Je suis arrivé au Piranha Bar vers 21h pour le soundcheck de Skeleris. Il n’y avait pas beaucoup de spectateurs, mais trente minutes plus tard, la salle se remplissait pour le début du show et c’était une toute autre histoire…
J’ai apprécié la performance de Skeleris, surtout celle du vocaliste qui possède un bon registre, passant naturellement des aigues au gutural, proclamant les paroles comme une transe ou une intense communion. Il semblait habité par son rôle par moments, puis revenait avec la foule. Les musiciens formaient une synergie d’une solide efficacité. Le frontman s’adressait à l’audience en anglais pour présenter les chansons et une fille dans l’auditoire lui a passé ce commentaire: »au Québec c’t’en français! ». Il est resté calme et a fait les autres interventions dans la langue de Falardeau. J’ai aussi trouvé le technicien de son très professionel, il se déplacait dans la salle pour s’assurer de la qualité du son. J’ai particulièrement dégusté la dernière pièce, qui contrastait par son tempo plus lent et des textures hypnotiques s’accordant avec le doom metal. Les spectateurs ont eu l’air d’apprécier, répondant aux allocutions du chanteur, mais demeuraient autrement peu démonstratifs. Donc, Skeleris est une jeune formation à surveiller, avec un métal extrême mélodique, frénétique et bagarreur.
Malheureusement, Annex Theory ont été forcé d’annuler leur présence et même d’autres dates de leur tournée à cause du mauvais temps qui rendit les routes impraticables (le climat impitoyable des prairies) ainsi qu’un bris mécanique qui les immobilisèrent, engendrant des dépenses majeurs imprévues. J’aurais bien aimé les voir puisque ce que j’ai entendu sur Youtube me fit bonne impression.
Le temps de quelques arrangements et Spelldown ont poussé leurs premières notes… ce qui a fait disjoncter l’électricité. »Spelldown est trop puissant pour la place! », s’exlama en riant Alex, le frontman. On amena une rallonge électrique et le show pu enfin battre sont plein, et le terme »battre » n’est pas surestimé! L’experience des musiciens et du frontman est palpable (Alex Duhamel a fondé Spelldown en 1996, et la formation actuelle compte Oscar Souto à la basse et vocal d’accompagnement, Carlos Araya à la batterie et vocal d’accompagnement – d’un cetain band metal francophone qui fit sa marque dans les années ’90, Anonymus pour ne pas citer; ainsi que Marco Paradis à la guitare, un vieil ami d’Alex). La chimie opère pour livrer un metal lourd, déchainé et puissant, franc et direct, qui prend racines dans le sang primitif qui fut versé par les pionniers du genre. Ils prenaient un plaisir évident à être sur scène, pour nous envoyer une bonne dose de brutalité! Un démo est déjà disponible et ils travaillent sur un nouvel album.
Puis ce fut au tour de Death Lullaby qui défonca la baraque comme ils savent si bien le faire avec un metal déjanté et une prestance scénique tout aussi machiavélique. Les musiciens flagellaient leurs instruments avec une furie qui fait du bien et le chanteur survolté sautait partout en harranguant la foule qui en redemendait. Ils ont joué des pièces anciennes et des nouveautés, et sur l’avant-dernière de la setlist, quelqu’un est venu les rejoindre sur scène pour accompagner au vocal, ce qui ajouta à l’énergie. J’ai apris qu’il s’agit de Kyleman Loyd, un membre de Shiverpool, qui est un nouveau projet embryonnaire avec Simon Crow, le chanteur de Death Lullaby. À surveiller! Le band demande aux fans de se prendre en photos avec la marchandise de Death Lullaby et de leurs envoyer pour les publier en mars prochain.
En résumé, un super bon show brutal! Merci à Nick Guérin (Dungeon Works Productions) pour l’accès et aux bands pour leur prestations endiablées.





