Après vous avoir présenté hier le texte de Marc-André Jobin sur ondeschocs.com (critiques de chaque band de la Messe des Morts), on vous en donne un petit peu plus aujourd’hui avec cette collaboration spéciale de Alain Pérusse qui était du festival et y va de ses commentaires généraux sur l’expérience. Thanks! – Dave
Un événement attendu à chaque mois de novembre depuis trois ans est la Messe des Morts, un festival de black metal ayant la particularité de rassembler les groupes rarement vus en terre d’Amérique. Devenue aussi indispensable à mes yeux que le Maryland Death Fest, la Messe des Morts, organisée par Sepulchral Productions, a une fois de plus fait le bonheur des fans cette année en amenant dans notre belle ville de Montréal des groupes d’ici et d’ailleurs.
L’édition de cette année m’a amené à réaliser à quel point la scène black metal pouvait être bien vivante, dynamique et variée. Aussi, j’ai noté quelques éléments liés à l’événement, faisant de celui-ci un passage obligé de l’amateur.
Le rayonnement : quand on se déplace de très loin pour assister à la Messe…
Lors de mon passage à Baltimore plus tôt cette année, ma surprise fut grande lorsqu’un disquaire indépendant local, apprenant notre provenance, nous a parlé de son envie de faire les onze heures et quelques de route pour assister à la prochaine édition de la Messe. Sur les réseaux sociaux, plusieurs fans américains et canadiens des différents groupes ont raconté avoir fait le trajet sans problème… il fallait voir ceux dont je n’ai pu saisir la provenance mais dont l’appréciation de la Belle Gueule en fût a été très évidente… pas qu’elle est mauvaise la bière mais de là à l’aimer comme un grand cru…
Aussi, on peut rapidement voir les nouvelles têtes lors de l’événement, étant donné la marginalité relative de la scène. Le grand jeunot avec la coupe afro tout le temps en train de thrasher, vous l’avez déjà vu avant? Ben pas moi…
Des salles parfaites pour l’occasion
L’événement s’est tenu aux Katacombes lors du premier soir (Genèse) et au Théâtre Plaza de la Plaza Saint-Hubert les deux soirées suivantes (Psaumes I et II). À mon avis, ce sont les meilleurs salles adaptées pour l’occasion. Certes, pour les Katacombes c’est petit mais peut-on se plaindre de l’acoustique? Depuis que la coopérative a déménagé à cet endroit, je n’ai de cesse de la trouver vraiment à mon goût. Une déco idéale, la capacité de bien voir partout, une place parfaite pour la merch…
Idem pour le Théâtre Plaza, avec l’avantage de sa grandeur. Son côté vieillot rehausse l’impression d’être à beaucoup plus qu’un festival de groupes amateurs. Pour l’importance de la Messe, c’est loin d’être un aspect à négliger.
Une autre parité
Est-ce moi qui se trompe mais je demeure convaincu, après la Messe, que la proportion de fans féminines du public est de loin plus grande que dans d’autres sous-genres. J’estime qu’il y avait, pour les trois soirs, entre 30 à 35% de la foule constituée de femmes. C’est également les fans les plus identifiées au genre. Bon, il n’y a rien de scientifique et ce sont surtout des impressions mais quand même, c’était remarquable. Je suis curieux de savoir s’il reste beaucoup de t-shirts à coupe féminine dans le stock de la merch de Sepulchral…
Une maudite belle ambiance
Le fait d’être dans un monde un peu à part dans le métal renforce les liens entre les fans, d’où la convivialité immédiatement perçue à l’entrée dans la salle. En petits groupes qui se font et se défont au gré des mouvements des spectateurs et du manque de bière, les amateurs discutent musique, avec une ferveur et une passion singulière. On montre son nouveau t-shirt de Tsjuder, ses disques achetés au comptoir de Martin (de Sepulchral), on espère que Belenos jouera des tounes du premier disque, on discute des performances des groupes de la veille et des jeunes formations du Québec… On aura beau dire que c’est la même ambiance retrouvée à chaque spectacle d’envergure à Montréal, pour le black metal c’est toujours autre chose. Il n’y a pas vraiment de tiédeur dans la ferveur, au point de remarquer que généralement personne ne porte de t-shirt de groupe en dehors du genre, fut-ce t’il d’un autre genre du métal extrême. Un quidam avec un beau t-shirt de Metallica pour l’occasion passerait pour un touriste, voire un policier infiltré sans trop connaître la scène…
Une programmation incroyable
Pour l’avoir écrit plus haut, la renommée des éditions de la Messe des Morts tient à la présence de groupes-phares du black metal. Inquisition, Glorior Belli, Absu, Darkened Nocturn Slaughtercult, Seth, Archgoat, MGLA, Nargaroth, Ragnarok, Revenge et cette année, des noms comme Demonic Christ, Sargeist, Horna, Tsjuder, Belenos… sérieux, quoi demander de plus? Aussi, la Messe a permis de faire connaître d’excellente formations d’ici et de nos voisins ontariens non seulement au public mais je crois bien que des liens ont été tissés avec les formations en visite. Lorsque je constate l’importance qu’a pris le passage de Forteresse en Europe l’an dernier, on peut se réjouir de cette appréciation de notre scène locale.
Pour la suite…
J’ai remarqué sur Facebook les souhaits de plusieurs amateurs pour voir sur scène tel ou tel groupe. J’en suis… je n’ose imaginer le jour ou Nehëmah, de France, finira par visiter notre ville. J’ai su que des demandes avaient déjà été faites mais ça demeure très peu probable, du moins pour un mois de novembre. Sinon, après avoir été autant gâtés par la présence norvégienne ces trois éditions, il est difficile de prévoir ce que nous verrons sur scène l’an prochain.
Alain Pérusse





