by Marryah Noch Mulligore | Mar 27, 2013 | Uncategorized
![373043_127594014083308_1634621690_n[1]](http://ondeschocs.com/wp-content/uploads/2013/03/373043_127594014083308_1634621690_n1-168x300.jpg)
* Oui, on sait que les groupes ont changé et n’étaient pas ceux du flyer! (NDLR)
Ce qui est cool avec les shows intimes, c’est la vibe crissement oldschool. Je m’explique. Quand le public est restreint à une quinzaine de personnes en fin de soirée, la grosse majorité impliquée directement dans les bands ou des médias quelconques, t’as l’impression d’être dans un genre de party VIP dans lequel t’as soudainement l’occase de rencontrer ta famille éloignée. Les problèmes de la vie quotidienne prennent un backseat et y’a rien d’autre qui compte que te garrocher à terre à moitié sur le son endiablé d’une musique authentique qui te rentre dans le système comme une tonne de briques; ce feeling est la plus splendide drogue qui existe et mon fix est jamais assez fort. Je suis effectivement une fille salement difficile et sélective en termes de c’que je trouve écoutable, en passant par c’que je juge être prometteur, jusqu’aux rares cas ou j’suis complètement prise au dépourvu par à quel point le son d’un band peut me faire devenir fan de leur stuff après un seul set. J’avais aucune idée à quoi m’attendre en me préparant mentalement pour cette soirée sous le toit du Woodstock à explorer les goûts (que j’estimais correctement comme étant sans doute très éclectiques) de Mr. Raphaël Parent, propriétaire de Wolf Productions, sa business indépendante qui portera un fruit savoureusement rafraîchissant dans les mois qui viennent s’il continue d’emblée à pousser bravement sa luck en introduisant le public à des bands qui essayent pas de sonner comme personne d’autres qu’eux-mêmes et qui prennent un plaisir coquin à mélanger plusieurs sous-styles de métal de mille et une façons auxquelles je ne pouvais vraiment pas m’attendre même en essayant de deviner à quoi j’aurais affaire en me basant sur le son du band de Raph, INFECTED KARMA (que j’ai pu apprécier avec un enthousiasme bien avoué dans ma dernière critique pour le show de HOLLOW au Magog, début Mars).
À mon entrée au bar vers 18h45 (j’étais arrivée en avance surtout pour gauger la vibe et le type de public qui caractériserait ce show, et j’dois avouer que je trouve les soundchecks intéressants et révélateurs à regarder, blâmez ma passion pour les détails; on parle de musique, après tout) j’ai été assez ahurie de voir que l’endroit était loin d’être bondé. Le band était dans la grande salle de show et le côté pub était absolument désertique. Le show devait normalement débuter à 19h – ce que j’ai trouvé sensass dans tout ça, c’est que le staff impliqué dans cette soirée (du booker en passant par les membres de CHARIOTS) avaient beau sembler stressés par le côté loufoque de la situation (dur à croire qu’une salle peut être vide avant un show de cette envergure; écoutez le dernier album de CotG, »Tides of War », et vous allez saisir mon point de vue et admettre qu’il n’est pas d’un enthousiasme exagéré voire cheesy) ils réussissaient à bien compartimenter l’utilisation du temps qu’ils avaient sur les bras et n’ont pas semblé excessivement frustrés par l’anicroche. J’ai eu l’occase de jaser un peu avec un de leurs deux guitaristes, Dimitri Gervais. J’ai pas hésité pour lui sortir que je suis normalement très difficile à impressionner et que même avec mon esprit de tête dure complètement inégalé, j’ai été complètement foudroyée par l’intensité de »Tides of War ». Il a pris le compliment avec une appréciation humble et terre-à-terre; il me semble être un dude très professionnel et son approche est bien plaisante. Jasette à part, malgré le fait que la bâtisse dénombrait probablement un gros max de dix personnes sur les lieux même autour de 19h, je savais que le show serait quelque chose de mauditement cru et hallucinant et j’ai pas manqué de passer cette remarque à ma tendre moitié qui m’accompagnait pour la soirée – il n’avait jamais entendu CHARIOTS avant et je lui ai assuré que ce qu’il verrait sur scène le ferait devenir fan. J’reste sur mon feeling qu’il a largement vu que je suis loin de pas savoir de quoi je parle.
En suivant le conseil bien placé de Dim, j’ai éventuellement décidé d’aller casser la croûte et me claquer un (soit-dit-en-passant excellent, essayez-le) Gin Tonic au chic et paisible pub Liverpool à quelques pas de la salle de show après avoir appris que finalement, le premier band serait prêt pour 21h et quart. À cette heure, j’ai effectivement pu découvrir que la cue était bien placée; j’entrais au vestiaire pour y laisser mon coat de fourrure et j’entendais déjà la foule s’enthousiasmer pour le set de BLACK ABSINTHE qui a commencé avec une énergie qui a pas manqué de me rentrer dedans même en étant encore sur le bord de la porte. J’ai judicieusement évité de m’acheter un pichet en rentrant – j’étais déjà sur un feeling assez fêtard mais toujours assez frais pour avoir un esprit critique et non pas seulement hyperactif et distrait par un rush d’alcool, et je me suis avancée au devant du stage en arborant une expression que je savais être assez facile à lire: des yeux curieux, peut être un peu rieurs, et un scepticisme marqué, mais j’avais quand même un sourire en coin et je tâchais, avec un succès progressif, de me laisser absorber par ce que j’avais devant moi: je n’en avais aucune idée même en organisant ma participation au coverage médiatique de ce show et j’ai pu apprécier la surprise de constater que ces gars-là ont un son qui mélange pas mal d’influences que j’aurais jamais cru entendre dans un seul et même contexte en termes de songwriting. BLACK ABSINTHE sont une formation de Toronto qui semble se faire progressivement un nom assez respecté à force de faire des shows et j’ai pu comprendre le pourquoi du comment de tout cet engouement en ne manquant pas de noter tout ceci et rien de moins: ils mélangent une vibe extrêmement punk à la base avec des touches oldschool grunge (à la Bleach-era NIRVANA) et gardent ce background comme base assez régulière de toune en toune. Ils ajoutent à cela une bonne couche très évidente (en tout cas, selon moi) d’influence New Wave of British Heavy Metal, se concentrant surtout sur l’aspect plus rock and roll de ce sous-style – je me dis qu’ils sont sans doute de très grands fans de bands underground comme ZUUL en se rendant jusqu’au top du totem avec des bands comme MAIDEN et JUDAS PRIEST (dont ils ont fait un cover assez dynamique – »Breaking the Law » est toujours le fun à voir en show et à écouter, essayez de me dire le contraire et de vous trouver convaincants – vous réussirez pas). À cela, des blastbeats occasionnels et des petites exploitations du côté plus smooth du progressif (à la OPETH tranquille) se marient promptement et sans trace d’un manque de structure concise; j’étais, au début, estomaquée par le nombre d’expérimentations que j’avais devant les yeux et de l’agencement avec l’énergie des trois gars qui jouaient leur stock comme s’ils étaient nés sur un stage à le shredder avec à peu près autant de brio. C’était comme si c’était aussi naturel pour eux que se lever le matin et se faire un café – et aussi exactement aussi simple que ça – ceci m’a assez marquée pour que je considère sérieusement l’option de travailler avec eux sous le toit du label dont je suis co-propriétaire, Mulligore Production. Je vais citer Jack Black brièvement pour illustrer mon point de vue: il a déjà dit, en entrevue, que les bands qui ont le »magma » créatif et scénique existaient dans les années 80 et 90, mais qu’aujourd’hui, ils sont aussi absents de la planète que les dinosaures, Godzilla, Monsieur Quaker, Donald Duck, Jésus Christ, et le fucking Santa Claus. Je lui réponds qu’en scrutant l’underground, tu peux facilement découvrir des bands qui ONT le magma dont il parle et BLACK ABSINTHE en est un. Ils sont Canadiens, et ont l’aptitude de mélanger des influences provenant de tous les recoins de la planète en une seule et unique approche qui est très bien traduite sur scène, même en étant victime d’un traitement sono qui laissait à désirer (les micros étaient placés un peu trop proche des amplis, et ce qui s’en résultait était un son tantôt trop fort et imprécis, tantôt plus discernable mais quand même assez difficile à écouter; c’est la seule chose que je déplore de ma soirée, le stage set-up aurait pu être fait autrement). J’ai donc conclu que j’allais passer du temps avec le EP de ces gars-là pour me faire une idée encore plus nette et précise sur leurs outils d’attaque. Un certain temps plus tard, j’ai lancé un sourire complice à Jack, le chanteur et guitariste du groupe qui est soit dit en passant un bon vivant, que ce soit sur scène ou hors-scène. Il est venu me piquer une jasette en me soulignant qu’il a bien apprécié de me voir headbanger autant durant leur set et que ça l’avait vraiment mis dedans et contenté. Il était d’un enthousiasme débordant avec »YOU ROCK » par-ci et autres qualificatifs positifs par-là; il a bien cerné le fait que j’avais été impressionnée par ce que j’ai vu. J’en ai donc profité pour lui lancer la balle et lui demander s’il était en discussion avec des labels présentement – après avoir eu quelques révélations intéressantes sur le stock sur lequel le band travaillera prochainement en studio, nous avons échangé des p’tites cartes ( »we’re trading effin’ caaaaards, mannnn, how cool is that?? », lance Jack, le trippeux visiblement oldschool jusqu’à l’os) et je lui ai promis que je garderais contact. Il est largement possible qu’on travaille ensemble prochainement et je trouvais vraiment cool d’avoir une chance de découvrir un band que j’aimerais signer par le biais d’un show local; les surprises en finissent pas.
Le groupe BEYOND THESE WALLS, et ils l’avouaient sur la page d’événement du show sur Facebook bien avant la date de show, sont un nouveau band qui n’avait jamais monté sur scène avant. Le propriétaire de Wolf Productions (Raph) m’a informée (entre les sets) du fait que la plupart des gens dans la foule étaient des amis proches des membres du groupe. J’ai pu noter que même à mi-soundcheck, cette trolée de personnes vraiment très enthousiastes s’est rassemblée sur le devant du stage comme si le show était déjà commencé, ce qui a un peu déboussolé les gars du band temporairement, alors qu’ils se demandaient s’ils finissaient le soundcheck ou pouvaient se lancer tout de suite dans la première track – ce qu’ils ont fait d’emblée, et j’ai senti le stress s’évaporer d’un coup de vent monumental à partir du moment où la musique partait en malade; ils étaient tous concentrés, à 500%, sur la performance. Y’a pas à dire, ils assuraient. Les deux guitaristes avaient une sept cordes, ce que je trouvais ambitieux en partant, et j’ai cru, en écoutant leur soundcheck, que j’aurais affaire à un band de death metal pesant, mais leur approche était plutôt un certain mélange de deathcore et de hardcore pur, et traditionnel avec du dual-guitar-work qui est pas mal plus élaboré et recherché que les stop-start riffs que j’entends dans beaucoup trop de matos hardcore qui sort sur des trop gros labels dernièrement. Le frontman donnait pas sa place, ses vocals étaient puissants et constamment dans le registre aigu, et sa présence scénique était prenante. Je souligne aussi que le drummer avait une énergie qui déplaçait de l’air – il vargait sur son kit comme si sa survie en dépendait. Il mettait du sérieux dans la qualité de sa performance mais avait aussi l’air d’avoir un fun noir et c’était pareil pour le reste du band, et assez palpable pour me faire bouger et headbanger en sirotant ma Boréale Rousse tranquillement. Fait assez insolite, quand le public a demandé (avec une motivation étourdissante mais touchante à voir) un rappel, ils ont bravement abordé une pièce qui était pas complètement finalisée. Max, le chanteur, a précisé que les lyrics étaient pas finis. Un de ses chummey a pris une thématique au hasard, composé quelques lignes sur son cell, et l’a refilé au frontman. Assez incroyablement, le band s’est mis à jouer ladite toune, alors que Max improvisait des patterns vocals en lisant les paroles composées par l’ami dans la foule, cellulaire à la main. Le résultat était fracassant et je vous mens pas. Chapeau pour avoir relevé un défi qui avait presque l’air d’un dare. J’ai hâte d’entendre du stock de ces gars-là sur CD – même si je suis pas fanatique de deathcore en général, j’ai trouvé leur approche différente de celle du reste de la foulée provenant de cette section de la scène, et ils ont l’air déterminé à se jeter à l’eau et forcer la note pour trouver leur blueprint et ça j’trouve que c’est respectable, point final. Que vous aimez le style ou pas, avouez au moins qu’il se développe rapidement et aisément et que ça pique votre curiosité. Ça mettait de l’action dans le minuscule (mais joli) pit qui dénombrait beaucoup de fans authentiques de ce son qui faisaient du hardcore dancing à en plus finir, ce qui était sweet à voir. Le band a terminé son set en ayant l’air satisfaits de leur première expérience sur scène et je trouve qu’ils ont fait de la saprée bonne job, opinion visiblement partagée par la gang de trippeux sur le devant du stage (et sur le côté pour ce set, dans mon cas, ce qui me donnait une vue diagonale qui me permettait d’observer plus efficacement).
J’ai trouvé une chose un peu nowhere après ce set; la salle s’est pratiquement vidée. J’ai commencé à scruter les recoins de la pièce en pointant quinze personnes du doigt; je les comptais mentalement. Presque tout le beau monde qui était là pour les deux premiers bands avait quitté pour aller du côté pub ou ailleurs qu’au Woodstock tout simplement. J’en revenais pas, surtout que le headliner, CHARIOTS OF THE GODS, est complètement colossal. Ça empêche pas qu’après un bref soundcheck qui s’est déroulé avec un professionnalisme marqué et une souplesse qui en dit long sur leur expérience, ils ont complètement dominé la petite bulle un peu surreal que nous, gens accros au sein de ce petit public, avions forgée. En me tournant la tête je voyais que les gens qui étaient encore là étaient le booker de la soirée, des membres de BLACK ABSINTHE et BEYOND THESE WALLS, et autres représentants de médias, ainsi que photographes, et quelques autres personnes qui comprennent le concept qu’aller à un show implique d’être là jusqu’à la fin. Chapeau à ces trippeux qui savaient sans doute pertinemment que CHARIOTS leur arracheraient métaphoriquement la face sans préambule. J’ai apprécié l’album, et je savais que le show serait haut en couleurs, et croyez-moi; je me trompais pas. St-Amour, le guitariste soliste, est un virtuose. Je le regardais aller juste en face de moi (je m’étais déplacée pour voir de plus près, après tout, je suis déjà complètement vendue à ce band) et je rushais. Les gars dans le public faisaient du air-shred devant lui comme s’il était une de leurs idoles d’enfance et il avait cet impact un peu space sur toute la salle; ça se sentait. Dimitri avait une présence scénique élégante, avec un feel communicatif, une émotion qui se voyait sur son visage alors qu’il laissait les notes nous enivrer tous, le chanteur était dynamique, énergique, et sur la coche, et le drummer roulait quelque chose de rare (même lui avait une presence vraiment notable, même en étant aussi draconiennement occupé à défoncer son kit). Et que dire du bassiste; bordel que ce gars-là shred. Vous vous rappelez de ce que Lemmy a dit dans son film? »J’essaye d’avoir l’approche d’un guitariste avec ma bass. » C’est un concept que peu appliquent avec un réel talent – le bassiste de CoTG relevait ce défi, in my book. J’ai pas été déçue – j’ai croisé Dimitri alors que touts les bands sortaient leur gear du bar vers minuit et demi, et lui ai sorti que leur set était »complètement fucking nice » (je manquais de mots pour décrire à quel point j’tais frappée par ce que je venais de voir) et il m’a répondu très modestement qu’il avait remarqué que moi et mon fiancé Jonathan garrochaient des horns et headbangaient comme des perdus tout le long du set. »Ça doit être bon signe. » C’est ce qu’il nous a répondu. Effectivement bro, le fait que la foule brassait autant, c’est un encouragement que vous méritez et pas à peu près.
Cette soirée très remplie me donnait l’impression d’avoir vécu un trip qui est pas aussi accessible qu’on le pense – faut en profiter quand ça passe. L’ambiance me donnait l’impression qu’on était au début des années 80, dans le temps où le métal c’était quelque chose de nouveau et que peu de personnes voulaient réellement comprendre la raison de son existence. Y’avait pas beaucoup de trippeux mais ces gens-là étaient des VRAIS guerriers. Ils existent encore en 2013; eh oui, les amis, les gangs d’accros qui rateraient pas un show underground pour rien au monde, y’en a partout au Québec et le mouvement est immortel. Nombre d’entre eux étaient au Woodstock hier soir – des musiciens, des promoteurs, des fans. Le public faisait le show autant que les bands, c’est aussi simple que ça. Merci à Wolf Productions pour une soirée mémorablement agréable.
-Noch
by Marryah Noch Mulligore | Mar 25, 2013 | La Décapiteuse

La Décapiteuse # 4
Pour moi, prendre un break du travail pendant une semaine et demi, c’est pas évident. J’avoue avec une certaine fierté être une workaholic; j’adore passer un temps fou à analyser toute la musique que je reçois de mes confrères des médias. Me séparer de ma job pendant un 48 heures (et plus) est pour moi un défi de taille assez difficile à relever. Y’avait pas de Décapiteuse la semaine passée – et c’est pas parce que ma tête était pas à la rédac’. J’ai passé un temps à pas avoir de net chez nous, ce qui rendait ma documentation de l’actualité métal (ainsi que mon repêchage de copies promos d’albums qui sortent bientôt) complètement impossible – j’étais devant un beau gros barrage qui ruinait ma productivité habituelle et ça me frustrait de façon quasi-obsessive. C’est avec un long soupir de soulagement que j’ai fini par pouvoir me replacer les flûtes et revenir sur le réseau mardi passé en fin de journée, en me garrochant immédiatement dans un multi-tasking appliqué pour Mulligore Production. Néanmoins, pendant le temps que j’aurais pu me réserver pour savourer des vacances imprévues, j’ai décidé de rester fidèle à mes patterns en tâchant de me créer des horaires de travail autour du contenu promotionnel que j’avais déjà sur mon hard disk, ce qui me promettait un bon nombre d’heures d’écoute d’albums organisées en petites portions au cours de mes journées – j’ai entendu certains albums assez durs sur le système digestif, et d’autres qui ont donné une douce et gentille volée (eh oui, encore – c’est pratiquement le thème de l’année cette histoire-là) à ma vieille définition du progressif (quelque chose dans le style »on dirait un exam de maths avec un live band dans le fond de la classe »). Toutefois, y’a plusieurs types de progressif, ce qui nous présente une nouvelle opportunité d’inventer des termes pour de nouveaux sous-styles parmi la liste qui finit déjà pas. Progressif Accessible/Commercial, Progressif Mélodique, Progressif Abstrait. Des labelling, y’en fleurit mille et une sortes depuis que l’année s’est entamée. Vous êtes pas sûr de catcher de quoi je parle? Attendez deux minutes.
RADIANCE – « Undying Diabolyca » (MY KINGDOM MUSIC)
C’est avec une joie que j’ai fortement mise en surbrillance au courant de la semaine passée sur ma page Facebook, que j’ai constaté que la famille MY KINGDOM MUSIC accueille du bon black epic que j’endosse depuis extrêmement longtemps sur leur label (avec l’addition de REVELATION’S HAMMER sur leur roster). En piquant une jasette enthousiaste avec le propriétaire de ce label underground qui fait converser les connaisseurs un peu partout dans la sphère du journalisme métal, on a fini par tomber sur le sujet de la distribution d’albums aux promoteurs sur Haulix, et j’ai reçu des accès pour jeter un oeil au stock qui sortira prochainement sur le label. Ceci dit, même en étant fan de ce que ce label entreprennent de façon globale, je dois dire que j’ai pas arrivé à accrocher au Modus Operandi d’une de leurs prochaines releases. La description sur le Haulix m’a communiqué un certain engouement de taille assez draconienne en comparant l’approche de RADIANCE à un pattern qui en apprend largement des gars de CRIMSON GLORY, que je respecte fortement, en ajoutant à ceci des influences évidentes provenant de RUSH et, attachez vos tuques parce que ça va saigner – CYNIC. Ledit band, pour ceux qui le savent pas, font du progressif assez méditatif, spirituel, et uplifting, et ça, c’est pas le bag de tout le monde. Personnellement je catche pas le kick, même si je reconnais que ça prend de la colonne et un musicianship désarçonnant pour parvenir à mettre dix tounes de ce style sur *un* album sans se claquer un burn-out mental total – surtout que dans plus de cas qu’autrement, ces tounes qui me font radicalement penser à des formules algébriques scientifiques et badtrippantes à souhait durent proche de dix minutes chacune. RADIANCE démontrent toutes ces caractéristiques de façon qui semble assez surnaturellement smooth sur l’album qu’on a ici. Écoutez « Towards doom/Another way« .
En d’autres mots, si vous tripez CYNIC et considérez Masvidal comme un dieu, vous êtes à la bonne adresse. Sinon, si j’étais vous, je me pencherais sur un autre type d’approche au progressif pour vous habituer au style sans vous faire des idées plates ou des généralismes; si ceci est pas votre tasse de thé, c’est pas vrai que vous pouvez pas triper sur le reste de cette région de la scène, parce que comme je soulignais au début, y’a plusieurs types de prog. Le glamour flamboyant et un peu World Music de RADIANCE, c’est une chose (j’embarque pas pour une raison assez claire: en cherchant des hooks auxquels m’accrocher dans l’océan d’expérimentation introvertie que présente leur son, je me suis rivée le nez assez longtemps pour commencer à trouver le temps long, malgré la qualité irréfutable du musicianship et l’enthousiasme palpable émanant de chacune des tounes); se claquer du SOILWORK, du DGM, ou du CHOSEN, ça en est trois autres. Je m’étends là-dessus.
DGM – »Momentum » (SCARLET RECORDS)
Y’a pas meilleur moyen, dans le contexte Actualité En Direct de mes chroniques, de vous faire comprendre ce que j’veux dire par Progressif Accessible qu’une référence détaillée à l’approche de DGM. Leur nouvel album « Momentum » est abstrait; y’a pas à dire, il dénombre des tracks qui ont dû être du sport à composer, et le keyboardist, suivant la tradition implantée par des bands carrément power metal et speed metal avant que le prog emprunte l’élément et se l’approprie, se la joue lead guitarist en faisant des solos électroniques et synthétiques mais tellement décoiffants, rapides, et intricate, que c’est dur de pas les aimer – c’est un peu saoulant par bouts, mais tout de même très impressionnant et ça rend quelqu’un accro assez vite à mesure que l’album s’épanouit. Ce que je trouve radicalement appréciable ici, surtout, c’est le fait que j’entends des hooks même au coeur des passages les plus cosmiques de toutes les tracks sur cet album en particulier (j’ai pas entendu le reste du matos de ces gars-là encore mais ça tardera sûrement pas bien plus longtemps). Les refrains pourraient être appliqués à un style plus rock commercial mais apportent une touche émotive assez recherchée, et le message des paroles est bien traduit par le musicianship, qui incorpore des mélodies accrocheuses à la recette prog qui me fait penser autant au nouveau SOILWORK qu’à, disons, « Dark Matter Dimensions » de SCAR SYMMETRY. Le chanteur, par bouts, sonne comme Todd La Torre (eh, oui, je suis vendue à sa version de QUEENSRYCHE et ça changera pas demain) et j’me suis même retrouvée sur la pensée que « Momentum » rend l’attente pour le prochain QR plus facile à endurer dans un sens que vous allez réussir à déchiffrer seulement en vous claquant le stock (parce que je sais que vous savez pas comment j’fais pour entendre du ‘RYCHE sur un album de DGM – avant de m’enterrer de questions, écoutez »Reason », toujours au moins, et allez voir les samples du prochain QR Team Todd). Satisfaits?
CHOSEN – »Resolution » (Indépendant)
J’en parle de plus en plus souvent – Asher Media Relations est une compagnie de promotion basée à Montréal qui me donne des frissons dans l’dos ces temps-ci. Ils ont le don de ramasser des bands Canadiens qui me font constamment ré-écrire mes impressions sur la scène du pays d’un ton de plus en plus fier et ambitieux avec chaque mois qui passe en m’introduisant à des bands qui refusent catégoriquement de céder leur place en termes de formules et approches à peu près aussi remarquables qu’un tremblement de terre qui fait crouler dix villes en même temps. Je pense particulièrement à CHARIOTS OF THE GODS, MORTOR, EDGE OF ATTACK – j’en passe. C’est alors avec un sourire confiant en coin que j’ai approché « Resolution« , de la formation CHOSEN (Bon, ils sont irlandais mais ils ont séjourné à Vancouver pendant un an ce qui les a fait connaître et entrer dans le roster de Asher Media – NDLR). J’ai un intérêt assez limité pour MESHUGGAH, mais j’étais (et serai toujours, malgré le fait que le band est enterré, peu importe ce que Warrell Dane peut dire sur la question vu que sans Loomis, c’est loin d’être le real deal) une fan mordue de NEVERMORE. La press release que j’avais devant les yeux avant de faire gracieusement exploser les speakers du studio me dévoilait que le son de cet album faisait pas mal penser à un mélange bien tissé d’influences provenant de ces deux groupes. Pour être honnête, je suis pas entièrement d’accord avec la référence à MESHUGGAH – je penche plus vers NEVERMORE (c’est vrai que les riffs sonnent Jeff pas à peu près) avec un type de structures de tounes qui sort tout droit des techniques d’écriture de la lignée Ron Jarzombek. Cet album est d’une créativité époustouflante (parfois même un tantinet essouflante, mais ça vaut le coup d’endurer certains zoneouts présentés ici pour mieux apprécier les peaks de renom qui sauvent les meubles assez rapidement pour rendre l’album concis et efficace). La touche KATATONIA de la palette de gris que ce band utilise pour peindre leur big picture est assez évidente aussi dans les moments les plus mélancholiques (et, soit dit en passant, toujours placés stratégiquement dans les labyrinthes cosmiques que représentent la structure de chacune des complexes pièces) est facile à remarquer. La seule chose que je déplore est que chacune des pièces tente d’incorporer tellement de variations de patterns qu’il est parfois difficile de digérer le tout (less is more, comme on dit parfois) mais overall, cet album est essentiel à la collection d’un Prog Maniac et pour faire court, c’est du solide malgré les petites imperfections. Regardez un petit vidéo promotionnel.
Si vous voulez m’entendre élaborer un peu plus sur le stock promo que je reçois, écoutez mon show »C.R.O.C. Underground Metal » tous les dimanches 19h sur Ondes Chocs.
-Noch
Noch | noch@mulligore.com
»C.R.O.C. Underground Metal »
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Mulligore Production |

by Marryah Noch Mulligore | Mar 11, 2013 | La Décapiteuse
La Décapiteuse

par Noch
Mettons que ma semaine est définie par un concept qui rend le rating compulsif d’albums assez délicat à faire sans constamment revenir sur mes décisions. Deux mots: opinion partagée. You know, quand t’écoutes un album que tu trouves complètement abasourdissant pour l’espace de cinq tounes mais que les cinq autres ont l’air de provenir tout droit de nulle part et ont juste pas leur place sur l’album, et qu’en bout de ligne tu finis par passer pas mal de temps à tourner et retourner ta dernière session d’écoute dans ta tête, à regarder tous les angles de c’que t’as aimé et détesté de l’heure qui vient de passer pis que finalement tu réussis pas du tout à te décider entre un 6.5 sur 10 ou le 3 sur 10 un peu trop subjectif que ton keyboard te supplie d’entrer dans ta banque de données infernale (i.e. liste d’albums à écouter qui fait environ 7 pages). C’est un aspect de l’analyse musicale qui rend l’importance d’être un journaliste qui s’affirme (et qui a une espèce de tête dure d’la mort) une qualité d’une importance tout à fait suprême. J’ai entendu neuf albums en l’espace de cinq jours, et y’en a un seul dans toute la liste qui représentait exactement l’idée que j’me faisais de mon dernier verdict: « Unborn« , de SIX FEET UNDER.
J’vais donc commencer en expliquant exactement pourquoi avant de me claquer l’album, je savais que l’idée de le releaser aussi rapidement (environ un an après la sortie de « Undead » seulement) était loin d’être productive pour Barnes et son line-up, aussi pertinent et prometteur soit-il. Qu’on se le tienne pour dit, Chris est un homme rudement tenace. Ça, je lui accorde. Pour qu’il se soit esclaffé devant les yeux des critiques en se fouttant complètement de leurs commentaires sur ses horrifiants albums de covers qui avaient l’air d’être devenu le seul et tristement ultime but de l’existence de SIX FEET UNDER pendant un trop long bout de temps – fallait qu’il soit particulièrement insensible, tenace, et fort. Ce gars-là porte une veste pare-balles sept jours sur sept et j’admire sa solidité d’esprit. « Undead » est un retour aux sources qui donne pas sa place – chacune des tracks de l’album est remplie de hooks, de riffs mémorables, et la structure de l’approche du band au complet est vraiment très dynamique d’un bout à l’autre du CD. J’dois avouer que je m’attendais à détester même la version revampée de SIX FEET UNDER tout simplement parce que j’avais arrêté de croire que Barnes aurait la tête complètement froide et aurait une approche sérieuse et forward-thinking avec son nouveau stock – ceci dit, je me suis ramassée à écrire une chronique sur « Undead« , d’un enthousiasme étourdissant et qui rentre dans les détails les plus petty de l’excellence de cet album (que j’ai écrite pour Teeth of the Divine) et j’ai même jasé de Barnes dans un court article rédigé pour le magazine Le Backstage, anciennement distribué à Sherbrooke et dans les environs de l’Estrie et la Montérégie. C’est donc avec un arrière-goût amer comme souvenir de ma fin d’avant-midi passée à me claquer son petit dernier que je me dois d’être tout à fait honnête: « Unborn » n’est pas un album qui aurait dû voir le jour, en tout cas, pas à l’intérieur de ce court délai complètement étouffant. C’est assez ridiculement simple de remarquer que la grosse majorité du matériel qu’on retrouve ici est du stock recyclé qui a passé un temps à prendre la poussière dans le coin d’un tiroir de bureau. Je vais m’étendre sur la question un brin: les riffs sur cet album ne sont pas travaillés du tout. Le feeling est absent même des licks complètement assommants qui se multiplient à travers chaque pièce qui manque radicalement de pep (i.e. huit tracks sur onze semblent tout à fait non nécessaires). L’impression que la totalité des compositions a été assez vulgairement assemblée à la course…c’est jamais une affaire qui passe inaperçue, surtout quand ça passe par les oreilles d’une fille comme moi qui entend BEAUCOUP d’albums de death metal de touts les types sur une base très fidèlement régulière. L’approche vocale de Barnes est monotone à souhait – j’avais passé une sublime année complète à penser qu’il avait vraiment retravaillé son attaque, mais voici que je me rends compte qu’il laisse un travail à moitié fait voir le jour sur un gros label comme Metal Blade sans même le peaufiner ou prendre le temps de l’étoffer. Je trouve ça ahurissant et tout à fait dommage; ce band-là m’avait prouvé avec « Undead » qu’il était entièrement capable d’avoir un bon produit – ça aurait valu la peine qu’un peu plus de considération ait été apportée à l’importance de prendre le temps de rendre leur stock crédible avant de se dépêcher pour le lancer dans la foule qui, soit dit en passant, s’attendait probablement, autant que moi, à un album adorablement dément de leur part. (Vous pouvez également lire la revue de Maxime en cliquant ce lien)
Malgré cette déception (plus ou moins secouante vu que je la voyais venir, mais qui m’a quand même laissée un tantinet déconfite), j’ai quand même découvert une belle grosse gang de bands cette semaine qui donnent pas leur place et disons que les approches que j’ai entendues sont assez sauvagement variées. Si vous connaissez pas le label Pavement Entertainment, pensez un peu aux débuts de KREATOR – ce label bossait pour eux voilà quelques lunes, bien avant qu’ils déménagent sous le colossal toit de Nuclear Blast. Ceci est un seul de la tonne de gros noms qui sont mentionnés dans les médias et associés à cette compagnie. Quelque chose me dit que y’est temps que j’fasse mes devoirs et que j’garde un oeil sérieusement attentif braqué dans leur direction. FLESHGOD APOCALYPSE (dont je suis une fan finie) ont aussi fait leur trolée de pub pour les Italiens de THE MODERN AGE SLAVERY depuis quelques semaines et ça avait piqué ma curiosité assez royalement merci – n’empêche qu’à travers le flux de travail que je me tape dans une semaine, j’avais oublié de checker leur stock jusqu’à ce que Pavement Entertainment me shippe leur prochain album, « Requiem for Us All« . Croyez-moi, j’ai eu droit à une méchante expérience badtrippante en me tapant ce CD; ces gars-là concoctent un mélange de brutal death, deathcore, death metal mélodique, et même technical death avec des touches progressives, sans une seule fois s’étourdir ou se perdre dans une espèce de brume fatale dont personne sort vivant. Vous allez vous dire que ça sonne comme un band qui pète plus haut que le trou; j’vous renchérirai que vous avez l’esprit fermé et que ces gars-là vont vous le prouver. Ils ont déjà eu un feedback immensément positif en faisant des shows avec des anciens de la scène tels que CANNIBAL CORPSE, et admettent eux-mêmes qu’observer le mode de travail et de pensée de leurs idoles lors de cette tournée, est un procédé qui les a aidés à préparer leur matériel pour « Requiem for Us All »; ils reconnaissent la valeur de toutes leurs expériences au sein du groupe et semblent enthousiastes à l’idée d’apprendre de leurs confrères et cette mentalité est assez malade; mettez ça en tandem avec à quel point ils sont réellement capables d’impressionner sur CD. Essayez de me dire qu’ils ont pas un futur vraiment rempli de rebondissements. Ces gars-là vont me faire tripper longtemps, I can feel it. Voici le lyric video du 2ème single du nouvel album.
Un autre band qui m’a laissée complètement muette dans ma surprise tout à fait sincère: les Danois, ILLNATH. J’étais pas tellement familière avec Pitch Black Records avant d’entendre leur première promo track provenant de « 4 Shades of Me« . J’avais déjà fait une chronique pour le dernier album de MARAUDER (qui sont, soit dit en passant, sur le même roster) et le type de power metal présenté m’avait généralement laissée de glace, malgré que j’ai eu guère le choix d’admettre que quelques pièces réussissaient à me convaincre quand même de la pertinence de leur statut d’influence un peu partout à travers la scene power metal mondiale. J’ai entendu cette semaine un autre album correspondant à ce même style, « The Yonder Answer » de la formation VALOR. J’ai eu exactement le même feeling qu’en me claquant le stock de MARAUDER – une pensée surgissant dans ma tête à la vitesse de l’éclair qui sonne assez proche de »j’accroche pas pantoute – next ». Reste que, même en n’étant pas fanatique de ces deux bands et albums, loin de moi était l’idée de qualifier ce label d’impertinent – je suis pas généraliste à ce point-là (disons que l’être autant m’enlèverait pas mal de mérite et de crédibilité, j’en conviens). Le staff est vraiment énergique et friendly – et les bands qu’ils signent forment une famille des plus éclectiques. Pour revenir à ILLNATH, vous allez pas me croire, mais selon moi, leur prochain album (qui sort le 12 Mars) clenche le stock le plus récent d’ARCH ENEMY en termes de riffs qui font perdre la tête. J’en revenais pas d’à quel point leur approche est relentless, et tout simplement hors de contrôle et même animale. La frontwoman possède une panoplie de tonalités des plus colossales, et elle sait rendre un growl extrêmement dynamique – en fait, comme je l’ai mentioné en ondes durant ma dernière émission, et je me DOIS de le souligner une deuxième fois – j’ai été rarement aussi impressionnée par une vocaliste durant les dix dernières années. Cette femme est un phénomène de la nature. J’dois ajouter que ce band était anciennement fort sur le contenu symphonique – sur « 4 Shades of Me« , tout ce qu’on entend, c’est du death thrash pur, et tout-à-fait cataclysmique. Y’a pas une trace de keyboard sampling – le son est complètement nu et authentique. Cet album-là va sûrement finir dans mon top 20 de fin d’année, et j’vous dis ça sans aucune trace d’impression que j’ai parlé trop vite. On vous laisse avec « Blood warrior » du nouvel album.
Je tergiverserais sur 9 albums dans les détails si ça donnerait pas un roman en bout de ligne – et comme vous le savez, vous êtes coincés en ma gracieuse compagnie tous les dimanche pendant un bon 2-3 heures à partir de 19h alors que je prends possession d’Ondes Chocs pour ma revue d’actualité métal hebdomadaire, « C.R.O.C. Underground Metal« . Dans le deuxième bloc d’animation de l’émission du 10 Mars, vous pouvez entendre mon rant sur les albums que j’ai entendu cette semaine, et même quelques pièces de ceux que j’adore au plus haut point. Soyez-là, je me gêne pas pour dire les choses comme je les pense, et pour vous étourdir un peu avec une playlist qui va vous brasser quelque chose de rare. Si vous manquez l’émission du dimanche, gardez un oeil sur le Facebook de la station pour mon lien de téléchargement – vous avez pas d’excuses pour passer à côté. HORNS UP!
-Noch
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by Marryah Noch Mulligore | Mar 5, 2013 | La Décapiteuse
La Décapiteuse

Par Noch
Si vous écoutez mon show les dimanches sur Ondes Chocs ( »C.R.O.C. Underground Metal »; pour ceux qui savent pas que ça existe, allez faire un saut sur Podomatic pour écouter ma petite dernière), vous savez qu’à toutes les semaines j’vous sors du stock fucké à souhait. Et honnêtement, j’aime mes playlists à toutes les sauces – je m’emmerde de façon terriblement considérable quand j’entends une batch de tounes qui me donnent l’impression d’écouter un concerto d’un déploiement tout aussi foudroyant qu’un ventilateur de plafond. En d’autres mots, sarcasmes imagés mis de côté cette fois: je recommence à triper de plus en plus sur ma job depuis que je me fais envoyer des albums complètement fucking débiles, et ce, dans toutes les branches du Great Great Metal Tree. D’un point de vue extérieur, ce n’est probablement pas évident de prédire c’est quoi que j’vais aimer ou détester à coup sûr – j’suis tellement imprévisible, j’devrais être illégale. C’est le fun du métier – les goûts que t’avais au départ n’arrêtent pas de se transformer et de s’aiguiser à mesure que les saisons passent et que des centaines d’albums te défoncent les tympans bien gentiment. J’vous le promets; essayez donc for shiggles, mettez-vous à écouter un maximum de nouveaux albums à mesure que les dates de sortie vous passent sous le nez; vous allez réaliser, tôt ou tard, que le plus vous mettez de musique sur votre radar, le plus vous devenez très pertinemment éclectique. En tout cas, ça vaut la peine d’explorer l’expérience – de mon bord, j’en suis assez maniaque pour faire de ça ma vie.
Cette semaine, le beau petit prog était à l’honneur. C’est évident à souhait que SOILWORK est chef de file, et ça, je ne m’y attendais tellement pas que ça en était ahurissant. « The Panic Broadcast » était un album complètement constipé que j’avais de la misère à associer à ce band dont je suis fanatique depuis que j’ai quatorze ans, et la raison est simple – je ne voulais pas admettre que leur carrière avait l’air de commencer à planter (quelque chose de rare). Mais si vous me connaissez bien, vous savez que ce n’est pas parce que j’commence à trouver un band pourri que j’arrête de scruter leur timeline. 2013 est une belle année pour les gars. Quand j’ai su que « The Living Infinite » était un album double, je craignais pour leurs fesses. Ceci dit, j’ai pesé sur Play, et toute trace de doute s’est complètement dissipée comme si la question « Will This Suck The Life Outta Me » ne se posait même pas. Chaque aspect de leur son est revisité à travers les 20 pièces: le death metal hyperactif (et vraiment plus rapide que ce que « The Panic Broadcast » nous offrait, promis), les mélodies efficaces et bien compartimentées, et une approche mathématique envers le progressif qui démontre une maturité très prononcée dans leur approche. Ceci me confirme que leur manque de focus des dernières années arrive à sa fin dès maintenant. Si vous doutez de cet album-là, claquez-vous les trois premières tounes; vous allez vous ramasser assis pendant 1h25 minutes environ, parce que vous serez tout simplement pas capable de vous extirper de votre état méditatif tant et aussi longtemps que l’album est pas fini. C’est aussi simple que ça. En attendant de vous procurer l’album, allez écouter les 3 pièces sur leur bandpage Facebook. Ne manquez pas leur passage au Québec.
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Clawhammer PR m’ont vraiment agréablement surprise en me présentant un petit band qui m’a laissée de glace quand j’ai vu leur artwork simpliste (un couple nu dans une espèce de flamme) et surtout leur TITRE d’album, « Sexforce« , en premier lieu. En parcourant la description de cet album que je croyais être un espèce de phénomène bubble gum hard rock des plus superflus, j’ai été abasourdie en découvrant que j’étais à côté de la track: OKULAR est un groupe *progressif*. Ma curiosité s’est retrouvée amplifiée d’un cran considérable par le biais des dires des médias: paraîtrait que ce band a été comparé à GOJIRA et OBSCURA plus souvent qu’à son tour. Eh bien, voilà que ces journalistes tapaient dans le mille, les amis – ça brasse avec de la classe. C’est un sapré énergumène ce CD. Tu ne sais jamais à quel type de développement t’attendre même quand une chanson est commencée depuis un bon trois minutes parce que, comme le key member de BORKNAGAR l’a indiqué en parlant de la pièce « The Greatest Offender » en particulier, le blueprint de ce band est un peu le maître du déguisement (ses mots pratiquement exacts: »this song, in particular, has many different faces ») et il peut être tantôt gouverné par l’approche death metal brutal, tantôt par un accoustique smooth à la OPETH, et parfois même par un black metal rafraîchissant et tranchant. L’album sort aujourd’hui et voici le lien pour leur bandcamp pour écouter 2 tracks.
Parlant de black, y’a un défi qui risque d’être de taille pour touts les fanatiques de ce qui se trame dans le camp Tom G Warrior: être capable d’écouter RUINS et d’en revenir d’à quel point l’album « Place of No Pity » donne l’impression que CELTIC FROST est présentement à l’apogée de ses bonnes années. Les deux groupes ont pas mal d’éléments en commun, en partant du vocal tantôt blasé, tantôt féroce de la tête d’affiche du band, jusqu’à l’élaboration trippy des riffs qui donne l’impression qu’ils ont été écrits par quelque chose d’assez inhumain vu que l’émotion invoquée ici est particulièrement glauque et élaborée.
Listenable Records nous a gâté en criss cette semaine en lançant cette pacotille en même temps que le nouveau CENTURIAN, « Contra Rationem« , qui marque pas mal de points dans le département des rhythm sections qui ont assez de chien pour s’incruster dans la mémoire des gens les plus sceptiques envers ce style. Oui, je viens de confirmer que même un non-fan de death metal va forcément devenir accro après s’avoir tapé ça rien qu’une fois. Et je ne mâche pas mes mots, d’autant plus, je suis vraiment fière d’encourager ce label qui n’a pas fini de se démarquer.
Ça vous tente de fouiller plus dans mon stash de collectionneuse pour vous éduquer en masse sur l’évolution du métal cette année? Branchez-vous à mon show pour m’entendre vous donner un beau cours sur les notions que vous n’avez pas le choix de réviser si vous ne voulez pas manquer le bateau.
Stay sick!
– Noch
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by Marryah Noch Mulligore | Mar 3, 2013 | Critiques de Shows
N’étant pas une fille qui écoute beaucoup de métal Québécois, j’dois avouer qu’à mon retour de l’Angleterre à l’été 2011, j’ai pas mal rushé pour me réintégrer à mon patelin. J’avais pogné un beat assez Européen merci et me disais que la scène Canadienne, ce n’est vraiment pas le même ordeal. Loin de moi l’idée de la sous-estimer; au contraire, je connais une panoplie de groupes de la relève qui se démarquent d’emblée. N’empêche qu’un fait irréfutable faisait surface dans ma tête; le métal Québécois n’avait tout simplement pas la même stamp, le même feel.
Me voilà maintenant chroniqueuse de shows, un bel aspect de ma job de journaliste et critique musicale qui ne me donne pas l’impression d’être sur mes heures de travail. Se claquer plus de pichets de Guinness que la limite raisonnable et se donner le luxe de se prélasser dans le fond d’une salle sombre entourée d’une gang de trippeux qui virent à moitié fou en se laissant brasser par du bon brutal qui fait pratiquement grouiller la bâtisse d’un bord à l’autre de la Dufferin (surtout en ayant pour EMPLOI d’être là pour tergiverser mentalement sur le contenu d’un article psychotiquement technique d’analyse de show; eh non, ce n’est pas ça que le staff de Ondes Chocs m’ont exigé, mais j’me donne le plaisir maniaque d’étoffer mon approche), it feels like a hobby – the best goddamned hobby you could possibly imagine.
Je ne me suis pas prêtée à ce rituel depuis vraiment trop longtemps et j’ai pu me remettre dans le bain assez drastiquement hier soir (2 mars) avec un set tantôt houleux, tantôt tellement impressionant que j’avais peine à croire que je n’étais pas soudainement de retour en Europe pour l’espace d’une veillée. En effet – je découvre avec un tant soit peu de surprise que le Québec commence à emprunter pas mal de tips & tricks des britanniques en terme d’approche musicale. En terme de son, j’ai entendu pas mal de stock assez bien tissé, et vraiment loin d’être typique. J’avais déjà une bonne impression (en voyant que HOLLOW était le headliner) que le show serait original. Et pour l’être, y l’était en maudit, d’un bord à l’autre, ce qui était un avantage de taille par moment, et un engouement légèrement trop surfait et assommant par bouts aussi.
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INFECTED KARMA, une formation Sherbrookoise que je n’avais jamais eu le plaisir de voir en show avant hier soir, m’ont agréablement sacré une belle grosse volée. Leur énergie et leur »drive » était palpable et électrisante; ces gars-là saignent pour leur art et ce pattern était assez communicatif pour me garrocher dans un headbanging assez frantic. Y’a pas à dire, j’étais dedans, et croyez-moi quand j’vous dis ça – un band qui ne se met pas dedans ne me donne pas le goût de grouiller d’un pouce quand je les regarde aller, mais EUX, je les trouvais convaincants, et ce, même si je trippe plus ou moins sur leur vieux stock. Ils ont joué 2 nouvelles chansons qui m’ont par contre rendue muette comme une carpe, j’dois l’avouer.
Les mélodies étaient plus prenantes; les contre-temps à saveur un peu progressive qui semblaient inspirés par la vague plus moderne (propre à 2013) de ce style m’ont indiqué que ces gars-là sont en train d’expérimenter avec plusieurs types d’influences différentes afin de forger leur blueprint; c’est une belle expérience d’être témoins de cette évolution et j’suis contente d’arriver sur le terrain de INFECTED KARMA au moment où leur son semble s’épanouir le plus. J’suis sur un guess, mais j’ai un bon feeling sur le stock qui va prendre forme à mesure que ces gars-là poussent pour déterminer l’identité de leur approche. En tout cas, y’a pas à dire, ils ont du chien sur un stage, ils ont un skill complètement dément, et ils savent lever une foule en restant concentrés. C’est du solide, dix sur dix les gars; j’ai hâte de vous voir jouer encore plus de nouvelles tounes. Keep it up!
J’vais rester diplomate sur la question, mais j’dois avouer qu’après avoir vu SANGUINE GLACIALIS pour une première fois quand ils sont passés à Sherbrooke en Mai dernier, je n’avais pas un enthousiasme complètement ahuri envers leur approche, sauf que j’suis partie sur une idée assez fair play en me préparant mentalement pour leur set en sirotant ma douce stout irlandaise et en scrutant les black lights du ciel constellé d’étoiles de la main room du Magog qui commençait, soit dit en passant, à se réchauffer assez rapidement après que INFECTED KARMA ait donné un show d’la mort totalement recommandable: un bon band, c’est un band qui sait s’observer, s’évaluer, et travailler sur les points moins forts de leur delivery question de la topper de façon de plus en plus draconienne à chacun de leurs shows. Et effectivement, j’ai senti une amélioration dans la vibe de SANGUINE GLACIALIS. N’empêche qu’en partant, je ne peux pas dire que je suis fan de leur musique; ça fait du sens vu mon background qui n’est vraiment pas très symphonique ou gothique. Je préfère le métal bien gras et un peu moins poussé sur le théâtral – rares sont les cas des bands qui réussissent à aller me chercher avec ce type d’attaque, mais ils existent (je suis disciple de FLESHGOD APOCALYPSE, figurez-vous; j’vais donc observer ces types de bands malgré le fait que j’aime mieux ce qui est oldschool à souhait). Je trouve que les compositions de SANGUINE GLACIALIS manquent d’authenticité et qu’ils essaient un peu trop d’emprunter des éléments de bands déjà établis dans la scène – ils devraient peut être oser forcer la note un peu plus pour créer leur propre type de blueprint.
J’ai pensé pas mal souvent à FLESHGOD APOCALYPSE en regardant l’attitude du frontman en particulier, et disons que je n’ai pas été tellement secouée par le vocal de la keyboardist. Son clean était assez bien ajusté (surtout vu le contexte – elle avouait elle-même ne pas être familière avec le chant d’opéra depuis bien longtemps) mais son growl et ses screams n’étaient vraiment pas assez déployés. Côté riffs, ce que j’entendais était acceptable, mais restreint. J’ai l’impression que ce band n’ose pas se laisser aller assez et qu’ils ont un système paint-by-the-numbers un peu trop serré. lls pourraient explorer leurs possibilités de façon plus concise avec une individualité beaucoup plus marquée. En termes d’énergie et de présence scènique tout de même, je dois leur accorder – ils sont complètement professionnels. Ils savent lever une foule, et j’dois ajouter que le guitariste a été assez brave pour faire le show malgré le fait qu’il a récemment été opéré à la hanche. J’ai trouvé ça fort qu’il se donne autant qu’il l’a fait malgré l’énormité du problème. Je vais garder un oeil sur ce band, sachant qu’ils sont sérieux et intricate – tout ce que je dis ici, c’est qu’ils ne sont pas encore au peak de leur créativité.
C’était marqué dans les étoiles au plafond du Magog: HOLLOW étaient top shape. La première fois que j’ai commencé à pousser mes recherches sur ce band, la toute première phrase qui m’a sauté dans la face est la suivante:
Hollow was the tightest of all the bands and their lead guitarist was impressive – the first truly advanced player of the evening. — Alex Skolnick, Le Juge (The Judge)
La soirée dont Skolnick parle est le concours « En route vers le HeavyMTL » de 2012. Honnêtement, je trouvais que son statement était un peu glissant, mais en observant le soliste même durant le soundcheck, j’ai pu analyser son champ de tir, et croyez-moi que ce mec pourrait être dans n’importe quel type de band qui exige un guitariste vraiment désarçonnant: un projet thrash par ci, un projet de death technique/progressif/néoclassique par là: ce gars-là a de l’avenir et un tas d’options devant lui. Le bassiste était aussi particulièrement étonnant à regarder: le 3/4 du temps, il ne fixait pas son fretboard; il observait le guitariste. Les deux gars s’envoyaient la balle comme s’ils étaient dans ce même band depuis la nuit des temps. La chimie était palpable. Le frontman avait une énergie authentique sans retenue. Je n’ai pas senti même un tantinet de prétention dans l’air et croyez-moi que la modestie a le don de rendre un band plus crédible: non seulement, ces gars-là sont humbles et j’entends dire qu’ils sont extrêmement sympathiques, mais ils ont un talent qui va vraiment les établir en tant que gros nom (que dis-je, COLOSSAL NOM) dans un futur très rapproché.
Je souligne que la brave dame qui a booké ce show, Katrine Schram, a fait une job qui démontre une connaissance bien aiguisée de sa scène. Ceci était son premier show, et je tiens à mettre l’accent sur son professionnalisme. L’expérience était de qualité et, malgré qu’imparfaite, vraiment intriguante et assez intéressante à creuser pour une journaliste qui recommence tout juste à chroniquer les shows qui passent par l’Estrie. Nice work, I am pleased.
-Noch
— Noch
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