539701_480746578641726_484019166_n

 

LA DÉCAPITEUSE

1. Band: SKINFLINT

Album: “Dipoko”

Label: PureSteel

Date de sortie: 26 Juillet

Avec SKINFLINT, on ne sait pas pantoute à quoi s’attendre et en même temps on anticipe certaines choses qui auraient dû être beaucoup plus omniprésentes sur “Dipoko”. Je m’explique; ces gars-là sortent tout droit de la scène Africaine avec laquelle je suis (je l’admets) très peu familière. Leur son comporte beaucoup d’éléments traditionellement associés à leur milieu, ce qui ajoute une dynamique que je ne leur enlèverais pas. Cela dit, l’aspect réellement métallique de l’album est limité; l’emphase est presque complètement gaspillée sur une tentative d’approche théâtrale au storytelling du frontman qui manque généreusement de ‘range’ côté vocal lorsqu’il abaisse sa tonalité d’un trop gros cran en parlant plutôt qu’en essayant réellement d’avoir un chant ou même un cri rauque engageant qui aurait, sans doute aucun, très bien collé au gallop plus prometteur des pièces NWOBHM qui se montrent la face une fois de temps à autre lors des pauses-café au coeur de ces interminables pièces que je qualifierais de narratives. Ces rares, mais appréciables, revirements de situation qui osent dévoiler le worship clair de ce band pour Ronnie James Dio et KING DIAMOND à la fois, sont tout-à-fait du tonerre et manquent pas de faire forte impression. Le penchant classique du stringwork est également matière à hausser un sourcil appréciatif. En revanche, ça aurait dû être un album jalonné de ce genre de prouesse et cette capacité demeure dans le camp SKINFLINT qui se rendraient service en redoublant de reconnaissance pour le bienfait de ce facteur de qualité hautement déterminant.

VERDICT: 5/10 (Assez Bon)

 

 

2. Band: AUTUMNBLAZE

Album: “Every Sun is Fragile”

Label: Pulverised Records

Date de sortie: 26 Juillet

Le côté plus sombre de l’alternatif dans un format constellé de riffs semi-progressifs et expérimentaux avec une touche de shoegaze empruntée de l’univers du black métal, ça peut sonner chinois for the next guy, mais la plupart de ceux qui prennent un temps pour pique-niquer au coeur du brouhaha de l’actualité en savent tout. C’est loin d’être une pratique réellement excentrique dernièrement puisque c’est pas d’une rareté frappante. Reste que, ce que j’apprécie de chacun des groupes qui s’y mettent, c’est qu’ils ont tous un chacun leur propre blueprint. Ils ont tous une philosophie qui est sensiblement la même, mais ils l’évoquent de façon très personnalisée et dévouée. Le mélange d’obscurité et de lumière est la meilleure manière de qualifier le voile qui est jeté sur chacune des tracks et pour les connaisseurs c’est assez facile de s’y attendre. La passion est à son comble ici quand la coche est pétée sans aucune gêne et ce genre de source d’énergie est assez précieuse puisqu’AUTUMNBLAZE n’y puisent pas à outrance, même qu’ils pourraient abuser davantage de leur talent dans ce département. Le côté plus axé sur les percussions et aggressif de certaines pièces qui profitent également de leur décor d’une atonalité macabre et particulièrement refroidissant même pour une journée de quarante degrés sans humidex, ça convainc. Ça convaincrait n’importe qui d’entre vous – en titi. Assez inexplicablement, à la mi-album environ, on a droit à une descente au coeur de ce party qui prend de plus en plus d’ampleur alors que le son se dirige vers l’accoustique doux et inoffensif qui est à peine assez représentatif du mood général pour vraiment avoir sa place – qui prend décidément TROP de place. Dommage, je commencais à embarquer pas mal à mesure que les tracks progressaient.

VERDICT: 6/10 (Bon)

 

 

3. Band: TWINS CREW

Album: “The Northern Crusade”

Label: Scarlet Records

Date de sortie: 30 Juillet

 

Comme je le dis très souvent ces temps-ci; maudit que le power métal commence à prendre des saveurs beaucoup plus heavy qui se rapprochent de ce qu’on s’attend à recevoir comme débarque venant de JUDAS PRIEST – si on prend un example concret d’un groupe qui a crissement besoin de sortir un album de fou avec Richie. En attendant, du monde comme TWINS CREW nous emmènent le genre de fix qu’on veut avec un son qui ose se déployer, qui ose toucher, et qui ose parcourir tout un pays luxuriant d’influences en dedans d’un quarante minutes et quelques. La passion et l’endurcissement démontrent une maturité notable au coeur de cette business et ce band-là est pas une exception à l’attroupement de monde dernièrement qui savent vraiment ou ils s’en vont avec leur son et en démordent pas malgré le fait que c’est pas quelque chose de jeune ou d’ultra-modernisé. J’ai pas l’impression d’être assise devant une chorégraphie quand je regarde ces gars-là; et ceci, même s’ils me rapellent beaucoup la scène britannique de façon générale et ses racines, car ils évitent le copier-coller et infusent de leur propre feel dans chacune des notes jouées. C’est un courant d’air fort appréciable au sein d’une parade de modes modernes apparemment pas essouflable de nos jours.

VERDICT: 7.5/10 (Entre Très Bon et Excellent)

 

 

4. Band: FUELED BY FIRE

Album: “Trapped in Perdition”

Label: Noiseart Records

Date de sortie: 26 Juillet

On a droit à une excellente surprise de la part de FUELED BY FIRE cette année alors qu’ils se dirigent de plein gré vers une marge beaucoup plus death métal que ce que l’on connaît d’eux et le leader du groupe manque pas de le souligner en parlant du procédé créatif entourant cet album-ci. Leur base reste thrash, mais les patterns des tounes sont beaucoup plus dignes d’un ouragan sans retenue et cette saveur très insistante (à mon plus grand plaisir) est appuyée de main de maître par Erik Rutan qui assure à la production. Chacune des pièces est une entité indépendante de l’autre tout en maintenant un courant qui perd pas la trail de vue et ceci est un talent qui indique une expérience fort bien aiguisée qui surprend pas venant de ce groupe qui ose pousser le vice d’une façon telle que AEON et CANNIBAL CORPSE avaient sûrement le bec cloué en headbangant là-dessus avec un enthousiasme qui se voit. La persistence de la complexité des patterns va à l’encontre du thrash qui est parfois trop ‘by the book’ et les possibilités sont exploitées sans devenir un ramassis de confusion. J’attends avec impatience la série de shows qui s’ensuivra.

VERDICT: 8/10 (Excellent)

 

 

5. Band: DEATH MECHANISM

Album: “Twenty-First Century”

Label: Scarlet Records

Date de sortie: 30 Juillet

Un thrash technique et progressif aux teintes oldschool death; c’est ce que nous réserve DEATH MECHANISM en quantités industrielles sur “Twenty-First Century”, un opus raffiné et positivement désarçonnant pour même le plus sceptique des témoins. J’aime pas faire trop de comparaisons mais maudit que le côté sentimental de l’écoute de l’album ressort quand on note la ressemblance frappante avec ce que Chuck écrirait s’il était encore de ce monde (R.I.P. brother); la complexité des riffs tissés ici avec la vibe blunt force trauma du drum (même en termes de production) comparable à l’approche de Richard Christy – ces ingrédients sont connus dans le campement DEATH et cultivés activement ici. C’est assez essouflant dans le bon sens car la note est poussée et l’expérimentation est à son comble sans jamais perdre de vue l’essence de chacune des tracks et son orientation sonique; les mélodies sont bien choisies pour coller à la série de formules scientifiques au tableau et les passages thrash sont bien arrosés. Les changements de pacing sont calculés avec une sagesse presqu’inhumaine et ceux-ci vont vraiment faire suer la compétition au sein de la scène technical death cette année. Soyez-y préparés.

VERDICT: 9/10 (GÉANT)

-Noch