Décapiteuse Marryah Noch

La Décapiteuse

1. Band: CARCASS

Album: “Surgical Steel”

Label: Nuclear Blast

Date de sortie: 13 Septembre

 
Fallait se le dire, “Surgical Steel” allait jamais se classifier en tant que l’album le plus substantiellement époustouflant dans toute la carrière de CARCASS. Deux membres-clé du lineup sont pas de la partie et malgré le nombre de personnes qui se mentent jour et nuit en clamant haut et fort que ça enlève rien au résultat qu’on a sur les bras – ils ont clairement pas entendu l’album. Je dis pas, en aucun cas, que le songwriting est mauvais au point d’en être fétide, mais plutôt qu’il est beaucoup plus “sur le pouce” et moins straightforward en terme de feel. Néanmoins, la formula reste la même, et le fait que y’ait eu un changement de producteur en plein milieu de la préparation de l’album a pas semblé ruiner l’intention du band d’aller chercher un son qui s’éloigne pas de leur prod typique, donc on a quand même droit à une certaine familiarité. Les différences dans leur approche sont subtiles pour l’oreille distraite. Pour les attentifs, c’est essentiellement au niveau des leads qu’on remarque l’absence notable de Michael Ammott; les tracks sont structurées davantage autour d’un songwriting technique et froid plutôt qu’axées sur les mélodies qui ont un réel impact en terme de mémorabilité. Le bonus, toutefois, est un groove assez malade dans la rhythm section – quand celui-ci est axé sur une approche death-thrash, on reconnaît l’efficacité historique de la blueprint qui a aidé ces gars-là à se faire un nom. Le reste du temps, on se demande pourquoi le moment était, selon eux, stratégique pour une tentative à un retour aux sources qui aurait très bien pu se faire dans une toute autre incarnation sous un autre nom. Déjà, les attentes du public auraient été moins démesurées, et cet album aurait pu être un point de départ raisonnablement déterminant pour un nouveau groupe qui sait ce qu’il a à travailler pour se bâtir une discographie humble à chronologie logique. Hélas, vu que ceci est CARCASS, cet album n’est pas un launching pad, mais bien seulement qu’un filler dont la nécessité n’est pas aussi irréfutable qu’on l’aurait espéré. VERDICT: 6/10 (BON)
 

 

2. Band: SIREN’S CRY

Album: “Scattered Horizons”

Label: Nightmare/Sony/Red

Date de sortie: 17 Septembre

 
J’ai normalement pas un amour fou pour le gothic metal symphonique. Il y a belle lurette que Tarja et NIGHTWISH ont divorcé et depuis, je suis des plus sceptiques face à ce style qui n’a pas réellement su se démarquer assez souvent à mon goût, en tout cas, pas de manière aussi significative qu’ils l’ont fait, eux, avec des albums étonnamment under-rated tels qu'”Angels Fall First”. Ça m’empêche pas de continuer à donner une chance au coureur en ayant récemment recommencé à observer les derniers échos de cette section de la scène en me penchant sur tous les prochains albums que le marché accueillera et qui changeront (ou pas) à jamais ma vision assez pessimiste du verdict final de chacune de ces releases qui me tombent dans les mains. Déjà, quand je reçois du stock de NIGHTMARE RECORDS, je suis tout à fait au courant que j’aurai droit à un métal aux touches progressives assez prononcées puisque cette compagnie de disques est militante pour ce type de songwriting depuis un bail. Je dois leur accorder, à chaque fois, le bénéfice du doute car je sais qu’ils backent presqu’assurément un produit de qualité every single time. C’est avec cette théorie assez solide en tête que j’ai abordé “Scattered Horizons”, et j’ai effectivement eu droit à un métal mélodique très orienté sur le feel ainsi que sur les structures de songwriting épanouies et braves en terme d’originalité. L’ombre au tableau est le fait que cette balance judicieuse qui supporte ces deux éléments manque plus ou moins de contrôle dans la deuxième partie de l’album et celui-ci devient de plus en plus sur-axé sur le nombre excessif de contre-temps et on voit (progressivement, no pun intended) la réelle catchiness de ces compositions s’évaporer pour laisser place à du prog un peu prétentieux, clinique et moins fidèle à l’identité de base du groupe. Si c’était pas de cette anicroche, on aurait ici affaire à mon band de gothic metal de prédilection pour cette année, et je dis ça sans aucune hésitation. VERDICT: 6.5/10 (Entre BON et TRÈS BON)  
 

 
 

3. BAND: Tyr

Album: “Valkyrja”

Label: Metal Blade Records

Date de sortie: 17 Septembre

 
C’est toujours encourageant de voir un band de viking metal aux touches folk se forcer avec acharnement pour en arriver à un type de composition axé sur les arrangements assez étoffés pour défier le facteur d’unpredictability. “Valkyrja” correspond précisément à cet ordre d’idées. D’autant plus que le feel est sincère à l’os, étant plus proche d’une bitterness extrêmement humaine que d’une vibe indestructible ou festoyeuse souvent attribuées au viking folk qui se fait plus souvent qu’autrement qualifier de “gimmicky” pour ces deux raisons. Les mécanismes faciles auxquels ont recours ce genre de groupe nous donnent plus souvent qu’autrement l’impression qu’on a affaire à des copies de FINNTROLL et AMON AMARTH qui ont pas songé au fait que repousser les limites davantage est encore faisable. J’étais pas assez familière avec TYR avant mon écoute du dit album la semaine passée et j’ai été notamment impressionnée par le fait qu’ils suivent leur inspiration du moment en backant pas devant les obstacles ou le besoin féroce d’une composition d’aller dans plus d’une direction plutôt que de suivre un pattern paint-by-the-numbers basé sur une nécessité absolue d’être catchy et presque dansable. Chacune des pièces est un voyage et l’instrumentation est élaborée et étoffée au point de donner l’impression claire que chacun des membres a évolué dans la scène depuis aussi longtemps que les plus gros noms en refusant tout simplement de s’exiger une formule de base. Chacune des tracks a sa propre identité, sa propre direction, ses propres patterns; il n’y a pas de ligne droite à suivre de près. C’est la meilleure façon que je peux décrire ce qui se passe ici. Je dois noter que le frontman a une voix mélodique et operatic qui exprime une sincérité hors du commun et qui ne sonne pas du tout comme une perfo d’acteur mais plutôt comme celle d’un homme qui met des métaphores sur des histoires personnelles qui le touchent réellement; ce que je ne réussis pas à croire de toutes les tracks correspondant à ce style plus fantaisiste et souvent axé sur des albums narratifs complètement fictifs de la part de certains autres gros noms. Voilà également un élément qui pousse à une écoute attentive de l’art qu’on a ici. VERDICT: 7/10 (TRÈS BON)  
 

 
 

4. Band: SATYRICON

Album: “Satyricon”

Label: Nuclear Blast

Date de sortie: 17 Septembre

 
Je crois fermement que toutes les suppositions qui ont été faites au sujet du retour de SATYRICON sont complètement eronnées. Certains auraient pu penser qu’ils allaient continuer sur leur lancée semi-commerciale avec un album à la “Now Diabolical!” qui n’était pas du tout mauvais (même très catchy et plaisant) mais plus ou moins organique et naturel de la part du duo Satyr/Frost en tant que tel. D’autres, comme moi, ont renchéri qu’ils allaient plutôt rester low-profile et modérément generic comme ils l’étaient sur “Age of Nero”. Rien de tout cela ne décrit leur self-titled. En fait, ils vont dans une toute nouvelle direction introspective qui n’essaie pas de gagner des faveurs et je dirais même que cette approche se contre-fiche complètement des perceptions que les fans et non-fans peuvent se faire on-the-fly. De là son efficacité chez les gens qui aiment le black pour son format nu et complètement dépourvu de hiding place. L’album au complet est jalonné de passages mélodiques sombres et calculateurs et d’arrangements axés sur l’ambiance à laquelle Frost contribue grandement en sélectionnant des patterns de drumming subtils et progressifs plutôt que du hyperblast machinal et technique. Vous méprenez pas, certaines tracks sont brutales, mais elles sont bien placées et contribuent au déroulement naturel de l’évolution du mood de l’album plutôt que d’essayer sans relâchement d’être un hit à en trancher des gorges. Ceci promet un regard extrêmement intrusif sur le mode de pensée derrière l’écriture de Satyr ces temps-ci. Il prend tous les moyens pour exprimer chacune des sensations qu’il peut avoir en s’isolant pendant 6 mois sans aucun contact social (ou presque) dans une cabane dans le fond d’un bois pour se concentrer sur son expression artistique. Le résultat ment pas, et vous êtes loin d’être prêts à y faire face si vous voulez une copie facile de leurs hits du bon vieux temps. “Satyricon”, c’est l’âme de SATYRICON. En même temps, c’est un méchant bon nombre de pas vers l’avant, en tout cas, dans le livre de ceux qui sont assez ouverts d’esprit pour comprendre qu’écouter son coeur est la meilleure manière d’écrire avec honnêteté. VERDICT: 7/10 (TRÈS BON)  
 
   
 
 

-Noch