by Patrick Graham | Fév 1, 2014 | Articles Divers/Primeurs/Annonces, Critiques, Critiques d'Albums, Entrevue, On Arrête Pas l’Prog!
Molt de Molt
-ou-
la mue d’une revue vers une « mail-terview » en bonne et dûe forme
Qu’arrive-t’il lorsque deux musiciens se tannent d’avoir toujours à composer avec les déménagements de ses co-musiciens et membres de groupe, ou encore avec leurs états d’âme et aspirations divergentes? Ils relèvent leur manches, apprennent à jouer d’un autre instrument (la batterie par exemple) et apprennent à jouer en duo sur des séquences. En fait il arrive de très belles choses si on veut bien en croire ses oreilles en écoutant le tout premier LP du groupe Molt.

Quand Lex m’a lancé le lien vers leur bandcamp, en me demandant si je serais intéressé à faire une revue de leur LP, je me suis mis à écouter le deuxième titre, All Ants Are Little Ants. Really, le titre m’attirait. De suite, la musique m’a plu; rythmes saccadés, vitesse endiablé, voix growlée ou clean éthéré, riffs recherchés…ça tombait bien dans mes cordes. Je retourne sur la face de bouc pour lire le dernier message de Lex qui me dit que le duo se fait souvent appeler les Gentle Giant du death.
!wtf? Gentle Giant? Kocé tu m’chante là, Lex? m’écriai-je. « Pattonesque » à la rigueur mais ça rien à voir avec GG, je lui rétorque.
Attends d’entendre les voix polyphoniques, tu va comprendre ce que je dis, rétorque-t’il.
Étant mon moi-même habituel, je m’obstine, persiste et signe,
Voyons ça rien à….
À ce moment arrive la 3e seconde de la 6e minute de toujours le deuxième titre précédemment nommé et mon appréciation modéré mais positive de l’oeuvre s’est vu augmenter d’un exponentiel ou deux. Déjà, j’aimais bien le vocal à Julian mais Kyla alors là! Non seulement elle joue très bien de la guitare, mais en plus elle a une superbe voix. L’effet des deux, ensemble, est tout simplement délectable. D’ailleurs, si vous ne l’avez pas encore fait, je vous conseille fortement de cliquer droit sur le lien du bandcamp qui s’ouvrira dans une nouvelle fenêtre et d’aller presser play afin de comprendre de quoi il en retourne avant de revenir lire le présent article.
Ce premier LP est complètement concept; Molt se traduit par mue et les cinq pièces de cet album (totalisant quand même un respectable 51m08) ont toutes comme thématique les insectes (arthropodes est-il précisé en fait sur leur BandCamp), leur monde ou la perspective que ces derniers pourraient avoir. Les chansons nous font passer par différentes émotions et états d’âme, transitant aisément entre des riffs death à des riffs progressifs ou carrément expérimentaux. Notes de Gentle Giant, oui, surtout du coté des voix polyphoniques mais aussi des bridges et riffs disjonctés qui ne sont pas sans me rappeler Giraffe?Giraffe! ou Hella. Nos deux protagoniste partagent aussi sûrement des atomes crochus avec les Patton et Zappa de ce monde. Je trouve leur art d’une fine intelligence et d’une musicalité certaine. Chapeau Kyla et Julian.
Le titre allongé de cet article vous laissait croire que je digresserais de la forme pour y inclure une entrevue. J’ai en effet voulu en savoir un peu plus sur eux et j’ai contacté Kyla qui ne s’est pas fait prier pour répondre à mes quelques questions. Je lui ai posé les questions suivantes sur la face de bouc:
Faites-vous des concerts et si oui, utilisez vous des séquences ou faites vous appel à des session musicians pour la basse et pour les vocaux additionnels?
Depuis combien de temps êtes vous un band? Aviez-vous d’autres bands avant (lesquel(s))?
Comment en êtes vous arrivés à jouer ce mélange assez particulier de musique? Pourrais-tu nous nommer quelques bands que vous considérez comme une source d’inspiration?
Combien de temps le développement du LP vous a pris?
Pourrais-tu nous décrire un peu votre procédé de composition? Qui vient avec les idées? Est-ce 50/50 ou est-ce qu’un des deux est plus créatif alors que l’autre est plus sur la finition, par exemple?
Comment en êtes vous arrivés à ce concept? Était-ce supposé être un album concept au départ?
Et finalement, avez-vous peur des araignées (lol)?
Kyla a répondu en un temps record sur mon courriel avec ceci :
Merci beaucoup, ce fut plaisant de penser à toutes ces choses tout en répondant à tes questions.
Oui! Molt joue en live. On utilise des séquences de la batterie et des vocaux additionnels. Comme nous n’avons pas à transporter la batterie à nos gigs, et que nous n’avons pas à jouer plus fort qu’elle, nous utilisons des DI pour la guitare et la basse. Comme ça, on peut se rendre à nos différents concerts en utilisant le transport en commun; avoir une empreinte environnementale la plus petite possible est très important pour nous.
Nous avons commencé le projet en 2005, alors que nous étions encore à St.John, Terre-Neuve, mais avons passé 3 ans à chercher un batteur. Ensuite, on a pris un hiatus pendant quelques années, le temps que Julian prennent des leçons de batterie. Nous pourrions dire que Molt fut vraiment créé depuis 2010.
Nous avons tout deux été dans plusieurs bands et nous sommes présentement dans divers projets. Julian (alias Vitrid) joue de la batterie pour Issfen, un groupe de Black Montréalais. Je suis aussi une auteure connue sous le nom de Kyla Tilley et je joue dans un duo folk, Tea & Bread.
Avant Molt, je jouais dans Endearing Pervesion que je ne saurais décrire autrement que par « Newfie Doom« . Julian quant à lui jouait de la basse dans un groupe de metal technique, Dreaming in Numbers et de la guitare dans un groupe black, Squall.
Comme il arrive souvent à Terre-Neuve, les groupes se séparent parce que les gens déménagent. On s’est aperçu qu’on était dans le même bateau alors on a décidé de se faire un groupe ensemble. Puisque notre seul but était d’avoir un groupe professionnel, nous n’avions pas d’idées pré-conçues sur ce que sa musique serait, ce qui a ouvert la porte à toutes nos influences. Nous n’avions pas non plus d’autres membres pour nous dire d’être raisonnable.
À nous deux, nous écoutons une quantité assez phénoménale de musique, alors tous les ingrédients était dans la marmite pour créer Molt. La musique classique et l’opéra du 20e siècle sont cependant des influences majeures; l’album commence avec les accords de Tristan (de Wagner, Tristan & Iseult). Nous aimons tout deux le prog des années 70, et je dirais que King Crimson et Gentle Giant sont de grosses influences sur notre musique, tout comme Rush l’est. Nous écoutons plusieurs sortes de Metal. Nous écoutions beaucoup de Opeth, Enslaved et Fate’s Warning au moment de former le groupe, tout comme du Borknagar, Arcturus ou Atheist. Nous aimons le vieux Death Suédois, le Black Norvégien, le Power , le Stoner et tous les mélanges ou fusions de ceux-ci. Orphaned Land est une grande influence pour les style vocaux et le fait de performer avec les séquences.
L’enregistrement de l’album a été quelque peu délicat. La batterie était faite 2 ans avant toutes autres choses, vu que nous en avions besoin pour les concert. On a enregistré les batteries dans notre local de jam en utilisant un logiciel « open source« , Ardour. Nous avons ensuite enregistré le reste des parties au moins deux fois, mais on n’arrivait pas au but recherché. Notre but était d’avoir un album qui sonne humain, mais que chaque note sonne clairement. Alors il y avait un essai qui était humain et imprécis, et le second qui était concis et clair et avec un manque total d’émotions. Nous avons aussi passé un certains temps à déterminer le meilleurs ton pour l’enregistrement. Puisqu’il y a tant de polyphonie dans la partie guitare (je joue tout au doigt), nous y sommes allés pour un ton très clean et avons ajouté la distortion sur la basse à la place. Après plusieurs enregistrements de pratique, l’enregistrement final qu’on entend sur l’album a été fait dans notre salon, en utilisant les DIs et Ardour , en décembre 2012. Notre procédé est maintenant très méthodique. Nous avons découvert que la façon qui marche pour nous est, du début à la fin; jouant la première chanson, section par section, les reprenant chacune jusqu’à ce qu’on soit content du résultat. Julian a mixé l’album puis nous l’avons envoyé se faire masterer professionnellement. Tout le reste, nous l’avons fait nous-même. Toutes les pièces étaient écrites avant qu’on se lance dans l’enregistrement.
Notre procédé de création est 50/50. Nous nous étions mis d’accord dès le départ que nous ne ferions que des albums concept (nous en avons d’ailleurs deux autres en création et bien des idées pour le futur). Le thème des insectes est venu grâce à la chanson The Roach’s Lament. C’est en fait une de mes compositions de mon duo Folk, mais j’en voulais une version metal. On a jammé la toune un bout, puis Julian l’a ré-arrangée. Une fois que nous avions ce thème (les insectes), toutes les pièces se sont emboitées. Les mois d’après, en écrivant, on est venu avec l’idée de progresser dans une hiérarchie des besoins vu de la perspective d’un insecte. J’avais un sac plein de riffs avec des signatures de temps irrégulier que mes groupes précédents n’avaient pu jouer et Julian avait des progressions et d’autres idées musicales qu’il n’avait pas su utiliser avant. On a donc fouillé nos sacs à malice et on s’est aperçu qu’on avait la base d’au moins quatre chansons. Tout est parti de là.
Notre façon d’écrire est surtout un mélange entre improviser sur des riffs pour voir où ils nous mènent et s’asseoir avec papier et crayon pour jeter nos idées. Parfois, un de nous deux reprend toutes ses notes et les ordonne en une chanson, que l’autre pourra ou non faire des arrangement dessus. Pareil pour les paroles.
La musique que nous écrivons maintenant, nous la faisons avec l’idée d’un album complet. Ainsi, il y a une plus grande cohésion entre chacune, mais encore, nous sommes tout deux venus avec des idées de riffs et de progression et les travaillons ensemble. On s’asseoit ensuite et on brainstorm sur ça, venant très vite avec d’autres idées. Ensuite nous faisons de la recherche, ce pourquoi vous pouvez remarquer une liste d’écrit en suggestion dans les notes sur chaque chanson.
Pour la dernière question, je suis totalement terrifiées par les araignées!!! Je peux même pas googler Molt à cause de toutes les images terrifiante qui risque de popper. Julian, par contre, n’a pas ce problème.
Cheers Kyla
(Ndlr : j’ai traduit du mieux de mes connaissances et en éditant le moins possible le texte original de Kyla, toutes fautes étant alors de ma responsabilité)
J’espère que vous aurez eu autant de fun à lire cette article que j’ai eu à l’écrire, n’oubliez pas d’aller voir leur bandcamp et leur page facebook
Merci, à la prochaine,
PatG
by Coeur Noir | Nov 3, 2013 | Chroniques, Entrevue

Underling – Breathe Deeply – Entrevue
En mars dernier, j’avais essayé d’attirer votre attention sur une excellente démo d’un groupe qui laissait présager de bien bonnes choses (vous pouvez lire ladite revue juste ici). J’avais été agréablement surpris par cet effort de trois petites pièces que nous proposait cette formation qui, pour le moment, n’avait laissé couler que très peu d’informations à son sujet sinon qu’il s’agissait d’un groupe de la région de la Californie, aux États-Unis. Maintenant, quelques 7 mois plus tard, voilà que ces Américains reviennent à la charge avec leur premier EP officiel, Breathe Deeply. Un peu plus présent sur la toile et sur les médias sociaux, ils se sont rendus disponible à nous pour une entrevue. Je vous laisse donc le plaisir de les découvrir, eux, ainsi que leur époustouflante et très émotive musique.
Coeur Noir
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Ondes Chocs (OC) : Hi! First off, I would like to say that I really love Breathe Deeply and it’s definitly one of the best EP I heard so far this year. So can you guys give us a little biography. Who are you? Where are you from? Who’s playing what? What other bands were you or still playing in? Where you guys met and how you decide to create Underling.
Underling (A) : Hey guys…This is Antonio, vocalist and co-songwriter of Underling. Firstly I’d like to thank you for the kind words, as this project is very personal to me. Underling is a project that was formed in 2011 by myself and Robert Morey, bassist of Atmospheric Death Metal outfit, Fallujah (currently touring with Black Dahlia Murder and Skeleton Witch) and we essentially began writing the material that has come to be the Breathe Deeply EP. We have resident drummer of Arkaik, Alex Bent, who has toured with a number of bands and has also paid his dues as a studio session drummer and touring fill in for bands like Decrepit Birth. I have been in several bands with Alex and Robert and have worked with them both on a number of projects since 2007, the most recent of which Alex Bent did some studio session work for Sidian, my last band, which was an atmospheric technical death metal outfit. We all have known each other for quite some time and when Robert and myself decided it was time to take this project to the studio with a longtime friend, Adam Ruppel of Proview studios to release it, we hit up Alex to do the drumming and that was that (Alex did most of the songs in 1 or 2 takes by the way).
OC : I read somewhere that Breathe Deeply is kind of a very personnal album and took years to be done. Can you talk a little bit about the lyrics and the concept of the EP, if any, and how the process of writting as evolve over the time it took to complete the songs.
A : Well each song in order was written based on either personal experiences, heartache, and bouts of depression over the years between Robert and I. It was nice to have it recorded professionally using unconventional methods in terms of mixing when it comes to the black metal « sound ». For example, the last song, Seizures Over Sullen Waters, is essentially about a car wreck I was involved in when I had a seizure while driving about a block away from my apartment. I certainly had a brush with death and I tried to be as genuine as possible in conveying that feeling of losing my own life in terms of the song title and the lyrics. Every song is personal to me because it comes from past life-altering experiences or bouts of depression I’ve struggled with for many years. Underling is my way of pouring such things out lyrically and musically. We try for a beautiful wall of sound with a dark and depressive undertone.
OC : With so much genre we see today in the music industry, especially in the undeground metal scene, how would you classify your sound? How your other musical projects help you define the musical nature of Underling and how do you integrate those elements in the musical structure of Underling?
A : If i had to, I would classify it as a branch from the tree of atmospheric black metal I suppose. Although we never was concerned with making a band that sounded like anyone…I just wanted us to put out something genuine that people can hopefully grasp onto and identify with in terms of the emotional depth we incorporated into every song. A body of music for the escapee, if you will.
OC : As now, has Underling signed any contract with a label? If not, would you like to? Did someone approach you to released your music on physical format?
A : No. Currently we are doing everything DIY. We are releasing Breathe Deeply on limited vinyl only for now, and will be printing shirts and crew necks next. We had a few people approach us, but we wanted to wait to get a response from the listeners first and foremost before we took the next step forward in releasing it on 12′.
OC : Do you have plans to released your music on Cd and/or LP in the near future?
A : Yes, we will be printing around 250 to 300 limited edition vinyl – half of which will be specially designed and we will also be offering a vinyl and shirt package. It’s still early in the game so we will see how things go, but I can’t lie and say we don’t hope for this band to succeed because we take it very seriously, but at the same time we all are thankful and humbled by the positive responses we have received so far.
OC : Since I bought my digital copy of Breathe Deeply at your bandcamp, I know you guys used the internet to make the promo for the EP. So can you tell us what do you think of the internet and all the social network available for bands today? Do you think it is a good or a bad thing?
A : I think it’s a double edged sword. On one hand, I wouldn’t be doing this interview with you and having a platform to release this music for people to hear if it weren’t for the Internet, and I wouldn’t be turned on to so many good bands out there either. On the other hand, many artists are undercutting the hard work that goes into a band and paying their dues when it comes down to touring and building a fan base. Hype is intangible and has no real substance. Respect for what you do with your music is something that you have to earn as a band, in my opinion.
OC : What do you think of the American black metal scene these day and the music industry in general? Do you see hope for a creative and fun music in the future?
A : I think the American Black Metal scene has slowly flickered out. But with the surge of bands like Deafheaven, who paved the way for this style of black metal in America, Washington’s Wolves in the Throne Room, among others, there is a real void in the American Black metal scene today. We can only hope to add to the roster of good American Black Metal bands still out there today, but of course that will be for the listeners to decide and a lot of hard work on our end.
OC : Who did the artwork of Breathe Deeply? Is it important for you to have an artwork that represent what’s inside the box or you’re more the kind of « never judge a book by is cover »?
A : The artwork was commissioned by the insanely talented Richey Beckett and done all in pen and ink. I think the artwork accurately reflects the tone and themes in the music, as we both discussed at length. He was certainly a pleasure to work with and I am very pleased with how it turned out.
OC : Do you intend to go on with live shows in the next months?
A : As soon as Fallujah gets back from their month long tour with Black Dahlia Murder, we do plan on getting together for practices and taking this project to the live setting, which I am personally really looking forward to.
OC : What can we expect for Underling in the near and far future?
A : You can expect merch for sale, the release of the vinyl of our EP Breathe Deeply, and some live performances. All will tell with time how things with a band will go, as I have come to learn. However, in over a decade’s worth of playing music professionally, I think I finally found what I’ve personally been looking for in Underling and we are all very proud of the way it came out.
OC : Can you remember us where with can get your EP and where we can have news about your band?
A : You can download the EP in its entirety for only $4 at our bandcamp, or visit our Facebook for any and all updates and news about the band.
OC : Finally, do you have something to says to our readers who could have interest in your music?
A : First of all, if you are even remotely interested in our music, I’d like to humbly thank you, because we would be nothing without our listeners. Please visit our band camp and support us by downloading the full album and sharing it with your friends!
OC: Thanks a lot Underling
A: Thank you for the interview gentlemen. It’s been a pleasure.

by David-Alexandre Grand-Velozo | Oct 16, 2013 | Chroniques, Entrevue

Entrevue SixBrewBantha
Voici mon entrevue avec les gars de SixBrewBantha, un groupe de (Hateful) Grindcore de Victoria. Les gars sont bien sympathiques et ils font du Grindcore très efficace. C’est un groupe à surveiller et selon moi une des valeurs sûres de la scène underground canadienne.
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D-A: Malgré le fait que vous soyez un excellent groupe canadien, vous n’êtes malheureusement pas encore bien connu au Québec, dîtes-nous ce qu’il y a à savoir sur SixBrewBantha?
SBB: Nous venons de Victoria en Colombie-Britannique et nous avons commencé en tant que duo en 2007 (guitare et batterie) pour devenir un trio en 2008. Nous avons effectué six tournées et avons sorti quelques records et c’est pas mal là où nous en sommes rendus. On aime des groupes comme No Comment, Discordance Axis, Nirvana, Liquid Swords(GZA). On aime aussi faire des house shows et se faire des potes. Nous n’aimons pas le racisme, la misogynie, l’homophobie, la fermeture d’esprit, les flics, le matérialisme, les conneries égocentriques et le Grindcore surproduit.
D-A: Sérieusement, d’où sort le nom du band, qui en a eu l’idée?
SBB: Le nom contient beaucoup trop de degrés de significations philosophiques pour qu’il puisse être concrètement expliqué durant une entrevue.
D-A: Vous êtes friands de splits. Vous en avez un bon nombre à votre actif. Prévoyez-vous en sortir d’autres sous peu et avec quels autres groupes voudriez-vous en faire un ?
SBB: Nous avons un split avec Agitate qui va finalement sortir en vinyle. Nous en avons un autre de prévu avec Suffering Mind (Pologne) qui est en réalisation. Nous sommes aussi en discussion pour sortir un split à trois avec les gars de Roskopp et Humming Bird of Death . Pour le futur, nous prévoyons ralentir la cadence sur les splits pour nous focuser sur notre prochain LP. Mais sinon nous aimerions sortir un split avec des groupes tels qu’Abhorrence, Bloody Phoenix, Sète Star Sept et des tonnes d’autres avec lesquels ça n’arrivera sûrement jamais.
D-A: Vous êtes un trio, est-ce une situation volontaire?
SBB: C’est tout simplement que nous sommes des amis très proches et qu’il y a peu d’amateurs de Grind dans notre ville qui sont prêt à s’engager pour des tournées. Donc être un trio est ce qu’il y a de plus réaliste pour nous. Je doute qu’un jour nous ayons un bassiste, mais bon, il ne faut jamais dire jamais.
D-A: En 2012, pendant votre tournée aux États-Unis, vous avez eu un accident assez grave, que s’est-il passé exactement?
SBB: Un de nos pneus a éclaté pendant que nous étions sur une autoroute du Michigan ce qui a eu pour effet de renverser notre van. La jambe de notre guitariste a été endommagée, il a eu besoin de chirurgie. Mais grâce à des amis et à une levée de fonds en ligne, nous avons pu amasser assez d’argent pour racheter une autre van et nous avons ainsi pu continuer la tournée. Bien sûr c’était de la merde, mais les choses auraient pu réellement être pires. Nous nous considérons donc chanceux de nous en être sortis pratiquement sains et saufs et d’avoir reçu autant d’aide et de support durant cette période.
D-A: À l’endos de la pochette de votre démo Testosterone Effect, on peut trouver une adresse postale. Est-ce une vraie adresse ou juste une blague?
SBB: C’est une vraie adresse, c’est celle des parents à notre drummer. Nous aimons bien recevoir du courrier et nous encourageons fortement les gens à nous écrire par la poste.
D-A: Vous qualifiez votre musique de Grindcore haineux, est-ce que la haine est votre principal leitmotiv?
SBB: Le monde peut être un endroit merdique et déprimant. Notre musique est la réflexion de nos sentiments face à certains aspects négatifs de la vie, mais en général nous sommes des gens assez heureux et positifs. Le Grind est notre façon d’expulser la négativité hors de nous.
D-A: Vos artworks sont malades, qui les a faits?
SBB: Notre LP et notre split avec Agitate sont l’œuvre de Brendan Schieman. C’est vraiment un honneur d’avoir de tels artworks pour la pochette de nos records. Les autres covers ont été assemblés par notre drummer et ne sont pour la plupart que des images volées. Il a un bon œil pour les pochettes et dans l’ensemble nous sommes satisfaits du look de nos records. La pochette du prochain split a été faîte par Matt Sidney un gars de notre ville. Sérieusement la pochette est impressionnante. Nous aimons les pochettes faites à la main et nous avons la chance d’avoir pleins d’amis prêts à travailler avec nous.
D-A: La scène canadienne semble bien se porter depuis quelques années, qu’en pensez-vous?
SBB: Le Canada a des tonnes de groupes géniaux et sa réputation d’hotpsot pour du bon Grindcore est bien fondée. Nous ne sommes pas allés depuis quelques années dans l’est du pays, mais pour ce qui est de la Colombie-Britannique il y a des bons groupes tels qu’Obacha ,Shooting Spree, Bridgeburner, Subsist, Osk, Skuff, Ahna et bien d’autres encore. Ailleurs au pays il y a Archagathus, Rape Revenge, Violent Gorge, Head Hits Concrete, Powercup, Detroit, Soil of Ignorance, Grotesque Organ Defilement (G.O.D), Mesrine, Disleksick, Suppressulant.
D-A: Vous avez fait des tournées au Canada et aux Etats-Unis, quelle est la suite des plans pour l’Amérique du Sud ou l’Europe?
SBB: Il y a eu des discussions avec des potes de Victoria, les gars de Iskra, pour une tournée de la côte ouest cet hiver. Nous voulons vraiment aller en Europe et nous commençons à travailler pour que cela se réalise en 2014. Nous espérons vraiment que ça va marcher. Nous voulons faire des tournées partout à travers le monde alors si les gens ont des offres qu’ils n’hésitent pas à nous contacter!
D-A: Des plans pour venir jouer au Québec sous peu?
SBB: Il n’y a rien de concret pour l’instant mais on aimerait vraiment ça! Nous avons faits quatre shows au Québec durant notre tournée à travers le Canada en 2010. C’était génial mais la distance est tellement longue et il y si peu de lieux pour des concerts qu’il est plus profitable pour nous de jouer aux États-Unis. Nous espérons trouver un moyen de venir éventuellement puisque nous avons plusieurs amis que nous nous sommes faits au Québec et il y a aussi les gens comme toi qui nous écrivent et que nous voudrions rencontrer en personne.
by Lex Ivian | Mai 28, 2013 | Chroniques, Entrevue
Lorsque j’ai découvert le groupe de death metal iranien ARSAMES, il m’est venu à l’idée qu’il serait intéressant de discuter avec eux de la scène métal dans ce pays où la religion est omniprésente et omnipotente. J’ai donc fait parvenir un petit questionnaire au groupe et à mon plus grand plaisir, j’ai reçu ces réponses. – Lex
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Lex – Arsames is one of several Iranian (Persian) metal bands that hail from Iran, some of them having moved to some other countries since their beginning but you still reside in Iran. I would like you to present your band and sketch a portrait of the metal scene you’re involved in. First of all, could you just present your band. Brush us a short history of the band and tell us the meaning of the name, Arsames.
Ali – ARSAMES is a Persian death metal band from Iran, formed in the winter 2002 by Ali Madarshahi, first band drummer and vocalist since 2008. The meaning of the name ARSAMES is « the powerful hands of a bear » or « bear hands ».
In our persian history Arsames ( 520 BC ) was father of Hystaspes, satrap of Parthia and of Pharnaces. Arsames would live to see his grandson, Darius I, become the Great King of the Persian Empire, though he would die during his reign. In any case, he must have been one of the longest-surviving royals anywhere in the world at that time, probably living well into his nineties.
Lex – What is the atmosphere in which you want to put the listeners through your music. Where do you get the inspirations for your lyrics?
Ali – We are a mythological Death Metal bands because most of our lyrics come from our ancient mythology, ancient Iranian literature and we are going to use some Epic Ancient stories for our upcoming album from a book called « Epic of the king » (in farsi, our language, Shahnameh) based on the stories written by one of the mighty persian poet, Ferdowsi (940 – 1020 CE). He is the author of the Shahnameh, the national epic of Iran and the Persian-speaking world.
Lex – What are your musical influences and if you really had to compare your band with some of the well known, where would you fit Arsames?
Ali – From my childhood I grew up with heavy metal music in the 80’s. I started listening to thrash metal and after that I used to listen to Death metal …. I tried to bring all those elements from Heavy, thrash and death to our music. If i want to give you a few names for example I can say : Iron Maiden , Slayer , Exodus , Morbid Angel …
But you know you can find some Persian elements in the roots of our music which is a new sound in Metal music ! Of course, the new album would be a true Persian Death Metal Genre that we’ve been working on for 2 years. Shahrami, the main guitar player of Arsames, and I, checking and thinking about every lines in our music.
Lex – Seen from Quebec, Canada, it’s seem obvious that being in a metal band in Iran, where you are under a strict religious regime, must be an everyday challenge. Could you just depict us the kind of struggle you face on a day-to-day basis as a band and as an individual. Have you ever played in your country and in what occasion?
Ali – We have a small community in Iran and we cherish it but we can’t play in our country. When you can not make music as a job, you can not be Professional. So every one gets distracted. Most of the bands disbanded when they come to serious matters like earning for life .. and the reason behind that is metal music is banned in Iran by Islamic regime as they labeled this kind of music Satanic. But I am sure they really don’t understand it . Certainly, they don’t want to understand because they don’t like us. They don’t like long hair and metal look. At last, they are the enemy of this kind of music!
Living in Iran and managing a metal band is not easy. You have to play and rehearse in a basement far away from the eyes of cops .. even it’s not easy to find and rent a good place for rehearsal. People don’t want to rent their places to the musicians because they are afraid of being in trouble. So it means that after all these problems to find a good place to rehearse, you have to be careful!
You know, if you see we are alive that’s because we do not get in any sort of political views and we are not going to strike against something. We believe it would be a better fight and victory at the end if we focus and concentrate on our music. Nothing will stop us. We are gonna fight until the end !
Lex – Is there a feminine presence on that underground scene? In bands or in the crowd? I’ve heard about that black metal girl from Irak, Janaza and her band Seeds of Iblis. I know also that Master of Persia is fronted by Anahid but they are not in Iran anymore.
Ali – We have so many female metal musicians in Iran that I’m proud of: the band 5 grs is fronted by female vocalist, Sanam Pacha; Frosted Leaves has Lala B; Niloofar also known as Nelly’s Melody is an ex-5grs and now fronts The Bug and Unscarred, Bett Hov is in MaidiomA, and of course, Anahid from Master of Persia who lives with the band in Armenia. Also behind the bands, we have so many beautiful metal chicks, models, photographers, reporters , journalists ….
Lex – You managed to play shows outside of your country, having played in Turkey, India, Armenia and Nepal as I could see. Once again, is it a problem getting through the borders?
Ali – Actually we had no problems when we wanted to leave Iran. As we are not like typical Iranian people, in airport police have always just asked us the same questions : where are you going to and what kind of music do you play ….? and the answer is we are going to play a concert outside and we are going to play traditional Iranian music …
Lex – What is the reception regarding your band in these countries? And also around the world?
Ali – You know people and fans all around the world really showed their love to us. You know they can see we are living and fighting against all restrictions that we have in our country. So they have always sent us their good vibes and energy ! They have been very kind all the time when they see us in their country. Now we have about 40,000 fans in myspace, reverbnation and facebook from all over the world and we appreciate that. I would like to take this opportunity to personally thank them for all their support over the years !
Lex – You’ve been involved as a headliner of the first ever « Persian Metalfest » that took place last year in Armenia. Could you tell us more about the fest and your own implication?
Ali – Arsames is the most famous International metal band in Iranian metal music history. So when a Persian Metal festival was going to be held for the first time in history, definitely you need a mighty headliner to show music power of your country! We played there as headlining act and it was a great moment playing with other great bands of our country specially it was an interesting moment when we saw Iranian audience screaming !
Lex – I know that you just welcomed a new drummer. What lies ahead for Arsames in the nearby future and in the long term? Any plans of recording soon? Is there any ties with major label to bring your merchandise to North America?
Ali – Actually, we have a new Machine in Arsames, Soroush is 19 and a true talented musician. I promise that he is going to be the fastest and the most technical drummer in Iran ! Recently we re-recorded the album, « Immortal Identity » from 2010 with our new drummer. You will hear his parts soon with a High Quality and our new Tuning in « B » or bariton.
Also we recorded a tribute to Slayer – a cover of « Raining blood » to show our respect to RIP Jeff Hanneman. It will be on for free Download soon and we are going to film this track as a video clip for all the fans. In the meantime, we are working and writing the new music lines for our upcoming album which we believe – would be the most powerful sounds of Arsames. We have put and use some brainy Persian metal scales into this album which made the album very unique. We want to release it with a major Record label to brought everything of Arsames to other parts of the world. We really have high hopes.
Lex – If I ask you to do your own publicity here in a famous last sentence, what would you say to incitate people to look for Arsames in the array of bands that roam the surface of this earth and that are often a lot more accessible through worldwide distribution than your band?
Ali – Metal has No boundaries!
We are ARSAMES! we play metal music – the new wave of Persian Death Metal – a unique sound of Metal music that you’ve never heard before
We love all Metalheads all around the world !
Respect
Lex – I thank you deeply for taking the time to consider this little interview questionnaire.
Ali – Thanks for the Interview Lex
Voici 3 pièces pour vous faire découvrir le groupe. D’abord un cover de « The pursuit of Vikings » de Amon Amarth en cliquant le lien, puis plus bas, le vidéo officiel de la pièce titre de leur album « Immortal identity » et finalement un vidéo en spectacle au Persian Metal Fest où ils nous interprètent « Persepolis », un bel exemple de Persian Metal. Enjoy!!!
by Maxime Lecavalier | Mar 25, 2013 | Chroniques, Entrevue
Parce que Ondes Chocs fait toutes sortes de choses et vous le présente sous divers formats, voici une entrevue écrite réalisée par Max avec Vinsang Joly, drummeur de ISPHÉRIK.
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Maxime Lecavalier (ML) – Premièrement, j’aimerais parler du nom ISPHÉRIK. Que signifie-t-il?
Vinsang Joly (VJ) – Le nom Isphérik vient d’un mélange de mots francophones qui n’ont aucun lien avec la musique du groupe, les textes, l’ambiance, etc. À la base, nous cherchions un nom qui ne nous relirait à rien de particulier (une mentalité, une préférence politique, une préférence dans le style musical, etc.).
Le groupe en soi ne s’associe pas à quelque chose de précis non plus donc, l’idée d’un nom par un mot qui n’existe pas, concordait avec le concept.
ML – De ce que j’ai pu entendre, Isphérik faconne un métal qui mélange les genres (death, thrash, punk, hardcore…) et qui apporte une atmosphère de démence à l’image du chaos actuel. De quoi vous inspirez-vous pour la composition des textes? Et pour la musique?
VJ – En ce qui attrait au textes, Jean-François (chanteur) s’inspire de ses expériences de vie et de situations intenses qui peuvent nous pousser à remettre en question qui nous sommes, à se questioner sur le bien et le mal dans ce que nous faisons involotairement (parfois volontairement) et également de la déchéance mentale, qui peut frapper n’importe qui.
ML – Parlant de déchéance mentale, par la solitude, l’isolement, et l’ultra-perfectionnisme de la société actuelle… Et qui, comme tu l’as dit, peut happer n’importe qui; qu’elle est votre vision de la folie, celle qui gruge et tourmente?
VJ – Je te dirais que l’opinion de chacun des membres du groupe est partagé à ce sujet mais que, de façon personnelle, la folie ressort des comportements qui reflètent un côté de nous-même, mais de manière excessive. La folie se crée souvent lorsqu’on ne peut plus arrêter de focusser sur un sujet qui nous touche et qui devient une obssession pour, par la suite, nous pousser à avoir des pensées ou des comportements extrêmes.
ML – Vous revêtez l’étiquette »métal francophone ». La langue semble être importante pour votre démarche artistique…
VJ – La langue en tant que tel est un sujet important pour chacun des membres du groupe, mais en ce qui concerne la musique, cela ne rentre pas en ligne de compte. Jean-François pense dans sa tête en français, écrit et parle naturellement en français donc, nous nous sommes dis que la meilleur façon d’exprimer clairement ses idées serait par sa langue d’origine. Nous pensions en effet que le fait d’avoir des paroles en français était un adon qui pourrait nous différencier en tant que groupe métal québécois. Mais, la mode depuis quelques années semble être au français (même chez les Américains!). Alors, cet argument a perdu son sens. Mais vue qu’à la base nous n’avions pas l’intention d’écrire dans une langue en particulier, cela n’a pas affecté notre choix.
ML – Quel est le background musical des membres d’Isphérik?
VJ -Pier-Luc Perron (guitare): Compositeur du groupe et guitariste depuis l’âge de 14ans, Isphérik est son tout premier projet muscial sérieux. Les 5 premières compositions son des idées originales qu’il a trainées depuis son adolescence jusqu’à l’âge de 22 ans, pour ensuite les développer avec Isphérik.
– Nicolas Dupuis (guitare): ex Guitariste dans Decline From Failure.
– Jean-François Fiola (vocal): ex Guitariste et vocal dans: Déchéance, Trancendance, Savage Remain et autres.
– Vinsang Joly (batterie): ex Batteur dans: The Captain’s Map Leads To A Vortex/Carcajou, Adead Motion, Nothing To Remember et autres… batteur actuel de Lessons of Fate.
– Lee Gasser (Basse): aussi bassiste dans le groupe Dreadful Truth.
ML – Est-ce que vous planifiez des concerts pour 2013? Vous travaillez présentement sur un album?
VJ – Suite au départ de notre bassiste en juillet dernier, nous venons d’en recruter un nouveau: Lee Gasser. La fusion des membres qui crée l’entité Ispéhrik est très importante pour bien combiner nos idées, nos caractères et nos expériences. Nous avons fait quelques enregistrements de préproduction pour un éventuel démo, mais nous ignorons encore quand nous pourrons nous investir dans un enregistrement officiel. Quand Lee aura terminer son apprentissage des pièces du groupe ainsi que l’application de sa touche personnelle sur celles-ci, nous comptons lancer la machine Isphérik, en terme de matériel audio et d’articles promotionnels. Pour ce qui est des prestations lives pour 2013, nous n’avons rien de prévue encore car, nous ignorons combien de temps prendra la formation de Lee afin que nos futures prestations scéniques reflètent adéquatement notre musique.
Vous avez deviné que depuis cette entrevue, beaucoup de choses se sont passées et si on vous la présente aujourd’hui c’est parce que Isphérik est prêt à entreprendre son retour sur scène et ça se passe le 1er juin au Trash à Saint-Hyacinthe. Si d’autres dates se présentent, nous les ajouterons à notre calendrier des concerts que nous vous invitons à consulter pour planifier vos sorties métal. Vous pouvez écouter une pièce qu’ils ont sortie en janvier sur leur reverbnation. C’est français, grind, prog et surtout malade.
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Faites partie du retour d’Isphérik!
Lex