Critique d’album: Beast Within – « Adversity/Servitude » (7pouces édition limitée)

1653576_650089208385367_1649124858_n

Beast Within

« Adversity/Servitude« 

(7pouces limité à 500 exemplaires)

Sepulchral Productions

2014

Liste des pièces :
Face A: «Adversity»
Face B : «Servitude»

 

Beast Within est une créature née en 2012 de l’alliance entre Éric Syre (vocal) (Thesyre), Rick Ouellet (guitares) (Ex-Utlagr, Akitsa (live)), Sébastien Dubé (guitares) (Ex-Blackwind), Sébastien Martel (Ex-Utlagr, Ex-Esker) et Pierre Langlois (Thesyre). Avec une telle assemblée de vétérans, le groupe s’est rapidement forgé une réputation solide, notamment lors d’une performance au Wings of Metal 2013, sans même n’avoir enregistré aucun matériel. Toutefois, cette année Beast Within a décidé de nous livrer une offrande maléfique, en hommage au «véritable « Soi » enfoui à l’intérieur de chaque homme et chaque femme par des siècles de décadence, d’esclavage et d’aveuglement imposés par une fausse élite morale, politique et religieuse», pour reprendre la formule nietzschéenne présentée par la formation. Ladite offrande se présente sous la forme d’un EP de deux pièces sur vinyle 7 pouces limité à 500 copies produit par la maison québécoise Sepulchral Productions. Après maintes écoutes, voici ce qui ressort de ces huit minutes et des poussières de musique.

Tout d’abord, bien que les membres de la formation se soient tous principalement illustrés dans le passé au sein de groupes de Black Metal d’inspiration scandinave, Beast Within se concentre plutôt sur un retour aux racines de la musique métallique maléfique et sombre, c’est-à-dire une mixture de Doom Metal occulte et sombre et de Thrash Metal bien dissonant rappelant certainement Pentagram, mais d’abord et avant tout les très vénérables Celtic Frost. Le groupe saupoudre le tout d’une aura de méchanceté bienvenue qui en appelle à leurs influences Black Metal. À ce titre, dès la première face et la pièce «Adversity», l’auditeur remarquera une production puissante, bien définie qui conserve ce côté rugueux et sale indispensable au metal sombre, œuvre du chanteur Éric Syre. L’auditeur sera donc en mesure de bien apprécier les motifs de guitares bien gras et dissonants; les rythmiques pesantes de tempo moyen appliquées par un percussionniste qui se met au service de la musique et non de son égo; et, par-dessus tout, le chant puissant, incisif, agressif, tout en étant clair et précis, dudit vocaliste. La seconde pièce, intitulée «Servitude», poursuit sur la lancée de la première dans un format légèrement plus court et direct, mais tout aussi puissant et efficace que la première.

En un peu plus de 8 minutes, le groupe réussit donc le tour de force de séduire son auditoire avec des échos du passé interprétés de façon talentueuse, sans accrocs et dans un emballage moderne sans être stérile. La seule critique négative qui pourra être soulevée est que lorsque la seconde pièce se termine de façon abrupte, l’auditeur affamé souhaiterait en entendre plus, beaucoup plus. On attend donc un LP avec avidité! L’offrande atteint en conséquence pleinement son but et sera assurément sujette à des écoutes répétées sans modération de la part de ceux qui recherchent un métal sombre et occulte qui ressuscite et revitalise la gloire du monde souterrain de la seconde moitié des années 1980. Je vous suggère aussi d’aller consulter la page facebook du groupe pour voir la superbe présentation graphique du vinyle en question. À consommer avidement et sans aucune retenue!

9/10

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas

 

 

Critique d’Album: Twitch of the Death Nerve – « A New Code of Morality »

398337

Twitch of the Death Nerve

« A New Code of Morality »

Comatose Music

2014

Étant constamment à la recherche de nouveauté et de brutalité sonore, j’ai été comblé alors que Ondes Chocs m’a permis de « mettre l‘oreille » sur le premier album longue durée de la formation Twitch of the Death Nerve qui fera sa sortie officielle le 29 avril 2014.

Je n’avais même pas appuyé sur « play » que je m’attendais à ce que ça sonne brutal puisque l’album est sous l’étiquette de Comatose Music qui regroupe beaucoup de bons bands plus violents les uns que les autres. La formation du groupe composé de membres de INFECTED DISSARAY, REPULSIVE DISSECTION et DEFEATED SANITY donne aussi un bon indice sur ce qui vous attend à l’écoute de « A New Code of Morality« .

Dès les premières secondes de l’album, une quantité dévastatrice de notes m’ont fait reculé dans ma chaise. J’ai pu reprendre mon souffle lorsque la musique s’arrête pour faire place à un échantillonnage sonore digne d’un film d’horreur puis la chanson repart de plus belle sur un beat de slam où le vocal, la basse et le drum s’harmonisent tellement bien que ça sonne mélodieux dans mes oreilles. Cette passe « slamtastique » est éphémère et fait place aux riffs agressifs de l’intro qui reviennent en force de façon progressive… et là je vous parle seulement de la première minute! Il y en a 39 autres dans lesquelles les musiciens s’acharnent à vous éclater les osselets des oreilles jusqu’à vous donner des spasmes avant la mort de votre nerf auditif. C’est sûrement la raison pour laquelle le band Twitch of the Death Nerve ont choisi leur nom. (Sinon, j’écoute peut-être juste ma musique trop fort…)

Le vocal ultra guttural est tellement varié dans ses sonorités qu’il est un instrument en soi. Ce n’est pas tout le monde qui vont trouver que le vocal est musical, même que certains pourront penser que c’est comme si Crazy Frog avait mué et faisait du death metal, mais si tu aimes Obsolete Mankind (qc), Gorgasm ou Pathology, c’est pour toi. Le vocal grave et « grenouilleux » est accompagné par des cris plus clairs et aigües tel que l’on entendrait sur une toune de Black Metal et je trouve cela très original. Les deux vocaux qui assistent de façon alternante l’instrumental donne un tout encore plus démoniaque et aussi imprévisible qu’est la musique.

J’ai écouté l’album à répétition et je suis toujours surpris à chaque écoute. Parfois il est facile de dénicher sur un album quelle est sa toune « préférée » mais dans cet album, chaque chanson a son riff entraînant qui à un moment devient saccadé, groove un peu et revient sous la forme d’une nouvelle mélodie intensifiée. Les compositions ne sont pas redondantes, ne sont pas simples non plus et ont même une certaine progressivité. C’est spécial de dire que de la musique qui commence « dans le tapis » est progressive mais le band réussi très bien à faire évoluer des passes complètement folles pour qu’elles deviennent une coche plus mongole.

J’ai beau placer des mots pour décrire ce que vous allez expérimenter à l’écoute de « A New Code of Morality« , rien ne décrit mieux la musique de Twitch of the Death Nerve que la première chanson de l’album « Peculiar Perversions Particular to the Piquerist » que vous pouvez écouter en attendant la sortie de l’album complet.

C’est quoi le proverbe déjà? Une écoute vaux milles mots?
 
 

Critique d’Album : Dark Century – « Murder Motel »

cover

 

Dark Century 

‘’Murder Motel’’

2014

  Je n’avais jamais vraiment écouté de Dark Century avant maintenant. J’avais entendu une ou deux chansons, mais je ne m’étais jamais vraiment arrêté pour écouter un album complet. J’ai écouté leur deux albums cette semaine et… wow! J’avais vraiment passé à côté de quelque chose. Du metal de chez nous qui rentre au poste! Le premier album de Dark Century, « Day Of The Mosh » est excellent, j’en aurais parlé d’avantage, mais ma chronique se concentrera sur leur petit dernier, « Murder Motel« . J’ai donc débuté mon écoute en ne sachant pas vraiment ce qui m’attendait. L’album débute avec la chanson « In Our Veins« , une chanson méchante, crasseuse, qui donne vraiment le goût d’écouter la suite. Puis, plus l’album avançait et plus j’aimais ça. J’ai réécouté l’album plusieurs fois et il n’y a pas une fois que je n’avais pas la tête qui bougeait. J’aimerais bien voir le groupe sur scène, c’est clair que je ferais du headbang tout le long de leur set! Ils ont des riffs épiques dans leurs chansons, ainsi que des passes instrumentales vraiment accrocheuses, comme la fin de la chanson éponyme de l’album « Murder Motel« , c’est super mélodique et brutal en même temps, j’adore.

Un aspect que j’ai trouvé vraiment intéressant dans l’album, c’est l’usage du français par le chanteur, Leather King. Je trouve que ce ne sont pas tous les bands metal qui maîtrisent bien le français en screamant, mais Dark Century l’a parfaitement selon moi. C’est violent, mais tu arrives à discerner plusieurs paroles assez intenses et humoristiques par moment. Mes chansons préférées de l’album sont définitivement celles en français et j’ai vraiment un faible pour leur chanson qui parle de gras. J’aurais jamais pensé écouter un album avec une chanson nommée « Cholestérol« , mais sérieusement, à chaque fois que cette track là commençait, j’arrêtais de faire ce que je faisais pour écouter. Les cris de cochons faits par le chanteur et l’instrumental trop brutal, c’est juste fait pour aller ensemble.  Je l’écoute en ce moment et… Bon, j’ai envie de manger du bacon.

Mention spéciale au début de la chanson « Mosh Test Dummies« , mais what the fuck? Haha, j’aime bien quand les bands ajoutent des trucs inattendus dans leur album, ça ajoute quelque chose de spécial. Je vous laisse découvrir ce qu’il en est en faisant l’écoute de l’album! Dark Century est un groupe de death metal à découvrir si tu aimes ça quand c’est solide et brutal, mais aussi groovy. Parce que l’album « Murder Motel » donne envie de faire le party, thrasher sa vie et de manger de la viande. Ouais, voilà tous mes états d’âme en écoutant le p’tit dernier de Dark Century. EN PLUS, c’est un band du Québec, alors allez… vite… vas te le procurer pour encourager un groupe local talentueux, tu ne seras pas déçu, j’te l’dis!

Marilie

Critique d’Album: Youth Forgotten – « Ghost of a Fallen Empire »

a4208091970_10

 

Youth Forgotten

« Ghost of a Fallen Empire« 

Independant/Self-Release

2014

Fans de Walls of Jericho, This is Hell, Sworn Enemy, hardcore injecté de thrash, groupe à tonalité métallique, « Ghost of a Fallen Empire » livré par Youth Forgotten en janvier dernier mérite votre écoute et ce, rapidement!

Youth Forgotten voit le jour à l’hiver 2012 dans l’état de l’Ohio et quand je pense Ohio, je pense Cleveland, et quand je pense Cleveland, je pense tout de suite aux vétérans du hardcore: Ringworm et Integrity. Coïncidence, Matt Brewer (ex-Integrity) prend part à cette formation à la position de guitariste. D’autres noms comme Jim LaMarca (Chimaira) et J.C. Koszewski (Dead Even) apparaissent aussi dans ce projet.

Après avoir pris connaissance du line up, est-ce que Youth Forgotten livre avec brio à travers « Ghost of a Fallen Empire » les fameuses tonalités de l’état de l’Ohio? Après l’écoute de quelques chansons, pas besoin des 40 minutes de matériel pour comprendre que oui.

L’ouverture avec « Anthem » me rappelle étrangement dès les premières secondes « All Hail To Dead » (2004) de Walls of Jericho, probablement à cause du high-level d’adrénaline que cette track contient. On sent une énergie vive, franche et surtout inattendue. « Revolution For Nothing«  qui seconde nous démontre d’autres facettes de leur style: un vocal versatile, ainsi qu’une bonne cohésion au niveau instrumental. Youth Forgotten ont deux guitaristes de fort calibre qui livrent de solides rythmiques sur tous les plans: fast-part/mid-tempo/low-tempo et maitrise également l’art du solo ravageur thrash metal qui sort de nulle part. Ils te décochent un estif de solo dans « The Moral Soul » à 4:32min qui m’a fait lever de ma chaise, en plus d’être une excellente track. Les compositions « Proposed Existence » et « Nobody Cares » dévoilent d’authentique pièce de béton qualité 1A de metalcore, rassemblant tous les éléments nécessaires pour se faire plusieurs fans. La partie lyrics vise en bonne partie une mise au point de la scène actuelle, une critique des injustices du monde dans lequel nous vivons. J.C. Koszewski a son style et colore bien l’album, les teintes vocales utilisées surprennent à l’occasion. C’est beau la polyvalence!

Enregistré, mixé et aussi masterisé par Rob Arnold de Chimaira, ce dernier vient livrer un album qui en surprendra plus d’un et son nom méritera de se promener. On a ici une réalisation bonne en son et également au niveau des ambiances. »Ghost of a Fallen Empire«  ne souffre pas d’une « dénaturalisation » des vrais éléments du punk, thrash, hardcore contrairement à ce qui est commun d’entendre dans les réalisations des groupes pseudo-hardcore/metalcore d’aujourd’hui qui oublie souvent de garder ce type de musique instinctif et humainement réalisable sur le plan live.

J’espère grandement voir Youth Forgotten de passage dans la province. D’ici là, nous pouvons nous gâter via Bandcamp qui offre l’album en format digital au coût de dix dollars, ainsi qu’en streaming.

Note globale de l’album : un 8 sur 10, écrit sur un panneau de 8 pieds par 8 pieds en feu!
Miguel Bélanger

Critique d’Album: Dillinger Escape Plan – « One of Us Is the Killer »

Dillinger_Escape_Plan_-_One_of_Us_is_the_Killer

Dillinger Escape Plan

« One of Us Is the Killer »

May 14, 2013

Party Smasher inc., Sumerian Records

 

1. « Prancer » / 3:52
2. « When I Lost My Bet » / 3:53
3. « One of Us Is the Killer » / 3:28
4. « Hero of the Soviet Union » / 3:00
5. « Nothing’s Funny » / 3:26
6. « Understanding Decay » / 3:48
7. « Paranoia Shields » / 4:27
8. « CH 375 268 277 ARS » / 2:32
9. « Magic That I Held You Prisoner » / 2:49
10. « Crossburner » / 5:05
11. « The Threat Posed by Nuclear Weapons » / 3:46

 

L’énergie chaotique et ultra agressive de Dillinger Escape Plan est de retour avec leur nouvel album « One of Us Is the Killer » qui s’avère à nouveau, une réussite totale.

Malgré un succès international, Dillinger Escape Plan n’est jamais tombé dans le kitch et n’a aucunement produit un son qui ne lui rendrait pas honneur. La première chanson, « Prancer« , nous « garroche » dans un chaos total. Les gars maîtrisent parfaitement l’art d’orchestrer la dissonance hypnotisante et font preuve de virtuosité musicale unique.  Avec les quarante minutes et une seconde du nouvel album, on parcourt un univers agréablement violent et décousu. La qualité studio et la production musicale sont réfléchies pour que le moindre détail leur rende gloire. Ça cogne et ça fait du bien!

Le chanteur, Greg Puciato, a un registre amplement large pour projeter intensément son « scream » et son vocal « clean » avec puissance. Mettant de l’ordre parmi le chaos de temps à autre avec ses mélodies chantées, il nous donne un coup de poing en pleine figure lorsqu’il recommence ses cris agressifs. Chaque fois que Dillinger Escape Plan sort un nouvel album, on sent facilement la progression de la maturité de la voix de Puciato qui a maintenant une forme olympique.

Les textes sont fréquemment aussi décousus que la musique mais on trouve un sens lorsque l’on creuse un peu. Le refrain de la troisième chanson, portant le même nom que l’album, affirme: «one of us must die, but the killer won’t survive’’. Greg Puciato indique que dans une relation, les deux parties se partagent également la responsabilité lorsqu’il y a conflit. Il s’agit d’accepter la responsabilité au lieu de la diriger vers l’extérieur.

Plusieurs diront que cette musique est juste du « n’importe quoi ».  Elle a pourtant une profondeur incomprise par beaucoup et souvent même par les fans eux-mêmes. Déjà que pour apprécier leur musique, il faut être très ouvert d’esprit. Il faut investir de nombreuses heures d’une écoute attentive pour absorber le maximum de cette musique.

On ne se lasse pas du reste des chansons. En parcourant l’album, malgré la base intensément agressive, on est transporté dans des zones plus aériennes et atmosphériques. On sent les montagnes russes de nombreuses fois. Les traditionnels accords dissonants de la guitare de Ben Weinman, les beats de drum rapides de Billy Rymer, la basse un peu timide de Liam Wilson et les bons vieux « screams » de Puciato sont toujours aussi fidèles au style de Dillinger Escape Plan tout en gardant des nouveautés imprévisibles au menu.

Bref, « One of Us Is the Killer » est encore un succès pour le band et pour le guitariste/gérant du groupe. Ce dernier fait un travail extraordinaire pour promouvoir ce style de musique encore très marginal. Dillinger Escape Plan connait un succès monstre grâce à la stratégie marketing qu’ils ont depuis le début qui est d’aller au-delà des bands traditionnels qui tentent de choquer. Quelqu’un qui sort de leur show et qui ne les connaissait pas avant, doit se dire «QU’EST-CE QUE JE VIENS DE VOIR LÀ??».

8.5/10

Dominic Simard

 

 

Critique d’album: Omnizide – « Death Metal Holocaust »

1607048_724131564273381_300024116_n

Omnizide

« Death Metal Holocaust »

Carnal Records

2014

 

Vous comprendrez ce qu’est un « génocide par le son » lorsque vous écouterez cet album puant et impitoyable. Reprenant la crasse la plus abjecte du death metal underground des années ’90 et la passion pour la torture mentale infernale du black metal (tel qu’offert par des groupes comme Black Witchery, Sarcofago ou encore Necrocurse) surtout pour la façon désaccordée et chaotique de chier les riffs de guitare et de basse. C’est vicieux comme une mine anti-personnelle à fragmentation, fabriquée uniquement pour jouer sur le moral des troupes en faisant souffrir longuement et atrocement la victime avec des bouts de métal en fusion qui lui rongent la chair… et l’âme (ceux qui ont vu le film « We Were Soldiers » comprendront). Si Marduk est le groupe qui représente le mieux la guerre moderne sur un champs de bataille, Omnizide est celui qui représente le mieux le charnier sous un soleil de plomb avec des milliers de corps en putréfaction. C’est une attaque directe contre l’humanité, sans aucune compassion. Ça joue dans la plaie avec un scalpel rouillé tout en vous passant dans une déchiqueteuse à bois aux lames écorchées pour que les os craquent plus lentement. Voulez-vous encore plus de métaphores inhumaines? J’imagine que vous avez compris le point…

Il reste que l’album a été travaillé avec une passion tordue, surtout pour la pièce « The Eternally damned« , qui délaisse les coups de massue d’un bourreau malade pour une sinueuse escapade prédatrice avec un riff plus catchy, avant que « Crystal of death » nous ramène dans un camp de concentration aux barbelés sans équivoque, où l’on imagine sans peine les condamnés errant dans la poussière.

La rudesse du chant, qui abandonne la profondeur gutturale propre au death metal pour se calibrer dans le tranchant, est d’une malveillance sans borne. On ressent tout le mépris et le dégoût bestial, le malaise d’une exécution qui approche. Quelqu’un va y passer, et ce sera peut-être notre tour…

L’abus des trémolos dans les partitions de guitare donne un côté venimeux qui tiraille et qui colle au cerveau. Il y a un côté thrash et militaire, comme des troupes nazies gonflées de pervitine qui marchent vers Paris, sans manger ni dormir, avec une adrénaline surnaturelle et un goût de victoire écrasante. Omnizide parfait le Mal en musique et ne donne aucun répit pour une brèche de lumière.

Ce voyage malsain dans une étendue de cendres désolée m’a conquis par la force, frappé du sceau extrême de leur aliénation. Je suis un apôtre irrévocable de leur art machiavélique.

Cet album mortel et sinistre est définitivement pour les fans de groupes tel que Nihilist, Dismember, Nomed, Pest ou Craft; ils y ont inclus en bonus les 2 extraits du demo « Pleasure from Death » de 2011 pour plus de 40 minutes d’acharnement thérapeutique. Ne demandez pas votre reste, il est déjà dans l’incinérateur.

Max