La chronique Mal Engueulée – Le rock meurt… vraiment? – 11 février 2021

***Le contenu des articles sur Ondes Chocs ainsi que les informations et les opinions qui y sont exprimées sont ceux de leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement l’opinion d’Ondes Chocs ou de ses membres. ***

« Le rock meurt… vraiment? »

Gene Simmons, bassiste de la formation connue mondialement « Kiss », disait dans une entrevue que le rock meurt, laissant place au hip-hop, principalement à cause des compagnies de streaming qui ne donnent pas assez d’argent aux artistes.

Mais quelque chose me gêne dans tout ça. Je ne sais pas pour vous, mais depuis les premiers moments où mes tympans se sont faits corrompre par cette musique endiablée, c’est la première fois que je vois autant le métal être représenté dans toutes les sphères du divertissement et même plus.

J’ai déjà écrit un texte en lien avec le sujet et c’est justement ce qui m’amène à me poser cette question.

Si le métal est rendu si populaire, qu’on le voit et l’entende autant (que ce soit dans les jeux vidéos, les films, les télé-séries, les publicités) et que son nombre d’auditeurs atteint des chiffres records… pourquoi est-ce que les artistes en jouant se retrouvent-ils généralement dans la position où ils déplorent ne pas faire assez d’argent? Les groupes ne font tellement plus d’argent avec la matière première de leur produit (la musique), que leur principal revenu vient de la marchandise. Ce n’est plus l’industrie de la musique, mais l’industrie des produits dérivés!

Cette musique a carrément passé d’un style où les rejets et les outsiders pouvaient se reconnaître, à un produit accessible à tous et apprécié par des centaines de millions de personnes a travers le globe.

Donc, comment est-ce qu’un groupe de musique comme Nightwish, qui se trouve à être le groupe de musique finlandais le plus écouté au monde, puisse perdre son membre le plus important par manque de revenus?

Ce n’est clairement pas parce qu’ils manquent d’auditeurs! Avec presque 2 millions d’écoutes par mois, on aurait cru qu’ils seraient capables d’arrondir leurs fins de mois! Un ami à moi a même trouvé le moyen de me dire qu’ils n’étaient tout simplement « plus dans la game ». Sur Spotify, le premier du top 200 a 6 millions d’écoutes par mois, mais n’est bien-entendu qu’une personne seule. Donc les revenus générés se trouvent à être amplement suffisants.

Comme si le format de consommation actuel encourageait fortement de produire sa musique seule, sans quoi les coûts dépassent largement les revenus. Est-ce que nous devrions prendre en compte le nombre de membres d’un groupe, pour le montant obtenu par écoute? Par exemple, un groupe comportant 6 personnes gagnerait plus que celui avec seulement deux. Par contre, le prix d’un album resterait inchangé. Serait-ce injuste?

Parce que sinon, après combien d’écoutes peut-on dire qu’un groupe est encore dans la course? Si 2 millions de fans assidus n’est plus assez pour assurer un revenu, après plus de 20 ans de carrière, comment peut-on espérer que des gens puissent même avoir envie de prendre un instrument et de commencer à jouer? À un moment, où tout le monde est forcé d’être seul et éloigné, n’importe quel musicien vous dira qu’il s’ennuie de passer du temps avec son groupe, de connecter avec ses frères et sœurs de scène.

De plus, personnellement, je trouve que la musique est bien meilleure quand plusieurs personnes travaillent dessus. Je crois qu’on entend très bien la différence entre un projet où il n’y a qu’un seul mastermind gardant le contrôle créatif et un autre où tout le monde amène son épice personnelle à la recette.

On a qu’à penser à System of a Down. Personnellement, même si j’aime beaucoup Scars on Broadway et le projet solo de Serj Tankian, je crois qu’ils sont arrivés à quelque chose de 100 fois plus unique ensemble que chacun de leur côté. Même en termes de popularité, les deux ne peuvent seulement que rêver d’atteindre une audience aussi élevée que celle de SOAD, avec leurs projets respectifs.

Ils sont même revenus ensemble, le temps de sortir leurs deux plus récentes chansons, lesquelles servaient à amasser des dons pour leur pays natal. Ils savaient très bien qu’ils arriveraient à un meilleur résultat et que les gens seraient plus réceptifs s’ils le faisaient de cette manière, et ils avaient raison, puisqu’ils ont réussi à amasser plus de 600 000$.

C’est fou ce que cette communauté peut accomplir quand elle s’y met. On croirait que malgré tout, nous serions capables de nous entendre à l’interne, mais je crois que c’est pour un autre jour. Tout ça pour dire que, malgré l’opinion des groupes religieux, des Karens, des polémiques entourant des célébrités du genre ou notre tendance à nous diviser par amour pour cette musique, le métal semble plus populaire et résiliant que jamais. Je trouve odieux que malgré son succès, nous puissions voir des gens de talent et d’influence avoir de la difficulté à joindre les deux bouts.

J’espère allumer des lumières avec ce texte. Que des gens plus puissants et influents que moi puissent arriver avec des solutions concrètes pour régler le problème.

Alors je vous le demande, chers lecteurs. Le rock est-il mort?

Si oui, comment peut-on le sauver?

-Jo

La chronique Mal Engueulée – De la violence dans mon métal, pas dans ma société – 3 février 2021

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De la violence dans mon métal, pas dans ma société!

Comme vous avez peut-être déjà vu ou entendu parlé, Marilyn Manson est accusé de viol et harcèlement, notamment par Evan Rachel, actrice récemment vue dans la série à succès WestWorld. Bien honnêtement, je me sers de la polémique entourant Marilyn Manson pour attaquer un sujet beaucoup plus gros, soit la culture du viol et la cancel culture. Au nombre d’artistes (et autres domaines) qui se ramassent sur la liste, qui elle ne finis plus de s’allonger, il va de soit que quelque chose cloche et que quelque chose doit être fait pour prévenir ce genre de scénarios.

Est-ce que le pouvoir corrompt?

Comment ces gens font pour finir aussi haut dans l’échelle sociale, avec des tribunes aussi énormes, sans que quoi que ce soit ne soit tenté pour freiner leur ascension? Quand même, passer 20 ans sur la scène et faire des millions sans que personne ne les dénonce… faut le faire. Faut le faire en criss!

Il va s’en dire que ces gens sont des manipulateurs hors pairs. Ils violentent leurs victimes psychologiquement, afin de baisser leur estime personnelle et s’assurer une main prise sur elles. Ils attaquent leur réputation pour s’assurer de rendre leurs propos invalides et abusent de leur influence pour gagner confiance ou fermer des portes autour de la victime. Il y a aussi les témoins ou personnes du milieu qui sont au courant, mais qui ne disent rien par peur de représailles ou perte de privilèges.

Il est dans la nature humaine de défendre les informations que nous avons considérées comme vraies par le passé. C’est un mécanisme de survie tout-à-fait normal qui nous a tous déjà servit à un moment ou à un autre dans notre vie. Cependant, des gens sont prêts à partir en croisade pour protéger des faussetés, simplement pour ne pas avoir à faire l’effort conscient de modifier leur perception.

Monsieur madame tout le monde n’hésite pas à prendre la défense de leurs artistes préférés devant de telles accusations et vont avancer que la cancel culture est toxique, mais vont japper comme des chiens enragés et demander la peine de mort lorsqu’on leur dit qu’un homme qu’ils n’ont jamais vu de leur vie a fait la même chose.

La cancel culture, c’est positif

C’est positif, même si ça affecte l’artiste qui a composé ta chanson favorite ou joué dans ton film fétiche. Personnellement, je ne suis pas dutout friand de vivre dans une société où on cautionne et glorifie des violeurs sociopathes dangereux.

Vous trouvez mes propos graves? Peut-être penseriez-vous différemment si c’était votre fille qui avait été violée par Marilyn Manson ou violentée par Éric Lapointe. Pour ensuite voir son abuseur s’en sortir, soit indemne, soit avec une sanction mineure ou injustement disproportionnée face à l’acte commis et les séquelles laissées, qui elles sont à vie. La culture du viol ce n’est pas seulement l’acte lui-même, mais aussi l’inaction des gens autour des abuseurs et la tendance générale à minimiser le geste et les répercussions. Sans parler du victim blaming!

La cancel culture est le message de la population pour dire que ça suffit, et je l’appui à 100%.

Chez nous

On n’a pas à chercher bien loin pour trouver des exemples. C’est douloureux de voir des gens comme Julien Lacroix se faire offrir des contrats et des opportunités de grossir leur audience, même pas 6 mois après avoir été visé par des allégations d’inconduite sexuelle.

C’est la preuve même que ce n’est pas seulement celui qui commet l’acte qui est fautif, mais aussi les gens de l’industrie, qui passent outre les faits et la souffrance, pour le tenir debout et faire de l’argent. Même s’il ne reviendra pas de si tôt, on voit que lui et son équipe ont tout-de-même tenté de regagner le cœur du public, en publiant un texte dans le but se repentir en avouant un problème d’alcool.

Un problème récurrent pour le métal

De plus, la réputation et la vision que les gens ont du métal en général n’est déjà pas très bonne. Marilyn Manson donne des munitions supplémentaires aux groupes religieux et autres conservateurs qui tentent de mettre le style de musique en sourdine depuis des décennies. Il donne d’autres raisons d’associer le genre à des actes violents, ce qui est arrivé à divers occasions par le passé. Des gens avaient fait un lien entre le tueur du Cegep Dawson et le groupe de musique Megadeth, avançant que vu qu’il en écoutait, ça devait l’avoir incité à agir ainsi. Précisons que Ted Bundy n’était pas fan de métal et que le fait d’en écouter n’est en aucun cas un facteur qui pourrait pousser à commettre de tels gestes.

Est-ce trop demandé de vouloir une culture propre et sécuritaire? On aurait cru que ça serait le cas et j’ose espérer que le message passe. Que les abuseurs aient le réflexe de se contrôler eux-mêmes au lieu des gens autour d’eux. C’est eux qui devraient marcher les fesses serrées et avoir peur de tout perdre.

C’est inacceptable qu’on place des abuseurs sous les projecteurs ou au pouvoir, avec la liberté d’influencer le public et qu’on les défende malgré tout. Pour qu’un homme accusé d’inconduite sexuelle et d’évasion fiscale comme Donald Trump finisse non seulement en liberté, mais président des États-Unis et vu par plusieurs comme un sauveur comparé à Jésus, il y a clairement un problème.

J’veux de la violence dans mon métal, pas dans ma société.

See you in the pit.

-Jo

 

La chronique Mal Engueulée – L’état de l’industrie de la musique – 14 janvier 2021

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NIGHTWISH PERD SON BASSISTE/L’ÉTAT DE L’INDUSTRIE DE LA MUSIQUE

Mardi, Nightwish annonçait le départ de leur bassiste/chanteur, Marko Hietala, un morceau important de la formation métal finlandaise. En gros, il disait dans sa lettre de départ que les raisons étaient monétaires. Avançant que les compagnies de streaming, les promoteurs, et tout le reste des gens impliqués dans la création de musique comme produit de consommation prenaient des parts injustement trop élevées. Ce qui aminci le revenu des musiciens qui écrivent et jouent la musique, malgré l’emploi qu’ils créent.

En premier lieu, il va sans dire que c’est vrai que les compagnies de streaming donnent trop peu aux artistes. Tout le monde est au courant, et ce depuis longtemps. Depuis sa création, Spotify aurait fait 1876 milliards de dollars en profit, après dépenses, paies des musiciens et pertes. La fortune de son propriétaire s’élèverait à 2.2 milliards de dollars. Nous sommes loin de l’ère du Rock’n’Roll ou du Glam Metal, où des artistes qui avaient l’écoute du publique étaient automatiquement rémunérés généreusement. Ce n’est pas normal qu’aujourd’hui, des gens avec des millions d’écoutes aient de la difficulté à arriver à la fin du mois. Évidement, il y a toujours eu des artistes qui se sont fait fourrer, mais le contraste que nous vivons actuellement est limite ridicule.

Spotify est la compagnie de streaming la plus populaire, mais aussi celle qui paie le moins les artistes. Son interface est intuitive et user friendly, mais à quel prix? Quand la musique (le produit principal) rapporte moins que des vêtements offerts par le même band, il y a de sérieuses questions à se poser.

Si vous voulez vraiment aider un artiste que vous aimez, mettez leur playlist sur repeat, baissez le son et allez vous coucher!

Deuxièmement, je trouve son approche par rapport aux parts des tiers injuste. Sans toutes ces personnes qui travaillent pour tenir le band en vie, que ce soit les techniciens de scène, promoteurs, etc., le band ne ferait pas grand-chose au-delà de pratiquer dans son sous-sol. Ils sont une partie importante du succès de tout artiste. Aucun band ne peut arriver à un statut professionnel planétaire sans l’aide d’une équipe, même les plus indépendants. C’est dommage que les artistes manquent d’argent, mais ce n’est pas à cause qu’ils payent leurs employés. C’est à cause du manque de revenu sur leur musique. Si ce n’était pas de ça, jamais ils ne vivraient du ressentiment face au fait de payer leurs partenaires d’affaires. Un problème si stupide, que j’ai peine à croire qu’on puisse même entrevoir la nécessité de penser à intervenir!

Mais en même temps, les artistes sont rarement de bons businessmen. Des gens de talent qui se font duper, on en a entendu parler plus d’une fois. On a qu’à penser à NWA, pleins d’artistes qui étaient sous Victory Records à l’époque comme A Day To Remember, Emmure ou Atreyu, ainsi que Johnny Cash ou Nine Inch Nails et beaucoup d’autres. La liste est trop longue pour l’étaler au complet ici. Les artistes ne sont généralement pas friands du capitalisme/de l’argent et seront bien-entendu plus portés à se faire duper là-dessus, étant moins conscients de cet aspect de leur entreprise. Ils vont speak up au moment où ils sont forcés de prendre le rôle de victime malgré eux… Ce qui n’est pas surprenant et voir même, cliché. Probablement une des raisons de pourquoi le sujet fait surface quand nous avons l’impression que le mal est déjà fait et qu’il est trop tard.

Et là j’en vois déjà arriver en me disant que ‘’les maudits z’artiss! Y’ont juste à arrêter de boire et de se geler la face’’, et c’est somewhat une vérité, mais en réponse à ça, j’aimerais citer Guillaume Wagner, dans un de ses numéros : ‘’Toute personne ayant déjà acheté un album d’Elvis Presley a déjà encouragé un drogué pis un alcoolique’’

Dans sa lettre de départ, Marko Hietala annonce par le fait même de faire une retraite des médias sociaux, demande de respecter son ex groupe et ses membres et demande à tous les médias et professionnels du milieu de le laisser tranquille pour le reste de l’année. Il dit aussi qu’il doit se réinventer et espère avoir quelque chose à présenter au monde en 2022. Le groupe, pour sa part, indique qu’il planifie toujours entreprendre sa prochaine tournée mondiale, lorsque cela sera possible, avec un bassiste session. Ils disent aussi respecter la décision de leur ancien membre et lui souhaiter le meilleur.

Touchant! Ce qui m’amène au dernier point : Le coronavirus.

Depuis le début de la pandémie, le monde musical est dans un piteux état et ça ne semble pas s’aller en s’améliorant. Les rassemblement étant interdits, il va donc sans dire que les spectacles sont hors de question pour encore un bon moment. Beaucoup d’artistes se voient dans l’obligation d’explorer de nouvelles alternatives pour du revenu et de la publicité. Il y en a qui se tournent vers des plateformes comme Twitch, Youtube, Facebook ou Patreon, pour faire des prestations en directe et s’assurer un revenu, certains se tournent vers d’autres formes d’arts ou carrément d’autres métiers.

C’est non seulement triste, mais aussi frustrant. En plus, avec tout le monde à la maison à écouter sa musique préférée sur toutes les plateformes disponibles, n’est-ce pas un moment idéal pour les artistes de faire de l’argent? Il semble que ça ne soit malheureusement pas le cas.

Est-ce que nous assistons à la fin d’une époque? Pourrons nous trouver des solutions pour garder le live en vie? Prendrons-nous le temps? Quelle direction le parcours musical humain prendra? Est-ce l’industrie qui devra devenir plus responsable et morale, ou les artistes devront encore s’adapter à de nouvelles contraintes? N’y a-t-il pas un juste milieu où les gros-bonnets et les gratteux de guitare pourraient se rejoindre? À quand une réglementation plus sévère sur les redevances d’artistes présents sur les plateformes de streaming?

Si jamais vous avez réponse à une de ces questions, n’hésitez-pas à m’en faire part parce que j’aimerais foutument le savoir!

« Sans la musique, la vie serait une erreur, une besogne éreintante, un exil. » Friedrich Nietzsche

-Jo

La chronique Mal Engueulée – La mort d’Alexi Laiho – 8 janvier 2021

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Ce lundi, j’ai appris, comme vous tous, la mort du frontman des groupes métal finnois Children of Bodom et Bodom after Midnight, Alexi Laiho, à l’âge de 41 ans. Il est décédé chez lui. On ne connaît pas encore la cause exacte, mais il semblerait qu’il traînait des problèmes de santé depuis plusieurs années. Voici un petit texte pour lui rendre hommage en mon nom et celui d’Ondes Chocs.

Alexi Laiho

Il y a des artistes qu’on s’attend à voir partir du jour au lendemain, par exemple : Ozzy Osbourne ou Mick Jagger. Ils sont tellement vieux et usés, on ne fait que les regarder et on a l’impression que le poids de nos regards peut les faire tomber et leur casser la hanche.

Alexi n’était pas de ceux-ci. Il laisse dans le deuil sa femme, ses enfants encore jeunes, ainsi que ses collègues au sein de son récent groupe Bodom After Midnight, lequel il a formé après la séparation de Children of Bodom, en 2019.

N’importe quel musiciens (plus précisément les guitaristes) qui, comme moi, habitent sur la planète terre et qui sont fans de melodeath, connaissaient l’œuvre d‘Alexi Lahio.

Je me souviens avoir passé des heures à décortiquer sa manière de jouer en regardant des vidéos sur Youtube. Il était un des plus actifs sur la toile, avec des vidéos de playthrough, de leçon, d’entrevue, de live etc. Commandité par ESP et anciennement par Jackson, on le voyait souvent en couverture de magasine ou comme invité à des studios comme EMGtv.

Après 8 albums à son actif, nous les metalheads avions bien du matériel à nous mettre sous la dent. Leur album le plus vendu est Follow the Reaper, qui a gagné un disque platine et est de loin mon favori. Avec des chansons rapides et complexes comme :  Everytime I Die, Hate Me et ma préférée Kissing the Shadows, laquelle contient ce qui je crois est de loin leur meilleur solo.

Ils étaient aussi connus pour faire de bons covers. Je me souviens avoir beaucoup écouté leur version des chansons Aces High et The Trooper d’Iron Maiden et aussi leur plus qu’excellent cover de Oops I Did it Again de Britney Spears. Le groupe a toujours eu une touche d’humour, que ce soit dans leurs paroles, leurs prestations live ou encore dans leurs vidéos où on les voit dans le studio.

À 17 ans, il composait et enregistrait le premier album de Children of Bodom : Something Wild. Il était un jeune prodige et malheureusement, il sera parti aussi vite qu’il a su nous impressionner. Il est un des ceux qui m’ont tiré vers l’avant et inspiré dans mes débuts, en tant que musicien.

Alexi Lahio a su se montrer comme un leader, un visionnaire et un virtuose. C’est ce que nous nous rappellerons de lui, mais sa femme n’a pas hésité à dire en entrevue qu’il était aussi le mari le plus aimant et un père de famille incroyable. À croire qu’il avait tout autant le potentiel d’inspirer derrière les rideaux.

Puisse-t-il continuer d’inspirer les prochaines générations d’artistes musicaux, de par le biais de son impressionnante discographie et de la marque qu’il laisse derrière lui, sur internet et tout autre média.

Et vous, quelle est votre chanson favorite de Children of Bodom?

Écoutez un de leurs albums à tue-tête, à sa mémoire.

-Jo

La chronique Mal Engueulée – Le Noir – 20 décembre 2020

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Le noir

Cette nuance, absence de lumière, indémodable, s’est vue être la plus vêtue par la scène Métal mondiale… mais pourquoi? Un sujet qui peut sembler anodin, voir superficiel, mais qui, comme vous le verrez dans ces prochaines lignes, a la possibilité d’être plus profond que vous ne l’imaginiez d’abord.(Pour me faciliter la tâche, je vais continuer de la nommer comme une couleur)

En premier lieu, nous nous devons une analyse du noir. Le noir étant la couleur qui absorbe le plus de lumière, il explique pourquoi nous préférons généralement porter autre chose au soleil cuisant. Par contre, ses adeptes les plus endurcis ne se laissent pas décourager aussi facilement.

Celle-ci ne fait pas qu’absorber la lumière. Elle attire aussi les regards, puisqu’elle évoque le mystère, l’inconnu. Cette absence d’informations visuelles empoigne notre inconscient et, au travers de son vide sans fond, laisse transparaître une infinité de possibilités. Une promesse de désirs interdits. C’est pourquoi, lors d’une soirée mondaine, il arrive que nous remarquons plus facilement quelqu’un de seul dans son coin avec un chandail à capuchon noir, plutôt qu’une robe à paillettes fluorescente au milieu de la pièce.

Le noir représente plusieurs choses. On l’étiquette de sujets qui nous semblent négatifs, tel que : la mort, l’autorité, le désespoir… celle-ci étant pourtant confortable, rassurante, raffinée. Un paradoxe digne d’être adopté par l’humanité, qui ne manque pas de dualité.

Maintenant que nous la comprenons mieux, que son sens va plus loin que l’esthétique, plongeons dans quelques concepts de psychologie humaine pour mieux mettre en perceptive les raisons qui peuvent nous faire aimer cette couleur, dépendamment de notre caractère.

Au travers de ces quelques descriptions de types de metalheads, vous allez peut-être reconnaître quelqu’un que vous connaissez, ou peut-être bien vous-même!

Le rejet :

Il y a de ces personnes qui sentent qu’ils n’ont pas le droit d’exister. Ils portent le noir comme si chaque jour était les funérailles de leur propre vie. Ils exhibent cette couleur comme une expression de leurs sentiments, comme une projection de leur souffrance. Avec cet outil, peut-être pourront-ils trouver des gens avec qui partager la douleur de la vie et ainsi être compris?

L‘attention whore :

Il y a de ces personnes qui ne vivent que pour le regard des autres. Ils portent le noir comme si la vie était une scène où tous les yeux du monde ne seraient assez pour remplir le vide en eux. Un vide aussi creux que la couleur qu’ils arborent. Ils sont dramatiques, bruyants, difficiles à ignorer. Avec cet outil, peut-être pourront-ils attirer assez de gens et ainsi ne plus jamais être seuls?

Le control freak :

Il y a de ces personnes qui ne supportent pas de perdre le contrôle. Ils portent le noir pour dégager force, assurance et rigueur. Ne laissant jamais leur place, ils y retrouvent un pouvoir qui les aide à garder main prise sur la réalité et leur réputation intouchée. Avec cet outil, peut-être pourront-ils se faire prendre au sérieux et asserter leur dominance plus facilement?

Le robot :

Il y a de ces personnes qui veulent être droits, parfaits. Ils portent le noir parce qu’il est élégant et sophistiqué. Leur esprit et leurs mouvements manquent de flexibilités, se coupant de tout ressenti. Ils ne veulent pas perdre leur temps avec des pacotilles comme la mode, mais se doivent de bien paraître. Avec cet outil, peut-être seront-ils assez froids pour décourager quiconque voudrait les atteindre?

Personnellement, je me reconnais principalement dans le deuxième profil. Et vous, où vous situez-vous?

Bien-entendu, peut-être me direz-vous que vous ne vous voyez dans aucun d’entre eux et que vous portez du noir seulement parce que vous aimez ça. C’est tout-à-fait possible et respectable!

Ce que je sais, c’est que jamais je ne vois autant de gens portant du noir que lorsque je me présente à un spectacle de Métal (excluons les enterrements). C’est incroyable de se dire que : malgré tout ce qui peut nous différencier ou nous diviser, nous ne manquons pas de nous retrouver dans l’amour de cette musique qui nous inspire à porter fièrement l’antipode du blanc.

Tous unis, homogènes et ténébreux, comme le point final sur une page.

-Jo St-Rock