by Maxime Lecavalier | Mar 25, 2013 | Chroniques, Entrevue
Parce que Ondes Chocs fait toutes sortes de choses et vous le présente sous divers formats, voici une entrevue écrite réalisée par Max avec Vinsang Joly, drummeur de ISPHÉRIK.
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Maxime Lecavalier (ML) – Premièrement, j’aimerais parler du nom ISPHÉRIK. Que signifie-t-il?
Vinsang Joly (VJ) – Le nom Isphérik vient d’un mélange de mots francophones qui n’ont aucun lien avec la musique du groupe, les textes, l’ambiance, etc. À la base, nous cherchions un nom qui ne nous relirait à rien de particulier (une mentalité, une préférence politique, une préférence dans le style musical, etc.).
Le groupe en soi ne s’associe pas à quelque chose de précis non plus donc, l’idée d’un nom par un mot qui n’existe pas, concordait avec le concept.
ML – De ce que j’ai pu entendre, Isphérik faconne un métal qui mélange les genres (death, thrash, punk, hardcore…) et qui apporte une atmosphère de démence à l’image du chaos actuel. De quoi vous inspirez-vous pour la composition des textes? Et pour la musique?
VJ – En ce qui attrait au textes, Jean-François (chanteur) s’inspire de ses expériences de vie et de situations intenses qui peuvent nous pousser à remettre en question qui nous sommes, à se questioner sur le bien et le mal dans ce que nous faisons involotairement (parfois volontairement) et également de la déchéance mentale, qui peut frapper n’importe qui.
ML – Parlant de déchéance mentale, par la solitude, l’isolement, et l’ultra-perfectionnisme de la société actuelle… Et qui, comme tu l’as dit, peut happer n’importe qui; qu’elle est votre vision de la folie, celle qui gruge et tourmente?
VJ – Je te dirais que l’opinion de chacun des membres du groupe est partagé à ce sujet mais que, de façon personnelle, la folie ressort des comportements qui reflètent un côté de nous-même, mais de manière excessive. La folie se crée souvent lorsqu’on ne peut plus arrêter de focusser sur un sujet qui nous touche et qui devient une obssession pour, par la suite, nous pousser à avoir des pensées ou des comportements extrêmes.
ML – Vous revêtez l’étiquette »métal francophone ». La langue semble être importante pour votre démarche artistique…
VJ – La langue en tant que tel est un sujet important pour chacun des membres du groupe, mais en ce qui concerne la musique, cela ne rentre pas en ligne de compte. Jean-François pense dans sa tête en français, écrit et parle naturellement en français donc, nous nous sommes dis que la meilleur façon d’exprimer clairement ses idées serait par sa langue d’origine. Nous pensions en effet que le fait d’avoir des paroles en français était un adon qui pourrait nous différencier en tant que groupe métal québécois. Mais, la mode depuis quelques années semble être au français (même chez les Américains!). Alors, cet argument a perdu son sens. Mais vue qu’à la base nous n’avions pas l’intention d’écrire dans une langue en particulier, cela n’a pas affecté notre choix.
ML – Quel est le background musical des membres d’Isphérik?
VJ -Pier-Luc Perron (guitare): Compositeur du groupe et guitariste depuis l’âge de 14ans, Isphérik est son tout premier projet muscial sérieux. Les 5 premières compositions son des idées originales qu’il a trainées depuis son adolescence jusqu’à l’âge de 22 ans, pour ensuite les développer avec Isphérik.
– Nicolas Dupuis (guitare): ex Guitariste dans Decline From Failure.
– Jean-François Fiola (vocal): ex Guitariste et vocal dans: Déchéance, Trancendance, Savage Remain et autres.
– Vinsang Joly (batterie): ex Batteur dans: The Captain’s Map Leads To A Vortex/Carcajou, Adead Motion, Nothing To Remember et autres… batteur actuel de Lessons of Fate.
– Lee Gasser (Basse): aussi bassiste dans le groupe Dreadful Truth.
ML – Est-ce que vous planifiez des concerts pour 2013? Vous travaillez présentement sur un album?
VJ – Suite au départ de notre bassiste en juillet dernier, nous venons d’en recruter un nouveau: Lee Gasser. La fusion des membres qui crée l’entité Ispéhrik est très importante pour bien combiner nos idées, nos caractères et nos expériences. Nous avons fait quelques enregistrements de préproduction pour un éventuel démo, mais nous ignorons encore quand nous pourrons nous investir dans un enregistrement officiel. Quand Lee aura terminer son apprentissage des pièces du groupe ainsi que l’application de sa touche personnelle sur celles-ci, nous comptons lancer la machine Isphérik, en terme de matériel audio et d’articles promotionnels. Pour ce qui est des prestations lives pour 2013, nous n’avons rien de prévue encore car, nous ignorons combien de temps prendra la formation de Lee afin que nos futures prestations scéniques reflètent adéquatement notre musique.
Vous avez deviné que depuis cette entrevue, beaucoup de choses se sont passées et si on vous la présente aujourd’hui c’est parce que Isphérik est prêt à entreprendre son retour sur scène et ça se passe le 1er juin au Trash à Saint-Hyacinthe. Si d’autres dates se présentent, nous les ajouterons à notre calendrier des concerts que nous vous invitons à consulter pour planifier vos sorties métal. Vous pouvez écouter une pièce qu’ils ont sortie en janvier sur leur reverbnation. C’est français, grind, prog et surtout malade.
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Faites partie du retour d’Isphérik!
Lex
by Maxime Lecavalier | Mar 25, 2013 | Chroniques, Portrait Amnesia Petite-Nation Rockfest
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J’ai connu ce groupe de ska punk hardcore Arseniq33 en 2000 avec l’album « Y’a des limites à faire dur« , sorti sur Indica Records avec l’aide de Pat K (*) de Kerozen. J’ai adoré leur affront revendicateur, grinçant et sarcastique avec beaucoup d’originalité et de grooves sur des textes solides et allumés. Le groupe a été formé en 1992 alors que les membres de l’époque étaient au secondaire. Ils ont enregistré huit albums au total et ont participé à la compilation »Viva Béru » où des groupes québécois rendent hommage à Bérurier Noir (avec la pièce Vive Libre ou Mourir).
Après un concert d’adieu mémorable le 29 janvier 2010, au Petit Campus, ils reviennent sur scène au Amnesia Petite-Nation Rockfest suite à leur passage aux Foufounes Électriques en décembre : pour les avoir vu quatre fois en spectacle (si on compte Acoustiq33 où ils ont joué unplugged sur la terrasse du Café Chaos, avant qu’il déménage un peu plus haut sur St-Denis), je dois vous dire que je suis tout excité!
Porteront-ils leur combinaison spéciale? Je me souviens d’une entrevue pour Bande à Part (ArtTV, avec Catherine Pogonat) où ils faisaient leur épicerie habillés de la sorte. Hilarant! D’ici le fest, restez à l’affût. On vous communique les horaires dès qu’ils sortent.
See ya in the pit
Max
*Pat K, personnage important de l’underground du Québec au tournant du siècle avec l’Empire Kerozen, a aussi participé à la compilation Viva Béru avec Khan Gourou (reprenant La Mort au Choix) ainsi que sur Arbeit macht frei d’Arseniq33.
by Maxime Lecavalier | Mar 4, 2013 | Critiques de Shows

Six Feet Under
« Unborn »
2012
Fondé en 1993 par le vénérable grogneur qu’est Chris Barnes, Six Feet Under à fait ses marques (surtout avec l’album « Ultimate Violence » qui s’est vendu à plus de 100 000 copies en 1998, chose insolite pour un groupe de ce style à l’époque) avec un death metal classique et familier, mais terriblement éfficace, exposant des thèmes de films d’horreur, de maniacs, de zombies, de lychantropie et autres textes gores sur fond de terreur sanglante et d’ambiances putrides. Le vocal de Barnes est puissant et gutural, linéaire et forcené. Ils ont enchaîné les albums presque coup sur coup (si on écarte le fossé entre »Death Rituals » et »Undead », tout de même comblé par la sortie d’un troisième album de reprises, un DVD et une longue tournée), répendant leur fiel à tout vent, laissant une traîné fétide dans les ténèbres morribondes d’un cimetière brumeux ou dans les couloirs souillés d’un sanatorium reculé.
Le but avoué de Barnes et de ses accolytes est simple: écrire des pièces accrocheuses qui tuent! Chris se laisse guider par l’intuition et l’inspiration et une fois le produit final livré, ne garde aucune emprise. Avec l’engouement du mathcore et la haute qualité de formations de death metal mélodique telles que Eternal Tears of Sorrow et Dark Tranquility, SFU n’a pas cherché à prendre ce chemin qui l’aurait probablement dénaturer, mais à plutôt gardé le cap comme un cargo aux cales chargées de produits toxiques.
Il y a eut de récents changements au sein de SFU, et ce renouveau semble l’avoir enthousiasmé. En effet, il en ressortit un concept d’albums jumeaux, composés durant la même période en collaboration avec Jari Laine (Torture Killer) pour les paroles, Chris ayant collaboré avec Jari pour l’album SWARM du quintette finnois en 2006, et de Ben Savage (Withechapel) qui vint apposé sa marque au fer chaud. Ce qui engendra les créatures sans pitié que sont »Undead » paru l’an dernier, et »Unborn », qui sera disponible le 19 mars prochain et qui est le sujet principal de cette rubrique.
»Unborn » alterne des titres qui frétillent comme un foetus de vingt-quatre semaines (avec un groove thrashy et des changements de tempo en exutoire) et des pièces pesantes comme un golem et hypnotiques comme une momie. L’illustration de l’album représente cette dualité avec des squelettes rouges et bleus qui s’entremêlent dans un crâne torturé. Chris confie ne pas analyser sa musique, mais cela demeure frappant à l’écoute, et la démence reigne comme une matrone sadique et mystificatrice.
Les deux première pièces de l’album sont plutôt mortuaires, surtout « Neuro Osmosis » qui nous offre une intro sous forme d’invitation sombre au massacre qui se prépare (une offrande schyzophrénique qui a plus que sa place, considérant le reste des compos et qui saura montrer un autre côté de SFU). Puis il y a la pièce »Zombie Blood Curse » qui se déclanche et vient allèger un peu le tout avec son début groovy, suivi par »Decapitate » qui fait office de broyeuse. J’ai aussi apprécié « Alive to Kill You » qui est plutôt déchainée et qui pue la rage meurtrière.
J’ai oublié de parler de la contribution de Rob Arnold et Kevin Talley, deux anciens membres de Chimaira. Ils amènent une sonorité qui s’y rattache. On se penserait parfois dans l’univers du band de Cleveland, mais avec un vocal détaché de sa structure, tout en apportant quand même la touche que les fans recherchent.
SFU est une formation qui évolue lentement, prennant parfois les fans de métal par surprise. Sauf que dans ce cas-ci, la surprise n’est pas de la partie, mais laisse place à une exécution professionnel et décapante. Au final, après avoir écouté plusieur fois « Unborn », il me vient cette question: est-ce que le band est encore la propriété de Chris ou est-ce que Rob aurait pris les commandes, laissant à Chris un rôle de figurant? Pour ceux qui recherchent du nouveau suite à « Undead » (qui était plus inovateur avec des solos éclatés et des riffs percuttants), vous ne l’aurez pas, mais si vous voulez une valeur sûre, des riffs accrocheurs et un ensemble rythmique au top de sa forme, « Unborn » sera là pour vous satisfaire.
Bref, malgrés le côté récurent des mélodies, la passion se ressent et l’éfficacité est au rendez-vous.
7.5/10
Ici le 2e single de l’album, »Prophecy »
by Maxime Lecavalier | Fév 25, 2013 | Critiques de Shows
Je suis arrivé au Piranha Bar vers 21h pour le soundcheck de Skeleris. Il n’y avait pas beaucoup de spectateurs, mais trente minutes plus tard, la salle se remplissait pour le début du show et c’était une toute autre histoire…
J’ai apprécié la performance de Skeleris, surtout celle du vocaliste qui possède un bon registre, passant naturellement des aigues au gutural, proclamant les paroles comme une transe ou une intense communion. Il semblait habité par son rôle par moments, puis revenait avec la foule. Les musiciens formaient une synergie d’une solide efficacité. Le frontman s’adressait à l’audience en anglais pour présenter les chansons et une fille dans l’auditoire lui a passé ce commentaire: »au Québec c’t’en français! ». Il est resté calme et a fait les autres interventions dans la langue de Falardeau. J’ai aussi trouvé le technicien de son très professionel, il se déplacait dans la salle pour s’assurer de la qualité du son. J’ai particulièrement dégusté la dernière pièce, qui contrastait par son tempo plus lent et des textures hypnotiques s’accordant avec le doom metal. Les spectateurs ont eu l’air d’apprécier, répondant aux allocutions du chanteur, mais demeuraient autrement peu démonstratifs. Donc, Skeleris est une jeune formation à surveiller, avec un métal extrême mélodique, frénétique et bagarreur.
Malheureusement, Annex Theory ont été forcé d’annuler leur présence et même d’autres dates de leur tournée à cause du mauvais temps qui rendit les routes impraticables (le climat impitoyable des prairies) ainsi qu’un bris mécanique qui les immobilisèrent, engendrant des dépenses majeurs imprévues. J’aurais bien aimé les voir puisque ce que j’ai entendu sur Youtube me fit bonne impression.
Le temps de quelques arrangements et Spelldown ont poussé leurs premières notes… ce qui a fait disjoncter l’électricité. »Spelldown est trop puissant pour la place! », s’exlama en riant Alex, le frontman. On amena une rallonge électrique et le show pu enfin battre sont plein, et le terme »battre » n’est pas surestimé! L’experience des musiciens et du frontman est palpable (Alex Duhamel a fondé Spelldown en 1996, et la formation actuelle compte Oscar Souto à la basse et vocal d’accompagnement, Carlos Araya à la batterie et vocal d’accompagnement – d’un cetain band metal francophone qui fit sa marque dans les années ’90, Anonymus pour ne pas citer; ainsi que Marco Paradis à la guitare, un vieil ami d’Alex). La chimie opère pour livrer un metal lourd, déchainé et puissant, franc et direct, qui prend racines dans le sang primitif qui fut versé par les pionniers du genre. Ils prenaient un plaisir évident à être sur scène, pour nous envoyer une bonne dose de brutalité! Un démo est déjà disponible et ils travaillent sur un nouvel album.
Puis ce fut au tour de Death Lullaby qui défonca la baraque comme ils savent si bien le faire avec un metal déjanté et une prestance scénique tout aussi machiavélique. Les musiciens flagellaient leurs instruments avec une furie qui fait du bien et le chanteur survolté sautait partout en harranguant la foule qui en redemendait. Ils ont joué des pièces anciennes et des nouveautés, et sur l’avant-dernière de la setlist, quelqu’un est venu les rejoindre sur scène pour accompagner au vocal, ce qui ajouta à l’énergie. J’ai apris qu’il s’agit de Kyleman Loyd, un membre de Shiverpool, qui est un nouveau projet embryonnaire avec Simon Crow, le chanteur de Death Lullaby. À surveiller! Le band demande aux fans de se prendre en photos avec la marchandise de Death Lullaby et de leurs envoyer pour les publier en mars prochain.
En résumé, un super bon show brutal! Merci à Nick Guérin (Dungeon Works Productions) pour l’accès et aux bands pour leur prestations endiablées.

by Maxime Lecavalier | Fév 22, 2013 | Critiques de Shows
« Ce qui est vraiment cool c’est de retrouver en ville, un endroit où les speakers sont 100% dédiés au métal Québécois, un endroit où c’est courant d’entendre le groupe d’un de tes chums, ou encore de faire la découverte de petits joyaux qui sont encore à peine connus. J’ai beaucoup d’admiration pour le genre de concept de ces soirées-là, la scène locale en a bien besoin de gens avec des idées comme ça », me disait Francis, pendant le trajet avant d’arriver sur place.
Je suis arrivé l’Hémisphère Gauche ce mercredi 20 février 2013 accompagné de Francis Labadie (qui collabore avec Daily-Rock), juste après que Black Absinthe, un band de Toronto, ait réchauffé la salle avec un set de ‘covers’. En fait, ils étaient en tête d’affiche, donc leur vrai set avait lieu en dernier, mais ils ont fait ce set supplémentaire pour débuter la soirée.
Le temps de commander un pichet de cette fabuleuse bière qui porte le nom de Coup de Grisou et de saluer Lex Ivian (organisateur de la soirée), et Mürtenscythe monte sur scène. Ils nous livrent une solide prestation, mélangeant avec brio plusieurs influences et des textures originales. De longues pièces qui empruntent au death, au black, au thrash, au stoner, et même au rock psychédélique; mais l’atmosphère générale est sombre, aggressive et inquiétante. Il y a du travail derrière leur art et j’avais envie d’écouter pour apprécier les détails, comme s’il s’agissait d’une exposition dédiée au cérébral.
Il se fait déjà tard lorsque Black Absinthe monte sur scËne pour leur prestation officielle. Moi qui commencais à être fatigué, j’ai reçu une bonne dose d’énergie. Avec leur thrash exubébant et groovy, ils m’ont tout de suite conquis et mon corps a suivi la danse du headbanging. Nous avons malheureusement du partir pendant la performance de Black Absinthe, car l’heure du dernier métro approchait. Mais ayant manqué celui-ci, nous avons décidé de revenir et de rester jusqu’à la fin (cela en a valu la peine!!). À noter une reprise de »Seek and Destroy » de Metallica avec la participation du chanteur de Mürtenscythe (les deux bands semblent avoir une bonne chimie). Nous avons aussi reçu un démo gratuitement de la part de Mürtenscythe. Donc, cette soirée fort sympathique, la première de DJ Lex, en annonce d’autre tout aussi réjouissantes pour supporter la scène émergente et découvrir des formations coup de coeur.
