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Un show de thrash à Sherbrooke, c’est salement pas une coutume connue. En fait, depuis mon arrivée ici fin juin 2012, ce que j’vois majoritairement me passer sous le nez, c’est du death metal mélodique, du hardcore ou du punk, ce qui laisse pas tellement de place au heavy metal traditionel proprement dit, ou les styles qui s’y rapprochent plus directement. Dimanche dernier, la pluie torrentielle d’une intensité d’un ridicule ahurissant n’a pas découragé personne. Le Magog était cinq fois plus rempli que ce que j’aurais espéré la veille de journée de travail; l’enthousiasme pour un show au lineup sérieusement original et bien tissé était palpable et cool à voir. Je lève mon chapeau à Jass qui book du stock récemment qui va à l’encontre du courant populaire de ce qui se trame normalement sur les planches de la communauté et il le fait de façon très fidèle et me fait découvrir par ce biais plusieurs bands qui viennent d’ici et de pas mal plus loin qui méritent mon attention dans plus de cas qu’autrement.

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L’ordre du lineup était aussi d’une logique appréciable et différente du mode de pensée plus classique de l’approche dans le sens ou j’avais l’impression de voir la manière dont le style en question se développe à travers les racines qui le composent. Je m’explique; CHEMICAL WAY, c’est du crossover, ce qui implique que ce qui ressort le plus c’est l’influence *très* oldschool punk qui est tout de même la base du thrash à proprement parler. SIGHTS OF WAR intégraient la très importante contribution du New Wave of British Heavy Metal à la saveur Motorhead plus qu’évidente. REANIMATOR apportait le côté rock and roll et visuellement frivole en exploitant les possibilités en termes de changements de pacing et de mood qui restent pertinents dans le câdre du thrash et LICH KING avaient l’approche qui est décidément la plus moderne de la gang. En ce sens, on avait tous droit à une genre de Time Capsule éducative pour ceux qui savent noter les détails.

M’enfin, ceci dit, chacune de ces combinaisons a la très réelle possibilité de convaincre même les sceptiques ou tout simplement de laisser de glace et je me prononce sur ces deux avenues de pensée.

Je suis, en partant, pas très fan de crossover. Vous savez tous que je déteste le punk. Donc en partant, mon opinion est très influencée par ce type de fermeture d’esprit face à ce style que je trouve particulièrement linéaire, basic, et sans intérêt. Reste que, même quand j’aime pas quelque chose, j’omets jamais d’admettre qu’en tant que professionelle je me dois d’analyser plus en profondeur en mettant de côté mes préjugés; chaque bon journaliste va garder l’oeil ouvert et c’est ce que je fais constamment. CHEMICAL WAY, y’a aucun doute là-dessus, c’est des shredders. Ils savent jouer de leurs instruments et ne sont pas du tout paresseux dans leurs concoctions de patterns de tounes qui prennent par surprise. Ce qui est dommage, entr’autres, est que la sono laissait à peine une fenêtre ouverte sur les leads, que j’avais peine à discerner à travers une saturation qui rendait le set assez difficile à analyser si ce n’était du visuel qui donnait une méchante bonne idée de comment ça peut sonner sur un CD bien produit. Une vibe Skater Punk s’emparait du stage et les gars se laissaient pas démonter par le fait que les speakers crachaient quelque chose qui rendait peu hommage à leurs skills déployés. La deuxième chose que je trouve plutôt dommage est que l’emphase sur le gallop laissait peu de place à l’élaboration de moods plus contrastants et les riffs auraient pu prendre leur temps pour s’étoffer sans être sandwichés des deux bords par un besoin d’être rapides et étourdissants for the sake of it. Je dis pas que l’approche est pas entraînante ni énergisante; au contraire. Il y a beaucoup de place pour une attitude plus défiante en termes de songwriting qui repousse les limites pré-installées par les aînés de la scène et c’est en ce sens que j’ai trouvé ce set potable, mais peu mémorable.

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SIGHTS OF WAR, comme les commentaires sur la page de l’événement qui sont parus hier matin (lundi) en témoignent, c’est les piqueux de show de la soirée. J’ai trouvé ça particulièrement savant de leur part – juste de voir qu’ils ont tâché de créer la vibe Club Gig de manière plus convaincante qu’en restant campés en haut sur le stage. Tous les membres du groupe sont restés en bas parmis la foule tout le long du set et l’éclairage rouge donnait une vibe plus intime et feutrée, ce qui correspondait de façon assez inattendue à l’ambiance très stripped down de leur approche NWOBHM. Un redoublement d’ardeur côté attitude était assez facile à sentir à partir de la première toune; un certain aspect Foot Stompin’ Outrage me déçoit absolument jamais et leur son ne faisait pas exception à ma règle. Celui-ci doit justement être visqueux et loin d’être consolant pour l’oreille d’un non-initié et c’est précisément ce que j’adore reconnaître dans l’approche des groupes de la relève que je remarque depuis début 2012 en particulier. Aucun élément commercial ressort de ces gars-là et une authenticité rafraîchissante émanait de leur prestation. Ils savent invoquer la frustration et le fun pur et dur à la fois avec leur mélange de NWOBHM échevelé et leur thrash plus oldschool SLAYER. Les deux approches étaient assez bien dosées que y’avait pas de contraste et tout s’imbriquait parfaitement. Je serais particulièrement heureuse de voir, par une occasion idéale dans un futur proche, un set beaucoup plus long de leur part.

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REANIMATOR allaient sur une avenue contraire sans vraiment l’être. Ils sont définitivement plus flashy avec un visuel qui fait plus penser aux groupes de grosse aréna et j’avais l’impression d’avoir affaire à une gang qui tournent un vidéoclip de la première toune jusqu’à la dernière, surtout quand je fixais mon attention sur leur drummeur qui ne manquait pas de créativité dans la manière qu’il bouge sur un stage, sans parler du nombre de fois ou il buvait de l’eau pour la recracher dans la foule ou au visage d’un des deux guitaristes. J’ai d’ailleurs pu dire au gars (très courtois!) en question en sortant du bar que le set était archi-solide. Comme je l’ai précisé au début de ce rant, c’te gang-là font du thrash décidément moderne qui est un peu by the book mais ils y intègrent des tracks plus rock and roll et road rock avec des leads qui me font plus souvent qu’à mon tour penser à des gros noms de la scène même glam et ça ajoute du piquant à leur format tout en se mariant absolument parfaitement avec la saveur de leur prestation très animée et haute en couleurs. La chimie entre les membres du groupe se voyait; cette camaraderie est un peu ce qui se voit à un show d’IRON MAIDEN ou JUDAS PRIEST; les gars sont pas plantés à cinq mètres  l’un de l’autre en donnant l’impression d’être des hired guns qui se parlent à travers un avocat (comme SLAYER le fait aujourd’hui ironiquement) – le frontman avait un jeu de scène unificateur en s’approchant des guitaristes solistes au moment ou ils se lancaient le spotlight pour le solo principal en alternance très bien organisée et les gars se taquinaient tout le long du set ce qui lui donnait un aspect amusant et ultra mémorable en plus d’être d’une qualité irréfutable soniquement parlant.

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LICH KING était pour moi ce que je qualifierais poliment de plutôt démontant. Je cacherai pas que quand je les ai entendus, bon nombre d’années avant de voir ce show, j’aimais ce qu’ils faisaient. Leur set, en revanche, réflétait pas du tout cet engouement notable. J’enlève absolument rien de leur skill et je dois surtout mettre en surbrillance l’accuracy des riffs – ce qui était navrant était surtout le manque de diversité de la playlist qui donnait vachement l’impression d’être une parfaite ligne droite qui manque assez draconiennement de rebondissements, et aussi l’attitude risible du frontman qui passait presque tout son temps, même pendant les tounes, à bitcher la foule pour qu’ils se garrochent dans le pit. On dirait qu’ils ont pas catché que certains viennent au show en observateurs mais qu’on est tous là pour apprécier le set et que cet intérêt devrait être respecté et encouragé et non insulté; moi, les rants de frontman qui sonnent aussi faux, ça me fait perdre une bonne quantité de considération pour le contenu du set et ça me donne le goût de regarder ailleurs. Note aux frontmans: soyez engageants avec votre foule au lieu d’agir en prétentieux! Du cred ça se perd facilement! Une prestation beaucoup plus axée sur une emphase sur la vibe des tounes et une attitude plus décontractée et plaisante aurait grandement contribué. Mais ça, c’est seulement mon opinion, n’empêche que des bands en show, j’en ai vu un, pis un autre.

À part pour ce hic qui devrait être évité plus souvent, je suis totalement impressionnée par cette soirée qui est à ce jour monnaie courante pour Waarpiig Extravaganza. Je m’attends pas à voir du stock pourri quand cette compagnie booke quelque chose ici.

-Noch

 

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