by Chris Wheeler | Mar 24, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Pallor Mortis
« The Art of Terror »
Self Released/Independent
2014
Emerging from the cold, dark depths of the Montreal underground, PALLOR MORTIS are set to unleash their debut full length record, « The Art of Terror« . Brimming with traditional Death Metal malice, the group professes a kindred link to Morbid Angel’s early sound and the assessment isn’t too far off. From their first self-titled EP in 2011, the band has grown to singularly capture the rabid energy and technical prowess to satiate fans of Floridian Death Metal and even a little Behemoth. Bookmarked between an ambient intro and outro, the album sets in motion hyper vicious riffs with militant strife, very similar to what the Polish lads are doing right now, especially on « Vengeance Basks in Vestiges of the Past« .
From there, the songs vary in degree from stop and go rhythms and blast beats in « As Man Behold its Scorching » to a deliberate crunch on « To Sever; the Art of Terror » and « The Chthonian Pyre of Salem« . Meanwhile, album highlight, « Gorged Flesh Adorned Their Shores« , features a stunning bass line scale accompanied by an infectious main riff; technical but not over done. Deep, husky guttural vocals lead the music in lyrical anguish as vocalist, Vince O’Leary relays tales of torture, agony and enslavement in very well written passages that visually set the tone for the album’s concept. Notable too is the soundscape of ocean waves hitting the shore in the instrumental, « Fretum« , a perfect interlude that breaks the barrage of chaos, nicely.
With a debut that will quickly garner the band some significant attention for the songwriting alone, the sound of the record may be on the thin side. With brutal Death Metal priding itself on heaviness, « The Art of Terror » sounds very well produced, but somewhat crisp and « unfeeling », lacking in some bottom end. The musicianship is clearly present and the structures are enough to raise many eyebrows, but the final sound needs a bit more « snarl ». That being said, PALLOR MORTIS certainly have an album that’s worthy of repeated listens and for a debut, heads will bang!
Standout Tracks: « To Sever; the Art of Terror« , « Gorged Flesh Adorned Their Shores« , « The Chthonian Pyre of Salem »
8/10
Chris
by Louis Olivier Brassard Gelinas | Mar 24, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Neige et Noirceur
« Gouffre Onirique et Abîmes Cosmiques »
(2014)
Sepulchral Prods
«Gouffre Onirique et Abîmes Cosmiques»
«Future Torture»
«Écho des Abysses»
«Le Portail de Kadath»
«La Marche des Astres Noirs»
«Les Cavernes de Glace I»
«Les Cavernes de Glace II»
«Les Cavernes de Glace III»
Projet productif s’il en est un, Neige et Noirceur, « one man band » de l’infatigable Spiritus nous revient cette année avec un quatrième opus complet s’additionnant à une discographie prolifique de 17 sorties (singles, splits, compilations, EP, démos et albums confondus) en 9 ans d’existence. Devant une telle production artistique, l’auditeur critique est en droit de se questionner, à la vue de la superbe pochette, œuvre de Spiritus et de Chimère Noire, dépeignant une silhouette humanoïde revêtue d’un cloaque invoquant le cosmos étoilé dans une caverne aux figures statuaires imposantes, sur la pertinence et la fraîcheur dudit album. En effet, l’univers du Black Metal atmosphérique est parfois contaminé par des projets solos qui régurgitent les sorties médiocres et/ou répétitives à un rythme effarant. Jusqu’ici, cependant, Neige et Noirceur nous a habitués à un niveau de qualité constant dans un registre mettant en avant, plus que tout autre élément, des atmosphères glacées et sombres. La question est donc de savoir si Spiritus continuera dans la même voie avec « Gouffre Onirique et Abîmes Cosmiques« , ou s’il saura nous proposer de nouveaux éléments qui rehausseront l’intérêt face à son projet? D’entrée de jeu, la réponse sera certainement positive.
Tout d’abord, plutôt que de s’orienter dans une direction totalement novatrice que l’ont pourrait affubler du suffixe « Post– » tel que ses compatriotes de Sombres Forêts et Gris l’ont fait avec beaucoup de succès l’an passé, Spiritus préfère se diriger vers un retour aux sources du Black Metal atmosphérique. Ainsi, le nouvel album de Neige et Noirceur est centré sur des motifs de guitare cycliques et épiques qui rappellent immédiatement les années 1990. Toutefois, cela ne signifiera pas pour autant que le côté ambiant du projet sera relégué aux oubliettes, loin de là. Effectivement, l’ajout de claviers aux textures froides et obscures ainsi que de trames sonores typiques du style de Neige et Noirceur seront immédiatement reconnaissables.
De cette façon, la pièce titre de l’album, offerte comme mise en bouche au reste, présente une introduction de guitares distordues sur un tempo lent rappelant fortement certaines pièces du maître de Burzum. La pièce présente ensuite un enchaînement de motifs cycliques de guitare couplés à des vocalises mystiques et des nappes de claviers atmosphériques nous faisant voyager immédiatement dans un univers onirique mélancolique et froid. Puis c’est au tour de « Future Torture » de s’amorcer sur une introduction lente de claviers aux sonorités pouvant faire penser à celles employées par Satyricon sur « Dark Medieval Times« , puis Spiritus enchaîne avec une rythmique beaucoup plus rapide et encore une fois, centre cette composition sur de superbes motifs de guitares arrangés avec goût couplés à des voix tantôt gutturales, tantôt chuchotées et râpeuses. Spiritus poursuit avec les mêmes ingrédients assemblés de façon différente et y ajoutant d’autres épices comme des narrations lugubres sur « Écho des Abysses« , « Le Portail de Kadath » et « La Marche des Astres Noirs » qui s’enchaînent tel un voyage en des contrées entre cauchemar et rêve fantasmagorique. Puis, on retourne à un univers centré sur l’ambiance avec la suite en trois parties intitulées « Les Cavernes de Glace » qui se rapproche plus près du style développé par Neige et Noirceur sur ses albums précédents.
Côté production, on reconnaît une volonté de rester près du son Black Metal typique des années 1990 tout en proposant une qualité sonore permettant d’apprécier l’ensemble des instruments employés. Le résultat ainsi obtenu présente donc toutes les caractéristiques voulues dans ce style, soit des guitares bien sales, des percussions vibrantes, des textures sonores glacées, des claviers enveloppants et des voix mystérieuses et inquiétantes. Ma seule réserve quant à la production réside du côté de la sonorité des percussions programmées employées par Spiritus ou plutôt la combinaison de percussions réelles et de programmation. En effet, le mariage ne m’a pas semblé nécessairement heureux, puisque les percussions programmées conservent un son quelque peu plastique qui rompt de manière trop évidente avec le son organique de la batterie réelle. Cela dit, la qualité d’ensemble des compositions de ce nouvel opus est très élevée et la production vient clairement bien compléter le paysage sonore voulu par l’artiste.
En somme, Neige et Noirceur réussit, avec « Gouffre Onirique et Abîmes Cosmiques« , son pari de recentrer son Black Metal atmosphérique sur ce qui a fait la renommée de genre dans les années 1990, soit les froids motifs de guitare épiques. Toutefois, loin de désavouer le son très ambiant qu’il a élaboré au cours de ses albums précédents, Spiritus arrive plutôt ainsi à lui infuser un côté classique et une très belle profondeur dans les compositions qui font la force de ce nouvel album. Les amateurs d’ambiances sombres et glacés, tout comme ceux qui préfèrent un son typiquement ancré dans le Black Metal de la seconde vague seront donc comblés par celui-ci. Cet opus sera donc à consommer sans modération dans vos nuits de délire, à la lumière de chandelles et accompagné de sombre littérature occulte.
Pièces favorites : « Future Torture« , « Écho des Abysses« , « La marche des Astres Noirs« , « Les Cavernes de Glace I, II et III »
8,5/10
Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas
by Louis Olivier Brassard Gelinas | Mar 24, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Soiled By Blood
«Serving the Bowels of God»
2014
Unleash The Underground Records
«Intro»
«Post-Mortal Incubation»
«Kill Them All»
«Mechanical Evisceration»
«Intro»
«Junkies Apocalypse»
«T-Chain Men»
«Intro»
«Compulsive Dismemberment»
«Barbed Wire Beating»
«Evil Mass Murder»
«Suicidal Despair»
Formé en 2008, le quintette de Death Metal brutal de Québec, Soiled By Blood, nous présente cette année son tout premier album en carrière. Pour ce faire, la troupe a soigneusement assemblé une collection de ses meilleures compositions accumulées en cinq ans d’existence pour en faire un opus particulièrement agressif subtilement intitulé « Serving the Bowels of God« . Nous proposant donc cette offrande au sein d’un mouvement aussi saturé que celui du Death Metal actuel, la question est donc de savoir qu’est-ce qui distinguera ou mettra en valeur leur album par rapport aux autres du même acabit?
Premier élément de réponse: Soiled By Blood présente, sur son premier effort, des pièces individuellement très bien construites basées sur des motifs au groove entraînant. En effet, de « Post-Mortal Incubation » avec sa section centrale mid-tempo qui vous brisera le cou, à « Suicidal Despair. avec son rythme effréné et son motif principal de guitare hautement accrocheur, Soiled By Blood réussit rapidement à nous accrocher avec des pièces possédant chacune leur petit élément distinctif qui vous fera hocher de la tête encore et encore. Le groupe laisse donc de côté la masturbation technique que bien des groupes de Death privilégient aujourd’hui pour se concentrer sur des grooves puissants qui leur donnent une atmosphère et une personnalité propre. Les musiciens évitent donc un piège récurrent en s’appliquant à se mettre au service des pièces et non l’inverse. Cela aura le double effet de faire de cet album un disque accrocheur et de lui donner une forte valeur de réécoute.
La deuxième grande force de « Serving the Bowels of God » réside dans sa production impeccable et aérée, œuvre de François C. Fortin sur un mix préliminaire fait par Michaël Chamberland. Effectivement, comparativement à bien des groupes du genre qui souffrent d’un excès de compression ou d’une surproduction, Soiled By Blood bénéficie ici d’un son bien défini, puissant et enveloppant tout en conservant un côté méchant de la vieille école qui contribue grandement à lui donner de l’impact. Ainsi, on pourra distinguer clairement et apprécier la performance de chaque musicien: les superbes grognements et hurlements barbares de Alex-Antoine Chamberland, les guitares graves et incisives de Michaël Chamberland, la basse sinistre et puissante de Charles Côté et les percussions précises, organiques et violentes de Antoine Pellerin. De plus, la conservation d’un certain aspect rugueux dans la production ainsi que l’utilisation d’intermèdes et d’introductions permettent de bâtir une atmosphère sinistre qui convient parfaitement bien au Death Metal particulièrement vil présenté par le groupe.
En somme, aucune faiblesse objective ne pourra être soulevée face à un tel étalage de violence accrocheuse et admirablement bien produite. Ainsi, bien que Soiled By Blood ne réinvente pas son genre musical de prédilection, le groupe arrive à en tirer le meilleur qu’on peut en tirer à son tout premier effort en carrière. Cet album laisse donc envisager un avenir brillant pour la bande de Québec. À déguster avec votre prochain dépeçage de cadavre à la tronçonneuse!
Pièces favorites: « Post-Mortal Incubation« , « Mechanical Evisceration« , « Compulsive Dismemberment« , « Barbed Wire Beating » et « Suicidal Despair »
8/10
Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas
by Jee | Mar 22, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Mercenary
« Through our darkest days«
Prosthetic Records
2013
Fan de In Flames et d’autres bon band death mélo du nord, attachez votre tuque avec de la broche, Mercenary revient et frappe fort. Directement du Danemark, la formation nous amène quelques nouvelles saveurs à ce style déjà exploré plus d’une fois. Et ils le font avec brio et une maîtrise accrue de leur instrument. Alors, allons de l’avant dans l’exploration de cet opus puissant et découvrons ensemble quelle est donc cette saveur mystère dont je vous parle.
Premièrement, parlons électronique car, oui, le groupe utilise allègrement l’électro pour nous transporter dans divers univers. Dans certaine chansons dont « Forever the unknown » ou « Through the darkest days » le groupe l’utilise afin d’ajouter une touche très symphonique, créant des ambiances magistrales et hypnotiques, un peu plus épiques rajoutant une touche plutôt originale. Sinon dans d’autres excellents morceaux comme « Starving eyes » ou ‘A moment of clarity » on sent l’influence de groupes comme Soilwork ou In Flames avec une électro beaucoup plus industrielle et mélodique appuyant les guitares. Donc un excellent ajout, aucunement superflu qui rajoute une dimension extrêmement intéressante aux divers univers que cet album varié nous fait visiter.
Deuxièmement, point de vue riffs et mélodies, le groupe joue dans la simplicité teintée de bon fromage, mais avec énormément de mordant et d’agressivité. Un petit côté Trivium se ressent, mélangeant riffs accrocheurs et mélodies entraînantes comme dans « A new dawn » par exemple. Tandis que des chansons comme « Dreamstate machine » sont plus lourdes, moins mélodiques et plus axés sur un groove pratiquement metalcore qui fait bouger la tête d’avant en arrière style pigeon au lieu de tourner style moulin à vent violent comme le ferait du bon death qui se respecte. Donc simplicité et fromage bleu bien mordant alliant beaucoup de subgenre et d’exploration subtile. Pas de moment totalement fou mais une belle recherche pour mélanger les styles et faire de cet album, une expérience complète et nullement ennuyante.
Un petit moment à explorer sur la rythmique. Ceux qui recherche sensation forte style death technique ou mathcore, passez votre chemin et allez écouter des bands canadiens tel Unhuman, Sykode ou Beyond Creation. En fait, comme beaucoup de groupe du genre death mélo cheese, la basse est très absente malheureusement et la batterie fait un véritable travail de support. Un bon support mais il s’agit probablement de la faiblesse de l’album à mon avis. Trop de 4/4 bien carrés, manque d’accents, de découvertes, de passes où tu fais comme, « wow, omfg, shit man, écoute ça c’te passe là man, yo stie que ça torche c’te feel là dude« … non, pas de moment dans ce genre… faiblesse…
Et pour finir en beauté, quelle voix. Pas dans le ton qui pourtant est très bon mais n’a rien de très original, mais dans la technique incroyable de ce chanteur versatile. Dans la chanson « Welcome The Sickness« , René, le chanteur passe d’un harsh puissant, violent et très mélodique à un refrain à faire pleurer les emos de ce monde, chantant avec beaucoup d’émotions et des mélodies presque BVB. Oh, je crois que ma dernière phrase va en titiller plus d’un soit à cause du nom du chanteur, oui, René, c’est bien cela, mais il est extrêmement talentueux malgré le nom, ou à cause de l’utilisation de Black Veil Bride… BLASPHÈME! Donc René m’impressionne grâce à ses mélodies recherchées et à l’aide de son puissant scream rarissime comme dans « Beyond The Night » mais bien distorsionné et dans des refrains et prérefrains explorant très bien différents niveaux de fromage. Probablement la grande force de cet album, bravo René, la voix va du growl gras au refrain emocore en passant par des harsh trop bien maîtrisé. Bravo
En résumé, amateur de fromage et de bon vin corsé, Mercenary se déguste de plusieurs façons, sur le treadmill pour son énergie vivifiante ou sur le canapé pour la simple découverte d’un mélange de style bien éxecuté et le magnifique voyage que peut nous faire ce délicieux album. Mais amateur de bœuf saignant ou de sushis aux tentacules de kraken marinées aux baies exotiques du Népal, pas assez brutal ou technique pour vous…
Donc 8,5/10!! Mais pourquoi donc pas 10? Parce que la batterie manque d’exploration, la basse existe peu et après 3 écoutes, je vais garder cet album dans ma playlist certes, mais il manque quand même LA toune que je vais mettre en repeat pour me donner mon fix avant de partir conquérir le monde. Et aussi, j’aime le fromage, mais un brin de technicité de plus y aurait donner un goût un peu plus prononcé … pour le mieux. Voilà!
Jee
by Maxime Lecavalier | Mar 22, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Monachus
« Below«
Alerta Antifascista Records
2013
Autrefois nommé Icos et ayant fait paraitre 3 albums de sludge/doom sous ce nom, ces suédois ont formé Monachus (Du grec ancien μοναχός, monakhos – signifiant « ermite ») en 2010, apportant un ton plus atmosphérique et « post-metal ». Abordant les thèmes de la Nature, de la philosophie et de l’introspection, ils semblent bien être des sympathisants de l’antifascisme (étant signés sur Alerta Antifascista Records).
Leur musique se tord et tourbillonne lentement comme un naufrage en pleine mer, inondant l’auditeur d’une sensation torride et sombre, sur les traces de groupes ayant marqué cette scène tel que Isis ou Neurosis. 4 pièces pour un total de 38 minutes, conforment à la longueur et la lenteur caractéristique du doom metal, l’album n’aurait pu être mieux nommé tellement on se sent aspiré vers la bas, dans les méandres du labyrinthe cosmique.
La première pièce, « Waves« , commence avec dissonance, nous écrasant comme si on était perdu depuis des lustres dans un désert. Puis l’atmosphère hypnotique et prédatrice s’installe, prenant son temps avant les premières explosions. Du minimalisme, les mélodies plus détaillées amplifieront l’effet pour garder votre attention. Tant la basse que la guitare partagent l’aplomb, avec un côté aéré, presque monotone cascadant au sommet d’un cris d’appel brute avant la descente. Les vocaux sont de premier ordre et semblent seulement s’améliorer avec le temps. La variation et la profondeur de la voix du chanteur nous frappent profondément dans le boyau. Du growl au clean, il maîtrise bien son instrument. Chacune des chansons sur cet album est un exemple d’ouvrage finement ciselé par l’art du voyage musical.
Ayant atterri dans la boue des rivages oubliés, « Circles » explore quelque chose d’un peu plus mélodique, coupant par un chemin broussailleux vers le territoire du post-rock, sortant de ce qu’ils ont construit jusque là sur l’album. Cependant, ils regagnent rapidement cette puissance crue déjà exposée. Cette chanson, tout comme l’album dans l’ensemble, a la capacité de glisser dans les deux sens entre les styles.
Comme l’intensité semble frappé, ils livrent un changement lent, calmant l’allure. Des riffs trempés de chant funèbres, des tons sonores introspectifs et bourdonnants parsemés d’influence blues et stoner, on peut entendre l’accouchement des mot de la terre, célébré par le travail du tambour, comme dans la pièce « Curse« , qui caractérise le son de Monachus. Ne vous y trompez pas, c’est monstrueusement lourd mais ils ne tombent pas dans les pièges de ceux qui jouent heavy sans en donner une signification; l’écriture des chansons est excellente.
Plus courte et condensée, la dernière pièce »Onward », utilise leurs longueurs de façons très différentes. Dans ce cas, un segment spoken words échantillonné aide à construire le ton. Mais c’est sans tomber dans la facilité que les musiciens tissent la toile jusqu’à une ébullition psychédélique que Jim Morrison aurait sans doute adoré. Bref, le groupe a choisi la qualité plutôt que la quantité et livre quatre pièces contrastées, d’une beauté respectueuse de la bête, et qui leur feront certainement gagner le respect des amateurs du genre.
Max
by Stéphan Levesque | Mar 22, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums, Les "Elles" du Métal

Cette fois-ci, je vous reviens dans un format plus classique pour Les « Elles » du Métal alors que je vous propose la revue de deux albums. Toutefois, je m’en tiens à la nouveauté alors que je vous propose le 1er album du groupe italien Sleeping Romance et également le 1er album de Dark Sarah, nouveau projet de Heidi Parviainen. – Stéphan
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Sleeping Romance
« Enlighten »
Ulterium Records
2013
Au cours des dernières années, le nombre de groupes metal mettant en vedette des chanteuses a explosé de manière exponentielle. Ainsi, les nouveaux groupes qui arrivent dans le décor se voient obligés, dès leur premier essai, d’offrir un produit raffiné et bien peaufiné afin de se donner une chance de se faire un nom. Ayant bien compris cette exigence, voici que le groupe italien Sleeping Romance se lance dans l’arène avec un premier album, « Enlighten« .
Chose sûre, Sleeping Romance y met le paquet et annonce ses couleurs dès le départ, la (trop) courte introduction orchestrale « Hydrid Overture » se faisant somptueuse et nous dévoilant ce que sera une des principales composantes de l’album, soit un son très orchestral qui s’avère omniprésent à travers les dix titres. Ensuite, la pièce-titre et celle qui lui succède, « The Promise Inside« , nous confirment cette tendance en intégrant ces éléments orchestraux à des rythmiques typiques au power metal, créant ainsi une belle harmonie entre passages calmes et passages plus lourdes. La principale qualité que l’on peut relever concernant « Enlighten » est que la variation des ambiances y est entretenue de manière extrêmement habile, prouvant qu’un grand soin a été apporté au niveau de l’écriture.
En effet, le guitariste et compositeur Federico Truzzi se révèle être un arrangeur hors-pair, lui qui est parvenu à faire passer de multiples émotions à travers sa musique. Les arrangements orchestraux complètent parfaitement le jeu solide des musiciens et Truzzi réussi à bien varier les ambiances en jouant habilement sur plusieurs tableaux. Ainsi, même si les pièces sont généralement bien rythmées, le cours des festivités est aussi agrémenté de ballades très bien réussies : si « Free Me » est une jolie pièce mid-tempo, c’est surtout « December Flower » qui tire son épingle du jeu grâce à sa superbe introduction au piano. Seul bémol, il aurait été pertinent de séparer ces deux pièces, certains amateurs de metal n’appréciant pas particulièrement que deux chansons plus tranquilles se succèdent.
Si les pièces plus tranquilles sont bien réussies, ce sont toutefois les moments plus musclés qui se révèlent les plus mémorables, nous n’avons qu’à penser au moment instrumental au coeur de « The Promise Inside« , au rythme enjoué de « Finding my Way » et à la très power « Devil’s Cave« , pièce explosive dotée de superbes chorales et d’un jeu de cordes qui enrobent parfaitement la mélodie. Devant d’aussi belles qualités d’arrangeur, l’auditeur ne peut que s’émerveiller. On peut d’autre part se demander comment aurait sonné la pièce d’introduction (« Hybrid Overture« ) et celle de conclusion (« Aeternum« ) si Truzzi s’était affairé à les développer davantage. De courte durée (moins de deux minutes chacune), on peut quand même flairer dans ces deux extraits un fort potentiel épique malheureusement laissé sur le terrain.
L’autre élément contribuant fortement à illuminer « Enlighten » est la voix de Federica Lanna. Si la dame n’est pas dotée d’une voix particulièrement puissante, on ne peut remettre en doute l’investissement émotif qu’elle y met dans l’interprétation. Sa voix aiguë et fragile, rappelant grandement Andrea Dätwyler de Lunatica, fait merveille et se révèle des plus agréables. Si les pièces sont d’une grande qualité instrumentale, elles sont définitivement tirées vers le haut du fait de la passion et de l’émotion communiquées par la vocaliste.
Sans l’ombre d’un doute, Sleeping Romance signe une entrée remarquée et remarquable grâce à cet album qui ne manque pas de charme. L’ensemble est bien produit, bien écrit et bien interprété. De plus, aucune pièce faible ne vient faire baisser le niveau de plaisir que l’on peut éprouver au contact d’une musique imprégnée d’un esprit positif et lumineux. Un album à se procurer à tout prix.
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Dark Sarah
« Behind the Black Veil » (1er épisode)
Autoproduction
2014
En novembre 2012, les fans de Amberian Dawn apprenaient avec regret que la chanteuse Heidi Parviainen quittait le groupe. Au moins, derrière cette triste nouvelle se cachait un élément positif: c’était pour se consacrer à un projet musical plus personnel que Parviainen, une des plus belles voix qui soit, rentrait chez elle. Ce projet personnel se nomme Dark Sarah.
Signe des temps qui changent dans l’industrie musicale, c’est via une campagne de financement Indiegogo que Heidi/Sarah a dû trouver le financement nécessaire pour mettre en chantier « Behind the Black Veil« . La campagne, divisée en trois parties nommées « épisodes », prévoit ultimement la publication de l’album complet. Pour l’instant, suite à la réussite de la première partie de la levée de fonds, les contributeurs (dont j’en suis) ont reçu le premier épisode qui comprend quatre chansons.
C’est sous le qualificatif de « Cinematic Metal » que se présente Dark Sarah et suite à l’écoute de cette première partie, on constate que c’est davantage l’aspect trame sonore que l’aspect metal qui se retrouve placé en avant. La musique se fait donc suave, langoureuse et atmosphérique, mettant parfaitement en valeur la voix opératique très aérienne de Heidi. On comprend aussi que la dame avait clairement le goût de s’éloigner du power metal et c’est pourquoi nous ne retrouvons aucune référence à la musique de son ancien groupe. Cette remarque s’applique également à l’aspect littéraire alors que les textes de Heidi, imprégnés de fantaisie et de mythologie chez Amberian Dawn, sont davantage ancrés dans la réalité alors que l’on peut y suivre l’évolution du personnage de Sarah dans un univers sombre et tendu.
Ceci dit, c’est avec la très théâtrale « Save Me » que l’on entre dans le vif du sujet. Cette ouverture, très lente et mélancolique, place en avant de très beaux arrangements orchestraux, signés par Mikko P. Mustonen, que l’on avait connu pour son travail sur le « Circus Black« … de Amberian Dawn. On se voit ensuite transporté sur un terrain plus rock avec « Poison Apple« , pièce rythmée bien augmentée par un très beau solo de guitare.
Changement d’ambiance de nouveau, le piano fait son entrée sur la très jolie « Hide and Seek« , chanson calme à souhait qui nous permet de relaxer et d’apprécier pleinement la voix magnifique de la chanteuse. Très riche malgré sa simplicité apparente, ces cinq minutes mélangent à merveille chant, piano et instrumentation classique.
La plus belle surprise avait toutefois été gardée pour la fin alors que l’enlevante « Memories Fall » nous offre un des plus agréables 2 pour 1 qui soit, Parviainen se voyant ici rejointe par Manuela Kraller, ex-chanteuse de Xandria, pour un duo qui saura ravir les amateurs de belles voix. C’est avec une joie indescriptible que l’on est témoin de la passe d’armes entre ces deux chanteuses qui se complètent à merveille, le tout bien agrémenté par cette instrumentation dense et étoffée.
Suite à cette agréable introduction, on ne peut maintenant qu’attendre la suite des choses, soit le lancement et la réussite, souhaitons-le, de la suite de la campagne de financement. Nous savons d’ores et déjà que la deuxième partie de « Behind the Black Veil » nous réserve un autre duo, cette fois avec Inga Scharf de Van Canto. Voilà qui s’annonce des plus intéressants, souhaitons que le raffinement musical soit de nouveau au rendez-vous pour la suite.