by Mathieu Audet | Fév 19, 2015 | Critiques, Critiques d'Albums

The Agonist
«Eye of Providence»
Century Media Records
2015
La première fois que j’ai vu The Agonist en spectacle, c’était en 2007 en première partie de Sonata Arctica. Disons que c’était un choix un peu spécial pour une première partie, étant donné les styles très différents des deux groupes. Les gens sur place, moi le premier, avions été très agréablement surpris par la performance du groupe. C’est donc à partir de ce moment que j’ai commencé à m’intéresser à ce groupe, qui sortait pas longtemps après son album phare «Lullabies for the Dormant Mind» (2009).
En mars 2014, un coup de théâtre majeur est venu changer considérablement la scène du metal. Après dix ans et trois albums avec The Agonist, la chanteuse Alissa White-Gluz annonçait son départ du groupe pour rejoindre Arch Enemy, dont la chanteuse Angela Gossow venait tout juste de quitter pour s’occuper uniquement de la gérance du groupe. Dans la même annonce, The Agonist annonçait la remplaçante d’Alissa, une certaine (et peu connue) Vicky Psarakis.
Plusieurs oiseaux de malheur ont prédit la fin de The Agonist. Il est vrai qu’Alissa White-Gluz était l’image et la leader du groupe, et en faisant la transition pour Arch Enemy, elle semblait être la seule gagnante de l’équation. Sauf que tout le monde a été gagnant. Je dirais même que c’est la meilleure chose qui aurait pu arriver à The Agonist, car suite à ce changement, le groupe a sorti son meilleur album jusqu’à maintenant.
Faisant près d’une heure en longueur, «Eye of Providence» est l’album le plus mature et de loin le mieux produit du catalogue de The Agonist. C’est comme si le groupe avait décidé de se faire une liste des bons et des moins bons coups des trois albums précédents et de ne garder que la colonne des bons coups. L’album, plus mélodique que ses prédécesseurs, conserve toutefois l’agressivité qu’on connait et qu’on aime chez The Agonist. Parlant d’agressivité, elle ne tarde pas à arriver avec la première chanson «The Gates of Horn and Ivory»:
En plus de cette chanson, il y a plusieurs autres bons highlights sur l’album, notamment «My Witness Your Victim», «Danse Macabre», «I Endeavor», «A Gentle Disease» et «As Above, So Below».
Je vais le dire carrément comme ça, sans détours, sans me cacher ni rien: Vicky Psarakis est une chanteuse mieux balancée qu’Alissa White-Gluz. Le contraste entre sa voix clean et sa voix growl est mieux maîtrisé, sa voix clean est plus polie et plus jolie (comme on peut l’entendre sur «A Gentle Disease»), et sa voix growl est du même calibre que celle d’Alissa (qui à mon avis est beaucoup mieux exploitée avec Arch Enemy). Avec la musique de The Agonist, sa voix mieux balancée vient chercher une coche de plus qui rend le tout meilleur que la somme de toutes ses parties. Reste à voir maintenant si Vicky saura chausser sur scène les grandes pointures laissées vides par Alissa. Seul le temps nous le dira.
C’est donc un nouveau départ réussi sur toute la ligne pour The Agonist. J’espère que ce changement de personnel durera un bon bout et nous produira plusieurs autres excellents albums comme «Eye of Providence»!
Note: 9/10
L’album sortira le 24 février 2015.
Mathieu Audet
by Mathieu Audet | Fév 10, 2015 | Critiques, Critiques d'Albums

The Neal Morse Band
«The grand experiment»
Radiant Records
2015
Depuis près d’une décennie, les années impaires sont les meilleures en ce qui concerne les sorties d’albums rock/métal progressif. Neal Morse avait la chance (ou la tâche ingrate?) d’ouvrir le bal progressif pour l’année 2015 (oui je sais, je suis sûr que le band de rock/métal progressif XYZ a sorti un album en janvier) avec son album «The Grand Experiment».
Avant de procéder à la critique de cet album, un peu de background! Pour la composition, Neal a décidé d’opter pour un processus différent. Pour ses précédents albums solos, il arrivait déjà avec la majorité du stock et le présentait aux autres membres de son groupe, qui agissaient surtout à titre de musiciens engagés. Sauf Mike Portnoy, bien sûr, qui lui était beaucoup plus impliqué dans le processus. Neal composait, Neal et Mike arrangeaient. Pour «The Grand Experiment», Neal a décidé d’arriver en studio avec aucun stock de préparé et que l’album serait composé en gang de A à Z. Après tout, le groupe formé par Neal pour la tournée «Momentum» en 2012 est resté le même, et avec la chimie qui s’est créée depuis, le moment était bien choisi pour essayer la composition en groupe! Et avec l’année de fou que Neal a connu, peut-être que l’inspiration n’était pas assez au rendez-vous pour lui (mais ça, nous y reviendrons).
L’album commence donc avec «The Call», une des deux pièces épiques de l’album (qui n’en compte que cinq au total, si on exclut le disque bonus). Je dois dire que son intro A Capella m’a tout de suite accroché. Les autres membres (en particulier Eric Gillette) contribuent beaucoup plus au chant, autant en back qu’en lead vocal, et «The Call» en est une excellente démonstration. C’est probablement la chanson la plus «classiquement Neal Morse» de l’album.
«The Grand Experiment», la chanson titre, est d’une simplicité et d’une longueur efficace. Elle me rappelle par moment du bon vieux Styx avec un extra rock, et assaisonnée à la Neal Morse. C’est d’ailleurs le premier extrait qui est paru il y a quelques semaines, que vous pouvez écouter ci-dessous:
«Waterfall» vient ralentir considérablement le rythme de l’album. C’est une chanson acoustique, un peu dans le même style que «Smoke and Mirrors» sur l’album précédent. C’est encore une excellente utilisation des multiples vocalistes dans le groupe.
«Agenda» c’est vraiment de la marde. Par contre, le vidéoclip lui permet de se racheter un peu. Un peu…
«Alive Again» est la dernière chanson (et non la moindre) de l’album. Faisant presque 27 minutes en longueur, c’est la pièce épique que tous les fans de Neal Morse ont hâte d’entendre depuis que le tracklist de l’album est sorti un peu avant les fêtes. C’est sur cette chanson qu’on peut entendre le plus la contribution de composition des autres membres du groupe. En particulier le refrain principal, contribué et chanté par Eric Gillette. L’interlude du milieu (qui dure plus de dix minutes) est pour moi la section la plus intéressante de l’album, et fait parfaitement le pont entre la section du début et de la fin, qui elle reprend habilement les thèmes de la section du début. Eric Gillette nous démontre clairement ses talents de guitariste soliste avec un solo de deux minutes sur laquelle se termine la chanson en fade out.
Je ne m’étendrai pas trop longtemps sur le disque bonus, mais disons simplement qu’il comporte trois chansons originales («New Jerusalem», «Doomsday Destiny» et «MacArthur Park») assez intéressantes, ainsi que deux chansons live («The Creation» et «Reunion») enregistrées au «MorseFest» en novembre dernier.
La sortie de cet album est la quatrième sur une période d’environ un an pour Neal Morse. Avec Transatlantic – «Kaleidoscope» (fin janvier 2014), Flying Colors – «Second Nature» (septembre 2014) et Neal Morse – «Songs from November» (novembre 2014), cette «grande expérience» fut peut-être un peu forcée par le fait que Neal manquait d’inspiration, après avoir pressé la poire un peu trop dans la dernière année. Les fans finis comme moi qui ont écouté les démos de Neal pour le dernier album de Transatlantic (je devrais peut-être en faire une critique un moment donné, mais ça c’est une autre histoire) ont pu réaliser que c’est Neal qui a pratiquement composé tout l’album, ou du moins toutes les structures principales.
En comparaison au reste du catalogue de Neal Morse, l’album est relativement court, faisant «à peine» plus de 52 minutes. En particulier si on compte la chanson «Agenda», qui n’est tout simplement pas écoutable (d’autant plus que son air fatiguant nous reste dans la tête). Personnellement, j’aurais pris une des chansons originales sur le disque bonus (fort probablement «Doomsday Destiny»), et je l’aurais mise sur le disque régulier.
«The Grand Experiment» porte malgré tout très bien son titre. Et je lève mon chapeau à Neal Morse d’avoir eu l’audace de brasser les cartes. Est-ce que ce test se révèlera concluant ou est-ce qu’un retour à la formule originale avec un Neal bien reposé serait plus souhaitable? Probablement que la réponse se trouve à quelque part à mi-chemin entre les deux. Un deuxième effort collectif avec un Neal Morse bien rechargé comme capitaine de navire sera redoutable, qu’on se le tienne pour dit!
Note: 8/10 (là-dessus, il faut compter un bonus de 0.5 parce que je suis un fan fini).
L’album parait le 10 février 2015.
Mathieu Audet
by Mathieu Audet | Nov 25, 2014 | Chroniques, Critiques, Critiques d'Albums, En Rafale
J’ai reçu 3 albums de Inside Out Music et je me fait un plaisir d’en parler brièvement ici alors qu’un 4ème album (qui m’a été suggéré par Lex) vous sera présenté pour clore cette brève chronique en rafale. – Mathieu
United Progressive Fraternity
« Fall in love with the world«
Inside Out Music
25 novembre 2014

Ce groupe, créé et mené par le chanteur Mark Trueack (dont la voix me rappelle un mélange de celle de Fish et de Simon Collins), est en fait un collectif collaboratif, une fraternité entre plusieurs personnes de la scène musicale progressive. L’album nous offre beaucoup de variété dans la composition et une palette intéressante d’instruments, notamment du saxophone et sitar sur certaines chansons. C’est mon coup de cœur du mois!
… And you will know us by the trail of dead
« IX«
Inside Out Music
11 novembre 2014

Houlala! Non mais quel nom de groupe! Difficile de mettre un style musical sur ce groupe, mais si je me fie à l’entrée wikipedia, ce serait du post-hardcore, alternative progressive indie art math rock! Ça ne correspond pas vraiment à la musique que j’écoute normalement, mais des fois ça fait du bien de recevoir une claque dans la face!
Cloudkicker
« Live with Intronaut«
Inside Out Music
24 novembre 2014

De la musique instrumentale live qui s’écoute bien! Rien d’extravagant ou d’archi complexe (hello Animals as Leaders!). Un bon groove, à écouter en travaillant, en faisant du sport ou en jardinant. Pour du live, la qualité de la production et de la performance sont à souligner!
Summon the Octopi
« Nonversations«
Sober Up Records
17 novembre 2014

Summon the Octopi est l’œuvre de la pieuvre, un multi-instrumentaliste Berlinois qui écrit et enregistre tous ses titres lui-même. De son propre aveu, il semblerait que sa recette de prédilection soit un mélange de buzzs abyssaux et de délicatesse romantique. De mon côté, je dirai simplement que ce EP s’ajoute à la courte liste (liste qui a débuté il y a de ça quelques années avec l’album « Europa » d’Echoes from Jupiter) des ouvrages qui me font aimer (lentement, mais sûrement!) le post-rock. Alors à « Nonversations« , je dis oui! Très belle découverte!
by Mathieu Audet | Nov 4, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Devin Townsend
« Z2 »
2014
Jadis, je n’étais pas le plus grand fan de Devin Townsend. Pas que je n’aimais pas ce qu’il faisait, mais son style me laissait un peu indifférent, à la limite… Ce n’est que lorsque j’ai eu la chance de voir son spectacle live « The Retinal Circus » paru en 2013 que j’ai pogné la piqûre pour lui! Tant d’extravagance ne pouvait me laisser indifférent plus longtemps, et j’en ai profité pour me replonger dans la majorité de son catalogue. Devin ne chôme pas. Depuis le début des années 2000, il sort un nouvel album presqu’à chaque année, et parfois nous gâte avec plus d’un album par année!
J’aimerais dire d’entrée de jeu que je ne suis peut-être pas la personne la mieux placée pour faire cette critique (je ne connais pas tous ses albums sur le bout des doigts), mais le représentant d’Inside Out Music a été très aimable de m’envoyer l’album, même si je ne l’avais pas demandé, et dans la vie il faut foncer, alors je fonce!
Avant d’y aller avec la critique de l’album en tant que telle, il est important d’apporter quelques précisions sur la nature du contenu de « Z2« . Depuis que l’aventure Strapping Young Lad est terminée pour lui, Devin Townsend sort ses albums sous deux noms: Devin Townsend (DT) et Devin Townsend Project (DTP). « Z2 » est donc une sortie double qui est constituée de deux disques bien distincts. Le premier disque, intitulé « Sky Blue« , est un album paru sous le nom de DTP. Le deuxième disque, intitulé « Dark Matters« , est un album paru sous le nom de DT, et est la suite directe de l’album « Ziltoid the Omniscient » sorti en 2007. Cet album avait été très apprécié des fans qui, après plusieurs années d’attente, peuvent enfin se régaler de cette suite. Les deux disques viennent donc ensemble dans un seul emballage.
Je trouve la décision de sortir les deux albums ensemble un peu douteuse… J’ai l’impression que chacun des deux albums auraient pu bénéficier d’une sortie indépendante, ne serait-ce qu’à quelques mois d’intervalle, et jouir d’un peu plus de visibilité. Le nom officiel de cet album double est « Z2 » (une référence directe à « Ziltoid the Omniscient« ), et le contenu qui y est associé n’est même pas le premier disque, mais le deuxième. Mais bon, j’imagine que si la décision a été ainsi prise, c’est qu’il devait y avoir des avantages pour lui ou sa maison de disques…
Abordons donc le premier disque, « Sky Blue« . Les douze chansons qui y sont présentes sont en plein dans le style auquel Devin nous a habitué sur ses albums précédents. Ceux qui connaissent bien « Addicted« , « Deconstruction » et « Epicloud » retrouveront immédiatement le style de chanson de ces albums. Ne cherchez pas trop les solos de guitares, les structures et les tempos plus complexes, Devin les a délaissés depuis longtemps pour des chansons plus directes, plus simples, plus pesantes, mais bien variées. L’album se termine de façon un peu trop mollo à mon goût par contre. Mes chansons préférées sur ce disque: « Rejoice« , « Fallout« , « A New Reign » et « Universal Flame« .
*suite après cette interlude musicale
Le deuxième disque, intitulé « Dark Matters« , est la suite directe de l’album « Ziltoid the Omniscient » paru en 2007. Sauf que cette fois-ci, c’est plus pesant, plus ambitieux, plus grandiose et beaucoup plus extravagant. La production est nettement supérieure au premier album Ziltoid, qui avait été produit, réalisé et enregistré entièrement par Devin lui-même avec un minimum de budget. Il y a beaucoup plus de narration sur « Dark Matters » que sur le premier, mais c’est très bien exécuté et ça ne tombe pas sur les nerfs. Pour ceux qui préfèrent écouter l’album sans les narrations, il y a un troisième disque sans les dialogues. C’est le genre d’album qu’il faut écouter d’un bout à l’autre pour en apprécier pleinement toute l’ampleur et les subtilités. Pour ceux qui sont familiers avec l’extravagance scénique qu’a su démontrer Devin avec son spectacle « The Retinal Circus« , réjouissez-vous! Devin a l’intention de produire un autre spectacle extravagant, cette fois-ci sur les aventures de Ziltoid (gageons que le spectacle couvrira les deux albums). La date et l’endroit de la performance sont déjà déterminées: Ce sera le 13 avril 2015 au Royal Albert Hall. Le gros bon sens nous dicte que ce spectacle sera fort probablement filmé sous tous les angles possibles, et que nous en profiterons tous lorsqu’il sortira en Bluray! Après cette performance, l’ami Devin prendra une pause de recording/touring d’au moins un an, le repos du guerrier bien mérité!
Donc, si on résume, le premier disque « Sky Blue » nous offre du bon Devin Townsend classique bien balancé, tandis que le deuxième disque « Dark Matters » continue la saga extravagante (est-ce que je vous ai dit que c’était extravagant?) de Ziltoid. L’histoire de la musique nous a prouvé que c’est rarement une bonne idée de faire une suite à un album qui a très bien marché (et les exemples sont multiples, à quelques exceptions près), mais dans ce cas-ci, c’est en plein sur le coche! Et quelque chose me dit qu’on a pas fini d’entendre parler de Ziltoid…
Notes:
« Sky Blue« : 7.5/10
« Dark Matters« : 9/10
Mathieu
by Mathieu Audet | Oct 21, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Haken
« Restoration«
Inside Out Music
(2014)
Le groupe de métal progressif britannique Haken fait beaucoup jaser depuis quelques années, en particulier depuis la sortie de son troisième album « The Mountain » en septembre 2013. Cet album leur a permis de se faire connaître sur la scène internationale et également d’entrer dans la grande famille d’Inside Out Music. De par son style, Haken est souvent décrit comme étant le prochain Dream Theater. Côté albums, le groupe est très productif. En effet, le groupe a sorti ses trois premiers albums en moins de trois ans et demi, et voilà maintenant qu’il récidive avec une quatrième offrande en moins de cinq ans avec son EP « Restoration« .
Il faut mettre les choses au clair dès le départ: « Restoration » consiste en un EP de trois chansons retravaillées qui figuraient originalement sur leur démos « Enter the Fifth Dimension » enregistré en 2008. La sortie de « Restoration » fait d’une pierre, trois coups: Elle redonne vie et fait justice à d’excellentes chansons qui ne brillaient pas sous leur meilleur jour sur le démo (la qualité de l’enregistrement laisse vraiment à désirer), elle permet de présenter et d’intégrer le nouveau bassiste Conner Green, et finalement donne un nanane aux fans pour les faire patienter en attendant le quatrième album (qui ne devrait pas tarder à venir, le groupe a annoncé avoir déjà commencé à travailler dessus il y a de ça plusieurs semaines).
La première chanson « Darkest Light » (« Blind » sur le démo) est très directe et de loin la plus pesante sur le EP. Il y a plusieurs changements de rythme, et chacun des membres a la chance de briller. C’est également la chanson utilisée pour le vidéoclip qui est sorti il y a quelques semaines:
« Earthlings » (« Black Seed » sur le démo) est une chanson beaucoup plus lente et sombre. Elle me fait penser à « As Death Embraces » sur « The Mountain« . Elle offre un bon contraste avec la première chanson, et contribue à diversifier les styles proposés sur ce EP.
« Crystallised » (« Snow » sur le démo) est la troisième et dernière chanson sur ce EP. C’est de loin la meilleure et la plus ambitieuse des trois, et il y a même deux collaborations, celle de Mike Portnoy au drum (Dream Theater, Avenged Sevenfold, Transatlantic, Flying Colors, The Winery Dogs) et de Pete Rinaldi à la guitare (Headspace). Pete est celui qui a servi de bassiste temporaire pour Haken le temps que le groupe en trouve un permanent (qui allait finalement être Conner Green).
Faisant près de vingt minutes, « Crystallised » est un chef-d’oeuvre de musique progressive. Elle fait le tour de pas mal tous les styles qu’Haken a exploré sur ses trois premiers albums. C’est en quelques sortes un beau gros gangbang musical qui nous offre des changements de rythme, des refrains accrocheurs, de la musique folk, des harmonies vocales à la Cockroach King, des solos de guitare et toutes sortes d’autres extravagances musicales qui sont trop dures à décrire en mots. C’est une des meilleures chansons que le groupe a écrite jusqu’à maintenant.
Dans un monde idéal, j’aurais aimé que le groupe « restore » les six chansons de son démo, et je dis ça seulement par pur égoïsme, car j’en aurais voulu encore, et je comprends très bien qu’il y a des choix déchirants qui ont dû être faits. Malgré tout, le groupe nous offre trente-quatre minutes de bon matériel en seulement trois chansons, ce qui est excellent pour un EP! Les chansons, bien qu’on en reconnaisse les éléments principaux des démos, ont tous été retravaillées de fond en comble et pour le mieux. Ce n’est donc pas seulement un re-recording, et je lève mon chapeau (même si je n’en porte pas) à Haken qui a mis le coeur à l’ouvrage.
En conclusion, « Restoration » nous offre trois chansons très différentes les unes des autres et fait le pont entre le passé relativement court et le futur très prometteur du groupe (escaping the past by embracing the future, comme le chanteur Ross Jennings le dit si bien dans les dernières secondes de « Crystallised« ). Haken a le vent dans les voiles plus que jamais, et rien ne semble pouvoir les arrêter!
Note: 9.5/10
Mathieu