Décapiteuse Marryah Noch

La Décapiteuse

 

 

1. Band: VISTA CHINO

Album: “Peace”

Label: Napalm

Date de sortie: 30 Août

Pour ceux qui l’avaient pas entièrement saisi; VISTA CHINO, c’est essentiellement la nouvelle incarnation de KYUSS LIVES. Je me garrocherai pas dans les détails de presse qui expliquent le tirage de cheveux au niveau légal autour du nom; j’vas me contenter de porter un regard non-blasé sur Vista Chino comme si c’était un tout nouveau band que j’avais jamais entendu avant de me claquer les cuts de promo sur Blabbermouth. À titre un peu plus historique, j’affirme sans retenue que ces gars-là ont absolument rien à foutre d’aucun autre style per se, à part le desert rock, qu’ils semblent avoir eux-mêmes mis au monde avec KYUSS (j’étais pas de ceux qui capotaient et rantaient au sujet de ce band-là à en plus finir, mais à ce que je comprends, ils sont les créateurs du mouvement et profitent probablement du fait que ça revient en vogue depuis environ un an pour se repointer le nez avec du nouveau stock). J’entends pas de southern, stoner, ou psychedelic rock ici, ce qui aurait pu assaisonner le plat suggéré de façon assez nécessaire. Ceci dit, tout comme leurs confrères dans la scene psyrock, ils se gênent pas pour s’étendre en longueurs “hypnotiques” chaque fois que l’occase s’y prête. C’est assez dommage que ces moments de ligne droite (soit-dit-en-passant très pauvres en termes de riffs étoffés, ce qui est plutôt étonnant venant de ces gars-là) rendent certaines tracks (de quatre minutes qui s’étirent) beaucoup plus low-profile qu’elles l’auraient été si leur don pour l’écriture d’un bon groove avait botté des cul et tassé les idées plus lazy et franchement pas très accrocheuses qui prennent les devants. Y’a pas de doute que le feel est présent malgré que chacune des pièces est facilement oubliable et même les chorus semblent tout à fait plats. Ça enlève pas ma foi en ce groupe dont je m’attendais à découvrir la vitalité ici; ça se fera tout simplement dans un autre tournant. Reste que ceux qui aiment se claquer un background en conduisant sur des routes perdues au Texas, vous allez sans doute trouver que le paysage se marie bien au mood relâché et “vedge” qu’on a ici.

VERDICT: 4/10 (POTABLE)

 

 

 

2. Band: CHURCH OF VOID

Album: “Dead Rising”

Label: Svart Records

Date de sortie: 30 Août

 

Svart Records ont le don d’enseigner quelques vertus à notre belle gang ces temps-ci en terme de vintage pwnage et de son sombre et bien huilé, que ce soit en terme de death metal, doom, ou carrément de psychedelic rock scandinave ou finnois  aux overtones britanniques à la PINK FLOYD. Dans le cas de CHURCH OF VOID, c’est assez facile de deviner, avec un oeil sur la pochette, qu’on aura ici droit à une bonne rasade d’un “stout” qu’on aurait dit brassé par un certain DANZIG. “Dead Rising”, c’est une liste de tounes qui essaie pas d’achiever un exploit en terme de nombre de hooks mais qui réussit tout de même à imbiber les sens, d’une certaine insécurité très plaisante en terme de feel. C’est pas un album qui manque d’identité. En fait, chacune des pièces a une intention claire; celle-ci étant tantôt d’être axée sur un groove et un “main riff” à la oldschool Sabbath qui a une touche plutôt swingy et 60s, ce qui laisse plus souvent qu’autrement place à des évolutions bien ficelées en terme d’élaboration de riffs plus lents, lancinants, et inquiétants. Tout cela est relevé d’un vocal tout à fait grimm et glauque à souhait dans un range plutôt bas mais qui se prête bien aux mélodies choisies. Si ce format avait tenu le coup jusqu’à la fin de l’album plutôt que de privilégier la répétition complètement superflue de certains riffs au point de les rendre tout à fait “stale”, j’aurais facilement donné un rating beaucoup plus significatif ici, ce qui m’empêche pas d’avoir envie de ré-explorer ce paysage intoxiquant à souhait pour me préparer pour la vibe automnale qui va s’emparer de notre décor assez prochainement . Je le recommande, ne serait-ce que pour sa bonne lancée.

VERDICT: 6/10 (BON)

 

 

 

3. Band: IRON JAWS

Album: “Guilty of Ignorance”

Label: PureSteel

Date de sortie: 30 Août

 

En termes de heavy/speed métal d’aréna, on manque pas de groupes qui font revivre les années 80. En fait, on manque pas de légendes qui savent encore très bien s’en tirer indemne. C’est pourquoi les nouveaux groupes qui font surface sont aux prises avec une quantité étouffante d’anxiété et de haute pression face aux exigences de la foule d’affamés qu’est la fanbase située dans cette section de la scène. Ceux qui ont confiance en eux sont ceux qui s’en sortent vivants – les autres se font oublier après un démo et un full-length. Dans le cas de ce sous-style de métal, y’a pas un besoin étourdissant, pour un journaliste, de voir le band en show pour pouvoir deviner le mindframe des musiciens derrière la musique – le live feel est très présent sur l’album et l’attitude derrière les riffs est aussi identifiable que si on me munissait d’un sens de la télépathie à tout casser. C’est en ce sens qu’IRON JAWS marquent tous les points nécessaires à une forte impression qui peut être qualifiée de réellement durable. Ces gars-là ont du fun à jouer et ils savent écrire des tracks basées sur des rhythm sections simples et engageantes couronnées de leadwork plus haut en couleurs et glamour. Tout ceci est particulièrement électrisant et bien agrémenté par l’approche très stridente du frontman qui me rappelle un certain Bobby Blitz d’OVERKILL. Le format est assez efficace pour plaire autant aux snobbish de la scène pop-prog qui ont besoin eux aussi d’avoir les cheveux lousses et une bière à la main le vendredi soir, qu’aux oldschoolers qui partent à rire comme des sonnés quand on leur promet un format d’écriture simple mais efficace qui nous fait tous croire que le temps du tape-trading a bel et bien existé dans une autre vie. On a pas droit à une méga-dose d’originalité ici, mais à un heavy métal qui showcase fièrement toutes les habiletés nécessaires pour se tailler une place en haut du totem pole sans avoir à faire un milliard de steppettes de plus pour atteindre leur but. J’espère qu’ils perdront pas leur formule de vue car un autre album dans ce style ferait sincèrement du bien à mes oreilles et à ma foi en la scène heavy metal proprement dite.

VERDICT: 6.5/10 (Entre BON et TRÈS BON)

 

 

 

4. Band: LEGEND

Album: “The Dark Place”

Label: High Roller

Date de sortie: 30 Août

 

Ça fait du bien d’entendre des albums qui donnent l’impression absolument convaincante d’être tout à fait possédés et définis par un “jam feel”. Je dis ça surtout car le son est, dans ce cas-ci, pas comparable à une personne prétentieuse qui se prend clairement pour une autre. Y’a rien qui sonne faux, le mood est relâché, l’inspiration a pas un bâton dans le postérieur, et est pas mise en cage par un besoin absolu et tout à fait vide de sens de se conformer à un seul et unique procédé stylistique dicté par les règlements poussiéreux et poisseux que trop d’élitistes leur attribuent pour se donner de l’importance. LEGEND savent créer une ambiance assez cinématographique et imagée qui explore toute une panoplie d’émotions qui se traduisent assez bien dans le son et le vocal pour être carrément qualifiées de contagieuses. Ils concoctent un rock sombre et élégant qui sait autant être impulsif qu’introverti. L’emphase sur les peaks est bien calculée et je dois dire assez franchement qu’il est difficile de prédire les tournants que chacun des modes de songwriting va décider de prendre d’une minute à l’autre de chaque toune, ce qui fait un retour sur mon principe d’avoir l’impression d’être assise sur le bord de la fenêtre d’une jam room à regarder les gars se perdre (dans le bon sens) dans un état méditatif avec leurs instruments. Ils sont très ambitieux avec leur approche au doom lorsqu’on la reconnaît dans un tournant et les riffs causés par ce mood plus macabre et pessimiste sont complètement badass, groovy, et mémorables. J’aurais peu de difficulté à comparer ceux-ci au matos de HEAVEN AND HELL avec un peu moins de couches de vernis et un sens du risque beaucoup plus marqué que le besoin de baser les tracks complètes sur leurs hooks respectifs. On a droit à un Diamond in the Rough d’une rareté qui devrait nettement réclamer l’attention des connaisseurs.

VERDICT: 7.5/10 (Entre TRÈS BON et EXCELLENT)

 

 

 

5. Band: MOONBOW

Album: “The End of Time”

Label: Platinum PR

Date de sortie: 30 Août

 

MOONBOW ont clairement l’air de s’être monté un following solide aux US of A depuis un sapré bon bail et “The End of Time” manque pas de s’étendre en explications sur le pourquoi du comment. Leur approche au psyrock est jalonnée de références au stoner rock axée sur le côté plus catchy et accessible de ce revers de la médaille. En guise de résultat logique, on a droit à un son qui semble sortir tout droit de nulle part avec son don inégalé pour les riffs et licks d’une efficacité immédiate. Les tracks énergiques et mid-paced sont engageantes et celles qui optent pour un mood plus ambivalent sont assez intelligemment structurées pour absorber et communiquer l’intention derrière chacune des notes. Aucune des pièces a une identité que je qualifierais d’obscure et pessimiste, et l’emphase sur une approche relax est aussi importante que l’accent tout naturel sur un musicianship qui déborde d’une chimie digne d’un blues band qui sait épater la galerie tout aussi bien à Chicago qu’à New-York. Il est très possible qu’on ait le regard braqué sur une nouvelle sensation en ces termes – une touche d’influence Santana sur le prochain album serait le seul élément manquant pour épanouir ce son à 100% selon mon humble opinion.

VERDICT: 8.5/10 (Entre EXCELLENT et GÉANT)

 

 

 

Noch