Voici la critique de Jo St-Rock lors du lancement de l’album Damnation de Burning The Oppressor présenté par DMBH Prod aux Foufounes Électriques de Montréal le 27 novembre 2021 et qui mettait également à l’affiche Spirit of Rebellion, Hexolyth, Principius et Beyond Fiction. La critique est accompagnée de quelques photos de notre excellente photographe France Hatin.

Critique

Premier show dans une salle de spectacle, depuis la COVID-19 (lol j’me sens comme si j’écrivais un journal post-apocalyptique).

J’ai été assigné à ce show et ne connaissais qu’un groupe, de prime abord. Les lumières rouges de la scène donnaient un ton sanglant à la soirée, celle du lancement d’album de Burning The Opressor(groupe Death Métal québécois, actif depuis bientôt 10 ans), aux Foufounes Électriques. Il y avait 5 groupes à l’affiche et, à part le fait de savoir que ça allait être du métal, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Mais j’étais bien content d’être là!Hexolyth,

Beyond Fiction

Selon le chanteur, c’était leur premier show depuis deux ans, mais ils semblaient bien préparés! Un bon band très tight de métalcore classique, genre dont je suis fan, donc ça commençait bien. Le groupe n’avait pas beaucoup de place sur la scène, puisque le drum de Burning the Oppressor était derrière, et que celui de Beyond Fiction était devant, donnant peu d’espace à ses collègues musiciens pour faire quoi que ce soit. Je ne sais pas si ça avait été possible de tous utiliser le même kit… Je sais que c’est désagréable de jouer avec l’instrument d’un autre, mais parfois, il faut faire des sacrifices pour l’art du spectacle! Ce batteur, malgré tout, avait le style que j’ai préféré de la soirée, s’apparentant un peu à celui de Peter Wildoer de Darkane, un de mes groupes fétiches depuis toujours. La voix me rappelait All that Remains et la technique du guitariste solo me rappelait John Petrucci : carré et fluide à la fois. Le bassiste semblait bien agité, mais le guitariste rythmique, bien que tight, semblait quelque peu malaisé ou pas trop sûr. Somme toute, c’était très bon et un mélange intéressant. J’aurais aimé les voir sur une plus grande scène et peut-être avec des compositions qui feraient d’avantage ressortir leur propre personnalité.

Principius

De ce que j’ai cru comprendre, c’est un groupe encore jeune. L’ambiance explosive du metalcore du groupe précédent, laissait place à justement quelque chose de plus ambiant et mélancolique. J’ai aimé les mélodies et surtout leur exécution du son clean des guitares. Peu l’utilise avec un aussi beau rendu et c’était bien apprécié. J’ai aussi aimé leurs structures décousues et leurs passages de doux à extrême. Les techniques de scream de la chanteuse étaient bonnes et on sentait qu’elle était réellement heureuse d’être là, qu’elle se donnait à l’interprétation. Ajoutez-les à votre liste de groupes métal avec une chanteuse aux cheveux bleus!

Elle quittait la scène quand venaient les bouts instrumentaux pour laisser l’attention aux autres musiciens (ce qui est bien), mais sur scène, elle semblait avoir de la difficulté à prendre sa place. Un des guitaristes s’est armé de la position de force pour l’entièreté de leur représentation, laquelle il utilisait pour propulser ses back vocals en scream… rudimentaires. L’autre avait la guitare relevée jusqu’en dessous des bras. Je me suis donc attendu à du gros mindlesshredding, mais presque rien… En gros, je vois un potentiel encore inexploré. Je crois qu’ils devraient prendre plus de risques et essayer des choses, parce que vite comme ça j’avais l’impression que beaucoup de choix avaient été faits par sécurité. Parfois, il faut se détacher de nos idoles pour voler de nos propres ailes.

Hexolyth

Ayant déjà partagé la scène du Cornfest 2015 avec eux, j’avais déjà une idée de ce dont ils étaient capables. On aurait dit qu’ils n’avaient pas du tout changés depuis la dernière fois! Ils ont été cryogénisés ou quoi!? Bon, comment dire? Hexolyth ne réinventent clairement pas la roue. Amenant du métalcore tout ce qui a de plus traditionnel, mais avec une efficacité et une maitrise déconcertante. Avec une énergie de feu, des riffs et lignes de vocal qui bougent et un bassiste aux techniques impressionnantes, la foule commençait enfin à se réveiller grâce à leur performance très bien accueillie. Ils n’avaient pas encore commencé, qu’on sentait que ça allait être bon (ou peut-être est-ce juste moi qui savait à quoi m’attendre?) C’était le chanteur le plus charismatique de la soirée et son vocal gras semblait inépuisable, cependant, parfois j’avais l’impression qu’ils auraient peut-être besoin de variété dans les sons et techniques utilisés, bien que celle utilisée l’était à la perfection. Leur son était très bon, mais les solos de guitare manquaient un peu de justesse et surtout de ton. Call me biased, mais j’ai vraiment trippé!

Spirit of Rebellion

Des vieux de la vieille! Ça peut sembler idiot, mais c’est le groupe pour qui j’avais le moins d’attente, dû à leur logo, mais ils m’ont jeté à terre! J’irais jusqu’à dire qu’ils ont presque volé le show! Agréablement surpris par leur virtuosité, leur justesse, leur naturel, ainsi qu’un sens du spectacle impeccable. Jusqu’à présent, ils ont le meilleur son de basse de la soirée. Le chanteur avait un style qui tournait principalement autour du chant guttural classique, mais montrait une grande versatilité dans les moments clés. Ce spectacle ne semblait pas les impressionner! Ils étaient en contrôle et donnaient l’impression qu’ils savaient ce qu’ils faisaient. Instrumental rapide, précis, mais quand même accrocheur! Guitariste solo très expérimenté, mais trop tendance à finir ses solos avec harmonique naturel + tremolo, style Kerry King. Diversité! Bref, tous talentueux et bêtes de scène à leur façon. Je ne sais pas trop par contre ce que je pense de demander à la foule de s’avancer autoritairement, mais peut-être que ça marche ailleurs, mais ici c’était un peu bizarre.

Burning the Oppressor

Ils ont commencé le show avec un problème technique. Le chanteur attendant hors du stage pour entrer en même temps que la musique, mais parlait dans le micro et se pointait, ce qui en partant brisait l’aspect théâtral, mais en plus c’était pour une séquence qui sonnait comme du vent et des chants grégoriens à peine audibles. Sur l’album c’est cool, mais en live, si ça ne marche pas, on improvise. Peut-être que ça avait aussi rapport avec le métronome, ça par contre je n’en ai aucune idée. Si c’est le cas, n’hésitez pas à me le faire savoir! Ceci étant dit, leur son était très bon. Je ne sais pas ce que je pense des back vocals pré-enregistrés. Ça sonne bien, mais on apprécie toujours une performance complète (évidemment, on ne peut pas faire TOUTES les pistes d’un album, mais il me semble que les back vocals, ce n’est pas si pire). Tous super talentueux et leurs riffs étaient les plus accrocheurs. Vocal irréprochable et présence de scène de fou venant de chacun d’entre eux.

Aussi, je ne m’attendais pas à ce que cette critique soit politique, mais bon nous y voilà.

Dire aux gens:  ‘’à soir, on est COVID proof’’, je ne pense pas que ce soit une bonne chose à faire. En tant que chanteur principal d’un groupe, il faut prendre la responsabilité d’influencer les gens à agir avec prudence. Être bienveillant n’empêche pas d’être brutal! Depuis l’incident au dernier concert de Travis Scott, je porte plus attention à ce genre de détail et je crois que c’est quelque chose à prendre en considération pour conserver la crédibilité et la réputation de son groupe. Exemple: Je voyais cette semaine dans un vidéo de Trivium live, où le chanteur, en pleine chanson, disait : ‘’Circle pit,motherfuckers! If someonefalls down, we lift them back up!’’ ou en français : ‘’Cercle trou, mamanbaiseurs! Si quelqu’un tombe, on le relève’’!

Ceci conclu mon Ted Talk. (J’ai l’air d’être un vieux grincheux, mais pour vrai j’ai vraiment trippé!)

Merci infiniment à DMBH Prod, aux groupes et aux Foufounes Électrique pour cette épique soirée.

-Jo St-Rock