by Marryah Noch Mulligore | Sep 16, 2013 | Chroniques, La Décapiteuse

La Décapiteuse
1. Band: CARCASS
Album: « Surgical Steel »
Label: Nuclear Blast
Date de sortie: 13 Septembre
Fallait se le dire, « Surgical Steel » allait jamais se classifier en tant que l’album le plus substantiellement époustouflant dans toute la carrière de CARCASS. Deux membres-clé du lineup sont pas de la partie et malgré le nombre de personnes qui se mentent jour et nuit en clamant haut et fort que ça enlève rien au résultat qu’on a sur les bras – ils ont clairement pas entendu l’album. Je dis pas, en aucun cas, que le songwriting est mauvais au point d’en être fétide, mais plutôt qu’il est beaucoup plus « sur le pouce » et moins straightforward en terme de feel. Néanmoins, la formula reste la même, et le fait que y’ait eu un changement de producteur en plein milieu de la préparation de l’album a pas semblé ruiner l’intention du band d’aller chercher un son qui s’éloigne pas de leur prod typique, donc on a quand même droit à une certaine familiarité. Les différences dans leur approche sont subtiles pour l’oreille distraite. Pour les attentifs, c’est essentiellement au niveau des leads qu’on remarque l’absence notable de Michael Ammott; les tracks sont structurées davantage autour d’un songwriting technique et froid plutôt qu’axées sur les mélodies qui ont un réel impact en terme de mémorabilité. Le bonus, toutefois, est un groove assez malade dans la rhythm section – quand celui-ci est axé sur une approche death-thrash, on reconnaît l’efficacité historique de la blueprint qui a aidé ces gars-là à se faire un nom. Le reste du temps, on se demande pourquoi le moment était, selon eux, stratégique pour une tentative à un retour aux sources qui aurait très bien pu se faire dans une toute autre incarnation sous un autre nom. Déjà, les attentes du public auraient été moins démesurées, et cet album aurait pu être un point de départ raisonnablement déterminant pour un nouveau groupe qui sait ce qu’il a à travailler pour se bâtir une discographie humble à chronologie logique. Hélas, vu que ceci est CARCASS, cet album n’est pas un launching pad, mais bien seulement qu’un filler dont la nécessité n’est pas aussi irréfutable qu’on l’aurait espéré. VERDICT: 6/10 (BON)
2. Band: SIREN’S CRY
Album: « Scattered Horizons »
Label: Nightmare/Sony/Red
Date de sortie: 17 Septembre
J’ai normalement pas un amour fou pour le gothic metal symphonique. Il y a belle lurette que Tarja et NIGHTWISH ont divorcé et depuis, je suis des plus sceptiques face à ce style qui n’a pas réellement su se démarquer assez souvent à mon goût, en tout cas, pas de manière aussi significative qu’ils l’ont fait, eux, avec des albums étonnamment under-rated tels qu' »Angels Fall First ». Ça m’empêche pas de continuer à donner une chance au coureur en ayant récemment recommencé à observer les derniers échos de cette section de la scène en me penchant sur tous les prochains albums que le marché accueillera et qui changeront (ou pas) à jamais ma vision assez pessimiste du verdict final de chacune de ces releases qui me tombent dans les mains. Déjà, quand je reçois du stock de NIGHTMARE RECORDS, je suis tout à fait au courant que j’aurai droit à un métal aux touches progressives assez prononcées puisque cette compagnie de disques est militante pour ce type de songwriting depuis un bail. Je dois leur accorder, à chaque fois, le bénéfice du doute car je sais qu’ils backent presqu’assurément un produit de qualité every single time. C’est avec cette théorie assez solide en tête que j’ai abordé « Scattered Horizons », et j’ai effectivement eu droit à un métal mélodique très orienté sur le feel ainsi que sur les structures de songwriting épanouies et braves en terme d’originalité. L’ombre au tableau est le fait que cette balance judicieuse qui supporte ces deux éléments manque plus ou moins de contrôle dans la deuxième partie de l’album et celui-ci devient de plus en plus sur-axé sur le nombre excessif de contre-temps et on voit (progressivement, no pun intended) la réelle catchiness de ces compositions s’évaporer pour laisser place à du prog un peu prétentieux, clinique et moins fidèle à l’identité de base du groupe. Si c’était pas de cette anicroche, on aurait ici affaire à mon band de gothic metal de prédilection pour cette année, et je dis ça sans aucune hésitation. VERDICT: 6.5/10 (Entre BON et TRÈS BON)
3. BAND: Tyr
Album: « Valkyrja »
Label: Metal Blade Records
Date de sortie: 17 Septembre
C’est toujours encourageant de voir un band de viking metal aux touches folk se forcer avec acharnement pour en arriver à un type de composition axé sur les arrangements assez étoffés pour défier le facteur d’unpredictability. « Valkyrja » correspond précisément à cet ordre d’idées. D’autant plus que le feel est sincère à l’os, étant plus proche d’une bitterness extrêmement humaine que d’une vibe indestructible ou festoyeuse souvent attribuées au viking folk qui se fait plus souvent qu’autrement qualifier de « gimmicky » pour ces deux raisons. Les mécanismes faciles auxquels ont recours ce genre de groupe nous donnent plus souvent qu’autrement l’impression qu’on a affaire à des copies de FINNTROLL et AMON AMARTH qui ont pas songé au fait que repousser les limites davantage est encore faisable. J’étais pas assez familière avec TYR avant mon écoute du dit album la semaine passée et j’ai été notamment impressionnée par le fait qu’ils suivent leur inspiration du moment en backant pas devant les obstacles ou le besoin féroce d’une composition d’aller dans plus d’une direction plutôt que de suivre un pattern paint-by-the-numbers basé sur une nécessité absolue d’être catchy et presque dansable. Chacune des pièces est un voyage et l’instrumentation est élaborée et étoffée au point de donner l’impression claire que chacun des membres a évolué dans la scène depuis aussi longtemps que les plus gros noms en refusant tout simplement de s’exiger une formule de base. Chacune des tracks a sa propre identité, sa propre direction, ses propres patterns; il n’y a pas de ligne droite à suivre de près. C’est la meilleure façon que je peux décrire ce qui se passe ici. Je dois noter que le frontman a une voix mélodique et operatic qui exprime une sincérité hors du commun et qui ne sonne pas du tout comme une perfo d’acteur mais plutôt comme celle d’un homme qui met des métaphores sur des histoires personnelles qui le touchent réellement; ce que je ne réussis pas à croire de toutes les tracks correspondant à ce style plus fantaisiste et souvent axé sur des albums narratifs complètement fictifs de la part de certains autres gros noms. Voilà également un élément qui pousse à une écoute attentive de l’art qu’on a ici. VERDICT: 7/10 (TRÈS BON)
4. Band: SATYRICON
Album: « Satyricon »
Label: Nuclear Blast
Date de sortie: 17 Septembre
Je crois fermement que toutes les suppositions qui ont été faites au sujet du retour de SATYRICON sont complètement eronnées. Certains auraient pu penser qu’ils allaient continuer sur leur lancée semi-commerciale avec un album à la « Now Diabolical! » qui n’était pas du tout mauvais (même très catchy et plaisant) mais plus ou moins organique et naturel de la part du duo Satyr/Frost en tant que tel. D’autres, comme moi, ont renchéri qu’ils allaient plutôt rester low-profile et modérément generic comme ils l’étaient sur « Age of Nero ». Rien de tout cela ne décrit leur self-titled. En fait, ils vont dans une toute nouvelle direction introspective qui n’essaie pas de gagner des faveurs et je dirais même que cette approche se contre-fiche complètement des perceptions que les fans et non-fans peuvent se faire on-the-fly. De là son efficacité chez les gens qui aiment le black pour son format nu et complètement dépourvu de hiding place. L’album au complet est jalonné de passages mélodiques sombres et calculateurs et d’arrangements axés sur l’ambiance à laquelle Frost contribue grandement en sélectionnant des patterns de drumming subtils et progressifs plutôt que du hyperblast machinal et technique. Vous méprenez pas, certaines tracks sont brutales, mais elles sont bien placées et contribuent au déroulement naturel de l’évolution du mood de l’album plutôt que d’essayer sans relâchement d’être un hit à en trancher des gorges. Ceci promet un regard extrêmement intrusif sur le mode de pensée derrière l’écriture de Satyr ces temps-ci. Il prend tous les moyens pour exprimer chacune des sensations qu’il peut avoir en s’isolant pendant 6 mois sans aucun contact social (ou presque) dans une cabane dans le fond d’un bois pour se concentrer sur son expression artistique. Le résultat ment pas, et vous êtes loin d’être prêts à y faire face si vous voulez une copie facile de leurs hits du bon vieux temps. « Satyricon », c’est l’âme de SATYRICON. En même temps, c’est un méchant bon nombre de pas vers l’avant, en tout cas, dans le livre de ceux qui sont assez ouverts d’esprit pour comprendre qu’écouter son coeur est la meilleure manière d’écrire avec honnêteté. VERDICT: 7/10 (TRÈS BON)
-Noch
by Marryah Noch Mulligore | Sep 9, 2013 | Chroniques, La Décapiteuse

LA DÉCAPITEUSE
1. Band: HOLLOW HAZE
Album: « Countdown to Revenge »
Label: Scarlet Records
Date de sortie: 10 Septembre
J’ai jamais trippé fort sur RHAPSODY ou le power métal symphonique en général – faut que j’avoue que leur vieux stock est tout de même bien travaillé, mais selon moi peu mémorable puisque ça tombe tout simplement pas dans mes cordes en terme de goûts. En analysant de plus près leurs albums les plus récents, mon opinion est inchangée sauf pour un détail; leur stock devient de plus en plus « bland » et le vocal de Fabio Leone me laisse de glace. Avec le range que le gars a, il pourrait se concentrer un peu plus sur une performance judicieuse et qui se prête au contexte musical de chacune des pièces qu’il lead. J’dois dire que dans le contexte HOLLOW HAZE, ce focus n’est toujours pas assez développé. On a affaire ici à un heavy métal aux touches progressives, cinématiques et semi-symphoniques qui aurait pu être intéressantes si le format plus compact du songwriting avait été privilégié tout au long de l’album plutôt que les trop longues pièces expérimentales qui mettent en surbrillance la tendance incompréhensible de Fabio de simplement se garrocher dans des ranges vocaux impulsifs et mal agencés qui donnent tout simplement l’impression qu’il est pas dans la même salle ou le même headspace que le reste du band. Le format est de moins en moins catchy et de plus en plus « all over the place » à mesure que l’album avance. Du matos qui essaye d’aller dans cinquante directions à la fois en oubliant de reprendre son souffle ça donne une confusion qui laisse rapidement place à un emmerdement cuisant, et je réussis pas à qualifier ce band de pertinent après une telle session d’écoute. Better luck next time? I dare hope so.
VERDICT: 3/10 (PAS TRÈS BON)
2. Band: DARK DESIGN
Album: « Prey for the Future »
Label: Heaven and Hell Records
Date de sortie: 10 Septembre
C’est assez facile de saisir pourquoi DARK DESIGN ont été capables de se faire un nom aussi rapidement dans un cycle de shows inessoufflable sans même avoir de matos de sorti officiellement sur recording, avant qu’on se mette à jaser de leur premier album. Ces gars-là concoctent un thrash métal technique et progressif aux teintes NWOBHM assez renversantes, me faisant penser plus souvent qu’autrement à IRON MAIDEN, même en termes de basswork. Le vocal operatic joue un certain rôle de guitare soliste en s’agençant extrêmement bien aux section rhythmiques au groove staccato et très efficace, ce qui empêche pas le lead riff-purveyor de se lâcher salement lousse dans ses élaborations de licks et de soloing (qui se ramasse plus souvent qu’autrement à devenir du overflashy playing qui gagnerait en mémorabilité avec une bonne rasade de mélodie en ajout judicieux aux progressions de ces licks, j’dois l’admettre – après cinq tounes de hypershred, c’est déjà lassant d’entendre les mêmes techniques sur repeat dans la section libellée « solo » de chacune des tounes). Dans ce même sens, le vocalist très talentueux et professionnel (ça paraît que ce gars-là a pris des cours de chant longtemps) a tendance à abuser de la variété de son range à la mi-album en variant de tonalité de façon un peu trop indépendante du reste de la cadence des tracks et des riffs, ce qui est également plus ou moins intéressant à entendre d’une pièce à l’autre. Ces gars-là ont pas besoin de faire des courbettes pour se faire valoir et leur format de base est déjà assez étoffé pour impressionner sans qu’ils aient à se montrer compétitifs au point d’en sonner un peu faux. Une meilleure cohesiveness en ce sens pourrait qualifier un prochain album d’incontournable assez assurément.
VERDICT: 6.5/10 (Entre BON et TRÈS BON)
3. Band: PROTECTOR
Album: « Reanimated Homunculus »
Label: High Roller Records
Date de sortie: 13 Septembre
PROTECTOR existent depuis les années 80 et ont essentiellement attendu trop longtemps avant de releaser du matériel faisant valoir leurs assets. J’entends des bribes de statements venant de certaines personnes de la business qui chantent à qui veut l’entendre que ces gars-là auraient pu faire partie du « Big 4 of Thrash » de l’Allemagne s’ils s’étaient montré le bout du nez avant que KREATOR prennent toute la place. Ils se seraient, selon les dires des gars du band eux-mêmes, éloignés de leurs racines en se laissant largement influencer par la scène death métal Suédoise des années 90 pendant un long bout de temps, pour ensuite disbander. Un bail plus tard, à force de ré-explorer leur vieux stock plus thrash, ils sont devenus assez nostalgiques merci, et ce, au point de recommencer à écrire du matos qui coule de façon ultra-naturelle dans leurs veines. « Reanimated Homunculus » est le résultat … tantôt plus ou moins satisfaisant, et tantôt ridiculement étourdissant en termes d’efficacité. La première partie de l’album est définie par des tracks un peu hésitantes gouvernées par la répétition de riffs simplets et les cadences « pedestrian » qui finissent par laisser place à un musicianship plus staccato, feel-oriented, et schizophrénique, agrémenté de leads plus ambitieux qui démontrent les mérites de PROTECTOR de façon plus nette et précise, ce qui me fait finalement catcher l’évolution de leur réputation. Sans vraiment vouloir croire que cet album est leur meilleur (je regarderais plus loin dans leur discog en me basant sur un réel espoir de trouvailles), je le recommanderais à quiconque aimerait découvrir un nouveau groupe de thrash à suivre de près – surtout si vous êtes particulièrement déçu du changement d’identité un peu drastique de KREATOR ces dernières années.
VERDICT: 6.5/10 (Entre BON et TRÈS BON)
(Aucun extrait disponible sur le net malheureusement en ce moment)
4. Band: VOLTURE
Album: « On the Edge »
Label: High Roller Records
Date de sortie: 13 Septembre
VOLTURE sont parfaitement capables d’invoquer tous les points importants d’une bonne recette de heavy métal traditionel Européen et savent expérimenter avec le format en se plantant pas et en préservant un feel honnête et relâché tout en étant appliqués, et ce, tout au long de « On the Edge ». Cet album est essentiel dans la collection de tout metalhead qui se respecte et sait apprécier les origines réelles de n’importe quel album de métal qui traîne dans sa pile de disques, et je dois dire que, ayant suivi ces gars-là depuis un bout de temps, cette étape de leur évolution est cruciale à observer car ils ont initialement débuté leur carrière en écrivant des pièces catchy et faciles à digérer, mais ils ont également, à présent, trouvé le moyen de conserver cette feat en y ajoutant un aspect progressif et plus calculateur sans devoir sacrifier leur efficacité. Le nombre de groupes qui réussissent ce genre d’exploit, ça se compte sur une main. Ceux qui prétendent le contraire, à vos crayons, j’veux voir votre liste. Ces gars-là en ont beaucoup à apprendre à tous ceux qui se donnent le mérite d’être le prochain ENFORCER.
VERDICT: 8/10 (EXCELLENT)
(Aucun extrait disponible sur le net malheureusement en ce moment)
-Noch
by Marryah Noch Mulligore | Sep 3, 2013 | Chroniques, La Décapiteuse

LA DÉCAPITEUSE
1. Band: NEPHREN-KA
Album: « The Fall of Omnius »
Label: Kaotoxin
Date de sortie: 3 Septembre
Un death métal technique qui fait penser à un vaste désert décourageant qui s’étend à perte de vue et emplit un humain d’une anxiété marquée pour sa survie, ça donne un certain effet « fight or flight » sur la personne qui y est exposée. Les probabilités rattachées à ces deux résultats possibles sont basées sur une série d’équations algébriques nettes, précises, et pas mal plus évidentes à déceler et résoudre que ce qui est communément encouragé par le ministère de l’éducation du Québec. En partant, il faut que le band en question soit très tight, car leur approche étant déjà complexe, il faut qu’une chimie marquée entre les composantes soit notable, et il faut que l’agencement de celles-ci soit calculé en fonction d’un certaine intention d’impact qui rassemble ces éléments de façon logique. En bon français, maintenant; il faut que les riffs soient joués dans les temps dictés par le drum. Certains passages des longues et houleuses pièces de NEPHREN-KA sont efficaces et ceux-ci se qualifieraient du genre de build-up dont NILE est presque toujours résolument capable. Les moments qui définissent le problème que je viens de dénoter sont ceux qui jalonnent l’album de points d’interrogation qui rendent l’écoute continue un peu ardue. En d’autres mots, si ces gars-là veulent être tight, ils doivent écrire en fonction d’un point de vue plus homogène, même en voulant à tout prix se montrer le plus high-tech possible en termes de musicianship. Ils doivent également pas oublier d’écrire des licks bien forgés et de toujours puiser dans leurs ressources basées sur le feel; beaucoup de riffs ici semblent pas convaincus et sont, par le fait-même, pas convaincants. Pass.
VERDICT: 5.5/10 (Entre ASSEZ BON et BON)
2. Band: THE JOKERS
Album: « Rock and Roll is Alive »
Label: Steamhammer
Date de sortie: 2 Septembre
Je suis fanatique de rock, qu’on se le tienne pour dit. N’empêche que j’ai visiblement horreur des clichés faciles. Ils me donnent tout simplement envie de me revirer de bord et ignorer les bands qui s’y accrochent comme s’il s’agissait d’une béquille absolument nécessaire à la survie de la scène au complet. Dans mon livre à moi, ce qui sépare le bon rock du mauvais, c’est l’authenticité de celui-ci. In all fairness, THE JOKERS sont des brits qui savent se la jouer oldschool et qui se prennent pas pour d’autres. Leur approche au rock est très accessible et catchy et sing-along’y. L’anicroche ici est leur penchant pour l’insécurité soudaine au beau millieu de leur cocktail décontracté de tounes qui essayent pas d’être flashy; à la mi-album, on dirait qu’ils réalisent qu’ils « doivent essayer de pogner » en écrivant des tracks basées sur les thématiques les plus gossantes dans l’histoire du glam rock; les chars sport rapides, le chemin de la gloire au coeur de New-York, et les relations disfonctionnelles. Je tripe pas sur le fait qu’initialement je me plongeais dans un album d’une simplicité foudroyante dans son efficacité et sa familiarité pour finir en me demandant à quel band j’ai affaire en bout de ligne, ayant l’impression d’être en compagnie d’un tout autre outfit. Dommage, j’allais embarquer dans la croyance populaire qu’ils sont pratiquement les nouvelles rock stars de Liverpool et des palmarès.
VERDICT: 6/10 (BON)
3. Band: SCALPEL
Album: « Sorrow and Skin »
Label: Sevared Records
Date de sortie: 3 Septembre
Je le redis encore et toujours, du death metal à la Floridienne (en d’autres mots, le death metal splatter gore) est un sous-style risqué dans le sens où c’est assez facile pour un band d’être une reproduction exacte de CANNIBAL CORPSE ou tout simplement d’essayer d’imiter ces derniers en se plantant royalement. Heureusement, on a rarement mais parfois affaire à des bands qui ont le don de donner une spin réellement originale et fraîchement revampée au format. SCALPEL font partie de cette gang de monde créatif qui ont pas peur de se mouiller. Ils savent summoner un groove tight et accrocheur en élaborant des riffs lourds, menaçants, et empreints de sous-entendus. Ils ont également le don de l’élaboration des hooks, ils manient les contre-temps d’une main de maître, et savent définir le pacing idéal pour le mood définissant chacun des moments de ces tracks qui ne cessent de suivre leurs séries d’impulsivités, ce qui résulte en rebondissements franchement appréciables et fort intéressants. C’est ce que j’appelle le genre de phénomène qui donne de l’espoir pour ce style qu’on jurerait centenaire.
VERDICT: 7/10 (TRÈS BON)
4. Band: VATTNET VISKAR
Album: « Sky Swallower »
Label: Century Media
Date de sortie: 3 Septembre
Un black métal contagieux, c’est une oeuvre d’art qui non seulement frappe la personne qui en est témoin, mais qui s’empare de son âme, et se met à couler dans ses veines en se déversant sous formes de larmes tranchantes ruisselant le long d’un regard hargneux complètement défait sous l’emprise d’un son d’une puissance quasi-spirituelle. Ça ressemble à votre vision un peu corny de ce qui définit un album bleak de nos jours? Eh bien, ça colle à la mienne aussi. VATTNET VISKAR font jaser ces temps-ci et c’est loin d’être pour rien. Ils savent créer une ambiance fort dérangeante et presque physiquement violente autant en termes de black rapide et sans compromis à la WATAIN/DISSECTION qu’en optant parfois pour des passages acoustiques introspectifs mais assez zombifiants dans leurs patterns répétitifs, insistants, et complètement désespérés (d’une manière qui colle à l’intention créative qu’on a ici et qui définit le mood très clair, net, et précis de l’album). La perte quasi-totale de foi en l’humanité n’aura jamais sonné aussi esthétiquement bien que sur « Sky Swallower » – chacun des riffs est capable d’impact sur les émotions du récepteur. Rares sont les groupes de black modernes munis d’un focus aussi déterminé que dans les bonnes années de ce sous-style et VATTNET VISKAR sont là pour prouver que la scène black metal est bel et bien toujours en bonne santé malgré les volées qu’elle a mangées ces derniers temps grâce aux modes trop faciles à l’emprise fort fatiguante qui rend des albums comme celui-ci d’une importance tout à fait primordiale; encouragez les groupes comme eux qui connaissent leur propre identité.
VERDICT: 10/10 (ABSOLUMENT ÉPOUSTOUFLANT)
5. Band: FEROCITY
Album: « The Sovereign »
Label: Deepsend
Date de sortie: 3 Septembre
Le Danemark m’impressionne de plus en plus en termes de death metal brutal et mélodique à la fois. FEROCITY font pas exception à cette règle qui domine mes sessions d’écoute ces derniers mois avec « The Sovereign » qui se range dans la catégorie des albums qui m’ont tout simplement le plus marquée cette année. Tout d’abord, ils savent créer une vibe; elle imprègne chacune des composantes de toutes les tracks sans exception. Elle est inquiétante et étouffante à la fois, et ça back la cinématique des sujets des lyrics à merveille. En termes de technicalités; les riffs et licks sont mélodiques et rapides au point d’en être étourdissants, ce qui en dit long sur le skill du musicianship. Les peaks et les valleys de chacune des pièces sont complètement nécessaires au déroulement efficace de celles-ci et je sens que leur évolution est calculée au millimètre près. Les hooks sont tout à fait renversants et l’émotion est bien traduite par chacun des changements de temps et chacun des revirements de situation en termes de direction des riffs en tant que tels. Voilà des compositions qui sont d’un langage universel qui devrait laisser sa trace dans le coeur de bien des metalheads à la largeur du globe.
VERDICT: 10/10 (ABSOLUMENT ÉPOUSTOUFLANT)
-Noch
by Marryah Noch Mulligore | Sep 3, 2013 | Critiques, Critiques de Shows
La tournée québécoise de Dying Fetus passait par Le Magog de Sherbrooke le 29 août et j’y étais pour Ondes Chocs. Une belle petite soirée brutale organisée conjointement par District 7 Productions et Grindscene Produx que je remercie pour l’accès au spectacle.

Gotta be honest, Sherbrooke commence à définir les grands noms de sa nouvelle scène petit à petit, en tout cas, dans mon livre à moi. Y’a des bands que je vois un peu trop souvent qui me laissent de glace et me font demander pourquoi ils sont autant overhypés, et d’autres qui sont constamment sur le opening bill à ma plus grande appréciation vu leur professionnalisme et leur don pour l’élaboration de compositions ambitieuses et réellement originales. Je suis quelqu’un de difficile à convaincre mais voilà que je commence à mettre mes bets assez activement sur A HITMAN’S BUSINESS et OATH en particulier. Ces deux groupes reflètent l’idée que je me fais de ce qui définit le brutal deathcore américain moderne ainsi que la nouvelle vague du retour aux sources en termes de death métal Suédois du début des années 90 – respectivement (pour les moins intimes, allez voir le nombre d’albums dans ce style qui sortent ces temps-ci sur Dark Descent pour ne nommer qu’un exemple de label qui replonge à plein régime dans les plus vieilles origines).
Je savais déjà que la sélection de ces deux groupes pour ouvrir pour DYING FETUS était un choix tout particulièrement judicieux en ne sachant pas du tout à quoi m’attendre de la part du petit premier, SWARM OF EXTINCT. J’ai pas été tellement surprise de constater que leur approche est fortement influencée par le groove-based deathcore (nos headliners de la soirée étant les kings de ce sous-style, c’était assez logique de s’attendre à des opening bands qui avaient un certain rapport avec l’équation). Ce mish-mash de brutalité assez staccato et de mélodies aurait été bien agrémenté par des leads bien calculés; malheureusement la sono n’aidait pas les efforts du guitariste soliste qui semblait être un peu à part du reste du groupe créativement dans son atonalité plus ou moins bien agencée avec le reste du son et également ses licks plus ou moins étoffés. Un redoublement d’observation pour la mémorabilité des riffs plus expérimentaux (et pour l’importance d’une certaine homogénéité) de la part de tous les musiciens ici rendrait leurs compos efficaces; j’avais personnellement l’impression d’être témoin d’un set à moitié satisfaisant qui manquerait seulement que d’une petite dose d’amélioration pour être réellement notable. N’empêche que la bonne énergie était là de la part du frontman et du drummer qui n’hésitaient pas à se relâcher comme des damnés.
J’avais déjà vu A HITMAN’S BUSINESS au Nightmarefest plus tôt cet été et j’ai donc été plus ou moins étonnée de constater que leur set était complètement spot-on. Les gars ont une vibe de déconnade assez steady (surtout le frontman Jass d’après ce que j’ai pu noter) et leur set débutait avec une trame de fond hip hop assez cartoonish merci pour laisser place à, dans un premier temps, leurs compositions deathcore à proprement parler, pour ensuite mener à ce que je qualifierais d’un deathgrind tout à fait apte à pulvériser. J’entendais des influences CATTLE DECAPITATION et IMMOLATION à travers leur stock (plus particulièrement leur nouveau matos) en savourant la capacité toute particulière des leads qui se révélaient complètement efficaces par leur aptitude de se qualifier de réels hooks à travers un son qui laisse peu de temps à un groupe de reprendre son souffle; une compartimentation rapide et cliniquement précise des riffs catchy (versus les riffs techniques) est nécessaire quand on parle de deathgrind – c’est évident pour tout connaisseur. Ces gars-là savent jouer la carte du pratico-pratique en ce sens et je leur accorde également les félicitations qu’ils méritent pour un set vivant qui manque pas de personnalité. Loin de moi l’impression d’avoir vu une gang de robots programmés des semaines à l’avance sur une base de données complètement froide et nuisible au showmanship dont un band doit faire preuve pour se démarquer sur la scène d’aujourd’hui.
OATH ont ensuite dominé l’attention du public avec un set qui nous faisait tous remonter dans le temps in good 2013 fashion. Je m’explique une deuxième fois; depuis le début de l’année, de plus en plus de groupes et compagnies de disques mettent en valeur leur worship pour le death métal Suédois du début des années 90, résultant en un retour à la case départ assez mondial merci, ce qui est extrêmement éducatif et vital pour la scène considérant le fait que cette incarnation du death est beaucoup plus pertinente que ce que le courant populaire essaie de dicter aux jeunes newbies qui commencent à écouter ce qu’ils croient être du métal quand ils sont en fait accros à ce que les élitistes reconnaissent comme du nu (ou, en d’autres mots, de la merde à l’état pur). Il est donc très rassurant de voir qu’on brandit le retour en force vers les origines du death métal comme une bannière qui plane au dessus du globe, bien en vue pour tous et pour toutes. Avant de voir ces gars-là ouvrir pour VITAL REMAINS y’a quelques mois, j’avais pas vu ce genre de band à Sherbrooke encore, en tout cas pas dans la scène underground de 2012 et 2013. Ils ont pas peur de montrer leurs influences et je dois dire honnêtement que leurs riffs sont tellement tempestuous et layered qu’on jurerait qu’ils ont deux guitaristes. En observant leur son de plus près j’entends autant d’ENTRAILS que de DEATH, OBITUARY, et même une certaine touche de TRYPTIKON/CELTIC FROST. Ça s’apprécie assez bien surtout au moment où je me déclarais vaincue en me disant pendant presqu’un an que la scène Sherbrookoise allait à jamais être complètement noyée dans le melocore. OATH sont la preuve qu’on a en ville des trippeux qui sont pas impressionnables ou excessivement influençables car je peux garantir qu’ils sont complètement dévoués à l’approche stripped down; ils sont également très tight et leur présence scènique a, à chaque fois, un effet électrisant et hypnotisant sur la salle. Je crois fermement que ce groupe a un potentiel qui les mènera à des tournées sur plusieurs continents différents et ils se doivent tout simplement de pousser le vice et tout faire pour se faire voir overseas. Les gars, prenez vos chances et commencez à approcher des labels, ça presse.
DYING FETUS, on le savait, allaient se révéler complètement imperturbables. Je m’attendais à rien de moins qu’un set impeccable, aisé, et même peut être un peu machinal, et j’avais tort sur absolument aucun de ces points. J’irais parier qu’ils sont pas habitués de parcourir des petites villes Québécoises comme la nôtre (même si Sherbrooke est pas petite, elle est habituellement moins connue des bands américains que Montréal, Québec, et Trois-Rivières) car ils semblaient un peu décontenancés par la novelty en sortant des commentaires comme « wow – c’est le plus petit wall of death qu’on a vu au monde » and so forth. D’une manière, ça devait leur rappeler les club gigs du début de leur carrière et ils se sont probablement déshabitués de cette proximité aussi marquée avec le public dans une vibe aussi rassembleuse et moins impersonnelles que, disons, un aréna, ou une venue assez grande pour se faire plutôt qualifier de « salle de concert/théâtre ». Néanmoins, leur performance était pas affectée et on a eu droit à ce qui ressemblait à une série de vidéoclips en 4D sur la scène du Magog. Ces gars-là sont tellement habitués de jouer ces tounes et de faire des compos qui coulent assez bien pour s’écrire toutes seules qu’ils montraient pas une trace d’anxiété. J’dois souligner le fait que le drummeur switchait d’une technique à l’autre comme s’il était le genre de dude qui pratique toutes les nuits en dormant. Ils ont joué des vieilles et nouvelles compos; aucune des tracks laissait à désirer en termes d’efficacité, étant une reproduction d’une exactitude renversante avec la perfection de leur exécution sur les albums en tant que tels. J’ai rien à redire.
En termes d’accuracy et de non-brettage absolu, cette soirée fût un succès. Tous les groupes ont assuré et je me mets en contact avec deux des bands de ce bill pour une promotion plus continue sur les ondes de mon show prochainement – je les mets également sur mon radar pour les années qui viennent (A HITMAN’S BUSINESS et OATH). J’ai également la preuve que le mouvement des gros noms qui visitent Sherbrooke est bel et bien revenu en vogue, ce qui est une saprée bonne nouvelle pour l’Estrie et sa communauté. Un gros merci à District 7 pour cet exploit.
-Noch
by Marryah Noch Mulligore | Août 26, 2013 | Chroniques, La Décapiteuse

La Décapiteuse
1. Band: VISTA CHINO
Album: « Peace »
Label: Napalm
Date de sortie: 30 Août
Pour ceux qui l’avaient pas entièrement saisi; VISTA CHINO, c’est essentiellement la nouvelle incarnation de KYUSS LIVES. Je me garrocherai pas dans les détails de presse qui expliquent le tirage de cheveux au niveau légal autour du nom; j’vas me contenter de porter un regard non-blasé sur Vista Chino comme si c’était un tout nouveau band que j’avais jamais entendu avant de me claquer les cuts de promo sur Blabbermouth. À titre un peu plus historique, j’affirme sans retenue que ces gars-là ont absolument rien à foutre d’aucun autre style per se, à part le desert rock, qu’ils semblent avoir eux-mêmes mis au monde avec KYUSS (j’étais pas de ceux qui capotaient et rantaient au sujet de ce band-là à en plus finir, mais à ce que je comprends, ils sont les créateurs du mouvement et profitent probablement du fait que ça revient en vogue depuis environ un an pour se repointer le nez avec du nouveau stock). J’entends pas de southern, stoner, ou psychedelic rock ici, ce qui aurait pu assaisonner le plat suggéré de façon assez nécessaire. Ceci dit, tout comme leurs confrères dans la scene psyrock, ils se gênent pas pour s’étendre en longueurs « hypnotiques » chaque fois que l’occase s’y prête. C’est assez dommage que ces moments de ligne droite (soit-dit-en-passant très pauvres en termes de riffs étoffés, ce qui est plutôt étonnant venant de ces gars-là) rendent certaines tracks (de quatre minutes qui s’étirent) beaucoup plus low-profile qu’elles l’auraient été si leur don pour l’écriture d’un bon groove avait botté des cul et tassé les idées plus lazy et franchement pas très accrocheuses qui prennent les devants. Y’a pas de doute que le feel est présent malgré que chacune des pièces est facilement oubliable et même les chorus semblent tout à fait plats. Ça enlève pas ma foi en ce groupe dont je m’attendais à découvrir la vitalité ici; ça se fera tout simplement dans un autre tournant. Reste que ceux qui aiment se claquer un background en conduisant sur des routes perdues au Texas, vous allez sans doute trouver que le paysage se marie bien au mood relâché et « vedge » qu’on a ici.
VERDICT: 4/10 (POTABLE)
2. Band: CHURCH OF VOID
Album: « Dead Rising »
Label: Svart Records
Date de sortie: 30 Août
Svart Records ont le don d’enseigner quelques vertus à notre belle gang ces temps-ci en terme de vintage pwnage et de son sombre et bien huilé, que ce soit en terme de death metal, doom, ou carrément de psychedelic rock scandinave ou finnois aux overtones britanniques à la PINK FLOYD. Dans le cas de CHURCH OF VOID, c’est assez facile de deviner, avec un oeil sur la pochette, qu’on aura ici droit à une bonne rasade d’un « stout » qu’on aurait dit brassé par un certain DANZIG. « Dead Rising », c’est une liste de tounes qui essaie pas d’achiever un exploit en terme de nombre de hooks mais qui réussit tout de même à imbiber les sens, d’une certaine insécurité très plaisante en terme de feel. C’est pas un album qui manque d’identité. En fait, chacune des pièces a une intention claire; celle-ci étant tantôt d’être axée sur un groove et un « main riff » à la oldschool Sabbath qui a une touche plutôt swingy et 60s, ce qui laisse plus souvent qu’autrement place à des évolutions bien ficelées en terme d’élaboration de riffs plus lents, lancinants, et inquiétants. Tout cela est relevé d’un vocal tout à fait grimm et glauque à souhait dans un range plutôt bas mais qui se prête bien aux mélodies choisies. Si ce format avait tenu le coup jusqu’à la fin de l’album plutôt que de privilégier la répétition complètement superflue de certains riffs au point de les rendre tout à fait « stale », j’aurais facilement donné un rating beaucoup plus significatif ici, ce qui m’empêche pas d’avoir envie de ré-explorer ce paysage intoxiquant à souhait pour me préparer pour la vibe automnale qui va s’emparer de notre décor assez prochainement . Je le recommande, ne serait-ce que pour sa bonne lancée.
VERDICT: 6/10 (BON)
3. Band: IRON JAWS
Album: « Guilty of Ignorance »
Label: PureSteel
Date de sortie: 30 Août
En termes de heavy/speed métal d’aréna, on manque pas de groupes qui font revivre les années 80. En fait, on manque pas de légendes qui savent encore très bien s’en tirer indemne. C’est pourquoi les nouveaux groupes qui font surface sont aux prises avec une quantité étouffante d’anxiété et de haute pression face aux exigences de la foule d’affamés qu’est la fanbase située dans cette section de la scène. Ceux qui ont confiance en eux sont ceux qui s’en sortent vivants – les autres se font oublier après un démo et un full-length. Dans le cas de ce sous-style de métal, y’a pas un besoin étourdissant, pour un journaliste, de voir le band en show pour pouvoir deviner le mindframe des musiciens derrière la musique – le live feel est très présent sur l’album et l’attitude derrière les riffs est aussi identifiable que si on me munissait d’un sens de la télépathie à tout casser. C’est en ce sens qu’IRON JAWS marquent tous les points nécessaires à une forte impression qui peut être qualifiée de réellement durable. Ces gars-là ont du fun à jouer et ils savent écrire des tracks basées sur des rhythm sections simples et engageantes couronnées de leadwork plus haut en couleurs et glamour. Tout ceci est particulièrement électrisant et bien agrémenté par l’approche très stridente du frontman qui me rappelle un certain Bobby Blitz d’OVERKILL. Le format est assez efficace pour plaire autant aux snobbish de la scène pop-prog qui ont besoin eux aussi d’avoir les cheveux lousses et une bière à la main le vendredi soir, qu’aux oldschoolers qui partent à rire comme des sonnés quand on leur promet un format d’écriture simple mais efficace qui nous fait tous croire que le temps du tape-trading a bel et bien existé dans une autre vie. On a pas droit à une méga-dose d’originalité ici, mais à un heavy métal qui showcase fièrement toutes les habiletés nécessaires pour se tailler une place en haut du totem pole sans avoir à faire un milliard de steppettes de plus pour atteindre leur but. J’espère qu’ils perdront pas leur formule de vue car un autre album dans ce style ferait sincèrement du bien à mes oreilles et à ma foi en la scène heavy metal proprement dite.
VERDICT: 6.5/10 (Entre BON et TRÈS BON)
4. Band: LEGEND
Album: « The Dark Place »
Label: High Roller
Date de sortie: 30 Août
Ça fait du bien d’entendre des albums qui donnent l’impression absolument convaincante d’être tout à fait possédés et définis par un « jam feel ». Je dis ça surtout car le son est, dans ce cas-ci, pas comparable à une personne prétentieuse qui se prend clairement pour une autre. Y’a rien qui sonne faux, le mood est relâché, l’inspiration a pas un bâton dans le postérieur, et est pas mise en cage par un besoin absolu et tout à fait vide de sens de se conformer à un seul et unique procédé stylistique dicté par les règlements poussiéreux et poisseux que trop d’élitistes leur attribuent pour se donner de l’importance. LEGEND savent créer une ambiance assez cinématographique et imagée qui explore toute une panoplie d’émotions qui se traduisent assez bien dans le son et le vocal pour être carrément qualifiées de contagieuses. Ils concoctent un rock sombre et élégant qui sait autant être impulsif qu’introverti. L’emphase sur les peaks est bien calculée et je dois dire assez franchement qu’il est difficile de prédire les tournants que chacun des modes de songwriting va décider de prendre d’une minute à l’autre de chaque toune, ce qui fait un retour sur mon principe d’avoir l’impression d’être assise sur le bord de la fenêtre d’une jam room à regarder les gars se perdre (dans le bon sens) dans un état méditatif avec leurs instruments. Ils sont très ambitieux avec leur approche au doom lorsqu’on la reconnaît dans un tournant et les riffs causés par ce mood plus macabre et pessimiste sont complètement badass, groovy, et mémorables. J’aurais peu de difficulté à comparer ceux-ci au matos de HEAVEN AND HELL avec un peu moins de couches de vernis et un sens du risque beaucoup plus marqué que le besoin de baser les tracks complètes sur leurs hooks respectifs. On a droit à un Diamond in the Rough d’une rareté qui devrait nettement réclamer l’attention des connaisseurs.
VERDICT: 7.5/10 (Entre TRÈS BON et EXCELLENT)
5. Band: MOONBOW
Album: « The End of Time »
Label: Platinum PR
Date de sortie: 30 Août
MOONBOW ont clairement l’air de s’être monté un following solide aux US of A depuis un sapré bon bail et « The End of Time » manque pas de s’étendre en explications sur le pourquoi du comment. Leur approche au psyrock est jalonnée de références au stoner rock axée sur le côté plus catchy et accessible de ce revers de la médaille. En guise de résultat logique, on a droit à un son qui semble sortir tout droit de nulle part avec son don inégalé pour les riffs et licks d’une efficacité immédiate. Les tracks énergiques et mid-paced sont engageantes et celles qui optent pour un mood plus ambivalent sont assez intelligemment structurées pour absorber et communiquer l’intention derrière chacune des notes. Aucune des pièces a une identité que je qualifierais d’obscure et pessimiste, et l’emphase sur une approche relax est aussi importante que l’accent tout naturel sur un musicianship qui déborde d’une chimie digne d’un blues band qui sait épater la galerie tout aussi bien à Chicago qu’à New-York. Il est très possible qu’on ait le regard braqué sur une nouvelle sensation en ces termes – une touche d’influence Santana sur le prochain album serait le seul élément manquant pour épanouir ce son à 100% selon mon humble opinion.
VERDICT: 8.5/10 (Entre EXCELLENT et GÉANT)
–Noch