C’est bien connu, lorsque les métalleux de Québec se rassemblent pour un bon spectacle, cela fait beaucoup de bruit et une atmosphère survoltée. Cependant, lorsqu’en plus ils le font pour une fichue de bonne cause, le moment a quelque chose de magique, d’unique et d’infiniment beau. C’est certainement cet objectif que visait Marco Chabot, un passionné de Metal malheureusement atteint de la maladie de Parkinson depuis plus de 10 ans, lorsqu’il a eu l’idée de produire un spectacle Metal dont les profits iraient tout droit à la recherche pour contrer cette horrible maladie dégénérative. Vendredi dernier avait donc lieu la troisième édition de ce louable évènement, tenu dans l’enceinte de l’Agitée, organisée avec l’aide de Marc Lavoie et Éloïse Chabot et animé par nul autre que notre mascotte-patron chez Ondes Chocs, j’ai nommé Dave Rouleau. De plus, cette édition du Parkinson Metal bénéficierait d’une affiche très relevée comprenant les excellents groupes québécois suivants: Aeternam, Vortex, Nordheim et Inextalis. Il était donc absolument hors de question que je manque cet évènement qui me permettrait de joindre l’utile à l’agréable en encourageant une bonne cause tout en festoyant de métallique façon.
C’est donc avec excitation que ma concupiscente épouse et moi prîmes le chemin maintes fois parcouru qui sépare notre modeste demeure de l’éternelle Agitée, en cette froide soirée de novembre. Après un ravitaillement gourmand et monétaire, nous arrivâmes sur les lieux du massacre vers 19h où nous pûmes saluer les quelques visages connus participant activement à la tenue de cette soirée soit: Marco Chabot, sa fille Éloïse, Marc Lavoie, Bob Jr Girard (Ancestor’s Revenge), Julien l’Arlequin à la porte (Ex-Morgue, Piezo) et François C. Fortin à la console. Puisque ce vendredi était aussi la journée internationale de la Stout, nous en profitâmes pour nous ravitailler de cette noire mixture tout en conversant avec les divers membres de la scène Metal de Québec qui faisaient leur arrivée à tour de rôle dans la salle: Stéphane Simard et JD Villeneuve de Deviant Process, la très dévouée Manon Rose Doucet des Studios de Musique du Québec, l’omniprésent Dave Rouleau, Luc St-Laurent et Alex Deleon-Cativo (Behind The Revolver) de Ondes Chocs. La salle fut bientôt très bien garnie en spectateurs et peu après 20h, Dave monta sur la scène pour nous présenter vigoureusement le premier groupe de la soirée: Inextalis.
Inextalis, anciennement connu sous le nom de Amnesia de 1995 à 2013, est une formation originaire de Sainte-Thérèse de Lisieux dont le changement récent de nom représente leur évolution d’un Black Metal mélodique et technique vers un Death Metal Progressif très mélodique et varié. Leur musique comprend des passages très agressifs typiques du Death Metal autant que des passages axés sur des mélodies et des voix claires qui vont parfois même faire penser à du Power/Thrash Metal. La formation surfe actuellement sur la sortie de son premier opus sous le nom de Inextalis, intitulé Catatonic Universe qui a obtenu une très bonne critique de la part de Luc St-Laurent sur Ondes Chocs. Le groupe est composé des mêmes membres que la dernière formation connue de Amnésia, soit: Pascal « Dark » Gagnon au chant, Éric Bédard comme guitariste soliste, Kevin Ouellette à la guitare rythmique et aux chœurs, Michaël Simard à la basse et Yannick Simard à la batterie. Sur scène, le groupe nous présenta une très belle performance convaincante, bénéficiant d’un son impeccable dû au travail toujours excellent de François C. Fortin à la console et aux nouvelles installations sonores de l’Agitée qui a ainsi fait un bond impressionnant à ce chapitre. Le groupe nous livra donc ses compositions avec précision et assurance, nous démontrant leurs grandes qualités musicales et leur expérience. Du côté de la présence scénique, je pus cependant noter une certaine nervosité de la part du chanteur Dark qui était un peu moins convaincant dans ses interventions entre les pièces que lorsqu’il chantait et semblait parfois un peu gêné devant la foule nombreuse. J’aurais aussi apprécié un peu plus de mouvement de la part des membres du groupe, une attitude un peu plus In your face, notamment en ce qui concerne le bassiste et le guitariste soliste qui, pour sa part, éprouva quelques problèmes techniques avec sa pédale de distorsion. Toutefois, ce sont des défauts mineurs qui seront certainement corrigés d’eux-mêmes au fur et à mesure des performances du groupe et je fus très satisfait de leur prestation dans l’ensemble. Vous pourrez découvrir ce groupe ici.
Après une brève pause et une autre présentation énergique de Dave Rouleau, c’était maintenant au tour des vedettes locales de Nordheim de venir s’exécuter sur la scène de l’Agitée. Pour ceux qui ne la connaîtraient pas encore, cette formation de Québec œuvre dans un Folk Metal rappelant fortement Ensiferum avec un mélange d’aspects festifs et plus sombres. Waraxe (guitare rythmique, voix), Fred (guitariste soliste), Benfok (basse, vocal), Thom (Claviers) et Lucas Biron (batterie) sont les membres de ce groupe qui compte deux albums à son actif (Lost in The North (2010) et Refill (2013). Avant même que Nordheim ait produit la moindre note avec ses instruments, l’ambiance se déchaîna dans la salle, sûrement en raison des nombreuses caméras Go Pro maniées par des amis du groupe ou installées sur leurs instruments qui avaient pour but de capter la performance du groupe pour le vidéoclip de leur pièce Get Drunk Or Die Tryin’. La foule se compacta donc naturellement à l’avant et une fois de plus, le groupe nous livra une prestation extrêmement solide, autant au point de vue musical que du côté de leur présence scénique sans compromis et de leur talent pour provoquer la folie des spectateurs. Douches de bière, circle pits déchaînés et hochements de têtes effrénés furent au rendez-vous dans ce qui fut sans aucun doute la prestation la plus démente de la soirée. Aucun des spectateurs présents ne sembla rester indifférent devant cette performance mémorable et je suis prêt à parier que le groupe a récolté un nombre incroyable d’images savoureuses pour son vidéoclip. Vous pourrez suivre les activités du groupe sur sa page Facebook.
La chaleur était maintenant étouffante à l’Agitée et l’animateur de la soirée, après un petit concours de hurlements bien hilarant, nous présenta Vortex, un excellent groupe de Rimouski actif depuis 1998 qui n’a pas moins de cinq albums à son actif. Cette formation œuvre dans le Death Metal Mélodique teinté de quelques influences Metalcore et compte sur les services de Jean-François Côté au vocal, Francis Marmen à la batterie, Dany Lévesque à la guitare, Mathieu Duguay à la guitare et David Vaillancourt à la basse. Très en forme, le quintette nous frappa en plein visage avec une prestation remplie de mouvement et musicalement impeccable. Je dois noter à ce titre, la performance charismatique et débordante d’énergie du chanteur. Le bassiste fut aussi un véritable spectacle à lui seul avec son incapacité à rester en place plus de deux secondes couplée à son agilité sur son instrument. Francis Marmen me démontra également l’immensité de son talent de batteur, jouant avec ses baguettes comme si de rien n’était au milieu de rythmiques superbement exécutées. Enfin, que dire des guitaristes avec leurs envolées réussies, leurs riffs entraînants et leur assemblage indéchiffrable de pédales d’effets qui n’handicapaient en rien leur contact avec les spectateurs? Toutefois, je fus un peu déçu par la réaction un peu froide au début du public qui dû se faire semoncer pour s’avancer à l’avant et qui était notablement moins énergique et dément que pendant la performance de Nordheim. Mes chers amis, il faut bien accueillir les groupes de l’extérieur de Québec lorsqu’ils nous présentent une telle puissance scénique! Qu’à cela ne tienne, Vortex démontra l’étendue de son talent avec une conviction impressionnante et s’est sûrement fait de nouveaux fanatiques à Québec ce soir-là!
Une ultime pause débauche et Dave Rouleau monta faire un dernier tour de piste pour nous présenter les organisateurs et intervenants de la soirée et laisser Marco Chabot s’adresser aux spectateurs avant de laisser la place à Aeternam. Groupe parmi les plus prometteurs de la région de Québec, le quatuor formé en 2007 joue une musique qui combine le Death Metal rappelant le célèbre groupe polonais Behemoth et la musique traditionnelle d’influence moyen-orientale. Fort d’un premier album qui fut fort bien accueilli, Disciples of The Unseen (2010), le groupe a récidivé en 2012 avec l’excellent Moongod que je vous conseille fortement. La soirée était quelque peu spéciale pour Aeternam, puisqu’il s’agissait de son second spectacle seulement avec Matthew Sweeney comme guitariste soliste suite au départ du membre original Alexandre Loignon qui a décidé de se concentrer sur sa carrière professionnelle. Le reste de la formation a peu changé depuis l’arrivée de Maxime Boucher à la basse et aux chœurs en 2012, les deux autres membres originaux étant Ashraf Loudiy à la guitare et au chant et Antoine Guertin à la batterie. Le début de leur prestation, bien que très réussi musicalement, laissa entrevoir une certaine retenue des musiciens restant réservés et sur leur garde, probablement en raison de l’inévitable période d’adaptation que provoque l’arrivée d’un nouveau membre dans la formation. Cependant, la réponse de la foule, combinée au fait que le nouveau guitariste reprit assez rapidement son assurance, permit au groupe de se dégourdir en ce qui concerne la présence scénique. La performance du groupe fut donc à la hauteur de sa réputation et la fosse s’agita sans relâche tout au long de cette dernière. Comme tout au long du spectacle, le son fut d’une qualité exceptionnelle, permettant d’apprécier pleinement la précision et la qualité du jeu des membres du groupe. En somme, Aeternam nous prouva qu’ils n’ont rien à envier aux meilleurs groupes internationaux de leur créneau et les spectateurs quittèrent la salle dans l’euphorie après leur prestation. Si vous ne les connaissez pas encore, allez immédiatement corriger la situation ici!
En somme, avec une salle bien remplie et un spectacle d’une qualité formidable, le Parkinson Metal a été plus que jamais synonyme de succès pour cette édition. Les quatre groupes présents ont livré la pleine mesure de leur talent pour une cause noble et je souhaite que Marco Chabot, Marc Lavoie et Éloïse Chabot soient victimes de leur succès et qu’ils doivent déplacer l’évènement dans une plus grosse salle à la prochaine édition. En terminant, je souhaite remercier et féliciter les organisateurs, les spectateurs et les groupes impliqués. Vous contribuez non seulement à la recherche sur la maladie de Parkinson, mais vous prouvez aussi que la culture Metal peut accomplir des choses formidables. Tout pour fermer le clapet des détracteurs de notre genre musical de prédilection!
Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas






Une critique parfaitement hallucinante! Excellente description des faits de cette soirée dans ses moindres détails… J’ai presque l’impression d’y avoir assisté une seconde fois! 😉
Alison « Avorton » Rioux