by Marryah Noch Mulligore | Avr 29, 2013 | Critiques de Shows
Encore une fois, j’ai eu la très plaisante occasion d’être témoin d’un petit show local qui a pu m’introduire à une couple de bands dont j’ignorais l’existence avant que Lex (des Productions Kranium et également chroniqueur et coordonateur chez Ondes Chocs) m’invite à descendre au Magog pour me claquer une chronique. J’ai naturellement fouillé en masse pour me documenter sur les bands présentés et j’ai diffusé EMPYREAN PLAGUE et MOLEST dans mon show « C.R.O.C. Underground Metal« . Ces deux énergumènes de groupes ont immédiatement apostrophé mon attention et ont renouvelé mon intérêt pour la scène death-black, qui avait pris un ‘backseat’ dans ma tête dernièrement. Assez tristement toutefois, MOLEST ont pas pu être de la partie dimanche, suite à un conflit logistique sur lequel je n’élaborerai pas; la soirée devait être le lancement de leur nouvel album (qui me semble, soit dit en passant, être une fucking bombe atomique qui aurait vraiment très profité d’une suite de shows; la foule aurait, sans aucun doute, embarqué dans leur trip et passé le mot à leurs amis pour assurer un max de ventes – au moins une bonne trolée de t-shirts auraient été mis en circulation, y’a pas à dire). Néanmoins, l’événement a tenu le coup, et Lex, étant extrêmement visionnaire dans son approche au booking et également très fidèle à ses promesses, a quand même poussé la note pour que les trois autres bands du bill tiennent leur bout et aient une chance de se montrer en prestation.
À mon arrivée, un dix minutes après le début du set de SHADE OF SUNBURST (j’ai pas l’habitude d’être en retard, mais vaut mieux se pointer tard que jamais, et j’ai pas du tout regretté d’avoir pris une des rares bus du dimanche soir pour m’emmener à ce show intime mais fortement efficace), j’ai pu tout de suite constater, en regardant par l’espèce de fenêtre style studio à partir du côté bar aux effluves country du Magog, que le nom de ce band fitte parfaitement avec leur prestance. La salle était pratiquement vide du côté stage (malgré que ça s’est rempli avec une rapidité assez badtrippante du côté pub) mais encore là, un peu comme la fois ou j’étais allée voir CHARIOTS OF THE GODS au Woodstock en Mars dernier, j’ai tout de suite spotté les trippeux. La gang qui était là était majoritairement des membres des bands ainsi que les producteurs du show, mais ni la vibe, ni la performance des groupes était affectée par le fait que les murs étaient pas en train de tomber sous le poids d’une marée de monde. Pour revenir à SoS, j’entendais déjà leurs tounes à partir de dehors en me tirant des puffs, et leur approche me semblait très black à ce moment-là; en entrant, j’ai été assez surprise de voir que le vocal était assuré par une frontwoman, et je dois dire qu’elle était complètement en feu, avec un humour pince sans-rire de très bonne foi. C’est toujours cool de voir des bands qui grimpent pas dans les rideaux, peu importe la situation. C’est même assez badass à voir. Les autres membres du groupe étaient également projetés en avant par la brute force de leur propre son, qui était, ma foi, des plus diversifiés. C’te gang-là incorpore un côté mélodique assez viking à leur approche, avec même des passages un peu doom qui semblent pas forcés, mais plutôt méthodiques, je dirais même. Leurs riffs m’ont parfois un peu confuse dans leur atonalité souvent innécessaire vu la richesse déjà bien étoffée de leurs structures de songwriting (pas besoin d’ajouter une touche abstraite additionelle; des licks plus steady et tranchants en termes de tone colour auraient certainement été suffisamment puissants) mais j’peux pas dire que c’est un problème qui a pris excessivement de place dans leur bulle, dans laquelle j’ai été assez rapidement absorbée. Leur énergie était palpable; on aurait dit qu’ils se claquaient une perfo dans un contexte digne d’un gros festival Européen, rien de moins. J’ai su par Lex que cette prestation avait été filmée, et honnêtement, je dirais certainement pas non à revoir le tout. Leur son est le genre d’ordeal qui prend plusieurs écoutes pour être digéré; je l’admets totalement. C’est original et je dirais même que ça emprunte des chemins un peu inexplorés en termes de genre-meshing – tout compte fait, ça rentre en sal, et c’est quand même très facile à adopter dans le contexte d’un show aussi bien performé.
ISSFENN ont vraiment pas tardé à préparer leur set, et j’ai pu observer que le frontman – avec son maquillage me faisant penser à The Crow et sa fière allure théâtrale qui est vraiment représentative du message de sa musique – est un genre de scientifique en termes d’expérimentations soniques. Son arsenal d’FX pour ce show était renversant, et en l’écoutant tergiverser avec le soundman à l’étage et le regardant coucher des riffs sur son instrument, j’ai pu déceler exactement quel genre de tonalité il recherche, et c’est un spectacle très intéressant à observer quand un intérêt pour la production te chatouille déjà la curiosité. Ce gars-là sait exactement comment il veut sonner, et ça marque déjà pas mal de points dans ma tête; avoir un skill en termes de musicianship autant qu’en termes de connaissance approfondie de l’enrobage d’un son tranchant et mémorable, c’est sans aucun doute une base de fou quand t’as un pied ferme dans la business. Et attention – j’vous ai toujours pas dévoilé le gros punch de l’équation. ISSFENN, c’est deux gars. Le frontman que j’viens de vous décrire, et son drummer (qui est généreusement éclectique dans son approche, utilisant autant des contre-temps – évidemment teintés de son background progressif dont nous avons éventuellement jasé à la clôture de la soirée – que du hyperblast, et du mid-paced gallop très tight et bien dosé) assuraient par eux-mêmes. Le chanteur était guitariste et bassiste à la fois, se servant d’une bonne dose de créativité en termes d’agencement de gear et d’FX pedals. J’vous le dis tout de suite, leur son sonnait pas comme deux dudes, mais bien comme un groupe dans lequel y’a sept musiciens. Leur type de black est envahi de hooks – c’est vraiment à perte de vue et ceci est largement dû aux influences thrash que j’ai pu entendre dès le début du set au coeur des riffs. Leur influence IMMORTAL était évidente, sans que j’me ramasse à entendre du rip-off ou certaines de leurs tounes qui sonnent exactement comme quelque chose que j’ai clairement déjà entendu ailleurs (et ceci, les amis, est LA façon de correctement rendre hommage aux musiciens qu’on admire; en élaborant sur une base qu’ils ont créée, sans faire du copy/paste de sections provenant des quatre coins de leur discographie). Leurs mélodies étaient également très sur la coche, et je trouvais particulièrement que leur façon très savante de switcher la cadence du tempo aux bons moments était particulièrement appréciable, me garrochant dans un headbanging instinctif. Chapeau, je voudrais revoir un set comme celui-là très prochainement, et je manquerai pas de jeter un oeil au side-project progressif du drummer, baptisé MOLT.
EMPYREAN PLAGUE ont un son très luxuriant et coloré, en étant tout de même black à la base. Dans le cas d’un espèce de blackened folk penchant sur le death-black Suédois, ces qualificatifs font tout le sens du monde placés dans une même description. J’ai tout de suite eu l’oeil braqué sur le bassiste, même en plein millieu du soundcheck. C’est assez évident que ce gars-là est appliqué dans son horaire de pratique hors-scène, car sa prestation coulait comme de l’eau – il avait déjà l’air d’être en show même avant que le set commence. Ce type d’énergie, chez un musicien, en dit très long. Le frontman avait un growl puissant qui évoque un paysage fortement Européen qui s’étend à perte de vue – son clean était également saisissant et un peu poétique, se marriant très bien avec le son des guitares qui évoquait des mélodies réconfortantes et violentes à la fois; un feeling bien particulier définit chacune des pièces présentées. La mémorabilité de chacune des notes jouées est tout simplement irréfutable. Le drumming accompagnait très bien les riffs, et ajoutait de la puissance à son approche aux moments les plus opportuns, optant plutôt pour une subtilité mathématiquement dosée lorsque les passages les plus contemplatifs de chacune des tounes s’installaient, sans jamais s’éterniser à outrance. Il n’y a pas d’autres mots pour décrire ce set – j’avais l’impression de regarder un peintre se laissant planer dans sa bulle créative en réfléchissant bien avant d’ajouter une série de tons particuliers à ses couleurs de base pour dépeindre un vaste concept tri-dimensionel qui accroche autant l’oeil que les autres sens. Ceci témoigne d’un côté très relax sur le stage – être capable d’avoir ce genre d’effet un peu hypnotisant sur un public sans perdre de la puissance en termes de capacité de rêvasser en jouant, nous influençant à faire de même en regardant le show, ça confirme très bien que les gars n’étaient pas stressés et ont confiance en leur art.
Je me dois de terminer en disant que ceux qui ne sont pas venus à ce show sous prétexte qu’aucun groupe local étaient sur le bill se sont fermés l’esprit en ne sachant pas du tout ce qu’ils ont refusé d’observer de plus près. Une soirée black de cette qualité est un phénomène que j’ai rarement vu en région, surtout provenant du fin fond de l’underground. Lex et les Productions Kranium, c’est une organisation totalement singulière qui est fondée sur une philosophie d’unification de la scène métal au niveau mondial, et je dois dire que toutes les compagnies de booking devraient avoir une mentalité semblable – le résultat est notable, et devrait fortement être encouragé et apprécié à sa juste valeur.
-Noch

by Marryah Noch Mulligore | Avr 29, 2013 | La Décapiteuse

Naturellement, étant le genre de journaliste qui dévore un paquet d’albums par semaine, ce qui me donne, en fin de mois, un nombre d’heures d’écoute assez remarquable, j’peux franchement vous dire une affaire; ce sont pas tous mes round-ups qui vont être reluisants d’optimisme. Ça arrive qu’à la semaine longue, j’entende seulement des albums qui me déplaisent vertement. Cela, j’y peux absolument rien; y’a des gens qui se font une gêne et qui prétendent tout aimer question de ne pas se faire tabasser par les lecteurs et fans des groupes en question; je suis pas de cette planète. Je suis très sélective en termes de ce qui me reste dans la tête et dans le coeur en termes de nouveautés, et ce qui va simplement prendre la poussière dans un raccoin de mon disque dur pour le restant de l’éternité sans jamais revoir l’ombre d’un replay autrement qu’au millieu d’une playlist sur shuffle qui va rapidement passer d’une bonne toune à l’autre grâce à mon don du skipping invétéré. J’pense que quand tu te claques un review, tu veux savoir ce que le journaliste pense, tu veux qu’il te conseille sur tes choix d’achats, et tu veux qu’il ait l’air de savoir de quoi il parle, plutôt qu’être un espèce d’automate qui semble être enthousiaste en entendant le pire des fouillis et en qualifiant ça d’un chef d’oeuvre qui va changer la scène à tout jamais. Se faire bullshitter par ce qu’on lit, c’est une activité encouragée par les journaux à potins; pas par les sites métal aussi étoffés et connaisseurs que celui sur lequel vous surfez présentement. Je suis dans la bonne team; nous, on s’affirme, pour le meilleur et pour le pire.
BEISSERT – Darkness: Devil: Death
Étant très très accro à ce sous-style que j’apelle affectueusement le psyrock (pour ceux qui sont pas familiers avec le terme, c’est un mélange de psychedelic rock et de stoner doom avec une touche southern), malgré l’efficacité assez inconstante de l’avant-dernier album de BEISSERT sur « Agonia », j’ai réussi à triper sur certaines pièces qui me semblaient assez organiques et sincères pour me faire souvent penser aux vieux albums sombres dans ce genre qui faisaient surface dans les années soixante-dix. Sur « Darkness: Devil: Death », assez incroyablement, l’intention était clairement de prendre ce style et de le faire bifurquer dans une autre direction qui a pratiquement zéro rapport avec les racines du band (m’enfin, c’est si on fait omission de la première pièce, qui se la joue epic doom avec un espèce de feel qui déplairait pas à ceux qui sont toujours accros à CANDLEMASS). À un certain point, les gars commencent à s’éloigner et s’éterniser sur un trip digne d’un buzz d’acide assez malencontreux qui n’est pas nécessairement le genre de souvenir sur lequel on veut s’étendre à en plus finir. Les riffs n’ont pas de raison d’être, les structures des tounes deviennent chaotiques et sans but, et je vous mens pas, il est extrêmement difficile de même vouloir terminer l’écoute au complet, qui commençait tout de même sur un pied de guerre intéressant en début de CD avec un pacing qui faisait au moins légèrement penser au doom qu’ils étaient en train d’apprivoiser avec un bel enthousiasme sur l’album d’avant, et une authenticité qui ne semble pas être au rendez-vous ici. J’espère que ceci n’est que de l’expérimentation qui définit un seul album – un concept, en d’autres mots, qui ne durera pas la longueur exacte de leur discographie future, parce que si c’est le cas, je débarque officiellement de ma phase d’excitation totale envers le matériel de ce band qui me donnait mauditement hâte de m’enfermer avec l’album avant que j’entende la première note et décide autrement.
BEISSERT « Zorn Der Geister » :
REVELATION – Inner Harbor
Quand une compagnie de disques clâme haut et fort qu’ils ont pour toi un album digne du prestige de BLACK SABBATH et de l’originalité indétrônée de RUSH, y’a deux réactions possible: soit t’éclates de rire et tu décides de ne pas écouter puisque tu sais que c’est absolument impossible qu’en 2013 un band soit capable de faire rougir ces deux-là, ou tu laisses la chance au coureur en t’armant d’un air conciliant et d’une oreille très prête à se dédier à une analyse approfondie. Honnêtement, à partir du début de l’album jusqu’à la fin, j’ai largement oublié de vouloir m’en faire avec autant de fatalisme; j’ai juste réussi à apprécier ce que j’entendais pour ce que c’était, tout simplement. Oui, les choses peuvent être aussi smooth que ça quand on se laisse aller, et REVELATION est un groupe qui rend cette tâche faisable, même au beau millieu d’une semaine chargée. Des grooves efficaces, ici, y’en a, all across the goddamned board. Des riffs très heavy, des mélodies mémorables, y’en a aussi. Ce que je trouve extrêmement distrayant et éventuellement dangereux pour l’homogénéité du parcours de l’album est l’engouement pour la répétition d’idées qui deviennent inévitablement lassantes à un certain point. Ceci est une moindre ombre au tableau qui a fait perdre des points à l’album en tant que tel, mais ça me rend pas moins curieuse de ce que ce band est capable de produire dans les années qui viennent.
REVELATION « Inner Harbor »:
DEAFLOCK – Courage to Expose All
J’ai une mentalité que le fan de thrash moderne pourrait qualifier d’assez bizarre quand j’approche un album correspondant à ce sous-style. Cette philosophie, si vous êtes familiers avec mes goûts, vous la conaissez: pas besoin de flafla en quantités industrielles pour rendre un songwriting efficace et honnêtement, en termes d’aggressivité sonique, j’aime pas mal mieux entendre des riffs simples, mais qui fessent, qu’un récital de piano sur un fretboard qui donne l’impression que l’album en question se titre « When The Mosh Goes to Broadway ». Ce qui me gosse aussi, c’est les bands qui sont pas nécessairement techniques, mais qui semblent penser qu’ils sont dans une espèce de course contre la montre qui les force à jouer plus vite que Malmsteen on ‘roids. Pire, y’a les bands qui garrochent des half-riffs dans toutes les directions, presqu’au hasard, pour créer un genre de wall of sound étourdissant, mais qui est loin d’impressionner quand on a l’impression d’écouter un ramassis d’idées à moitié définies pendant un bon cinquante minutes. You know, parfois, mettre moins de crème fouettée, ça aide à apprécier la qualité du gâteau en tant que tel. Ici, j’ai pas mal de misère à mettre le doigt sur les racines de DEAFLOCK et leur point de ralliement. Ce que j’entends, c’est pas mauvais – néanmoins, je mentirais en disant que j’entends une blueprint ou un focus absolument pas cassable ici. C’est facile de se perdre en écoutant l’album. Je dis pas que le talent en est absent, mais plutôt qu’il est mal structuré en termes de songwriting et de présentation générale. Beaucoup de riffs ici valent la peine d’être entendus, mais ils sont garrochés pêle-mêle parmis un fouillis bric-à-brac total de patternings qui semblent un peu trop hyperactifs pour avoir un réel sens du concret.
DEAFLOCK « Courage to Expose All »:
Vous êtes intrigués par ce que je considère être du bon stock, versus ce que je trouve awkward au sein de la scène métal moderne? Écoutez mon show, « C.R.O.C. Underground Metal », chaque dimanche soir à 20h sur Ondes Chocs.
-Noch
by Marryah Noch Mulligore | Avr 29, 2013 | Critiques de Shows
Étant quelqu’un qui, auparavant, allait voir moins de quatre shows par année, étant plus du genre à me concentrer sur la critique d’albums que de prestations live, j’admets à prime à bord que hier soir (le 27 Avril) était non seulement la première fois que j’allais au Club Soda, mais aussi ma première veillée avec les quatre bands sur le bill. J’ai déjà pu apprécier, en tant que fan et non journaliste back in the day, un set d’Exhumed au dernier Heavy MTL. Les gars rushent à traverser les douanes depuis l’automne passé, et j’avais une impression assez forte que le problème se remontrerait la face. J’peux dire que ces gars-là donnent un osti de show d’la mort et que leur présence aurait ajouté une bonne balance au line-up du show que j’ai vu hier, et ce, de plusieurs manières différentes. Les commentaires que j’ai entendu entre les sets (en allant fumer mes Peter Jackson menthols et savourer la température instable typique du Québec en regardant une mascotte d’Eddie sacrer le bordel dans la rue – c’était assez distrayant à voir merci – les promoteurs du show d’hommage à Maiden ont réussi leur stepette de pub avec un brio remarquable) en témoignent; le problème ici étant principalement la longueur du set de JUNGLE ROT. Mais je m’attarderai à ce détail notable au bon paragraphe.
ADIMIRON m’ont tout de suite donné l’impression, grâce à leur logo un peu ‘space’, qu’ils seraient d’une nature prog assez prononcée et haute en couleurs. Le nom, par contre, me disait rien du tout – je ressentais pas un attrait particulier pour sa sonorité et j’avais entendu ce nom mentionné nulle part, ce qui me donnais une clean slate assez évidente avant de les voir jouer; je laisse toujours la chance au coureur – ma philosophie c’est « don’t judge a book by its cover ». Leur set a commencé à s’épanouir assez fast avec une introduction à saveur Égyptienne qui me faisait penser à NILE et MELECHESH, ce qui m’a donné un brin d’optimisme en partant, sauf que cette touche stylistique s’est effritée assez rapidement et n’a pas refait surface dans aucune des pièces par après. Je dois dire aussi que la sono était assez cacophonique, ce qui n’était pas du tout le cas pour les prestations des trois autres bands, heureusement. Ça n’aidait pas du tout à cerner l’intention de l’approche du groupe en termes de songwriting; c’était même assez difficile à suivre comme structures de tounes, et les deux personnes qui m’accompagnaient avaient la même opinion. La foule embarquait pas du tout non plus, et l’attitude du frontman était pitoyable à la mi-set. J’ai pas mal de misère avec ceux qui se font la parade « tough guy » juste pour se donner un genre. Un chanteur qui qualifie la foule de « fucking lazy » me donne pas tellement envie d’headbanger en son honneur. D’autant plus que musicalement, j’avais l’impression claire que leur musique allait nulle part. Peut être que sur CD, après quelques écoutes attentives et fortement cafféinées, j’aurais réussi à mettre le doigt sur un potentiel qui m’a clairement échappé hier soir. Disons qu’après avoir entendu le frontman crier maintes et maintes fois « you MOTHERFUCKERS » j’ai réussi à tomber dans un zone-out. L’importance d’un set est centrée sur le contenu musical et le bashage de foule a tendance à la rendre écoeurée et moqueuse. Voir un circle pit à la fin m’a donné l’impression que les gens qui étaient en avant se claquaient une B.A. Une attitude plus courtoise du groupe, une meilleure énergie, et une meilleure qualité de son auraient été trois facteurs qui auraient pu sauver les meubles, j’ose l’espérer.



RINGS OF SATURN étaient, quant à eux, beaucoup plus professionels et, je dois dire, soniquement pertinents. La vague prog de 2013 a pris le dessus sur la moitié de la soirée et j’dois admettre que c’est un sous-style de métal qui est très hit and miss et dans la plupart des cas, quand t’entends un album, un set, ou même une seule toune prog, c’est soit t’adores, soit tu détestes. Le set de RoS descendait tout aussi bien que ma Boréale. La texture de leur musique est d’un luxe comparable à une sauce italienne dispendieuse, ou un grand vin. Leur songwriting est riche en rebondissements et j’irais même jusqu’à dire qu’il est empreint d’une bravoure admirable. Leur don pour l’expérimentation était extrêmement bien calculé – ces gars-là avaient l’air de sortir tout droit d’une école de musique de renom. Les licks avaient une atonalité qui se marriait très bien avec l’émotion communicative des mélodies à l’appui, plutôt que d’exister avec pour seul but d’ajouter une touche abstraite sans signification. Les riffs de bass étaient contemplatifs et tout simplement captivants. Le vocal, quant à lui, avait de la variété; ce frontman est capable de couvrir son range au complet en sachant exactement quels sont les meilleurs moments pour adopter une tonalité plus aigue ou plus grave; il assurait à 100% dans les deux cas. Malencontreusement toutefois, j’ai eu un 2e soupir d’exaspération pour l’attitude plutôt crass de ce frontman lorsqu’il s’est écrié « you people in the back – you’re fucking pussies ». Ce qu’il sait pas, c’est que les gens qui se garrochent pas dans le pit restent souvent à l’écart pour pouvoir mieux observer la prestation – avec un oeil scrutateur à mémoire photographique pour les détails. Ça démontre un intérêt d’une pertinence notable qui devrait être appréciée par les musiciens sur scène, et également respectée. Ceux, comme moi, qui prennent la peine de rédiger une critique détaillée sur leur perfo, ont tendance à pouffer d’un rire assez blasé en entendant une insulte pareille venant d’un frontman qui aurait tout à fait pu avoir une approche plus conviviale; ce que les membres de JUNGLE ROT et SUFFOCATION avaient tout à fait – et ces deux groupes sont des légendes pour deux raisons; ils sont talentueux et ont une approche modeste et courtoise avec les gens qui les encouragent, ce qui est tout aussi important que leur degré de skill musical.



JUNGLE ROT, malgré leur set plutôt interminable (faut se le dire – EXHUMED devait être là et assurer la moitié de la longueur de leur temps sur scène, donc JR a dû faire du coup sur coup pour garder la foule réchauffée et satisfaite), m’ont complètement impressionnée. Ils étaient tight, mauditement énergisants, même dignes d’un statut légendaire complètement ahurissant dans leur presence et leur don pour assurer une prestation sans trace d’un défaut. Ils ont mentionné qu’ils étaient très contents de se repointer à Montréal, et n’ont pas manqué de driver la foule de manière très unificatrice, nous parlant à tous comme si nous étions une gang d’amis ou une famille élargie. That’s the spirit – the oldschool spirit. Le fait que leur musique soit bien balancée, avec des hooks à perte de vue, des changements de tempo très bien placés, et une structure qui rend complètement accro – c’est facile de voir le pourquoi du comment de leur gloire au sein de la scene death metal. Ils sont pas redondants, leur approche n’a pas l’air forcée ou fausse, ils adorent ce qu’ils font, et donnent un show tout à fait recommandable.



SUFFOCATION, comme je m’y attendais, ont donné une prestation explosive. Ces gars-là sont pas stressés car ils savent tout simplement qu’ils sont des machines de guerre pas arrêtables. Ils étaient eux aussi très emballés à l’idée d’être en ville, et ont même qualifié leur virée à Montréal comme étant le meilleur show de leur tournée au grand complet, ce que j’ai trouvé sweet, malgré la très réelle possibilité qu’ils sortent ça à chacune des foules d’un bord à l’autre de la planète. Néanmoins, leur perfo était un staple monumental en termes de précision bien aiguisée. Le drummer avait l’air d’être complètement possédé par ce qu’il avait à faire et tellement concentré qu’il était pratiquement en transe; l’arsenal de guitare et bass était bien tissé; j’avais l’impression de regarder un vidéoclip tellement le son était similaire à la qualité studio CD, et que l’énergie du groupe était telle qu’on aurait dit que la musique est LA chose qui les rend heureux. Une joie de vivre émanait d’eux, ce qui est très comprenable – « Pinnacle of Bedlam » est un album à plusieurs facettes bien travaillées qui sont un reflet très fidèle du nombre d’années d’expérimentation et de refinement dont ce groupe témoigne. Je savais parfaitement que ce que je verrais ne manquerait pas de me démontrer qu’ils feraient de la venue au complet leur genre de backyard party – et qu’ils nous feraient sentir, à tous, qu’on est chez nous à chiller en écoutant du death metal bien pensé et d’une force libératrice rafraîchissante.




J’ai fait une découverte qui m’a particulièrement emballée et intriguée avec RoS, je suis devenue pas mal plus fan de JUNGLE ROT que je l’étais, et j’ai pu vérifier et apprécier, par moi-même, le fait que SUFFOCATION sont pas épuisables. Ça s’apelle un show éducatif qui montre aux aspiring musicians ce qui doit être fait pour assurer un bon show et une carrière constructive (et également ce qui doit absolument être évité, tout autant). Il est bon d’avoir un oeil ouvert sur cette tournée et d’en parler à vos amis; c’est une expérience enrichissante.
-Noch
by Marryah Noch Mulligore | Avr 8, 2013 | Chroniques, La Décapiteuse

La Décapiteuse # 6
Qu’on se le cache pas – peu importe le sous-style abordé de bord en bord sur un album (même si ça s’adonne à être du progressif avec une âme d’une puissance capable d’arracher la tête à n’importe quel sceptique, ou du death métal assez morne pour être la meilleure soundtrack à traîner par une journée hivernale dégueulassement frette comme les dernières que le Québec a enduré au coeur de ce touchant faux début de printemps auquel on a eu droit cette année) si les ingrédients de la recette sont mal dosés, on se retrouve avec le genre de CD qu’il est particulièrement tricky de pas vouloir garrocher au bout de nos bras. Aussi, certains sous-styles fittent pas ensemble, et par souci d’expérimentation (ou encore d’adhération un peu trop automatique aux modes courantes) certains bands insistent pour mettre de l’eau dans leur vin et le résultat est loin d’être avantageux. J’entends beaucoup de stock récemment qui est ruiné par cette caractéristique en particulier – pas besoin de faire des courbettes quand t’as un bon son. Comme y disent, parfois, »less is more ».
Les bands qui ont le plus d’impact sont ceux qui restent fidèles à leurs influences et à leurs racines – j’ai eu l’honneur de jaser de ça avec nul autre que Tony Dolan (The Demolition Man) au courant de la semaine passée. Si vous savez pas, ce gars-là est dans MPIRE OF EVIL (VENOM ré-inventé, rien de moins). C’pas pour rien que des bands légendaires comme eux refont surface et sonnent comme exactement les mêmes dudes qu’au début de leur carrière, au lieu de se cacher sous une façade mainstream cernable par touts les connaisseurs. Ceci dit, surveillez la sortie de »Crucified », leur petit nouveau, le 7 Mai. C’pas mal le meilleur stock que j’ai entendu dans les sept derniers jours; et j’ai entendu une seule promo track, »Taking it All », et c’est exactement ça que j’passerais mes journées à écouter comme type de métal pour me rafraîchir l’esprit et m’aérer la patience; c’est complètement dépourvu de prétention, et même la production est loin d’être surfaite. Si vous aimez ce que c’te gang-là nous emmène, vous comprenez exactement pourquoi du monde comme moi sont aussi mordus de musique. Écoutez-moi c’te vocal-là – on jurerait Lemmy. Si vous l’saviez pas déjà (faites vos devoirs, batince) leur premier album »Hell to the Holy » est sorti le 26 Mars 2012 et c’était c’que j’appelle du oldschool thrash vraiment crass (dans mon monde, c’est un VRAI compliment) meets du heavy metal complètement enragé plus traditionnel avec une touche légèrement Texanne qui me donne l’impression que PANTERA c’est un des bands fétiches des gars. Ça s’entend assez facilement – si vous êtes toujours pas convaincus, laissez-moi vous promettre qu’en passant assez de temps avec l’album, vous allez entendre même du fucking BLUES (parce que oui, c’est possible d’intégrer cette approche à du métal violent; si vous connaissez votre affaire anyway, vous savez que trop bien que le métal ça aurait jamais existé si le blues avait pas autant pogné back in the day). J’espère assez vivement que tous ces éléments vont clairement refaire surface sur »Crucified » – jusqu’à date j’me fais dire par Tony que ça va être brutal, presque plus que Hell to the Holy, à en juger par son enthousiasme assez énergisant merci. Les tounes brutales sur l’album d’avant le sont vraiment beaucoup – ça va être assez dur à topper en terme d’agressivité complètement incontrôlée. Ceci dit, MPIRE OF EVIL a le don pour créer des riffs mémorables, et des mélodies complètement macabres qui sont tellement badass que j’dois dire que j’espère en savourer un peu plus parmi les tounes plus thrash qu’ils promettent de nous servir. Voici « Hellspawn » de leur 1er album.
Parlant de blues, y’a moyen de faire fusionner ça avec une touche de jazz et avoir comme résultat un espèce d’album de hard rock « on steroids » qui fait penser un peu à c’qui serait arrivé si Santana et, disons, ZEPPELIN ou DEEP PURPLE avaient décidé de se réunir dans un petit chalet perdu dans le fin fond des fin fonds pour jammer pendant une coupe de semaines en enregistrant pas mal tout sans se soucier de remixer ou remasteriser comme des obsédés complètement finis. Si vous surveillez pas mal la scène rock and roll ces temps-ci, vous savez que des albums de même, y’en sort de plus en plus – c’est une esti de belle vague celle-là. CLUTCH sont rendus sur cette avenue-là avec »Earth Rocker », un de mes albums fétiches de 2013 qui va sûrement être dans mon top 10 en fin d’année. PINNICK GALES PRIDGEN ont fait surface sur Magna Carta avec un blues plus accessible mais quand même assez entraînant par bout, ce qui a probablement fait de leur Self-Titled, une certaine inspiration pour des nouveaux bands qui se ramassent sur mon radar de plus en plus souvent dernièrement – honnêtement, quand j’pense à CLUTCH et PINNICK GALES PRIDGEN, j’ai pas mal de misère à pas avoir l’impression que DOUBLE TREAT sont accros à ces deux albums. Ça vous donne une assez bonne idée à quoi vous attendre en vous claquant leur prochaine release sur Sleaszy Rider Records, »Wander Thirst ». Je vous avoue qu’à partir de la première toune j’étais pas nécessairement vendue – c’est un CD qui doit être écouté d’un bout à l’autre, comme si c’était un film, pour être vraiment »catché » par la personne qui écoute. Le format est un road rock assez safe et flat en commençant mais ça devient un espèce de blues vs. jazz facedown assez rapidos – plusieurs guest guitarists (incluant celui d’ACID DEATH qui est, soit dit en passant, un band grec dont pas assez de monde connaissent l’existence, dig it up) s’échangent le spotlight ici pour forger un album auquel je risque d’être accro tout l’été. J’avais mauditement hâte de découvrir un projet qui me donne l’impression d’être tombée pile dans une vibe 70s qui relève autre chose qu’un vintage doom macabre ou du progressif – je m’attendais pas à ça mais ces gars-là m’apportent le morceau manquant du puzzle avec la touche Santana que j’attendais et faut se le dire, ce dernier est pas tellement impliqué dans le rock and roll ces temps-ci mais encourage surtout la pop; y’a moyen de se consoler avec DOUBLE TREAT qui réussissent à invoquer sa vibe dans un contexte pas mal plus intéressant à écouter.
Dans un tout autre ordre de pensée, j’ai été surprise en sale quand j’me suis claquée »Cube 3 », de SUPURATION. Listenable Records ont le don d’endosser des bands qui osent pousser le vice en terme de son obscur et profondément inaccessible et EXTRÊMEMENT propice à une digestion progressive plutôt qu’instantanée chez ceux qui se sentent assez aventuriers et ouvert d’esprit pour écouter avec un enthousiasme assez geeky merci. La bio du band me dit qu’ils sont du genre à se faire discrets sur de longues périodes entre chaque album et disons que c’est assez comprenable – l’album au complet est plus que progressif – la complexité à laquelle j’ai eu droit en écoutant, c’est du stock d’une rareté frappante, même avec la trolée de bands de prog qui ont fait surface tout l’hiver. Ce qui me gosse un peu, je l’ai résumé assez amplement sur ma page Facebook tout de suite après avoir tenté fortement d’apprécier l’approche – tentative qui m’a échappé en bout de ligne, j’ai vraiment pas réussi à accrocher autant que je l’aurais voulu.
»Mettons que j’réalise que j’aime pas mal plus les albums qui dénombrent un paquet de tounes complexes qui contiennent environ 80 revirements de songwriting structure versus une approche qui privilégie la répétition méditative d’une même part au coeur d’un ramassis de riffs assez mathématiques pour faire badtripper un prof d’algèbre. Pas grave si une toune est méconnaissable rendue aux 2 dernières minutes de sa durée totale de 8 minutes; au moins on a droit à du rebondissement. Un zone-out total au coeur d’un paysage déjà abstrait et plus toff à digérer, ça rend un album, qui aurait pu être phénoménal, assez monotone et platonique. Dommage, le nouveau SUPURATION, j’aurais aimé ça embarquer dedans un peu plus. Next time maybe. »
Je pense pas que y’a moyen de mieux résumer »Cube 3 » que par une longue phrase incrédule dans le genre. J’adore le prog – disons juste que faut savoir bien balancer les assets de ce style pour l’exécuter de façon mémorable. Voici « Consumate » tiré de « Cube 3 ».
J’suis un être assez abstrait (et parfois même dur à suivre, j’en conviens) avec des goûts très finement ciblés et j’suis difficile comme dix mais je pense qu’en critique musicale, c’est important d’être conciliant, et de savoir éviter de généraliser, et de se dire qu’at the end of the day, le cas par cas, c’est la seule manière objective de savoir analyser chacun des albums, bands, et sous-styles qui se présentent à nous, gens très choyés des médias. En ce sens, TOUS les styles sans exception ont des surprises à offrir, des jambettes à faire à ceux qui pensent qu’ils connaissent chacun des trilliards de bands qui font un type de métal en particulier. C’est impossible de tout connaître. Vous voulez en savoir plus sur mes analyses personnelles, mon regard sur l’univers du métal, et vous avez pas peur des opinions tranchantes?
Écoutez mon show tous les dimanches sur Ondes Chocs à 20h.
–Noch
by Marryah Noch Mulligore | Avr 1, 2013 | La Décapiteuse

La Décapiteuse # 5
On se le cachera pas – l’ère moderne au sein de la scène métal mondiale, que ce soit au niveau underground ou mainstream, est aussi victime de hypes, et également d’overhypes. Ma définition d’une mode qui pogne trop (même dans le contexte d’une scène dont je fais partie avec beaucoup de fierté et avec un sentiment d’appartenance tout naturel) c’est quand un sous-style de métal en particulier apporte des caractéristiques à un son pour le rendre plus accessible au grand public, au grand détriment de sa crédibilité et de son efficacité. Des modes plus ou moins viables (et aussi assez modérément nécessaires) ont pris le dessus au courant des dernières années, et c’est un phénomène assez facile à observer quand t’es le genre de personne qui se claque des centaines d’albums par année. Y’a eu la vague folk y’a un bout de temps, suivie de près par la grosse trolée de bands qui se disent »pirates » ou »viking ». Certains ont réussi à intégrer de la flûte, de la cuillère, du maracas, et de la mandoline à leur album sans ruiner leur identité métal (i.e. ELUVEITIE), d’autres ont succombé à l’aspect cheesy dicté par le courant populaire et ont fini par cracher du stock qui sonne à peu près aussi heavy qu’un album de swing (i.e. ALESTORM). Ensuite, in comes the thrash revival. Un peu plus tard, on a eu droit à un très émouvant retour en arrière avec la réapparition du vintage rock et l’appréciation un peu plus marquée du public face au psyrock et au doom (cette phase était pas mal ma préférée et a duré jusqu’à début 2013). Cette année, le prog fait virer tout le monde à motié fou, et j’avoue que j’embarque quand même dans le bateau et je trouve qu’il y a quelque chose d’intéressant à voir. J’ai par contre un mauvais feeling pour la trend qui vit en parallèle complet avec l’univers du métal mathématique au même moment – dans une dimension éloignée, mais dont l’existence est assez flagrante pour exaspérer les oldschoolers comme moi qui apprécient un musicianship qui a de la substance – le fucking metalcore et la manière dont trop de types de bands (death metal en passant par le thrash jusqu’au hardcore) intègrent les tough guy breakdowns dans leur approche de manière étouffante, voire risible. Honnêtement, le trip Trolls Dansants me gossait pas mal moins et les raisons sont assez comprenables.
BEYOND THE SHORE – Ghost Watcher
J’ai récemment eu l’heureuse occase toute particulière d’entendre Alex Webster tergiverser sur son point de vue concernant l’approche moderne à l’enregistrement et la production d’albums métal. »Si t’écoutes un album rock ou heavy metal des années 80, peu importe t’es qui, tu vas te rendre compte assez vite que c’est facile d’entendre les erreurs (i.e. cues manquées, notes qui sonnent faux, vocals pas tout à fait au niveau, etc.), » affirme-t-il, et ce qu’il faisait ressortir avec ce statement aussi, c’est que dans le temps, la musique sonnait comme un band qui pratique dans son petit local, avec la vibe un peu dirty et oldschool qui y règne, faisant ressortir la chimie du band, ou, dans certains cas, son manque assez marqué de talent – c’était un traitement qui définissait l’enregistrement en studio, pour le meilleur, et pour le pire, back in the day. Y’avait pas de Pro Tools. Les producteurs (jusqu’à temps que des têtes de linotte comme Bob Rock rentrent dans le décor – je sais que y’en a d’autres qui privilégient une approche plus clean et pop, mais je mentionne ce gars-là parce que beaucoup vont mieux saisir mon point de vue avec un example connu) insistaient pas pour que le band utilise des click tracks, des autotuners, des FX qui brouillent pratiquement les pistes des riffs sur lesquels les guitaristes ont travaillé fort (mais qui finissent par sonner comme un espèce de blender futuriste à cause d’une production qui abuse le treble)… tout ça, ça existait pas, dans le temps. »De nos jours, les bands se donnent des cheveux blancs à force d’essayer de corriger toutes les erreurs entendues sur leurs maquettes, et à un certain degré, c’est eux qui s’imaginent des affaires, parce que souvent, tout sonne assez bien sans que y’ait un besoin d’aller faire de l’editing presque sadique, » ajoute-il, un sourire en coin, affirmant lui-même être un perfectionniste pratiquement insomniaque. N’empêche qu’en soutenant qu’aujourd’hui, c’est particulièrement difficile d’entendre un album qui sonne pas complètement synthétique et artificiel quand tu plonges dans certains sous-styles qui ont l’air d’être principalement caractérisés par l’abus total de whipped cream en studio, il est loin de mâcher ses mots et d’avoir tort. L’album « Ghost Watcher » de BEYOND THE SHORE, par example, aurait pu être un phénomène hardcore presque potable si c’était pas du fait que l’ordeal au complet sonne comme le genre de CD qui a été écrit par un band qui s’est dit »même si l’effet de nos compos est pas tellement viable quand on l’entend sur notre petit démo enregistré dans le garage, un coup rendus en studio, on va entendre la différence – avec 67 000 touch-ups de notre producteur, même nos half-riffs et nos 60 breakdowns par toune vont sonner comme du matos pertinent, et tout le monde va se garrocher pour acheter ça chez Archambault. » C’est vraiment dommage – surtout que ledit album est endossé par Brian Slagel de Metal Blade qui a sûrement backé ce band-là en se disant qu’ils auront un succès commercial de fou et je suis convaincue qu’il a raison. Néanmoins, c’est exactement le genre de son que j’espère entendre le moins possible dans une semaine vu que ça me donne une réaction allergique qui a tendance à durer 6 mois. Ces gars-là veulent être UNEARTH mais sont pas sortis du bois encore – ils auraient déjà un meilleur street cred avec des mélodies à peu près aussi efficaces et moins d’emphase sur leur approche DJ Lethal qui me donne l’image mentale d’une gang de trend huggers qui font du breakdancing dans un parc de skateux. Très peu pour moi, désolée.
THY ART IS MURDER – Hate
L’Australie marque habituellement pas mal de points en terme de consistence. C’est assez rare que j’entend du stock venant du pays (le plus under-rated en terme de bons vins, selon moi – essayez le Notting Hill si vous catchez pas de quoi je parle, c’est une perle) qui sonne faux, ou pas assez appliqué. Un peu avant qu’ils se fassent signer sur Nuclear Blast Entertainment, j’ai pu entendre et apprécier l’approche extrêmement tranchante de THY ART IS MURDER. En fait, je l’ai assez appréciée pour avoir envie de leur offrir un deal sur Mulligore, le label pour lequel je bosse et dont je suis co-propriétaire avec mon Beau, mais peu de temps après y avoir pensé, j’ai vu que Nuke Blast avaient fait leurs devoirs et avaient vu leur potentiel avec une longueur d’avance. Ceci dit, le label m’a envoyé leur album directement, vers la fin du mois passé, et j’ai été assez ouvertement déçue. Make no mistake, leur son est colossal – avec le volume au fond, c’est assez facile d’avoir le goût de dire un cossin du genre »bordel que ça choppe » en entendant la prod totalement on-the-dial qu’on a ici; le drum sonne comme une machine de guerre, on entend tous les riffs à merveille (même qu’ils sont assez cassants) et le tout est crystal clear, mais d’une manière bien sondée pour le style présenté, qui correspond à du brutal death avec une touche mélodique. Jusqu’ici, tout va bien – jusqu’au moment ou ça devient assez absurdement facile de mettre le doigt sur le Modus Operandi répétitif et méchanique de l’évolution des compositions. Tous les paris sont axés sur les élément suivants: une suite de breakdowns qui vont à l’encontre de toute impression de structure concrète dans chacune des tounes, du hyperblast qui est assez constant pour devenir redondant et innoffensif, du hypershred qui étouffe complètement l’épanouissement des riffs et des grooves de la rhythm section, et la soudaine apparition de certains licks et solos plus techniques et recherchés, présentant occasionellement une twist mélodique assez efficace pour être une maigre consolation qui compense un peu pour l’énumération un peu décourageante que j’viens de déblatérer. Inutile de vous dire que je m’attendais à du stock de qualité qui casse tout – j’peux affirmer que ma patience est la seule chose qui est un peu brisée suite à l’écoute du dit album. J’espère avoir droit à un coup de poing dans la face plus concis la prochaine fois parce que c’est clair que ces gars-là sont en train d’explorer leur propre approche et de gauger les proportions de leur zone de tir.
Sur une note un peu plus légère et encourageante, si vous voulez un example assez pertinent d’un band qui sait intégrer des breakdowns aux bonnes places et faire de cet élément un avantage marqué plutôt qu’un handicap axé sur la mode dernier cri dictée par les poodles qui contrôlent la scène commerciale et mainstream, écoutez « Leading the Blind« , de YEARS OF TYRANTS, qui sort sur Kaotoxin (un excellent label de death métal Français) prochainement. Ces gars-là ont pas peur d’avouer qu’ils sont influencés par le deathcore *un peu*, mais leur approche est assez technique, et leurs mélodies sont efficacement mélancoliques. C’est assez ahurissant d’entendre un album qui fait penser à un mélange des meilleurs aspects de NECROPHAGIST, BRAIN DRILL, WHITECHAPEL, et HATEBREED du même coup. J’appelle ça de la créativité qui peut se permettre d’avoir un certain tantinet d’influence des modes courantes puisqu’elle n’en abuse pas de manière déraisonnable.
Pour savoir exactement de quoi je parle, y’a pas meilleur moyen que de se brancher à mon show hebdomadaire, »C.R.O.C. Underground Metal ». Suivez-moi sur Facebook pour suivre toutes mes updates en direct.
Noch