La Décapiteuse #21

Décapiteuse Marryah Noch

LA DÉCAPITEUSE

 

DEVILDRIVER

 « Winter Kills »

Napalm

23 Août

 

C’est facile de qualifier tout et n’importe quoi de nu-metal et de simplement renoncer à une première écoute tout simplement à cause des caractéristiques trendy associées à un band. On oublie que ces groupes qui essayent de plaire à tout prix s’écoeurent parfois de leurs propres efforts ridiculement anti-libertins et finissent par s’épanouir d’une manière qui correspond à l’idée que j’me fais d’une gang de musiciens qui se respectent et écrivent chacun de leurs albums pour eux-mêmes et non pour être acceptés par la masse au risque d’écrire du métal sans un seul reflet d’éléments oldschool.

Make way for « Winter Kills ». Honnêtement, j’aurais pu me claquer un album complet du mélange assez étonnant de thrash et de melodic death metal définissant les quelques premières pièces. La qualité la plus prédominante de l’album qu’on a ici est l’aspect vraiment stripped down du processus créatif, qui disparaît malheureusement dans sa quasi-totalité à la mi-tracklist pour redevenir une incarnation de leur approche au melodic nu qui se diffère pas vraiment de leur vieux stock qui a vraiment manqué le bateau en termes d’impact sur moi, en tout cas, au courant des dernières années. On a tout de même la preuve tangible que les gars s’enlignent vers une cadence plus impulsive petit à petit et se gênent pas pour relâcher leur rage de manière vicieuse et crue par moments. Ça sonne bien quand c’est accompagné de riffs vraiment travaillés et d’une vibe hors de contrôle, plutôt que quand ça baigne dans un son clinique et enfoui sous le manque marqué d’effort dans l’écriture et qui savent plaire à ceux qui ont l’esprit vraiment fermé et qui aiment entendre la même affaire 90 fois par an venant d’un même band.

VERDICT: 6/10 (ASSEZ BON)

 

 

DIAMOND PLATE

« Pulse »

Century Media

20 Août

 

V’là un band qui sait se démarquer et se débattre du piège à rats dans lequel se ramassent la plupart des bands qui essayent (de manière un peu trop appliquée) de se classifier dans un seul style de métal pour le kick de se faire une image. Dire que DIAMOND PLATE, c’est du thrash, c’est prendre un raccourci qui tient du blasphème ou qui révèle tout simplement le déficit d’attention dont fait preuve la personne qui les qualifie de tel. Ces gars-là ont crissement pas la chienne et se mettent pas de limites stylistiques du tout; en fait, « Pulse » a été écrit sur la base d’un memo tout particulier: jammez des riffs que vous allez garder dans leur présente incarnation et intégrer à l’album sans leur apporter le moindre changement. C’est le genre de procédé qui ferait fuir bon nombre de musiciens qui aiment peaufiner quatorze fois le même song pattern avant de le passer dans la machine cosmique et fortement sur-utilisée qu’on connaît sous le nom de ProTools. C’est normal de vouloir retravailler certaines choses avant de les garrocher dans la face du public, mais faire l’expérimentation tout à fait recommandable d’essayer de construire des tounes autour d’une coupe d’idées qui sortent de l’ordinaire et qui sont complètement inattendues, ça peut mener à des résultats franchement coup-de-coeur. Cet album est un exemple même si l’approche au thrash qu’on a ici est pour ceux qui aiment une variante sérieusement trippy. La première track « Walking Backwards » introduit un son à la mi-school (pas nécessairement old ou new mais smack in the middle) de METALLICA tandis que les autres tracks se penchent plus vers des tonalités southern rock aux changements de pacing assez nombreux pour passer de ce mode de pensée à une philosophie plus violente en deux temps trois mouvements. Plusieurs pièces sont beaucoup plus sombres et introspectives et ma foi le résultat est convaincant. Les leads ont particulièrement attiré mon attention et mon respect; ils sont élaborés, mélodiques, et extrêmement organiques. C’est pas l’album le plus parfait et spot-on dans l’histoire du siècle mais il perdrait toute sa personnalité si c’était trop radicalement le cas. Voilà une contradiction intéressante à observer et discuter.

VERDICT: 6/10 (BON)

 

 

FLESHGOD APOCALYPSE

« Labyrinth »

Nuclear Blast

16 Août

C’est assez évident qu’une couple de puristes vont se garrocher sur « Labyrinth » avec un enthousiasme des plus surexcités. Après tout, F.A. se démarquent en sale depuis la sortie de l’album d’avant qui est, soit dit en passant, presque impossible à topper, que ce soit par les mêmes musiciens ou pas. C’est avec cette dernière idée en tête que j’ai abordé le nouveau stock qui n’est effectivement pas orienté vers les mêmes priorités; on a droit ici à du death métal technique à proprement parler. C’est la shade qui embrouille la grosse majorité des pièces qu’on a ici puisque c’est du overblown à fond la caisse. Plusieurs contradictions au coeur du songwriting rendent les pièces plus cliniques et schirurgicales que vraiment axées sur le feel et la substance; les meilleures tracks sont celles qui restent fidèles à l’identité du band qui s’est propulsé au devant de l’attention médiatique grâce au talent inégalé des gars pour la structure de mélodies classiques recherchées au milieu d’un paysage brutal, mais qui possède une cadence aussi appliquée que ce qu’on entend dans les meilleurs répertoires d’orchestres symphoniques.

Révéler le côté émotivement obscur de la racine du métal c’est pas une pratique aussi courante qu’elle devrait l’être ces temps-ci, surtout dans le cas de musiciens qui sont tout à fait capables de se surpasser en termes d’overflashy playing, mais eux, ils réussissaient à profiter de leur talent pour absorber les sens de la personne qui écoute plutôt que pour l’emmerder avec dix mille technicalités. Cette mentalité est moins évidente ici, malgré que l’ambiance reste sombre et élégante. Que plusieurs tounes s’imbriquent l’une dans l’autre sans impact défini ou sans trace de mémorabilité – ça m’attriste. Certaines exceptions font ressortir les qualités primaires de FLESHGOD, mais je reste sur mon idée que ceci n’est pas leur album le plus essentiel du tout. Un focus sur la base des choses serait de mise.

VERDICT: 6.5/10 (Entre BON et TRÈS BON)

 

SPEEDTRAP

« Powerdose »

Svart Records

23 Août

J’ai eu la joie de découvrir SPEEDTRAP y’a un sacré bout de temps grâce à High Roller Records. Si je fais abstraction de leur participation à un split plutôt ordinaire, ces gars-là ont le don d’être habituellement très tight en termes de NWOBHM à la Motörhead qui déplace suffisamment d’air pour faire forte impression sur les sceptiques. « Powerdose », c’est un re-work considérablement rafraîchissant de quelques vieilles tounes avec de nouvelles compositions en tandem qui ont tendance à révéler de nouveaux aspects de l’approche musicale des gars; quand le pacing est un peu moins essouflant et essouflé, le potentiel est à son comble, certains moments des dites pièces me rappelant des vieux classiques de KISS. De façon générale toutefois, SPEEDTRAP c’est une gang d’hyperactifs et cette affirmation est pas de mauvaise foi; ils savent écrire du stock qui est énergisant et catchy à la fois et je pourrais pas honnêtement dire que l’ensemble de l’album est hit and miss; il est bon d’un bord à l’autre, mais les zone-outs sont pas rares vu que l’approche reste constante sans vraiment prendre le temps de s’épanouir et de se concentrer sur sa propre identité. Un focus plus marqué sur l’élaboration de certains moods plus variés sur le prochain album pourrait aider ce band-là à définir sa propre personnalité et se créer sa propre niche audience.

VERDICT: 7.5/10 (Entre TRÈS BON et EXCELLENT)

 

 

FACEBREAKER

« Dedicated to the Flesh »

Metal Blade/Cyclone Empire

20 Août

Je m’attendais pas à entendre un contender pour le nouveau EXHUMED (« Necrocracy ») à une semaine d’intervalle de ma session d’écoute avec ce petit dernier. FACEBREAKER se gâtent en sale à toutes les fois qu’ils se montrent la face – sur « Dedicated to the Flesh », ils manquent pas d’adrénaline créative. Autant en termes de death n’ roll que de melodic ou slow paced death metal en passant par le brutal dans son format habituel, y’a pas l’air d’avoir de limites à leur aisance tout à fait naturelle. Ils savent écrire des hooks sans trop essayer de viser le jackpot; y’a environ 8 key points par track, ce qui maintient un intérêt marqué pour leur évolution assez facilement. Les riffs tout simplement contagieux manquent pas ici et autant d’influences old school que new school sont notables. J’ai pas l’impression que ces gars-là essayent d’être une copie ou qu’ils se mettent une pression de fou pour être le meilleur band in the valley, vu qu’ils sont assez proches de réussir cette feat (contrairement à ceux qui ont cette seule obsession en tête), à l’insu de la plupart de ceux qui ont la très mauvaise habitude d’avaler tout ce qu’ils se font spoonfeeder au lieu de fouiller pour trouver leurs propres préférences. En d’autres mots, ils sont drastiquement under-rated et chacun de leurs albums en est la preuve tangible. Aucune déception ici.

VERDICT: 8.5/10 (Entre EXCELLENT et GÉANT)

 

 

WATAIN

« The Wild Hunt »

Century Media

20 Août

Les gars de WATAIN en ont absolument rien à foutre des règlements pré-définis. En ce sens, « The Wild Hunt », c’est pas *juste* un album de black. C’est une expérimentation complètement impulsive et même un peu somnanbule au coeur du mood à l’appui dans chacun des tournants de l’album. Aucune retenue est audible ici et les gars se livrent à leur longue méditation impénétrable, pour le meilleur, et pour le pire. Dans ce cas-ci, je dois dire que j’accroche. Des ressemblances avec DISSECTION sont évidentes mais vu l’originalité des riffs, cette influence marquée peut être mise de côté au lieu de qualifiée de trop facile. Des influences fusionny se remarquent assez facilement dans les leads fort épanouis, et l’emphase sur l’ambiance est relevée à sa manière par touts les éléments de l’ensemble; on entend parfois des war-drums, le vocal a vraiment une identité en termes de caractère (et d’impact) psychologique, et les song arrangements sont vraiment méticuleux et appliqués. L’enregistrement de l’album a passé par 3-4 studios, si je me fie à la press release garnie d’éloges distribuée par Century Media. Un horaire demandant entoure la création tout à fait sophistiquée de l’offering qu’on a ici, et ceci est récompensé par un résultat epic et fortement cinématographique. Je suis assez impressionnée par les connaissances collectives de WATAIN en termes de tricks et je doute pas que leurs playlists sont assez étendues et que ça se limite pas aux racines de l’extreme metal. C’est une bonne surprise que j’oublierai pas facilement.

VERDICT: 9.5/10 (Entre GÉANT et ABSOLUMENT ÉPOUSTOUFLANT)

 

 

-Noch

 

 

La Décapiteuse #20

Décapiteuse Marryah Noch

La Décapiteuse #20

 

 

Band: BLACK WATER RISING

Album: « Pissed and Driven »

Label: Metalville/E1

Date de sortie: 13 Août

 

C’est toujours excessivement joyeux quand un band qui reconnaît le plein potentiel de sa propre inspiration décide tout bonnement et absolument consciemment que y’existe une nécessité absolue pour un élément aussi crasheux de party que le mainstreaming. Quand j’ai connu ces gars-là, c’était dans une incarnation qui avait le doigt d’honneur levé bien haut dans la face d’absolument chacun des chanceux qui regardaient dans leur direction pour découvrir un hard rock sec et cru avec un sapré bon groove à l’appui et des hooks à perte de vue. Reste que l’attitude qui englobait le tout était sincère et je me ramasse à penser exactement le contraire de la grosse majorité du stock sur « Pissed and Driven ». C’est loin d’être compliqué de se poser quelques questions quand chacune des tounes commence avec un riff innovateur et rebelle à la fois et tombe de son postérieur affreusement plat directement au fond du blender géant qu’est la commercialisation digne d’un lavage de cerveau des plus draconiens qu’impose la « scène populaire » (qui tente à tord et à travers de s’accorder elle-même assez de crédit pour se qualifier de membre de la famille du métal au niveau international). J’aurais jamais pensé que BLACK WATER RISING se seraient portés volontaires pour calquer leur songwriting sur des patterns aussi accessibles axés sur la répétition obsessive de riffs simplets et vides de feel et également de sens du concret. J’dois ajouter que le vocal manque largement de oomph et me convainc pas trop que le frontman est tout à fait dans la game. Somme toute, on a droit à des moitiés d’idées qui auraient pu être étoffées plus largement si les gars acceptaient de se fondre dans leur identité fondamentalement underground mais le besoin obsédé de s’emparer de la cagnotte et de se faire aimer de tout le monde prend nettement le dessus. Les puristes, regardez ailleurs pour l’instant. Je l’ai trouvé long et y’a 10 tounes. Ce qui me déçoit le plus ici est l’envergure des riffs grunge prometteurs qu’on a ça-et-là sur l’album mais j’dois dire qu’un retour en force vers « Black Gives Way to Blue » s’impose quand ça tombe dans une cadence BON JOVI sans prévenir, et ce, à tour de bras. Pas génial.

VERDICT: 4.5/10 (Entre POTABLE et ASSEZ BON)

 

 

 

Band: PANZERCHRIST

Album: « The 7th Offensive »

Label: Listenable Records

Date de sortie: 13 Août

 

C’est rare que Listenable se plantent solide. Je dis pas ça souvent d’un label, en toute sincérité, et ça s’applique même à ceux que je préfère dans la liste infinie qui existe. Depuis le début de 2013, je me ramasse à avoir crissement de la misère à trouver un album backé par eux qui manque de steam et qui me fait demander sérieusement quel est le but de sa release. Leur stock est habituellement des plus surprenants en termes de découvertes de groupes dont j’avais absolument jamais entendu parler avant qu’ils me fassent remarquer que y’est temps que j’me remette les pieds dedans assez fast. Les danish PANZERCHRIST sont un bon exemple; ils sont rendus à leur septième album avec « The 7th Offensive » et c’est la toute première fois que j’entends parler d’eux, même si le « panzer metal » est un mouvement qui n’existe pas à mon insu; malgré qu’il n’a absolument rien à voir avec le style de ce band-ci car je les qualifierais pas instantanément de death black mélodique. En causant avec le frontman Soren dans le courant de la semaine passée, j’ai découvert qu’il écoute du blues en passant par le black jusqu’au heavy metal traditionel aux éléments shock rock; qu’il me parle de Stevie Ray Vaughan, King Diamond, Crocell et Darkthrone dans la même phrase, ça m’a pas du tout garrochée à travers la pièce, même que je m’y attendais totalement. Y va sans dire que « The 7th Offensive » est un album révélateur sur l’identité du band en terme d’influences mais en disant ça j’affirme absolument pas que c’est une imitation ratée du projet du voisin; je dis plutôt que c’est pas un mensonge de 100 pages sur l’absence totale d’influence extérieure sur le procédé créatif qu’on a ici. Ce qu’on remarque, c’est un son death metal mélodique à la base qui sait quand s’étoffer en multiples layers cinématiques et quand rebrousser chemin vers un format plus oldschool, organique, et axé sur une progression de riffs plus vintage et visqueuse. Une touche viking se montre la face à quelques tournants dans les passages les plus mélodiques et les solos sont teintés d’une flamboyance digne d’un guitariste qui écoute autant de jazz que de classique. Pour ceux qui ont besoin d’un certain point de référence, imaginez GOD DETHRONED en moins accessible avec des tracks jalonnées de ce type de solo fusionny. Vous êtes à peu près à la même place que moi mentalement.

VERDICT: 7/10 (TRÈS BON)

 

 

 

Band: WITHERSCAPE

Album: « The Inheritance »

Label: Century Media

Date de sortie: 6 Août

 

Dan Swanö est pas méconnu pour sa job de producteur, plus particulièrement dans le domaine du métal progressif mélodique et du funeral doom. Je pense particulièrement à OPETH, KATATONIA, et NOVEMBER’S DOOM pour ceux qui ont pas poussé leurs recherches. Avec WITHERSCAPE, il se garroche de plein gré dans un travail de plus longue haleine (et vous allez me dire que son CV est rempli de projets visionnaires; dites-vous que sur « The Inheritance », en plus du mixage et du mastering, il se charge de l’écriture, du vocal, et de la batterie avec son seul partenaire guitariste pour former un duo assez fracassant, trio si on inclut la collaboration d’un membre de NOVEMBER’s DOOM qui s’est ici occupé des lyrics). C’est pas étonnant qu’on a droit à une approche musicale réfléchie, introvertie, et  dérangeante en restant poétique à la fois. Si vous voulez une traduction plus technique; la blueprint WITHERSCAPE, c’est un métal mélodique progressif entrecoupé d’alternatif accoustique sombre et glauque tout en gardant un aspect peaufiné et largement esthétique. En fin de compte j’vais avouer que c’est difficile à décrire en toute fidélité car c’est le type de son qui doit être entendu pour être cru. L’emphase sur le storytelling est présente mais le musicianship reste song-oriented et perd pas de son souffle productif pour le kick de se fondre en background. La vibe de l’album est démoralisante d’une manière qui le rend intoxiquant, comme le genre de péché mignon dont on a de la misère à se tanner simplement parce qu’on est conscient qu’on devrait pas en abuser. C’est le genre de métal qui est destiné aux fines bouches de ce monde qui ont pas peur de se ramasser avec une facture de cinq mille pieds de long. Vous voulez un concept difficile à suivre et un son impulsif et mature au point de se demander quel est le level de geekism exact des deux musiciens impliqués; WITHERSCAPE vous l’offre. Pas pour les coeurs sensibles et les maniaques de simplicité tenace.

VERDICT: 8/10 (EXCELLENT)

 

 

 

Band: LAST CHANCE TO REASON

Album: « Level 3 »

Label: Prosthetic

Date de sortie: 6 Août

 

Le death métal technique réussit facilement à devenir emmerdant dans plus de cas qu’autrement. Les exceptions sont rares mais j’en connais tout de même partout à travers le monde et j’ajouterais que je qualifierais ces gens-là de vrais champions. Les instincts à éviter dans ce style en particulier sont faciles à lister pour n’importe quel individu qui est le moindrement conscient des vagues populaires qui s’emparent de la scène moderne. LAST CHANCE TO REASON réussissent à pas tomber tête première dans les pièges auxquels ont succombé les prétentieux de ce monde qui pensent qu’on se fout pas éperdument de leurs faces et coupes de cheveu de fées clochettes et de leur hypershred mathématique qui se prend les pieds dans ses propres pieds pour finir par se prélasser au coeur d’un monde de non-sens qui se veut complexe mais est réellement *tout à fait* sans bon sens. J’vais devoir citer Walter White en disant qu’il est toujours très (trop? je crois pas) important de s’appliquer. Pour moi, un bon groupe de prog ou de métal technique, c’est une gang de musiciens qui savent avoir un mode d’écriture qui est song-oriented, c’est-à-dire qui perd pas le fil du mode de pensée de la toune, ou encore, qui devient pas une collection de riffs garrochés à tord et à travers dans un ramassis de confusion qui se fait passer pour une bonne rasade de notes de cours de science universitaire. « Level 3 » accomplit ce miracle que j’apprécie tant. LAST CHANCE TO REASON sont coupeux de souffle dans le sens où chacune des pièces incorpore plusieurs sous-styles d’une manière bien pensée plutôt qu’excessivement haute en couleurs au point de lever le coeur. Ils savent créer des hooks qui sont le résultat logique d’un build-up fidèle à sa définition (i.e. mener quelque part plutôt que jouir de l’expertise complètement fétide qui consiste à donner l’illusion qu’un peak approche; laissant plutôt place à un trou noir béant dans lequel s’emboîtent des leads sans mélodie, poigne, ou logique au coeur des idées à moitié développées qui composent les albums les moins pertinents). L’approche vocale a également un range large axé sur le feel de chacune des pièces et donnant une bonne theatricality à l’ensemble de l’approche. À visiter et re-visiter pour ceux d’entre nous qui aiment pouvoir reconnaître l’art qui vient réellement du fond du coeur même en plein milieu d’un style de métal aussi clinique et surgical que ce qu’on aborde ici.

VERDICT: 8/10 (EXCELLENT)

 

 

 

Band: EXHUMED

Album: « Necrocracy »

Label: Relapse Records

Date de sortie: 6 Août

 

J’ai pas de misère à catcher pourquoi EXHUMED sont particulièrement appréciés par des légendes comme CARCASS. J’ai pas non plus de joie infinie face à la très réelle possibilité qu’ils se pointent de plus en plus rarement la face au Québec à cause des innombrables occasions ou ils se sont fait revirer de bord aux douanes avant un show à Montréal. J’aimais déjà énormément ce band avant d’avoir entendu « Necrocracy » et suite à cette session d’écoute, je dois dire qu’ils vont botter le cul des gros noms cette année et même leur donner une certaine leçon d’humilité dans certains cas sélects. « Necrocracy » c’est une suite d’idées totalement euphorisantes incluant des mélodies engageantes et prenantes au beau milieu d’un death metal tempestuous et laid à souhait relevé par un groove qui manque absolument jamais sa shot en terme de faire un impact choc lorsque cet impact est nécessaire seulement. Le riffage est tellement dynamique ici qu’un besoin insistant pour un paquet de changements de pacing est même pas absolu car l’intérêt est maintenu par la chimie électrisante de l’approche de chacune des composantes – ça empêche pas les gars de savoir créer un mood plus progressif quand l’envie leur prend. Tout ceci est manié de main de maître pour un résultat final bien arrosé qui est, en fait, une collection de « nouveaux » classiques totalement et largement timeless. J’ai pas besoin d’en dire plus.

VERDICT: 9/10 (GÉANT)

 

 

 

-Noch

La Décapiteuse #19

Décapiteuse Marryah Noch

 

La Décapiteuse #19

 

 

Band: MERCENARY

Album: « Through our Darkest Days »

Label: Prosthetic Records

Date de sortie: 30 Juillet

 

Règle générale, si t’es pas SOILWORK ou SCAR SYMMETRY, tu risques de rusher à me faire capoter en entendant ton album de death métal mélodique aux nombreux éléments industriels et électroniques à l’appui. MERCENARY ont beau être un gros nom qui se fait qualifier de tout à fait divin, j’embarque plus ou moins dans la nature très accessible et poppy de cet album-ci. Ce que je déplore surtout est le nombre de cues et le fait qu’elles se retrouvent aux mêmes moments dans toutes les tounes; celles-ci sont calquées sur un pattern de verse chorus verse chorus bridge solo chorus qui dévie pas de la formule en aucun cas – ce qui est considérablement évident quand on observe le vocal qui utilise un range clean seulement que dans les refrains et un growl un peu trop semblable à celui du frontman de SOILWORK sur leur dernier album double dans les couplets. Les chorus sont « flat » et plutôt répétitifs. Reste que, j’accorde à ce band le bénéfice du doute vu leur force inégalée et tout à fait indéniable présente dans les tracks les plus sophistiquées qu’on a ici (y’en a peu mais elles sont notables); écrire des passages de tounes définies par un riffage progressif et complexe et mélanger ça avec des mélodies beaucoup plus simples et hooky en gardant un oeil braqué sur la ligne directrice de la toune au point de pouvoir qualifier ce type de songwriting de « song-oriented » au lieu de se contenter d’y voir qu’une collection de riffs emboîtés l’un dans l’autre. C’est le genre de band que t’aimes ou que tu trouves complètement gossant, y’a pas tellement place à un entre deux avec « Through our Darkest Days ». Selon moi, y’a davantage d’espace pour un focus plus élaboré sur le progressif que sur les refrains doucereux, mais les opinions risquent d’être assez divisées là-dessus, entre la nouvelle et vieille génération du public.

VERDICT: 6.5/10 (Entre BON et TRÈS BON)

 

 

 

Band: SINISTER REALM

Album: « World of Evil »

Label: Shadow Kingdom Records

Date de sortie: 6 Août

 

Comme je l’ai mentionné à plusieurs reprises au point d’en faire choker les newschoolers qui se la jouent un peu trop ti-kings, j’suis assez ravie que 2013 apporte avec elle son lot de bands qui emmènent une bonne dose de passé dans le présent soniquement parlant. Au niveau de la production, ça recommence à être vrai que le côté organique est absolument bien manié – sur « World of Evil », on entend clairement la bass, la guitare, le drum, et le vocal, et y’a pas un élément qui enterre l’autre; le tout est absolument bien balancé sans être étouffé par un ramassis d’FX qui tuent l’âme de la performance de chacun des musiciens ici présents, et cet exploit (de nos jours qualifié de tel, allez comprendre en écoutant tout ce qui est over-processed dans le métal moderne aujourd’hui) est, pour une fois, pas complètement saoûlé par le besoin absolu d’être en train de pourrir sous une centaine de couches de vernis. On a pas non plus droit à un album qui sonne comme une cassette qui fond dans un vieux système de son mono qui griche à peu près autant qu’une tv qui a jamais vraiment marché. On a un équilibre raisonnable entre le son démo garage et le surgical, clinical filter, ce qui colle très bien à la nature début années 80 du songwriting des gars de SINISTER REALM qui est largement inspiré des meilleures années de Ronnie James Dio avec une bonne dose de dynamisme signées IRON MAIDEN; ce qui est cool ici surtout est que cette approche est entrecoupée de sections très doom à la CANDLEMASS qui sont fortement reconnaissables. Ce qui est décevant est assez prenant ici tout de même; la répétition des riffs est un tantinet excessive et si chacune des pièces avait été écourtée, ce problème aurait pu être évité. Il y a aussi place à des riffs beaucoup plus étoffés car on a droit ici à des combines plutôt simplettes (néanmoins efficaces) qui auraient pu s’épanouir davantage avec un meilleur vieillissement (nettement plus prolongé également) en cave, une évolution naturelle qui suit l’inspiration du mood qu’on a ici. Peut être la prochaine fois; ces gars-là sont dans la scène pour rester et j’entends de très bons commentaires sur leur approche malgré mon scepticisme face à ces tounes-là en particulier, à quelques exceptions près.

VERDICT: 6.5/10 (Entre BON et TRÈS BON)

 

 

 

Band: REVOCATION

Album: « Revocation »

Label: Relapse Records

Date de sortie: 6 Août

 

La plupart des gros médias sont en train de virer à moitié fous en jasant REVOCATION dernièrement. Je suis pas de cette foulée d’enthousiastes qui s’exclament à en fendre l’air et à en faire crouler des bâtisses New-Yorkaises; n’empêche que je me dois d’avouer que ces gars-là ont pas peur du risque. Leur nouveau self-titled est tout simplement débordant de variantes sur leur approche de base (qui est en elle-même difficile à identifier à l’oeil nu quand on regarde le chaos en pleine face). Ils imbriquent le death métal brutal, le thrash métal catchy et accessible, le jazz fusion, certains éléments black, et le progressif à proprement parler dans un édifice à la construction intimidante, et franchement à couper le souffle. C’est facile de se ramasser plutôt étourdi après deux tounes et c’est la preuve que y’a de quoi lâcher un sifflottement admiratif face à la réelle créativité qu’on a ici. La complexité et la mélodie accrocheuse, c’est deux cours séparés dans l’art de l’épanouissement d’un guitariste et REVOCATION savent démontrer qu’ils connaissent le meilleur des deux mondes de manière surprenante et fortement difficile à prédire d’une seconde à l’autre et c’est ce qui fait la force principale de ce qu’ils emmènent sur Relapse cette année. Parfois, less is more, et je prendrais une ride avec ces gars-là une fois de temps à autre, sans me claquer ça aux 2 jours. Du Picasso c’est cool à regarder mais ça en prend plus pour connaître vraiment son propre éventail de goûts. Se casser la tête ça peut être le fun – à un moment donné c’est carrément vannant, et un ramassis d’expérimentations soniques, ça a exactement le même effet quand c’est abusé sans modération. Je conseille cet album à ceux qui aiment regarder les roues spinner à fond la caisse 24 heures sur 24 sans avoir nécessairement besoin d’un changement de disque.

VERDICT: 7.5/10 (Entre TRÈS BON et EXCELLENT)

 

 

 

Band: HIDDEN MASTERS

Album: « Of This & Other Worlds »

Label: Metal Blade/Rise Above

Date de sortie: 6 Août

 

Un voyage vers le milieu des années 60, c’est pas mal éducatif pour la personne qui veut catcher d’où vient le rock à proprement parler; HIDDEN MASTERS ont une leçon à livrer à ces enthousiastes qui savent apprécier ce que JIMMY PAGE avait comme procédé stylistique bien avant LED ZEPPELIN et je pourrais tout aussi dire que les BEATLES, dans leur temps complet-cravate à Top of the Pops, avaient une approche similaire. « Of This & Other Worlds » intègre ces modes de pensée après s’être claqué une bonne gorgée de vieux matos de l’univers à part d’ALICE COOPER pour ensuite se pencher sur le rock psychédélique typique de Rise Above qui nous initie au vintage doom dans un format plus hallucinogène qu’overpolished. Ces gars-là sont très glamour dans leur éventail d’influences dans le sens où ils se permettent de s’étendre sur la question de l’évolution historique de la lourdeur du son d’une guitare du tout début de son apparition sur scène jusqu’à nos jours bruyants et psychotiques à profusion en termes de possibilités en songwriting. Chacune de leurs pièces évolue au coeur de la timetable de manière imprévisible, inspirée, et honnêtement tout simplement entraînante. La prétention est même pas un trait auquel ces gars-là songent pour une seule seconde et ils réussissent à quand même exploiter leur marginalité au point de me faire penser à QUEEN à plus d’un tournant. Réussir ce genre de feat en 2013 provoque un beau gros soupir de soulagement pour une personne comme moi qui se demandait quand est-ce qu’un rock de ce genre reviendrait en force sur les planches.

VERDICT: 8.5/10 (Entre EXCELLENT et GÉANT)

 

 

-Noch

La Décapiteuse #18

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LA DÉCAPITEUSE

1. Band: SKINFLINT

Album: « Dipoko »

Label: PureSteel

Date de sortie: 26 Juillet

Avec SKINFLINT, on ne sait pas pantoute à quoi s’attendre et en même temps on anticipe certaines choses qui auraient dû être beaucoup plus omniprésentes sur « Dipoko ». Je m’explique; ces gars-là sortent tout droit de la scène Africaine avec laquelle je suis (je l’admets) très peu familière. Leur son comporte beaucoup d’éléments traditionellement associés à leur milieu, ce qui ajoute une dynamique que je ne leur enlèverais pas. Cela dit, l’aspect réellement métallique de l’album est limité; l’emphase est presque complètement gaspillée sur une tentative d’approche théâtrale au storytelling du frontman qui manque généreusement de ‘range’ côté vocal lorsqu’il abaisse sa tonalité d’un trop gros cran en parlant plutôt qu’en essayant réellement d’avoir un chant ou même un cri rauque engageant qui aurait, sans doute aucun, très bien collé au gallop plus prometteur des pièces NWOBHM qui se montrent la face une fois de temps à autre lors des pauses-café au coeur de ces interminables pièces que je qualifierais de narratives. Ces rares, mais appréciables, revirements de situation qui osent dévoiler le worship clair de ce band pour Ronnie James Dio et KING DIAMOND à la fois, sont tout-à-fait du tonerre et manquent pas de faire forte impression. Le penchant classique du stringwork est également matière à hausser un sourcil appréciatif. En revanche, ça aurait dû être un album jalonné de ce genre de prouesse et cette capacité demeure dans le camp SKINFLINT qui se rendraient service en redoublant de reconnaissance pour le bienfait de ce facteur de qualité hautement déterminant.

VERDICT: 5/10 (Assez Bon)

 

 

2. Band: AUTUMNBLAZE

Album: « Every Sun is Fragile »

Label: Pulverised Records

Date de sortie: 26 Juillet

Le côté plus sombre de l’alternatif dans un format constellé de riffs semi-progressifs et expérimentaux avec une touche de shoegaze empruntée de l’univers du black métal, ça peut sonner chinois for the next guy, mais la plupart de ceux qui prennent un temps pour pique-niquer au coeur du brouhaha de l’actualité en savent tout. C’est loin d’être une pratique réellement excentrique dernièrement puisque c’est pas d’une rareté frappante. Reste que, ce que j’apprécie de chacun des groupes qui s’y mettent, c’est qu’ils ont tous un chacun leur propre blueprint. Ils ont tous une philosophie qui est sensiblement la même, mais ils l’évoquent de façon très personnalisée et dévouée. Le mélange d’obscurité et de lumière est la meilleure manière de qualifier le voile qui est jeté sur chacune des tracks et pour les connaisseurs c’est assez facile de s’y attendre. La passion est à son comble ici quand la coche est pétée sans aucune gêne et ce genre de source d’énergie est assez précieuse puisqu’AUTUMNBLAZE n’y puisent pas à outrance, même qu’ils pourraient abuser davantage de leur talent dans ce département. Le côté plus axé sur les percussions et aggressif de certaines pièces qui profitent également de leur décor d’une atonalité macabre et particulièrement refroidissant même pour une journée de quarante degrés sans humidex, ça convainc. Ça convaincrait n’importe qui d’entre vous – en titi. Assez inexplicablement, à la mi-album environ, on a droit à une descente au coeur de ce party qui prend de plus en plus d’ampleur alors que le son se dirige vers l’accoustique doux et inoffensif qui est à peine assez représentatif du mood général pour vraiment avoir sa place – qui prend décidément TROP de place. Dommage, je commencais à embarquer pas mal à mesure que les tracks progressaient.

VERDICT: 6/10 (Bon)

 

 

3. Band: TWINS CREW

Album: « The Northern Crusade »

Label: Scarlet Records

Date de sortie: 30 Juillet

 

Comme je le dis très souvent ces temps-ci; maudit que le power métal commence à prendre des saveurs beaucoup plus heavy qui se rapprochent de ce qu’on s’attend à recevoir comme débarque venant de JUDAS PRIEST – si on prend un example concret d’un groupe qui a crissement besoin de sortir un album de fou avec Richie. En attendant, du monde comme TWINS CREW nous emmènent le genre de fix qu’on veut avec un son qui ose se déployer, qui ose toucher, et qui ose parcourir tout un pays luxuriant d’influences en dedans d’un quarante minutes et quelques. La passion et l’endurcissement démontrent une maturité notable au coeur de cette business et ce band-là est pas une exception à l’attroupement de monde dernièrement qui savent vraiment ou ils s’en vont avec leur son et en démordent pas malgré le fait que c’est pas quelque chose de jeune ou d’ultra-modernisé. J’ai pas l’impression d’être assise devant une chorégraphie quand je regarde ces gars-là; et ceci, même s’ils me rapellent beaucoup la scène britannique de façon générale et ses racines, car ils évitent le copier-coller et infusent de leur propre feel dans chacune des notes jouées. C’est un courant d’air fort appréciable au sein d’une parade de modes modernes apparemment pas essouflable de nos jours.

VERDICT: 7.5/10 (Entre Très Bon et Excellent)

 

 

4. Band: FUELED BY FIRE

Album: « Trapped in Perdition »

Label: Noiseart Records

Date de sortie: 26 Juillet

On a droit à une excellente surprise de la part de FUELED BY FIRE cette année alors qu’ils se dirigent de plein gré vers une marge beaucoup plus death métal que ce que l’on connaît d’eux et le leader du groupe manque pas de le souligner en parlant du procédé créatif entourant cet album-ci. Leur base reste thrash, mais les patterns des tounes sont beaucoup plus dignes d’un ouragan sans retenue et cette saveur très insistante (à mon plus grand plaisir) est appuyée de main de maître par Erik Rutan qui assure à la production. Chacune des pièces est une entité indépendante de l’autre tout en maintenant un courant qui perd pas la trail de vue et ceci est un talent qui indique une expérience fort bien aiguisée qui surprend pas venant de ce groupe qui ose pousser le vice d’une façon telle que AEON et CANNIBAL CORPSE avaient sûrement le bec cloué en headbangant là-dessus avec un enthousiasme qui se voit. La persistence de la complexité des patterns va à l’encontre du thrash qui est parfois trop ‘by the book’ et les possibilités sont exploitées sans devenir un ramassis de confusion. J’attends avec impatience la série de shows qui s’ensuivra.

VERDICT: 8/10 (Excellent)

 

 

5. Band: DEATH MECHANISM

Album: « Twenty-First Century »

Label: Scarlet Records

Date de sortie: 30 Juillet

Un thrash technique et progressif aux teintes oldschool death; c’est ce que nous réserve DEATH MECHANISM en quantités industrielles sur « Twenty-First Century », un opus raffiné et positivement désarçonnant pour même le plus sceptique des témoins. J’aime pas faire trop de comparaisons mais maudit que le côté sentimental de l’écoute de l’album ressort quand on note la ressemblance frappante avec ce que Chuck écrirait s’il était encore de ce monde (R.I.P. brother); la complexité des riffs tissés ici avec la vibe blunt force trauma du drum (même en termes de production) comparable à l’approche de Richard Christy – ces ingrédients sont connus dans le campement DEATH et cultivés activement ici. C’est assez essouflant dans le bon sens car la note est poussée et l’expérimentation est à son comble sans jamais perdre de vue l’essence de chacune des tracks et son orientation sonique; les mélodies sont bien choisies pour coller à la série de formules scientifiques au tableau et les passages thrash sont bien arrosés. Les changements de pacing sont calculés avec une sagesse presqu’inhumaine et ceux-ci vont vraiment faire suer la compétition au sein de la scène technical death cette année. Soyez-y préparés.

VERDICT: 9/10 (GÉANT)

-Noch

Old School Extravangaza à Sherbrooke!

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Un show de thrash à Sherbrooke, c’est salement pas une coutume connue. En fait, depuis mon arrivée ici fin juin 2012, ce que j’vois majoritairement me passer sous le nez, c’est du death metal mélodique, du hardcore ou du punk, ce qui laisse pas tellement de place au heavy metal traditionel proprement dit, ou les styles qui s’y rapprochent plus directement. Dimanche dernier, la pluie torrentielle d’une intensité d’un ridicule ahurissant n’a pas découragé personne. Le Magog était cinq fois plus rempli que ce que j’aurais espéré la veille de journée de travail; l’enthousiasme pour un show au lineup sérieusement original et bien tissé était palpable et cool à voir. Je lève mon chapeau à Jass qui book du stock récemment qui va à l’encontre du courant populaire de ce qui se trame normalement sur les planches de la communauté et il le fait de façon très fidèle et me fait découvrir par ce biais plusieurs bands qui viennent d’ici et de pas mal plus loin qui méritent mon attention dans plus de cas qu’autrement.

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L’ordre du lineup était aussi d’une logique appréciable et différente du mode de pensée plus classique de l’approche dans le sens ou j’avais l’impression de voir la manière dont le style en question se développe à travers les racines qui le composent. Je m’explique; CHEMICAL WAY, c’est du crossover, ce qui implique que ce qui ressort le plus c’est l’influence *très* oldschool punk qui est tout de même la base du thrash à proprement parler. SIGHTS OF WAR intégraient la très importante contribution du New Wave of British Heavy Metal à la saveur Motorhead plus qu’évidente. REANIMATOR apportait le côté rock and roll et visuellement frivole en exploitant les possibilités en termes de changements de pacing et de mood qui restent pertinents dans le câdre du thrash et LICH KING avaient l’approche qui est décidément la plus moderne de la gang. En ce sens, on avait tous droit à une genre de Time Capsule éducative pour ceux qui savent noter les détails.

M’enfin, ceci dit, chacune de ces combinaisons a la très réelle possibilité de convaincre même les sceptiques ou tout simplement de laisser de glace et je me prononce sur ces deux avenues de pensée.

Je suis, en partant, pas très fan de crossover. Vous savez tous que je déteste le punk. Donc en partant, mon opinion est très influencée par ce type de fermeture d’esprit face à ce style que je trouve particulièrement linéaire, basic, et sans intérêt. Reste que, même quand j’aime pas quelque chose, j’omets jamais d’admettre qu’en tant que professionelle je me dois d’analyser plus en profondeur en mettant de côté mes préjugés; chaque bon journaliste va garder l’oeil ouvert et c’est ce que je fais constamment. CHEMICAL WAY, y’a aucun doute là-dessus, c’est des shredders. Ils savent jouer de leurs instruments et ne sont pas du tout paresseux dans leurs concoctions de patterns de tounes qui prennent par surprise. Ce qui est dommage, entr’autres, est que la sono laissait à peine une fenêtre ouverte sur les leads, que j’avais peine à discerner à travers une saturation qui rendait le set assez difficile à analyser si ce n’était du visuel qui donnait une méchante bonne idée de comment ça peut sonner sur un CD bien produit. Une vibe Skater Punk s’emparait du stage et les gars se laissaient pas démonter par le fait que les speakers crachaient quelque chose qui rendait peu hommage à leurs skills déployés. La deuxième chose que je trouve plutôt dommage est que l’emphase sur le gallop laissait peu de place à l’élaboration de moods plus contrastants et les riffs auraient pu prendre leur temps pour s’étoffer sans être sandwichés des deux bords par un besoin d’être rapides et étourdissants for the sake of it. Je dis pas que l’approche est pas entraînante ni énergisante; au contraire. Il y a beaucoup de place pour une attitude plus défiante en termes de songwriting qui repousse les limites pré-installées par les aînés de la scène et c’est en ce sens que j’ai trouvé ce set potable, mais peu mémorable.

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SIGHTS OF WAR, comme les commentaires sur la page de l’événement qui sont parus hier matin (lundi) en témoignent, c’est les piqueux de show de la soirée. J’ai trouvé ça particulièrement savant de leur part – juste de voir qu’ils ont tâché de créer la vibe Club Gig de manière plus convaincante qu’en restant campés en haut sur le stage. Tous les membres du groupe sont restés en bas parmis la foule tout le long du set et l’éclairage rouge donnait une vibe plus intime et feutrée, ce qui correspondait de façon assez inattendue à l’ambiance très stripped down de leur approche NWOBHM. Un redoublement d’ardeur côté attitude était assez facile à sentir à partir de la première toune; un certain aspect Foot Stompin’ Outrage me déçoit absolument jamais et leur son ne faisait pas exception à ma règle. Celui-ci doit justement être visqueux et loin d’être consolant pour l’oreille d’un non-initié et c’est précisément ce que j’adore reconnaître dans l’approche des groupes de la relève que je remarque depuis début 2012 en particulier. Aucun élément commercial ressort de ces gars-là et une authenticité rafraîchissante émanait de leur prestation. Ils savent invoquer la frustration et le fun pur et dur à la fois avec leur mélange de NWOBHM échevelé et leur thrash plus oldschool SLAYER. Les deux approches étaient assez bien dosées que y’avait pas de contraste et tout s’imbriquait parfaitement. Je serais particulièrement heureuse de voir, par une occasion idéale dans un futur proche, un set beaucoup plus long de leur part.

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REANIMATOR allaient sur une avenue contraire sans vraiment l’être. Ils sont définitivement plus flashy avec un visuel qui fait plus penser aux groupes de grosse aréna et j’avais l’impression d’avoir affaire à une gang qui tournent un vidéoclip de la première toune jusqu’à la dernière, surtout quand je fixais mon attention sur leur drummeur qui ne manquait pas de créativité dans la manière qu’il bouge sur un stage, sans parler du nombre de fois ou il buvait de l’eau pour la recracher dans la foule ou au visage d’un des deux guitaristes. J’ai d’ailleurs pu dire au gars (très courtois!) en question en sortant du bar que le set était archi-solide. Comme je l’ai précisé au début de ce rant, c’te gang-là font du thrash décidément moderne qui est un peu by the book mais ils y intègrent des tracks plus rock and roll et road rock avec des leads qui me font plus souvent qu’à mon tour penser à des gros noms de la scène même glam et ça ajoute du piquant à leur format tout en se mariant absolument parfaitement avec la saveur de leur prestation très animée et haute en couleurs. La chimie entre les membres du groupe se voyait; cette camaraderie est un peu ce qui se voit à un show d’IRON MAIDEN ou JUDAS PRIEST; les gars sont pas plantés à cinq mètres  l’un de l’autre en donnant l’impression d’être des hired guns qui se parlent à travers un avocat (comme SLAYER le fait aujourd’hui ironiquement) – le frontman avait un jeu de scène unificateur en s’approchant des guitaristes solistes au moment ou ils se lancaient le spotlight pour le solo principal en alternance très bien organisée et les gars se taquinaient tout le long du set ce qui lui donnait un aspect amusant et ultra mémorable en plus d’être d’une qualité irréfutable soniquement parlant.

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LICH KING était pour moi ce que je qualifierais poliment de plutôt démontant. Je cacherai pas que quand je les ai entendus, bon nombre d’années avant de voir ce show, j’aimais ce qu’ils faisaient. Leur set, en revanche, réflétait pas du tout cet engouement notable. J’enlève absolument rien de leur skill et je dois surtout mettre en surbrillance l’accuracy des riffs – ce qui était navrant était surtout le manque de diversité de la playlist qui donnait vachement l’impression d’être une parfaite ligne droite qui manque assez draconiennement de rebondissements, et aussi l’attitude risible du frontman qui passait presque tout son temps, même pendant les tounes, à bitcher la foule pour qu’ils se garrochent dans le pit. On dirait qu’ils ont pas catché que certains viennent au show en observateurs mais qu’on est tous là pour apprécier le set et que cet intérêt devrait être respecté et encouragé et non insulté; moi, les rants de frontman qui sonnent aussi faux, ça me fait perdre une bonne quantité de considération pour le contenu du set et ça me donne le goût de regarder ailleurs. Note aux frontmans: soyez engageants avec votre foule au lieu d’agir en prétentieux! Du cred ça se perd facilement! Une prestation beaucoup plus axée sur une emphase sur la vibe des tounes et une attitude plus décontractée et plaisante aurait grandement contribué. Mais ça, c’est seulement mon opinion, n’empêche que des bands en show, j’en ai vu un, pis un autre.

À part pour ce hic qui devrait être évité plus souvent, je suis totalement impressionnée par cette soirée qui est à ce jour monnaie courante pour Waarpiig Extravaganza. Je m’attends pas à voir du stock pourri quand cette compagnie booke quelque chose ici.

-Noch

 

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