La Décapiteuse

539701_480746578641726_484019166_n

 

par Noch

 

Mettons que ma semaine est définie par un concept qui rend le rating compulsif d’albums assez délicat à faire sans constamment revenir sur mes décisions. Deux mots: opinion partagée. You know, quand t’écoutes un album que tu trouves complètement abasourdissant pour l’espace de cinq tounes mais que les cinq autres ont l’air de provenir tout droit de nulle part et ont juste pas leur place sur l’album, et qu’en bout de ligne tu finis par passer pas mal de temps à tourner et retourner ta dernière session d’écoute dans ta tête, à regarder tous les angles de c’que t’as aimé et détesté de l’heure qui vient de passer pis que finalement tu réussis pas du tout à te décider entre un 6.5 sur 10 ou le 3 sur 10 un peu trop subjectif que ton keyboard te supplie d’entrer dans ta banque de données infernale (i.e. liste d’albums à écouter qui fait environ 7 pages). C’est un aspect de l’analyse musicale qui rend l’importance d’être un journaliste qui s’affirme (et qui a une espèce de tête dure d’la mort) une qualité d’une importance tout à fait suprême. J’ai entendu neuf albums en l’espace de cinq jours, et y’en a un seul dans toute la liste qui représentait exactement l’idée que j’me faisais de mon dernier verdict: « Unborn« , de SIX FEET UNDER.

J’vais donc commencer en expliquant exactement pourquoi avant de me claquer l’album, je savais que l’idée de le releaser aussi rapidement (environ un an après la sortie de « Undead » seulement) était loin d’être productive pour Barnes et son line-up, aussi pertinent et prometteur soit-il. Qu’on se le tienne pour dit, Chris est un homme rudement tenace. Ça, je lui accorde. Pour qu’il se soit esclaffé devant les yeux des critiques en se fouttant complètement de leurs commentaires sur ses horrifiants albums de covers qui avaient l’air d’être devenu le seul et tristement ultime but de l’existence de SIX FEET UNDER pendant un trop long bout de temps – fallait qu’il soit particulièrement insensible, tenace, et fort. Ce gars-là porte une veste pare-balles sept jours sur sept et j’admire sa solidité d’esprit. « Undead » est un retour aux sources qui donne pas sa place – chacune des tracks de l’album est remplie de hooks, de riffs mémorables, et la structure de l’approche du band au complet est vraiment très dynamique d’un bout à l’autre du CD. J’dois avouer que je m’attendais à détester même la version revampée de SIX FEET UNDER tout simplement parce que j’avais arrêté de croire que Barnes aurait la tête complètement froide et aurait une approche sérieuse et forward-thinking avec son nouveau stock – ceci dit, je me suis ramassée à écrire une chronique sur « Undead« , d’un enthousiasme étourdissant et qui rentre dans les détails les plus petty de l’excellence de cet album (que j’ai écrite pour Teeth of the Divine) et j’ai même jasé de Barnes  dans un court article rédigé pour le magazine Le Backstage, anciennement distribué à Sherbrooke et dans les environs de l’Estrie et la Montérégie. C’est donc avec un arrière-goût amer comme souvenir de ma fin d’avant-midi passée à me claquer son petit dernier que je me dois d’être tout à fait honnête: « Unborn » n’est pas un album qui aurait dû voir le jour, en tout cas, pas à l’intérieur de ce court délai complètement étouffant. C’est assez ridiculement simple de remarquer que la grosse majorité du matériel qu’on retrouve ici est du stock recyclé qui a passé un temps à prendre la poussière dans le coin d’un tiroir de bureau. Je vais m’étendre sur la question un brin: les riffs sur cet album ne sont pas travaillés du tout. Le feeling est absent même des licks complètement assommants qui se multiplient à travers chaque pièce qui manque radicalement de pep (i.e. huit tracks sur onze semblent tout à fait non nécessaires). L’impression que la totalité des compositions a été assez vulgairement assemblée à la course…c’est jamais une affaire qui passe inaperçue, surtout quand ça passe par les oreilles d’une fille comme moi qui entend BEAUCOUP d’albums de death metal de touts les types sur une base très fidèlement régulière. L’approche vocale de Barnes est monotone à souhait – j’avais passé une sublime année complète à penser qu’il avait vraiment retravaillé son attaque, mais voici que je me rends compte qu’il laisse un travail à moitié fait voir le jour sur un gros label comme Metal Blade sans même le peaufiner ou prendre le temps de l’étoffer. Je trouve ça ahurissant et tout à fait dommage; ce band-là m’avait prouvé avec « Undead » qu’il était entièrement capable d’avoir un bon produit – ça aurait valu la peine qu’un peu plus de considération ait été apportée à l’importance de prendre le temps de rendre leur stock crédible avant de se dépêcher pour le lancer dans la foule qui, soit dit en passant, s’attendait probablement, autant que moi, à un album adorablement dément de leur part. (Vous pouvez également lire la revue de Maxime en cliquant ce lien)

 

Malgré cette déception (plus ou moins secouante vu que je la voyais venir, mais qui m’a quand même laissée un tantinet déconfite), j’ai quand même découvert une belle grosse gang de bands cette semaine qui donnent pas leur place et disons que les approches que j’ai entendues sont assez sauvagement variées. Si vous connaissez pas le label Pavement Entertainment, pensez un peu aux débuts de KREATOR – ce label bossait pour eux voilà quelques lunes, bien avant qu’ils déménagent sous le colossal toit de Nuclear Blast. Ceci est un seul de la tonne de gros noms qui sont mentionnés dans les médias et associés à cette compagnie. Quelque chose me dit que y’est temps que j’fasse mes devoirs et que j’garde un oeil sérieusement attentif braqué dans leur direction. FLESHGOD APOCALYPSE (dont je suis une fan finie) ont aussi fait leur trolée de pub pour les Italiens de THE MODERN AGE SLAVERY depuis quelques semaines et ça avait piqué ma curiosité assez royalement merci – n’empêche qu’à travers le flux de travail que je me tape dans une semaine, j’avais oublié de checker leur stock jusqu’à ce que Pavement Entertainment me shippe leur prochain album, « Requiem for Us All« . Croyez-moi, j’ai eu droit à une méchante expérience badtrippante en me tapant ce CD; ces gars-là concoctent un mélange de brutal death, deathcore, death metal mélodique, et même technical death avec des touches progressives, sans une seule fois s’étourdir ou se perdre dans une espèce de brume fatale dont personne sort vivant. Vous allez vous dire que ça sonne comme un band qui pète plus haut que le trou; j’vous renchérirai que vous avez l’esprit fermé et que ces gars-là vont vous le prouver. Ils ont déjà eu un feedback immensément positif en faisant des shows avec des anciens de la scène tels que CANNIBAL CORPSE, et admettent eux-mêmes qu’observer le mode de travail et de pensée de leurs idoles lors de cette tournée, est un procédé qui les a aidés à préparer leur matériel pour « Requiem for Us All »; ils reconnaissent la valeur de toutes leurs expériences au sein du groupe et semblent enthousiastes à l’idée d’apprendre de leurs confrères et cette mentalité est assez malade; mettez ça en tandem avec à quel point ils sont réellement capables d’impressionner sur CD. Essayez de me dire qu’ils ont pas un futur vraiment rempli de rebondissements. Ces gars-là vont me faire tripper longtemps, I can feel it. Voici le lyric video du 2ème single du nouvel album.

 

 

 

Un autre band qui m’a laissée complètement muette dans ma surprise tout à fait sincère: les Danois, ILLNATH. J’étais pas tellement familière avec Pitch Black Records avant d’entendre leur première promo track provenant de « 4 Shades of Me« . J’avais déjà fait une chronique pour le dernier album de MARAUDER (qui sont, soit dit en passant, sur le même roster) et le type de power metal présenté m’avait généralement laissée de glace, malgré que j’ai eu guère le choix d’admettre que quelques pièces réussissaient à me convaincre quand même de la pertinence de leur statut d’influence un peu partout à travers la scene power metal mondiale. J’ai entendu cette semaine un autre album correspondant à ce même style, « The Yonder Answer » de la formation VALOR. J’ai eu exactement le même feeling qu’en me claquant le stock de MARAUDER – une pensée surgissant dans ma tête à la vitesse de l’éclair qui sonne assez proche de  »j’accroche pas pantoute – next ». Reste que, même en n’étant pas fanatique de ces deux bands et albums, loin de moi était l’idée de qualifier ce label d’impertinent – je suis pas généraliste à ce point-là (disons que l’être autant m’enlèverait pas mal de mérite et de crédibilité, j’en conviens). Le staff est vraiment énergique et friendly – et les bands qu’ils signent forment une famille des plus éclectiques. Pour revenir à ILLNATH, vous allez pas me croire, mais selon moi, leur prochain album (qui sort le 12 Mars) clenche le stock le plus récent d’ARCH ENEMY en termes de riffs qui font perdre la tête. J’en revenais pas d’à quel point leur approche est relentless, et tout simplement hors de contrôle et même animale. La frontwoman possède une panoplie de tonalités des plus colossales, et elle sait rendre un growl extrêmement dynamique – en fait, comme je l’ai mentioné en ondes durant ma dernière émission, et je me DOIS de le souligner une deuxième fois – j’ai été rarement aussi impressionnée par une vocaliste durant les dix dernières années. Cette femme est un phénomène de la nature. J’dois ajouter que ce band était anciennement fort sur le contenu symphonique – sur « 4 Shades of Me« , tout ce qu’on entend, c’est du death thrash pur, et tout-à-fait cataclysmique. Y’a pas une trace de keyboard sampling – le son est complètement nu et authentique. Cet album-là va sûrement finir dans mon top 20 de fin d’année, et j’vous dis ça sans aucune trace d’impression que j’ai parlé trop vite. On vous laisse avec « Blood warrior » du nouvel album.

 

 

 

Je tergiverserais sur 9 albums dans les détails si ça donnerait pas un roman en bout de ligne – et comme vous le savez, vous êtes coincés en ma gracieuse compagnie tous les dimanche pendant un bon 2-3 heures à partir de 19h alors que je prends possession d’Ondes Chocs pour ma revue d’actualité métal hebdomadaire, « C.R.O.C. Underground Metal« . Dans le deuxième bloc d’animation de l’émission du 10 Mars, vous pouvez entendre mon rant sur les albums que j’ai entendu cette semaine, et même quelques pièces de ceux que j’adore au plus haut point. Soyez-là, je me gêne pas pour dire les choses comme je les pense, et pour vous étourdir un peu avec une playlist qui va vous brasser quelque chose de rare. Si vous manquez l’émission du dimanche, gardez un oeil sur le Facebook de la station pour mon lien de téléchargement – vous avez pas d’excuses pour passer à côté. HORNS UP!

 

-Noch

 

MULLIGORE PRODUCTION: www.mulligore.com

M’AJOUTER SUR FACEBOOK: http://www.facebook.com/marryah.noch.9

www.teethofthedivine.com

http://thedailystab.guitarepirate.com

www.mulligore.com

www.mulligoreradio.com

Mulligore Production |