Triple Lancement – Triple Blast

Paroxysm 25 avril affiche

 

Le 25 avril dernier avait lieu un moment spécial sur la scène locale québécoise aux Katacombes de Montréal alors que trois groupes, Abitabyss, Obsolete Mankind et Paroxysm lançaient simultanément leur album. Spécial c’est sûr parce que c’était trois lancements, surtout qu’on parle de groupes regroupant des vétérans musiciens de la scène. Mais au-delà d’un triple lancement qui est déjà beaucoup en soi, le spécial que je veux souligner est que la soirée offrait de la musique quasi 100% francophone alors que seul Obsolete Mankind ont aussi des pièces en anglais sur leur album. Je prends la peine de souligner ce côté francophone parce que trop de personnes pensent à tort que le français ne sonne pas bien et l’utilisent ainsi que d’autres fausses excuses du genre pour justifier le fait de chanter en anglais. Fin de la parenthèse.

Lorsque je suis arrivé sur place, déjà plusieurs personnes s’amassaient à l’intérieur du temple underground de Montréal. Toujours plaisant de voir une place qui se remplit avant le début de la soirée et surtout ça permet de jaser pas mal plus avec tout le monde avant que tout commence. Pas besoin de vous dire qu’à peu près tout le Who’s who de la scène underground brutale montréalaise était sur place.

L’ouverture de la soirée offrait le retour à Montréal de la troupe un peu bizarroïde de l’Abitibi, Abitabyss. D’ailleurs à entendre la foule qui remplissait maintenant quasi complètement la place leur lancer toutes sortes de commentaires allant des bienvenus chaleureux aux remarques saugrenues, il y avait plusieurs amis et fans dans la salle qui étaient contents de les revoir. Pour ceux qui, comme moi avant cette soirée, ne les ont jamais vu, imaginez Village People mais en format grind death. Donc sur scène, il y avait un mineur (batterie et voix), un chasseur (guitare), un pêcheur (voix) et un genre d’éclaireur à la Davy Crockett/Daniel Boone (basse). Belle job au niveau des costumes et quelle belle vignette touristique pour illustrer les attraits de l’Abitibi! J’ai été surpris de voir que c’était Audeath, mieux connu pour sa participation dans les groupes black Cryptic Howling et Black Empire, qui assurait les vocaux, surtout que ni leur facebook ou autres plateformes ne le mentionnent. J’imagine qu’un jour les mises à jour se feront. Donc comme je disait, Audeath était au vocal principal. Il me disait après leur prestation qu’il trouvait ça cool de faire partie d’un groupe au style différent car ça lui permettait d’exprimer d’autres choses et d’une manière différente. Je dois avouer qu’il fait une maudite belle job dans un registre grind death. Sorti de son carcan grim de black metalleux, il a très bien campé son rôle humoristique et théâtral simulant même avec son pied de micro une carabine pour «Chassassination» et une drill à muck pour justement «Muck Drill Blast», en plus d’avoir une approche bon enfant avec la foule lors de ses interventions entre les pièces. Ses interventions ont aussi permis quelques bons échanges comiques avec Raoul au drum qui met à profit pour se mêler de la conversation le micro qui lui sert pour faire aussi des vocaux. La foule aussi, comme je disais, s’est mise de la partie et s’est dans la bonne humeur brutale que s’est déroulé leur set. Musicalement, ça été une tonne de brique. C’était intense, c’était dense et plus d’une personne qui de toute évidence ne les connaissaient pas avant, m’ont mentionné être agréablement surpris bien qu’il n’y ait qu’une guitare. Maudite belle job pour ouvrir la soirée.

 

Obsolete Mankind suivait sur scène et Marie-Hélène a dit qu’ils nous joueraient l’album «False awakening» au complet plus 2 nouvelles pièces. Cool, 2 nouvelles pièces ça augure bien. Leur album vient de paraître mais ils sont déjà en travail depuis un bout pour le suivant. Comme toujours, ils se sont lancés furieusement. Par contre, ça s’est arrêté vite, la double pédale de bassdrum ayant lâché. Pendant le remplacement, Marie-Hélène s’est aussi permise une petite pointe d’humour(!!) s’excusant pour le mauvais timing du bris parce qu’elle n’avait pas préparé de jokes ou d’anecdotes à raconter puisqu’elle s’était fait dire de garder les interventions au minimum. Une fois le problème réglé, la violence est repartie de plus belle. Un assaut en règle qui ne laisse que peu de répit car leur brutal death est à fond la caisse la majeure partie du temps. D’ailleurs, ça se reflétait dans la réaction de la foule qui semblait un peu tétanisé sur place par moments par le barrage sonique mais qui se déchaînait lors des ralentissements groovy comme pour la pièce «Distance» un slow death groovy à mort qui a enflammé le plancher. Parlant des ralentissements groovy, je dois dire que pour ma part ce sont les moments où j’apprécie le plus la voix de Marie-Hélène qui se permet alors des couplets chantés avec mélodie. C’est aussi le moment où je trouve que sa voix sonne comme celle de Barnes. Dans les passes rapides, elle a aussi une façon de terminer certaines phrases avec un pitch aigu particulier qui me fait penser à la fameuse passe de guitare de Dimebag. Bon ok vous avez compris que j’aime bien ses vocaux. Remarquez que ça n’enlève rien aux autres car comme j’ai dit tout en haut du texte, ce sont des vétérans, des musiciens chevronnés et ça parait. L’exécution est sans faille et c’est justement ce qui gèle la foule par bout. Les fans veulent les regarder faire leurs passes. Et bien vous aurez la chance de les voir et revoir à Trois-Rivières le 13 juin avec Crosstitution et Accursed Spawn. ou encore au mois d’août lors du Obscene Extreme America.

 

 

Paroxysm avait promis dans les semaines précédant le spectacle de nous en mettre plein les oreilles en jouant eux aussi l’intégral de l’album qu’il lançait. Promesse respectée, c’est ce qu’ils nous ont fait avec application. Et au risque de me répéter, c’est exécuté encore une fois avec brio. «Voracité» m’a permis de retrouver ce que j’appréciais de leur album précédent mais en plus cette fois-ci, ils ont fait quelques explorations black metal. J’ai parlé de plein les oreilles mais les voir sur scène offre plus que ce que vous entendez sur CD avec la performance débiloépileptique de Sébastien au vocal. Imaginez un gringalet en transe qui vomit des paroles en spasmes épileptiques. Imaginez une version maigrichonne de Barney de Napalm Death si vous n’avez toujours pas compris. Toute une belle job encore une fois et toute cette frénésie est très bien appuyée par ses partenaires qui livrent la musique avec assurance et brio. Et la frénésie débordait toujours dans la foule alors que le devant de la scène était une marée de corps s’entrechoquant en vagues successives. Je ne ferai pas le mauvais jeu de mot de dire que le show avait atteint son paroxysme (!!) mais l’escalade d’énergie avait fait son oeuvre. La foule en voulait encore quand tout s’est terminé, vous vous en doutez bien.

 

 

Le triple lancement mérite amplement un triple Hourra. La soirée était parfaitement organisée et s’est déroulée rondement dans une atmosphère de franche camaraderie où tous, les fans autant que les musiciens et les membres du personnel des Katacombes arboraient leur plus beau sourire de contentement tout comme moi. Je remercie d’ailleurs Marie-Hélène chanteuse d’Obsolete Mankind pour l’accès au spectacle.

Lex

Dans la fosse aux promos

Afin de vous permettre de voir rapidement les derniers trucs que nous recevons et peut-être vous faire découvrir de nouveaux groupes, je vous présente «Dans la fosse aux promos» qui regroupera quelques vidéos et nouvelles parutions choisies parmi toutes les promotions qui aboutissent et s’entassent dans notre boîte de courriel. – Lex

 

À la mitrailllette

 

Pour débuter, encore une fois non seulement mes oreilles me font sentir incompétent mais là mes yeux aussi à cause d’une autre vidéo «playthrough». Cette fois, je mange une volée avec «Wasps In The History Of The Weak» du groupe de technical death metal californien, Continuum tiré de leur album début «The Hypothesis» paru il y a moins d’un mois sur Unique Leader Records.

 

Maintenant que je suis essoufflé seulement à avoir regardé cette vidéo, je reviens avec de quoi de moins technique mais aussi intéressant. J’aime bien la drive de «Winds of the Storm» tirée de l’album «Frostburn» du groupe heavy metal Lords of the Trident de Madison au Wisconsin. Pas de quoi se garrocher dans les murs comme l’autre d’avant mais c’est catchy. Leur «lyric video» est dans le style des dessins des années 1980 ce qui n’est pas à négliger non plus.

 

Je vous ralentis ça encore un peu plus avec le doom symphonique des londoniens Spectral Darkwave. Voici les commentaires du chanteur/guitariste Steve «Arch-Kakoph» Kennedy concernant la nouvelle «lyric video» pour «The Occident» tirée de leur album début, «Last First Contact» paru le 30 mars,

The lyrics and video theme encapsulates how The West has delivered destruction upon so called «lesser cultures» for thousands of years, all in the name of «progress». The video forces the audience to observe the horrific foundation of our «civilisation».

 

 

Maintenant, je vous mets une pièce que j’ai trouvée avec plaisir soit «Rack of lethargy» qui m’avait fait découvrir le groupe death/doom industrial ontarien Inner Thought qui n’était pas sans rappeler Godflesh mais dans un style résolument plus metal. Je vous en mets aussi une deuxième, «Words» car la première, bien que ma préférée de l’album, reflète moins bien l’album complet. Pour ceux que ça intéresse, Inner Thought est le projet solo de Bobby Sadzak surtout connu pour avoir été à l’origine du groupe death/doom culte ontarien des années 1980, SlaughterDwell Records a téléchargé l’album «Perspectives» au complet sur son canal youtube en mars dernier pour ceux qui veulent en entendre plus.

 

Parlant de l’association entre Inner Thought/Slaughter/Godflesh, le premier single que Godflesh a fait paraître en 2013 après douze ans sans rien enregistrer est justement une reprise de «Fuck of death» de Slaughter tirée de leur album légendaire de 1987, «Strappado»

 

Je n’allais tout de même pas vous parler de tout ça sans vous mettre au moins l’originale de Slaughter.

 

Je termine avec un conseil aux maniaques de la nouvelle technologie. C’est le fun composer sa musique sur ordinateur mais il ne faut pas oublier les guitares en format midi au mastering. Quoi?? C’est fait pour??!! Ah bein.

J’imagine que vous avez compris que je plaisante. Soyez curieux avec le Extreme Chiptune Dance Metal de Rainbowdragoneyes et appréciez le scénario de sa vidéo parue le 8 mai pour la pièce, «The Blade Chose Me», tirée de l’album «The secret mirror» paru en août 2014. Je vous imagine haussant un sourcil. Allez soyez bon enfant comme se veut aussi ce projet.

 

 

Critique d’album: GosT – «Behemoth»

GosT - Behemoth

 

GosT

Behemoth

Blood Music

2015

Liste des pièces:
«Beyond»
«Genesee Avenue»
«Night Crawler»
«Master»
«Reign in Hell»
«Tongue»
«Without a Trace» (feat. Hayley Stewart)
«Ripper 0»
«Bathory Bitch»
«Sacrament»
«Behemoth»
«Reign in Hell» (Dance with the Dead remix)
«Behemoth» (Perturbator remix)

 

Démons et années 80

L’une des raisons pour laquelle j’écris des textes pour Ondes Chocs, c’est que je ne sais jamais sur quel genre de musique je vais tomber. Dernièrement, Lex m’a fait découvrir des groupes totalement éclatés. Celui dont je vais vous parler aujourd’hui est loin de ce que je m’attendais. Quand j’ai eu le lien pour télécharger l’album, je croyais que c’était du Black ou du Death métal. Bien franchement, avec un nom de groupe comme GosT et un titre d’album comme «Behemoth», je m’attendais à une symphonie d’instrument électrique. À ma grande surprise, j’ai plus eu droit à un concert d’instrument électronique aux saveurs de synthétiseur des années 80. GosT est un projet solo finlandais de Baalberith qui semble est très confortable avec tout ce qui tourne autour de la démonologie. La pochette de l’album montre un squelette vêtu d’un manteau noir qui semble se faire éclater la tête et qui tient une croix à l’envers, entouré de ce qui ressemble à de la vitre cassée.

Quand j’ai commencé l’écoute de l’album, je n’aurais jamais pensé écouter de la musique électronique. En plus, un style très particulier à lui. Tout commence de manière très agressive, tout en restant dans la palette du synthétiseur. L’une des choses que j’apprécie beaucoup de cet album est que je n’ai pas la sensation que je change de «track». Je m’explique. La plupart du temps, quand j’écoute un album, je sens très bien les débuts et les fins de chaque piste. Avec cette album-là, je n’ai pas cette impression-là mais plus la sensation de l’évolution musicale d’une œuvre. Malgré le fait que les pièces se ressemblent et que oui la musique électronique est une musique qui se répète, ce n’est pas fait n’importe comment. Il a su faire varier ses pistes.

Au début, j’ai essayé de trouver le lien entre sa fascination des forces obscures et sa musique. J’ai souvent associé ce type de musique (synthé-électronique) aux films des années 80. Ironiquement, après la première écoute, j’avais une folle envie d’écouter des films de série B ou le chef d’oeuvre «Métropolis» ou encore partir à la conquête du monde habillée en super héros. Après plusieurs écoutes et quand l’album avance vers la fin, j’ai plus entendu les sons stressants et les ambiances étranges qu’il a voulu véhiculer. Les dernières pièces par exemple, m’ont beaucoup fait penser au groupe E Nomine (Groupe Allemand d’industriel avec des chants grégorien). La différence avec le groupe Allemand, c’est qu’on comprend bien que ce n’est pas des prières, mais plutôt des rites sataniques en hommage aux démons. L’une de mes favorites est «Behemoth». Elle est très agressive avec parfois des moments de musique stridente et elle a beaucoup de variation musicale.

Personnellement, cet album est rendu dans mon Ipod et je l’écoute fréquemment. Je n’ai peut-être pas dit grand chose sur le sujet, mais c’est un personnage qu’il faut découvrir par soi-même. C’est le genre d’album que tu peux écouter en te réveillant le matin ou pour aller faire de la route. Si vous êtes fans de musique des années 80, avec un brin d’agressivité, c’est une découverte pour vous surtout que l’album se télécharge à votre prix sur leur bandcamp.

Marie-Noëlle

 

Dans la fosse aux promos

À la mitrailllette

Afin de vous permettre de voir rapidement les derniers trucs que nous recevons et peut-être vous faire découvrir de nouveaux trucs, je vous présente donc cette nouvelle chronique qui regroupera quelques vidéos choisies parmi toutes les promotions qui aboutissent et s’entassent dans notre boîte de courriel. – Lex

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Revocation a fait paraître le premier d’une série de «lyric videos» avec la pièce «Labyrinth Of Eyes» tirée de leur dernier album, «Deathless». La série de vidéos sera réalisée et animée par leur ami, le guitariste Nick Hipa.

 

Je vous présente «We’ve had enough» de Nekrogoblikon, le nouvel extrait tiré de «Heavy Meta» qui paraîtra le 2 juin via Mystery Box/Razor & Tie et j’en profite pour vous rappeler que John Goblikon aura son talk-show et je vous en mets le teaser sous la vidéo.

 

Explorant les recoins sombres de l’humanité, Primitive Man nous assaille avec cette vidéo intense pour la pièce «Loathe» tiré de leur plus récent EP, «Home Is Where The Hatred Is» paru via Relapse Records. Voici le texte promo de présentation de la vidéo.

Embracing violence, hopelessness, drug abuse, disease, destitution and all-purpose self-destruction, « Loathe » drags its viewers to the darkest bowels of human existence.

Ils seront au Le Ritz PDB de Montréal le 18 juillet.

 

Si vous n’êtes pas assez déstabilisés, je vous propose la vision morbide du projet blackened doom, Total Negation avec la nouvelle vidéo  pour «Kronzeuge» tiré du troisième album complet, «Zeitzeuge» qui paraîtra en juin via l’étiquette Temple Of Torturous.

 

Pour continuer dans une thématique chère à notre scène musicale soit, la misère, la désolation, la haine et la révolte (oui je sais qu’il y a aussi les dragons et autres histoires dans certains genres mais c’est des histoires de batailles, de misère, de désolation et …). Bon, anyway faut pas que je me perde. Donc le groupe doom/sludge  Twingiant a fait paraître une vidéo pour «Tiger Lily» tirée de «Devil Down» paru récemment.

 

J’espère que vous aurez aimé mes sélections et pour terminer, je vous mets de quoi qui vous remettra j’espère, le sourire au visage. Un projet de reprise metal des grands succès du répertoire pop québécois a vu le jour dans les studios Silver Wings de Montréal, sous le nom de Ta Mère. Je vous offre leur toute dernière vidéo pour «Le temps des cathédrales» de l’opéra-rock «Notre-Dame de Paris».

 

 

Critique d’album: Biotoxic Warfare – «Lobotomized»

Biotoxic Warfare - Lobotomized

 

Biotoxic Warfare

«Lobotomized»

Slaney Records/Static Tension Recordings

2015

Listes des pièces
«Mors Indecepta»
«Proclaim The Gospel Of Lies»
«Baptized In Blood And Greed» (Remastered)
«Dysphoric Reality»
«Lobotomized»
«Lust For Hate» (Remastered)
«Parasitic Life»
«As We Rot (Promises Of Heaven)»

 

Biotoxic Warfare est un groupe de thrash/death grec, formé en 2012 à Héraklion, capitale de la Crète. Donc pour être précis, ils sont crétois. Après un 1er EP, «Baptized In Blood And Greed» en 2013 (téléchargeable gratuitement sur leur bandcamp), ils ont fait paraître leur 1er album complet, «Lobotomized», en janvier 2015 contenant huit pièces dont deux remasterisées du EP.

Bon, quoi dire car j’ai comme une vue bipolaire de cet album. Probablement le moins de négatif possible car ce ne serait pas rendre justice à ce groupe qui a un excellent potentiel mais en même temps il y a des choses avec lequel j’ai de la difficulté et qui ne peuvent pas être passées sous silence. Alors allons-y avec le pot en premier, les fleurs suivront après.

Premièrement, débuter son album avec l’intro de cymbale-bassdrum de «Criminally insane» de Slayer a pu sembler une bonne idée dans le local de pratique mais pour moi, à part attirer mon attention vers Slayer, ça ne me fait pas tripper parce que je déteste quand ma cellule de surveillance anti-plagiat est sollicitée. Je sais qu’on ne peut réinventer la roue à chaque nouvelle composition mais il y a des trucs qui sont des mesures-signatures comme cette intro de batterie. Tout comme le sont le solo de clavier de Europe dans «Final countdown» ou le riff de basse de Black Sabbath dans «Children of the grave», et pourtant trop de groupes ont pensé que ce serait cool de les utiliser. Pour ma part, je ne veux plus les entendre. Je le répète, ce sont des mesures-signatures trop évidentes. Et ça m’amène comme toujours au même problème des comparaisons et pendant tout l’album, j’ai comparé et reconnu plein de passes à la Lombardo.

Deuxièmement, l’approche au solo est à la Kerry King, c’est à dire que lors des solos tout doit être mis en veille. Donc la section rythmique devient générique et comme pour Slayer, les solos me paraissent servir le guitariste et non la pièce. Un peu comme l’intro de la pièce-titre «Lobotomized» qui apparait comme un collage pour montrer le talent du guitariste. Ils ont aussi une vague tendance à étirer la sauce en répétant les mêmes mesures comme lors de la passe mélodique qui termine l’album. Le thrash est pourtant mieux servi «right in your face».

Donc, comme vous le voyez, je trouve que ça sent le Slayer a plein nez. Surtout quand tu t’appelles Biotoxic Warfare qui est très proche de «Chemical Warfare». Pourtant, malgré tout ce que je viens de dire plus haut, l’aura de Slayer autour de leur musique est aussi le bon côté ce qui explique mon opinion bipolaire.

Les fans de Slayer, Kreator et Sepultura de la première heure seront comblés. Et ce qui ne me surprendrait pas est que plusieurs de vous le soient pour les deux éléments mentionnés ci-haut. Les gars sont allés à l’école du thrash, connaissent la panoplie de riffs «Kreator/Slayer 101» et je dois avouer que j’y ai trouvé plein de bons moments mais pas les solos. Oubliez les solos pour moi car à la base je ne suis pas fan de solo. Cependant je sais, à voir la quantité d’adeptes du «air guitar» dans les shows, que c’est sûr que plusieurs vont tripper sur les solos.

De plus, il est indéniable que ce sont des musiciens de talent et l’exécution est très bonne. Plusieurs moments sont puissants et livrés avec brio ce qui leur permettent de se démarquer. En plus, le vocal est parfait pour le thrash. «Lobotomized» devrait donc faire tripper plus d’un fan de thrash. Je serai aux aguets pour entendre la suite car le potentiel est là.

Lex