by Caro Roy | Sep 19, 2013 | Critiques, Critiques d'Albums

Insurrection
« Prototype »
2013
Pièce de l’album
1-Overprocessed (Intro) pièce électronique
2- Abattoir :
3-The Chronophobes
4-Checkmate
5-Sueurs Froides
6- Hellfire
7-Trois minutes de carnage
8- Archetype
9- Prototype
10- They Rise
11-Bruits sans fin
Insurrection, groupe de Death Métal de Gatineau, se soulève à nouveau contre l’ordre établi en nous livrant leur 3e album, « Prototype ». En 2008, leur premier album, Prologue, avait créé au groupe une opportunité de se faire une notoriété au sein de la scène métal québécoise… Et ce n’était réellement qu’un Prologue puisque Fracture était venu confirmer leur potentiel en 2010. Quant à Prototype, il agrandira sans aucun doute leurs possibilités de convertir la populace à leur musique et d’élargir la puissance de leur légion. Les membres du groupe sont Stef Jomphe à la voix, Mart Samson et Vince Laprade S. à la guitare et aux »backvocals », Frank Girard à la basse et aux »backvocals » ainsi que Philippe Latreille à la batterie. Ce qui est particulièrement intéressant chez Insurrection est que, bien que l’album contient beaucoup d’éléments techniques, les gars ne se lancent pas aveuglément dans la technicité, au dépend de la musicalité. Ils ont leur propre style qui demeure très accessible et fluide. Ainsi, ils n’ont pas peur de nous servir un rythme de tremolo et de blast-beats rapide suivi d’un riff plus lent, propice à l’établissement d’une ambiance plus lourde et plus »epic ». Prototype, album enregistré au Studio Apartment 2 par Topon Das de Fuck The Fact sera mis en vente en magasin par Galy Records dès le 15 octobre. Le travail de production est très réussi.
Prototype est composé de 11 pièces dont 4 écrites en français. L’intro, « Overprocessed », est une pièce instrumentale progressive d’une quarantaine de seconde qui laisse rapidement place à la 2e pièce, intitulée « Abattoir », une de mes préférées de l’album. Les paroles françaises sont vraiment intéressantes et restent en tête. Elles sont une dénonciation imagée de l’emprise qu’exerce le pouvoir étatique sur le peuple. Cette pièce est songée, accrocheuse et rassembleuse. Elle donne l’image d’un soulèvement de masse où le peuple se réveille enfin et le fait avec grande solidarité, avançant en troupe vers le siège du gouvernement, scandant les paroles de cette pièce :
Prise en-rang à l’abattoir, toute la masse sous le hachoir.
Érigeons nos bannières noires avant qu’il ne soit trop tard.
Les paroles sont facilement distinguables par dessus les »riffs » techniques et la batterie qui est très présente et imposante. La guitare laisse suffisamment de place aux paroles et la voix de Stef Jomphe est ressentie et très versatile. L’album se poursuit avec les pièces « Chronophobes », « Checkmate » et « Sueurs froides ». Les deux dernières sont des pièces qui »groove » à souhait et donne envie de danser violemment. Voici la pièce « Checkmate ».
« Sueurs froides », pièce qui raconte la perte de sang froid pendant un cauchemar terrifiant concernant la mort, est composée de cris en »backvocal » qui correspondent bien aux paroles du texte. Celle-ci se termine avec une courte partie de guitare mélodique qui se termine brusquement par un accord. S’en suit « HellFire’ qui est une pièce plus calme, donnant un peu plus envie de lever notre poing fermement dans les airs que de danser. « Trois minutes de Carnage » est une pièce aux paroles, encore une fois, très originale, qui aborde le simple geste d’un électeur lors d’un scrutin et l’importance de l’exercice de son vote, trop souvent pris à la légère.
Un instant suffit laissé à soi-même. Pour porter une nation au bord du gouffre.
À feu et à sang, seulement trois minutes. Seul à chaque instant, en isolement.
La 7e pièce de l’album, « Archetype », se démarque encore par ses paroles consciencieuses qui évoque le fait que nous sommes tous des clones d’un modèle original qui nous est imposé d’avance et qui mène à la destruction de l’humanité :
Archetypes, we hate, behavior written in our veins
Replicas, we fail; impossibility of change.
Dans « Prototype », la pièce titre de l’album, le chanteur incarne l’image d’un nouveau prototype d’homme optimisé, qui prend l’humanité en main suite à l’échec de dieu. Anéantissant toute peine, douleur et haine; rétablissant la paix et créant une espèce sans faille, sans croyance et qui ne ressent rien du tout. Insurrection arrive, s’approchant de votre ville pour convertir et assembler sa légion!
Praise! The perfect new prototype : Man optimized
I bring the peace that you have failed, termination.
L’avant dernière pièce de l’album, « They Rise » est suivi par « Bruits sans fin », qui traite de la propagande et du gavage de crâne réalisés par les nouvelles, la radio et autres médias populaires. Autant pour les bonnes causes que pour les mauvaises, les médias contrôlent la pensée populaire et ont le pouvoir d’implanter des idées chez les gens par leurs « Voix insensées sans autorité ».
Je ne crois pas avoir besoin de vous dire que je suis vraiment captivée par les textes de cet album. Ils sont engagés, philosophiques, actuels et phrasés avec habileté. J’ai bien aimé que parmi leurs nombreux remerciements figure la langue française. Si la langue française sortait un album, Insurrection figurerait, sans aucun doute, dans ses remerciements puisqu’ils ont su lui rendre honneur avec « Prototype »! Si tu es un amateur de musique qui bûche, un musicien, un philosophe, un citoyen, un mouton, un dieu ou un humain… « Prototype » de Insurrection, ça te prend ça!
\m/ C@w0o0o \m/
by Chris Wheeler | Sep 12, 2013 | Critiques d'Albums

Battlecross
« War of Will »
Metal Blade Records
2013
Hailing from Michigan, U.S.A, Battlecross are poised to challenge other melodic, thrash/death bands in sheer ferocity and abandon! Fourth album into their career, “War of Will” sees the quartet more focused than ever in a milieu already overflowing with similar acts.
Known for being a tour de force live, Battlecross have penned an album that is perfect for a “runaway pit” and will no doubt see rabid fans break their necks in aural ecstasy. Out of the gate, “Force Fed Lies” sets the tone for the rest of the album with its melodic hooks and rampant double bass assault. Clocking in a mere 3:20 seconds, most of the album contains short blasts of energy with enough venom to satiate fans of the “As I Lay Dying” or “All That Remains” ilk. In fact, Battlecross indulge in heavy thrash riffing with subtle nuances of Metalcore and Bay Area guitar solo finesse.
With all the similarities to other bands “trending” right now, Battlecross do add flourishes that set them apart from the pack. “Get Over It” and “Beast” feature fast rhythms that will inspire mayhem live but bring the pace down to a slow crawl, as well, to add varying dimensions to their well-tread blueprint. Standout track, “Flesh and Bone” may reference older In Flames, but does veer off the path with an interesting neo-classical guitar bridge that segues into the main solo.
For all its splashes of uniqueness, “War of Will”, comes across as an album that exhibits potential but may find itself buried beneath mounds of other bands playing similar melodic thrash with extreme vocals. Though Battlecross do write songs that many will “lap up”, the compelling elements are few and far between, sadly. What may be left at the end of the day, is another generic album of typical thrash riffs, double bass propulsion and ideas that have been explored many times before.
Standout Tracks: “Never Coming Back”, “Flesh and Bone”, “Beast” 7/10
by Lex Ivian | Sep 10, 2013 | Critiques, Critiques d'Albums

Haiduk
« Spellbook«
2012
Haiduk est un projet solo de Luka Milojica de Calgary dans lequel il joue de tous les instruments accompagné par un « drum machine » pour nous concocter un métal extrême où on retrouve autant d’influences death, thrash que black. Après la sortie en 2010 de son démo Plagueswept », voici « Spellbook » sorti en juillet 2012, un 1er album de 10 pièces courtes et intenses pour 32 minutes de métal extreme « in your face ».
Liste des pièces
Lich
Stormcall
Black wind
Maelstrom
Forcefield
Hex
Tremor
Fire wield
Lightning
Vortex
L’album part sur les chapeaux de roues, sans intro directement dans « Lich », une succession de riffs de guitare mélodiques et catchy sur un « fastpace drumming ». Ça donne le ton à l’album dès le début. Cette attaque brutale sera coupée en 2 par un bloc lent et lourd où Luka nous introduira son vocal guttural écorché le temps de quelques phrases. Les fantômes du thrash des années 80/90’s flottent sur les riffs de guitares, qu’on pense à Kreator et Slayer. Avec « Stormcall, « Forcefield », « Tremor » et « Fire wield », on reste toujours dans cette optique straightforward. Des attaque directes et brutales avec de courts riffs de guitares et de la « bouncing bass ». Certaines pièces se distingue du lot. « Hex » offre le seul moment acoustique de l’album avec sa petite intro puis se lance dans une composition qui sera surprenante par ses progressions et transitions. « Black wind » débute avec des riffs cycliques puis un « blastbeat » qui m’a plus ramené dans une ambiance old school black/thrash . « Lightning » est la pièce où l’utilisation du « drum machine » m’a le plus plu avec de nombreuses variantes. À l’opposé, certaines pièces comme « Maelstrom » ont exploité en tant que tel le « drum programming » et ont sent le côté inorganique du « snare » peut-être un peu trop dans la passe de « blastbeat » à partir de la 35ème seconde. Toutefois, c’est le tourbillon sonique créé par les guitares qui nous emporte dans la toune. Enfin, avec « Vortex », on a l’impression de partir dans un bon vieux thrash mais ce n’est qu’illusion. Encore une fois, il sera poussé à l’extrême. Elle contiendra toutefois à la fin le seul « shred » solo à la « guitar hero » de l’album « like a good old school goldie ».
Dans l’ensemble, c’est un très bon album qu’on pourrait qualifier de « blackened death/thrash ». Bien que cette appellation peut sembler un « melting pot », chaque pièce trouve une façon de se démarquer. Par contre je règle tout de suite le compte du « drum machine » car si les pièces se distinguent, ce ne sera pas grâce au drum. J’ai trouvé que malheureusement il reste quand même assez semblable d’une pièce à l’autre, quoique en même temps le style le veut et de toute façon un « drum machine » doit surtout assurer la rythmique ce qui a été bien programmé. Finalement, j’aurais peut-être juste préféré qu’il soit moins à l’avant-plan. Un 1er album violent qui contient surprenamment peu de vocaux. Bien que ceux-ci soit parfaitement adéquats et très bien rendus dans un style Cannibal Corpse/Bolt Thrower, pour une raison qui m’est inconnue, Luka a préféré les restreindre. Pour le reste, « Spellbook » est un album « guitar oriented ». On reste donc surtout captivé tout au long de l’album par les riffs de guitares qui se superposent, se complétant ou s’opposant mais en tout temps nous challengeant à deviner vers où ils progresseront. Car oubliez les structures couplet-couplet-refrain-couplet-couplet, Haiduk ne connaissent pas ça. C’est aussi un peu pour ça qu’on ne s’aperçoit pas vraiment de la rareté des vocaux. Et de toute façon, cette façon d’utiliser les vocaux par courte série de phrases à un seul moment de la pièce donne l’impression que pour un court instant dans chaque pièce on jette un sortilège en invoquant l’élément ou l’entité qui intitule chacune, ce qui est totalement adéquat pour un album qui est un « Livre des Sorts ». D’ailleurs, je voudrais terminer ici en soulignant la présence d’un symbole cabalistique pour chacune des pièces sur la pochette de l’album.
Pour les amateurs de métal extrême avec juste ce qu’il faut de mélodies, je crois que Haiduk mérite que vous écoutiez les 2 pièces qui suivent.
Bonne écoute
Lex
by Luc St-Laurent | Sep 8, 2013 | Critiques, Critiques d'Albums

Carcass
« Surgical steel »
2013
En septembre est programmé un des retours studio les plus attendu depuis fort longtemps, soit celui de la légendaire formation britannique Carcass. Celle-ci avait annoncé son chant du cygne en 1996 avec un album qui en avait déçu plus d’un. Alors que Michael Amott avait déjà quitté le navire, ils ont sorti « Swansong », un album qui, selon moi, était strictement conçu pour remplir leur partie du contrat avec Earache, leur label à l’époque.
C’est donc après un hiatus qu’on aurait cru éternel, alors que chacun des membres du groupe poursuivait sa carrière musicale à des années-lumière de ce qu’ils nous avaient habitués avec Carcass, peut-être hormis Arch Enemy de Michael Amott qui continua accompagné de son frère de nous procurer certains de ces frissons mélodieux auxquels ils nous avaient accoutumés précédemment. Le groupe Carcass incluant M. Amott, était de retour sur scène en 2007. Le seul véritable absent de cette réunion fut alors Ken Owen à la batterie, qui a malencontreusement souffert d’une hémorragie cérébrale en 1999, le rendant inapte à performer au niveau d’antan. Daniel Erlandsson, également d’Arch Enemy, pris ainsi la relève pour ce qui devait être une simple tournée de réunion.
Suite au succès de ce retour, et à la demande grandissante de produire du nouveau matériel, Jeff Walker et Bill Steer décidèrent d’aller de l’avant dans la production d’un sixième album de Carcass, le premier en plus de 17 ans! Donc, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis la sortie de leur dernier chef-d’œuvre, et avec le désistement de Michael Amott à s’investir dans ce nouvel album, mes craintes d’un fiasco semblaient plus que fondées. Après tout, la magie au point de vue musicale de Carcass, résulte dans l’apport mélodique très caractéristique du guitariste M. Amott, qui avait permis de transformer un groupe de Grindcore aux limites du supportable en pionnier du Death Mélodique. À l’époque, son départ avait d’ailleurs signé le début de la fin pour Carcass.
Pour ces raisons, quoique je me considère comme un grand fan du groupe depuis plus de 20 ans déjà, et que j’adore toujours autant « Necroticism. Descanting The Insalubrious » et « Heartwork », puisque ce dernier figure toujours dans mon top 5 à vie, mes attentes étaient peu élevées, alors que je demeurais tout de même assez sceptique face au lancement de ce nouvel album sans la contribution de M. Amott. Enfin, jusqu’au jour où « Captive Bolt Pistol », le premier extrait de leur nouvel album « Surgical Steel », fit surface sur le net! Dès lors, mon intérêt pour la sortie de celui-ci connu une ascension fulgurante!
Certes, la route vers ce nouvel accomplissement ne fut pas de tout repos, même pour un groupe bénéficiant d’un statut mythique tel que Carcass. De nombreuses difficultés se dressaient devant eux. Il y avait d’abord la nécessité de remplacer de manière permanente Amott et Erlandsson. Ensuite ils devaient convaincre un label de la pertinence de leur retour alors que l’industrie du disque est désormais dans un état financier assez lamentable, et finalement, ils ont dû passer à travers une interminable session studio alors que l’album initialement produit par Colin Richardson l’an dernier fut abandonné à l’étape du mixage avant d’être repris en charge par Andy Sneap.
Heureusement, pour Carcass, Nuclear Blast Records démontra le plus grand intérêt à non seulement vouloir mener le projet à terme, mais également à faire fructifier celui-ci de manière considérable avec une panoplie d’items destinés aux collectionneurs et à dissuader un tant soit peu le piratage. Ainsi, bundles avec t-shirt et box sets en édition très limitée seront disponibles au lancement, et Surgical Steel sera aussi offert dans différents formats: CD (Digi ou jewel case), Vinyle (noir, vert ou transparent) et même en cassette!
Déjà avec la présentation de la pochette s’apparentant vraisemblablement à un Tools of the Trade version 2.0 et arborant fièrement l’ancien logo qui avait déjà vu son utilisation restreinte dès l’époque de « Necrotiscm… ». Carcass tenait ainsi à utiliser quelques repères sur la direction que le groupe désirait emprunter, rassurant par la même occasion les fans dès le départ. Une excellente décision à mon avis!
Oui, c’est bien beau tout ça, mais l’album est-il bon? Est-ce que « Captive Bolt Pistol », qui semble avoir convaincu les plus sceptiques d’entre nous d’un potentiel retour triomphal de Carcass, est représentatif de l’album en entier? À mon plus grand bonheur, je n’aurai pas eu à attendre jusqu’à la sortie officielle de l’album pour connaitre la réponse, puisque celui-ci fut victime d’une fuite et diffusé sur le net plus d’un mois auparavant. Une situation plutôt rare pour un album de Nuclear Blast Records qui réussit généralement à limiter les fuites à seulement quelques jours précédents la première date de sortie officielle.
Alors voici donc à quoi vous attendre en écoutant « Surgical Steel » qui totalise plus de 47 minutes dans sa version courte. Je dis version courte, car histoire de rentabiliser au maximum l’expérience plusieurs versions contiennent des pièces bonus.
C’est suite à une brève introduction instrumentale intitulée 1985, symbolisant la genèse de Carcass qui évoluait sous le pseudonyme de Disattack avant l’arrivée de Jeff Walker, que le carnage débute réellement avec ‘Thrasher’s Abattoir’, une pièce relativement courte et brutale sans trop de points saillants, sans doute une réminiscence des années grindcore. Étrangement j’ai l’impression que celle-ci ne semble simplement pas être à sa place tout à fait. Enfin, ne nous désespérons pas trop vite, nous n’en sommes qu’à la 3e minute, et c’est avec la 3e pièce nommée ‘Cadaver Pouch Conveyor System’ que l’écoute de « Surgical Steel » commence à être intéressante car cette pièce donne littéralement le ton au reste de l’album.
Je n’ai pas l’intention de passer en revue chacune des 11 pièces dont les compositions sont généralement assez solides lorsque prises individuellement bien que certaines semblent suivre à la lettre une recette stricte et manquent d’une réelle personnalité qui les aiderait à se démarquer des autres. Tout ça pour dire qu’à l’exception de quelques titres, j’ai encore du mal à m’y retrouver, et ce après plusieurs écoutes.
Hormis le premier extrait et single ‘Captive Bolt Pistol’, qui avait attisé mon espoir d’un retour en force de Carcass, mon coup de cœur va définitivement à une pièce à la fois très agressive et ultra mélodique qui réussit à recréer à la perfection cet univers de contrastes, propre à l’ère de Necroticism, intitulée ‘Noncomplience to ASTM F 899-12 Standard’, celle-ci a surement le titre le plus difficile à retenir d’entre tous, même pour Carcass, qui nous avait déjà habitués à ce genre de fantaisie technique dans le passé.
Mon verdict final, est-ce que « Surgical Steel » passe le test? La réponse est positive, dans la mesure où sans même atteindre le niveau de grandeur établit par un « Necroticism : Descanting the Insalubrious » ou un « Heartwork » qui ont révolutionné le genre à l’époque, celui-ci réussit à toucher la cible en procurant une dose authentique de Carcass à tous les fans comme vous et moi qui n’espérions probablement plus de nouveau matériel de leur part.
8.5/10
by Lex Ivian | Sep 7, 2013 | Critiques, Critiques d'Albums

WarCall
Blood, guts and dirt
2013
Le groupe de Montréal, WARCALL, lancera son 2ème album, « Blood, guts and dirt » le 13 septembre lors d’un spectacle au Café Chaos de Montréal. Voici mes impressions de ce nouvel album.
Track listing
Wrath of God
Faces of Death
War against war
Hanging by a thread
Bullet in my hand
Cannon fodder
Open scar
Black grudge
Field of desolation
Motordeath
L’album commence avec un échantillonnage. On est en plein champ de bataille avec les tirs de mortiers, le sifflement des balles puis on lance la 1ère pièce sur une mitraille de guitare et batterie. À l’écoute de « Wrath of God », on aura entrevu les divers éléments qui composeront leur musique. Une recherche dosée de mélodie et de brutalité qui alterneront dans la majorité des pièces. Un vocal rauque parfaitement comprenable qui s’accorde bien au son de la 2ème guitare.
La 2ème pièce « Faces of Death » a plus un côté « death ‘n’ roll » avec son petit côté « groovy » ce qui lui donne un rythme un peu plus mid-tempo. Et si les pièces rapides contiennent des passes plus lentes, l’inverse se présente ici avec une passe de blastbeat bien amenée.
La 3ème pièce « War against war » nous amènera un côté un peu plus « power » avec une batterie straightforward sur laquelle chevauche les riffs de guitares. La fin de la pièce ramène un sampling, on continue la guerre du début.
Le début de « Hanging by a thread » enligne un chug-a-chug si cher aux adeptes de death metal. Une pièce aux riffs assez génériques mais qui réussit à nous accrocher avec ses progressions et transitions. Encore une fois, la pièce se termine avec un sampling question de continuer à nous imprégner dans l’histoire dont les paroles comme je l’ai mentionné sont parfaitement audibles.
Avec le début de « Bullet in my hand », on croit repartir dans une pièce qui progressera vers une attaque straightforward mais à la 30ème seconde, il nous introduisent un solo mélancolique qui se développe tranquillement à mesure que la pièce s’accélère puis on atteint le niveau anticipé qui sera même dépassé par l’ajout d’un blastbeat. Ça donne encore une fois une pièce aux multiples transitions bien amenées dont la mélodie nous reste en tête au final.
Parlant mélodie, « Cannon fodder » débute justement avec une douce et jolie mélodie à la basse qui est rejointe par la guitare pendant que la section rythmique se prépare à exploser. Ils ramènent alors une toune semblable à « War against war », plus power.
Avec « Open scar » ils ralentissent le tempo comme ils l’ont fait avec « Faces of death » ou « Hanging by a thread ». Sans dire que c’est une balade métal, mettons qu’on a plus tendance à osciller de la tête en suivant la mélodie qu’à « headbanger ».
« Black grudge » est celle qui se démarque le plus de l’ensemble avec ses riffs de guitares qui ont une vague touche black et le vocal qui utilise les hurlements écorchées déjà entendus dans « War against war ».
« Field of desolation » est elle aussi une balade métal jusqu’à ce qu’elle entre dans un blastbeat qui ramène la vague impression black dans les guitares.
La dernière pièce « Motordeath » est plus straightforward, une incursion fast pace dans une atmosphère plus thrashy mais qui garde encore un riff mélodique qui signera la pièce.
En général, Warcall ont réalisé un album aux pièces variées mais pour lesquelles on sent tout de même un pattern, ce qui n’est pas un défaut pour autant. Au contraire, ce pattern fait en sorte qu’on sait qu’il y aura et anticipe les variations et progressions des pièces et pourtant ils réussissent à amener plusieurs transitions intéressantes inattendues qui gardent mon attention. Même chose pour le vocal qui sans avoir une signature particulière a au moins le mérite de naviguer dans un registre qui est bien géré. La capacité de bien articuler son « growl » est à souligner. Les effets les mieux réussis sont sur « War against war » alors que j’ai bien aimé les hurlements dans « Black Grudge ». Finalement, et je ne suis pas un grand fan de solo de guitare, je veux mentionner que malgré le fait que chaque pièce en contient un, je n’ai pas senti la recherche de jouer au « guitar hero » mais plutôt apprécié l’apport mélodique qu’ils ajoutent aux pièces.
Un bon album pour les amateurs de death mélodique sans clavier dont les compositions ne sont pas que des pièces à fond la caisse mais plutôt construites autour de structures en blocs contrastant, qui font des pièces variées.
Bonne écoute
Lex
by Maxime Lecavalier | Sep 3, 2013 | Critiques d'Albums

Forlorn Path
« Man’s Last Portrait »
2013
Mélancolie, fatalité et espoir. Ce premier album de FORLORN PATH (après deux EPs, “Being Toward Death” et “Intifada”), progressif, lourd et sombre, mais aussi vivifiant par endroits est un très bon début mais aurait eu avantage à être raccourci. C’est une invitation au voyage avec des pièces pesantes et torturées. Musique de contemplation, évoquant une fin mythique, un deuil inhumain…
Émotion et beauté sont au rendez-vous, surtout avec les premières pièces précédées par la suberbe intro melancolique »The coming of winter ». Puis la pièce “Empire of Decadence” s’immisce et éclabousse d’un dark metal atmosphèrique et très melodique avec des passages doom/death. Les vocaux sont très efficaces et bien sentis, alliant le guttural et le scream propre au black metal. La trosième proposition de l’album, »Words Only Wind Can Speak » est également très solide et majestueuse. Sûrement ma préférée avec la touche de piano et l’atmosphère d’urgence qui se dégage de la structure prédatrice. Une de leur force est les mélodies de guitare, juste assez travaillées pour amener une texture riche, sans alambiquer le tout dans une technicalité plus froide. Une référence à Agalloch est indéniable.
Une autre de leur force est la poésie des paroles et la qualité de cette prose maladive. Vraiment plaisant à lire, singulièrement. Et une référence à Edgard Allen Poe sur la quatrième pièce »Masquerade ». Mais voilà que ça commence à devenir un peu lassant, même si la pièce instrumentale »A Moment of Silence » et un intro pluvieux tente d’aérer le tout, je me suis perdu dans la suite. L’énergie du début s’essouffle et, bien que très bien ficelées et efficaces, les chansons tombent dans le convenu et s’éternisent. Mais voilà, c’est un premier opus remarquable, et j’espère qu’ils sauront débrouissailler leur art car le potentiel est évidement élevé. Il reste que j’ai écouté l’album jusqu’au bout, deux fois plutôt qu’une (étendu dans la pénombre et en marchant dans le bois sous une fine pluie) par respect pour l’oeuvre et par principe d’exploration. Car malgré mes critiques, j’aime être confronté à quelque chose de pointu et même d’ardu à écouter. Surtout en cette ère de facilité et d’instantanéité, je n’en retire que plus de satisfaction. Plus c’est long, plus c’est bon comme disait l’autre. Et j’ai bien fait de tenir car la dernière pièce »What Lies Beyond » nous ramène un vent de fébrilité avec des envolées épiques. La production est bonne, la qualité sonore surprenante. Un petit bémol peut-être pour les percussions qui auraient pu être plus feutrées et subtiles.
Bref, j’ai aimé mon expérience dans ce monde de tristesse et de colère enflammée par une brèche de lumière et j’espère être agréablement surpris pour la suite.
7/10