Voici la critique de Dany Marchand et les photos prises par Martin Desbois lors du spectacle de Testament présenté par Greenland Productions et Heavy Montreal au MTelus de Montréal le 30 septembre 2022 et qui mettait également à l’affiche Exodus et Death Angel.
Critique
C’est dans le prestigieux MTelus, qui plus est affiche complet, que je vais ce soir assister à un trio de légende du thrash métal qui a bercé (parfois trop près du mur, je l’admets) ma jeunesse de métalleux du début des années 80.
À mon arrivée les kiosques de marchandise sont aussi achalandés les uns que les autres. Des files d’attente à perte de vue. Tout le monde veut son souvenir de cette tournée qui s’annonce épique.
On croise, ce soir, famille, artistes locaux, collègues, amis et amis Facebook. Tout le monde est là! Les battle vests inondent le MTelus de leurs mille couleurs.
La foule multigénérationnelle attend l’arrivée des dieux du thrash de la bay area!
Death Angel
6h47 les lumières s’éteignent.
Le premier quintette de la Bay Area monte sur scène, circle pit automatique à la première pièce, aucun préliminaire enclenché. Ce soir, c’est « thrash » ou meurt! Les vétérans n’ont rien perdu de leur talent tout sonne « comme dans l’temps » !
Performance dynamique de Mark le vocaliste. Allant de quelques sauts tout en gardant stables ses notes hautes sans même sourciller au travers de toute cette énergique prestation. Il séduit les fans avec un superbe speech qui remercie la scène métal montréalaise de leur permettre d’en faire partie ce soir, y allant même d’un franc « merci beaucoup » dans la langue de Molière qui enflamme encore plus la foule.
Les cordes de Rob et Ted sont, comme toujours, d’une élégante justesse. Et soulignons bien sûr les solos immortels de ces virtuoses! La basse de Damien est aussi un facteur important de la solidité de ce qui s’offre à nos yeux et oreilles. Aux percussions, une puissance avec une assez bonne définition malgré la force du volume des cordes. Mr. Caroll est en feu!
On revisite presque tous les albums en quelques 45 minutes, car sur le coup de 19h40, le dernier pic est lancé, on fait place au prochain acte tout aussi monumental que celui-ci!
Exodus
Au son de We Will Rock You, Gary Holt et sa bande débarquent sur scène.
Le son était plutôt flou en début de prestation, mais s’est rapidement ajusté et le plein potentiel des sommités du thrash peut couler à flot sur la foule en totale extase. Je me revois contempler la pochette de Bonded By Blood dans ma chambre de gamin de 8 ans et souhaiter un jour avoir la vue que j’ai en ce moment. C’est-à-dire, Exodus qui viennent performer avec autant d’intensité que dans leur prime time!
Steve Souza nous rappelle les règles d’éthique et de sécurité d’un mosh pit avant d’entamer la 2e pièce. Parlant de mosh pit, il s’est aussitôt allumé aux premières étincelles du concert du second quintette californien de la Bay Area. La batterie de Tom Hunting (seul membre original de la formation) résonne sous nos pieds d’un bout à l’autre de la salle. Le « base drum » nous masse solidement la plante des pieds.
On a droit à une réelle leçon de violence notamment avec l’agressivité des solos échangés entre Holt et Altus. La basse de son côté a une superpuissance d’une lourdeur inégalable ce soir. Le taux participation de la foule est nettement plus élevé qu’aux élections, car ce soir, tous les partis sont gagnants avec leurs arguments brutaux et inattaquables.
La largeur de la portée des styles de voix offerts est sublime. On souligne que, définitivement, Montréal aura été jusqu’à présent la meilleure halte du groupe. Un gargantuesque wall of death viendra clore cet épisode mémorable de la soirée.
Un jeune fan aura d’ailleurs eu la chance de monter sur scène et gratter sur la guitare devant une salle comble avant que le groupe quitte la scène à son tour!
Testament
9h30 pile, The Four Horsemen par Metallica retenti alors que les lumières sur scène s’éteignent. Les dieux du thrash annoncent leur descente sur les planches du MTelus.
La scène est modelée aux couleurs de l’album Titans of Creation. Les légendes vivantes se pointent devant nos globes oculaires émerveillés. C’est avec Rise up qu’on ouvre les hostilités avec la tête d’affiche de cet évènement monstre.
C’est un pur all star band qu’on a ce soir avec Steve Di Giorgio, Dave Lombardo, Alex Skolnick, Eric Peterson et Chuck Billy sur la même scène.
Et c’est un setlist digne d’un Best Of qui nous est offert sur un plateau de métal. Même si beaucoup de pièces récentes sont jouées, on voyage quand même beaucoup. Certains classiques manquent à l’appel, mais il faut bien varier les plaisirs!
Performance A1 par tous ces célèbres musiciens aux parcours herculéens, qui donnent tout pour la satisfaction des fidèles réunis. Skolnick, comme à l’habitude, est éblouissant et sait se mettre en valeur sur scène. Bénéficiant de plateformes élévatrices (moins élevées que celles de Lombardo) il sait les utiliser à bon escient lors de ses solos hallucinants !
Le jour de la réconciliation autochtone est souligné avec la chanson Native Blood dédiée aux Premières Nations dont fait aussi partie Chuck Billy (ainsi que l’auteur de ces lignes) qui salue l’initiative canadienne sur ce coup.
Il est aussi mentionné que la veille c’était l’anniversaire d’Alex Skolnick et qu’ils ont fêté ça dans la grande métropole. L’assemblée présente s’unit pour un happy birthday Alex bien sonore !
C’est suite à un généreux répertoire que les dieux nous préparent à leur départ en nous remerciant et, en disant eux aussi, que Montréal a été la meilleure ville de la tournée à ce jour. La grande finale se fait dans la fumée, les applaudissements et les cris. On distribue plusieurs pics et accessoires de scène qui rendront indélébile le souvenir de cette tournée pour les gens aux abords de la scène.
J’hume maintenant le parfum de la satisfaction d’avoir assisté à cette réunion des pionniers du genre. Même plusieurs décennies plus tard. Tout au long des concerts, les musiciens ont exprimé leur joie de voir la relève aux quatre coins de l’amphithéâtre.
Ce qui confirme que… Le thrash métal ne meurt jamais, ni ne vieillit!
-Texte: Dany Marchand
Photos: Martin Desbois




