« D:REI »
BSR/Cargo
2014
Quand je parcours la liste des nouvelles parutions qui nous parviennent, j’essaie surtout de trouver des trucs qui me paraissent différents à première vue et c’est souvent donc le nom du groupe qui m’attire. Black Space Riders tombe exactement dans cette catégorie, surtout qu’il s’affiche comme un groupe de psychedelic rock/metal et que le nom de leur album est peu commun, « D:REI« . Juste ce qu’il fallait pour que je m’y intéresse et que je me lance dans cet album marathon qui tourne autour de 80 minutes en 13 pièces.
L’intro de la 1ère pièce, « Stare at the water« , se fait attendre (à moins que vous ayiez l’oreille très fine) avant que finalement tout s’emballe, coeur et musique. Let’s rock! On est, dès lors, enveloppé dans un gros son gras qui vous fera penser à nos stoners locaux Black Khox et Tunguska Mammoth. Par contre, au lieu d’avoir comme toujours un chanteur à la voix écorchée allant du mid-aigüe à grave, il y a une voix douce pas du tout éraillé qui se répand en écho et semble comme flotter sur cette musique. Une plaisante variation dans l’approche au vocal. Et que dire du refrain. Hypnotique! Au point que je me suis surpris à le chanter drette là avec eux! Par la suite, on a un petit moment calme où on peut apprécier toute la beauté de cette voix qui m’a charmé dès le début de la pièce avant de terminer dans cette drive du début.
Après « Bang Boom War (outside my head)« , une pièce aux riffs répétitifs qui m’a projeté dans les années 1990 alors que les planchers de danse s’ouvraient à l’alternative metal et au grunge, « Rising from the ashes of our world » à l’intro funèbre s’intensifie pour porter la frustration puis laisse place à la 3ème minute à la voix douce et mélancolique qui exprime toute la désolation d’un monde détruit. On appréciera le riff qui accompagne le tout pendant que la batterie résonne d’une fureur contenue avant de se libérer dans un genre de beat tribal et terminer la pièce sur les chapeaux de roues.
J’aime bien « Rude Awakening » de Prong et « Give gravitation to people » avec sa rythmique m’a encore une fois ramené sur les planchers de danse des années 90 alors qu’on se déchainait sur les Ministry, White Zombie et autres Prodigy que les DJs nous envoyaient. Y’a aussi un gros côté Queen of the Stone Age dans la rythmique basse-batterie. Pensez à « Regular John« . La suivante, « Way to me » m’a elle aussi gardé sur les planchers de danse mais en faisant un autre bond dans le temps avec son refrain qui m’a fait penser à « On the road again » (1968), une toune funky rock du groupe Canned Heat. En fait, plus j’écoutais et plus je trouvais que c’était pas mal plus la reprise faite en 1978 par le groupe spacerock français, The Rockets, que ça me rappelait. L’époque où on faisait la danse du robot!!! Et on retourne dans le Queen of the Stone Age avec « Temper is rising » avec les rolling riffs et le tempo dans le tapis. Mais c’est drôle comment la façon de chanter me rappelait Lou Reed ou David Bowie. Un malin plaisir à repenser à « Suffragette city » (1972) de Bowie.
Avec « The God-Survivor » on retourne à l’esprit de la 2ème de l’album mais en plein milieu ça a ralenti, le vocal a pris un petit côté plaintif (un peu style Keith Caputo de Life of Agony) et on a alors eu droit à des ambiances orientales, encore une fois une belle variation. « I see » et « Leave » sont des ballades space rock où le vocal n’est pas sans rappeler Jaz Coleman de Killing Joke mais aussi tout le désespoir de Sven Friedrich de Dreadful Shadows. D’une beauté empreinte de mélancolie avant d’embarquer dans les 10 minutes de « Space Angel (Memitim) » dont la rythmique rappellera sûrement « When the levee breaks » de Led Zeppelin. Parlant de se rappeler, même si le titre me l’avait annoncé, dès que le vocal a embarqué, je n’ai pu faire autrement qu’acquiescer. L’atmosphère de « Major Tom Waits » est bluesy et on dirait quasiment que c’est Tom Waits qui chante.
Je saute « Letter to a young one » car je n’ai rien à en dire puis l’album finit sur une autre pièce hypnotique, « The everlasting circle of infinity » qui vous donnera sûrement le goût de vous retaper l’album juste pour vous assurer que vous avez bien entendu tout ça et même en découvrir plus à chaque écoute. Black Space Riders aura rempli sa promesse de mêler rock psychédélique et metal en plus d’ajouter une bonne dose de stoner/southern rock américain et de space rock et darkwave européen. Un mélange que j’ai vraiment trouvé plaisant et qui leur permet de créer une musique variée qui emprunte souvent des chemins imprévisibles et qui, malgré des influences palpables porte leur propre identité qui se démarque dans l’univers musical.
Lex





