Critique d’Album: Bring Me The Horizon – « Sempiternal »
Bring Me The Horizon
« Sempiternal »
(2013)
sem·pi·ter·nal
/ˌsempəˈtərnl/
AdjectiveEternal and unchanging; everlastingSynonymsEternal – everlasting – perpetual – perennial – timeless
Bring Me The Horizon
« Sempiternal »
(2013)
sem·pi·ter·nal
/ˌsempəˈtərnl/
AdjectiveEternal and unchanging; everlastingSynonymsEternal – everlasting – perpetual – perennial – timeless
Monarque
« Lys Noir«
(2013)
« Mort du lever du Soleil à la chute du jour, mais vivant durant les ombres de la nuit, pour pouvoir être le complice des terrifiants desseins de l’Ange déchu! »
C’est sur ces lugubres paroles que s’ouvre le troisième opus pleine longueur de Monarque, ce monument de la scène du Métal Noir Québécois, qui nous donne ainsi un avant-goût de la malignité avec laquelle il nous attaquera sur cet impur enregistrement. Après dix ans d’existence, une démo, trois LP, trois EP et une multitude de splits, Monarque n’a en effet rien perdu de son venin créatif et nous le prouve sur cette nouvelle offrande maléfique sans toutefois révolutionner les codes de son pur Black Metal.
Après la brève narration citée plus haut, Lys Noir s’ouvre avec la fabuleuse « L’Appel de la Nuit » qui démarre sur les chapeaux de roues avec un blastbeat frénétique. Aussitôt, l’auditeur est plongé dans le sombre univers typique de Monarque : mélodies fantomatiques, batterie alternant entre violence pure et ambiance organique, voix râpeuse remplie d’un écho épique et caractère ambiant élaboré à partir de trames de fond de claviers et de passages mélancoliques. Le message est donc clair : Monarque n’a pas oublié la recette pour concocter un grand crû de Métal Noir et il le fait avec toujours autant d’efficacité. De plus, une agréable surprise attend l’auditeur au chapitre de la production. En effet, bien qu’il ne rompe pas avec sa tradition de sonorité crasseuse typiquement Black Metal, cette fois Monarque réussit à nous proposer un son plus élaboré que le passé. Le caractère malsain et obscur est toujours fortement présent, mais les instruments sont tous parfaitement audibles et les basses, souvent défavorisées dans le BM de ce type, ajoutent une puissance appréciée au son épique de l’album. Musicalement, Lys Noir, ne révolutionne donc aucunement le Black Metal se contentant d’exploiter les éléments classiques du genre d’une façon particulièrement efficace, brillante et soignée.
Après trois pièces au tempo rapide, Monarque nous convie à une atmosphère un plus ambiante, sur un tempo lent, avec « Solitude », seule pièce de ce type sur l’album. C’est alors qu’une première critique peut être soulevée quant au contenu proposé sur l’album. Bien que ce dernier ne contienne pas de pièce faible, il y a un certain manque quant à la variété des approches proposées. La plupart des pièces sont en effet rapides exceptée l’ambiante susmentionnée et à la première écoute elles ont tendance à sembler assez similaires les unes des autres. Cette faiblesse est peut-être accentuée par le fait que l’album ne comprend que sept pièces dont une reprise de Frozen Shadows, « Le Seuil des Ténèbres », qui est en soi excellente, mais aurait pu être laissée de côté au profit d’une pièce originale supplémentaire. Cependant, après plusieurs écoutes les subtilités entre les pièces se manifesteront de plus en plus et Lys Noir vous remplira la tête de noires mélodies qui vous entraîneront à l’écouter à nouveau. C’est donc un album à forte valeur de réécoute, qui a besoin de dévotion pour être apprécié à sa juste valeur. Les pièces de cet opus les plus marquantes pour votre humble serviteur sont certainement : « L’Appel de la Nuit », « La Quintessence du Mal » avec ses obsédantes mélodies, « Solitude » et son ambiance éthérée et la finale « Comme Les Vers; Sous la Bannière du Lys Noir », seule pièce à tempo moyen de l’album qui conclut cette diabolique symphonie sur une note épique.
En conclusion, rendant toujours un hommage plus que mérité aux racines de l’obscurité métallique, Monarque récidive à nouveau en 2013 avec un album de qualité qui confirme sa tradition d’excellence développée au cours des dix dernières années. Bien que Lys Noir ne soit en aucun cas un album révolutionnaire pour le Métal Noir la qualité des compositions et de la production en feront certainement un incontournable dans le genre cette année. Tous les fanatiques du malin et sombres métalleux devraient immédiatement porter une oreille attentive aux nouvelles obscures ritournelles du Monarque!
Louis-Olivier « Winterthrone » Brassard-Gélinas
Il n’y pas si longtemps, j’avais fait la critique du deuxième long jeu de la formation anglaise Momentum que vous pouvez trouver juste ici.
J’adore tout simplement ce groupe et en faisant un peu de ménage dans mes fichiers j’ai retrouvé un papier que j’avais écrit sur leur premier microsillon Whetting occam’s razor sorti en 2011. Après quelques secondes de réflexion, je me suis dit que je pourrais la proposer aux lecteurs du site étant donné que pour des raisons professionnelles hors de mon contrôle je serai dans l’incapacité d’écrire quoi que ce soit d’ici juillet.
Ceci étant dit, ce n’est probablement pas le meilleur texte que vous pourrez lire sur un blog, mais bon, le but c’est la musique, n’est-ce pas?
Cheers !
Momentum
« Whetting occam’s razor LP »
Aimez-vous ça pesant ? Aimez-vous ça intense ? Aimez-vous ça profond et intelligent ? Aimez-vous le punk hardcore mélodique ? Si oui, vous allez aimer le premier album de Momentum.
Directement du Royaume-Uni et issu de l’union de membres de Light Bearer, Fall of Efrafa, Plague mass et XZieglerX, c’est seulement un an à peine après leur formation que Momentum nous arrive avec son premier LP, Whetting occam’s razor.
Paru sur l’étiquette Halo of Flies en Décembre 2011, le premier Opus de Momentum est tout de suite venu me chercher dans les trippes. C’est rapide et agressif, franc et direct et la ligne directrice de l’album est dure et ne pardonne pas.
La production de ce petit bijou est lourde et complètement immergée dans la distorsion. Les mélodies de guitares sont omniprésentes, la tonalité de la basse est vaste et enveloppante et la batterie est toujours juste. Le vocal déchirant est sans aucun détour et sans aucun compromis. Mais détrompez-vous, nous n’avons pas affaire à un groupe qui ne fait que détruire ses instruments en les martelant violemment. Bien entendu, la musique est agressive mais la grande qualité de cet album reste son côté chevaleresque, comme si les membres de Momentum seraient en quête de savoir et d’une réconciliation avec nous-mêmes. C’est tout simplement épique.
D’après leur propre définition, ils s’inspirent de l’œuvre de Carl Sagan et de plusieurs éminents penseurs. On peut donc affirmer qu’ils sont une de ces formations avec un concept pré-établi et leur musique prend forme autour d’une prémisse bien définie, soit « l’incapacité à mettre en perspective notre place dans l’univers, de l’absurdité de toute la haine, la colère et la stupidité d’une race d’homo-sapiens sur une minuscule et insignifiante planète, mais également notre capacité à aller au-delà de ces idées simplistes et commencer à comprendre, apprécier et admirer humblement la grandeur de l’univers qui nous entoure » (traduction libre depuis la biographie de leur page FaceBook, février 2012).
A priori, ces idées peuvent sembler banales mais Momentum les extrapolent efficacement de par son côté très engagé politiquement et socialement. Ils préconisent d’ailleurs un style de vie végétarien en harmonie avec la nature qui nous entoure. On sent vraiment à travers leur musique un réel désir de faire de notre planète bleu un monde meilleur pour chacune des espèces qui y co-habitent. Les textes sont d’ailleurs livrés avec une émotion sans équivoque et emplis d’une sincérité sans borne. Rare sont les groupes qui m’apparaissent aussi convaincu de leurs propres idées et je n’ose à peine imaginer l’énergie qui doit se dégager d’une prestation en direct de nos quatre enragés.
Néanmoins, que l’on soit d’accord ou non avec leur propos, tout le monde saura apprécier Momentum puisqu’ils composent avec un son qui tire ses influences de nombreuse sources musicales. Que ce soit l’amateur de hardcore pur et dur, le disciple du métal et du trash, le junkie du Punk ou encore le plus puritain des intellos, tous et chacun pourront retrouver un petit quelque chose qui sera lui plaire et à la fin des 50 minutes de Whetting occam’s razor vous serez définitivement charmé. De plus, caché après les 15 titres inscrit à la table des matières de la pochette, nous avons droit a une reprise de NOFX livré à la façon de Momentum pour un total de 16 pistes incluant celle-ci.
Par contre, rien ne peut être parfait à ce point et faute est d’avouer que lorsque vous écouterez Whetting occam’s razor en vaquant à d’autres occupations vous aurez parfois l’impression d’entendre le même morceau plusieurs fois.
La batterie et le vocal semblent devenir redondant par instant, surtout vers la deuxième moitié de l’album. Comme s’ils avaient tout donné au début et qu’ils auraient perdu le ‘momentum’ en cours de chemin (à noter ici l’utilisation d’un très mauvais jeu de mots).
Le chanteur nous hurle toujours ses paroles avec passion et conviction, mais constamment dans la même gamme. Tout comme le batteur, qui ne manque absolument pas de talent mais qui livre une prestation timide et sans fioritures. Personnellement, j’aurais aimé un peu plus d’élaboration sur certains morceaux. La fin de l’album est beaucoup plus lente et viens remettre nos pulsations cardiaques à un rythme normal juste avant de nous laisser pour une prochaine fois.
En conclusion, le premier effort de Momentum reste un très bon album avec le potentiel pour devenir le premier témoignage d’un groupe qui pourrait s’imposer de plus en plus sur la scène underground et devenir une référence avec les années. Whetting occam’s razor ancre solidement ses attaches dans le sol et vous laissera sur votre faim; vous en redemanderez.
Si cette critique a su piqué votre curiosité et que vous êtes résolu à faire tourner Whetting occam’s razor dans votre Ipod ou sur votre table tournante, je vous conseille avant toute chose d’essayer d’écouter le septième morceau Lineage et de porter une attention toute particulière au texte qui nous est récité. À mon sens, From the stars Above (co-écrit par Greg Bennick et Alex CF, lu par Greg Bennick) représente l’essence même de ce qu’est Momentum et vous préparera à la remise en question existentielle auquel ils vous confronteront depuis la première à la dernière ligne.
Skins
Pröjekt F
2013
par Lex Ivian
Lorsque j’ai décidé de faire la revue du nouvel album de PRÖJEKT F, j’avais déjà amplement écouté leurs pièces précédentes et avais déjà vu 3 de leurs performances « live ». Je savais donc qu’ils voguaient dans l’univers de Marilyn Manson par leur son et par leur maquillage de scène. C’est donc sans surprise que j’ai découvert qu’avec ce nouvel album, on tombe encore plus profondément dans l’univers de Trent Reznor. Qu’on parle de Nine Inch Nails (NIN) ou de ses influences dans la création du son de Marilyn Manson (MM), il est évident que la composition des pièces emprunte directement dans ce répertoire. Si vous êtes le moindrement familier, vous reconnaîtrez sans doute non seulement les atmosphères de l’album « Mechanical Animal » de MM mais également du NIN dans l’utilisation du piano dans plusieurs pièces qui m’a fait directement penser à « March of the Pigs ». Leur chanteur a également une voix qui mélange les intonations de Jonathan Davis, Marilyn Manson et Trent Reznor ce qui finit d’achever la ressemblance.
Ai-je aimé l’album reste la question ultime qui me tourmente encore. La qualité de l’enregistrement est à souligner. Pour ce qui est de la musique, je suis un fan de ce style; cette question est déjà réglée. J’ai vu MM en show 5 fois; Rammstein, Minstry, Skinny Puppy, Electric Hellfire Club et pleins d’autres ont joué devant moi. Je suis donc capable d’apprécier la qualité des compositions de PRÖJEKT F et leur façon de construire des atmosphères lourdes avec des débuts de pièce souvent lents centrés autour de la trame de clavier qui finissent en explosion d’accords plaqués. Je suis également satisfait des variations apportées au vocal selon le niveau d’intensité des pièces. Je ne suis pas sûr de la pertinence de la 9ème pièce, « Book of the flies » car elle m’a semblé une intro, un canevas moins touffu de la pièce suivante, « Down in the ascension » et je ne dirais rien si elle ne s’étirait à 7min mais bon je peux vivre avec. Je crois que ce qui me dérange le plus est la proximité des compositions avec celles de leurs influences. Écoutez le début de la 2ème, « Product » et si aucune toune évidente ne vous vient à l’esprit ben je suis désolé de vous avoir fait lire jusque là. J’aurais aimé une plus grande distanciation. Une signature à la PRÖJEKT F plus évidente. J’avais déjà remarqué cette tendance à se coller de trop près à des sons comme pour la pièce « Art of destruction » de leur 1er EP, qui semblait tout droit sorti de l’album « Rebirth » de Pain paru en 1999. Par contre, si vous réussissez à éviter de tomber dans le piège des comparaisons, vous serez en mesure d’écouter un bon album qui offre des balades mélancoliques, tourmentées et même torturées jumelées à des pièces plus dynamiques qui vont plus nous rappeler le côté électrothrash du groupe. Vous constaterez alors leur capacité à nous composer des pièces qui sont entraînantes dans les passes plus rapides et qui sont pognantes dans les passes plus lentes et sombres. Les fans de NIN seront sans contredit servis par la 1ère moitié de cet album mais également les fans d’atmosphère à la Smashing Pumpkin et même à la The Cure du début (à l’époque de l’album « Pornography ») pour la 2ème partie de l’album qui se veut un peu plus introspective à partir de la 7ème pièce avec une utilisation accrue du piano. Ma question de début de paragraphe reste sans réponse vraiment mais ce qui est plus important est ce que vous en penserez. Moi, je vous ai exposé mon petit problème mais ce n’est peut-être pas tout le monde qui a écouté autant d’albums du style que moi. Pis se faire dire que notre son est trop près de celui de MM ou de NIN reste, pris dans un certain sens, un compliment.
Je vous termine ça avec la pièce « Siamese Twins » de The Cure, justement de l’album « Pornography » pour ceux qui ne connaissent pas mes références transgénérationnelles!!
Lex
Mass Murder Messiah
« The Rise Of Evil »
2013
En voulez-vous de l’honnêteté? Moi, le premier album de Mass Murder Messiah, y’a quelque chose qui m’a toujours empêché de l’apprécier à ça juste valeur et c’est difficile de mettre le doigt sur la raison. Je me suis remis à l’écouter dans le processus de faire la critique du nouvel EP de la formation de Montréal, « The Rise of Evil », et je dois avouer que je comprends un peu plus ce qu’ils voulaient faire. C’est spécial que l’album suivant me fasse re-découvrir le premier. Est-ce que je n’avais pas pris le temps de l’analyser? Peut-être. Tout ce que je sais c’est que le nouvel opus qui sortira le lundi le 1er avril en téléchargement GRATUIT est véritablement satisfaisant dès la première écoute, ça, c’est clair.
Je dois dire que je trouve ça weird depuis un bout à Ondes Chocs pour les critiques d’albums québécois, car on ne se gêne pas d’habitude pour critiquer ce qu’on aime pas, on essaye d’avoir un ‘twist’ constructif, mais ciboire, les sorties cette année sont vraiment de qualité impressionnante. Qu’on parle de BornBroken, Ancestors Revenge, Reanimator ou autre, on revient toujours à la même conclusion; c’est bon, ils nous donnent ce qu’on veut et semblent se faire plaisir en même temps.
C’est d’ailleurs ce qui ressort de la première track du EP en question dans cette critique, la pièce titre, « The Rise Of Evil », car elle englobe tout ce que MMM devrait être: direct, violent et mémorable. J’ai toujours aimé la voix de Jean-Michel Vallières, mais son principal problème pour moi était ses mélodies vocales qui ne me rentraient pas dans la tête. Bon ben ciboire, ce nouvel effort le voit se dépasser, nous offrant plusieurs variations de sa voix dans le premier acte de 5. Je suis aussi un fan des ‘samplings’ dans ma musique et cette track en offre beaucoup, mais le côté « les États-Unis sont méchants et George Bush aussi » a été joué et rejoué et je ne crois pas que les thèmes de cet album avance la cause. Ceci étant dit, je ne ferais pas mieux, so shut the fuck up, Dave. (ouais, je me parle souvent…)
On a ensuite droit à une track qui a été divisée en deux entités pour former « The Scheme (Curtain Call) » et « The Scheme (America’s Blood) » et c’est vraiment là que tout l’album prend son sens. Je m’explique. Le premier opus du band était une orgie de riffs qui, pour moi, ne formait pas un « tout » satisfaisant qui me donnait le goût de l’écouter sans arrêt. Cette fois-ci, Jef Fortin, qui compose les tracks et produit le EP, laisse respirer les compositions grâce à une approche différente au niveau des textures et du montage des tracks. Les drums me semblent moins ‘encombrant’ et plus une collaboration avec le reste de la section rythmique pour former une chanson et non une démonstration de savoir-faire.
En parlant de Jef; maudit que le gars est fort au niveau de la composition. On parle d’originalité, mais aussi de technique qui se rassemblent pour nous donner le coup de poing au visage que l’on demande et redemande. Lex et moi avons eu la chance de le voir à l’oeuvre lors de l’enregistrement de la basse par Fred Bizier et cette track divisée en deux que je mentionne plus haut nous a été présentée en une version longue et sans les paroles/arrangements et je vais répéter ce qui m’est venu tout de suite en tête: la composition est plus mature et laisse plus de place à l’interprétation au lieu de nous garocher des riffs au visage. Les ‘parts’ de drums à certains endroits sont tout droit sorti du punk et c’est quelque chose que Jef était plus réticent à inclure, mais l’efficacité de ces parties et la profondeur que ça donne aux deux tounes est exemplaire. L’approche laisse respirer la composition et ça fait toute la différence.
La dernière compo est « Non! » et cette fois-ci l’attaque verbale se fait en français, une approche qui n’est pas facilement exécutable si ce n’est que pour la terminaison des phrases et prononciation de certains mots. Tu l’as ou tu l’as pas. Dans ce cas-ci, j’adore l’exécution du chanteur et l’effet des ‘samples’ à la toute fin.
En conclusion, le produit offert est extrêmement satisfaisant et violent, surtout au niveau des vocals et des arrangements. Tout est plus fluide et efficace que sur le premier album, selon moi. S’il y avait un point plus négatif, ce serait au niveau du concept avec les États-Unis, une approche qui a été présentée maintes fois et qui est difficile à rendre original. J’ai hâte d’avoir les paroles au complet devant moi, mais je dois leur donner, ce concept a fait ressortir le meilleur de JM et sa troupe de malade-métal. En show, tout ça va détruire et, oui, quand le EP fini, j’ai vraiment le goût de le recommencer sans arrêt…
9/10
Dave
« Jehovah-Jireh: The Divine Anti-logos »
2013
Ce qui est merveilleux avec le courant Black Metal, c’est qu’il offre des possibilités pratiquement infinies d’exprimer la haine, la misanthropie, la violence, la détresse psychologique, la vénération de la mort et du mal ainsi que tous les autres côtés sombres de la bête humaine. Non seulement les thèmes lyriques ne manquent pas, mais le cadre de ce genre musical est assez ouvert pour permettre une pléthore d’avenues différentes. En effet, il est possible d’opter pour une approche minimaliste comme Darkthrone à ses débuts, une approche extrêmement élaborée frisant le baroque comme Emperor ou encore, d’y aller carrément pour une incarnation musicale du chaos comme Deathspell Omega. Bien sûr, cette liste de variantes est non exhaustive et non exclusive, cependant Panzerfaust a opté pour la dernière recette mentionnée sur son dernier opus occulte paru le 11 février dernier et intitulé : Jehovah-Jireh: The Divine Anti-logos.
« This world could not have been the work of an all-loving being, but that of a devil, who had brought creatures into existence, in order to delight in the sight of their sufferings».–Arthur Schopenhauer
Récidivant pour une troisième fois en format pleine longueur après The Winds Will Lead Us (2006) et The Dark Age of Militant Paganism (2008), la formation de Mississauga en Ontario nous surprend avec un assaut de Black Metal Orthodoxe rappelant étrangement le son élaboré par les français de Deathspell Omega tout en étant plus direct et à la fois plus facile d’approche que ces derniers. Dès l’introduction de ce nouvel opus où l’on entend une voix psychotique hurlant la venue de l’Antéchrist sur un fond sonore de guitares distordues et de roulements de batterie on constate deux faits : que beaucoup de progrès a été accompli par Panzerfaust depuis leur dernier album et que la parenté avec le courant susmentionné est maintenant pleinement assumée. Effectivement, si le deuxième album décevait par une production étouffée qui ne rendait pas justice aux motifs développés par le groupe, cette fois la qualité sonore est au rendez-vous tout en conservant le caractère malsain et violent nécessaire à l’appréciation de la noirceur métallique.
Puis, le groupe enchaîne avec « Ephphatha » et on se retrouve en plein chaos typique du Black Metal Orthodoxe avec une batterie puissante, une guitare basse bien présente et vibrante, des voix démoniaques du chanteur Goliath et du guitariste Kaizer et des motifs de guitare complètement déjantés, mais conservant toujours un certain aspect mélodique amenant un certain côté « accrocheur » à la musique de la formation. Exposant ensuite ses concepts philosophiques occultes, nihilistes et nietzschéens dans un enchaînement nous entraînant toujours plus loin dans leur atmosphère oppressante et effrayante soulignée par des chants grégoriens et des trames sonores mystérieuses, la formation réussit à livrer un album qui ne comprend aucune pièce de remplissage, aucune chanson faible. Panzerfaust réussit donc à égaler les maîtres du genre tout en étant légèrement plus facile d’accès que ceux-ci de par son côté subtilement plus mélodique et structuré qui permettra sans doute aux néophytes ouverts d’esprit de se laisser embarquer dans leur descente aux enfers.
« The Devil has the broadest perspectives for God; therefore, he keeps so far away from God — the Devil being the most ancient friend of wisdom». —Friedrich Nietzsche
S’il faut à tout prix trouver des faiblesses à cet excellent album, elles auront plus à voir avec les goûts personnels de chacun qu’avec d’objectives lacunes que l’on pourrait déceler à l’écoute. En effet, le courant pratiqué par Panzerfaust ne sera pas nécessairement à la portée de toutes les oreilles de par son caractère obscur, occulte et chaotique. Ceux qui trouvent leur plaisir seulement dans la mélodie et les soli de virtuoses ne trouveront pas leur compte avec cet album, mais les fondamentalistes du Black Metal (comme ils plaisent à se nommer eux-mêmes) que sont Panzerfaust ne s’en préoccuperont guère. Soyez donc avertis qu’il vous faudra quelques écoutes pour apprécier cet album si vous n’êtes pas familier avec le genre. En outre, bien que l’album soit étonnamment constant, il sera difficile de distinguer une pièce qui ressort du lot. L’album fonctionne en effet comme tout qu’il faudra plutôt apprécier dans son entièreté que pièce par pièce, autant dans ses aspects lyriques (soulignons ici les excellentes paroles poétiques et philosophiques écrites par le guitariste Kaizer) que musicaux. À vous de décider si vous aimez les albums-concepts ou les simples qui s’enchaînent.
En conclusion, tous les fanatiques du courant BM Orthodoxe incarné par des groupes comme Deathspell Omega, Leviathan et Pseudogod devraient immédiatement porter une oreille au dernier méfait de Panzerfaust. Vous y trouverez une interprétation particulièrement réussie du genre et des atmosphères à vous faire dresser les poils sur la nuque. Les néophytes qui cherchent un point d’entrée dans ce genre devraient aussi y trouver leur compte en raison d’un caractère plus structuré et mélodique que la moyenne, à condition qu’ils aient l’ouverture d’esprit pour se plonger dans le chaos des tourments éternels. De toute façon, comme ils le disent si bien au bas de la pochette de cet album : FUCK YOUR KVLT.