N’étant pas une fille qui écoute beaucoup de métal Québécois, j’dois avouer qu’à mon retour de l’Angleterre à l’été 2011, j’ai pas mal rushé pour me réintégrer à mon patelin. J’avais pogné un beat assez Européen merci et me disais que la scène Canadienne, ce n’est vraiment pas le même ordeal. Loin de moi l’idée de la sous-estimer; au contraire, je connais une panoplie de groupes de la relève qui se démarquent d’emblée. N’empêche qu’un fait irréfutable faisait surface dans ma tête; le métal Québécois n’avait tout simplement pas la même stamp, le même feel.
Me voilà maintenant chroniqueuse de shows, un bel aspect de ma job de journaliste et critique musicale qui ne me donne pas l’impression d’être sur mes heures de travail. Se claquer plus de pichets de Guinness que la limite raisonnable et se donner le luxe de se prélasser dans le fond d’une salle sombre entourée d’une gang de trippeux qui virent à moitié fou en se laissant brasser par du bon brutal qui fait pratiquement grouiller la bâtisse d’un bord à l’autre de la Dufferin (surtout en ayant pour EMPLOI d’être là pour tergiverser mentalement sur le contenu d’un article psychotiquement technique d’analyse de show; eh non, ce n’est pas ça que le staff de Ondes Chocs m’ont exigé, mais j’me donne le plaisir maniaque d’étoffer mon approche), it feels like a hobby – the best goddamned hobby you could possibly imagine.
Je ne me suis pas prêtée à ce rituel depuis vraiment trop longtemps et j’ai pu me remettre dans le bain assez drastiquement hier soir (2 mars) avec un set tantôt houleux, tantôt tellement impressionant que j’avais peine à croire que je n’étais pas soudainement de retour en Europe pour l’espace d’une veillée. En effet – je découvre avec un tant soit peu de surprise que le Québec commence à emprunter pas mal de tips & tricks des britanniques en terme d’approche musicale. En terme de son, j’ai entendu pas mal de stock assez bien tissé, et vraiment loin d’être typique. J’avais déjà une bonne impression (en voyant que HOLLOW était le headliner) que le show serait original. Et pour l’être, y l’était en maudit, d’un bord à l’autre, ce qui était un avantage de taille par moment, et un engouement légèrement trop surfait et assommant par bouts aussi.
INFECTED KARMA, une formation Sherbrookoise que je n’avais jamais eu le plaisir de voir en show avant hier soir, m’ont agréablement sacré une belle grosse volée. Leur énergie et leur »drive » était palpable et électrisante; ces gars-là saignent pour leur art et ce pattern était assez communicatif pour me garrocher dans un headbanging assez frantic. Y’a pas à dire, j’étais dedans, et croyez-moi quand j’vous dis ça – un band qui ne se met pas dedans ne me donne pas le goût de grouiller d’un pouce quand je les regarde aller, mais EUX, je les trouvais convaincants, et ce, même si je trippe plus ou moins sur leur vieux stock. Ils ont joué 2 nouvelles chansons qui m’ont par contre rendue muette comme une carpe, j’dois l’avouer.
Les mélodies étaient plus prenantes; les contre-temps à saveur un peu progressive qui semblaient inspirés par la vague plus moderne (propre à 2013) de ce style m’ont indiqué que ces gars-là sont en train d’expérimenter avec plusieurs types d’influences différentes afin de forger leur blueprint; c’est une belle expérience d’être témoins de cette évolution et j’suis contente d’arriver sur le terrain de INFECTED KARMA au moment où leur son semble s’épanouir le plus. J’suis sur un guess, mais j’ai un bon feeling sur le stock qui va prendre forme à mesure que ces gars-là poussent pour déterminer l’identité de leur approche. En tout cas, y’a pas à dire, ils ont du chien sur un stage, ils ont un skill complètement dément, et ils savent lever une foule en restant concentrés. C’est du solide, dix sur dix les gars; j’ai hâte de vous voir jouer encore plus de nouvelles tounes. Keep it up!
J’vais rester diplomate sur la question, mais j’dois avouer qu’après avoir vu SANGUINE GLACIALIS pour une première fois quand ils sont passés à Sherbrooke en Mai dernier, je n’avais pas un enthousiasme complètement ahuri envers leur approche, sauf que j’suis partie sur une idée assez fair play en me préparant mentalement pour leur set en sirotant ma douce stout irlandaise et en scrutant les black lights du ciel constellé d’étoiles de la main room du Magog qui commençait, soit dit en passant, à se réchauffer assez rapidement après que INFECTED KARMA ait donné un show d’la mort totalement recommandable: un bon band, c’est un band qui sait s’observer, s’évaluer, et travailler sur les points moins forts de leur delivery question de la topper de façon de plus en plus draconienne à chacun de leurs shows. Et effectivement, j’ai senti une amélioration dans la vibe de SANGUINE GLACIALIS. N’empêche qu’en partant, je ne peux pas dire que je suis fan de leur musique; ça fait du sens vu mon background qui n’est vraiment pas très symphonique ou gothique. Je préfère le métal bien gras et un peu moins poussé sur le théâtral – rares sont les cas des bands qui réussissent à aller me chercher avec ce type d’attaque, mais ils existent (je suis disciple de FLESHGOD APOCALYPSE, figurez-vous; j’vais donc observer ces types de bands malgré le fait que j’aime mieux ce qui est oldschool à souhait). Je trouve que les compositions de SANGUINE GLACIALIS manquent d’authenticité et qu’ils essaient un peu trop d’emprunter des éléments de bands déjà établis dans la scène – ils devraient peut être oser forcer la note un peu plus pour créer leur propre type de blueprint.
J’ai pensé pas mal souvent à FLESHGOD APOCALYPSE en regardant l’attitude du frontman en particulier, et disons que je n’ai pas été tellement secouée par le vocal de la keyboardist. Son clean était assez bien ajusté (surtout vu le contexte – elle avouait elle-même ne pas être familière avec le chant d’opéra depuis bien longtemps) mais son growl et ses screams n’étaient vraiment pas assez déployés. Côté riffs, ce que j’entendais était acceptable, mais restreint. J’ai l’impression que ce band n’ose pas se laisser aller assez et qu’ils ont un système paint-by-the-numbers un peu trop serré. lls pourraient explorer leurs possibilités de façon plus concise avec une individualité beaucoup plus marquée. En termes d’énergie et de présence scènique tout de même, je dois leur accorder – ils sont complètement professionnels. Ils savent lever une foule, et j’dois ajouter que le guitariste a été assez brave pour faire le show malgré le fait qu’il a récemment été opéré à la hanche. J’ai trouvé ça fort qu’il se donne autant qu’il l’a fait malgré l’énormité du problème. Je vais garder un oeil sur ce band, sachant qu’ils sont sérieux et intricate – tout ce que je dis ici, c’est qu’ils ne sont pas encore au peak de leur créativité.
C’était marqué dans les étoiles au plafond du Magog: HOLLOW étaient top shape. La première fois que j’ai commencé à pousser mes recherches sur ce band, la toute première phrase qui m’a sauté dans la face est la suivante:
Hollow was the tightest of all the bands and their lead guitarist was impressive – the first truly advanced player of the evening. — Alex Skolnick, Le Juge (The Judge)
La soirée dont Skolnick parle est le concours « En route vers le HeavyMTL » de 2012. Honnêtement, je trouvais que son statement était un peu glissant, mais en observant le soliste même durant le soundcheck, j’ai pu analyser son champ de tir, et croyez-moi que ce mec pourrait être dans n’importe quel type de band qui exige un guitariste vraiment désarçonnant: un projet thrash par ci, un projet de death technique/progressif/néoclassique par là: ce gars-là a de l’avenir et un tas d’options devant lui. Le bassiste était aussi particulièrement étonnant à regarder: le 3/4 du temps, il ne fixait pas son fretboard; il observait le guitariste. Les deux gars s’envoyaient la balle comme s’ils étaient dans ce même band depuis la nuit des temps. La chimie était palpable. Le frontman avait une énergie authentique sans retenue. Je n’ai pas senti même un tantinet de prétention dans l’air et croyez-moi que la modestie a le don de rendre un band plus crédible: non seulement, ces gars-là sont humbles et j’entends dire qu’ils sont extrêmement sympathiques, mais ils ont un talent qui va vraiment les établir en tant que gros nom (que dis-je, COLOSSAL NOM) dans un futur très rapproché.
Je souligne que la brave dame qui a booké ce show, Katrine Schram, a fait une job qui démontre une connaissance bien aiguisée de sa scène. Ceci était son premier show, et je tiens à mettre l’accent sur son professionnalisme. L’expérience était de qualité et, malgré qu’imparfaite, vraiment intriguante et assez intéressante à creuser pour une journaliste qui recommence tout juste à chroniquer les shows qui passent par l’Estrie. Nice work, I am pleased.
-Noch
— Noch
![373135_453667174691292_1356951909_n[1]](http://ondeschocs.com/wp-content/uploads/2013/03/373135_453667174691292_1356951909_n1.jpg)






Awesome report by some fair eyes and ears…good work Nock ! Keep it on
Cheers man, and keep readin’ \m/ Cool to get some direct feedback and accolades. Rock on.