by Francis LaBadie | Juil 15, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Teramobil
« Multispectral Supercontinuum«
Autoproduction
2013
J’étais plutôt étonné de constater que ce monstre musical n’avait pas encore été raconté par les plumes d’Ondes Chocs donc j’ai décidé qu’il fallait que ça se fasse! Commençons par faire le portrait du groupe. Originaire de Montréal, Teramobil est un trio instrumental de metal très chaotique, à la fois groovy et psychédélique, ayant un son puissant et non conventionnel. On ne parle pas de belles harmonies, mais bien de gros groove gras et de dissonances, de matériel très radical et exécuté avec précision, dégageant une forte tension constante et ne laissant pratiquement aucun répit au cerveau de l’auditeur pour respirer.
Le trio est constitué de musiciens que je considère comme étant parmi l’élite de la scène metal au Québec, et même au delà de notre province bourrée de musiciens talentueux. Tout d’abord, le guitariste est Mathieu Bérubé (également bassiste du groupe Unhuman, donc inutile de mentionner qu’il sait manier les manches, ce Babe!) puis son playing à la guitare est très caractérisé et loin d’être générique. Ensuite, c’est Alex Dupras (aussi de Unhuman) qui livre la frénésie comparable à une pieuvre – vous avez compris que je parle de batterie, right? – puis le dernier mais non le moindre, c’est le légendaire Dominic Forest Lapointe qui s’occupe des basses fréquences (connu pour des grands noms de la scène metal tels que Augury, Beyond Creation, B.A.R.F., antérieurement Quo Vadis, Atheretic, et plusieurs autres). Particulièrement dans Teramobil, son jeu à la basse est très animé et on peut en apprécier la forte présence.
Quand je décrivais la musique de Teramobil comme étant psychédélique, c’était pas des farces, c’est même le terme qui convient parfaitement. Il suffit d’entendre les premiers secondes de leur EP, « Multispectral Supercontinuum » pour le constater. Pas de préliminaires, on envoie la sauce à plein régime dès le début et comme je l’ai mentionné les pauses pour respirer sont rares. Soit dit en passant, j’ai toujours eu une appréciation particulière pour les titres de pièces des groupes instrumentaux car ils sont souvent très imagés/élaborés, et précisément dans le cas de Teramobil, l’image projetée par le concept de ces titres va à merveille avec l’univers musical qu’on retrouve dans les pièces. Je vous laisse constater, voici la liste des pièces:
01. Terawatt
02. Temporaly recompressed Pulse
03. Molecular spectometry
04. Multispectral supercontinuum
05. Lightbeam diverge
06. Regulator prism
Pour ma part, je trippe vraiment sur le parallèle qu’on retrouve entre l’architecture complexe de la musique et la complexité des titres des pièces. C’est comme si tout le travail acrobatique exécuté par les musiciens du groupe était décrit en un ou deux mots! La musique telle que celle de Teramobil peut se faire étiqueter comme étant du n’importe quoi par le commun des mortels, ou encore comme étant de la masturbation instrumentale. Mais en fait, c’est tout le contraire: c’est de l’art qui fait appel à ce que je pourrais qualifier d’ingénierie musicale. C’est plein de subtilités et d’éléments qui requièrent de la minutie. Ce n’est pas n’importe quel cerveau d’auditeur qui peut assimiler la musique de ce groupe à sa juste valeur. Ce qui pourrait être considéré comme barbare par certains s’avère être à mes yeux (ou plutôt mes oreilles) du matériel très intellectuel.
« Multispectral Supercontinuum » (lancé en 2013) est un court EP de 6 pièces totalisant 16 minutes de musique. C’est peut-être court, mais ça contient plus de notes que plusieurs discographies et vous et moi n’avons probablement jamais passé un 16 minutes de ce genre auparavant. Dès la première pièce, on peut sentir la tension, les sonorités utilisées reflètent cette tension, parfois dans certaines montées de tonalité, ça sonne comme de l’angoisse, une ambiance pas du tout rassurante, un peu comme la trame sonore creepy d’un film épeurant, mais dans un contexte lourd et metal, bien sûr. Tout au long du EP, on retrouve ce genre d’ambiances qui violeraient en une seconde celles des films de Disney. C’est carrément une orgie de grooves et rythmes disjonctés, mais réalisés avec brio. Ma pièce préférée est la troisième: « Molecular Spectometry« . C’est une sorte d’ambiance bipolaire qui décape les murs en l’espace d’une seconde comme un monstre qui déboule des escaliers en entrainant avec lui tout ce qui se trouve sur son chemin, puis soudainement, ça devient hyper groovy, quasiment joyeux mais imprévisible car la dernière place pour baisser sa garde c’est bien dans une pièce de Teramobil, on a l’impression que n’importe quoi peut survenir. La quatrième pièce est probablement la plus caractérisée, c’est la pièce titre du EP. Souvent, les groupes metal exploitent les notes graves et lourdes, et ce que j’aime de Teramobil c’est qu’ils exploitent souvent des sonorités aigües, des accords dissonants, des harmoniques de guitare avec des trills de whammy bar (même les licks de basse!!) et pardonnez mon jargon de musicien qui commence à avoir raison de moi, je ne peux pas m’empêcher de pointer ces particularités qui me mettent un sourire vilain dans l’esprit chaque fois que je les entends. Parfois c’est plaisant de briser le confort des mélomanes avec des sons stridents et dérangeants. Et que dire de la batterie, bourrée de blasts et de jeu de cymbales ahurissants! Alex Dupras est tout un batteur, et ce que j’aime de son jeu c’est qu’il est organique et coloré en plus d’être démentiel. Je l’ai dit et je vais me répéter, ça peut sembler barbare et exécuté n’importe comment pour certaines oreilles, mais Teramobil, c’est de la fine gastronomie auditive, faite par des musiciens de renommée et de talent spectaculaire. Je n’oserais même pas essayer d’associer leur musique à une appellation particulière parce que c’est simplement space et débordant d’originalité. Tous les éléments sont bien superposés dans cette architecture imposante. Je vous encourage fortement à regarder la vidéo sous le lecteur bandcamp afin de découvrir un autre aspect de leur univers déjanté.
Francis
by Olivier Bourgeois | Juil 14, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Madball
« Hardcore Lives«
Nuclear Blast USA
2014
Véritable fer de lance du NYHC, Madball nous reviens en force en 2014 avec un nouvel opus bien singulier. Sorti le 27 juin dernier, « Hardcore Lives » m’a littéralement fait bouillir les trippes! Encore une fois, ces ambassadeurs du Hardcore new-yorkais ont su livrer la marchandise à bon port. Déjà deux années se sont écoulées depuis la sortie de leur dernier EP , « Rebellion« . Donc, inutile de mentionner que tous attendaient avec impatience ce nouvel ouvrage.
Produit et enregistré par Ken Susi (Unearth), « Hardcore Lives » m’a complètement désarçonné dès la première seconde avec sa sonorité crue et agressive. Ce son qui ferait remonter en n’importe qui cette rage viscérale typique au genre. Sans aucune délicatesse, la batterie et la basse forment un imposant plancher rythmique qui te percute comme un coup de bar de fer en pleine figure tout en laissant au riff de guitare l’aisance de s’enchaîner dans une fluidité pesante, intense et cristalline.
Autre aspect de l’album qui m’a percuté est le volet lyrics et vocal! Incontesté dans les poids lourds de l’écriture, Freddy Cricien a su encore une fois nous exprimer avec clarté une colère positive au travers d’écrits gorgés d’espoir et de revendication. Sans relâche ni essoufflement, il est parvenu à percer mon âme du bout de sa plume. Tout spécialement dans les chansons « True school« , chanson dans laquelle Freddy Cricien chante en tandem avec son homonyme californien, Scott Vogel (Terror) et « Born Strong » où il partage le micro avec la délicieuse mais féroce Candace Puopolo (Wall Of Jericho).
Bref, sans rien réinventer, « Hardcore Lives » est positif, vrai et rempli de surprises! Je conseille fortement et sans aucun doute cet album à tous. C’est pourquoi cette petite bombe se mérite un 9/10.
Olivier
by Lex Ivian | Juil 14, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Gunpowder Gray
« Gunpowder Gray«
Boris Records
2014
Nate Godbee et Adam Besserer, respectivement vocaliste et guitariste du groupe de death d’Atlanta, Disfigurement, forment aussi avec Sam Vaughan (basse), Chris Heffernan (guitare and backvocal) et Joey O’Brien (drum aussi dans The Biters) le groupe de sleazy hard rock Gunpowder Gray qui vient de faire paraître un EP éponyme de 7 pièces sur vinyl 12″ via Boris Records. On retrouve sur ce EP, cinq pièces originales et deux pièces revampées (« Cummin’ my way » et « Gunpowder Gray« ) de leur démo paru en 2013 alors accompagnées par une interprétation très rock de « Play with fire » (1965) des Rollling Stones .
C’est donc avec cette pièce qui porte leur nom qu’il lance ce EP qui porte leur nom. J’imagine que c’est ça « une déclaration d’identité » et ils le font avec aplomb. Si après ce EP vous ne vous souvenez pas de ce nom c’est parce que la claque sur la yeule que vous allez avoir reçue vous aura laissé commotionné.
« Cummin’ my way » est ce genre de pièce rock ‘n’ roll avec un refrain en choeur qui rentre dans la tête et y reste. Si cette pièce ne devient pas un hit, ce ne sera que parce que les bonnes personnes n’écoutent pas les bonnes choses. On enchaîne avec « Outta sight« , une autre piéce qui donne le goût de danser et de se shaker la tête avec ces riffs à la Chuck Berry qui nous rappellent les bonnes vieilles racines de cette musique. Et ça se poursuit comme ça d’une pièce à l’autre avec des bons riffs bluesy à haut indice d’octane et des vocaux qui vont encourager les sing-along. Alors que la fin du sleazy rock nous avait abreuvé de « cheesy » rock, ici je dois dire qu’ils ont une attitude punk qui donne une drive un peu hargneuse. Et en plus avec une voix dans le registre d’Axl Rose, c’est parfait pour cette musique qui va vous faire rocker. Écoutez la dernière « Saints » où on a l’impression que Axl vient chanter sur une pièce de Social Distortion.
Ce que j’ai surtout apprécié est qu’on ne se la joue pas guitar hero et que les pièces misent sur une bonne drive et des riffs accrocheurs sans que les solos soient à l’emporte-pièce. Gunpowder Gray mise aussi sur un combo rythmique basse/drum de l’enfer. C’est composé pour que ça groove, que ça rock et que le goût de se shaker nous pogne quasi instantanément dès le début de chaque pièce. Et je le répète, le vocal est vraiment très bon.
Si vous voulez vous redonner espoir que le bon vieux hard rock, qui s’inscrit parfaitement dans la lignée des Mötley Crüe et autres Faster Pussycat, est de retour en force mais avec la puissance et le côté punk du NWOBHM, Gunpowder Gray vous procurera plus qu’une simple lueur. Il pourrait même être un des phares qui éclaire dans la nuit.
Lex
by Lex Ivian | Juil 12, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Exhumer
« Degraded by sepsis«
Comatose Music
2013
Admire Your Ending
Vapours of Cadaveric Mucilage
Pungent Aroma of Uterine Necrosis
Effercescence of Corroded Coarse Remains
Foaming Secretions
Misery
Enzimas Podridas
Adipocere: Corporal Glue
Scent of Decomposition
Degraded by Sepsis
Putrescine
Le groupe italien, Exhumer, a fait paraître son 2ème album, « Degraded by sepsis » en octobre 2013. À la vue de la pochette et à la lecture des titres des pièces, je me disais que j’aurais du gros crasseux, de quoi satisfaire mon côté grind mais malheureusement, après une intro de 2 minutes gentiment intitulée « Admire your ending » qui veut bien installer une atmosphère oppressante, la 1ère pièce m’a difficilement fait embarquer à cause d’une production insatisfaisante. Premièrement, le son baisse après l’intro (le même problème est perceptible avec la 6ème, « Misery » et la 9ème « Scent of decomposition« , deux interludes dont le son est vraiment meilleur… euh est-ce que ça fait trop d’interlude quand il y en a 3 sur 11 pièces en à peine un peu plus de 25 minutes?) et surtout le drum est tannant par sa présence à l’avant-plan qui enterre les cordes et surtout sonne triggé au max (tout simplement trop électronique).
Une fois ce gros détail contourné, je dois avouer que Exhumer réussit à faire des pièces qui ont le mérite de ne pas être linéaire, un bel exploit dans leur style de prédilection surtout quand les pièces ont à peine un peu plus de 2 minutes en moyenne au compteur. Bien sûr, on a droit à un vocal comme on s’y attend et du bass drum style machine à coudre mais en même temps le drum n’est pas tout le temps dans le tapis et c’est apprécié et il y a plein de petits trucs et hooks aux cordes qui nous gardent attentif jumelés à des changements de beats bien amenés. Déjà « Vapours of Cadaveric Mucilage » nous en donne un bon exemple. On constate une intention d’entourer les passes les plus intenses, de les appuyer afin que ce ne soit pas ça l’essence des pièces mais bien ces petits moments qui caractérisent et différencient chaque pièce.
Je ne m’éternise donc pas plus qu’eux et vous demanderai plutôt de cliquer sur le lecteur ci-bas pour découvrir le nouveau Exhumer, « Degraded by sepsis« .
Lex
by Stéphan Levesque | Juil 12, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums, Les "Elles" du Métal

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Riseback
« Riseback«
Noisehead Records
2013
Pour nous, Occidentaux, c’est toujours intéressant de constater qu’il se fait du rock, du metal, ailleurs qu’en Amérique et en Europe. Pourtant, il s’en fait partout mais ces groupes arrivent rarement à nos oreilles pour différentes raisons (choix radiophoniques, distributions, plateformes de recherches adaptées à notre zone géographique, etc.). C’est avec une certaine curiosité qu’entre dans mon lecteur le premier album de Riseback, un groupe… turc.
Il serait facile d’avoir des idées préconçues et de croire qu’on nous offrira des sonorités à saveur moyen-orientale (même si, après tout, la Turquie est au carrefour de l’Europe et de l’Asie…). Ceux qui aborderont le premier pas de ce jeune groupe dans cet état d’esprit seront rapidement rappelés à l’ordre dès les premières notes de « Game Powered« , pièce musclée dans une veine typiquement rock à laquelle nous sommes habitués. D’entrée de jeu, on peut percevoir l’habileté de Riseback à offrir des mélodies bien ficelées. Nous faisons rapidement connaissance avec la chanteuse Riella Eskenazi, dont la voix est taillée sur mesure pour la musique du groupe; une voix franche et expressive, livrée avec vigueur.
Ce que Riseback nous offre, en fait, c’est un métal alternatif basé essentiellement sur une interprétation énergique. Cette énergie dégagée par les musiciens constitue d’ailleurs la plus grande force de ce disque. Les bons solos ne manquent pas et les amateurs de guitare seront ici ravis. Si il n’est pas un «guitar hero», Ali Safa Uzun est extrêmement efficace sur son instrument. La section rythmique suit dans cette voie et même si les pièces ne sont pas toujours très élaborées, le niveau de jeu des musiciens se situe bien au-delà de plusieurs groupes de rock plus connus. Les mélodies sont aussi relevées par l’ajout de claviers qui, s’ils se font plutôt discrets, se feraient cruellement désirer s’ils étaient absents. Si ces derniers ne sont jamais au centre des mélodies, ils contribuent à relever la densité sonore de l’ensemble.
On notera également un intéressant travail d’écriture. Malgré le fait que seulement deux des neufs chansons dépassent la barre des quatre minutes, on saura reconnaître que Riseback a su insuffler à ses compositions une dose suffisante de variations pour éviter de tomber dans la monotonie, bien que personnellement j’aurais souhaité me frotter à des pièces plus longues. Il reste toutefois que le développement de longues pièces ne se marierait pas très bien au style du groupe, qui mise surtout sur l’instantanéité qu’aura l’auditeur à capter les mélodies.
Parmi les pièces qui attireront davantage notre attention, nous pouvons mentionner « The Criminal« , avec son introduction lourde et un intéressant solo central; « Fake Numb Face« , quant à elle, est une pièce rapide et pesante qui synthétise bien les forces du groupe; « Make You Real » s’avère sans aucun doute la chanson la plus attrayante à la première écoute, avec sa mélodie accrocheuse contenant tous les attributs d’un hit, tandis que « Try to Say« , ballade placée judicieusement en milieu d’album, offre un beau contraste et nous permet de respirer un peu avant d’attaquer la portion finale du disque.
Si Riseback ne réinvente pas la roue, force est d’admettre que ce premier essai se révèle être des plus intéressants et saura trouver une niche chez les mélomanes qui privilégient l’énergie au profit de la construction ambitieuse. Bref, à défaut d’être aventureux, ce premier album nous permet de faire connaissance avec un groupe possédant de bons outils et qui semble déjà en mesure de bien exploiter ses forces. Reste maintenant à voir si le quatuor saura pousser plus loin, en osant davantage sortir des sentiers battus (par exemple, quelques compositions plus longues seraient la bienvenue). Finalement, disons-le, ce sont des débuts prometteurs.
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Eidon
« Crystalight«
Autoproduction
2012
C’est de Tours, en France, que nous arrive Eidon, groupe formé en 2009. Après un peu moins de trois ans de préparation, le groupe a adopté la voie de l’autoproduction afin de nous offrir son premier album, nommé « Crystalight« . Paré d’une pochette absolument superbe, qui cadre parfaitement bien avec l’esprit du métal symphonique, il ne reste plus qu’à vérifier si le contenu est aussi enthousiasmant que le contenant…
La jolie introduction ambiante à saveur classique nous annonce rapidement que c’est du métal symphonique pur jus que l’on nous servira. En effet, tous les attributs du style s’y retrouvent, à commencer par une domination des claviers. Si la palette sonore choisie par la claviériste Cécile Vollet ne se démarque pas particulièrement par son originalité, il faut bien constater que l’exécution est irréprochable. Ni plus ni moins, l’ombre de Nightwish plane sur le son Eidon, bien qu’au final, le mixage donne davantage de place aux guitares que chez les Finlandais. La batterie se retrouve également placée devant, parfois un peu trop.
Sur le plan des compositions, les Français nous offrent des mélodies bien troussées dans un format court somme toute assez standard, les plaçant sur cet aspect dans l’orbite d’un groupe comme Visions of Atlantis, misant davantage sur la richesse sonore que sur l’émotion pour nous distraire. Résultat: nous pouvons être épatés par la dextérité des musiciens, mais l’on peut sur le même souffle dénoncer le fait que bien peu de frissons vont nous parcourir pendant l’écoute. En effet, « Crystalight » est un bien joli exercice de style mais si l’on considère la qualité des musiciens en place, on se permet d’espérer quelques envolées lyriques plus développées.
Si l’on peut regretter un brin cette émotion manquante, il y a au moins une exception à la règle avec la très jolie « Night’s Outline » qui, malgré son titre anglais, nous est interprétée en français, fait très rare dans cette branche de métal. D’ailleurs, pourquoi ne pas récidiver en ce sens sur les albums suivants? Cette pièce est une ballade, mais il ne fait nul doute que la langue de Molière trouverait bien sa place sur des compositions plus énergiques. Au fond, pourquoi pas?
Au-delà de la solide prestation des musiciens, la chanteuse Gabrielle Morché s’est révélée une belle trouvaille à mes oreilles. La dame offre un chant très juste et surtout très nuancé, comme elle le démontre avec brio sur « Skyline« , certainement le morceau plus intéressant de l’album, avec sa belle richesse instrumentale et une ligne vocale très théâtrale, aspect que l’on souhaite voir exploité davantage dans le futur. On peut dire la même chose au sujet de « Panic« , titre où le chant est très coloré et se marie bien à une interprétation musicale énergique dominée par le piano qui vit ici de belles heures.
Dans la même lignée, « Cender » est truffée de très bons moments instrumentaux et nous démontre que lorsqu’Eidon se donne la peine de développer davantage sa musique, il peut donner la pleine mesure de son potentiel. C’est toutefois le guitariste Thibaut Lemoine qui est la véritable vedette de l’ensemble. Si les claviers flottent constamment au-dessus des compositions et créent une belle ambiance, les meilleures séquences de jeu viennent toutefois de l’homme à la six-cordes, qui multiplie les démonstrations de bravoure grâce à un jeu très vivant et une multitude de solos épatants.
Au final, Eidon ne manque pas d’atouts: les musiciens sont performants, la chanteuse possède une voix des plus agréable, le son est riche. Ce qui manque pour faire passer « Crystalight » de «bon album» à «excellent album», c’est la maturité et cette qualité ne vient qu’avec le temps. Dès l’instant où Eidon saura mieux développer ses compositions et colorer davantage son propos, le groupe franchira cette étape et pourra laisser sa trace. Le potentiel et le talent sont là, on ne peut qu’attendre la suite des choses avec grand intérêt.
by Lex Ivian | Juil 10, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

TrollWar
« Earthdawn Groves«
Indépendant
2014
Ouais, et bien je crois que le « guerre des trolls » est resté sur mon bureau de travail un peu trop longtemps, et pour cela, de peur de me faire arracher la tête et battre à coup de gourdin géant, j’ai décidé d’enfin m’activer et de faire cette chronique.
TrollWar, c’est du folk bien violent et extrêmement festif. Ça s’écoute avec une bière… ou 2… et probablement même 8. Au travers de cette vague de joie intensément folklorique, on y trouve de beau aspect flamboyant d’epicness. On s’image très bien de gros vikings roux barbus, combattre ardemment une floppé de dragon, et bien sûr, ils sont complètement saouls!!
De bons riffs pesants et bien rythmiques, laissant aux orchestrations la ligne mélodique si propre au folk métal. De beaux arrangements, bien envoûtant mais parfois redondant à certains endroits dû aux répétitions assez fréquentes. Mais je comprends ceux qui se disent, si c’est bon, pourquoi pas le répéter plusieurs fois! Parce que oui, les claviers font bien le travail: accrocher l’oreille et créer une histoire fantastique. Sur ce point, TrollWar réussit.
Côté rythmique et vocal, l’album « Earthdawn Groves » ne m’a pas laissé sur ma faim. Une rythmique qui appuie bien le petit côté festif du groupe sans trop de flafla. Droit, simple et bien exécuté! Pour la voix, autant les petites passes harsh comme les cris plus gutturaux sont bien faits, de bonnes mélodies vocales et plusieurs vocaux de taverne ici et là m’ont donné encore plus soif de bière tout au long de ces maintes écoutes!
Donc une bonne composition en général, avec certain bouts plus agressifs et percutants, d’autres plus mélo! Le groupe a su trouver un bon équilibre dans le mélange des styles, mais aussi dans le mélange des instruments. Cet album devrait plaire à tous les fans de Alestorm ou Finntroll.
Le point faible reste dans la production et l’ingénierie de l’album. Le son oscille entre vrai studio pro et album fait maison, donc rien de grave mais assez pour que je le remarque….
Sur une mini note finale, après avoir vu le groupe en spectacle au « Vikingfest » de Montréal, je dois dire que live, c’est vraiment un groupe à ne pas manquer, vraiment énergique et impressionnant!
Donc, pour les fans de vikings saouls qui battent des dragons et couchent avec des fées, vous aller aimer! Pis les autres, vous devriez aussi aimer parce que c’est un très bon album que le groupe nous a sorti ici!
8/10
Jee