1536632_10152164014935767_1568919610_n

1555537_792794874080625_1041693006_n

La-Ventura

White Crow

Valkyrie Rising

2013

Après avoir publié son premier album, l’appréciable A New Beginning, en 2008, le groupe néerlandais La-Ventura s’est éclipsé partiellement (un EP de trois pièces a vu le jour en 2010) avant de revenir l’an dernier avec ce deuxième essai. Depuis ce temps, la formation est très active sur les réseaux sociaux afin de se faire connaître, pour notre plus grand bonheur car je le dis sans gêne d’entrée de jeu, La-Ventura mérite amplement qu’on s’attarde à sa musique.

Première qualité que l’on peut relever dès les premières secondes de Falling Down, qui ouvre les hostilités, la qualité de la production. Le producteur Didier Chesnau a effectué un travail remarquable aux manettes pour donner à White Crow un son lourd et puissant, n’hésitant pas à placer au premier plan une section rythmique qui transporte littéralement le metal musclé à saveur mélodique proposé par La-Ventura. Cette amplitude sonore se révèle être des plus agréables afin de pouvoir apprécier tous les instruments, créant ainsi un bel équilibre, élément faisant souvent défaut chez plusieurs groupes qui font l’erreur de placer un instrument trop en avant aux détriments des autres.

Bien sûr, une bonne production n’est rien si la musique offerte en support n’est pas à la hauteur. Heureusement ici, les dix titres livrés sont bien ficelés et le niveau d’énergie demeure élevé d’un bout à l’autre de l’album. D’une durée relativement courte (la plus longue, Drowning, affiche 5:01 au compteur), les chansons sont intenses et, surtout, forment un ensemble homogène. Pour cette raison, il est bien difficile de mettre en exergue une ou l’autre chanson car chacune d’elle mène sa propre vie et contribue à la qualité de l’ensemble. Cette intensité pourra, pour ceux qui trouvent leurs repères grâce aux comparaisons, rappeler Lacuna Coil; les riffs sont lourds et accrocheurs et les mélodies entrent en tête pour y demeurer de manière tenace et durable. D’ailleurs je vous mets au défi d’écouter Song for an Idiot deux ou trois fois de suite et ensuite tenter d’éviter d’attraper un ver d’oreille. Bonne chance.

La qualité de la musique est parfaitement appuyée par la voix bien étoffée de Carla Van Huizen. Cette dernière transporte les mélodies avec beaucoup d’autorité et elle s’avère tout à fait parfaite pour ce genre de rock. Notons également que la dame a réussi, au fil du temps, à développer un style vocal qui lui est propre. En effet, sur A New Beginning, il aurait été facile de faire croire à certaines personnes que c’était Sharon den Adel qui se trouvait derrière le micro tellement le timbre de voix de Van Huizen se rapprochait de celui de la frontwoman de Within Temptation sur plusieurs passages. Aucune chance de confusion ici, l’interprétation étant bien personnelle et extrêmement bien exécutée.

En bout de ligne, il est bien difficile de trouver des défauts à White Crow; l’exécution musicale est solide, l’interprétation vocale convaincante, le tout rehaussé par une production qui donne l’impression au mélomane d’être frappé par une tonne de briques. Les amateurs de rock lourd et direct en auront pour leur argent. Ayant bénéficié d’une publication limitée essentiellement aux pays du Bénélux l’an dernier, l’album sera bientôt republié à plus large échelle avec des pièces en boni et un livret (la version originale souffre cruellement de cet élément essentiel) dans un avenir rapproché. La-Ventura s’est aussi entendu avec Ravenheart Music afin de se donner une bonne chance d’atteindre le public des îles britanniques. Voilà une bonne nouvelle pour un groupe qui mérite amplement une diffusion à la hauteur de son talent.

 

 

Kerion, un bon groupe à découvrir à très bon prix!

En deuxième partie de chronique, plutôt que de vous présenter un seul album, je vais plutôt vous entretenir de la discographie du groupe français Kerion. La raison en est bien simple: tout un chacun peut se procurer, à prix plus qu’amical, l’ensemble de l’oeuvre de la formation originaire de Nice. En effet, pour un peu moins de 30$ (29 plus précisément), Metalodic Records, une maison de disques de Boucherville, vous offre cette opportunité intéressante.

Kerion a été formé en 2002 lorsque les membres du défunt groupe Kirlian se sont découverts un intérêt pour le power metal symphonique pour ensuite s’adjoindre les services de la chanteuse Flora Spinelli. Que ce soit au niveau de la trame narrative ou de la musique offerte, le message est clair, les membres de Kerion sont de grands fans de fantasy et de groupes tels Fairyland, Avantasia ou Rhapsody of Fire. Vous comprendrez donc rapidement qu’on ne se retrouve pas ici devant un groupe qui tient à nous raconter la vie, l’amour et le temps qui passe, ça non! La musique de Kerion s’adresse à ceux qui veulent s’évader du quotidien et qui veulent simplement passer du bon temps avec les écouteurs sur les oreilles. Si tel est votre but, vous aurez beaucoup de plaisir.

Le groupe se met d’abord à la tâche afin de transposer en musique et paroles l’histoire de la trilogie Staraxis de l’auteur Chris Barbieri. L’imaginaire de l’auteur nous amène à côtoyer orcs, gobelins, nains, dragons et autres créatures. C’est ainsi que naissent les démos Conspiracy et The Last Darkness. Si ces démos sont loin d’être mémorables, principalement en raison d’une production très brouillonne (ce sont des démos, après tout!), on sent un beau potentiel derrière l’ensemble et c’est sur le premier véritable album, Holy Creatures Quest, que se révèle le talent des Français. Tel que spécifié plus haut, les influences de Rhapsody of Fire et de Fairyland ne sont pas cachées bien loin. D’ailleurs on découvre en lisant le livret que Philippe Giordana de Fairyland est associé de près à Kerion, ceci expliquant cela.

Si le début de la carrière de Kerion ne se place pas sous le signe de l’originalité malgré un talent bien présent, la formation se donne les moyens de se démarquer à partir de son deuxième album, The Origins. Celui-ci est en fait un condensé de pièces réarrangées provenant des deux démos mentionnés ci-haut. La qualité est ici fortement rehaussée; si Kerion demeure fortement ancré dans le style pompeux très caractéristique à cette catégorie de metal, on sent le groupe en mesure de mieux nuancer son propos. Ainsi, The Origins n’est pas un album où tout roule à pleine vapeur et on y retrouve quelques beaux moments acoustiques qui non seulement nous font davantage apprécier les pièces très rythmées et accrocheuses, mais ces passages contribuent également à éliminer toute impression de monotonie qui pourrait s’installer, ce qui arrive souvent dans le power (parlez-en aux fans de Rhapsody of Fire…).

Conscient que cette formule lui sied bien, Kerion poursuit dans la même veine et c’est sur son dernier effort en date, Cloud Riders Part 1: Road to Skycity, publié en 2012, que le groupe réussi à donner sa pleine mesure. Non seulement les moments acoustiques sont teintés d’une belle touche folk (The Sky is my Ocean est une pièce franchement magnifique), surtout les passages plus musclés et enjoués sont mieux dosés, amenant davantage de variétés. De plus, notons que les Français ont opté pour un changement appréciable en ce qui concerne la thématique abordée: fini les trolls et autres personnages dignes de Donjons et Dragons, il est ici agréable de voir un groupe de power se diriger vers autre chose. Même si on demeure dans l’imaginaire, Cloud Riders Part 1: Road to Skycity traite plutôt de pirates et de bateaux volants, un nouveau thème à se mettre sous la dent!

Le moment est opportun pour découvrir la discographie de Kerion. Considérant que la deuxième partie de Cloud Riders devrait paraître d’ici quelques mois, il est donc temps de vous mettre dans l’ambiance! Pour le prix demandé, l’investissement en vaut pleinement la peine. Résumons l’offre : 29$ pour deux CD (The Origins et Cloud Riders Part 1: Road to Skycity), une carte vous donnant droit de télécharger les deux démos et le premier album du groupe, ainsi que cinq belles photographies promotionnelles. Appelons ça un très bon rapport qualité-prix. Si vous ne voulez vous procurer qu’un seul album, optez pour la première partie de Cloud Riders, vous y découvrirez un power metal de haute qualité, qui sait un tantinet s’évader des clichés du genre. De plus, cette première partie vous incitera fortement à vous jeter sur la deuxième au moment de son lancement.

Pour vous procurer les albums de Kerion, cliquer ici pour atteindre la page de marchandise de Metalodic Records.