Voici la critique de Dany Marchand et les photos prises par Charles-Alexandre Tourchot lors du spectacle de Greta Van Fleet présenté par Gestev au Centre Vidéotron de Québec le 16 août et qui mettait également à l’affiche The Pretty Reckless et Hannah Wicklund.

 

Hannah Wicklund

Quelle meilleure façon d’agrémenter son mardi soir qu’en allant assister à un concert au grandiose Centre Vidéotron de Québec? C’est sous un ciel ensoleillé que j’arrive sur le sol de la grande capitale, afin de couvrir la visite de Greta Van Fleet accompagné par The Pretty Reckless et en grande ouverture… Hannah Wicklund.

19 h tapant: c’est dans un Centre Vidéotron peu rempli que le premier acte ouvre les hostilités, le spectacle débute avec un rock puissant rappelant Lee Aaron des 80’s dans son Prime Time de Metal Queen.

C’est un power trio explosif qui s’offre à nous. La guitariste et chanteuse vedette possède un talent incroyable, autant sous le chapeau de soliste que rythmique. Sa présence et sa connexion avec ses deux musiciens sont solidement démontrées, c’est probablement dû au fait que cette artiste de la Caroline du Sud a débuté son premier band (The Steppin Stones) à l’âge de 9 ans et est toujours à sa tête.

La sono est solide et bien définit permettant de bien s’immiscer dans les diverses avenues qu’emprunte le band dans ses effets et ses genres. Un buffet à volonté tant de hard rock que de classique rock avec nuances de Jimi Hendrix dans la dernière pièce jouée. On s’amuse avec la wahwah et le fuzz sans gênes et avec savoir-faire. La basse est lourde et a un impact solide, elle vient en solidarité presque osmotique avec les percussions. Percussionniste qui, d’ailleurs, est d’une droiteur et d’un aplomb qui donne des frissons. Hannah Wicklund aura su venir chatouiller le fan en moi de Sister Rosetta Tharpe, Lita Ford, Samantha Fish et cie qui ont pavé le chemin pour les femmes guitaristes et vocalistes de ce monde.

L’éclairage faible et l’absence d’écran pour diffuser l’action sur scène ne me permettant pas de voir les expressions faciales ainsi que les détails visuels du spectacle malheureusement.

Les 28 minutes de prestation sont vraiment trop courtes. J’ai hâte de voir un concert headline de cette musicienne aussi prometteuse!

 

The Pretty Reckless

On a droit a un soundcheck à l’intermission, ça m’a vraiment surpris surtout dans un évènement de cette envergure avant que les excellents The Pretty Reckless arrivent.

Black outThe Pretty Reckless apparaît sous un tonnerre d’applaudissements.  

Le cuir et la sensualité valsent au son du meilleur hard rock des temps actuels, mais avec tout le glamour de la belle période des 80’s. On voyage dans le temps avec une machine nommée The Pretty Reckless.

Riffs puissants et backvocals harmonieux. L’éclairage est malheureusement très faible encore et lors des solos le guitariste reste dans l’ombre. En souhaitant que l’artillerie lourde sorte pour la tête d’affiche. 

L’orchestre relate leur dernier passage dans la grande capitale lors du FEQ où ils avaient ouvert pour Soundgarden (un de leur meilleurs concert à vie selon eux). Ils soulignent aussi par le fait même, la sortie de leur nouvel album en entamant leur modus operandi incarné sous la pièce nommée Death by rock n’ roll. Suite à cette chanson, nous retournons au premier album pour certains classiques.

Si les cordes sont plutôt statiques, Taylor Momsen elle, amène sa sensualité et son dynamisme partout sur la scène accompagnée d’une énergie propre à la leader du groupe New-Yorkais.

Elle anime la foule avec talent et réussit à avoir une belle réponse fort audible de la part de cette dernière qui occupe toujours une partie minime du plancher de ce grand amphithéâtre.

Encore une fois je suis épaté par la qualité des rockeuses sur scène ce soir. La foule en aurait redemandé, mais après un court, mais précis retour sur leur discographie, le quatuor rend les armes pour faire place au clou de la soirée…

 

Greta Van Fleet

Des symboles mystiques ornent le drapeau autour de scène et les écrans chaque côté de la scène. Une clé vers les 70’s maintenant? Pourquoi pas! Je suis déjà au beau milieu d’un voyage temporel et je ne veux surtout pas retourner à notre ère actuelle.

Nous attendons le grand dévoilement de la scène.

21 h la musique occulte annonce l’arrivée de notre tête d’affiche…

Suspense…

Le rideau tombe… La scène est gigantesque, les costumes somptueux. Les frères Kiszka sont en forme et en feu! Conjointement, les écrans diffusent enfin les plans rapprochés du spectacle. De multiples colonnes de feu surgissent autour de la scène pour Built By Nations, wow!

La folie et l’émerveillement se poursuivent alors que les jeunes prodiges entament Black Smoke Rising, Trip the light et Safari Song. Les accessoires de scènes composants le décor font partie intégrante et interactive du spectacle de haut calibre qui s’offre à nous visuellement. Littéralement, toute la scène fait partie de l’éclairage et de la pyrotechnie digne des grandes scènes légendaires (je salue la fiabilité des disjoncteurs ici).

Le vieux rocker en moi qui a connu le meilleur des 80’s est satisfait d’entendre un solo de drums de la part de Danny Wagner comme on en voit pas assez de nos jours. Un solo de percussion mélodique est un défi en soi à accomplir et il l’a relevé avec une efficacité à couper le souffle!

Le talentueux vocaliste Josh, qui n’a commis aucun faux pas lyrique, ira même jusqu’à prendre un bain de foule avec ses fans qui l’ont acclamé tout au long de la soirée. Avec de courts discours entre les chansons pour jaser de spiritualité avec les admirateurs en transe, il prouve toute l’étendue de son charisme qui n’a d’égal que son talent.

À la basse se situe mon coup de cœur, Sam, qui est un multi-instrumentaliste de taille. Excellant autant sur son instrument qu’à l’orgue et qu’au piano. Instrument qui font partie permanente de la titanesque scène.

L’ambiance créée est hallucinante, planante autant que percutante. Les « Oooohhhhh » et les « Aaaahhhh » sont légions tout au long de la généreuse performance. Mon photographe m’a signalé que le band faisait brûler de l’encens tout au long de leur prestation (histoire de bien parfaire l’atmosphère occulte et spirituelle de la soirée).

Après The weight of Dreams, nos quatres compatriotes partent pour une courte pause avant de revenir à la charge pour deux autres de leurs compositions maîtresses dont l’épique Age of Man pour débuter.

La grande finale aura bien sûr lieu au son de leur plus grand succès commercial Highway Tune qui durera… 19 minutes et 4 secondes! Bon, au travers nous aurons droit à une grosse dérape musicale psychédélique ainsi que quelques covers subtilement amenés dont It’s Allright du King lui-même.

Explosions de feu et de fumée, colonnes de feu, feux d’artifice sont ce avec quoi Greta Van Fleet quitte son audience subjuguée par la leçon de grandiosité donnée par ces monstres du rock issue du Michigan.

Même si j’ai raté les grands concerts historiques des années 70, ce soir je ne regrette rien et je me sens privilégié d’avoir vu cette tournée!

Mon seul bémol de la soirée est le contraste gargantuesque de qualité d’éclairage et d’accessibilité pour les deux actes d’ouvertures. Malgré leur haut niveau de talent, ils ont été mis en scène comme s’il jouaient dans un petit bar obscur de village.

Alors que la tête d’affiche faisait office de Goliath contre deux minuscules David pratiquement lilliputiens. Un peu d’équilibre aurait été souhaitable.

Toutefois c’est le cœur rempli d’émotions et la tête de souvenirs, que je retourne à la maison ce soir!

 

-Texte: Dany Marchand
Photos: Charles-Alexandre Tourchot