La tournée québécoise de Dying Fetus passait par Le Magog de Sherbrooke le 29 août et j’y étais pour Ondes Chocs. Une belle petite soirée brutale organisée conjointement par District 7 Productions et Grindscene Produx que je remercie pour l’accès au spectacle.

 

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Gotta be honest, Sherbrooke commence à définir les grands noms de sa nouvelle scène petit à petit, en tout cas, dans mon livre à moi. Y’a des bands que je vois un peu trop souvent qui me laissent de glace et me font demander pourquoi ils sont autant overhypés, et d’autres qui sont constamment sur le opening bill à ma plus grande appréciation vu leur professionnalisme et leur don pour l’élaboration de compositions ambitieuses et réellement originales. Je suis quelqu’un de difficile à convaincre mais voilà que je commence à mettre mes bets assez activement sur A HITMAN’S BUSINESS et OATH en particulier. Ces deux groupes reflètent l’idée que je me fais de ce qui définit le brutal deathcore américain moderne ainsi que la nouvelle vague du retour aux sources en termes de death métal Suédois du début des années 90 – respectivement (pour les moins intimes, allez voir le nombre d’albums dans ce style qui sortent ces temps-ci sur Dark Descent pour ne nommer qu’un exemple de label qui replonge à plein régime dans les plus vieilles origines).

Je savais déjà que la sélection de ces deux groupes pour ouvrir pour DYING FETUS était un choix tout particulièrement judicieux en ne sachant pas du tout à quoi m’attendre de la part du petit premier, SWARM OF EXTINCT. J’ai pas été tellement surprise de constater que leur approche est fortement influencée par le groove-based deathcore (nos headliners de la soirée étant les kings de ce sous-style, c’était assez logique de s’attendre à des opening bands qui avaient un certain rapport avec l’équation). Ce mish-mash de brutalité assez staccato et de mélodies aurait été bien agrémenté par des leads bien calculés; malheureusement la sono n’aidait pas les efforts du guitariste soliste qui semblait être un peu à part du reste du groupe créativement dans son atonalité plus ou moins bien agencée avec le reste du son et également ses licks plus ou moins étoffés. Un redoublement d’observation pour la mémorabilité des riffs plus expérimentaux (et pour l’importance d’une certaine homogénéité) de la part de tous les musiciens ici rendrait leurs compos efficaces; j’avais personnellement l’impression d’être témoin d’un set à moitié satisfaisant qui manquerait seulement que d’une petite dose d’amélioration pour être réellement notable. N’empêche que la bonne énergie était là de la part du frontman et du drummer qui n’hésitaient pas à se relâcher comme des damnés.

J’avais déjà vu A HITMAN’S BUSINESS au Nightmarefest plus tôt cet été et j’ai donc été plus ou moins étonnée de constater que leur set était complètement spot-on. Les gars ont une vibe de déconnade assez steady (surtout le frontman Jass d’après ce que j’ai pu noter) et leur set débutait avec une trame de fond hip hop assez cartoonish merci pour laisser place à, dans un premier temps, leurs compositions deathcore à proprement parler, pour ensuite mener à ce que je qualifierais d’un deathgrind tout à fait apte à pulvériser. J’entendais des influences CATTLE DECAPITATION et IMMOLATION à travers leur stock (plus particulièrement leur nouveau matos) en savourant la capacité toute particulière des leads qui se révélaient complètement efficaces par leur aptitude de se qualifier de réels hooks à travers un son qui laisse peu de temps à un groupe de reprendre son souffle; une compartimentation rapide et cliniquement précise des riffs catchy (versus les riffs techniques) est nécessaire quand on parle de deathgrind – c’est évident pour tout connaisseur. Ces gars-là savent jouer la carte du pratico-pratique en ce sens et je leur accorde également les félicitations qu’ils méritent pour un set vivant qui manque pas de personnalité. Loin de moi l’impression d’avoir vu une gang de robots programmés des semaines à l’avance sur une base de données complètement froide et nuisible au showmanship dont un band doit faire preuve pour se démarquer sur la scène d’aujourd’hui.

OATH ont ensuite dominé l’attention du public avec un set qui nous faisait tous remonter dans le temps in good 2013 fashion. Je m’explique une deuxième fois; depuis le début de l’année, de plus en plus de groupes et compagnies de disques mettent en valeur leur worship pour le death métal Suédois du début des années 90, résultant en un retour à la case départ assez mondial merci, ce qui est extrêmement éducatif et vital pour la scène considérant le fait que cette incarnation du death est beaucoup plus pertinente que ce que le courant populaire essaie de dicter aux jeunes newbies qui commencent à écouter ce qu’ils croient être du métal quand ils sont en fait accros à ce que les élitistes reconnaissent comme du nu (ou, en d’autres mots, de la merde à l’état pur). Il est donc très rassurant de voir qu’on brandit le retour en force vers les origines du death métal comme une bannière qui plane au dessus du globe, bien en vue pour tous et pour toutes. Avant de voir ces gars-là ouvrir pour VITAL REMAINS y’a quelques mois, j’avais pas vu ce genre de band à Sherbrooke encore, en tout cas pas dans la scène underground de 2012 et 2013. Ils ont pas peur de montrer leurs influences et je dois dire honnêtement que leurs riffs sont tellement tempestuous et layered qu’on jurerait qu’ils ont deux guitaristes. En observant leur son de plus près j’entends autant d’ENTRAILS que de DEATH, OBITUARY, et même une certaine touche de TRYPTIKON/CELTIC FROST. Ça s’apprécie assez bien surtout au moment où je me déclarais vaincue en me disant pendant presqu’un an que la scène Sherbrookoise allait à jamais être complètement noyée dans le melocore. OATH sont la preuve qu’on a en ville des trippeux qui sont pas impressionnables ou excessivement influençables car je peux garantir qu’ils sont complètement dévoués à l’approche stripped down; ils sont également très tight et leur présence scènique a, à chaque fois, un effet électrisant et hypnotisant sur la salle. Je crois fermement que ce groupe a un potentiel qui les mènera à des tournées sur plusieurs continents différents et ils se doivent tout simplement de pousser le vice et tout faire pour se faire voir overseas. Les gars, prenez vos chances et commencez à approcher des labels, ça presse.

DYING FETUS, on le savait, allaient se révéler complètement imperturbables. Je m’attendais à rien de moins qu’un set impeccable, aisé, et même peut être un peu machinal, et j’avais tort sur absolument aucun de ces points. J’irais parier qu’ils sont pas habitués de parcourir des petites villes Québécoises comme la nôtre (même si Sherbrooke est pas petite, elle est habituellement moins connue des bands américains que Montréal, Québec, et Trois-Rivières) car ils semblaient un peu décontenancés par la novelty en sortant des commentaires comme « wow – c’est le plus petit wall of death qu’on a vu au monde » and so forth. D’une manière, ça devait leur rappeler les club gigs du début de leur carrière et ils se sont probablement déshabitués de cette proximité aussi marquée avec le public dans une vibe aussi rassembleuse et moins impersonnelles que, disons, un aréna, ou une venue assez grande pour se faire plutôt qualifier de « salle de concert/théâtre ». Néanmoins, leur performance était pas affectée et on a eu droit à ce qui ressemblait à une série de vidéoclips en 4D sur la scène du Magog. Ces gars-là sont tellement habitués de jouer ces tounes et de faire des compos qui coulent assez bien pour s’écrire toutes seules qu’ils montraient pas une trace d’anxiété. J’dois souligner le fait que le drummeur switchait d’une technique à l’autre comme s’il était le genre de dude qui pratique toutes les nuits en dormant. Ils ont joué des vieilles et nouvelles compos; aucune des tracks laissait à désirer en termes d’efficacité, étant une reproduction d’une exactitude renversante avec la perfection de leur exécution sur les albums en tant que tels. J’ai rien à redire.

En termes d’accuracy et de non-brettage absolu, cette soirée fût un succès. Tous les groupes ont assuré et je me mets en contact avec deux des bands de ce bill pour une promotion plus continue sur les ondes de mon show prochainement – je les mets également sur mon radar pour les années qui viennent (A HITMAN’S BUSINESS et OATH). J’ai également la preuve que le mouvement des gros noms qui visitent Sherbrooke est bel et bien revenu en vogue, ce qui est une saprée bonne nouvelle pour l’Estrie et sa communauté. Un gros merci à District 7 pour cet exploit.

-Noch