Voici le compte rendu de Dany Marchand ansi que les photos prises par Charles-Alexandre Tourchot lors du spectacle de Depeche Mode présenté par Centre Videotron et Gestev au Centre Vidéotron de Québec le 9 avril 2023 et qui mettait également à l’affiche Kelly Lee Owens.

Critique

Il y a de ces rêves de jeunesse qui prennent des lunes à se réaliser. Je suis en route pour le Centre Vidéotron de Québec afin d’en réaliser un vieux de plus de 36 ans grâce à Gestev. Le tout débuta pour moi lorsque du haut de mes 10 ans j’entendais pour la première fois l’album Music for the masses en 1987. Depuis, ma passion pour le mythique groupe britannique et la musique électronique/new wave n’est que grandissante.

En ce 9 avril 2023, je tends les mains et touche la foi, car Depeche Mode est en ville! 

L’amphithéâtre de la grande capitale est rempli à craquer, on peut y voir des gens de tous âges et de tous styles confondus. Il ne fait aucun doute que cet évènement est une totale réussite niveau assistance.

 

Kelly Lee Owens

19 h 45

Les lumières principales s’éteignent, alors qu’un faisceau lumineux est orienté sur une plateforme de DJ qui, pour ceux comme moi qui ne connais pas l’artiste en ouverture, nous amène à sourciller avec curiosité.

C’est seule et vêtue d’une grande robe élégante bleutée que se présente la multi-instrumentaliste britannique Kelly Lee Owens. Sous un éclairage feutré de teintes de violet, des formes pointillées circulaires sur les écrans s’affichent par-dessus des plans rapprochés.

Une bonne dose de techno léger aux grandes inspirations new age nous est servie. C’est tout en douceur qu’on ouvre cette soirée qui nous fera voyager dans nos souvenirs et le temps. Une nostalgie musico-émotionnelle !

Une belle théâtralité dans ses mouvements accompagne à merveille sa voluptueuse voix chaude et enivrante.

La sensualité transpire abondamment de sa musicalité lorsqu’elle fait usage de son clavier, qui nous fait planer et errer au travers de multiples sensations.

Elle nous charme et nous hypnotise, en se fermant les yeux on pourrait s’imaginer en présence d’une sirène de l’électro.

Une progression visuelle peut être constatée au niveau des animations sur les écrans, de plus en plus colorées et tape-à-l’œil plus la prestation gagne en temps. Même la rythmique des compositions croît en intensité.

 Une pièce fort personnelle, nommée Jeanette en l’honneur de sa grand-mère décédée deux années plus tôt, est proposée avec une grande sensibilité dans la présentation, étonnamment l’ambiance musicale est très festive pour le sujet.

La dernière prestation offerte est Melts qui est un des morceaux les plus connus de l’artiste. Le tout se termine à 20 h 15 rapido presto.

Une publicité faisant la promotion des œuvres de charité et humanitaires auxquels Depeche Mode s’associe est diffusée au début de l’intermission.

Non seulement sont-ils dotés d’un grand talent, mais aussi d’un grand cœur. D’ailleurs vous pouvez aller visiter les pages web de ces organismes et faire un don si le cœur vous en dit !

Conservation collective :
https://conservation-collective.org/

Hublot :
https://www.hublot.com/en-ca/partnerships/depeche-mode

Durant, l’entracte de 30 minutes, l’ambiance est à la fête alors que dans l’assistance les gens font danser les lumières de leurs téléphones cellulaires au rythme de la musique ambiante.

Au parterre, on remarque qu’il y a aussi des bancs d’installés, ce qui est triste pour les spectateurs qui aurait aimé danser comme dans leurs souvenirs de jeunesse.

 

Depeche Mode

8 h 45 pile à l’heure.

Une lumière bleutée vacillante surgit de l’obscurité s’intensifiant de concert avec les battements de nos cœurs.

Le grand M derrière la scène s’affiche progressivement à coup de rouleaux de peinture alors que la séquence d’introduction s’ouvre vers les premières notes de My cosmos is Mine qui ouvre aussi le nouvel album Memento Mori (à la mémoire de Fletch décédé en mai 2022) présentement en promotion pour cette tournée.

Deux pièces plus tranquilles s’enchainent avant d’enclencher le mode fête en 3e opus. C’est avec Walking in my Shoes, que la scène est de plus en plus éclairée révélant un Dave Gahan en grande forme physique comme dans le temps, y allant de ses mouvements de danse signatures de style ressemblant au Flamenco. Il n’a rien perdu non plus de son talent pour animer et captiver la foule, charismatique et talentueux, le britannique a tout pour plaire aux fidèles fans du groupe.

De magnifiques vidéos sont affichés sur l’écran à l’arrière-scène offrant une très haute qualité pour leur immense taille. Nous avons droit au langage des signes pour Everything Counts et des ânes pour It’s no good entre autre. Mais le plus beau moment visuel est lorsque World in my Eyes est interprétée, une photo de Fletch qui se transforme et vieillie très lentement pour se terminer avec des lunettes ajoutées à son visage et sa main droite sur son œil droit.

Tout le monde est maintenant debout au parterre et dans les estrades, les bancs sont obsolètes pour le reste du concert. Je me dois de souligner l’énergie débordante des 6 dames blondes côte à côte dans la rangée HH de la section 121 qui, infatigables, ont dansé du début à la fin !

Question of Lust et Soul With Me sont exécutées en rafale par la 2e voix de Depeche Mode en la personne de Martin Gore qui assure la guitare ainsi que le piano par moment. L’âge n’a en rien eu raison de la puissance vocale et le jeu du membre fondateur qui conjugue dynamisme et professionnalisme avec perfection.

Retour de Dave pour la magnifique Ghosts Again qui a donné naissance au vidéoclip sublime dont les images défilent simultanément devant nous.

Mention spéciale à l’équipe de musiciens de tournée qui accompagnent Gore et Gahan. L’Autrichien Christian Eigner aux percussions et Peter Gordeno aux claviers qui suivent le groupe depuis déjà longtemps. Ils ajoutent une présence exemplaire de support au déjà plus grand que nature spectacle.

Tonnerre de clappement de mains pour l’immortelle et intemporelle Enjoy the Silence. Le Centre Videotron vibre alors que des crânes valsent maintenant sur les écrans avec l’inscription enjoy sur leur front. Les spectateurs chantent à l’unisson les paroles de cette balade qui a su offrir de beaux souvenirs à ceux qui ont dansé des « slows » dans leur jeunesse, peu importe leur génération.

Rugissement gigantesque réclamant un rappel qui en sera finalement quatre. Et pas des poids plumes !

Condemnation, Just can’t get enough, Never let me down et pour partir avec une bombe, la tant attendue Personal Jesus viendra mettre fin à ce beau rêve !

C’est avec un total de 23 purs chefs-d’œuvre que se termine cette généreuse expérience inoubliable.

Après une si belle performance et un nouvel album aussi solide, je crois qu’on peut dire que ce ne sera pas la dernière fois que nous les verrons en sol québécois. Tant que la santé sera au rendez-vous.

Tout comme pour leur musique, Depeche Mode est là pour rester encore longtemps !

-Texte: Dany Marchand
Photos: Charles-Alexandre Tourchot