Voici ma petite entrevue avec Arif, chanteur de la formation Grindcore de Singapour, Wormrot. Y’a pas à dire, en voilà une que j’suis fucking content d’avoir fait !!
1. Il est quand même très rare d’entendre parler d’un groupe de Grindcore ou de Métal en provenance de Singapour. Comment les choses se passent-elles, avez-vous des festivals de musique, des salles de concerts, avez-vous une scène underground ?
– Oui nous avons une scène underground, mais c’est très difficile d’avoir des endroits où jouer, les promoteurs et les propriétaires de bars/clubs ne font pas vraiment dans la musique extrême. Sans parler du fait que les prix de location des salles et de l’équipement audio sont énormes, qui plus est il faut souvent louer les deux de façon séparée, ce qui bien sûr ne facilite pas notre tâche.
2. Est-ce facile de promouvoir la musique underground à Singapour ?
– Le crowd est tellement petit que la promotion n’est pas très dure à faire.
3. Qu’espériez-vous au début en commençant le groupe, quelles étaient vos attentes à l’époque, sont-elles les mêmes aujourd’hui ?
– Nous voulions simplement faire connaître notre musique, c’est ce que nous avons fait et c’est-ce que nous continuerons à faire quand nous recommencerons les tournées.
4. Maintenant que vous avez sortis deux albums, trois EPs et quelques splits/compilations, avez-vous le sentiment que les efforts donnés commencent à porter fruit ?
– Oui ! C’est très plaisant de savoir que des gens apprécient notre musique. Les réactions positives que suscitent notre musique nous prouvent que le dur labeur, tous les sacrifices, les privations que nous avons effectuées en tournée et en studio en valaient la peine.
5. Est-ce que c’est compliqué de jongler entre un emploi « normal’’, le service militaire (2 ans obligatoires à Singapour) et le fait d’être dans un groupe qui fait de la tournée ?
– Nous avons tous finis notre service militaire obligatoire en 2007. Nous devons encore servir deux semaines par année, pour les dix prochaines années. Mais normalement nous savons à l’avance à quel moment nous devrons servir, donc nous ne prenons tout simplement pas d’engagements durant cette période. Il y a eu une fois où mon service militaire a foutu la merde, c’était en 2011, nous devions faire une tournée américaine avec les gars d’Exhumed. Comme je n’ai pas le droit de manquer mon temps de réserviste, nous avons dû annuler notre participation à la tournée. C’est chiant mais c’est la vie …
6. Bien des gens semblent vous voir comme les nouveaux porte-étendards du ‘’vrai’’ Grindcore, qu’en pensez-vous ?
– (rires) Non, pas du tout, nous ne sommes que des fans de Grindcore qui jouent du Grindcore, c’est tout.
7. J’ai eu la chance de vous voir en show l’an passé au ExtremeFest édition Allemagne, je sais aussi que vous avez fait d’autres fests comme le Obscene Extreme. Comment était l’expérience : les fests, tourner en Europe ?
– Depuis le premier jour, jouer en Europe a toujours été génial. La première fois c’était en 2009, nous avons obtenu une réaction positive et nous avons fait des rencontres intéressantes, nous n’en demandons pas plus. Nous avons fait tous les genres de salle en Europe : les sous-sols, les squats trop crasses autant que des grosses salles et des fests. Les gens ont apprécié Wormrot dès le début et ont été très supporters et hospitaliers avec nous.
8. Votre meilleur souvenir de l’Europe en 2012 ?
– Mec … il y en a trop, hahaha ! La vie de tournée c’est des hauts et des bas, c’est une aventure. Je dirais que pour nous trois, le meilleur souvenir reste le Obsecne Extreme Festival. C’était notre dernière journée de tournée européenne ainsi que notre dernière tournée avant un long moment. Nous nous sommes laissé aller, nous avons chillé avec des potes et nous avons eu du bon temps.
9. Peu de temps après cette tournée, vous avez annoncé que le groupe allait être on-hold pour un temps indéfini, ce qui a pris la communauté punk/grind par surprise. Les rumeurs de séparation ont fusé sur le Net, les gens exprimaient leur déception sur les blogues,etc. Vous avez dû par la suite clarifier la situation, annonçant que Wormrot était loin de la fin, qu’il restait beaucoup de stuff to grind. Maintenant quant est-il ?
– Nous avons dû régler plusieurs problèmes financiers et personnels à Singapour, car la vie de tournée c’est très cher. Durant les quatre années passées à faire des tournées en Europe, en Amérique et ailleurs en Asie, nous n’avions pas vraiment d’emploi, rien de stable du moins. Juste le permis de travail aux États-Unis coûte très cher et tu ne peux pas y aller sans ça, impossible. Bien sûr nous aurions pu y aller sans mais nous ne voulions pas prendre le risque d’y aller sans permis, de nous faire éjecter du pays et d’être encore plus dans la merde. C’est la même chose pour le Royaume-Uni. Il y a bien quelques pays en Europe qui ne demandent pas de permis de travail, mais il y a toujours d’autres coûts qui se rajoutent, tel que les billets d’avion. Nous avions bien sûr des petits boulots durant les quelques mois où nous n’étions pas en tournée, mais au final c’était juste assez pour payer les billets d’avion et les dépenses à l’étranger.
10. Vous n’avez jamais eu de bassiste dans le band, est-ce que cela va changer éventuellement ?
– Nous n’en avons jamais eu et nous n’en aurons jamais ! 😀
11. Quels sont les plans pour Wormrot pour les prochains mois/années ?
– Nous sommes présentement en processus d’écriture pour le 3e album, mais nous prenons notre temps, nous ne voulons pas faire du travail bâclé. Nous ne ferons pas de tournée pour les prochaines années, mais ce n’est pas la fin !
12. Vous allez certainement revenir en Amérique, est-ce que le Canada et le Québec seront sur votre liste de places à visiter ?
– Bien sûr que nous allons revenir en Amérique, mais je ne sais pas pour le Québec, c’est la manager qui décide !
13. Un mot de la fin ?
– Nous ne sommes pas morts, loin de là. Nous espérons pouvoir revenir en force d’ici 2016 !
Désagréablement vôtre, D-A.






