Voici le compte rendu de Dany Marchand et les photos prises par Yohann Steinbrich lors du spectacle de Insurrection présenté par DMBH Prod au Piranha Bar de Montréal le 9 décembre 2023 et qui mettait également à l’affiche Sarkasm, PolymorphiK et Dismayed.

 

 

Compte rendu

Ce soir, DMBH Prod nous offre ce qui a tous les airs du party de Noël de la scène Death Metal en sol montréalais. Alors que le promoteur Samuel Côté ramène dans la grande métropole le band originaire de Gatineau, Insurrection, pour la première fois en 4 ans. C’est au 2e étage du célèbre Piranha Bar que la magie festive des chants gutturaux s’opèrera ce soir. Pour assurer le réchauffement des corps et des esprits, Dismayed, Polymorphik et les vétérans de Sarkasm s’occuperont d’allumer le brasier.

L’évènement semble déjà être une réussite vu la foule imposante et surprenante pour un samedi soir en pleine rue Sainte-Catherine effervescente de vie.

La crème des supporteurs et des artistes de l’underground de la ville est là. Réuni tous ensemble, souriants et fraternels, prêts à festoyer jusqu’à tard!

 

 

Dismayed

La formation montréalaise, dont la réputation n’est plus à faire sur les planches de la scène locale, a la tâche de donner le ton (très grave) à la soirée.

Et c’est dans un fracas brutal qu’ils viennent enflammer avec une puissance incandescente les gens présents. Le vocaliste, Marc André Langlois, me mentionnait avant le concert qu’une grippe laissait planer un doute sur sa performance ce soir.

Hé bien, la bête de scène a combattu l’attaquant viral et fait taire tout soupçon d’échec, car sa prestation est de haut niveau vocalement et dans sa présence scénique. Une voix bien grasse et un cri strident sont harmonieusement amenés pour supporter la ligne musicale de la formation qui arrache tout sur son passage.

Derrière la batterie très peu garnie, un jeune et talentueux percussionniste occulte l’absence des multiples tambours et cymbales en orchestrant un jeu qui remplit avec autorité tout sentiment de vide possible avec aisance et charisme.

Aux grattes, les guitaristes échangent les rôles sur la rythmique et les solos avec une fluidité déroutante tout au long de leur matériel original. La basse prend amplement sa place et se démarque en apportant sa propre touche au chaos maitrisé qui règne en maitre durant les trop courtes 35 minutes de cette mise à feu !

1er entracte ou interlude entre poils.

Un rapide changement d’instrument (nous permettant d’assimiler ce qui vient de déflorer nos oreilles demandantes) nous laisse le temps d’aller prendre un breuvage servi par le très sympathique maître des consommations derrière le bar, ou encore rejoindre nos concitoyens métalleux fumeurs à l’extérieure pour discuter de musique et de ce qui nous passionne.

 

 

PolymorphiK

Faisant son apparition maintenant, le groupe Polymorphik s’impose en chef comme second acte de violence. Les fans sont présents et se font aussitôt entendre en clameur partagée de fond en comble de la salle.

Un son cristallin et bien défini véhiculé par l’ingénieur du son derrière la console vient caresser nos tympans affamés de musique fâchée. C’est avant tout la technicité des protagonistes qui nous prend par surprise aux premiers accords et chants. C’est droit, bien composé, et on plonge dans leur créativité qui comporte plusieurs niveaux plaisants à découvrir.

Le voyage dans l’univers de Polymorphik est enclenché et on ne veut pas de billet de retour. Succédant au titre d’ouverture joué, une petite jasette tout en simplicité et douceur avec le chanteur nous permet de savoir que l’intégralité du nouvel album, en lancement ce soir, sera performée.

C’est huit compositions toutes fraîches qui sont alternées par la présentation de ces dernières qui meubleront les 45 prochaines minutes.

Comment définir en un mot Polymorphik ? Très simple : polymorphique !

C’est une valse entre toutes les influences musicales des membres, et on danse avec eux en découvrant des saveurs intemporelles.

Dans les pas de danse de cette valse, on y remarque :

  1. Du death metal vintage de la vague floridienne
  2. Du tech-death de notre ère,
  3. Quelques mouvements thrash metal subtiles de la bay area.
  4. Et en trame de fond, du hardcore new-yorkais amené par le bassiste.

J’aime vraiment quand un band se sert de toutes ses ressources et c’est le cas avec ces cinq musiciens. On apprend que le génie derrière leur produit est le guitariste soliste qui est aussi à l’origine de la fondation de Polymorphik.

Pour un métal intelligent avec une voix ultra bien contrôlée. sautez sans hésitation sur ce nouvel album qui occupera assurément vos listes de lectures ou collections!

 

 

Sarkasm

La marche des vétérans du métal est enclenchée. Les légendaires Sarkasm, qui nous ont offert tout un retour cette année, arrivent sur scène chargés à bloc durant leur séquence d’introduction.

Le 3e acte et non le moindre ouvre les hostilités de manière explosive et dynamique. Le temps n’a aucun effet sur l’énergie que déploient ces cinq musiciens de haut talent sur scène. L’expérience des membres n’a d’égale que leur plaisir de recommencer à exercer leur passion à nouveau.

On ressent dans les yeux des artistes et les mots du vocaliste de renom, Bruno Bernier (aussi frontman du groupe Obliveon), l’énorme bonheur de retrouver leurs anciens (tout comme leurs nouveaux) admirateurs et amis de la scène québécoise. Et ce sentiment d’une titanesque réciprocité, car la fosse est maintenant active, Bruno y va même d’un bon vieux body surfing !

Le son qui parvient à nos canaux auditifs est impeccable. Le batteur Simon Thibodeau est un réel char d’assaut derrière les percussions. Un métronome humain doublé d’un génie créatif dans sa manière de bâtir sa part des œuvres. Une force brute et précise dans tous les sens du terme.

Toujours autant en puissance, Dave Bouchard alias Dizzy, nous assène de très lourds accords de basse avec la présence scénique imposante qui lui est propre. Son jeu est partie intégrante de l’atmosphère unique créée par la formation originaire de Granby.

Le niveau de précision neurochirurgicale des guitaristes François-Yves Parent et François Dubuc est si élevé, qu’on se croirait en plein milieu d’un mosh pit en bloc opératoire ! Des riffs qui pénètrent dans tous les pores de notre peau et qui habiteront nos corps et esprits pour les jours à venir.

On apprend aussi qu’enfin ils peuvent réaliser un vieux rêve de jouer avec Insurrection après plusieurs infructueuses tentatives. Le maitre de la voix arbore même un chandail du band, délaissant son classique habit blanc pour le noir complet.

Un rugissement d’applaudissements et de cris accompagne nos guerriers vers le repos bien mérité après une prouesse musicale sans faille.

 

 

Insurrection

Après une longue attente de plus de quatre années, la tête d’affiche en provenance de Gatineau fait sentir sa présence.

Les troubadours barbus, dignes soldats de l’élite métallique technique locale, sont dans la métropole et le massacre peut commencer! Le Piranah Bar tremble sous les pieds nus de notre barbu roux en « chest » préféré Steph Jomphe. Le charisme, l’ardeur démente et l’implacable férocité de l’algarade lyrique du growler viennent aussitôt prendre possession de l’audience.

Ça bouge de partout, des molécules en effervescence produisant une chaleur intense au mètre carré. Les musiciens se téléportent pratiquement d’un bout à l’autre de l’autel du death technique. Le déchainé Antonin Fuzz nous communique son usuel enthousiasme à coup de regards enflammés et coups de gratte à vitesse grand V (V pour Violence).

De l’autre côté, toujours aux cordes, un petit nouveau (ou presque) Mikael Bürch prend toute sa place au sein de la symbiotique formation. Un prodige de grand talent dont on souligne aussi l’anniversaire ce soir. La tornade rouge Martin Samson fait rugir sa basse avec toute sa splendeur en arpentant tel un démon marathonien le bois des planches, brulant tout sur son passage.

De vieux classiques musicaux (ainsi que le retour de l’indémodable segment du casque et du ballon de football) sont offerts et donne le tempo du répertoire ce soir. Parlant de tempo, le donneur de cadence Jay Cross est un intraitable train roulant de rythmes endiablés.

Toutefois, grosse surprise pour nous, deux nouvelles compositions ont été déposées dans notre bas de Noël. Sans rien vous « ’spoiler », l’achat du prochain album est une nécessité !

Rires, headbangs, et bousculades amicales auront comblé la grande finale de cet évènement qu’il ne fallait pas manquer !

Notre party des fêtes est fait, merci à l’organisation, au bar et aux groupes pour le plaisir de nos sens comblés !

 

-Texte: Dany Marchand
Photos: Yohann Steinbrich