Compte Rendu du 70 000 tons of Metal 2014 – partie 3
Voici la troisième partie de mon compte rendu sur le 70,000 Tons of Metal 2014. La première partie est disponible ici et la seconde partie en suivant ce lien.
Mercredi : Jour 3 : Pas le temps pour une siesta!
Déjà à mi-chemin de ce périple, et aujourd’hui nous étions supposés accoster au quai de Costa Maya au Mexique vers les 8h du matin, mais à 9h du matin, toujours aucun quai en vue. Le soleil tapait relativement fort aux abords de la piscine alors que je discutais avec un compatriote de la situation pour apprendre que nous n’arriverions pas avant midi. Si seulement, j’avais su, j’aurais sûrement fait la grasse matinée, car les occasions de dormir étaient plutôt rares et tous les spectacles et boutiques à bord avaient interrompu leurs activités pour le temps de notre escale.
Finalement, l’heure du débarquement avait sonné et il était temps de faire la file pour profiter des quelques 4 heures restantes sous le chaud soleil du Mexique. Pas grand-chose à faire ici à part visiter des ruines à la hâte, se faire harceler par les vendeurs qui veulent notre argent ou se baigner dans la piscine d’eau salée. Franchement, j’aurais aimé une autre destination, mais c’était Costa Maya qui avait gagné le vote, principalement dû à la quantité d’habitués des croisières qui voulaient voir du nouveau.
Après une petite saucette rafraîchissante dans la piscine, j’ai réussi tant bien que mal à compléter mes emplettes de babioles en souvenir de mon passage, et avant de perdre ma patience et ma bonne humeur envers les vendeurs exaspérants, j’ai décidé que j’en avais assez et que je pouvais aussi bien profiter de ce même soleil à bord du bateau où c’était beaucoup plus calme. D’ailleurs, c’était aussi le moment idéal pour jeter un coup d’œil à l’exposition de notre illustrateur vedette Nick Micho, alors que le kiosque de marchandises était fermé et qu’il n’y avait pas une longue file de gens pour entraver ma vue comme la veille.
Vers 16h30, je suis allé manger avant le début des spectacles de la soirée. Comme tous les groupes avaient déjà passé une fois, c’était l’occasion de voir ceux dont j’avais raté la première prestation ou revoir mes favoris. Le premier groupe à débuter cette troisième journée était la jeune formation écossaise de Power Metal nommée Gloryhammer, second groupe du frontman de Alestorm, Christopher Bowes, qui est beaucoup plus discret dans son rôle de Zargothrax, sombre sorcier claviériste. Sans doute comme plusieurs d’entre nous ayant manqué le premier spectacle de Gloryhammer qui avait joué sur le Pool Deck à 4 heures du matin le lundi, je n’avais pas l’intention de rater ce second rendez-vous dans le Spectrum Lodge bondé d’une foule de gens très festifs et parfois costumés, brandissant en l’air, épées de mousse et têtes de licornes! Si certains trouvaient qu’il manquait de groupes Power à bord, au moins on avait droit à de la qualité. C’était le cas de Gloryhammer qui nous a démontré un talent fou à caricaturer les aspects les plus fantaisistes du genre, principalement Thomas Winkler qui cache un impressionnant vocal sous ses airs de nerd maigrichon en armure. Comme le groupe n’a qu’un seul album, nous avons eu droit à presque la totalité des pièces de Tales from the Kingdom of Fife, entrecoupée par une excellente interaction parsemée d’humour avec le public qui avait beaucoup de plaisir!
Ensuite, alors que nous semblions toujours amarrés au quai de Costa Maya, je suis passé de la légèreté du joyeux Power Metal de Gloryhammer à la lourdeur de la deuxième prestation de Obituary en direct du Pool Deck! Les dieux Mayas ne devaient pas en croire leurs oreilles alors qu’ils se faisaient littéralement marcher sur la face avec Redneck Stomp! Après avoir enchainé quelques classiques tels que; Intoxicated, Immortal Visions et Body Bag, Obituary nous a offert 2 nouvelles pièces inédites avant de continuer avec d’autres pièces de Cause of Death et The End Complete pour terminer avec une autre nouvelle pièce, ainsi que I’m in Pain et Slowly we Rot! C’était encore une fois vraiment très intense!
À peine remis de mes émotions, je me suis dirigé vers le Chorus Line Theater, où Cynic venait tout juste de commencer à jouer. Une fusion de jazz et de death progressif? Si, je n’étais pas prêt pour cela il y a 20 ans lors de la sortie de Focus, j’avais tout de même apprécié leur spectacle à Québec en 1994 lorsqu’ils étaient de la tournée de Cannibal Corpse et Sinister. Mais, aujourd’hui, ces virtuoses m’ont un peu perdu dans leur délire technique. Pour dire la vérité, dans le genre je préfère de loin Atheist que j’avais pu admirer à deux reprises lors de ma croisière précédente, et après seulement 3 pièces, j’en ai conclu que je n’étais pas tellement dans le mood pour autant de complexité. Désolé Cynic, on se reverra lors du prochain set de Death DTA!
Tout compte fait, j’étais peut-être dû pour une seconde dose de Satyricon, mais en attendant le début de leur spectacle sur le Pool Deck, je devais faire quelques achats à la boutique souvenir puisque c’était vraisemblablement la dernière fois que je mettais les pieds à bord du Majesty of the seas. En effet, dès l’an prochain, le festival du 70,000 Tons of Metal se tiendra dans un nouveau bateau qui sera plus gros. Reste à savoir si le festival gardera son nom intact ou sera mis à jour en conséquence. Maintenant, prêt pour la suite des événements, un second spectacle de Satyricon en autant de soir, et un setlist assez prévisible, voire pratiquement identique à celui de la veille, mais peu importe le choix des titres ici, une chose est certaine, à l’exception de Mother North, Satyricon est clairement meilleur live que sur album…
Après un lunch sur le pouce, je me suis dirigé du côté du Spectrum Lodge pour voir Massacre, un autre groupe death metal old school qui fut ajouté in extremis à ce merveilleux line-up de 2014. Dès le début de ce spectacle, j’ai eu une étrange impression de déjà-vu puisque le groupe était présent lors de ma précédente croisière en 2012 alors qu’il venait à peine de se reformer. Mais cette fois-ci, il présentait avant tout le fruit de leur récent labeur, soit des pièces de son nouvel album intitulé Back from Beyond qui doit sortir très bientôt. Bien évidemment, nous avons également eu droit à quelques classiques de From Beyond. Comme plusieurs d’entre nous, j’aurais bien aimé que Terry Butler et Rick Rozz participent activement à l’hommage Death DTA, mais il semblerait que le temps leur a manqué pour envisager un tel scénario. C’est dommage, peut-être une prochaine fois!
Vers 23h je sentais déjà la fatigue d’une autre longue journée m’envahir, mais je devais résister au moins pour le spectacle suivant qui était le deuxième set de Carcass. Rien de mieux que de l’air frais du Pool Deck et la musique de ces légendes pour me garder éveillé au moins pour les prochains 2 heures! Pour ce qui est de ce set, on a eu droit à quelque chose d’un peu différent, notamment dans l’ordre des pièces jouées mais aussi quelques surprises comme The Pursuit of Vikings de Amon Amarth en guise d’introduction à Rupture in Purulence/Heartwork. Mais ce n’est pas tant le spectacle de Carcass qui était incroyable ici, comme les possibilités qu’offrent le Pool Deck Stage à ses spectateurs! À ma connaissance, nul autre stage ne donne la chance de voir un spectacle avec autant de points de vue de la scène, que ce soit la vue classique devant le stage ou au bord de la piscine, au deuxième étage sur les côtés ou même carrément derrière le stage, ou encore plus rare, au troisième étage derrière le stage avec une vue en plongée, confortablement étendu sur une chaise longue! C’est d’ailleurs de cette façon que j’ai terminé le spectacle de Carcass et du même coup cette autre soirée féérique, visiblement épuisé par le soleil du Mexique de l’après-midi et le manque flagrant de sommeil des 2 derniers jours.
Comme je ne voulais pas être une des victimes de vilains photographes qui avaient un malin plaisir à prendre en défaut tous ceux qui osaient fermer l’œil durant l’un de ces concerts, j’ai choisi de retraiter vers ma cabine et m’abstenir de participer ne serait-ce que passivement au spectacle de Dark Tranquillity qui allait débuter dans le Chorus Line Theater. Mon plus grand regret ici fut possiblement d’avoir également raté ma deuxième chance de voir Cripper qui ont, semble-t-il, donné un excellent show sur le Pool Deck Stage à 1h30 am. Cripper avait donné son premier spectacle la veille alors que j’assistais à Satyricon. Si seulement j’avais mieux planifié mon horaire, mais dans le feu de l’action, les imprévus abondent et cette journée tout entière fut remplie de ce genre d’imprévus.
À suivre…
Luc St-Laurent
Résumé de la journée:
- Gloryhammer
- Obituary
- Cynic (3 pièces)
- Satyricon
- Massacre
- Carcass











