by Lex Ivian | Mai 7, 2013 | Chroniques, Portrait Amnesia Petite-Nation Rockfest
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Le groupe punkrock The Menzingers a été formé en 2006 à Scranton en Pennsylvanie quand Barnett qui était dans Kos Mos vient rejoindre ses 3 comparses (May, Keene et Godino) qui étaient déjà réunis dans Bob and the Sagets. Un 1er démo sort dans l’année et reçoit un bel accueil aboutissant dans le Top 10 de plusieurs critiques de la scène underground. Ils nous présentent alors une musique aux racines pop-punk avec une touche de ska et reggae. L’année suivante, ils lancent leur 1er album, « A lesson in the abuse of information technology » sur Go-Kart Records. Le producteur de l’album, Jesse Cannon avait dit à l’époque
The Menzingers have it all, the songs, the aggression, the heart and the passion that most only dream of.
Voici la pièce-titre performée live l’an dernier quelques jours avant Noël dans leur ville. Un vrai party à ce qu’on peut voir.
La promotion de leur album à l’aide de multiples tournées américaines a fini par attirer l’attention de Red Scare Industries en 2008 et ils sortent un EP de 4 pièces en 2009, « Hold on Dodge ». La pièce « They speak of my drinking but never of my thirst » montre bien la capacité de The Menzingers à écrire des compositions avec des « sing along chorus » catchy.
Leur association avec Red Scare permettra la sortie de leur 2ème album, « Chamberlain waits », toujours fidèle à leurs racines. Leur popularité grandissante les mene à signer avec Epitaph Record en 2011 mais Red Scare qui avait déjà les pièces « The obituaries » et « Burn after writing », les sortent dès le début de 2012 ce qui devient un avant-goût de leur plus récent et 3ème album, « On the impossible past » paru en février 2012. Voici d’ailleurs, « The obituaries » lancé en tant que « single » de l’album par Epitaph.
On peut constater une évolution vers un son un peu plus pop, moins raunchy qui continue de bien servir leur capacité à écrire des mélodies catchy. Leur performance sur stage au Amnesia Petite-Nation Rockfest 2013 devrait devenir un beau petit party, surtout qu’ils seront tout frais sortis de leur tournée de 18 shows en 20 soirs dans l’est des USA. On devrait donc voir un show bien « roadé ».
See Ya in the pit
Lex
by Luc St-Laurent | Mai 7, 2013 | Critiques de Shows
C’est le samedi le 4 mai dernier que s’était réuni à L’AgitéE trois des meilleures formations métal de la région de Québec pour un spectacle au profit des gens atteints de la maladie de Parkinson, organisé par Marco Chabot et Marc Lavoie et animé par nul autre que Dave Rouleau d’Ondes Chocs, que j’ai finalement rencontré en personne pour la première fois, incroyable n’est-ce pas?
Mission accomplie puisque le spectacle affichait complet et que c’est devant un public très enthousiaste de plus de 150 personnes que se sont succédé tour à tour Ancestor’s Revenge, Kälter et Blinded by Faith, dont l’unique but était de faire trembler la terre au son de leur musique énergique!
C’est donc peu après 20h30, et une brève présentation de l’animateur et maître d’œuvre d’Ondes Chocs, que la terre trembla pour la première fois, alors qu’Ancestor’s Revenge est monté sur le stage pour nous jouer la quasi-totalité de leur premier album The Archaic Return, dont ma critique est toujours disponible ici. Cette généreuse prestation s’est débuté en force avec Fakir et a conservé son intensité durant la totalité des 9 pièces interprétées devant une foule qui semblait déjà réchauffée dès le départ. À mi-chemin, on a bien évidemment eu droit à l’apparition d’un personnage pas comme les autres, le désormais mythique Goatier et sa bouteille de Jack Daniels, incarné par le très impliqué Jonathan Gauthier qui est également batteur du groupe Haeres et collègue chez Ondes Chocs. Alors que Bob et Mo arboraient tous deux leurs reliques de Slayer, le groupe a inévitablement tenu à rendre hommage à un des pères fondateurs du thrash metal, en dédiant spécialement la pièce Conjunction of Opposites à Jeff Hanneman décédé subitement cette semaine. Le tout s’est conclu par Waking Dream, qui résume très bien l’ensemble d’une prestation sans failles et avec un son tout à fait impeccable dès les premières notes, même aux abords de la scène et ce, autant pour Ancestor’s Revenge que pour les groupes qui ont suivi.



Ensuite, après une seconde apparition de l’animateur maison, qui n’avait pas à faire un énorme effort pour faire réagir la tribu qui s’était spécialement déplacé pour ce deuxième groupe de la soirée, que Kälter est monté sur scène. Pour ma part, j’avais adoré leur premier album Spiritual Angel dès sa sortie, mais j’avais un peu moins embarqué dans le virage très rock progressif effectué dans Ubuntu. Un univers qu’il faut vraisemblablement apprivoiser à travers certains rituels d’initiation, afin d’apprécier toutes les nuances et subtilités de ces longues escapades musicales complexes qui avaient malencontreusement la fâcheuse manie de perdre quelques-uns des non-initiés tout comme moi. Heureusement, un bon nombre de gens présents avaient déjà fait leurs devoirs et participaient allègrement à un des plus gros « circle pit » qu’il m’a été donné de voir à L’AgitéE qui a tremblé pour une seconde fois! Somme toute, la foule fut encore une fois très réceptive à ces excellents jeunes musiciens qui ont visiblement le talent et la créativité nécessaire afin d’émerger de la masse. Kälter a d’ailleurs réalisé une interview vidéo en coulisses après le spectacle avec Dave Rouleau pour nous parler entre-autre de leur expérience au concours En route vers le Heavy MTL, celle-ci sera disponible sous peu, ici-même sur le site d’Ondes Chocs.



Après une dernière intervention de Dave qui a tenu lui aussi à rendre hommage à Jeff Hanneman, avant de céder la parole à Marco Chabot, l’organisateur du Parkinson Métal qui a remercié chaleureusement tous les participants de cette soirée réussie et à nous a glissé quelques mots sur sa terrible maladie dégénérative, démontrant par la même occasion le courage d’un homme face à ce mal tristement incurable.
Finalement, c’est au son d’une puissante introduction orchestrale que les vétérans de Blinded by Faith sont montés, sur une scène complètement redécorée par des toiles à l’image du groupe, pour provoquer une dernière secousse. Avec un répertoire pigeant dans les 3 albums de leur discographie, Torby n’a toutefois pas oublié de nous rappeler que certaines de ces compositions dont Tear the Purple Curtain et Under an Occult Sun fêtaient leurs 10 ans d’existence, celles-ci ne semblaient pourtant pas avoir pris une ride. Nous avons eu droit à une autre solide performance exécutée par des musiciens d’expérience et son frontman qui a réussi lui aussi à tirer ce qui restait d’énergie d’une foule qui commençait à s’exténuer, faisant participer les plus jeunes d’entre eux, incluant certains de ses anciens élèves du secondaire qui en redemandaient encore par-delà le Dead End! Un souhait qui fut exaucé avec un rappel!



Eh oui la terre a bel et bien tremblé trois fois en ce samedi de mai, et alors que tous se préparaient à plier bagage et terminer une dernière bière, certains survivants de ce triple séisme s’en sont donné à cœur joie dans un slam épique sur quelques demandes spéciales de Slayer dans un ultime hommage à Jeff Hanneman!

Lucas – Kalter

Jeff – Kalter


Pados et Mathieu – Kalter

THE Gros Cave (Dave de Ondes Chocs)


Blinded By Faith

Richard – Ancestors Revenge

Ancestors Revenge

Ancestors Revenge

by Lex Ivian | Mai 6, 2013 | Critiques, Critiques de Shows
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Jeudi avait lieu la dernière ronde de qualification du concours « En Route vers HeavyMtl » organisée par Dungeon Works Productions aux Katacombes. Encore une fois, c’était une soirée qui promettait d’être relevée avec la présence dans l’ordre de prestation, de Eclipse Prophecy, Kälter, Transcend et Unbeing. 4 groupes que je n’avais encore jamais vu en spectacle. Du power, du prog, du epic, beau programme.
Dans tout ce beau programme, une surprise m’attendait.
Lex, on est juge, jeudi soir. – Dave
Hein, tu montes à Mtl?
Non, pourquoi??
Quand j’ai ce genre de conversation avec Dave, vous comprenez tout de suite comment la connaisssance de la sémantique peut parfois servir à distinguer rapidement quand le Patron utilise le « on » exclusif qui inclut moi mais pas lui …. La question qui suit sert naturellement à confirmer mes soupçons, ce qu’il fait par sa réponse interrogative au caractère élusif.
Je me dirige donc vers les Katacombes avec la double tâche de couvrir la soirée pour Ondes Chocs et de siéger à la table des juges qui pour l’occasion avait 2 habitués, Jon Asher et Jason Rockman et quelques autres visages nouveaux dont les 2 juges invités James Labrie, chanteur de Dream Theater et Dominic Forrest Lapointe, bassiste de renom de la scène locale. Y’avait aussi Frank du Profusion Metalstore qui remplaçait comme moi à la dernière minute et pour qui c’était la 1ère expérience de juge.
Nerveux, Frank?
Ouan, c’est ma 1ère fois …
Bah, une fois que tu aura donné tes 1ers commentaires au micro, ça devrait aller mieux mais juste avant c’est un peu stressant …
Quoi? Commentaires au micro ….
Ah, tu savais pas! Va parler à Michelle ….
Un petit flottement dans les yeux de Frank et voilà justement Michelle qui se pointe pour annoncer que la soirée débute bientôt. Quelques explications sur notre rôle et la façon de faire et on est prêt.
Le 1er groupe Eclipse Prophecy allait aussi nous montrer de nouvelles faces. Déjà que Landryx à la batterie est un session drummeur depuis plusieurs shows, ils viennent de réintégrer leur ex-bassiste, Danny le frère de David McGregor, le frontman guitariste/chanteur du groupe. Pour finir le collage, malheureusement pour eux, ils annonçaient le 19 avril que leur guitariste était blessé au poignet et ne pourrait jouer. Il a donc été remplacé par Pierre-Olivier Mérizzi à qui je lève mon chapeau pour la belle démonstration de son talent. Dans les circonstances, ils s’en sont bien tirés. Leur principal problème, facilement excusable, aura été un manque de cohésion et fluidité dans la progression de leur prestation. Par contre, on a pu quand même apprécier un jeu solide des guitares et bien sûr, puissance et précision à la batterie. La soirée commençait bien.
La tribu de Québec, Kälter, allait suivre avec leur musique prog épic. Ils ont réussi instantanément à créer des headbangings et headmills avec leur musique aux riffs accrocheurs tout en étant technique. Une belle instrumentation – Une belle réaction de la foule pour le seul groupe de la soirée qui n’est pas de la région de Montréal. La tribu s’agrandit. Tant mieux! Les gars le méritent bien et leur approche festive leur gagnera d’autres adeptes dont moi. J’ai bien apprécié la présence de leur bassiste qui est funky/groovy et donne un beau petit spectacle en lui-même. Par contre, ça leur aurait pris un peu plus de place, le stage était un peu petit pour eux.
Après la musique aux dimensions épiques de Kälter, on allait être servi par un cocktail prog hardrock signé Transcend. Encore une fois, on avait un groupe qui avait dû composer avec des changements dont la perte de leur chanteur/guitariste. Le talent ne manquant définitivement pas au Québec, le chanteur et le guitariste qui ont pris la relève vont hors de tout doute permettre à Transcend de poursuivre leur aventure avec brio. On assistait également au retour du bassiste de l’album, un bassiste au talent avéré qui a réussi à en mettre plein la vue à tous. Une performance très solide, un beau baptème pour leur nouvelle formation.
Finalement, Unbeing, la formation instrumental de progdeath allait clore la soirée en offrant une performance qui a laissé pas mal tout le monde sans voix et plusieurs avec des maux de cou. Avec une musique dont la ligne directrice reste le chug-a-chug accrocheur du death metal, ils parviennent à nous envoyer toutes sortes de mélodies qui montrent les influences diverses du groupe sans jamais que les divers tableaux de leurs compositions aient l’air d’une mosaïque sans suite. Au contraire, ils font embarquer la foule avec leur musique sans que les interventions au micro soient nécessaires ce qui est une belle preuve de la qualité de leurs compositions et également de la groove qu’elles véhiculent. Et ils nous envoient tout ça avec une belle maîtrise et dextérité qui leur a permis de coiffer leurs adversaires et remporter leur ronde de qualification. Félicitations pour votre belle victoire!
Maintenant, nous connaissons tous les groupes qui s’affronteront lors de la finale soit Of Temples, Truth or Scare, Derelict, Death Lullaby et Unbeing. On souhaite la meilleure des chances à tous et on remercie et félicite tous les groupes qui ont participé à l’édition 2013 du concours. Ils nous ont donné de très belles performances qui témoignent de leur qualité. Merci également à l’organisation pour les opportunités offertes et à tout le personnel des Katacombes. Finalement, merci aux fans qui se sont déplacés en grand nombre pour leurs favoris.
On se revoit tous pour la finale.
by Marryah Noch Mulligore | Mai 6, 2013 | Critiques de Shows
Mettons que mon samedi était une journée mauditement idéale pour les Gin Tonics sur une terasse et le défonçage de tymphans. C’est la manière idéale de célébrer un début d’été qui a l’air de ne pas être d’la grosse bullshit cette fois-ci. On était le 4 mai et j’avais l’impression nette qu’on était au coeur d’la brutalité des grosses chaleurs torrides de juillet et c’était très largement dû au fait que le show que j’ai vu était d’une puissance de brasier qui fait la grandeur de Sherbrooke. Je savais que le party allait lever avec VITAL REMAINS en ville; même que je m’attendais jamais à ce que les gars débarquent ici et en toute sincérité, de la part du frontman qui avait vraiment pas l’air de s’emballer à en faire des stepettes endiablées entre les sets, y’avait une coupe de facteurs qui jouaient contre eux et qui auraient facilement pu rendre leur gig d’hier tout à fait impossible. Les derniers shows que j’ai couvert ont tous subi leur trôlée d’anicroches, mais aucun d’entre eux n’a été cancellé et les bands et équipes de production que j’ai vu se démener pour rendre ces shows possibles ont fait de la job complètement démente et je leur lève mon verre bien haut.
À mon arrivée au très cher Bar Woodstock qui regorgait de metalheads paradant fièrement sur la Wellington alors que je sirotais mes drinks en hommage à un Jeff Hanneman qui nous manquera tous amèrement (surtout si SLAYER s’invente un futur sans base réelle sur laquelle évoluer en son absence), j’ai pu être témoin d’un avant-goût assez torride de l’assaut mental et physique auquel la mini-foulée répandue aux quatre coins de cette salle sombre et assez large pour accueillir un public substantiel était sur le point d’avoir droit – en regardant PARETIC DEMENTIA s’échauffer. J’ai entendu des bribes de commentaires à leur sujet, mais c’était la première fois que je les voyais en action, et je me forge toujours ma propre opinion, malgré le fait que je trouve intéressant de connaître les feelings des gens sur les prestations qu’ils ont servi sur Sherbrooke par le passé, alors que j’étais soit sur un autre continent, soit dans une autre ville ou village à manquer l’essentiel des shows produits ici. Les gars ajustaient leur son en manquant pas de nous faire tous ressentir la probabilité réelle qu’on se fasse enterrer dans une belle grosse tombe en ciment assez rapidos à force de se faire scier le corps en deux par la pesanteur complètement débile des guitares, autant en termes de volume que d’attaque. Jusque là, ça promet. Je ramasse deux bières pour moi et ma tendre moitié, salue un fellow death metal maniac que nous reconnaissions tous deux de notre petit roadtrip du côté de SUFFOCATION la fin de semaine dernière, et je me plante juste devant le band en attendant avec une curiosité grandissante qu’ils se placent les pieds et se lancent les yeux fermés dans leur méditation apocalyptique.
Je dis bien méditation, car à part le frontman, qui était un peu comparable à un Corpsegrinder dans la vingtaine d’années dans son approche complètement (et très positivement, croyez-moi c’est un compliment!) schizophrénique, les autres musiciens étaient tellement concentrés qu’ils en avaient presque les yeux fermés. Le fait que la sono souffrait d’un manque sévère de considération pour les détails a vraiment donné une bonne raclée à ce set qui aurait pu s’épanouir dix fois plus si ce n’était de mon impression générale que le son était homogène à outrance et me donnait pas mal de difficulté à entendre ce que tous les membres de ce band faisaient sur leurs instruments respectifs – c’est mauditement dommage, car ils sont tous d’un professionalisme totalement notable. Leur approche au death est un mélange d’éléments ‘oldschool’ et ‘newschool’ – de ce que j’ai pu entendre. Je dois dire que l’utilisation excessive de contre-temps, constellant la structure de chacune des tounes à un niveau qui a strictement rompu l’efficacité des passages plus slam qui dénombraient une multitude de hooks très efficaces et impressionants, n’était tout simplement pas ce que je qualifierais de nécessaire. Ces gars-là savent forger un son qui est assez brutal et complexe sans avoir le besoin absolu d’avoir recours aux passes prog impulsives au coeur de leur style de violence qui aurait bien pu être plus mémorable si ce n’était de leur impression qu’il est fortement utile d’avoir une vibe calculatrice scientifique d’un bord à l’autre du set. Malgré le fait que j’arrivais pas à accrocher à la majorité des tounes pour cette raison, j’ai aussi trouvé que c’était passionant de regarder les gars jouer une musique aussi ‘multi-layered’ sans l’ombre d’un oubli ou d’une erreur visible à l’oeil nu. Leurs doigts dansaient sur les fretboards à une vitesse folle, le frontman se garrochait un peu partout dans la salle telle une tornade de force redoutable, le bassiste faisait du tapping complètement artistique à regarder et le drummer assurait derrière tout ça en étant complètement bordé dans sa bulle que rien ni personne n’aurait pu péter. Chapeau pour une prestation du tonnerre qui me démontre que ces gars-là sont loin d’être perdus dans la brume; ils savent ce qu’ils veulent projeter et réussissent à convaincre et s’ils ont du fun avec leur propre blueprint, tant mieux pour eux, c’est important de se dédier à ce qu’on aime faire. Ils n’ont pas emprunté la voie la plus simple avec un mashup de différents types de death metal gouverné par des sigantures de temps entrant souvent en grand conflit, tantôt pour le meilleur, tantôt pour le pire.

Paretic Demantia
Après avoir été fumer sur la terrasse arrière du bar pour tergiverser un peu avec mon fiancé et notre ami fanatique de death metal technique qui semblait être très d’accord avec nous sur le manque d’efficacité de la sono sur ce set qui aurait largement bien fait de nous donner l’extase de se munir d’une loupe pour observer toutes les subtilités du songwriting de PARETIC DEMENTIA, nous sommes entrés à la mi-première-toune de MEAT THE GRINDERS, qui ont pris quelque chose qui ressemble à seulement une dixaine de minutes pour préparer leur set. Y’a pas à dire, c’te gang-là c’est du feu rouge pétant. Ils étaient trois; leur guitariste s’est éclipsé et leur bassiste a donc assuré pour le riffing tout le long de ce set sans montrer la moindre trace d’incomfort dans sa position. Le son de ce band m’a pris par surprise. Non seulement, tout d’un coup, la sono nous permettait d’entendre absolument tout ce qui se passe sur le stage, mais j’ai pu constater que j’avais soudainement devant moi un groupe de death metal à saveur technique et un peu psychédélique qui me plaisait entièrement. Leurs ‘licks’ complètement psychotiques ont su me charmer et me redonner une concentration appliquée sur ce que j’avais devant moi. Ce bassiste devenu guitariste est un phénomène de la nature; la frontwoman avait un ‘growl’ qui n’est pas des plus variés, mais qui était tout de même constamment sur la coche et son imposante prestance couronnée de dreadlocks était bien agencée à la vibe que je recevais des deux autres membres du groupe. Le drummer défonçait son kit avec plusieurs types de techniques qui se croisent de façon tout à fait sans failles; le tout coulait comme de l’eau. La touche humoristique apportée à chacune des compositions semblait d’un sérieux tout à fait convaincant avec un background aussi étoffé. Des tounes sur les »asti de voleurs de lighters » et sur le pâté chinois, j’savais pas que ça aurait l’occasion, un jour, de sonner comme du BLOTTED SCIENCE on ‘roids. J’ai eu l’heureuse expérience de constater que Sherbrooke a, dans sa scène, un band qui se prouve capable d’une telle prouesse. Bravo, ne disparaissez pas!

Meat the Grinders
OATH, c’était une toute autre vibe. Je dirais même que le mot ‘vibe’ est le point de focus central de ce set qui m’a vraiment hypnotisée sur place d’une manière un peu mystique et fortement appréciable. Le fait que l’éclairage était gouverné par les tons rouges rendait la salle très sombre, et ça ajoutait à la prestance des membres de ce groupe in HEAPS. Le drummer, comme je me l’avais fait promettre quelques heures avant le show à l’arrêt de bus, pulvérisait son kit; que ce soit dans l’approche down-tempo, mid-tempo, ou way up there with the birds up in the sky – le gars était une bombe atomique de renom. Le style présenté ici correspondait à une version très oldschool du death-black, entrecoupé de passages plus blackened trash, et ce type de mélange est, ma foi, largement le bienvenu sur la scène locale qui me semble être moins luxuriante dernièrement en termes de groupes qui nous présentent cette approche plus particulièrement. Le frontman était pratiquement plié en deux par la force de son focus tout le long du set et il avait un côté un peu Nergal dans ses mouvements lents à saveur théâtrale. On aurait dit que leur performance était une sorte de rituel d’invocation qui faisait une ouverture parfaite au set de VITAL REMAINS qui suivait juste après. Je me rapelle m’avoir tourné pour souffler dans l’oreille de mon mec, à la mi-set, que l’énergie de ces gars-là est palpable et quelque chose de rare.

Oath
VITAL REMAINS ont pris le stage avec un nouveau guitariste aux airs asiatiques et je me suis ramassée à penser à Herman Li en l’écoutant tergiverser sur scène pendant que le frontman le présentait à la foule. L’histoire de la présence de ce mec sur scène avec le band ce soir-là est des plus décoiffantes. Ça a l’air que deux jours avant, le guitariste original de VR se serait poussé – il a tout simplement décidé qu’il ne continuait pas cette tournée, et malgré le fait que je n’ai pas tous les détails (me demandez pas s’il est dehors du band pour de bon – on va tous le savoir en même temps via Blabbermouth dans les semaines qui suivent la tournée, je le devine), le frontman était mauditement fâché par la situation et de manière tellement extrême qu’il a carrément lancé quelque chose du genre « I’m gonna make you suck my fucking cock in hell you MOTHERFUCKER » en son honneur. Laissez-moi vous dire que le trou que ce guitariste apparemment ambivalent a laissé derrière lui (hier soir en tout cas) n’était pas béant – le remplacement choisi par le groupe a appris leur set en dedans de deux jours!! Il ne participait pas à toutes les tounes, mais était sur scène assez souvent pour nous faire réaliser, au public et au band, qu’il est un phénomène à retenir; ce gars-là devrait faire partie d’éventuelles tournées de VITAL REMAINS et j’espère qu’il aura l’occasion d’improviser des compositions dans un futur très proche, il a fait de la sacrée bonne job et j’ai eu l’impression claire que ça fait quelques années qu’il fait de la scène aussi. Pour revenir au reste du band – le frontman était évidemment énergisé par ses frustrations du jour, car sa performance était des plus menaçantes et efficaces – il tient son bout, ce qui doit pas être facile à faire quand t’es dans le band que backait anciennement Benton. Il a taillé sa place – y’a pas à dire. Le drummer était assez badtrippant à voir et j’ai parlé de variantes très créatives sur les drumming techniques depuis le début de ce review – ce gars-là nous en servait une pelletée assez hallucinogène. Le set était composé de tounes oldschool qui ont brassé la foule – le public a réussi à dropper le frontman sur le crâne quand il s’est garroché dans le pit, mais le gars n’avait pas l’air traumatisé; il est remonté sur le stage sans capoter et n’avait pas l’air magané du tout – chapeau. Il a réussi à créer un beau « wall of death », phénomène que je trouvais beau à voir dans l’ambiance Woodstockienne. Le set fût clôturé par « Lunatic of God’s Creation », nous démontrant l’affection (très évidente d’un bord à l’autre de la discog de VITAL REMAINS) du groupe pour DEICIDE.

Vital Remains
C’est la première fois que VR débarquent à Sherby Town, et j’espère que y’aura une deuxième shot. Franchement, si ce guitariste reste avec le groupe, c’est crissement pas par luck; il a établi sa place au sein du groupe avec un seul show. Je suis très convaincue de ce que j’avance. Bravo aux producteurs de cette soirée, vous avez donné matière à jasette à beaucoup de monde en dedans d’une veillée avec ce line-up très bien calculé et dosé. Lâchez pas.
-Noch
by Lex Ivian | Mai 5, 2013 | Critiques, Critiques d'Albums

Sanguine Glacialis
« Dancing with a hanged man »
(2012)
Lorsque j’ai découvert la pièce « La valse des condamnés » de SANGUINE GLACIALIS en 2012, immédiatement plus d’une chose avait attiré mon attention. Premièrement et naturellement, une pièce en français a le don de piquer la curiosité. Comment ça allait sonner puisque l’opinion générale est qu’il est difficile de faire de bons textes et d’être mélodique en français? Je vous reviens plus loin là-dessus mais dites-vous tout de suite que ma 1ère écoute de cette pièce m’avait donné le goût de les voir en spectacle où je m’y suis procuré leur album, « Dancing with a hanged man ». Au 1er coup d’oeil, la pochette m’a suggéré un univers où Lewis Carroll rencontre Tim Burton alors que la fiancée cadavérique est personnifiée par la petite Alice qui n’aurait jamais trouvé la sortie ou plutôt aurait trouvé celle qui mène encore plus loin au coeur de la folie.
C’est donc avec une curiosité attisée de plus belle que j’allais pousser « PLAY ».
L’album débute avec une intro d’un peu plus de 2 minutes, « Exordium », un mot latin qui signifie commencement, prélude – et pour les férus de rhétorique, il constitue la 1ère partie du discours qui non seulement nous annoncera ce dont il sera question mais doit également nous mettre dans des dispositions favorables à apprécier l’argumentaire qui sera développé. Des lamentations et des raclements sur fond de tonnerre qui annonce l’orage qui s’amène – constituent une belle entrée en matière et installent une atmosphère lugubre parfaite pour la suite.
La vraie 1ère pièce de l’album, « Goddess of the frozen souls », débute avec un pounding qui sera rapidement remplacé par le clavier (au son de clavecin) et une envolée de vocalise de leur chanteuse, Audrey, alors que derrière s’installe la batterie et les cordes. Je suis de retour à la période de la Renaissance quand tout à coup Mikaïl murmure pour remplacer le chant classique avec un growl torturé. Je quitte dès lors les atmosphères baroques pour passer dans un univers death mélodique agrémenté de la très belle voix de Audrey qui alternera avec les growls puissants, profonds et brutaux de Mikaïl. Le mélange des 2 voix et l’orchestration me rappellent les 1ers albums de Tristania et la vague de death symphonique qui s’est propagée au tournant du millénaire. On sent une formation classique dans leur instrumentation et également dans les structures de leur composition qui offrent de nombreux changements de rythmique sans jamais déstabiliser l’auditeur.
La pièce suivante, « The buccaneer’s lament », débute avec une intro de piano classique avec comme toile de fond, les vagues et autres bruits familiers aux corsaires qui sillonnaient les mers en quête de butins et d’aventure. Ces sons rappellent aussi les légendes et toutes les histoires qui entouraient la navigation en hautes mers. Corsaires, pirates et autres baroudeurs … quoi de mieux qu’une attaque de riffs powermetal où les guitares prennent le devant accompagnées par un martèlement de drum alors que le clavier forme la toile de fond, la ligne d’horizon vacillante. Le refrain arrive entonné en choeur par les filles sur un air de comptine et en français. Malheureusement, comme il est souvent le cas des comptines, elles ne servent qu’à apaiser nos peurs mais elles ne sauvent personne à la fin. Demander aux enfants de Elm’s Street!! Il y a aussi des atmosphères de musique de chambre tout en douceur et mélancolie avant que la violence se déchaîne de nouveau, faisant fi des comptines et emportant tout avec elle. Je dois dire que la 1ère utilisation du français dans le texte coule agréablement sur la musique faisant apprécier la beauté des vers et de leur rendu lyrique.
L’enchaînement avec la pièce suivante est « spooky » avec le clavier qui imite cris de spectres ou de sirènes (si vous êtes toujours sur le bateau de la pièce précédente) qui viennent hanter les premières notes et je suis projeté « In the heart of chaos ». Encore une fois je m’enfonce dans une pièce qui me surprendra par ses transitions bien amenées et continuera à me bercer par ses envolées lyriques. Ça démontre encore une fois leur belle versatilité. L’utilisation du piano et de la guitare acoustique pour clore la pièce ramène cette touche nostalgique qui convient tout à fait.
C’est à la pièce suivante qu’entre en scène « Alice au pays des pendu(le)s ». Perdue dans le temps, perdue dans l’irréel, elle cherche la sortie, la solution. L’utilisation du vocal lyrique pour narrer l’histoire alors que le growl sert à personnifier la menace est très efficace. De plus, les diverses transitions me font imaginer les moments d’égarement et les courses éperdues qui mènent Alice toujours plus loin au creux de la démence. Si vous n’êtes pas sûr de la menace contenue dans la voix de Mikaïl, écoutez attentivement la fin de la pièce.
Lorsqu’est arrivée « La valse des condamnés », j’avais trop hâte de la réentendre dans le contexte de l’album et je dois avouer qu’elle occupe une place judicieuse dans la suite de l’histoire (que je me suis imaginé lors de l’écoute). Après avoir affronté et perdu mon âme aux mains de la déesse blanche, m’être égaré en mer et avoir pénétré au coeur du chaos, avoir suivi Alice au plus profond de sa folie et compris que ma seule issue est la mort, il était plus que temps d’entreprendre la danse qui m’emporterait vers mon inéluctable destin. Une intro à la guitare sèche avec une envolée lyrique me ramène l’atmosphère nostalgique nécessaire pour un cortège funèbre. Puis la pièce nous transporte dans de multiples variations dont une passe death mélodique aux growls féminins exquis et naturellement de la très belle valse. La-la-la, la-la-la, la-la-la’ … la-la-la,
Le duo Timeless I et II débute avec une ambiance théatrâle amplifiée par l’utilisation de la voix narrative. Un tableau monté en 3 actes qui permettent encore une fois via les transitions de vivre l’évolution de l’histoire et le revirement de situation. L’utilisation du tuba, dans la 2ème partie, est une autre petite perle cachée qui s’amène pour me rappeler que SANGUINE GLACIALIS sont inattendus mais rarement non pertinents.
La dernière pièce, « The damned king », débute avec un roulement de tambour militaire qui met en place une atmosphère majestueuse. Je peux apprécier de nouveau leur habileté à construire des ambiances épiques et puissantes parfaites pour raconter l’histoire d’un roi …. même déchu car cette descente aux enfers provoque la malédiction qui déferle sur les terres. Death to all!
Je pourrais …. mais vous avez compris que je suis complètement ravi par cet album qui marie à merveille plusieurs des genres métal que j’aime à des orchestrations classiques. L’utilisation de diverses formes de chant et leur façon de rendre les textes constituent également des facettes intéressantes de leur identité qui permettent de créer les diverses atmosphères de leur imaginaire lugubre et sombre, très bien dépeint par une belle poésie qui brosse des tableaux où tout le cinéma se passe entre vos 2 oreilles. Sanguine Glacialis ont créé un deathmetal aux orchestrations classiques qui aurait sa place dans tous les châteaux …………. de l’enfer.
Pour les amateurs d’Avant-Garde metal, je vous le recommande très fortement. Pour tous les autres, cet album devrait vous permettre de découvrir et d’apprécier un genre musical aux structures variées dont le death metal reste le fil conducteur.
Bonne écoute
Lex