by Mathieu Audet | Juin 6, 2015 | Critiques, Critiques d'Albums

Inner Odyssey
«Ascension»
Indépendant
2015
*English version follows
Je le dis souvent, et je vais le répéter encore une fois, il se fait de l’excellent prog dans la ville de Québec. Inner Odyssey est un des groupes qui fait briller notre ville par sa musique, et c’est d’autant plus vrai avec la parution de leur deuxième album intitulé «Ascension».
Depuis la sortie du premier album «Have a Seat» en 2011, le groupe est passé par un changement de personnel (et de coupes de cheveux, aussi!). En fait, le terme changement n’est pas tout-à-fait approprié. Il s’agît plutôt d’une diminution de personnel, puisque le groupe s’est séparé de son chanteur Pierre-Luc Garand-Dion. C’est le drummer Étienne Doyon qui reprend le flambeau pour le chant. L’héritage de Pierre-Luc est toutefois bien présent sur ce deuxième album, puisque c’est lui qui a écrit les paroles et conçu l’histoire.
Musicalement parlant, «Ascension» est une supertrack divisée en plusieurs morceaux, un peu dans le même genre que «The Whirlwind» de Transatlantic ou «Six Degrees of Inner Turbulence» de Dream Theater. Même si chacune des chansons peut être écoutée et appréciée individuellement, c’est quand on écoute l’album en entier d’un bout à l’autre que le tout prend complètement son sens et qu’on peut en apprécier toutes les subtilités. Faisant près de 70 minutes, l’album est bon, et il est bon longtemps!
La composition est intelligente et audacieuse à quelques endroits, même! Les thèmes principaux sont bien utilisés et variés, et c’est intéressant de voir comment ils sont exploités à travers l’album. Pour ce type d’album, c’est tout le temps plus difficile de cibler des chansons en guise de highlights, mais je vais quand même me risquer. «Losing your Mind», «Lifelong Misery» (la chanson la plus métal de l’album), «Retrospection» et la grande finale «Where it Begins, Where it Ends» sont parmi celles qui ont accroché le plus mon intérêt. L’ouverture «Why am I Here» met également très bien la table, en présentant les thèmes principaux qui seront exploités tout au long de l’album. Attendez-vous par contre à un album beaucoup moins métal que le premier, ce qui n’est pas une mauvaise chose en soit (je vieillis (et les membres d’Inner Odyssey aussi!)).
En ce qui concerne la production et la performance, le groupe est parti des bases solides du premier album et est allé chercher le prochain niveau. On a gardé ce qui marchait bien, et on a travaillé et amélioré le reste.
«Ascension» d’Inner Odyssey est à mon avis un incontournable pour les fans de prog et doit absolument faire partie de votre collection. Si vous ne l’avez pas déjà fait, gâtez-vous et allez aussi jeter un coup d’œil à leur premier album «Have a Seat». Si la montée et la progression d’Inner Odyssey se poursuit, je ne peux qu’avoir peur (dans le bon sens) pour le 3e album. Pour l’instant, concentrez-vous sur «Ascension». En plus de vous donner plus d’une heure de bonne musique, cet album va également changer votre façon de commander au service à l’auto (croyez-moi).
Pour la sortie de l’album, le groupe fera un lancement en formule 5 à 7 avec prestation au Cercle le 16 juin dont voici le lien vers la page événement sur facebook.
Date de sortie : 16 juin 2015.
Note: 10 / 10
Mathieu
I often say, and I’ll say it again, there’s some great prog music done in Quebec City. Inner Odyssey is one of these bands that make our city shines through its music, and that’s especially true with the release of their second album «Ascension».
Since the release of its first album «Have a Seat» in 2011, the band went through personnel changes (and haircuts, too!). In fact, the term change is not entirely appropriate. It’s rather a reduction in staff, since the band parted ways with its singer Pierre-Luc Garand-Dion. Drummer Étienne Doyon took over vocal duties. Pierre-Luc‘s legacy is still there though since he wrote the lyrics and created the story on this second album.
Musically speaking, «Ascension» is a supertrack divided into several pieces, somewhat in the same way as «The Whirlwind» by Transatlantic or «Six Degrees of Inner Turbulence» by Dream Theater. Although each of the songs can be listened to and appreciated individually, it is when you listen to the whole album from one end to the other that everything completely makes sense and that you can appreciate all the subtleties. Ticking the clock at nearly 70 minutes, the album is good, and made to last!
The composition is smart and even bold at times! The main themes are well used and varied, and it is interesting to see how they are used and evolve through the album. With this kind of album, it’s a difficult task to target songs as highlights, but I’m still going to risk it. «Losing your Mind», «Lifelong Misery» (the more metal song of the album), «Retrospection» and the grand final «Where it Begins, Where it Ends» are among those that outshined the others. «Why am I Here» is the perfect opener, presenting the main themes that will be used throughout the album. Expect an album by far less metal than the first, which is not a bad thing either (I get older (and Inner Odyssey members too!))
Regarding the production and performance, the group built up on the solid foundation of the first album and went for the next level. They kept what worked well, and worked and improved the rest.
«Ascension» by Inner Odyssey is in my opinion a must for prog fans and should definitely be part of your collection. If you have not yet, go and treat yourself with their first album «Have a Seat». If the rise and progress of Inner Odyssey continues, I feel kind of afraid (in a good way) for the third album. For now though, focus on «Ascension». In addition to give you more than an hour of good music, this album is also going to change the way you order at the drive-thru service (trust me!!).
The band will launch the album in a 5to7 formula with a performance at Le Cercle on June 16 and here is the link to the event page on Facebook.
Release date: June 16, 2015.
Note: 10/10
by Mathieu Audet | Avr 30, 2015 | Chroniques, Critiques, Critiques d'Albums, En Rafale

——————————–

Nightwish
«Endless Forms Most Beautiful»
Nuclear Blast
2015
Avec «Endless Forms Most Beautiful», Nightwish entre dans sa 3e époque. Il y a d’abord eu l’époque classique avec la chanteuse Tarja Turunen, ensuite la période d’expérimentation avec Anette Olzon, puis finalement l’époque hybride avec Floor Jansen, époque qui a débuté avec la sortie de cet album. Personnellement, mon époque préférée est la deuxième, celle où ont été pondus «Dark Passion Play» et «Imaginaerum», le dernier étant de loin le meilleur album de Nightwish. N’ayez crainte, je reste également un fan de l’époque classique, époque où ont été pondus la majorité des albums de Nighthwish contenant plusieurs classiques.
C’est donc avec grand plaisir que j’ai écouté ce dernier opus, puisqu’il retient et présente les meilleurs éléments des deux époques qui l’ont précédée. On y retrouve en doses bien balancées tout ce que l’on a aimé de Nightwish dans le passé. L’album est plus simple côté orchestration, ça laisse plus de place aux musiciens, c’est bien comme ça. La voix de Floor Jansen va à merveille avec le style musical de Nightwish. On l’avait d’abord observé dans le live «Showtime, Storytime» paru en 2013, et on en a la confirmation avec cet album.
Seul point négatif: J’aurais aimé que la voix du bassiste Marco Hietala soit plus utilisée, autant en contraste qu’en duo avec celle de Floor Jansen, comme ce fut le cas sur les deux derniers albums (pensez à «Ghost River» et à «I Want my Tears Back»).
Note: 9/10
——————————–

The Tangent
A Spark in the Aether
Inside Out Music
2015
Écouter The Tangent, c’est, comment dirais-je, un peu comme prendre une bière (ou deux, ou trois) le jeudi soir pour relaxer. Des fois, tu vas te sentir engourdi et un peu assommé («Aftereugene»), d’autres fois, ça va te réveiller et te rendre en feu pour le reste de la soirée («Codpieces and Capes»). En écoutant «A Spark in the Aether», tu vas passer par ces deux moods complètement à l’opposé à un moment ou un autre pendant l’album. Le point central de cet album est bien sûr «The Celluloid Road», qui est un chef-d’œuvre total, et qui m’a permis de me sentir un peu moins seul dans ce monde. Moi qui pensais être le seul à avoir un intérêt à parler dans le même 30 secondes de sujets complètement différents (ex : de Baseball, de Jurassic Park et du Pont Pierre-Laporte dans une même idée). Avec des paroles du genre «I’ve walked a walk with James Bond, seen Gandalf flip a bridge. Volkwagens that drive themselves and apes that freely talk. San Fransisco what a world, what a place, what a life!», je me sens rassuré.
Ce que j’aime aussi de The Tangent, c’est que dans les douze dernière années, le groupe a sorti 10 albums, tous aussi bon les uns que les autres (ou presque). Le groupe est constant et conserve une excellente moyenne au bâton, espérons qu’il continuera de composer sans compter.
Note: 10/10
——————————–

Crowned in Earth
«Metempsychosis»
Sonic Mermaid Records
2015
À la première écoute de cet album, ma première pensée fut «enfin quelqu’un qui est capable de faire du prog comme dans les années 70!». Il y a de belles influences à la Pink Floyd, Genesis, et je dirais même Triumvirat (si tu ne connais pas ce dernier, va tout de suite écouter l’album «Illusions on a Double Dimple»!) En réécoutant, tu entends aussi d’autres influences de styles plus moderne, comme du doom et même de l’ambiant. Sors de ta zone de confort et va écouter ça! Mes chansons préférées: «But an Echo», «Summer’s Pride» et «Travelling Road».
Note: 8/10
——————————–

The Real McKenzies
«Rats in the Burlap»
Fat Wreck Chords
2015
Là, on tombe dans le punk celtique. Depuis leur chef-d’œuvre «Off the Leash» en 2008, j’ai comme l’impression que The Real McKenzies sont sur une pente descendante, pas trop à pic, disons 1 ou 2% d’inclinaison, mais descendante tout de même. Ce n’est pas mauvais ce qu’ils font depuis, et «Rats in the Burlap» est certainement plus punk que ces prédécesseurs, mais j’ai de la difficulté à retrouver la magie qui m’a initialement fait tripper avec ce groupe. La cornemuse est malheureusement en arrière-plan sur cet album, et quand on l’entend, ce n’est que trop souvent en accompagnement générique. Cette vidéo de marde n’aide pas non plus:
Exercice intéressant à faire: Prenez votre chanson favorite de The Real McKenzies, mettez-vous des ouates dans la bouche et essayez de la chanter en prenant une voix qui est un hybride de la vôtre et de celle d’une poule (en bonus, vous pouvez faire la poule avec vos bras aussi en chantant). Vous devriez arriver à un résultat qui ressemble pas mal à la voix du chanteur du groupe.
Note: 6/10
Mathieu
by Mathieu Audet | Mar 31, 2015 | Chroniques, Critiques, Critiques d'Albums, En Rafale

Me voici de retour avec ma chronique «En rafale» qui vous propose un survol de quelques parutions au cours des 3 mois que mentionne le titre. J’espère que vous apprécierez la diversité musicale que je vous présente et qu’à votre tour, vous ferez de belles découvertes. – Mathieu Audet
——————————-

Marilyn Manson
«The Pale Emperor»
Hell, etc.
La musique du groupe Marilyn Manson a occupé une partie importante de mon adolescence. Je me souviendrai toujours de la première fois que j’ai entendu l’album «Antichrist Superstar». Cet album, ainsi que les deux autres qui allaient suivre, sont des milestones importants de la musique des années 1990. Les dix dernières années ont cependant été plus dures pour Manson, musicalement parlant. Les trois albums qui ont suivi «The Golden Age of Grotesque» ont été au mieux que très ordinaires. Le groupe se rattrape un peu (trop peu, trop tard) avec son 9e album intitulé «The Pale Emperor», mais on est encore à des lunes de son meilleur matériel. Ironiquement, les meilleures chansons sont les pistes acoustiques qui sont incluses avec la version deluxe. L’album porte bien son nom, car l’étoile de Manson pâli un peu plus à chaque année, et on se demande quand elle s’éteindra…
Note: 4 / 10
Date de sortie : 15 janvier 2015
——————————-

The Gentle Storm
«The Diary»
Inside Out Music
Le nouveau projet d’Arjen Anthony Lucassen (Ayreon). Pour celui-ci, il fait équipe avec la talentueuse Anneke van Giersbergen. Bien qu’on reconnaisse son style de composition, ce projet se démarque assez bien de ce qu’il a fait avec Ayreon. C’est moins prog, plus rock et straightforward. Plusieurs instruments traditionnels sont utilisés, ce qui vient donner une touche intéressante à plusieurs pistes. L’album est séparé en deux disques, le premier contient les chansons en version acoustiques (gentle) et le deuxième contient les chansons en version rock (storm). C’est un beau bonus!
Note: 8 / 10
Date de sortie : 23 mars 2015
——————————-

Universe Effects
«In the Haze that Surrounds Us»
Indépendant
Je dis souvent qu’il se fait de l’excellent prog à Québec, on a qu’à penser à Inner Odyssey, Piezo et Southern Cross. Universe Effects vient de s’ajouter à ce groupe sélect. Leur premier album «In the Haze that Surrounds Us» est solide, intéressant, bien composé et bien réalisé. Ils se sont même gâtés en engageant les services de Jens Bogren pour le mastering! La qualité de la composition et de la prestation est à souligner, en particulier pour un jeune groupe. La trilogie de chansons «Lost in Time», faisant au-dessus de 30 minutes, est le highlight de l’album. Je regrette de ne pas avoir pu assister au lancement de l’album, mais je ne manquerai certainement pas leur prochaine prestation live. À découvrir immédiatement!
Note: 9/10
Date de sortie : 25 février 2015
——————————-

Lonely Robot
«Please Come Home»
Inside Out Music
Je ne connaissais pas ça (il s’agît d’un nouveau projet de John Mitchell, duh), je ne sais pas trop comment le décrire, mais j’ai aimé ça. La seule chose qui m’importe, c’est que le gars derrière ce projet soit au courant qu’il est un être humain et non un robot. Sinon le reste me va. Allez écouter ça, c’est robo-érotique.
Note: 8 / 10
Date de sortie : 10 mars 2015
——————————-

Beardfish
«+4626-COMFORTZONE»
Inside Out Music
Allez, sortez de votre zone de confort.
by Mathieu Audet | Mar 10, 2015 | Critiques, Critiques d'Albums

Steven Wilson
«Hand. Cannot. Erase.»
Kscope
2015
Ahh Steven, Steven, Steven, Steven, Steven… mon cher Steven… Tu t’es mis dans le trouble en 2013 avec ton album «The Raven That Refused to Sing (and Other Stories)». Je dis bien dans le trouble, parce qu’en sortant un tel album, tu as créé un précédent. Et pour ta carrière solo, il y a maintenant un avant et un après. Je dirais même que tu as été dur avec toi-même, à la limite du sadomasochisme, en t’imposant un tel chef-d’œuvre auquel tous tes autres ouvrages seront inévitablement comparés. Mais c’est correct de finir deuxième, surtout quand tu occupes aussi la première place.
Bon, j’arrête de parler à Steven pour vous parler à vous (nous), la plèbe. Parce que Steven Wilson est un génie et un dieu de la musique, et pas nous. Il faut l’accepter. Il vient de nous le prouver une fois de plus avec son album «Hand. Cannot. Erase.». Il n’est pas aussi bon (?) que son prédécesseur, «The Raven That Refused to Sing (and Other Stories)», mais ça c’était attendu de tout le monde, ou presque, je pense (encore une fois, ?). C’était juste impossible comme tâche. N’empêche que «Hand. Cannot. Erase.» est un chef-d’œuvre total, et voici pourquoi.
L’album raconte l’histoire d’une jeune femme (visiblement troublée) qui «disparaît» peu à peu de la société. Elle s’éloigne de plus en plus de la civilisation et de ses relations interpersonnelles, incluant celles avec les membres de sa famille. À un point tel que personne ne remarque son absence ou ne s’ennuie d’elle. L’histoire est inspirée de celle de Joyce Vincent qui fut retrouvée dans son appartement plus de deux ans après sa mort, sans que personne n’ait signalé sa disparition.
J’ai adoré la façon dont Steven Wilson a préparé son public pour la sortie de cet album. D’abord en tenant un journal personnel détaillé de l’histoire racontée sur l’album et d’autres évènements menant à cette histoire. Ce journal, présenté comme s’il était écrit par la personne concernée (le livret compris dans la version deluxe de l’album nous apprendra qu’on y fait référence seulement sous le pseudonyme «H.») contient un mélange de souvenirs (dont certains sont directement inspirés des souvenirs d’enfance de Wilson, de l’aveu même du principal intéressé), de situations présentes et de réflexions de la femme sur la vie de tous les jours. En particulier son intérêt envers les personnes portées disparues, et de sa propre capacité de passer inaperçue pratiquement partout où elle va. C’est bien écrit et bien monté, c’est creepy par moment, mais surtout, tout à fait crédible. Steven nous a ensuite surpris quelques semaines plus tard en publiant le premier single de l’album, «Perfect Life».
Le style de l’album est très différent des autres albums, en particulier de son prédécesseur «The Raven That Refused to Sing (and Other Stories)». Steven Wilson a ressorti sa touche de musique électronique qu’il avait laissée de côté depuis quelques temps. L’aspect progressif est encore là, mais un petit peu plus enfoui. Par contre, il est toujours aussi bien maîtrisé. Il y a moins de trucs jazzy fucked up (que j’ai adoré sur The Raven…), l’album est plus smooth, à la limite ambiant par bout, et surtout plus accessible. On sent que le but premier de Steven Wilson était de submerger l’auditeur le plus possible dans l’histoire pour pouvoir mieux la raconter. «Hand. Cannot. Erase.» est un album concept, du début à la fin. Les transitions entre les chansons sont très bien exécutées, et il y a quelques pistes qui sont beaucoup plus des transitions que des chansons en tant que telles. Mais ce n’est pas grave, ça sert très bien l’album. Les chansons à souligner sont «3 Years Older», «Routine», «Home Invasion» et «Ancestral». Et que dire de «Happy Returns» qui vient conclure sereinement et parfaitement cette histoire remplie de regrets.
Il va sans dire que c’est un 4e effort solo réussi pour notre podo-nudiste préféré. Après nous avoir présenté les traumatismes de son enfance à travers les souvenirs d’une femme, reste à voir s’il ira jusqu’au bout de son allégorie en performant sur scène en vêtements féminins. Avec «Hand. Cannot. Erase.», Steven Wilson a réussi une fois de plus à nous surprendre et à nous faire vivre des émotions avec sa musique, le tout en nous surprenant avec un produit complètement différent de ce qu’il a fait jusqu’à maintenant. Ça prend plusieurs écoutes pour l’apprécier pleinement, mais ça en vaut grandement la peine.
Note : 10/10
Mathieu Audet
by Mathieu Audet | Fév 26, 2015 | Chroniques, Critiques, Critiques d'Albums, En Rafale
Fidèles à leur générosité, Inside Out Music et Century Media m’ont envoyé un bon paquet de nouveautés qui sont parues récemment ou qui sont à paraître bientôt. Pour certaines d’entres elles, j’en ai fait une critique complète (Neal Morse – «The Grand Experiment» et The Agonist – «Eye of Providence»). Je n’ai malheureusement pas le temps, ou l’intérêt, ou le background pour faire une critique complète de chacun de ces albums ci-dessous, alors je me contenterai de glisser un mot sur plusieurs d’entre eux! Et je vous avertis, il risque d’y avoir une deuxième partie!
Mathieu Audet

———————————-

Kaipa
«Sattyg»
Inside Out Music
2014
Kaipa, c’est un groupe de rock progressif suédois qui roule sa bosse depuis plus de 40 ans. C’est un groupe dont j’avais entendu parler par la bande, puisque deux membres des Flower Kings y sont passés (Roine Stolt à deux occasions, et Jonas Reingold en est le bassiste depuis 2000), ainsi que le guitariste de Scar Symmetry, Per Nilsson. J’avais très hâte d’écouter cet album, qui est le treizième de leur discographie, et je n’ai pas du tout été déçu. Les amateurs de vieux progressif autant que les amateurs de sonorités folkloriques à la Eluveitie y trouveront leur compte. L’album est une balance parfaite entre de la musique d’ambiance et de la musique qu’on écoute pour écouter de la musique. Je sais que j’ai commencé à l’envers en m’attaquant à plus de 40 ans d’héritage musical en commençant par le plus récent effort, mais «Sattyg» est le genre d’album qui donne envie d’aller se taper tout le reste de la discographie du groupe, chose que je vais faire dans un avenir très rapproché. Une excellente découverte!
Note: 9/10
https://www.youtube.com/watch?v=wF2r7VumB9g
———————————-

Nightwish
«Élan» (single)
Nuclear Blast, Roadrunner Records
Février 2015
Pour nous faire patienter en attendant la sortie de l’album «Endless Forms Most Beautiful», Nightwish nous a gâté du premier single «Élan», qui vient avec un total de quatre chansons («Élan», version album, radio et alternative, ainsi qu’un b-side intitulé «Sagan»). Les gens vont reconnaître tout de suite le style des deux derniers albums. Selon moi (et je l’espère), «Élan» est sortie en premier parce qu’il s’agit de la chanson la plus « catchy » et la plus « radio friendly » de l’album. Je ne peux contenir mon excitation d’entendre la dernière chanson de l’album à paraître, «The Greatest Show on Earth», qui fait très exactement 24 minutes… À suivre!
———————————-

Night Demon
«Curse of the Damned»
Century Media
2015
Je ne sais pas trop c’est quoi que les gars de Night Demon ont essayé de faire sur l’album «Curse of the Damned» C’est peut-être moi qui n’ai pas compris, mais il me semble qu’ils aient essayé de mélanger quelques styles (du métal des années 80 à la Iron Maiden et Diamond Head au punk tout croche des Misfits) et qu’ils en aient malheureusement retenu plus des mauvais côtés que des bons. La production n’est pas aux standards de 2015, et même si c’était volontaire, je ne trouve pas que ça sert bien la musique. Les riffs et les arrangements sont souvent trop faciles et trop évidents. Encore là, s’il s’agit d’un hommage aux années 80, ça aurait pu être exécuté de meilleure façon. C’est peut-être moi qui n’ai rien compris… «Screams in the Night» va vous rester dans la tête par contre!
Note: 5/10
———————————-

Napalm Death
«Apex Predator – Easy Meat»
Century Media
2015
La première (et unique) fois que j’ai vu Napalm Death en spectacle, c’était en 2007 en première partie des puissants Kreator. J’ai trouvé que ce band-là torchait solidement en live, et que le chanteur Barney Greenway avait l’air d’un autiste qui, entre chaque couplet, était pris d’un combat intérieur intense pour décider s’il allait cracher en plein visage de la foule les prochaines lignes vocales, ou s’ils allait foutre son camp de la scène pour fuir cette foule bruyante qui en redemandait plus pour aller se perdre dans ses pensées et réfléchir au sens de la vie tout seul dans un coin…
Pour ce qui est de la critique de l’album, je vais faire mon lâche et me contenter de citer Jason Lepage qui a très bien résumé le nouvel album de Napalm Death.
Un nouvel album de Napalm Death c’est un peu comme un nouvel album de NOFX ou AC/DC, tu n’as pas vraiment besoin de l’écouter pour faire une critique.
Voilà, tout est dit!
———————————-

Marduk
«Frontschwein»
Century Media
2015
Ok, encore plus lâche, reprenez la citation pour Napalm Death et remplacez par Marduk. Je ne le referai plus après, promis!