Critique d’album: Loudblast – « Burial ground »

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Loudblast

« Burial Ground« 

Listenable Records

2014

 

Consistently releasing albums since their first demo in 1985, France’s LOUDBLAST have run the gambit of classic albums (« Sublime Dementia« , 1993) to albums that slightly missed their mark (« Fragments« , 1998). Although, being such a reputable Death Metal act, the foursome is back with a vengeance in this year’s « Burial Ground« , an album set on returning the group to former glories.

Quickly setting the mood and pace, opener « A Bloody Oath » wastes no time in its urgency utilizing a crisp production and cascading riffs that run from fast to slow, churning menace! « Darkness Will Abide » leads from a wild solo to a catchy driven onslaught to punchy effect. Varying the momentum, « Ascending Straight in Circles » sees the band blend nice transitional passages and ample crunch while highlight, « Soothing Torments » is one of the few numbers that slows things down to incorporate a sizeable groove, something most Swedish Death fans would fondly embrace.

With notable groups like BENEDICTION, GRAVE, GOREFEST and OBITUARY (among others) releasing their seminal albums in the 90’s, and maintaining a reliable and steady credibility in 2014, it must be increasingly difficult to pen songs that introduce fresh ideas that will « jump start » the scene. LOUDBLAST’s latest is another example of an album that, though satisfying, nothing here seems to scream « instant classic » upon initial listening. « I Reach the Sun » is a mighty tune brimming with malice and vitriol, slow to mid-paced and including a « sing along » chorus and incredible lead. Simple in its approach it does an excellent job! « Abstract God« , another juggernaut of « bone crushing » proportions, previews « The Void » that seems to include a hypnotic, « spacey » Doom feel in its rhythm and execution. For all intents and purposes, LOUDBLAST’s, « Burial Ground » takes the first half of its repertoire to fully attain the standout moments the French troupe is noted for! With the second half really exploding with above average songs, fans may want to be patient and allow for multiple spins before making up their minds. A great return to form but slightly off center from the bullseye.

Standout Tracks: « I Reach the Sun« , « The Void« , « The Path »

7.5/10

Chris

 

 

Critique d’album: The Tidal Sleep – « Vorstellungskraft »

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The Tidal Sleep

« Vorstellungskraft« 

This Charming Man Records

2014

 

Un jeune groupe de post-hardcore qui avait retenu mon attention en 2012 était sans contredit The Tidal Sleep. Arrivé un peu de nulle part avec un solide premier long jeu, ils avaient su s’imposer brillamment en proposant une musique extrêmement bien ficelée, chargée d’une dose d’émotivité poignante et d’une énergie enivrante qui m’avait captivé aussitôt. J’ai écouté nombre et nombre de fois ce LP de 7 titres ainsi que le EP de 4 pièces qui suivit quelques mois plus tard et même s’il ne s’agît pas de faire la revue de ceux-ci, ici, je vous encourage fortement à aller voir de quoi il en retourne sur le Bandcamp du groupe puisque ça en vaut vraiment le détour.

Ceci étant dit le 25 juillet que paraissait sur This Charming Man Records, « Vorstellungskraft« , leur deuxième album et Dieu que c’est bon. Ce quintet Allemand frappe, à mon sens, en plein centre de la mire avec ce disque d’une qualité irréprochable.

« Vorstellungskraft » est sans aucun doute la suite logique qui s’imposait face à leur toute première frasque. The Tidal Sleep continue certainement sur leur trajectoire initiale, mais je ne sais pas, cette fois, on dirait qu’il y a ce petit quelque chose qui vous fait dire: «Wow!» Bien entendu, il est toujours question d’une musique poignante et émotive aux mélodies hyper prenantes, mais il y a aussi une sorte de maturité palpable qui émane des 11 morceaux qui constituent la platine. La charge émotive est définitivement ressentie et est bien canalisée à travers les pièces qui sont livrées avec une généreuse sincérité. La passion et le cœur sont mis de l’avant et si on ajoute à tout ça la petite vibe post-rock que se donne, sans ambitionner, les guitares, il en ressort un album parfait pour ceux et celles qui voudraient peut-être prendre  le temps de rêvasser un peu en écoutant un groupe s’exploser les coutures du cœur en harmonie, tous ensemble, pour votre plus grand plaisir.

Bien que l’ambiance générale se veut beaucoup plus confortable qu’agressive, l’album a aussi son côté un peu plus hard. De un, il n’y a aucun clean vocal (ou à peine) pour ceux et celles qui se le demanderaient. De deux, ça reste dans le large spectre du hardcore moderne et il y a donc certains attributs propre à ce genre musical qui sont présents dans la cadence et la charpente des rythmes. Et de trois, il y a quelques excellents breakdown parsemés tout au long des 33 minutes de « Vorstellungskraft« . N’allez pas comprendre, par contre, que c’est un disque fait pour expier votre rage, non, au contraire. C’est plutôt, comme j’ai souligné juste avant, un échappatoire de quelques instants pour oublier les tracas du monde surréaliste dans lequel nous avons parfois l’impression d’évoluer.  Et dans ce sens, personnellement, je le trouve plutôt relaxant

Sur cette note, je vous laisse avec le vidéoclip de l’excellent pièce « Thrive and wither« . En espérant que le tout vous plaise. Bonne écoute.

Coeur Noir

 

 

Les « Elles » du Métal

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Amberian Dawn

« Magic Forest« 

Napalm Records

2014

 

Annoncé depuis un bon bout de temps, le cinquième album du groupe finlandais Amberian Dawn (sixième, si on inclut la compilation « Re-Evolution » dont nous reparlerons plus loin) a finalement été déposé dans ma boîte aux lettres! J’utilise le point d’exclamation car voici une parution que j’attendais avec impatience, Amberian Dawn étant une formation que j’affectionne particulièrement.

Depuis la publication en 2008 de leur premier album, « River of Tuoni« , la formule musicale préconisée par les Finlandais n’a pas varié d’un iota. En effet, le leader Tuomas Seppälä (il est aussi claviériste et tient quelques parties de guitare) a toujours gardé les choses simples, très simples. Ainsi, on ne doit pas s’attendre de la part d’Amberian Dawn à de longues suites, ni à de grandes envolées conceptuelles. Le charme de leur musique se situe ailleurs, c’est-à-dire dans la facilité du compositeur à générer de sympathiques vers d’oreilles, supporté par des parolières qui colorent le tout d’un aspect mythologique et fantastique, tout en se fiant sur l’habileté technique des musiciens qu’il choisit pour s’entourer.

Ce qui était vrai en 2008 l’est encore en 2014 : les dix chansons qui forment ce nouveau recueil ne marquent pas vraiment de changement au niveau stylistique. Ainsi, Seppälä est demeuré dans ses vieilles pantoufles, gardant les compositions courtes (la plupart sous la barre des quatre minutes) tout en conservant l’habituelle ossature couplet/refrain/couplet/refrain/pont (souvent solo de guitare ou claviers)/refrain à laquelle il nous a habitué, rendant l’ensemble plutôt prévisible.

Vous comprendrez donc que ceux qui sont habitués à Amberian Dawn ne trouveront pas matière à surprise ici. Les bons côtés de « Magic Forest » se situent ailleurs, au premier chef à la facilité à laquelle les mélodies envahissent notre tête. Sur cet aspect, le compositeur fait flèche de tout bois en nous servant des mélodies imparables, extrêmement agréables à écouter. On peut également apprécier les solides capacités des musiciens, les solos (annoncés à l’avance dans le livret!) sont exécutés avec une dextérité remarquable. Notons entre autres l’apparition, sur un troisième album de suite, de Jens Johansson (Stratovarius) qui offre un solo de claviers sur « Dance of Life« .

Quant aux musiciens réguliers en place, ils mettent leurs talents aux services des chansons, dans le sens où même si l’alignement présenté par le groupe a varié au fil des ans, chacun d’eux a réussi à capter l’esprit de la musique pour offrir une belle continuité stylistique. Mettons toutefois en exergue la performance de la section rythmique, qui offre une démonstration très relevée; le batteur Joonas Pykälä-Aho, qui n’était pas de la partie sur « Circus Black » (2012) marque son retour avec une frappe plus solide que jamais tandis la basse de Jukka Hoffren fait sentir lourdement sa présence. Sur cet aspect, la réussite est éclatante et la rythmique est sûrement la meilleure de l’histoire du groupe.

On peut également remarquer un changement notable en ce qui a trait aux sonorités des claviers. Si ces derniers arboraient des couleurs plus sombres dans le passé, particulièrement sur le sus-nommé « Circus Black« , on remarquera que les teintes choisies sont beaucoup plus joviales, faisant de « Magic Forest » un album très enjoué, très positif. Parallèlement, ce léger changement sonore nous fera davantage croire qu’on se retrouve en territoire plus «pop», augmentant l’impact qu’ont les mélodies sur nos oreilles.

Bien sûr, le grand changement, le plus perceptible, le plus marquant, se situe au niveau vocal. Fin 2012, Heidi Parviainen quittait le navire et c’est ainsi que nous arrive une nouvelle chanteuse, nommée simplement Capri. Les fans du groupe avaient eu la chance de faire connaissance avec la nouvelle venue sur la compilation « Re-Evolution« , parue l’an dernier, où Amberian Dawn avait réenregistré onze chansons de ses quatre premiers albums pour nous présenter sa nouvelle «frontwoman». Décidément, Capri s’en était tiré admirablement, interprétant à sa manière des chansons immortalisées par sa prédécesseure, ce qui s’avérait un défi de taille, considérant la grande différence de registre entre les deux chanteuses.

En effet, si Heidi se démarquait par sa voix hautement lyrique dans le style opéra, Capri se révèle davantage comme une chanteuse typiquement rock, faisant preuve d’une belle polyvalence. Sa voix légèrement rauque laisse une empreinte très personnelle sur les chansons, bien qu’elle soit capable de chanter de manière plus lyrique à l’occasion, comme sur la pièce-titre ou sur « Green-Eyed« , où elle démontre une belle sensibilité.

Son chant, très varié, transporte les mélodies, de façon plus rock sur « Cherish my Memory« , qui ouvre l’album sur les chapeaux de roues, de façon plus théâtrale sur « Sons of the Rainbow« , pièce imprégnée de fantastique dont l’histoire aurait pu être écrite par sa prédécesseure (Capri a aussi hérité du chapeau de parolière) ou bien en donnant à sa voix des accents plus pop sur l’excellente « Warning« . Il n’y a que sur « Memorial« , chantée en duo avec le baryton Markus Nieminen, que le timbre de l’ancienne chanteuse se fait désirer davantage. Bref, Tuomas Seppälä a toutes les raisons d’être très enthousiaste d’avoir découvert Capri, qui se révèle une formidable trouvaille et qui, surtout, semble donner un nouveau souffle au groupe qui avait offert une performance plutôt relâchée sur l’album précédent.

Avec « Magic Forest« , Amberian Dawn amorce décidément une deuxième vie, transporté par une énergie très positive. Si les Finlandais ne ratissent pas bien large en terme d’étendue, on peut toutefois leur donner le crédit de gagner en profondeur en nous offrant possiblement une œuvre qui, sans être leur meilleure (à mon avis, le fantastique « The Clouds of Northland Thunder« , enregistré en 2009, demeure inégalé), s’avère être sans aucun doute leur plus constante au niveau qualitatif. Pas de moments morts ici, vous n’avez qu’à vous laisser transporter par les mélodies.

Stéphan

 

 

 

Critique d’album: Fossils – « Flesh hammer »

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Fossils

« Flesh hammer »

Indisciplinarian

2014

 

Attention, me revoilà avec de quoi de pas usuel, le groupe Fossils, un duo basse/batterie instrumental danois qui viennent de sortir leur 2ème effort studio, « Flesh hammer » après un live, « The veal thing« , paru il y a un an et qui avait introduit deux des pièces de « Flesh hammer » jumelées à deux de leur premier, « Meat rush » paru fin 2010. Selon leur bandcamp, ils font du noiserock. Je ne sais pas si l’appellation noise n’aura pas la fâcheuse conséquence de détourner plus d’un fan potentiel mais je rectifie le tir tout de suite. Le seul noise que je vois dans cette musique, c’est le fait que la basse est grasse à souhait créant un son crusty sludge qui ne peut que plaire aux amateurs de lourdeurs.

Pour ce qui est de la musique sur « Flesh hammer« , oh boy, là c’est du solide. Dès le début, le son des punchs m’accrochent puis ça ne prend que quelques secondes et il y a des riffs de basse qui s’en vont dans toutes les directions mais en gardant toujours cette groove qui vient me chercher, appuyés par un batteur pas plus sain d’esprit créant des atmosphères jazzy, des structures progressives mais aussi des agressions crust/punk où l’heureux souvenir de NoMeansNo, un groupe inclassable s’il en est un, vient me hanter… et tout ça ne l’oubliez pas à seulement 2 musiciens. Et bien que j’ai dit «basse appuyée par batterie», leur présence en tant que soliste est pareillement significative. Leur musique me fera vérifier à nouveau si c’est bien un duo. Leurs pièces complexes et denses qui m’ont laissé un peu essoufflé, m’ont fait douter qu’elles ont toutes moins de 2min20 au compteur.

Je ne sais pas quoi vous dire de plus pour vous encourager à écouter cet album hors de l’ordinaire. Je m’essaie en disant que si vous devez découvrir un groupe différent qui vous fera sortir de votre zone de confort pour vous en faire découvrir une nouvelle et bien Fossils est ce groupe.

Lex

 

 

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Critique d’album: Black Space Riders – « D:REI »

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Black Space Riders

« D:REI »

BSR/Cargo

2014

 

Quand je parcours la liste des nouvelles parutions qui nous parviennent, j’essaie surtout de trouver des trucs qui me paraissent différents à première vue et c’est souvent donc le nom du groupe qui m’attire. Black Space Riders tombe exactement dans cette catégorie, surtout qu’il s’affiche comme un groupe de psychedelic rock/metal et que le nom de leur album est peu commun, « D:REI« . Juste ce qu’il fallait pour que je m’y intéresse et que je me lance dans cet album marathon qui tourne autour de 80 minutes en 13 pièces.

L’intro de la 1ère pièce, « Stare at the water« , se fait attendre (à moins que vous ayiez l’oreille très fine) avant que finalement tout s’emballe, coeur et musique. Let’s rock! On est, dès lors, enveloppé dans un gros son gras qui vous fera penser à nos stoners locaux Black Khox et Tunguska Mammoth. Par contre, au lieu d’avoir comme toujours un chanteur à la voix écorchée allant du mid-aigüe à grave, il y a une voix douce pas du tout éraillé qui se répand en écho et semble comme flotter sur cette musique. Une plaisante variation dans l’approche au vocal. Et que dire du refrain. Hypnotique! Au point que je me suis surpris à le chanter drette là avec eux! Par la suite, on a un petit moment calme où on peut apprécier toute la beauté de cette voix qui m’a charmé dès le début de la pièce avant de terminer dans cette drive du début.

Après « Bang Boom War (outside my head)« , une pièce aux riffs répétitifs qui m’a projeté dans les années 1990 alors que les planchers de danse s’ouvraient à l’alternative metal et au grunge, « Rising from the ashes of our world » à l’intro funèbre s’intensifie pour porter la frustration puis laisse place à la 3ème minute à la voix douce et mélancolique qui exprime toute la désolation d’un monde détruit. On appréciera le riff qui accompagne le tout pendant que la batterie résonne d’une fureur contenue avant de se libérer dans un genre de beat tribal et terminer la pièce sur les chapeaux de roues.

J’aime bien « Rude Awakening » de Prong et « Give gravitation to people » avec sa rythmique m’a encore une fois ramené sur les planchers de danse des années 90 alors qu’on se déchainait sur les Ministry, White Zombie et autres Prodigy que les DJs nous envoyaient. Y’a aussi un gros côté Queen of the Stone Age dans la rythmique basse-batterie. Pensez à « Regular John« . La suivante, « Way to me » m’a elle aussi gardé sur les planchers de danse mais en faisant un autre bond dans le temps avec son refrain qui m’a fait penser à « On the road again » (1968), une toune funky rock du groupe Canned Heat. En fait, plus j’écoutais et plus je trouvais que c’était pas mal plus la reprise faite en 1978 par le groupe spacerock français, The Rockets, que ça me rappelait. L’époque où on faisait la danse du robot!!! Et on retourne dans le Queen of the Stone Age avec « Temper is rising » avec les rolling riffs et le tempo dans le tapis. Mais c’est drôle comment la façon de chanter me rappelait Lou Reed ou David Bowie. Un malin plaisir à repenser à « Suffragette city » (1972) de Bowie.

Avec « The God-Survivor » on retourne à l’esprit de la 2ème de l’album mais en plein milieu ça a ralenti, le vocal a pris un petit côté plaintif (un peu style Keith Caputo de Life of Agony) et on a alors eu droit à des ambiances orientales, encore une fois une belle variation. « I see » et « Leave » sont des ballades space rock où le vocal n’est pas sans rappeler Jaz Coleman de Killing Joke mais aussi tout le désespoir de Sven Friedrich de Dreadful Shadows. D’une beauté empreinte de mélancolie avant d’embarquer dans les 10 minutes de « Space Angel (Memitim) » dont la rythmique rappellera sûrement « When the levee breaks » de Led Zeppelin. Parlant de se rappeler, même si le titre me l’avait annoncé, dès que le vocal a embarqué, je n’ai pu faire autrement qu’acquiescer. L’atmosphère de « Major Tom Waits » est bluesy et on dirait quasiment que c’est Tom Waits qui chante.

Je saute « Letter to a young one » car je n’ai rien à en dire puis l’album finit sur une autre pièce hypnotique, « The everlasting circle of infinity » qui vous donnera sûrement le goût de vous retaper l’album juste pour vous assurer que vous avez bien entendu tout ça et même en découvrir plus à chaque écoute. Black Space Riders aura rempli sa promesse de mêler rock psychédélique et metal en plus d’ajouter une bonne dose de stoner/southern rock américain et de space rock et darkwave européen. Un mélange que j’ai vraiment trouvé plaisant et qui leur permet de créer une musique variée qui emprunte souvent des chemins imprévisibles et qui, malgré des influences palpables porte leur propre identité qui se démarque dans l’univers musical.

Lex

 

 

Critique d’album: Godhunter – « City of dust »

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Godhunter

« City of dust« 

Compound/Earsplit/Battleground Records

2014

 

Lorsque j’ai vu et lu toute les revues concernant le 1er album complet de Godhunter, je m’attendais à tomber sur un bijou, de l’or en barre, quelque chose qui me promettait le fils bâtard de Eyehategod et Black Flag, c’est pas n’importe quoi. Je suis resté un peu abasourdi par mon expérience auditive et je me demande d’ailleurs toujours ce que tous ont entendu et auquel je suis resté sourd.

C’est sur un speech dénonciateur que débute l’album (et plusieurs autres parsèment l’album, l’influence de Henry Rollins promise) avant que la pièce proprement dite enchaîne avec un rythme martial qui devient une 2ème intro à la pièce qui s’accélèrera un peu par la suite mais malheureusement, alors que je m’attendais à un côté plus crusty/sludge – oui le son est downtuned et downtempo – ça reste quand même assez tranquille si ce n’est monotone. Et c’est pas mal comme ça tout au long de l’album alors que les pièces s’étirent sur des riffs peu élaborés comme si leur seul but était de durer le temps de passer le message. « Brushfires » nous montre une certaine capacité à varier la composition, mais ce n’est pas encore ce que ça prend et elle finit par paraître longue elle aussi. Côté variété, y’a bien, « Shooting down the sun » la ballade plaintive au milieu mais là c’est une question de goût…

La pièce « Snake oil dealer » est pas mal la plus intéressante avec son côté sludgy et pissed off. Elle a aussi des arrangements en background, peut-être justement trop en arrière par contre et le feu de broussaille agrémenté du hurlement des chiens de prairies et du coassement d’un crapaud pendant une minute pour terminer la pièce est vraiment de trop.

J’avais été intéressé par leur côté revendicateur/dénonciateur mais ils ne m’ont pas fourni la hargne qui va avec, celle que leurs EP précédents, « Teargas » (2012) et « Wolves » (2011) avaient. C’est sombre, ça je l’admet mais la solution aurait peut-être été de garder les pièces plus courtes sur « City of dust« . Et peut-être aussi de miser plus sur le côté pissed off hardcore et moins sur les riffs répétitifs et languissants du sludge. « Prey for the heavens » de 2012 avait tout ce qu’il fallait, il me semble…!!

Lex