Critique d’album: Sacrilegium – «Wicher»

Sacrilegium - Wicher

 

Sacrilegium

«Wicher»

Pagan Records

Édition Remasterisée 2014 (1996)

Liste des pièces :
«W dolinie rwących potoków»
«Śpiew kruków czarnych cieni»
«Wilczy skowyt»
«W rogatym majestacie snu»
«Zagubiona ciemność»
«Wicher falami ognia»
«Szept nocy»
«Tam Gdzie Gaśnie Dzień» (bonus)

 

Issu de la plus pure tradition du Black metal païen polonais des années 1990, Sacrilegium est un groupe qui est toujours resté dans l’ombre, pour ne pas dire dans l’obscurité totale, des maîtres de ce genre que sont Graveland et Behemoth (qui pratiquait le Black Metal païen à l’époque) et ce, malgré des plans de tournée avortés avec nul autre que Darkthrone au cours de ladite décennie. Après avoir disparu au tournant des années 2000, la formation reprenait le flambeau début 2015 et nous offrait une version remastérisée et affublée d’une toute nouvelle présentation graphique de son seul long-jeu en carrière, originellement paru en 1996. La question était donc de savoir si cette réédition en vaudrait vraiment la chandelle ou même si le groupe détruirait la magie de son opus original?

Tout d’abord, l’auditeur assidu constatera d’entrée de jeu que Sacrilegium a évité l’erreur que bien des groupes font en retravaillant leurs œuvres du passé, soit de trop polir le son et d’en tuer ainsi tout le caractère particulier. Effectivement, le groupe s’est contenté avec raison de corriger seulement les lacunes de la production de l’opus original, soit une basse et une batterie beaucoup trop étouffées. En résulte donc une appréciation améliorée de la musique contenue sur une galette où Suclagus (chant, guitares, claviers), Nantur Aldaron (chant, basse) et Thoarinus (batterie) nous présentaient en 1996 , un Black Metal païen particulièrement abouti caractérisée par des pièces aux structures plutôt variées pour le genre, conduites par de superbes mélodies de guitares et de claviers surplombées par un vocal râpeux déclamé exécuté avec aplomb et des voix claires aux qualités souvent incantatoires. La production, bien qu’améliorée, conserve donc le côté sale, notamment en ce qui à trait au caractère organique et sans compromis de la batterie, nécessaire à la splendeur occulte et mystique du Black Metal de l’époque. Le groupe a donc su conserver ce qui faisait le charme originel de cet album, quitte à oublier quelques défauts, comme un chant clair pas toujours juste et un son de caisse claire un peu sourd et agaçant par moment. Qu’à cela ne tienne, l’excellente musique du groupe revampée avec une rénovation sonore très appropriée accentuera le caractère intemporel de l’œuvre et permettra certainement à Sacrilegium de se faire découvrir ou redécouvrir.

En somme, la formation polonaise frappe droit dans le mille avec une réédition d’un album presque dans la vingtaine qui aurait eu toutes les raisons de se retrouver aux côtés des grands classiques du genre. Avec une production juste assez rééquilibrée pour corriger les lacunes principales de l’originale tout en conservant le charme de celle-ci, Sacrilegium réussira sans doute le pari d’aller rechercher ses adeptes d’antan tout en allant chercher de nouveaux fidèles. Il reste à voir ce que la troupe nous réserve à l’avenir.

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas

 

 

Quadruple crucifixion au royaume de la noirceur… suite et fin

Samael – Ceremony of Opposites à Québec avec Beast Within, Haeres et Délétère le dimanche 5 avril 2015 au Bar-Coop l’Agitée, une présentation de Sepulchral Productions.

 

05-05-15 Samael Quebec

 

Après une trop courte nuit de sommeil suivant un excès de houblon et après avoir remercié notre hôte de la fin de semaine à Montréal où nous venions à peine d’assister à la Messe des Morts IV (dont vous pouvez lire mon compte-rendu ici), nous reprîmes la 40 en direction de Québec. Peu avant 20h, nous fîmes notre entrée dans l’Agitée pour constater que l’endroit était déjà presque plein de métalleux sur le pied d’alerte.

Quelques minutes après, Délétère entamait les hostilités devant un parterre bien rempli et attentif. Tout aussi efficace et précise que lors de la Genèse de la Messe des Morts, la prestation fut encore une fois marquée par la présence scénique imposante de Thorleif et ses hurlements bestiaux. La troupe fut égale à elle-même malgré une foule moins énergique et plus stoïque qu’à Montréal et ce fut tout à leur honneur, car les commentaires des spectateurs furent très approbateurs après la performance. En somme, ce fut un lancement d’album tout aussi réussi à Québec qu’à Montréal.

Le groupe suivant était Haeres, troupe de Black Metal mélodique de Québec qui a subi deux changements d’alignement majeurs dans la dernière année avec les départs successifs de Goathier (batterie) et de Sryzir (Basse, chœurs) qui ont été remplacés par Sa Putrescence (batterie) et Prothos (Acédia) (basse). Le quintette mené par le charismatique chanteur Ghorn nous livra une performance époustouflante, certainement la meilleure que j’ai vue de leur part, constituée principalement de pièces de leur dernier album «Trom» (2014), mais aussi de pièces du premier opus «Héritiers du sang noir» (2011) et d’une toute nouvelle composition. On eut même droit à un invité de marque en la personne de Blanc Feu (Chasse-Galerie) qui vint chanter ses parties de chant sur «Psychose à tête noire» du dernier opus d’Haeres. Comme si tout cela n’était pas assez, le groupe nous avait aussi préparé deux reprises dont il ne put malheureusement qu’interpréter qu’une seule d’entre elles en raison de retards dans le déroulement de la soirée. Haeres nous offrit donc une superbe interprétation de «Where Dead Angels Lie» de Dissection, qui termina le tout de manière superbe.

C’était maintenant au tour de Beast Within de venir terminer sa petite tournée avec Samael devant ses fanatiques de Québec. Avec exactement la même sélection qu’à Montréal, le groupe sembla beaucoup plus à son aise sur une petite scène intime avec une foule déchaînée et nombreuse à portée de main et cela transparut dans l’énergie débordante qu’il mit en œuvre. À ce titre, la performance d’Éric Syre (chant) fut notamment beaucoup plus mouvementée qu’à Montréal, et ce, malgré les problèmes de voix dont il fit part à la foule, mais qui demeurèrent inaudibles à mon oreille. De plus, le groupe bénéficia d’un son explosif de la part de François C. Fortin à la régie. Enfin, leur prestation fut nettement plus précise qu’à Montréal, probablement en raison d’un son de scène mieux calibré. Le groupe nous donna donc une sérieuse leçon de Métal sombre de la vieille école et termina sa tournée sur une note très positive devant un public conquis.

Quelques minutes de pause et c’était maintenant à Samael de venir couronner le tout. J’étais fort enthousiaste à l’idée de voir ce que donnerait la prestation des légendes helvètes sur une scène beaucoup plus modeste que celle du Théâtre Plaza et je ne fus aucunement déçu. Effectivement, le groupe nous livra exactement la même sélection composée de l’album «Ceremony of Opposites» (1994) en intégralité, de pièces de l’album «Passage» (1996), de «Of War» de «Lux Mundi» (2011) et de la pièce titre du EP «Rebellion» (1995) avec la même ferveur et la même énergie que la veille à Montréal. Le début de la performance fut toutefois un peu cahoteux en raison de problèmes de son, puis avec la boîte à rythmes employée par Xy qui s’arrêta inopinément au début d’une pièce. Hautement professionnel, le groupe n’en fit pas de cas et se reprit pour continuer son œuvre de destruction musicale qui souleva les passions d’une foule compacte et très agitée. Le tout s’acheva sous les acclamations des nombreux spectateurs, dont plusieurs restèrent pour une belle beuverie d’après spectacle.

En conclusion, comment qualifier cette fin de semaine de Pâques autrement que comme une fin de semaine de fous consacrée pleinement et sans répit aux arts noirs? Je désire dédier mes remerciements les plus sincères et mes salutations diaboliques à Martin Marcotte de Sepulchral Productions pour l’organisation de la Messe des Morts et pour l’accès au spectacle de Samael à Québec. Rendez-vous dès novembre pour la Messe des Morts V!

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas

Quadruple crucifixion au royaume de la noirceur… 1ère partie

La Messe des Morts IV : Crucifixion (2, 3, 4 avril 2015) avec Samael, Shining, Azaghal, Merrimack, Angantyr, Make A Change…Kill Yourself, Cult of Fire, Mitochondrion, Abazagorath, Mutilation Rites, Thantifaxath, Beast Within, Hellfire Deathcult, Délétère, Hak-Ed Damm, Ordoxe, Aversion et Eos, une présentation de Sepulchral Productions aux Katacombes et au Théâtre Plaza de Montréal.

 

Messe des Morts IV

 

Lorsque Martin Marcotte de Sepulchral Productions nous avait annoncé, il y a plusieurs mois, que la Messe des Morts habituellement tenue en novembre pour ses trois premières éditions serait déplacée en avril pour aller chercher d’importantes têtes d’affiche, cela laissait présager une édition IV époustouflante. Cela nous fut confirmé lors de l’annonce des têtes d’affiche du seul festival entièrement consacré au Black Metal et à ses variantes en Amérique du Nord avec la venue des légendaires Samael, fêtant le vingtième anniversaire de leur album monumental «Ceremony of Opposites» et Shining, dont ce serait la première visite au Canada, accompagnés d’une pléthore de groupes internationaux, dont le sensationnel Cult of Fire de République Tchèque en exclusivité nord-américaine. De plus, la scène locale ne serait pas oubliée avec la présence de Beast Within, Délétère, Hak-Ed Damm, Ordoxe, Aversion et Eos. Comme si cela n’était pas assez, Samael passerait aussi à Québec le dimanche suivant la Messe de trois jours en compagnie de Beast Within, Haeres et Délétère. C’est donc avec enthousiasme que nous préparâmes nos oreilles et nos foies pour une fin de semaine pascale de crucifixion et de blasphème.

 

Genèse: jeudi 2 avril 2015 à la Coop Katacombes: Azaghal, Hellfire Deathcult, Délétère et Eos.

Après un rapide trajet Québec-Montréal sur l’infâme autoroute 40, ma métalleuse favorite et moi déposâmes nos bagages chez notre ami accueillant, avant de profiter un peu d’un bel après midi malheureusement terminé sous la pluie dans la métropole. Vers 20 h 10 nous fîmes notre entrée dans les Katacombes pour la genèse des supplices du Christ après avoir reçu notre bracelet pour les trois jours de défonce et quelques minutes plus tard Eos entrait en scène.

Eos est une nouvelle formation de métal noir atmosphérique originaire de Québec qui en était seulement à son deuxième spectacle en carrière. J’avais eu la chance de couvrir leur premier passage sur scène à Québec lors de la Taverne Métal Noir de Julie Bernier le 20 mars. Sur scène, le quatuor nous présenta la même sélection qu’à Québec avec tout autant d’efficacité. Les spirales hypnotisantes de leurs motifs de guitare absorbèrent plusieurs des nombreux spectateurs et ce fut une très belle ouverture pour un festival dédié aux arts noirs. Comme la première fois que les avais vus, c’est la performance de K. à la batterie et aux hurlements qui me marqua le plus dans leur set. Vous pouvez écouter leur premier démo L’Avalé sur You Tube et ils devraient enregistrer une autre offrande d’ici peu.

La formation suivante à prendre d’assaut la scène était Délétère de Québec, duo mené par Thorleif et Atheos qui s’incarne en quintette sur scène avec la présence de G. et Anhidar aux guitares et de Kaedes à la batterie. La troupe lançait en cette occasion leur premier album complet intitulé «Les heures de la peste». Pour les avoir vus sur scène à quelques reprises avec des formations différentes, ce fut certainement leur meilleure prestation. Portée par la présence démoniaque de Thorleif au chant, la formation nous interpréta une sélection sans compromis avec précision, puissance et énergie. Leur son fut d’ailleurs excellent, ce qui contribua au moment magique que fut leur performance. Leur prestation excellente suscita en conséquence une pléthore de commentaires dithyrambiques des nombreux spectateurs.

La troisième troupe de la soirée serait le trio Hellfire Deathcult de Chicago. Formation créée en 2013, le triumvirat a un EP intitulé «Ave Mors» (2014) à son actif qui présente un Black/Death extrêmement primaire et dépourvu de toute subtilité. Sur scène, le groupe nous asséna ses compositions brutales en préservant son anonymat avec des masques. Bien qu’efficace pour certains qui se mirent à se violenter dans la fosse, je restai plutôt circonspect devant la répétitivité des compositions du groupe qui ne laissa place à aucune espèce de variation accrocheuse. De plus, je restai sceptique face à performance parfois boiteuse du batteur de la formation qui semblait souvent décalé par rapport à la guitare et la basse. En somme, ce fut un moment plutôt décevant pour moi.

Le moment était maintenant venu d’accueillir la tête d’affiche de la soirée, le quatuor finlandais Azaghal qui venait pour la première fois en Amérique du Nord. La troupe fondée en 1995 sous le nom Belfegor a onze albums et une multitude de sorties mineures à son actif. Son dernier opus est sorti en février dernier et s’intitule «Madon Sanat». La formation menée par Narqath (basse, chant) nous servit une véritable leçon de son Black Metal agressif garni de mélodies accrocheuses. L’interprétation de leurs compositions fut sans failles, puissante, énergique et accrocheuse à souhait. La foule se déchaîna en un tourbillon de corps s’entrechoquant les uns les autres au son de leur musique diabolique. L’efficacité de leur prestation fut donc très élevée et fut donc un formidable coup d’envoi à la quatrième édition de la Messe des Morts et éleva la barre d’un cran pour les deux soirées à venir.

 

Psaume I: vendredi 3 avril au Théâtre Plaza: Shining, Cult of Fire (reporté au samedi), Make A Change…Kill Yourself, Mutilation Rites, Thantifaxath, Hak-Ed Damm et Aversion.

Le vendredi, nous arrivâmes de très bonne heure dans le Théâtre Plaza, soit vers 17h 20 afin de ne pas manquer Aversion. Aversion est une formation montréalaise menée par la chanteuse d’origine américaine Vena Kava et les membres du quintette nous présentaient ce soir-là leur premier album tout frais sorti des presses. Menée par le charisme animal de leur chanteuse et ses hurlements perçants, Aversion nous livra leur Black Metal de la seconde vague norvégienne avec un bel aplomb et une précision beaucoup plus chimique que lorsque je les avais vus à Québec cet hiver. Cependant, je trouve que les deux guitaristes auraient pu mieux utiliser l’espace important de scène à leur disposition au lieu d’adopter une posture plutôt statique, alors que Leather King à la basse et Vena Kava au chant étaient beaucoup plus énergique. Toutefois, ce fut en somme une très bonne prestation pour ouvrir une soirée à une heure si précoce devant un public encore clairsemé.

La suite des hostilités avait été réservée aux psychopathes de Hak-Ed Damm, formation revenue d’entre les morts, où elle croupissait depuis la fin 2011. Le groupe de Black Metal brutal rappelant notamment le Marduk de l’ère «Panzer Division» faisait donc son grand retour sur scène avec de nouveaux membres. La formation nous asséna sans pitié une bastonnade musicale en règle avec beaucoup de charisme et une présence scénique énergique, notamment de la part du chanteur de la formation, l’infâme Zokvist revêtu d’une casquette militaire et de chaînes. Silencer nous fit aussi étalage de son grand talent de marteleur de peaux, élément central de la musique de son groupe. Les nouveaux membres, aux cordes, donnèrent aussi une très bonne performance. En somme, ce fut un retour réussi avec brio pour Hak-Ed Damm.

Le prochain groupe à monter sur scène serait le trio ontarien Thantifaxath constitué de membres «anonymes» et évoluant dans le Black Metal atmosphérique. J’étais très curieux de revoir pour la seconde fois cet excellent groupe qui n’a, tout compte fait, qu’un album et un EP à son actif. Avec une interprétation solide d’une musique admirablement bien écrite, le groupe remporta encore une fois mon appréciation. Cependant, je ne pus m’empêcher de trouver que le groupe est un peu trop statique sur scène pour une salle de l’ampleur du Théâtre Plaza. Effectivement, le courant passait beaucoup mieux avec la foule lorsque je les avais vus dans la modeste Agitée à Québec, probablement en raison de l’intimité inhérente à l’endroit. Cette fois, mon attention se perdit quelque peu vers la fin de leur courte prestation et je remarquai que ça sembla être le cas pour plusieurs des spectateurs présents.

La quatrième formation de la soirée était Mutilation Rites de New York et je me permettrai ici une parenthèse, car c’est pendant leur performance que j’eus la confirmation avec une certaine consternation que Cult of Fire, qui devait jouer juste avant Shining, ne serait pas en mesure de jouer dans la case horaire prévue. En effet, la veille Martin Marcotte de Sepulchral Productions nous avait révélé que la troupe tchèque avait été retenue à Amsterdam en raison de pratiques douteuses de surréservation de la compagnie aérienne sur laquelle ils volaient. Ainsi, les membres du groupe n’étaient arrivés à Montréal que très en retard, soit vers 20h le vendredi soir et leur équipement n’arriverait que le samedi. Ce serait donc partie remise, heureusement pour nous, car Cult of Fire s’exécuterait le samedi après Samael.

Pour revenir à Mutilation Rites, il s’agit d’un quatuor formé en 2009, ayant deux albums à son actif et pratiquant un Black Metal à la fois accrocheur et restant très ancré dans le son norvégien typique. Si le groupe ne se démarqua pas par son originalité musicale, leur performance scénique fut très enlevante. L’énergie de la livraison musicale de la troupe combinée à certains moments mélodiques suffit à déchaîner les ardeurs de plusieurs spectateurs présents. En somme, il s’agit d’un groupe que l’on a avantage à découvrir sur scène et qui permit à l’intensité de la soirée de monter d’un cran.

La soirée se poursuivrait maintenant avec Make A Change…Kill Yourself, projet de Black Metal dépressif et atmosphérique danois mené par Ynleborgnaz, aussi tête dirigeante d’Angantyr qui performerait le lendemain. Avec trois albums en un peu plus de 10 ans d’existence, la formation s’est particulièrement illustrée avec leur dernier opus intitulé «Fri» (2012), excellent album de la variante plus dépressive et antiexistentialiste des arts noirs. Avec conviction et charisme, le projet solo d’Ynleborgnaz s’incarnant en quatuor pour les besoins de la scène nous livra ses superbes compositions axées sur des motifs de guitare cycliques longs et mélancoliques au tempo lent. Les pièces furent entrecoupées de discours dépressifs et suicidaires livrés sur un ton malsain par le leader de la formation, ce qui rajouta une atmosphère déstabilisante à la prestation superbe du groupe. Celui-ci se permit même d’interrompre un moment de brasse-camarade dans la fosse en précisant que les manifestations de joie n’étaient pas souhaitées par Make A Change…Kill Yourself. Ce fut donc un excellent prélude à l’arrivée sur scène de Shining qui partage une philosophie similaire.

Après une annonce de l’organisateur de la Messe des Morts concernant Cult of Fire et une pause de quelques minutes, ce fut à la troupe suédoise de Niklas Kvarforth de venir couronner ce premier psaume maléfique. Shining est un de ces groupes qui peut se passer de présentations, ayant fait sa marque dans le Black Metal suicidaire et misanthropique en presque 20 ans de carrière et neuf albums dont le plus récent «Everyone, Everything, Everywhere, Ends» sortira le 20 avril. Sur scène, le groupe nous époustoufla dès son entrée par un son magnifique, notamment des deux guitaristes avec leurs explosions sonores. Puis, Niklas Kvarforth, très en voix et d’une énergie surréaliste, entra avec une bouteille de 40 onces de Jack Daniel’s à la main et nous fûmes embarqués pour au moins une heure de pure décadence musicale. L’absence de Cult of Fire permit en outre à Shining de rallonger sa performance en y incluant de toutes nouvelles pièces, des solos époustouflants des guitaristes et même une interprétation partielle de «Sweet Child’o Mine» de Guns N’Roses. L’intensité de la prestation des Suédois fut au maximum jusqu’à la fin et se termina, bien entendu, avec un torse couvert de sang pour son célèbre leader. En somme, ce fut une prestation mémorable et unique pour terminer une soirée mémorable et unique de Black Metal. Nous quittâmes le Théâtre Plaza rempli d’ivresse et avec la promesse d’une soirée tout aussi épique le lendemain…

 

Psaume II: samedi 4 avril 2015: Cult of Fire (Enfin!), Samael, Merrimack, Angantyr, Mitochondrion, Abazagorath, Beast Within, Ordoxe.

Le samedi, nous arrivâmes au second Psaume de très bonne heure pour entamer les supplices de la crucifixion vers 17 h 30 avec Ordoxe. Ordoxe est une formation originellement fondée en 1989 par Jean-François Jalbert (ex-Sloatvean, ex-Strigampire) (guitare, chant) et qui fut active jusqu’en 1993, avant d’être ressuscitée comme projet solo du principal intéressé de 2006 à 2007, puis de renaître à nouveau en 2012 sous forme de quatuor et maintenant de quintette. Productive, la formation venait nous présenter son troisième album pleine-longueur depuis 2012, intitulé «May Death Be My Shepherd» qui présente un Black Metal plutôt mélodique teinté d’influences Death Metal. Sur scène, malgré la foule encore clairsemée à cette heure précoce, le résultat fut convaincant de par la précision musicale et l’énergie de la formation. À ce titre, le chanteur Steve De Cotret nous démontra sa prestance et son charisme impressionnant sur scène. Ce fut donc une entrée en matière réussie pour la dernière soirée de la Messe.

Le second groupe de la soirée était Beast Within, formation basée à Montréal et composée de vétérans de la scène Metal québécoise. La troupe pratique un Metal sombre de la vieille école qui rappelle fortement Celtic Frost par un habile mélange de Doom Metal, de Thrash Metal et de Black Metal inspiré des années 1980. Avec seulement un EP de deux pièces intitulé «Adversity/Servitude» à son actif, la formation bénéficie déjà d’un admirable succès d’estime chez les amateurs de Metal de la province, aidée en cela par le support de Sepulchral Productions. Mené par la voix puissante et méchante d’Éric Syre, Beast Within nous envoya à la figure ses motifs de guitare bien gras soutenus par un «groove» pesant de basse sur une batterie simple et hautement efficace. Je fus cependant un peu déçu de la présence quelque peu statique du chanteur qui semblait fatigué par les deux dates précédentes du groupe à Toronto et Ottawa sur la tournée canadienne de Samael. Malgré une erreur de synchronisation dans la pièce «Adversity», la troupe parvint toutefois à nous accrocher et à nous livrer sa musique avec efficacité.

Le fouet qui tourmentait le Christ depuis déjà deux jours devait maintenant être passé à Abazagorath, un trio de Black Metal orthodoxe américain. Formé en 1995, le groupe à trois albums à son actif, dont le dernier s’intitule «The Satanic Verses» (2014) et à aussi sorti une multitude d’EP, de démos et de splits au cours de ses vingt ans d’existence. Le groupe entama sa prestation avec violence et nous fûmes immédiatement ravis par un jeu agressif, brutal et sans compromis des trois membres de la formation. Warhead (batterie, chant) nous démontra tout son talent en relevant sans peine un «Absu», c’est-à-dire en martelant sa batterie comme un damné tout en ne nous épargnant pas de hurlements agressifs bien rythmés. Le bassiste et le guitariste ne furent pas en reste avec une prestation remplie d’autorité et de motifs entraînants. Ce fut donc un premier passage en sol canadien hautement réussi pour les vétérans du New Jersey.

La soirée était déjà bien avancée, mais il restait encore cinq autres groupes à venir. Le premier d’entre eux était Mitochondrion de Vancouver qui en était aussi à sa première visite, si je ne m’abuse, au Québec. J’avais bien hâte de voir ce quatuor à l’œuvre, étant un fanatique du Blackened Death Metal brutal et dissonant offert par cette troupe sur deux albums monumentaux: «Aechaeaon» (2008) et «Parasignosis» (2011)». Sur scène, le résultat fut à la hauteur de mes attentes. Effectivement, le groupe se lança dans une un assaut sonique de grande envergure et d’une puissance dévastatrice. Le groupe fit preuve d’une lourdeur démoniaque autant que d’une virtuosité impressionnante compte tenu des structures complexes exigées par ses compositions. De plus, Mitochondrion démontra son charisme avec une prestation à la fois énergique, autoritaire et mouvementée. En somme, ce fut un superbe passage pour le quatuor de la Colombie-Britannique.

C’était maintenant un moment très attendu pour bien des participants à la Messe des Morts, soit le grand retour d’Angantyr du Danemark qui avait déjà participé à la première édition de la Messe des Morts en 2011. En exclusivité nord-américaine, la troupe menée par Ynleborgnaz et ses deux comparses, le bassiste Vrede et le batteur Skogsvander, tous deux aussi de Make a Change…Kill Yourself qui avait joué la veille, venait nous présenter du matériel de leurs cinq excellents albums de Black Metal païen axé sur l’histoire scandinave. Les Vikings se présentèrent sur scène avec leurs maquillages cadavériques, une corne de brume pour haranguer la foule et un drapeau danois, entamant aussitôt une prestation sublime qui déclencha les ardeurs de la fosse jusqu’ici plutôt tranquille. Ravitaillé de houblon, Ynleborgnaz profita de chaque pause entre les pièces de leur spectacle pour souffler de la corne et relater le geste des hommes du Nord à une foule conquise et avide. Charisme et puissance, furent donc les mots d’ordre du spectacle ravageur présenté par Angantyr qui se retira sous les acclamations et les poignées de main approbatrices des spectateurs. À la prochaine! Je l’espère grandement!

Les Français de Merrimack, forts de leurs 21 ans d’existence, étaient les prochains à monter sur scène pour venir nous présenter leur Black Metal agressif et destructeur. De Paris, la formation nous arrivait elle aussi en exclusivité nord-américaine forte de son dernier album «The Acausal Mass» (2012) que j’appréciai grandement lors de sa sortie. Dès son entrée en scène, le groupe fut cependant nettement à la remorque de son chanteur, Vestal, couvert de cicatrices d’automutilation, livrant une performance à l’énergie de possédé et au sombre charisme. Toutefois, malgré la présence plutôt statique de quelques-uns de ses membres, le groupe démontra tout de même son savoir-faire musical avec une performance précise et enlevante à plusieurs égards. La formation souffrit donc, somme toute, un peu de la comparaison avec ses prédécesseurs d’Angantyr qui avaient tout arraché.

Pendant la pause qui devait nous mener à Samael, la batterie fut en grande partie retirée de la scène pour laisser place à un hybride de clavier, de boîte à rythmes et de quelques tambours et cymbales. Cela nous fit immédiatement basculer dans l’univers Black industriel des Suisses qui viendraient nous offrir un spectacle axé sur une livraison intégrale de leur magnum opus «Ceremony of Opposites» (1994). Vorph (guitare, chant), Xy (claviers et percussions), Mak (guitare) et Drop (basse) firent bientôt leur entrée sur scène et entamèrent une prestation empreinte d’énergie contagieuse, de rythmiques artificielles accrocheuses et d’une ambiance satanique palpable. La succession très fluide des pièces fut entrecoupée d’interventions de Vorph dans un français impeccable, au grand plaisir de la foule. La performance musicale fut précise et Xy démontra son habileté à marier doigté de pianiste et martelage de percussions. Les hochements de tête se firent légion parmi les spectateurs et malgré le style particulier du groupe qui ne fit pas l’unanimité chez toute la foule, celle-ci réclama un rappel qui acheva la prestation de Samael en beauté.

Quelques minutes après minuit, la performance de Samael se termina et, transport en commun oblige, quelques spectateurs (dont Karolane, notre photographe) durent tirer leur révérence avant ou pendant la prestation tant attendue de Cult of Fire. Toutefois, la foule demeura tout de même très bien garnie et pour cause, la troupe tchèque a rapidement ravi les amateurs de Black Metal de partout depuis les débuts de sa courte existence en 2010 et ses deux albums : «Triumvirát» et «मृत्यु का तापसी अनुध्यान» (2014) ont été acclamés par la critique. En outre, la réputation des représentations scéniques cérémoniales du quatuor a fait le tour du globe rapidement. Tout cela nous fut rapidement confirmé avec une scène garnie de tables surmontées de statuettes hindoues, de lampions et de bols d’encens fumants. Les musiciens firent leur entrée, camouflés par des cloaques et le chanteur s’installa derrière un pied de micro décoré de faux entrecroisées pour ensuite nous donner une véritable leçon de Black Metal combinant influences mystiques orientales, mélodies planantes et violence sombre. L’expérience fut une véritable communion ésotérique qui hypnotisa l’ensemble des spectateurs présents pendant un trois quarts d’heure glorieux et magique. En somme, le report de Cult of Fire au samedi fut au final une bonne chose, car il permit la Messe des Morts de s’achever sur une note unique et transcendante. Cependant, tout n’étais pas terminé pour nous puisque nous devions suivre Samael à Québec le lendemain… mais ça c’est une autre histoire.

(à suivre)

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas

 

Lorsque les astres s’alignent…

La Taverne Metal Noir
Lorsqu’une éclipse solaire frappe le nord de l’Europe le jour de l’équinoxe du printemps, c’est signe que la fortune sourira aux légions de l’ombre. Ce présage était d’autant plus encourageant que les amateurs de métal noir québécois de la Capitale nationale souffraient d’une quasi-disette de rituels sombres depuis environ un an. C’est ainsi que Julie Bernier décida de remédier à cette situation en organisant une représentation dédiée à ce genre dans le cadre de ses déjà fameuses «Tavernes Métal». Pour la très modique somme de six douleurs, les fanatiques auraient donc droit à une trinité de formations émergentes de Québec qui s’exécuteraient pour la toute première fois devant public, soit: Eos, Saturanles et L’Astre Sélène. De plus, la soirée serait couronnée par le retour sur scène des virtuoses d’Acédia qui nous présenteront sous peu leur second album en carrière. Il était donc totalement hors de question que votre fidèle serviteur manque cette obscure orgie musicale et c’est avec empressement que ce dernier se libéra de toutes obligations professionnelles et se dirigea vers l’Agitée avec sa fidèle succube tentatrice.

Après avoir eu brièvement le temps de saluer les nombreux piliers de taverne déjà présents et de s’abreuver à la fontaine de sagesse, l’obscurité tomba dans la salle et L’Astre Sélène prit place sur scène. Peu d’informations ont pu être ramassées sur ladite formation, mais je pus constater qu’il s’agit d’un duo composé d’une guitariste et d’un batteur-chanteur qui pratique un Black Metal atmosphérique aux forts accents introspectifs et dépressifs. Leur musique telle que présentée sur scène fut donc un assemblage de motifs de guitare cycliques alternant entre agressivité et douceur mélancolique. Bien que leur présence scénique se fit plutôt réservée comme le veut le genre musical choisi, les deux protagonistes donnèrent une très belle performance, notamment le batteur-chanteur avec son jeu précis et varié. La guitariste quant à elle nous démontra bien son potentiel, malgré sa posture renfermée et son instrument qui sonnait malheureusement parfois mal accordé. En somme, ce fut donc une belle entrée en matière pour la soirée et une bonne première fois pour la virginale formation.

La seconde formation à s’amener sur scène était Saturnales, projet métal noir à forte tangente Doom en gestation depuis environ quatre ans. Accompagné de projections du film «Excalibur» (1981) ainsi que d’interludes sur bande sonore, le groupe livra ses compositions avec conviction et un talent certain. Malgré quelques imprécisions mineures tout à fait normales pour une première prestation devant public le groupe réussit facilement à garder le cap et à transmettre l’atmosphère voulue au public. Les réactions des nombreux spectateurs à la prestation de Saturnales furent d’ailleurs empreintes d’enthousiasme, ce qui est un très bon indicateur de la réussite de leur premier passage sur scène. La dernière pièce livrée par le groupe, composée par Rudy, un personnage connu de la scène souterraine de Québec décédé l’automne passé et qui faisait jadis partie de la formation, fut d’ailleurs tout simplement magique avec une ligne de basse lourde typiquement Doom et une puissance émotive hors du commun. On attend donc avec impatience un enregistrement de la part de Saturnales.

La troisième formation à prendre la scène d’assaut serait Eos, un trio sur enregistrement s’incarnant en quatuor sur scène avec l’ajout d’Atheos (Monarque, Délétère) à la deuxième guitare. Le groupe a sorti une cassette l intitulée «L’Avalé» en 2014 qui présente un Black Metal atmosphérique puissant. Cette sortie comportant trois pièces était limitée à 150 copies déjà toutes vendues, ce qui est un bon indicateur de la qualité musicale de la formation. Sur scène la troupe démontra un excellent aplomb menant les spectateurs dans les spirales des motifs de guitare hypnotiques de G. (Wendess, Délétère (live)) et d’Atheos, alors que K. (batterie, chant) nous livra une performance impressionnante malgré un pied de micro non coopératif. Les spectateurs furent visiblement impressionnés par le mur sonore créé par Eos dans une prestation pratiquement sans faille. Je vous invite donc à suivre les activités de cette nouvelle formation de chez nous qui devrait nous livrer une seconde sortie cette année.

 

 

C’était maintenant au tour d’Acédia de venir couronner la soirée pour leur première tête d’affiche en carrière. Le quatuor de Québec s’est fait remarquer chez les amateurs de Black Metal musicalement élaboré depuis la sortie de son premier album «L’Exil» (2012). De plus, la troupe a déjà enregistré son second album intitulé «Les supplices de l’apathie» qui devrait paraître incessamment et dont il est possible d’écouter un extrait intitulé «L’apogée de l’amertume».

 

 

Fidèle à son habitude, Acédia nous assomma rapidement et efficacement avec une sélection combinant de nouvelles pièces et des tubes de son premier album. La réaction de la foule ne se fit pas attendre avec de belles démonstrations de violence misanthropique dans la fosse. Si la troupe nous a habitués à des prestations musicalement impressionnantes, je pus remarquer que les membres du groupe ont de plus en plus d’aisance du côté du dynamisme de leur présence scénique, ce qui est tout à leur avantage. En somme, leur spectacle ne laissa personne indifférent et démontra qu’Acédia méritait incontestablement sa place en tête d’affiche de cette soirée.

En conclusion, la «Taverne Métal Noir» du 20 mars fut une réussite sur toute la ligne et nous fait déjà regretter la fermeture de l’Agitée le 30 juin prochain. En effet, les amateurs de métal noir furent au rendez-vous, les artistes livrèrent la marchandise et le son, régi par François C. Fortin, fut excellent toute la soirée. Un gros merci à Julie Bernier pour son travail d’organisation et pour le prix d’entrée très concurrentiel! La prochaine «Taverne Métal» sera une cabane à sucre et aura lieu à l’Agitée le vendredi 17 avril 2015, soyez-y!

Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas

 

Critiques à la mitraillette

À la mitrailllette

Aujourd’hui, je vous offre une salve de commentaires concernant divers album qui sont atterris dans mon arsenal. – Louis-Olivier «Winterthrone» B. Gélinas

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Wolves in the Throne Room - Celestite

 

Wolves in the Throne Room

«Celestite»

Artemisia records

2014

Liste des pieces:
«Turning Ever Towards the Sun»
«Initiation at Neudeg Alm»
«Bridge of Leaves»
«Celestite Mirror»
«Sleeping Golden Storm»

 

Les fiers représentants du Black Metal atmosphérique de la chaîne montagneuse des Cascades nous revenaient en juillet avec un cinquième album pleine longueur en carrière. Le duo des frères Aaron (guitares, synthétiseurs) et Nathan Weaver (guitares, synthétiseurs) nous surpris cependant avec un album complètement dénué de toute trace de Black Metal et même de toute trace de Metal ou de Rock à proprement parler, mis à part quelques traces de guitares saturées utilisées comme vectrices de textures plutôt que comme instrument de tête. Les cinq collages sonores de l’album sont effectivement ancrés dans une exploration de musique électronique atmosphérique totalement dépourvue de percussions ou de rythmique solide. Le voyage astral ainsi créé n’est pas du tout désagréable pour les fanatiques de Dark Ambient, malgré une certaine répétitivité dans les mélodies et les textures choisies qui fera en sorte qu’aucune pièce ne ressortira du lot. L’album s’écoutera donc comme une trame sonore nouvel âge de relaxation sans différenciation entre ses cinq parties. Cependant, les fanatiques de Black Metal ne trouveront rien ici pour satisfaire leur appétit de violence malsaine. Le tout déstabilisera donc certainement les amateurs du style musical élaboré par le groupe sur ses albums précédents. Ce sera donc un effort à aborder avec ouverture d’esprit ou à tout simplement laisser de côté.

5/10 (réussi dans le genre, mais le groupe y perd une grande partie de son identité.)

 

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1349 - Massive Cauldron of Chaos

 

1349

«Massive Cauldron of Chaos»

Indie Recordings

2014

Liste des pieces
«Cauldron»
«Slaves»
«Exorcism»
«Postmortem»
«Mengele’s»
«Golem»
«Chained»
«Godslayer»
«The Heretic (Possessed cover)»
*Bonus disponible sur l’édition CD Deluxe.
«Tornado (Voivod cover)»
* Bonus disponible sur l’édition limitée Digipak.

 

Le 29 septembre dernier, 1349 nous présentaient leur sixième opus de démolition Black Metal en 18 ans d’existence. Laissant de côté les expérimentations atmosphériques plus ou moins réussies de «Revelations of the Black Flame» (2009) et les interludes inquiétants de «Demonoir» (2010), la troupe de démons psychopathes opte cette fois pour un retour aux sources de leur Black Metal ultra rapide et sans compromis. Les motifs de guitare et les solos puissants de Archaon amènent des influences Death et Thrash dans la sauce déjà excellente, alors que Frost (batterie) se signale encore une fois par son talent de démolisseur de peaux et son jeu reconnaissable entre mille. Ravn (chant) ne se fait pas oublier avec ses incantations de styles variés accentuant la qualité du mur de son malsain créé par l’ensemble. L’album comporte aussi une bonne dose de «groove» qui laisse une belle place au talent de bassiste de Seidemann, ce qui est intéressant, car la basse est trop souvent oubliée dans le Black Metal. Le tout rappelle donc la simplicité efficace de «Hellfire»(2005) tout en bénéficiant d’une production beaucoup plus profonde et puissante. Enfin, si vous avez la chance de mettre la main sur le Digipak la reprise de «Tornado» de Voivod est absolument délicieuse. L’album sera donc un impératif pour tous les fanatiques de Black Metal brutal et sans compromis.

Pièces favorites : «Cauldron», «Slaves», «Chained», «Godslayer» et «Tornado (Voivod cover)».

8,5/10

 

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Vesania-DeusExMachina

 

Vesania

«Deus Ex Machina»

Metal Blade Records

2014

Liste des pièces :
«Halflight»
«Innocence»
«Disillusion»
«Vortex»
«Dismay»
«Glare»
«Notion»
«Disgrace»
«Fading»
«Scar»

 

Il aura fallu attendre environ sept ans avant que Vesania, projet Blackened Death Metal symphonique et industriel de Orion (guitare rythmique, chant) aussi connu pour son rôle de bassiste au sein de Behemoth, ne sorte un successeur à «Distractive Killusions». Sur «Deus Ex Machina», la troupe de clowns malfaisants échappés d’un cirque malsain assume plus que jamais son penchant pour les mélodies industrielles psychotiques menées par des claviers prédominants. Les guitares prennent donc ici un rôle principalement rythmique et de second plan même si elles ont une place très présente dans le mix sonore. Les voix hurlées du leader de la formation se révèlent excellentes, malgré des voix claires définitivement moins intéressantes quoique correctes notamment sur «Innocence». La brutalité n’est toutefois pas oubliée, particulièrement sur la pièce «Vortex» qui combine à merveille violence, rapidité et atmosphère de cirque industriel. La production menée par Orion est cependant un peu décevante par excès de compression qui rend le tout un peu étouffé et qui empêche à la musique de pleinement révéler son caractère imposant. Néanmoins, l’album comprend de nombreux moments intéressants et plaira aux amateurs de ce genre de musique qui rappelle Covenant (avant qu’ils ne deviennent The Kovenant), Vesperian Sorrow et plus près de nous, Daedalean Complex, sans nécessairement les dépasser. Il s’agit donc d’une sortie de bonne qualité dans un genre très visité, mais la longue attente n’aura pas nécessairement livré un produit révolutionnaire.

Pièces favorites : «Halflight»,«Vortex», «Glare» et «Notion».

7,5/10

 

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Anaal Nathrak - Desideratum

 

Anaal Nathrakh

«Desideratum»

Metal Blade Records

2014

Liste des pièces:
«Acheronta Movebimus»
«Unleash»
«Monstrum in Animo»
«The One Thing Needful»
«A Firm Foundation of Unyielding Despair»
«Desideratum»
«Idol»
«Sub Specie Aeterni (Of Maggots and Humanity)»
«The Joystream»
«Rage and Red»
«Ita Mori»

 

Le satané duo britannique originaire de Birmingham nous revenait en octobre avec son huitième opus intitulé «Desideratum». Deux après l’excellent «Vanitas» (2012), nos deux protagonistes nous dévoilaient un album assez similaire, ponctuant le chaos rageur et impitoyable de leur Black Metal industriel teinté de Grindcore de motifs mélodiques de guitare accompagnés de voix claires, grognées et hurlées excellentes. Il en résulte un album qui aurait très bien pu constituer la seconde partie d’un album double dont la première partie aurait été l’opus précédent tellement le groupe nous sert la même recette. Cela ne fait pas de «Desideratum» un album faible puisque le groupe maintient son niveau de qualité et prolonge notre intérêt en allant plus loin dans ses expérimentations électroniques et dans sa maîtrise du chaos musical qu’il produit. En ressort donc un penchant mélodique de plus en plus assumé qui ne réduit en rien la brutalité de l’ensemble et des toiles de fond électroniques de plus en plus élaborées. De plus, l’album se révèlera tellement constant en qualité qu’il sera difficile d’en identifier des pièces meilleures que les autres. En somme, les fanatiques du groupe devraient se précipiter sur cet album si ce n’est pas déjà fait!

Pièces favorites : Tout l’album!

9/10

 

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Marduk - Frontschwein

 

Marduk

«Frontschwein»

Century Media Records

2015

Liste des pièces :
«Frontschwein»
«The Blond Beast»
«Afrika»
«Wartheland»
«Rope of Regret»
«Between the Wolf-Packs»
«Nebelwerfer»
«Falaise: Cauldron of Blood»
«Doomsday Elite»
«503»
«Thousand-Fold Death»

 

Depuis l’arrivée du chanteur Mortuus en 2004, Marduk connaît un second souffle qui s’était pleinement concrétisé il y a trois ans avec le très bon «Serpent Sermon» (2012). Cette année, les guerriers du Black Metal suédois poursuivent sur leur lancée avec «Frontschwein», un treizième microsillon typiquement présenté par une imagerie de la Seconde Guerre mondiale. Le quatuor frappe droit dans le mille avec un album aussi varié que son prédécesseur qui ose autant s’aventurer dans la brutalité digne du classique «Panzer Division Marduk» (1999) que dans des pièces à tempo modéré ou lent qui accentuent le caractère malsain de la musique du groupe. Le groupe s’aventure même avec une rythmique «disco» sur «The Blond Beast» qui confère à la pièce une originalité diablement efficace. La production de Devo (basse) est impeccable et profonde rehaussant la performance d’ensemble de la troupe qui est au sommet de sa forme. La performance du nouveau batteur Fredrik Widigs est variée et puissante alors que Mortuus nous surprend toujours agréablement par ses hurlements puissants et profondément malsains. En somme, Marduk nous livre un album de Black Metal de haute qualité s’inscrivant avec honneur dans leur discographie bien garnie.

Pièces favorites : «Frontschwein», «The Blond Beast», «Wartheland», «Nebelwerfer» et

«Thousand-Fold Death».

9/10