by Louis Olivier Brassard Gelinas | Avr 1, 2014 | Critiques, Critiques de Shows

Le Black Metal Origines IV à la Salle Multi de Québec, le Samedi 29 mars 2014. Groupes invités: Chasse-Galerie, Obsidian Tongue, Incandescence, Acédia et Neurasthene. Hommages à: Storm, Isengard, Ildjarn, Darkthrone, Bathory, Deathspell Omega, Ulver, 1349, Satanic Warmaster, Summoning, Hellhammer, Carpathian Forest et autres. Une présentation des Productions Metallum et de Sepulchral Prods.
Après trois éditions consécutives remplies de succès, le concept du Black Metal Origines développé par les Productions Metallum s’est rapidement imposé comme un évènement incontournable sur la scène Black Metal québécoise. En effet, l’excellente idée de sélectionner des groupes Black Metal de la scène locale pour leur faire jouer un mélange de reprises de groupes phares du courant et de leurs propres compositions a très bien fonctionné dès la première édition en 2011 à la Salle Multi de Québec. L’évènement s’est donc répété en 2012 au même endroit, avant de déménager à l’Agitée pour l’édition 2013 et d’attirer les convoitises d’autres promoteurs à Montréal. Or, cette année les créateurs de l’évènement décidèrent de s’associer à Sepulchral Prods afin d’exporter le concept dans la métropole pour une première fois. Il y aurait donc un spectacle aux Katacombes de Montréal le vendredi 28 mars et les groupes se transporteraient le lendemain à Québec pour une autre édition du festival à la Salle Multi. De plus, contrairement aux années précédentes, les groupes n’auraient plus à se cantonner à un seul groupe à honorer, mais pourraient plutôt couvrir plusieurs groupes chacun en plus de nous présenter des pièces de leur propre répertoire. C’est donc avec une grande joie que nous quittâmes la maison, ma succube et moi, afin d’assister à cette quatrième noire cérémonie.
Après avoir fait le plein de carburant protéiné et avoir délesté notre fortune de quelques unités monétaires en vue de les transformer en bière et en marchandises musicales, nous arrivâmes sur les lieux du rituel vers 19h. Après quelques conversations intéressantes avec les organisateurs de la soirée et des membres des groupes présents, je bénéficiai de l’accès à la salle, gracieuseté des Productions Metallum. Quelques gorgées de précieux houblon plus tard, Neurasthene s’installait sur scène pour entamer la tuerie.
Neurasthene (anciennement connu sous le nom de Délétère), est un groupe de Québec fondé par Fix (guitare, voix) qui pratique un Black Metal cru très près des racines violentes et nihilistes de ce mouvement musical. La formation est complétée par Gespeg (batterie), V20 (basse) et Chtev (guitare). Comme on était en droit de s’y attendre, le groupe se lança aussitôt dans un assaut sonore primitif qui rappelait la période glorieuse de Mayhem et associés. La foule assez nombreuse qui occupait déjà la salle se tenant d’abord à bonne distance de la scène ne put résister à la tentation de s’approcher au fur et à mesure de la représentation, ce qui contribua à donner de l’énergie au groupe qui disposait d’une belle assurance sur la scène, mis à part le guitariste Chtev qui resta un peu plus réservé tout au long de la performance. Fix et V20 donnèrent quant à eux tout ce qu’ils avaient côté mouvement, tout en donnant une performance honnête côté musical. Je notai toutefois un accordement douteux de la basse avec les autres instruments à cordes et quelques imprécisions mineures à quelques endroits. Cela dit, leur prestation fut très amusante à écouter et à voir avec des reprises honnêtes de « Sadomasochistic » de Carpathian Forest (sur l’album « Black Shining Leather« (1998)), de « The Gates of Heaven » de Absurd (sur l’album « Facta Loquuntur » (1996)) et l’antédiluvienne « Chainsaw » de Hellhammer, groupe culte mené entre 1982 et 1984 par Tom G. Warrior avant qu’il ne devienne Celtic Frost. Ce fut donc une très belle entrée en matière en cette soirée de célébration des origines et de l’avenir du Black Metal. Vous pourrez encourager et suivre les activités de Neurasthene ici.
Le second groupe à prendre d’assaut la scène de la Salle Multi était la troupe de virtuoses dénommée Acédia. Composée de Julien «Zéphyros» LeBreux (batterie), Marc-André «Erebos» Bérubé (guitare), Pascal «Ascèse» Landry (guitare, voix) et Christian Proteau (basse), la formation est en train de se tailler une solide réputation suite à la parution d’un premier album intitulé « L’Exil » (2012), avec son Black Metal très élaboré teinté d’une approche intégrant des influences jazz et classique auquel sucédera sous peu un second opus déjà enregistré. Sans attendre, le groupe nous attaqua avec la superbe et magnifiquement interprétée « Beyond Bloodred Horizons » des maîtres autrichiens de Summoning sur leur premier album intitulé « Lugburz » (1995). Puis le groupe nous gratifia de deux de ses nouvelles compositions majestueuses, complexes et imposantes. Puis, ce fut le moment d’enchaîner avec des reprises de Satanic Warmaster (« The Vampyric Tyrant » de l’album « Carelian Satanist Madness » (2005)) et de Peste Noire (« Le mort joyeux » de l’album « La sanie des Siècles-Panégyrique de la dégénérescence » (2006)) interprétées avec une précision remarquable et une performance musicale époustouflante de la part de tous les musiciens. Frôlant la perfection musicale, le groupe permit aux premières hostilités de se manifester dans la fosse maintenant beaucoup plus peuplée. Sous les acclamations du public, Acédia put donc se retirer avec la fierté d’avoir violenté la foule et augmenté l’intensité de la soirée de quelques crans. On a donc très hâte d’entendre leur nouvel album! Si vous ne les connaissez pas, vous pourrez vous renseigner sur Acédia ici.
C’était maintenant au tour des prodiges nommés Incandescence de venir nous présenter leurs excellentes compositions combinées à des reprises de 1349, Ulver et nul autre que Deathspell Omega. J’avais très hâte de revoir cette formation que j’avais pu voir à la première soirée de la dernière Messe Des Morts au mois de novembre alors qu’ils nous présentaient leur premier album intitulé « Abstractionnisme » qui fait état d’un Black Metal très technique mené par le talent musical incomparable de Philippe «Tyrant» Boucher (batterie, guitare, basse) et la voix malsaine de Dystre Fjell. Sur scène, Tyrant prend place derrière la batterie et la formation est complétée par Marc-Antoine St-Onge (basse), Maxence Bégin (guitariste soliste) et Mathieu Meunier (guitare rythmique). Costumé de bracelets à pics de métal et de maquillage cadavérique pour l’occasion, le groupe se lança dans une prestation très bien préparée. Je fus très agréablement surpris par le rendu de « Drink The Devil’s Blood » issue du chef-d’œuvre « Si Momentum Requires, Circumspice » de Deathspell Omega, mais aussi par les reprises de « Nathicana » (de l’album « Hellfire » (2005)) de 1349 et de « Hymn IV : Wolf and Man » (de l’album « Nattens Madrigal-Aatte hymne til ulven i manden« (1997)) de Ulver. Cet excellent choix de reprise cadrait très bien avec les compositions du groupe axées sur une technicité solide et des motifs musicaux sublimes. Cependant, bien que le chanteur, le batteur et le guitariste soliste assuraient côté présence scénique malveillante et inquiétante, les deux autres musiciens semblaient un peu trop concentrés sur leur rendu musical et oublièrent un peu de maintenir un contact visuel et de bouger pour maintenir l’intensité de la représentation. Je notai entre autres les fréquents regards arrière de Mathieu Meunier vers l’autre guitariste et le batteur, ainsi que sa position plutôt statique. Cet excès de retenue brisa un peu la magie de la prestation de Incandescence qui fut par ailleurs de très haut calibre à bien des égards. Je vous conseille fortement de vous renseigner sur cet excellent groupe québécois ici.
Autre première en cette quatrième édition du Black Metal Origines, les organisateurs avaient invité un groupe provenant de l’extérieur du Québec à se joindre aux festivités. En effet, le prochain groupe à se manifester serait Obsidian Tongue, un duo du Massachusetts qui joue un Black Metal teinté d’éléments atmosphériques et progressifs fort intéressant. Menée par Brendan James Hayter (guitare, voix) et complétée par Greg Murphy (batterie), cette formation a deux albums à son actif qui présentent un paysage sonore impressionnant compte tenu de l’économie d’instruments utilisés. J’étais donc fort impatient de voir le résultat sur scène. Sans cérémonial, le groupe nous assaillit avec un barrage d’accords et de rythmes puissants qui m’hypnotisa immédiatement. Effectivement, un aveugle aurait facilement pu penser que la source d’une musique aussi ample et complète était un quintette, mais non ils n’étaient bien que deux sur la scène à nous présenter de superbes compositions. Puis, le duo enchaîna des reprises: « As Flittermice As Satans Spys » de Darkthrone (de l’album « Transylvanian Hunger » (1994)), puis une pièce que je crois être de Ildjarn mais que je n’ai pu identifier et « 13 Candles » de Bathory (de l’album « Under The Sign Of The Black Mark » (1987)), pièces toutes rendues avec brio et conviction. Précise, puissante et mouvementée, la prestation de Obsidian Tongue me fit une fort bonne impression. Ce duo est à surveiller et j’aimerais bien les revoir sur scène dans notre Province! Je vous convie donc à aller faire un petit tour du côté de leur page facebook si vous ne les connaissez pas encore.
Le couronnement de cette soirée se ferait par nul autre qu’un des groupes les plus connus et importants du Métal Noir québécois, c’est-à-dire les patriotes de Chasse-Galerie. Effectivement, la troupe composée de Blanc Feu (guitare, voix), Matrak Tveskaeg (basse), Viscère (guitare) et Cadavre (batterie) n’a plus à prouver son talent et sa stature sur la scène locale. Après une violente introduction composée de matériel original, le groupe se lança dans une surprenante interprétation de pièces du côté plus folklorique du spectre du Black Metal. Effectivement, Chasse-Galerie avait choisi de couvrir Isengard (« Neslepaks » et « I kamp med kvitekrist » de l’album « Høstmørke » (1995)) et Storm (« Mellom Bakkar Og Berg » de leur seul album « Nordavind » (1995)), choix intéressants puisqu’ils se trouvent dans un registre beaucoup plus doux et relâché que les assauts puissants des compositions originales du quatuor de Québec. Ainsi, Blanc Feu délaissa momentanément sa guitare pour se concentrer, avec une très belle aisance, sur le chant folklorique clair en Norvégien exigé par les reprises choisies. Chasse-Galerie nous offrit aussi des pièces plus récentes de son répertoire avec « Nègres Blancs d’Amérique » qui se retrouve sur le split récemment sorti avec Mêlée des Aurores (« D’Ost et de verve/Musique d’expatriés« ), « Le bois des belles » qui se retrouve sur le double 7 pouces « Légendes » (comprenant aussi des pièces de Forteresse, Monarque et Csjethe) et une pièce encore inédite intitulée « Tourment funèbre« . Variée, très précise et énergique, la performance du groupe fut donc largement à la hauteur d’une tête d’affiche et donna même lieu à une certaine théâtralité lorsqu’un unifolié en lambeaux fut incendié pour le plaisir des patriotes présents. Ce fut donc une belle façon de dire au revoir à ses fanatiques pour cette formation qui se retirera un moment de la vie de spectacle pour se concentrer sur un nouvel album complet. Pour les troglodytes qui n’auraient pas encore entendu parler de Chasse-Galerie, vous devriez immédiatement cliquer ici.
C’est donc comblés que nous quittâmes la Salle Multi qui se vidait de ses spectateurs à la fin d’une superbe soirée de Black Metal. Effectivement, tous les groupes de la soirée ont satisfait et dépassé les attentes au cours d’un spectacle organisé avec brio par les Productions Metallum et Sepulchral Prods. Mes félicitations vont à tous les artistes présents, aux organisateurs ainsi qu’à François C. Fortin pour son travail de sonorisation impeccable. Je remercie aussi chaleureusement les organisateurs pour l’accès à la salle. En terminant, j’aimerais cependant soulever que je trouve dommage de ne pas avoir vu plus d’amateurs de sombre musique se présenter à ce spectacle. En effet, bien que l’évènement ait été un succès, notamment grâce à la vente de bière et de la présence d’un nombre décent de spectateurs, la foule était beaucoup moins nombreuse que lors des précédentes éditions du Black Metal Origines qui ont eu lieu à la Salle Multi, une salle tous âges, bien que la promotion ait été très suffisante. Maniaques de Black Metal, si vous voulez continuer à assister à d’excellents spectacles de votre genre de prédilection organisés par des passionnés, vous devez vous présenter en grand nombre et cesser de vous terrer on ne sait où! Encouragez votre scène locale, diantre! Ces spectacles sont très abordables et organisés avec soin dans une salle de qualité. Le prochain de ces rendez-vous aura lieu au même endroit le 25 avril avec: Forteresse, Erimha, Borgne, Délétère et Endless Horizon. Ne manquez pas ça!
Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas
by Louis Olivier Brassard Gelinas | Mar 26, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Beast Within
« Adversity/Servitude«
(7pouces limité à 500 exemplaires)
Sepulchral Productions
2014
Liste des pièces :
Face A: «Adversity»
Face B : «Servitude»
Beast Within est une créature née en 2012 de l’alliance entre Éric Syre (vocal) (Thesyre), Rick Ouellet (guitares) (Ex-Utlagr, Akitsa (live)), Sébastien Dubé (guitares) (Ex-Blackwind), Sébastien Martel (Ex-Utlagr, Ex-Esker) et Pierre Langlois (Thesyre). Avec une telle assemblée de vétérans, le groupe s’est rapidement forgé une réputation solide, notamment lors d’une performance au Wings of Metal 2013, sans même n’avoir enregistré aucun matériel. Toutefois, cette année Beast Within a décidé de nous livrer une offrande maléfique, en hommage au «véritable « Soi » enfoui à l’intérieur de chaque homme et chaque femme par des siècles de décadence, d’esclavage et d’aveuglement imposés par une fausse élite morale, politique et religieuse», pour reprendre la formule nietzschéenne présentée par la formation. Ladite offrande se présente sous la forme d’un EP de deux pièces sur vinyle 7 pouces limité à 500 copies produit par la maison québécoise Sepulchral Productions. Après maintes écoutes, voici ce qui ressort de ces huit minutes et des poussières de musique.
Tout d’abord, bien que les membres de la formation se soient tous principalement illustrés dans le passé au sein de groupes de Black Metal d’inspiration scandinave, Beast Within se concentre plutôt sur un retour aux racines de la musique métallique maléfique et sombre, c’est-à-dire une mixture de Doom Metal occulte et sombre et de Thrash Metal bien dissonant rappelant certainement Pentagram, mais d’abord et avant tout les très vénérables Celtic Frost. Le groupe saupoudre le tout d’une aura de méchanceté bienvenue qui en appelle à leurs influences Black Metal. À ce titre, dès la première face et la pièce «Adversity», l’auditeur remarquera une production puissante, bien définie qui conserve ce côté rugueux et sale indispensable au metal sombre, œuvre du chanteur Éric Syre. L’auditeur sera donc en mesure de bien apprécier les motifs de guitares bien gras et dissonants; les rythmiques pesantes de tempo moyen appliquées par un percussionniste qui se met au service de la musique et non de son égo; et, par-dessus tout, le chant puissant, incisif, agressif, tout en étant clair et précis, dudit vocaliste. La seconde pièce, intitulée «Servitude», poursuit sur la lancée de la première dans un format légèrement plus court et direct, mais tout aussi puissant et efficace que la première.
En un peu plus de 8 minutes, le groupe réussit donc le tour de force de séduire son auditoire avec des échos du passé interprétés de façon talentueuse, sans accrocs et dans un emballage moderne sans être stérile. La seule critique négative qui pourra être soulevée est que lorsque la seconde pièce se termine de façon abrupte, l’auditeur affamé souhaiterait en entendre plus, beaucoup plus. On attend donc un LP avec avidité! L’offrande atteint en conséquence pleinement son but et sera assurément sujette à des écoutes répétées sans modération de la part de ceux qui recherchent un métal sombre et occulte qui ressuscite et revitalise la gloire du monde souterrain de la seconde moitié des années 1980. Je vous suggère aussi d’aller consulter la page facebook du groupe pour voir la superbe présentation graphique du vinyle en question. À consommer avidement et sans aucune retenue!
9/10
Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas
by Louis Olivier Brassard Gelinas | Mar 24, 2014 | Critiques, Critiques d'Albums

Neige et Noirceur
« Gouffre Onirique et Abîmes Cosmiques »
(2014)
Sepulchral Prods
«Gouffre Onirique et Abîmes Cosmiques»
«Future Torture»
«Écho des Abysses»
«Le Portail de Kadath»
«La Marche des Astres Noirs»
«Les Cavernes de Glace I»
«Les Cavernes de Glace II»
«Les Cavernes de Glace III»
Projet productif s’il en est un, Neige et Noirceur, « one man band » de l’infatigable Spiritus nous revient cette année avec un quatrième opus complet s’additionnant à une discographie prolifique de 17 sorties (singles, splits, compilations, EP, démos et albums confondus) en 9 ans d’existence. Devant une telle production artistique, l’auditeur critique est en droit de se questionner, à la vue de la superbe pochette, œuvre de Spiritus et de Chimère Noire, dépeignant une silhouette humanoïde revêtue d’un cloaque invoquant le cosmos étoilé dans une caverne aux figures statuaires imposantes, sur la pertinence et la fraîcheur dudit album. En effet, l’univers du Black Metal atmosphérique est parfois contaminé par des projets solos qui régurgitent les sorties médiocres et/ou répétitives à un rythme effarant. Jusqu’ici, cependant, Neige et Noirceur nous a habitués à un niveau de qualité constant dans un registre mettant en avant, plus que tout autre élément, des atmosphères glacées et sombres. La question est donc de savoir si Spiritus continuera dans la même voie avec « Gouffre Onirique et Abîmes Cosmiques« , ou s’il saura nous proposer de nouveaux éléments qui rehausseront l’intérêt face à son projet? D’entrée de jeu, la réponse sera certainement positive.
Tout d’abord, plutôt que de s’orienter dans une direction totalement novatrice que l’ont pourrait affubler du suffixe « Post– » tel que ses compatriotes de Sombres Forêts et Gris l’ont fait avec beaucoup de succès l’an passé, Spiritus préfère se diriger vers un retour aux sources du Black Metal atmosphérique. Ainsi, le nouvel album de Neige et Noirceur est centré sur des motifs de guitare cycliques et épiques qui rappellent immédiatement les années 1990. Toutefois, cela ne signifiera pas pour autant que le côté ambiant du projet sera relégué aux oubliettes, loin de là. Effectivement, l’ajout de claviers aux textures froides et obscures ainsi que de trames sonores typiques du style de Neige et Noirceur seront immédiatement reconnaissables.
De cette façon, la pièce titre de l’album, offerte comme mise en bouche au reste, présente une introduction de guitares distordues sur un tempo lent rappelant fortement certaines pièces du maître de Burzum. La pièce présente ensuite un enchaînement de motifs cycliques de guitare couplés à des vocalises mystiques et des nappes de claviers atmosphériques nous faisant voyager immédiatement dans un univers onirique mélancolique et froid. Puis c’est au tour de « Future Torture » de s’amorcer sur une introduction lente de claviers aux sonorités pouvant faire penser à celles employées par Satyricon sur « Dark Medieval Times« , puis Spiritus enchaîne avec une rythmique beaucoup plus rapide et encore une fois, centre cette composition sur de superbes motifs de guitares arrangés avec goût couplés à des voix tantôt gutturales, tantôt chuchotées et râpeuses. Spiritus poursuit avec les mêmes ingrédients assemblés de façon différente et y ajoutant d’autres épices comme des narrations lugubres sur « Écho des Abysses« , « Le Portail de Kadath » et « La Marche des Astres Noirs » qui s’enchaînent tel un voyage en des contrées entre cauchemar et rêve fantasmagorique. Puis, on retourne à un univers centré sur l’ambiance avec la suite en trois parties intitulées « Les Cavernes de Glace » qui se rapproche plus près du style développé par Neige et Noirceur sur ses albums précédents.
Côté production, on reconnaît une volonté de rester près du son Black Metal typique des années 1990 tout en proposant une qualité sonore permettant d’apprécier l’ensemble des instruments employés. Le résultat ainsi obtenu présente donc toutes les caractéristiques voulues dans ce style, soit des guitares bien sales, des percussions vibrantes, des textures sonores glacées, des claviers enveloppants et des voix mystérieuses et inquiétantes. Ma seule réserve quant à la production réside du côté de la sonorité des percussions programmées employées par Spiritus ou plutôt la combinaison de percussions réelles et de programmation. En effet, le mariage ne m’a pas semblé nécessairement heureux, puisque les percussions programmées conservent un son quelque peu plastique qui rompt de manière trop évidente avec le son organique de la batterie réelle. Cela dit, la qualité d’ensemble des compositions de ce nouvel opus est très élevée et la production vient clairement bien compléter le paysage sonore voulu par l’artiste.
En somme, Neige et Noirceur réussit, avec « Gouffre Onirique et Abîmes Cosmiques« , son pari de recentrer son Black Metal atmosphérique sur ce qui a fait la renommée de genre dans les années 1990, soit les froids motifs de guitare épiques. Toutefois, loin de désavouer le son très ambiant qu’il a élaboré au cours de ses albums précédents, Spiritus arrive plutôt ainsi à lui infuser un côté classique et une très belle profondeur dans les compositions qui font la force de ce nouvel album. Les amateurs d’ambiances sombres et glacés, tout comme ceux qui préfèrent un son typiquement ancré dans le Black Metal de la seconde vague seront donc comblés par celui-ci. Cet opus sera donc à consommer sans modération dans vos nuits de délire, à la lumière de chandelles et accompagné de sombre littérature occulte.
Pièces favorites : « Future Torture« , « Écho des Abysses« , « La marche des Astres Noirs« , « Les Cavernes de Glace I, II et III »
8,5/10
Louis-Olivier « Winterthrone » B. Gélinas
by Dave Rouleau | Déc 24, 2013 | Critiques de Shows
Après vous avoir présenté hier le texte de Marc-André Jobin sur ondeschocs.com (critiques de chaque band de la Messe des Morts), on vous en donne un petit peu plus aujourd’hui avec cette collaboration spéciale de Alain Pérusse qui était du festival et y va de ses commentaires généraux sur l’expérience. Thanks! – Dave

Photo de l’édition précédente, ‘II.V’, plus tôt en 2013.
Un événement attendu à chaque mois de novembre depuis trois ans est la Messe des Morts, un festival de black metal ayant la particularité de rassembler les groupes rarement vus en terre d’Amérique. Devenue aussi indispensable à mes yeux que le Maryland Death Fest, la Messe des Morts, organisée par Sepulchral Productions, a une fois de plus fait le bonheur des fans cette année en amenant dans notre belle ville de Montréal des groupes d’ici et d’ailleurs.
L’édition de cette année m’a amené à réaliser à quel point la scène black metal pouvait être bien vivante, dynamique et variée. Aussi, j’ai noté quelques éléments liés à l’événement, faisant de celui-ci un passage obligé de l’amateur.
Le rayonnement : quand on se déplace de très loin pour assister à la Messe…
Lors de mon passage à Baltimore plus tôt cette année, ma surprise fut grande lorsqu’un disquaire indépendant local, apprenant notre provenance, nous a parlé de son envie de faire les onze heures et quelques de route pour assister à la prochaine édition de la Messe. Sur les réseaux sociaux, plusieurs fans américains et canadiens des différents groupes ont raconté avoir fait le trajet sans problème… il fallait voir ceux dont je n’ai pu saisir la provenance mais dont l’appréciation de la Belle Gueule en fût a été très évidente… pas qu’elle est mauvaise la bière mais de là à l’aimer comme un grand cru…
Aussi, on peut rapidement voir les nouvelles têtes lors de l’événement, étant donné la marginalité relative de la scène. Le grand jeunot avec la coupe afro tout le temps en train de thrasher, vous l’avez déjà vu avant? Ben pas moi…
Des salles parfaites pour l’occasion
L’événement s’est tenu aux Katacombes lors du premier soir (Genèse) et au Théâtre Plaza de la Plaza Saint-Hubert les deux soirées suivantes (Psaumes I et II). À mon avis, ce sont les meilleurs salles adaptées pour l’occasion. Certes, pour les Katacombes c’est petit mais peut-on se plaindre de l’acoustique? Depuis que la coopérative a déménagé à cet endroit, je n’ai de cesse de la trouver vraiment à mon goût. Une déco idéale, la capacité de bien voir partout, une place parfaite pour la merch…
Idem pour le Théâtre Plaza, avec l’avantage de sa grandeur. Son côté vieillot rehausse l’impression d’être à beaucoup plus qu’un festival de groupes amateurs. Pour l’importance de la Messe, c’est loin d’être un aspect à négliger.
Une autre parité
Est-ce moi qui se trompe mais je demeure convaincu, après la Messe, que la proportion de fans féminines du public est de loin plus grande que dans d’autres sous-genres. J’estime qu’il y avait, pour les trois soirs, entre 30 à 35% de la foule constituée de femmes. C’est également les fans les plus identifiées au genre. Bon, il n’y a rien de scientifique et ce sont surtout des impressions mais quand même, c’était remarquable. Je suis curieux de savoir s’il reste beaucoup de t-shirts à coupe féminine dans le stock de la merch de Sepulchral…
Une maudite belle ambiance
Le fait d’être dans un monde un peu à part dans le métal renforce les liens entre les fans, d’où la convivialité immédiatement perçue à l’entrée dans la salle. En petits groupes qui se font et se défont au gré des mouvements des spectateurs et du manque de bière, les amateurs discutent musique, avec une ferveur et une passion singulière. On montre son nouveau t-shirt de Tsjuder, ses disques achetés au comptoir de Martin (de Sepulchral), on espère que Belenos jouera des tounes du premier disque, on discute des performances des groupes de la veille et des jeunes formations du Québec… On aura beau dire que c’est la même ambiance retrouvée à chaque spectacle d’envergure à Montréal, pour le black metal c’est toujours autre chose. Il n’y a pas vraiment de tiédeur dans la ferveur, au point de remarquer que généralement personne ne porte de t-shirt de groupe en dehors du genre, fut-ce t’il d’un autre genre du métal extrême. Un quidam avec un beau t-shirt de Metallica pour l’occasion passerait pour un touriste, voire un policier infiltré sans trop connaître la scène…
Une programmation incroyable
Pour l’avoir écrit plus haut, la renommée des éditions de la Messe des Morts tient à la présence de groupes-phares du black metal. Inquisition, Glorior Belli, Absu, Darkened Nocturn Slaughtercult, Seth, Archgoat, MGLA, Nargaroth, Ragnarok, Revenge et cette année, des noms comme Demonic Christ, Sargeist, Horna, Tsjuder, Belenos… sérieux, quoi demander de plus? Aussi, la Messe a permis de faire connaître d’excellente formations d’ici et de nos voisins ontariens non seulement au public mais je crois bien que des liens ont été tissés avec les formations en visite. Lorsque je constate l’importance qu’a pris le passage de Forteresse en Europe l’an dernier, on peut se réjouir de cette appréciation de notre scène locale.
Pour la suite…
J’ai remarqué sur Facebook les souhaits de plusieurs amateurs pour voir sur scène tel ou tel groupe. J’en suis… je n’ose imaginer le jour ou Nehëmah, de France, finira par visiter notre ville. J’ai su que des demandes avaient déjà été faites mais ça demeure très peu probable, du moins pour un mois de novembre. Sinon, après avoir été autant gâtés par la présence norvégienne ces trois éditions, il est difficile de prévoir ce que nous verrons sur scène l’an prochain.
Alain Pérusse
by Krystal Koffin | Mar 17, 2013 | Critiques de Shows
En fin de semaine dernière avait lieu la suite de la Messe des Morts II. Pourquoi une suite? Parce que le groupe polonais Mgla n’avait pu être présent comme prévu lors de cette soirée et que les gens de Sepulchral Prods se sont retroussés les manches et se sont attelés à la tâche de régler ce petit contretemps. Ils ont donc organisé la Messe des Morts II.V mettant naturellement en vedette Mgla mais aussi le groupe allemand NARGAROTH qui nous revenait après 6 ans. Dans un souci de nous organiser une messe digne de ce nom selon les standards auxquels ils nous ont habitués, on avait également le métal noir de FORTERESSE qui foulait la scène pour la 1ère fois depuis son retour de sa tournée européenne de 2012. Pour ouvrir la soirée mais certainement pas en reste, une rare présence des Abitibiens de BLACK EMPIRE suivi du groupe américain WOE.
Pour l’occasion Krystal Koffin, qui collabore avec Ondes Chocs de nombreuses façons, s’est rendue sur place pour vivre l’expérience d’une Messe des Morts. Nous voulons d’ailleurs remercier chaleureusement Sepulchral Prods pour l’accréditation média qui nous a également permis de vous offrir ces quelques photos. Voici donc sa 1ère revue de spectacle sur les pages de Ondes Chocs (et sa 1ère à vie!?). Enjoy \Bing/
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I get to the Plaza Theatre for the Messe des Morts II.V concert, in time I thought to be able to just walk right into the venue but to my surprise there’s a rather large line for me to wait in. I have been many of the Black Metal shows in Montreal since I have lived here and I never see line up’s like this. Sepulchral Prods I feel has done a great job to really creating a true Black Metal event when they put on the Messe de Morts as well as achieving the arrival of Mgla in this show in particular since at the time of the Messe des Morts II in November, they were not able to get over the border. It is nice to see Sepulchral Prods‘ not giving up on their fans to bring them this band. As I finally get Inside, I quickly feel way under makeuped for this show. I look around to see I am surrounded by the deadened faces of corpse paint and blackness. Again I am always surprised at how many people go to these black metal shows that I never see at any other type of metal show. I can only assume the Kvlt hides in the darkness until the blackness of the bands draws them out from which they lay waiting.
Starting the night off in a very traditional grim black metal style was BLACK EMPIRE that reign from the frozen north of Duparquet, Quebec. In full corpse paint, the band took a solid presence on stage without much movement. As they start to play, I am very pleased that I can hear everything rather well! Considering black metal is a very hard style to get across in venues with a lot of high end that usually just blends together in a big muddy wall of inaudible mess, but not for this show! The acoustics and a well chosen sound guy made this band very pleasurable to hear for a raw black metal sound. A straight forward four time drum beat, driving dissonant guitar riffs and a grim well placed vocal combined with some doomy slow downs makes this band a not miss for the fans of the fathers of black metal. Influences from bands like Emperor and Dissection were noticed that played out well in their sound. The set as well did not seem short for an opening band on a bill of 5 bands, maybe because I was enjoying them very much. After they played, I was chatting with Vocalist/ Guitar player Emmanuel Audet which would be better recognized from Cryptic Howling. I was to find out that this was his project way before he had joined Cryptic in early 2000’s and it had been pretty well abandoned for many years after. He had reformed this band a few years ago to bring it back from the dead and I am glad that he did. As a fan of old school black metal it really reigned true to the roots!


Next up was WOE from Pennsylvania, with a mainly punk styled D-beat drum, droning guitars and varied black death and clean vocal. As I listen to this band I hear a lot of true black metal elements mixed in with some punk but was taken back a bit by slight mix of what I will just say core influence. Mostly contained within the vocal and stage presents. I think if you were not paying attention you would not even have noticed it. Regardless I found it an odd added element to so many other elements that make this band very true to the roots and slightly atmospheric. Even their appearance I found was a bit off putting for such a black metal show. Not to say you have to look a certain way but if I wasn’t at a black metal show I would have felt they wouldn’t be a black metal band. Overall they have an interesting dynamic that I think suites a varied amount of fans. It’s something you would have to listen to yourself to get a real idea of all the combined styles they have managed to integrate. Personally I think this band did not really suite the line up for this show in particular but defiantly had a lot of enjoyable elements within the 6 to 12 minute long songs.


Now it was time for FORTERESSE, from Quebec City. As soon as they step on stage they instantly were taking us into a deep black pit of despair. The darkened ambient droning blast with ringing guitar cutting through, topped with grimed banshee styled vocal. I felt like I was being taken for a ride to my unforeseen death. I have listen to this band for many years and since being here in Quebec was excited to finally see them and to my pleasure they did not disappoint. They are a true representation of Kvlt Quebec black metal. Even though I am still learning French I didn’t need to understand the lyrics to have this music make me feel where they were trying to take us. As I was watching Athros, the vocalist was constantly moving in head banging windmills and leaning back screaming to the sky. For some moments, I was like what the Fuck does he keep looking at up there? In the middle of a very enjoyable set so far, I see Athros light a smoke on stage. This is something I have yet to see of all the shows I have been to over the years. Mainly now due to the no smoking rule in bars I can figure plus being a vocalist it’s usually not good to smoke while doing vocals at the same time, but not for this guy. He sure gave that I don’t give a fuck attitude and ya that’s right I am fucking smoking so fuck you! I was very pleased to check this band of my wanted to see list and will for sure be there the next time they play Montreal and I recommend you all do as well!


The time is finally here for the long overdue and awaited Mgla, from Poland. I know a lot of the fans there that night were very relieved to see they had made it to Montreal this time to take reign on the stage. As I impatiently waited, I see them walk out one by one in black shrouded covered faces all with matching leather jackets. It didn’t take long after they started for me to be able to sum this band up in one way: A complete brutal black metal assault! If I was going off into battle, I would want this band playing in the back ground to lead us to our victory to serve as the true black guardians of war. The vocal style’s not a full on black or death but more of a very blackened shouting command. Their sound is raw black metal with a melodic doom and atmospheric overtones with blasting technical drum beats. Considering some of the recurring black metal bands from Europe that play in Montreal, I hope Mgla can be another on that list. They played with such conviction and force and you couldn’t even see the expression on their faces, the music carried it all.


The final moment had arrived for the last band to take stage, NARGAROTH, from Germany. This was another band I had eagerly awaited to check off my must see list and I could not have imagined what I was about to witness. For the most part raw black metal bands will not move much and will express themselves mostly within music, covered behind a face of the dead. In tradition they came on stage in full corpse paint and black cloths but what I was about to see was vocalist Kanwulf take on an entity of some demented creature. Every move was accentuated by some crippling gesture. I couldn’t look away for one moment as I was mesmerized not only by the cult oldschool grimness of the band but by the morphed movements of Kanwulf. I can only describe it as if he was being put through an exorcism and the demon was winning. As a band being from the near beginnings of when true raw black metal took form they have kept up the original nature from which this band started from. Consisting of heavily reverbed vocals, dissonant guitars with blasting drums, they achieve Tr00 Kvlt grimness at its finest! They played such songs as « Possessed by Black Fucking Metal« , « Seven Tears are Flowing to the River« , « Abschiedsbrief des Prometheus« , « Karmageddon » as well as covers of « War » by Burzum and « Freezing Moon » by Mayhem. I was left being very well satisfied and then some. Absolutely a band to never miss! All in all this was a night to remember.


Alas I once again have to give credit to Sepulchral Prods for knowing how to put on a proper black metal show and I impatiently am awaiting the next round. These guys know how to do it Tr00 \m/
Krystal Koffin
NDLR Pour terminer cette revue, nous laissons le commentaire de la fin à Ash Nargaroth ou si vous préférez Kanwulf, qui a eu la délicatesse de revenir sur la page de l’événement pour remercier Sepulchral Prods.
I personally want to express my respect to the organizer of the Messe des Morts Festival who is a very trustful, professional and reliable person – and that’s in metal concert organisation not always common! If you ever have the chance to work with him you can do it without any doubts!!! Great man! Thanx also to everyone else who was involved in the organization & to Sunvemetal for the professional photo work!
And of course to all maniacs that evening – the crowd-singing over “Seven Tears are flowing to the River” was an epic moment!! You have my deepest respect.