur, et avec au moins 5000 personnes de plus à servir, soit trois fois plus performante que l’équipe du vieux Colisée. C’est vraiment un bon débarras!

– Les règles imposées par Metallica concernant la vente de bière, c’est-à-dire pas de canettes, et pas de vente une fois le show de Metallica commencé, c’est pas fort… C’est surtout irrespectueux pour le band qui fait la première partie, car les gens sachant qu’ils ne pourront plus acheter de bière pendant Metallica font le plein pendant la première partie, et manquent une bonne partie du spectacle. Ça donne également lieux à du binge drinking avant leur show, et les individus désagréables et cabochons qui viennent avec. Pis avoir le droit de boire dans une canette ça accélèrerait grandement le service aux bars…

Metallica ont coupé inutilement de 15 secondes les chansons «Disposable Heroes» et «Blackened» (dans cette dernière, la dernière partie du solo, qui est la meilleure). Pourquoi faire ça? C’est quoi la valeur ajoutée? C’est pas comme dans le temps où ils faisaient juste les trois premières minutes et demie de «Master of Puppets», avant de passer à une autre chanson. Même si ça c’est plate, au moins y’a un début de logique derrière ça, c’est à dire jouer un peu «Master of Puppets» pour contenter les gens, mais avoir un cinq minutes de plus pour faire une toune de plus. Mais couper 15 secondes sur une chanson de six ou huit minutes, ça donne quoi?

– Commentaire inutile à m’envoyer: «Whiskey in the Jar» ce n’est pas Metallica qui l’a composée. Au nombre de fois que j’ai joué cette chanson là sur scène (63 pour être précis), je suis au courant de ses origines.

Lars Ulrich est vraiment le weakest link de Metallica.

– Les gens à Québec, faut leur donner ça, ils sont dedans et sont le fun!

Bière Budweiser Metallica
Je me permets de parler de la bière Budweiser Metallica, car c’était le point central du tailgate d’avant-show de mercredi. Si tu n’aimes pas la bière Budweiser, que tu n’en achètes pas habituellement, veux-tu bin me dire pourquoi tu irais en acheter juste parce que c’est écrit Metallica dessus? De source sûre chez Labatt, c’est de la Budweiser régulière qu’il y a dedans. Rendu là, ça veut tu dire qu’on peut te vendre n’importe quelle affaire si c’est écrit Metallica dessus? Il est passé où ton jugement? C’est sûr que c’est le fun que Labatt embarque dans le buzz Metallica, c’est le fun qu’ils aient fait une van aux couleurs/logos du groupe, qu’ils aient parké ça devant le Centre Vidéotron, où tu as pu te faire prendre en photo devant en faisant une drôle de face et même écrire ton nom dessus! Tu vas faire quoi avec ta canette vide? La mettre sur ton meuble à côté de tes autres bebelles Metallica?

Cette situation me fait penser à l’épisode de la poupée Lisa des Simpsons:

Essaie ça: avant d’aller en acheter, arrête toi sec dans ton élan et répète cinq fois à voix haute en fixant le vide:

Je m’en vais acheter de la Budweiser Metallica, alors que c’est exactement la même Budweiser que d’habitude, et que je n’en achète jamais d’habitude.

Si après cinq fois ça fait toujours du sens pour toi d’aller en acheter, alors vas-y! Je ne suis pas en train de dénigrer les produits Labatt ou Budweiser en tant que tel, ni de te dire quelle bière boire ou ne pas boire, je vais juste faire appel à ton jugement.

Commentaire inutile à m’envoyer concernant la Budweiser Metallica: «mais oui mais, Iron Maiden en ont une bière eux aussi!». La bière «Troopers» (que je n’ai pas encore eu la chance de goûter) a au moins le mérite d’être une recette unique, ce n’est pas une bière régulière d’une compagnie qui a été repackagée dans une canette aux couleurs d’Iron Maiden!

N’oubliez pas! Les deux shows torchaient, c’est ça l’important! 🙂

Mathieu Audet

Photos Maiden Quebec et Painkiller – Laval 12 septembre 2015

Voici les photos prises par Joé Lacerte (Joe Weller Photographe) le 12 septembre 2015 au Bar Le Repaire à Laval lors du spectacle mettant à l’affiche MAIDEN QUEBEC (hommage à Iron Maiden) et PAINKILLER (hommage à Judas Priest).

 

12 septembre 15 Maiden Quebec - Painkiller Laval - Affiche

 

MAIDEN QUEBEC

 

PAINKILLER

 

Quand une soirée s’annonce épique et se concrétise

Vendredi passé, j’avais hâte de me rendre au Théâtre Corona Virgin Mobil de Montréal et je tiens à remercier Evenko/Greenland ainsi que les 3 groupes de la soirée soit EPICA, ELUVEITIE et THE AGONIST d’avoir permis à Karolane et moi-même d’assister à une soirée (lien pour toutes les photos de Karolane ici) qui avait déjà avant de débuter une certaine aura quasi magique puisque celle-ci était présentée à guichet fermé; tous les billets étant vendus depuis des semaines. Un astre de mauvais augure planait toutefois au-dessus de cette soirée sans que nous en soyons conscients et le lendemain, nous apprenions qu’EPICA devait annuler les 4 spectacles suivants à cause d’événements tragiques et malheureux survenus parmi les proches de Simone Simons. Je tiens à souligner ici la démonstration de force de caractère, d’engagement et de professionnalisme dont nous avons eu le bonheur de profiter et qui nous a permis d’assister à cette dernière prestation de la tournée pour EPICA. J’espère que cette dose d’amour qu’ils ont reçue aura pu servir de baume et naturellement, je profite de la tribune qui m’est offerte ici pour offrir nos pensées sincères à Simone et ses proches face à cette situation malheureuse.

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Maintenant passons au spectacle en tant que tel et sans vouloir comparer les situations, force de caractère, engagement et professionnalisme doit également être au menu dans le cas de THE AGONIST pour la raison que tous savez. Bien que cela fait des mois qu’Alyssa est partie, qu’ils aient fait paraître «Eye of Providence» avec VICKY au vocal et qu’ils aient poursuivi à prendre d’assaut avec succès les scènes, il y a et aura encore et toujours semble t-il, des comparaisons. Que ça doit donc être tannant! En tout cas, pour ma part, quand un de mes amis se fait une nouvelle blonde, j’évite de la comparer avec son ex et essaie plutôt de découvrir ses qualités et défauts et sur cette base, apprécier la nouvelle fille qui vient de rentrer dans la gang. Et juste pour finir cette comparaison, j’ajouterai que si mon ami a l’air heureux, qu’il n’a pas changé de comportement et d’attitude et qu’il continue avec la même drive qu’on lui a toujours connue, et bien c’est ma job d’ami de faire pour que ça dure. C’est donc dans cette état d’esprit que je me suis installé pour apprécier la prestation de THE AGONIST, la 2ème que je vois avec VICKY après les avoir vus aux Foufounes Électriques il y a plusieurs mois.

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D’entrée, j’ai pu constater que je ne suis pas le seul à être passé par dessus le changement. Les réactions dans la salle déjà bien remplie de partisans enthousiastes, le démontraient hors de tout doute. Cris d’acclamations, poings et cornes du diable haut dans les airs et même chants de la foule pendant certains passages étaient de mise et les interventions et demandes de VICKY étaient saluées avec force. D’ailleurs, celle-ci puisait dans cette énergie et je dois avouer que même si elle n’a pas atteint son plein potentiel sur scène, elle démontre une volonté claire d’y parvenir et sait engager la foule. Elle a encore quelques difficultés à garder sa voix et son souffle mais les nouvelles chansons devraient lui permettre d’évoluer en ce sens car elles sont faites pour son registre vocal. Ça paraissait dans le niveau d’interprétation beaucoup plus égal et senti pour celles-ci. N’oubliez pas qu’on ne demande pas à la soprano de chanter les partitions de l’alto en chant classique. Pour ce qui est du reste, headbang, sourire, poing frappant en l’air ou sur son coeur, VICKY et sa gang tenait la foule car côté performance, il n’y a vraiment rien à redire. THE AGONIST est une machine avec des musiciens de talent qui sait donner un spectacle. Ces quatre gars-là sont des showmen et savent se mettre en valeur sur scène tant par leur jeu que leur technique. Les cinq chansons offertes lors de la trop courte demi-heure qui leur était allouée, dont trois de leur nouvel album, ont été exécutées avec brio, panache et je me permets même d’ajouter élégance. Même le solo de guitare (un acte en voie d’extinction en spectacle) était cool et pas surfait. On sentait fortement à la fin de leur prestation que la foule en voulait plus. Leur performance, avec raison, avait crinqué tout le monde. Je lance donc l’invitation à tous qui veulent les revoir dans un contexte plus intime et surtout plus longuement. Ils seront en spectacle le 10 octobre au Piranha Bar de Montréal.

 

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Après cette belle performance, ELUVEITIE est venu en rajouter une couche de plus alors qu’ils ont envahi la scène aux cris de la foule qui scandait son nom. S’élançant avec la chanson «King» de leur plus récent album, l’effet sur la foule fut immédiat et ça n’allait pas ralentir pour toute leur prestation. Voir ELUVEITIE, c’est un tourbillon autant auditif que visuel. Et au nombre de musiciens qui bougent et s’échangent leur place pour laisser le spotlight au bon moment, ça en fait des choses à regarder. J’adore la présence d’instruments hors normes et cherche de l’oreille et des yeux leur présence. Je n’ai donc pas vraiment jeté de coups d’oeil à la foule pour voir si ça bougeait pas mal mais aux cris qui fusaient de partout, il est évident que ça trippait solide. Et encore une fois, la physionomie des membres d’ELUVEITIE montrait leur appréciation et leur chanteur ne manquait pas une occasion de crinquer la foule un peu plus par ses interventions et remerciements.

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Après plus ou moins une demi-heure où ils ont principalement interprété leurs divers singles dont la version française de «The Call of the Mountains», ils ont laissé la place à ANNA qui s’est chargée de chanter «Scorched Earth» amenant une dimension totalement différente. Le côté incantatoire reste présent que ce soit avec voix masculine ou féminine mais sa belle voix a ce côté envoûtant qui m’a fait penser à Loreena McKennitt. Cette épisode totalement éthéré a été suivi par un bang comme sur «Helvetios» avec «Meet the Enemy» et les deux suivantes de cet album pour un bloc de quatre chansons. La suite a proposé des chansons glanées au bonheur sur tous leurs autres albums pour aboutir à l’annonce de leur dernière pièce de la soirée accompagnée d’un petit discours de remerciements très chaleureux de Chrigel et Anna s’est planté devant son micro pour interpréter «Alesia». Naturellement, après cette dernière chanson, la foule a crié en malade et, prévu ou non, ELUVEITIE est revenu sur scène pour une petite dernière où la foule s’est même risquée à chanter quelques paroles. Le tout s’est donc achevé sur un «high» après près d’une heure trente minutes d’une intensité palpable.

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Le groupe EPICA avait donc un petit challenge en arrivant sur scène. Garder le niveau d’énergie. Ai-je besoin de vous dire que leur apparition sur scène a tout de suite envoûté et charmé la foule? Ils ont joué deux pièces de leur plus récent album puis Simone a remercié chaleureusement notre présence et mentionné leur plaisir d’être de retour tout en prenant la peine de souligner l’absence de leur claviériste qui n’a pu les accompagner pour cette tournée et lui a dédié «Sensorium», une pièce de leur 1er album «The Phantom Agony» paru en 2003 et qui m’est revenue en tête comme elle chantait. Des fois, il y a des moments comme ça qui m’arrivent et que j’aime bien. Je redécouvre tout à coup en spectacle une chanson que j’aimais bien dans le temps (pendant ma passe Tristania, Lacuna Coil, Epica au tournant du millénaire) mais que j’avais comme oubliée avec le temps. La soirée s’est poursuivie dans une atmosphère vraiment cool et nous avons encore une fois vu des musiciens qui sont à leur place sur une scène et savent quand la laisser à leur partenaire qui ne s’en sert pas pour flasher mais juste parce que c’est le temps de sa passe. Simone prenait donc place sur les «risers» à l’arrière près de la batterie pour danser et headbanger ou faisait du air guitar shadow derrière ses musiciens quand Mark s’occupait des vocaux (Elle s’est même permise quelques notes) et les musiciens se promenaient d’un bord à l’autre pour s’offrir à la vue de tous et occupaient parfaitement le plancher.

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Après une demi-heure, on a eu droit au 2ème solo de la soirée offert par leur batteur qui, comme pour celui lors de THE AGONIST a su garder ça sobre, court et cool. Je suis plus un fan de solo de batterie que de guitare mais j’avouerai que les deux étaient judicieux, bien placé dans leur set respectif pour donner ce petit break et en même temps ce kick pour repartir pour la suite. Ils ont enchaîné de plus belle avec les pièces principales de leurs nombreux albums pendant une autre demi-heure puis ont quitté la scène question de préparer le rappel. À leur retour sur scène, notre photographe Karolane qui était toujours avec moi malgré le fait qu’elle avait déjà mentionné plus d’une fois devoir quitter, m’a immédiatement dit avec un grand sourire aux lèvres,

Je te l’avais dit que Mark se mettrait en bedaine,

Bon, comme il est écrit dans un gros et grand livre, «les événements étaient accomplis». Karolane pouvait maintenant quitter!! Pour ma part, j’ai assisté avec tous aux trois dernières pièces de la soirée et je suis probablement quelque part au fin fond de la salle sur le selfie de fin de spectacle qu’EPICA a pris avant de quitter pour de bon et qui se trouve sur la page du groupe. Allez vous tagger sur la photo.

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Je vais terminer en mentionnant que d’un bout à l’autre de la soirée, les performances furent superbes, que la foule était vraiment cool, souriante et engagée et pour ajouter la cerise sur le top, le son et les jeux de lumières étaient parfaits. Je suis donc reparti avec un sourire dans la tête. Merci encore à tous pour cet excellent spectacle.

Lex Ivian

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Critique d’album: Kruhl – «Dying Mechanisms»

Kruhl - Dying Mechanisms

KRUHL
«Dying Mechanisms»
Avril 2015

Liste des pièces
Void of Reality
True Human Design
Dying Mechanisms
SS Balance
Death Sentence

*Scroll down for English version
Le groupe montréalais de death/thrash KRUHL a fait ses débuts il y a quelques mois avec le EP de 5 chansons, «Dying Mechanisms», qui m’a gardé en haleine et j’en aurais encore pris quand ça s’est terminé après quelques 23 minutes.

Les gars ont réussi à présenter une musique qui contient pas mal tout ce que j’attends d’un bon mélange de death/thrash mais ce que je retiens surtout de ma première écoute et le plus important qui a fait en sorte de garder mon intérêt, les pièces ont chacune leur identité propre… et toutes pourtant présente une construction assez semblable mais j’y reviens plus loin parce que je veux tout de suite parler du vocal.

Ce n’est pas un chanteur qui utilise un registre varié, je l’avoue, mais il le contrôle très bien et surtout, il chante (au lieu de beugler comme c’est trop souvent le cas) ce qui fait qu’il appuie très bien la musique en modifiant les flows et intonations au rythme des transitions et en même temps ça permet de bien sentir les moments thrash, death ou plus blackened de leur musique.

Troisièmement, les musiciens sont individuellement à souligner. Tout d’abord le batteur qui fait une job plus que solide pour assurer les transitions et créer la rythmique et l’ambiance appropriées. Les cordes alternent aussi avec aisance les riffs thrash, les chug-a-chug d’accord death et même les solos (et tous qui me lisent savent que je déteste les solos la majorité du temps) qui sont présents à peu près au même endroit dans 4 des 5 chansons du EP ne sont pas des variations sur un même thème, ont un bon feeling au lieu d’être à la guitar hero et surtout ne s’éternisent pas.

Et justement, variations sur un même thème me permettra de revenir sur leur structure de composition comme j’avais promis plus haut. Leurs compositions alternent deux blocs musicaux contrastés dans leur rythmique qui mènent au solo au deux-tiers ou trois-quart de la pièce pour ensuite terminer la pièce en ramenant le bloc musical du début. La seule pièce qui diffère est «SS Balance» parce qu’elle ne possède pas de solo mais respecte la structure de base d’être formée de deux blocs principaux. Ici l’absence de solo est amplement compensée par ses riffs.

Pourtant comme je disais plus haut, chaque composition se démarque et ne joue pas dans les plate-bandes de l’autre. Ainsi, avec «Void of Reality» on navigue dans une pièce où le thrash est le véhicule principal mais quelques blast beat et riffs en trémolo s’insèrent dans les blocs transitoires pour faire varier la ligne directrice. Avec «True Human Design», pas de subtilité, c’est death metal, un assaut d’accord qui donne peu de répit. Vient la pièce-titre de l’album, «Dying Mechanisms» qui se veut toujours death mais en même temps, ils amènent des leads mélodiques et les transitions plus lentes, sombres et puissantes lui donnent ce côté plus modern dark melodeath. «SS Balance» est celle qui m’a le plus surprise par ses riffs mais en même temps, ça se veut un commentaire très positif. «Death Sentence» termine le EP dans l’esprit plus thrash qui l’avait débuté mais à l’inverse de «Void of Reality» c’est plus death/thrash que thrash/death et en même temps on y reconnait certains trucs des pièces précédentes qu’ils ont mélangé de façon différente.

Je termine en disant que KRUHL a réussi à faire ses débuts avec un EP de très bonne qualité qui a gardé mon attention d’un bout à l’autre en me donnant ma dose de brutalité avec une bonne maîtrise technique de leur instrument sans extravagance techprog qui me sont souvent incompréhensible. L’album est disponible sur leur bandcamp pour un maigre $1 sinon procurez-vous une copie physique dans leurs shows.

Lex Ivian

The Montreal-based death/thrash band KRUHL has released a few months ago, «Dying Mechanisms», its 5 songs debut EP that brutalized my ears and left me wanting for more when it ended after some 23 minutes.

The guys managed to create a music that contains what everyone expects from a good mix of death/thrash but it’s not what stood out of this first encounter with the 5 tracks. My first impression, and definitely what kept my attention and level of interest, is that the songs have their own identity… though they have a very similar construction. I’ll come back later on structure because I want to immediately talk about the vocal.

This is not a singer who uses a varied range, I admit, but he controls it… he sings (instead of barking as is too often the case for a lot of bands) so instead of riding the music it accompanies it by changing flow and tone as the music rhythm moves into transitions and at the same time the vocal allows to get and enhance that feeling thrash, death or more blackened of their music.

Third, the individual musicians shine for themselves though not in a flashy way. First, the drummer makes a solid job to ensure that transitions are well driven and varied as much as create the rhythm and the appropriate atmosphere. The strings also alternate with ease between thrash metal riffs, death metal chug-a-chug chords and… even solos (and all who read me know that I hate solos most of the time) that are present at about the same place in 4 of the 5 songs of the EP are not variations on a theme, are emotionally driven and especially kept short and sober.

Saying variations on the same theme allows me to go back on their compositional structure as I promised earlier. All their compositions alternate between two rhythmically contrasting blocks leading to the solo at the two-thirds or three-quarters mark of the song before returning to the first block to end the song. The only track that is different is «SS Balance» because it does not have a solo but still respects the basic structure to be formed of two main blocks . Here the lack of solo is amply compensated by its riffs.

But as I said above, each composition stands out and does not stray in the beaten path. So, «Void of Reality» sends thrash vibes but some blast beats and tremolo riffs fitted into the transitions vary the guideline. With «True Human Design», no subtlety, it’s a death metal guitar chords assault. With the title track of the album, «Dying Mechanisms» they keep it death but at the same time, they bring melodic leads and slower transitions, dark and powerful that give it a more modern melodeath dark side. «SS Balance» is the one I was most surprised by cause of the riffs but at the same time, it is a very positive comment. «Death Sentence» ends the EP in more thrashy spirit as all had started but unlike «Void of Reality» it is more death/thrash that thrash/death and I recognized some stuff of the previous songs put together differently.

I conclude by saying that KRUHL managed to produce a very good debut EP that kept my attention from one end to the other by giving me my dose of brutality with good technical mastery of their instrument without that techprog extravagance which is often for me… incomprehensible. Get their EP for a lousy $1 on their bandcamp.

Lex Ivian

Photos Epica, Eluveitie et The Agonist – Montréal 11 septembre 2015

Voici les photos prises par Karolane Gagné-Brault lors du concert présenté par Evenko/Greenland le 11 septembre 2015 au Théâtre Corona Virgin Mobile de Montréal et qui mettait à l’affiche Epica, Eluveitie et The Agonist.

 

11 septembre - Epica -Eluveitie - The Agonist Montréal - Affiche

 

Epica

 

Eluveitie

 

The Agonist

 

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