Les « Elles » du Métal

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Au début du mois de mai, deux poids lourds, Epica et Xandria, faisaient paraître leur nouvel album respectif, le même jour. C’est pourquoi cette première chronique de juin sera consacrée à ces deux nouvelles parutions. Toutefois, cette édition des « Elles » du métal a ceci de particulier: je ne l’ai pas écrite au complet! En effet, la musique d’Epica me laisse, pour une raison inexplicable, plutôt froid (c’est inversement proportionnel à l’effet que me fait la chanteuse Simone Simons, dont la seule vue me rend totalement dingue) et c’est pourquoi l’idée m’est venue de confier cette critique à une personne connaissant mieux ce groupe et qui est donc davantage en mesure de partager son appréciation. Mon amie Graciela, dont les goûts musicaux rejoignent beaucoup les miens, a sans hésiter accepté mon offre. Je la remercie chaleureusement, elle qui par surcroît a pris le pari de nous livrer ses impressions dans un français de grande qualité, alors que ce n’est pas pas sa langue maternelle. Je vous laisse donc apprécier cette première chronique commune; je dis «première» car, sait-on jamais, l’expérience sera peut-être renouvelée dans le futur. Bonne lecture! – Steph

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Epica

« The Quantum Enigma« 

Nuclear Blast

2014

 

Brutal, puissant et sublime. Ce sont les mots qui me viennent à l’esprit en écoutant « The Quantum Enigma« . Du point de vue de la physique, ce concept suggère que l’observation ou la perception par l’observateur influence ce qu’on observe. On pourrait dire la même chose du sixième album du groupe néerlandais Epica. Chaque chanson, chaque mélodie semble changer et s’adapter à l’état d’âme du moment.

Le concept derrière l’album est une réflexion sur le monde d’aujourd’hui, les mystères de la vie et la condition humaine. Visuellement, on peut voir cet univers de questions représenté par les images sous-marines dans l’illustration principale de l’album dont la spiritualité est symbolisée par Bouddha. Les thèmes des chansons parlent du spectre de la mort lors d’une maladie, de la croissance des personnes à travers les erreurs qu’on expérimente tous à un moment donné, et de la perte de soi.

Pour commencer, « Originem » m’a surprise puisqu’ellle inclut un échantillon de la chanson « Leaving Too Soon » de l’album « Silverthorn » de Kamelot, disponible seulement dans l’édition japonaise. Écrit par B. K. Atsionis et avec le texte de Mark Jansen, cette chanson envoûte l’auditeur dès les premiers accords.

Le power métal est beaucoup plus présent dans ces compositions, sans perdre les éléments symphoniques: les arrangements orchestraux, les voix lyriques et les ensembles vocaux, accompagnés des claviers évoquent de la majesté et créent une atmosphère captivante, où l’œil sur la montagne perçoit la planète.

La virtuosité des musiciens est toujours mise en évidence. J’aime particulièrement le duel entre Isaac Delahaye à la guitare et Coen Janssen aux claviers, dans la chanson « Reverence (Living in the Heart)« . L’une de mes chansons favorites est la ballade « Canvas of Life« , écrite par Simone Simons. Sa belle voix et les harmonies de la guitare d’Isaac créent une chanson qui est aussi réconfortante que mélancolique, qui parle des souvenirs d’une personne qu’on ne pourrait jamais oublier.

L’album compte également sur la participation spéciale de Marcela Bovio, chanteuse de Stream of Passion qui a prêté sa voix à certaines mélodies. Ceci est aussi le premier enregistrement avec Rob van der Loo, le nouveau bassiste du groupe, qui remplace Yves Huts depuis 2012. Dans l’ensemble, cette production musicale est un travail d’équipe, dirigé cette fois-ci non pas par Sascha Paeth, qui a quand même participé au préenregistrement, mais par le producteur Joost van den Broek. Fort d’une méthode de travail rafraîchissante, chacun des membres a apporté ses idées et sa personnalité, nous donnant des mélodies à la fois dynamiques, profondes et accrocheuses.

Cet album propose des sons somptueux, des notes délicates, de vifs chants gutturaux et des voix imposantes. En deux mots, tout ce qui va de pair avec les textes intrigants qui nous font plonger dans un monde où «toutes les ombres et illusions que l’on a tendance à croire, ne sont que des créations de notre propre esprit trompeur».

 

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Xandria

« Sacrificium« 

Napalm Record

2014

 

En 2012, le groupe allemand Xandria a frappé un très grand coup avec « Neverworld’s End« . Premièrement, la formation avait décidé de miser à fond sur un format symphonique très dynamique, faisant de cet album une formidable réussite dans ce registre. Finalement, nous avions eu la chance de faire connaissance avec une nouvelle chanteuse, Manuela Kraller, qui grâce à une voix très puissante était devenue une star instantanée dans la grande famille du métal à chanteuse.

Pour « Sacrificium« , c’est un double défi qui attendait Xandria. Tout d’abord, les Allemands avaient la pression de publier un successeur digne à un album encensé de partout et considéré à juste titre comme le meilleur de leur discographie. Ensuite, dur coup, Manuela Kraller a décidé de quitter le navire pour se consacrer à d’autres projets (outre sa performance sur la chanson « Memories Fall » de Dark Sarah, on attend toujours la réapparition de la divine voix). Ainsi nous arrive Dianne van Giersbergen, Néerlandaise que certains ont pu entendre avec le groupe Ex Libris. C’est donc avec beaucoup de curiosité et un peu d’inquiétude que je glisse le CD dans le lecteur.

Et qu’elle se dissipe rapidement cette inquiétude! En effet, d’entrée de jeu, on nous attaque avec la pièce-titre, morceau de plus de dix minutes qui réunit tous les éléments que doit comporter un morceau épique: chorale, rythme effréné, narration, superbe solo de guitare, tous les ingrédients sont réunis et habilement mélangés pour nous enchanter immédiatement. De plus, la nouvelle venue nous démontre toute l’étendue et la puissance de sa voix, venant faire tomber tous les doutes qui pouvaient persister. C’est un très grand coup que frappe Xandria dès le départ, nous plaçant dans les meilleures dispositions.

De plus, cette pièce ne sert pas d’écran de fumée. Effectivement les chansons suivantes, si elles sont de durée plus courte, demeurent dans le même registre. « Nightfall« , à grand renfort de chorale – la chorale néerlandaise PA’dam, que l’on avait pu entendre sur le «live» « Black Symphony » de Within Temptation, tient le fort – et de lourde batterie, vient nous enchanter tandis que sur « Stardust« , les guitares mènent la barque jusqu’à ce que l’on attrape la chair de poule en conclusion lorsque Dianne van Giersbergen hausse la note de manière impressionnante de la même façon que sa prédécesseure le faisait sur la conclusion de « Blood on my Hands » sur l’album précédent. Définitivement, Xandria a mis dans le mille et on ne peut que souhaiter que la rotation à ce poste soit terminée (Dianne est la quatrième chanteuse du groupe, en six albums…).

Tout au long de ce « Sacrificium« , nous pouvons établir des comparaisons avec « Neverworld’s End« , les deux albums étant vraiment sculptés dans le même roc. Les guitaristes Marco Heubaum et Philip Restemeier se taillent la part du lion en martelant solos et riffs mordants à multiples endroits, le tout bien soutenu par le batteur Gerit Lamm, très solide, et par le nouveau-venu à la basse Steven Wussow, qui complète bien le jeu. Cette formation rock bien musclée est habilement augmentée par Joost van den Broek, claviériste et arrangeur qui a travaillé avec les Ayreon, Stream of Passion, Star One, Epica (voir critique ci-dessus) et surtout, After Forever. N’étant pas un membre officiel du groupe, van den Broek se fait toutefois bien présent grâce à ses talents, lui qui relève l’ensemble en amenant sons orchestraux et arrangements symphoniques, achevant de donner à ce nouvel album un son plus grand que nature.

Xandria se montre aussi plutôt habile dans les pièces moins rythmées; « The Undiscovered Land » se développe en un intelligent crescendo et gagne en intensité sur toute sa durée, tandis que « Our Neverworld » et « Sweet Atonement » s’avèrent être de très belles ballades où la voix de la chanteuse, dans ces moments calmes, peuvent curieusement rappeler celle de Simone Simons d’Epica. Les autres pièces sont du Xandria pur jus, c’est-à-dire des pièces rythmées et denses où les moments forts ne manquent pas.

Si ce nouvel album ne traduit pas d’avancée majeure par rapport à son devancier, on peut se réjouir que Xandria ait pu consolider ses acquis en offrant de nouveau un produit de très haute qualité. Une de mes amies soulignait que « Sacrificium » était un « Neverworld’s End » amélioré. Sans être d’accord à 100% avec cette affirmation, il est très approprié de comparer les deux œuvres, aussi solides l’une que l’autre. Autre point marquant, le groupe aura encore une fois su faire le bon choix au niveau vocal. Bref, Xandria se maintient dans le peloton de tête des groupes de métal symphonique.

Pour les fans québécois qui veulent les entendre, j’en profite en terminant pour vous mentionner que Xandria sera au Québec en septembre, le 8 au Club Soda de Montréal et le 9 à l’Impérial de Québec, en première partie d’un line-up plus qu’attrayant qui sera complété par Delain et Sonata Arctica. Deux spectacles à ne pas manquer, à un prix amical, mettant en vedette trois groupes de haut calibre.

 

 

Critique d’Album: Shatters – « L’abysse des Pensées »

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Shatters

 « L’abysse des pensées« 

(2014)

 

 

1- Planeshift
2- L’erreur Originelle
3-Les murs de ma folie
4- Seaside homicide
5- Open eyes (never lie)
6-Dim the lights
7-The hound
8- L’abysse des pensées

 

Shatters est une formation de Québec qui a fait face à plusieurs modifications de son line-up depuis l’ébauche du projet en 2005.   Le line-up actuel est composé de Martin Poirier (voix et guitares), François Boivin (basse), Marc-Antoine Guay (guitares et voix), Stéphane Moisan (batterie) et Mathieu Houde (claviers et piano). Cette formation de post-prog-métal de Québec mélange bien les moments ambiants, acoustiques et calmes à d’autres moments beaucoup plus intenses et lourds. Ils ont par ailleurs offert une prestation récemment dans le cadre de la finale du Challenge Parkinson Metal, s’étant déroulée à Québec.  Influencé par des groupes tels que Opeth, Porcupine Tree ou Anathema, le groupe enchaîne, dans une même pièce, des parties bien distinctes, nous faisant ainsi voyager dans des intensités et émotions différentes au sein d’une seule pièce. Shatters aborde le thème de la psychologie humaine, d’où le nom du groupe qui signifie «éclatement»… faisant ainsi référence à l’éclatement, en 1000 morceaux, de l’esprit humain, si fragile. Le groupe est plutôt versatile et pourrait autant jouer avec des groupes rock progressif qu’avec des groupes plus métal.

L’album débute en nous plongeant directement dans un univers intriguant, lourd et cafardeux avec la première pièce de l’album intitulée « Planeshift« , qui en est une instrumentale. Dès le début, on remarque que la basse occupe une place notable dans l’instrumental et qu’elle y est très présente, prenant parfois un rôle très mélodique en jouant dans les notes plus hautes. La seconde pièce, « L’erreur originelle« , débute avec un enchaînement d’accords de guitare acoustique et une voix clean plutôt chambranlante et fragile. L’instabilité de la voix est très appropriée aux propos des textes et à ce qu’on veut en faire ressortir comme émotion. La 3e pièce, « Les murs de ma folie« ,  est assez répétitive quoique efficace, avec un picking qui revient constamment à la guitare et des paroles empreintes d’angoisse. Pour les pièces « Seaside homicide » et « Open eyes (never lies) » l’intensité monte d’un cran et la guitare acoustique douce retrouvée en début d’album prend moins d’espace, au profit d’une guitare électrique plus imposante et d’une instrumentation moins paisible. L’album se poursuit avec la pièce « Dim the light » qui offre une très belle progression de l’intensité et ensuite « The hound » qui est une des pièces les plus chargées au niveau musical. Finalement, l’album se termine avec une 3e pièce française, soit « L’abysse des pensées« , pièce titre de l’album

Je dirais qu’une des forces de la formation est de bien gérer l’intensité de ses pièces. Débutant par des moments calmes et acoustiques et enchaînant avec des mouvements plus pesants qui donnent de la profondeur aux pièces… Ou encore, en terminant un riff sur un power chord plaqué, avec plein de distorsion, qui continue à sonner derrière le picking de guitare acoustique, apportant ainsi une transition subtile entre les différents mouvements. Bref, L’abysse des pensées est un album avec des riffs répétitifs et une ambiance plutôt dépressive comme l’impose généralement ce style musical. Ce n’est donc pas un album que tu écoutes en t’attendant à avoir des sensations fortes ou à baver en entendant une passe de guit impossible à repiquer mais plutôt un album qui pousse à la réflexion et à l’introspection via une musique ambiante très intrigante, attrayante et qui plongera ton esprit fragile dans un univers de vulnérabilité et de doute.

 

\m/ C@w0o0o \m/

Critique d’Album: Merkabah – « Ubiquity »

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Merkabah 

« Ubiquity »

2014

Maple Metal Records

 

Très belle idée que ces Parkinson Metal, ces spectacles bénéfices pour amasser des fonds pour soutenir la recherche contre cette maladie qui touche bien des gens. Le quatrième concert de la série, ce vendredi 13 juin à L’Agitée de Québec, sur Dorchester, vous permettra d’entendre Heroik, Warder et, surtout, pour le lancement de leur troisième album, Merkabah, qui y présentera officiellement « Ubiquity« , déjà disponible depuis mars sous l’étiquette Maple Metal Records.

C’est plus d’une cinquantaine de minutes de musique que nous offre Merkabah et le piano qui introduit « Mythomania » nous suggère d’entrée de jeu que l’on flirtera avec le rock progressif. Cette première impression ne s’estompe pas, avec l’ajout de la guitare et des claviers. Cette première pièce prend ensuite des allures typiquement rock, particulièrement lors de l’entrée en scène de la chanteuse Jacinthe Poulin, qui complète bien la musique en chantant avec beaucoup d’assurance. Un solo de claviers en fin de chanson nous confirme bien qu’on a affaire à un metal prog bien ficelé, les sonorités étant particulièrement bien choisies.

Sur « Divine Speaks« , la section rythmique s’illustre en introduction pour ensuite faire place une guitare très présente, solos et riffs se faisant bien mordants. Plus rock, cette pièce nous montre davantage le visage metal du groupe de Québec. Nous renouons ensuite avec le prog sur « Red Letter Days« , pièce plus nuancée où l’énergie musicale fluctue habilement, bien que la voix de la chanteuse fasse davantage merveille sur les passages plus musclés. Quant aux claviers, ils arborent ici une sonorité plus vintage pour imprégner la pièce d’une ambiance différente.

Sur « Circles of Despair« , ce sont d’abord les claviers qui tirent leur épingle du jeu, grâce entre autres à un bon solo en milieu de pièce. La guitare reprend toutefois ses droits quelques secondes plus tard; il est décidément intéressant pour l’auditeur d’entendre tous les instruments voler la vedette à l’intérieur d’un même morceau, résultat évident d’un travail d’équipe au niveau des arrangements. Il est toutefois décevant que l’excellent solo de guitare en fin de chanson s’estompe en fade out, pratique qui m’a toujours laissé froid.

Ajout apprécié en introduction de « Brothers from the Seeds of Cain » que celui du son de flûte, son typiquement associé au rock progressif. Un passage acoustique fait ensuite place à la montée des éléments rock, avant que le piano ne revienne pour ajouter une texture sur les riffs offerts. C’est toutefois la batterie bien pesante qui s’avère la vedette de cette chanson. Encore une fois, on ne peut que constater la belle passe d’armes entre les musiciens avant que le jeu se calme en conclusion, gracieuseté de la guitare acoustique.

Difficile ensuite de ne pas penser à Deep Purple en entendant l’énorme son de Hammond qui se répand sur « Deadly Prophets of the Printed Page« . La fusion entre prog et metal vit encore ici de belles heures avec en plus un très bel arrangement vocal en milieu de chanson. Il fait ensuite bon de relaxer un brin avec « Agartha« , chanson plus calme qui vient un peu contredire ce que je prétendais plus haut: Jacinthe Poulin fait ici flèche de tout bois avec une très belle interprétation qui prouve qu’elle peut aussi s’illustrer lorsqu’elle chante plus en douceur.

C’est avec la pièce-titre que les hostilités sont finalement conclues, un morceau de douze minutes totalement instrumental divisé en trois parties bien distinctes où encore une fois, l’esprit de groupe se fait bien sentir. En effet, aucun instrument ne réussit réellement à en éclipser un autre. C’est l’amateur de progressif en moi qui est ici ravi en étant confronté à de belles variations sonores et à d’habiles cassures rythmiques. La section centrale, dominée par le piano et les claviers, s’avère particulièrement brillante, surtout pour faire le pont entre les parties introductive et finale qui sont plus lourdes. Difficile de demander mieux pour fermer l’album avec panache.

Ce qui saute aux oreilles, en bout de ligne, c’est de constater à quel point la qualité est constante sur toute la durée du disque. Voici un groupe qui offre un son très professionnel et qui, élément qui fait toute la différence, augmente ses qualités instrumentales de grandes qualités d’écriture. Les huit chansons sont complexes, bien arrangées, bien jouées, bien chantées. Il est fort dommage d’ailleurs que je ne puisse assister au spectacle, obligations professionnelles obligent… Si le groupe démontre sur scène les mêmes qualités que l’on peut entendre sur disque, votre vendredi soir risque d’être mémorable. Bon spectacle!

Stéphan

 

 

 

Critique d’Album: Under Aspect – « The Things You Should Not See »

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Under Aspect

« The Things You Should Not See »

2014

 

Quel aboutissement que cet album des boys de Under Aspect, un band de Metalcore de la région de Montréal qui se donne depuis 2006, mais a très probablement rencontré ses plus grands obstacles dans les trois dernières années. Le titre de ce nouvel effort, « The Things You Should Not See« , est rempli de significations diverses qui vous seront d’ailleurs expliquées dans une entrevue dont les questions sont entre les mains des gars du band en ce moment. Je me suis lié d’amitié avec eux et de voir ce parcours enfin continuer est une source de fierté.

Si vous aimez votre métal technique et brutal, vous n’êtes juste pas à la bonne place. Cependant, si vous aimez votre métal avec du groove, des mélodies qui vous restent dans la tête pendant des heures et des musiciens qui travaillent fort sur leurs compos et le font de façon indépendante, Under Aspect est un band pour vous.

Avec déjà deux sorties dans leur catalogue, c’est maintenant un troisième album beaucoup plus vargeux qui nous est offert et leur meilleur sans aucun doute. Toutes les facettes de leur jeu (breakdowns, mélodies et énergie) ont été exploitées à la puissance dix et je peux clairement sentir leurs frustrations par rapport à leurs aventures des derniers temps. Bien joué!

Un de leurs atouts est David Lessard, chanteur polyvalent dont j’ai vanté les mérites maintes fois sur les différentes plateformes de Ondes Chocs et je n’en démords pas: le gars est un maître dans l’art d’exploiter les mélodies avec son clean et de retourner la faveur de façon très grasse quand la musique lui permet.

Ce qui est encore plus surprenant est que le band a réalisé le produit par eux-mêmes sous la supervision de Hughes Bouchard (drummer) à la technique. On parle ici d’une production très réussie pour leur style de musique et une définition de chaque instruments extrêmement satisfaisante. Même l’enchaînement des tracks est à souligner, créant une série de peaks and valleys que j’affectionne tout particulièrement, avec « The Sad King » qui suit une énergique « Yesterday’s Prayers » comme exemple le plus évident.

Toutes bonnes choses ayant aussi ses lacunes, on peut sentir un essoufflement au niveau de l’originalité avec les trois dernières compositions, sans toutefois les qualifier de redondantes, car encore une fois la voix de David vient sauver la mise avec une sincérité débordante. Sérieux man, tu chantes en tabarnac!  Même en show, tu livres la marchandise bien au-delà de la moyenne.

Somme toute, une excellente sortie qui s’ajoute à la discographie de la troupe de Saint-Jean-sur-Richelieu. Les fans du band seront ravis et ceux qui recherchent de la musique qui transpire l’émotion, c’est pour vous!

Dave

 

Critique d’Album: Mutank – « M.E.C.H. Metal »

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MUTANK

« M.E.C.H METAL »

2014

 

MUTANK est un jeune groupe de Thrash Metal Montréalais, qui a vu le jour en 2013 et qui a enregistré la même année le démo,  « DEMO-LITION » pour ensuite nous pondre leur premier album « M.E.C.H  METAL » sur cassette en février de 2014.  Cet album de 8 morceaux est old-school d’un bout à l’autre. La production nous rappelle les sonorités de « Kill Em’ All » et « Ride the Lightning » de Metallica mélangé avec du vieux stock de Destruction. Les guitares nous offrent des riffs d’une part frénétiques puis plus groovy à certains autres moments créant un excellent équilibre entre le Speed Metal et le Thrash plus « Bay Area ». Pas le temps de s’écœurer d’un riff en particulier. Le bassiste nous offre également des parties en solo à certains moments sur l’album, notamment dans l’intro de la chanson « MUTANK« . Le batteur exécute son boulot à la perfection usant de rapidité sans trop en mettre (un style de drum que j’adore). Par contre, j’aurais pris un peu plus de Bass Drum dans le mix, sans trop exagérer non plus.

Côté vocal, le chanteur nous garroche des lignes en pleine gueule en usant d’un timbre de voix qui selon moi aurait été créé en crissant dans un blender une corde vocale de James Hetfield (Metallica), une de Paul Baloff (premier chanteur d’Exodus) et une de Schmier (Destruction), un mix très intéressant! De plus, quelques gang vocals efficaces agrémentent la plupart des chansons. Bref, MUTANK exécute un Thrash classique qui donne le goût d’headbanger pendant les 25 minutes qu’offre « M.E.C.H METAL« . Je n’ai personnellement jamais eu la chance de voir le groupe en spectacle, mais à voir l’évolution aussi rapide du groupe en moins de 2 ans, ils ne peuvent que donner un bon show. De plus, ils ont gagné le concours Wacken Metal Battle Canada pour aller jouer sur le festival allemand cet été! Félicitation les gars et bonne continuité!

Vous pouvez vous procurer leur album sous forme de Cassette ou bien le télécharger en MP3 sur leur page Bandcamp dont le lecteur est ci-dessous. Sous ce lecteur, la capsule Ondes Chocs où Dave s’entretient avec les boys suivie d’une vidéo présentant leur prestation à la finale du Wacken Metal Battle Canada, version Montréal.

THRASHHHHHHHHHHH

Coup de cœur : « Heavy Hand of the Doomsday Clock »

8/10

Pat Martin

 

 

 

 

Critique d’Album: FleshTorn – « Synopsis »

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FleshTorn

« Synopsis« 

Self-Released/Independent

2014

Hailing from North Carolina, lone warrior, Brannan Hayes has been busy toiling about putting together his first proper debut, “Synopsis” under his tech-Death moniker, FLESHTORN. With much persistence and enthusiasm, Hayes has managed to fine tune a lot of the numbers and has especially focused on the “clanky” drum sound a program may embody to perfect an album worthy of repeated listens!

Symbolically representing the “human condition”, “Synopsis” lyrically delves into the imaginary world inhabited by alien animals that reflect the hardships we often face in our own lives. Fitting, as the words are best demonstrated through the songs in their manic and haphazard brutal, tech-Death! “Septic Lacerations”, “Abandoned by the Herd” and “Mating Season” all clearly define where Hayes shows his Metal affinity. Chaotic and “busy”, the majority of the album is an auditory workout of blistering kick drums, chuggy riffs and rhythms, compounded by rerecorded sampled drums that don’t sound too inauthentic, courtesy of Ryan Reed and his recording studio.

With all the dexterity of the nine songs, the casual listener may be inclined to dismiss “Synopsis” as mundane or slightly repetitive, but it is with repeated listens that the details begin to emerge. “Overridden Sensorium” and “The Chain” for example, borrow much from fellow alumni, OBSCURA or THE FACELESS in guitar melodies and the stop and go nature where there’s so much going on that it may be challenging to hear the subtleties within. “Parasitic Larva” recalls “Festering in the Crypt” by CANNIBAL CORPSE when the momentum builds and the guitar scale shifts from a slow to mid-paced groove.

Sure, FLESHTORN haven’t reinvented the wheel, but what listeners may appreciate is Hayes’s dedication to the genre and the artists that push themselves to create “mind-bending” music. With others perhaps relying too much on technicality over crafting traditional sounding “songs”, FLESHTORN hasn’t forgotten what a song is supposed to sound like!

Standout Tracks: “Mating Season”, “Parasitic Larva”, “Overridden Sensorium

7/10

Chris